NEC* HO F FRANCE. NEISTRIE
testioes la déchirèrent jusqu'en 1596 , époque où furent rasées ses fortiûcations.
On y compte aujourd'hui 3,600 habitants.
Keufville ( famille de). Voyez Vilmoi.
> ii hof ( Théodore- Etienne , baron de) appartient à la grande famille des | aventuriers du seizième et du dix-septième siècle. Né vers 1690, les uns disent en Westpbalie, les autres à Metz, c« qui est plus vraisemblable, il commença par être page de la duchesse d'Orléans ; passa ensuite au service de Suède; se lia avec le ministre Gœrtz , et après la mort de ce diplomate, se retira en Espagne auprès d Alberoni , qui
I aima et I apprécia beaucoup.
Il épousa alors la fille du lord Kiimar* noch; mais cette union ne lui ayant pas procuré tous les avantages qu'il en espérait, il repassa en France, s'y lia d'amitié avec Law, et. après la ruine de ce financier, quitta la France pour parcourir Ws diverses cours d'Allemagne. Chargé par l'empereur Charles VI d'une mima en Italie , il fit connaissance à Gènes de quelques Corses qui allaient solliciter auprès de cette république des adoucissements au sort de leur patrie.
II leur donna rendez-vous à Livourne , fit croire au clianoine Orticoni , l'un de ces envoyés, qu'il avait de trèsgrandes ressources , et que l'empereur d'Autriche et l'Angleterre lui fourniraient volontiers des secours, si les Corses voulaient le reconnaître comme roi.
Ceux-ci étaient alors épuisés ; il leur fallait des munitions et de l'argent : Orticoni promit défaire consentir ses compatriotes au désir du baron de Neuhof, et celui-ci, sûr du succès de sa demande, partit immédiatement pour l'Afrique.
On ne sait par quels moyens il parvint à obtenir des secours du bey de Tun**; mais bientôt après, et lorsqu'il pensa que tout était préparé pour son élection, il fit voile pour la Corse, et alla débarquer à Aleria. Il y descendit sur la plage , habillé à l'orientale , avec une quinzaine de personnes , et fit distribuer immédiatement toutes les munitions qu'il avait apportées, et qui consistaient en fusils , pistolets , poudre, souliers, pierres à fusil, etc., et
en quelque peu d'argent. Giafferi et Hyacinthe Paoli , que les Corses reconnaissaient alors pour leurs chefs, le reçurent au nom de la nation, et le firent couronner roi , sous le nom de Théodore Ier, le 16 avril 1736, dans le couvent d'Alesani.
Le premier soin du nouveau roi fut de créer une aristocratie et des dignitaires du royaume ; puis , à la téte de sa garde et de quelques centaines de paysans , il marena contre les Génois , et "les défit à différentes reprises. Cependant, comme les secours qu'il avait annoncés n'arrivaient pas , que les chefs lui taisaient des remontrances et témoignaient publiquement leur mécontentement, il s'embarqua de nouveau pour aller chercher lui-même ces secours. Ce fut en Hollande qu'il se rendit. Il parvint à y créer une compagnie qui lui fournit cinq gros bâtiments, chargés de tous les approvisionnements nécessaires , et dont les frais s'élevaient à plusieurs millions. Les Génois, instruits du succès des démarches de Théodore, envoyèrent immédiatement quelques vaisseaux croiser sur les côtes de la Corse; ils capturèrent deux bâtiments de la flbttille hollandaise; les autres furent dispersés par la tempête, et Théodore , arrivé quelque temps après , ne put fournir aux insurges que les munitions qu'il avait à son bord. Cela fit croire aux libelles répandus par Gëneg sur son compte , et où on le faisait passer pour un aventurier criblé de dettes ; son crédit fut dès lors entièrement perdu, et il dut quitter do nouveau la Corse, où il n'avait plus désormais aucune chance de succès. Poursuivi par les intrigues de Gênes , harcelé par ses créanciers, il erra longtemps en Europe; puis, se retira à Londres, où il fut mis en prison pour dettes , et mourut en 1755. 11 fut enterré à Westminster.
JNeustbie (royaume de ). Le nom de ce royaume, appelé par nos premiers historiens ïïeustria ou fleptria, n'est qu'une corruption des mots Ne-Oster- Rike(pàvs de l'Ouest), opposés à Oster- Rihe ( pavs de l'Est ) ou Àustrasie , et cette dénomination vague, appliquée par les Francs au territoire qui ne faisait pas partie de la Gaule orientale , empêche d'en fixer, d'une manière
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exacte , la circonscription géographique.
