NEUSTRIE L'UN
ment, et démembra l'Austrasie au profit dje la Neustrie. Il réunit à ce dernier pays non-seulement toutes les cités d'outre Loire qui avaient dépendu du royaume d'Austrasie, et les diocèses de Soissons, de Meaux, de Senlis, de Reims, de Laon, et de Chàlons , mais aussi les territoires de Verdun et de Toul , austrasiens et ripuaires de tout temps , et jusqu'à Metz, la capitale du royaume de l'Est.
Toutefois, une grave contestation qui s'éleva au sujet de ce démembrement entre Ciotaire et son fils, en 625, se termina par la restitution forcée des terres enlevées à l'Austrasie.
L'avénement de Dagobert fut favorable à la Neustrie, qui parut devoir reprendre une prépondérance définitive ; elle fut unie a la Burgondie, pour être * gouvernée plus tard par le jeune Clovis, et les leudes d'Austrasie confirmèrent cette union par serment. Mais à la mort de Dagobert , la Neustrie , abandonnée aux rois fainéants qui la gouvernèrent sous la tutelle des maires du palais, déclina peu à peu ; elle reprit un moment sa puissance sous la main vigoureuse d'Ébroïn, qui s'efforça de rétablir le pouvoir royal , en écrasant l'aristocratie ; mais le triomphe de ce grand homme fut de courte durée ; il fut assassiné lorsqu'il se préparait à faire la eon-
3 uête de l'Austrasie (681), et les leudes e ce pays , sous la conduite de Pépin « qui , sa'ns avoir le nom de roi , gou- « vernait avec une puissance royale(*), » marchèrent contre les Neustriens , et leur livrèrent bataille à Testrv. près de Saint - Quentin (687) ; la victoire qu'ils remportèrent mit fin à la lutte de I aristocratie contre la royauté, et amena la soumission définitive de la Neustrie.
Les Neustriens essayèrent cependant de ressaisir leur indépendance à la mort de Pépin; ils élurent pour maire Raginfried, et pour roi un descendant incertain de Clovis, sous le nom de Chilpérie II ; vaincus à Vincy près Camhrai , ils suivirent désormais les destinées de l'empirefranc. Leurs deux derniers rois, Thierry IV et Childéric III , ne furent que des fantômes auxquels Pépin ne laissa que l'apparence du pouvoir royal ; il ménageait ainsi adroitement les Neus-
(*) Annales de Metz,
ŒRS. N E V ERS
triens en gardant pour lui toute l'autorité. Lors de son avènement en 752, il fit raser Childéric, et l'enferma dans le couvent de Saint -Orner. Depuis cette époque la Neustrie, c'est-à-dire la France , resta soumise à la domination austrasienne et allemande , jusqu'au dixième siècle , époque où elle ressaisit une suprématie définitive par l'avénement de Hugues Capet.
Liste des rois de Neustrie,