‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 67 sur 434 · NICOLE FRANCE. NICOPOLIS · texte numérisé non relu

NICOLE FRANCE. NICOPOLIS

sentiments, il les servit avec zèle, et fut enveloppé dans les persécutions dont ils furent l'objet. Une lettre qu'il écrivit, en 1677 , au nom des évéques de Saint-Pons et d'Arras, sur le relâchement des casuistes , déchaîna contre lui un orage, qui l'obligea de se cacher dans les environs de Chartres et de Beau vais. Puis , en 1679, après la mort de la duchesse de Longueville, protectrice du jansénisme, il se décida à la France, et se retira en Belgii , où il erra sous divers noms d'asile en asile, dans une crainte perpétuelle de tomber entre les mains de ses ennemis. Il obtint enfin , par l'intervention de M. de Harlay, archevêque de Paris, la permission de revenir à Chartres, et bientôt après celle de se fixer à Paris. Sur la fin de sa vie , H se mêla de la querelle sur le quiétlsme, et se prononça contre Fénelon, mais avec mesure. Il mourut en 1695. Nicole a beaucoup écrit. Le meilleur de ses ouvrages, celui sur lequel se fonde sa réputation , ce sont Ses Essais de mora/e et Instructions théofogiques. Paris, 1671. Parmi les traités dont se compose ce volumineux recueil , on distingue surtout celui qui a pour titre : des Moyens de conserver la paix avec (es hommes. Madame de Sévigné ne se lassait pas de le lire et de l'admirer, et Voltaire en parle avec une égale estime. Esprit étendu, sévère dialecticien , écrivain correct et méthodique, Nicole manque de la chaleur et de l'imagination qui vivifient. Aussi est-il moins lu qu'il ne mériterait de l'être. Outre ses Essais de morale, nous citerons de lui les ouvrages suivants : Epigrammatum delectus , cum dissertatione de vera pulchritudine , 1659; Traité de la foi humaine, 1664; les Imaginaires et les visionnaires , ou Lettres sur Tkérésie imaginaire. Liège, 1667, jolie édition très-recherchée. Racine, élève de Nicole , piqué de ce que , dans ce livre , il condamnait les spectacles , répondit par deux lettres tres-vives; mais dans la suite il reconnut son tort, et se réconcilia avec son ancien maître.

La perpétuité de la foi de l'Église catholUjue touchant t eucharistie } défendue contre le ministre Claude, 1669, (publié sous te nom d'Arnauld ). Nicole

contribua aussi à la composition des Méthodes grecque et latine, et de la Logique dite de Port-Royal.

Nicopolis (croisade et bataille de).

En 1396, la paix avec l'Angleterre étant sur le point d'être signée, la fleur de la noblesse française, à la téte de laquelle se trouvait le* comte Jean de Nevers, fils du duc de Bourgogne, entreprit une croisade contre les Turcs. Bajazet II* derim, fils d'Amurath 1er, avait, en 1394, ravagé la Dalmatie, la Croatie et menacé Constantinople. Il était à craindre qu'il ne portât ses vues sur la Hon-

§rte; et Sigismond, roi de ce pays, avait emandé des secours au pape et aux princes chrétiens. Philippe d'Artois, comte d'Eu, avait répondu à son appel et s'était rendu en Hongrie avec cinq cents chevaliers; mais il n'avait point combattu contre les Turcs qui étaient occupés ailleurs. En 1393, Bajazet étant rentré en Europe, Sigismond avait de nouveau fait prier le roi de France de permettre à ses chevaliers de venir à son secours. Le duc de Bourgogne appuya cette demande, et la jeune noblesse s'empressa de courir sous les drapeaux du comte de Nevers , désigné comme devant être le chef de cette croisade.

« L'hiver de 1 396 fut employé aux pré-

Saratifs de cette expédition, et au mois e mars le comte Jean de Nevers put se mettre en route. Son père Pavait particulièrement recommandé à Enguerrand de Coucv (Voy. Coucy), à Guy et à Guillaume de la Trémouille, et à Jean de Vienne, amiral de France : c'étaient les guerriers à la prudence desquels il se fiait le plus; mais l'on voyait encore avec lui , le comte d'Eu , connétable de France , et le comte de la Marche, tous deux du san£ royal; Henri et Philippe de Bar, Boucicault, maréchal de France, deux bâtards de Flandre, et tous les chevaliers ou écuyers que la France considérait comme les plus illustres, le?

plus riches et les plus vaillants, quoiqu'ils ne fussent pas en tout plus de mille. Ils traversèrent l'Allemagne par petites bandes, pour se rendre à Bude où ils devaient se réunir. Le comte de Nevers déploya dans ses équipages toute la magnificence dont se piquait son père. Les bannières, les guidons, les housses étaient chamarrés d'or, d'ar-

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