Les limites de la Neustrie furent donc incertaines et flottantes comme toutes les choses d'alors ; on sait seulement que cette contrée était séparée de l'Austrasie par la forêt des Ardennes, et
{[u'elle comprenait les pays situés entre a Loire et la Meuse ; mais des démembrements successifs la restreignirent considérablement , et vers le temps de Charlemagne , elle se trouvait enfermée entre la Seine et la Loire. La partie de l'ancienne Neustrie , comprise entre la Seine , l'Escaut et la Meuse , fut alors appelée France , et toutes les fois que les écrivains de ce temps veulent distinguer la France de la Neustrie et de YAustrasie , ils désignent par le premier nom cette portion de l'ancienne Neustrie qui comprend les environs de Paris et les pays au delà de la Seine. Restreinte encore davantage par la suite, la Neustrie finit par ne plus comprendre que le pays qui tomba, en 912, au pouvoir de Rollon, et alors elle changea son nom en celui de Normandie.
Soumise à Clovis, qui fit prévaloir la puissance des Saliens sur celle des Ripuaires, la Neustrie échut, à la mort de ce prince, à Clotaire!", qui réunit, en 653, les quatre royaumes francs, parmi lesquels il n'y en eut que deux qui jouèrent un rôle important , la Neustrie et l'Austrasie. Mais avant d'entrer dans le détail de la lutte terrible que soutinrent l'un contre l'autre ces deux pays, et qui finit par l'anéantissement du vaincu, quelques mots d'explication ne sont
Iias inutiles pour faire bien comprendre e rôle de chacun d'eux.
L'Austrasie , peuplée par des populations germaines qui ne s'y étaient établies que d'une manière pssagère, n'avait pu garder aucune teinte des mœurs romaines , et les incursions continuelles des peuples barbares qui passaient sans cesse le Rhin, empêchèrent toute civilisation de s'y former. Dans les pays qui composaient la Neustrie , au contraire, les Francs étaient en minorité et se trouvaient environnés de toutes parts par les Gaulois, qui avaient conservé l'esprit et les usages de leurs premiers vainqueurs : de cette différence radicale de moeurs et de vie sociale, de-
vait naître un conflit incessant, qui n pouvait se terminer que par la defaii et l'asservissement de l'une des deu nations. Les Francs-Germains , en att quant la Neustrie, ne faisaient dor
3ue continuer la conquête ; et la lut e Frédégonde et de^runehaut ne fu
Kour nous servir de l'expression ( I. Guizot , que le symbole du mouv< ment qui , après avoir jeté les Fran dans les Gaules, poussait la France ge maine contre la France romaine.
La prédominance appartint d'aboi au royaume de Neustrie , et cela n' tonnera pas, si l'on considère que moyens de supériorité donnaient a 1 pays les richesses et les débris de la < vilisation romaine, dont ses voisin plus grossiers , étaient privés. L'i fluence du clergé y favorisa d'ailleu l'extension de la puissance royale, et fut facile aux souverains du pays donner à leur pouvoir une consistai] qui manqua longtemps aux Austrasien Pendant que ces derniers , obéissant leur caractère aventureux, allaient cor battre Narsès en Italie, les Neustrieii sous la domination de Clotaire, qui n1 vait pas encore réuni les quatre roya mes , commençaient à établir le syster aristocratique,* qui amena ensuite de
f;rands changements dans l'État fran a servilité gauloise aida admirableme les vues du monarque, qui s'attacha I vaincus, en leur distribuant des ho neurs; la relation toute volontaire d compagnons à leur chef, qui subsist; chez les Germains , fut remplacée par création des leudes, ou fidèles du r Ce mot leude subsistait déjà pour dé signer la masse du peuple ; il ne s'api
3ua plus alors qu'a un certain nom!
'hommes choisis , dont Clotaire Gt !
antrustions. Pour compléter ce chr gement, qui tendait à remplacer royauté barbare par l'ancien pouvi impérial, et s'établissait sans trop difficulté , grâce à l'avidité avec laqut les Gaulois sollicitaient la domestic royale, Clotaire établit des impôts i guliers. La Neustrie les accepta; m les luttes désespérées que provog cette mesure en Austrasie , montnk que l'influence gauloise n'avait pas pi racine dans la France orientale , et q les leudes de ce pays se souvenaient t
FRANCE