NIÈVRE L'UNIVERS. NIMÈGUE
opération. Nommé en 1798 commandant d'armes à Lorient , Nielly y demeura jusqu'en 1804 , époque où il fut appelé à présider le collège électoral du département du Finistère. Napoléon lui donna vers la fin de cette année le commandement de la flotte de Brest, et lui conQa, en 1805, une préfecture maritime. Le contre-amiral Nielly, qui vivait dans la retraite lors de la première restauration, ne prit aucune part aux événements de 1815. Louis XVIII lui conféra le titre de baron , et le nomma vice-amiral. Il est mort à Brest en septembre 1838.
Nièvre ( département de la). Ce dé-
Fartement, qui tire son nom de la Nièvre, un des affluents de la Loire , correspond à l'ancien Nivernais. II est borné au nord par le département de l'Yonne, à Test par celui de la Côte-d'Or,au sudest par celui de Saône-et-Loire , au sud par celui de l'Allier, à l'ouest par celui du Cher dont il est séparé par fa Loire, enfin, au nord-ouest , par celui du Loiret. La chaîne des monts Morvans le coupe en deux régions, dont l'une appartient au bassin de la Loire, l'autre au bassin de la Seine. Sa superficie est de 681,003 hectares, dont 295,261 sont en terres labourables; 239.561 en bois et forêts; 67.396 en prairies; 15,857 en landes, pâtis, bruyères; 9,900 en vignes, etc. Son revenu territorial est évalué à 12,500,000 francs. La somme de ses impôts directs a été, en 1839, de 1,648,532 francs, dont 1,276,350 francs de contribution foncière.
Ses rivières navigables sont la Loire, l'Allier et l'Yonne. Il possède en outre un canal, celui du Nivernais. Ses grandes routes sont au nombre de vingtdeux, dont huit royales et quatorze départementales.
Il est divisé en quatre arrondissements, dont les chefs-lieux sont : Nevers, chef-lieu du département, Clamecy, Cosne, Château - Chinon. Il renferme 25 cantons et 319 communes. Sa population est de 297,550 habitants, parmi lesquels on compte 1,369 électeurs, re-
Srésentés à la chambre par quatre . éputés.
Ce département forme le diocèse d'un évêché , celui de NCvers , suffragant de rarchevêché de Bourges. Il est compris
dans le ressort de la cour royale de Bourges et de l'académie de la même ville. Il fait partie de la 15* division militaire et du 22e arrondissement forestier, qui ont aussi Bourges pour chef-lieu.
NiMEGUB (traités a*e). La coalition européenne, formée par la Hollande et le prince d'Orange contre la France, avait été brisée par les victoires de Condé , de Turenne , de Luxembourg , de Catinat , de Créqui et de Duquesne.
La France désirait la paix, parce qu'elle avait le droit d'en dicter les conditions; la Hollande était fatiguée d'une guerre qui ruinait son commerce, et dont presque seule elle supportait tout le poids par les énormes subsides qu'elle payait à ses alliés. Les autres puissances n'avaient pas les mêmes sentiments pacifiques; cependant, la prise de Gand et d'Ypres , et les succès de Créqui sur le Rhin , amenèrent enfin la paix. Un congrès s'assembla à Nimègue; les négociations furent longues et difficiles; chaque puissance tenait à conserver ce qu'elle avait conquis, ou à recouvrer ce qu'elle avait perdu. L'Empire aurait voulu ramener les choses au point où elles étaient à la paix de Westphalie , l'Espagne prendre pour base le traité des Pvrenées, le Danemark regagner ce qu'if avait cédé à la Suède dans les guerres précédentes , le Brandebourg garder ses conquêtes en Poméranie, et la Suède rentrer en possession de ce qui lui avait été enlevé. Mais les plénipotentiaires français eurent l'adresse d'isoler les divers membres de la coalition et de traiter séparément avec chacun d'eux. Les Hollandais furent les premiers à signer, et malgré le prince d'Orange qui , à quelque prix que ce fût, voulait la continuation de la guerre. Mais il venait de se marier ayee une princesse anglaise , et cette union leur inspirait des inquiétudes. Cette paix fut signée le 10 août 1678. Louis XIV accordait aux Hollandais des conditions favorables pour leur commerce, et leur rendait la ville de Maëstricht, la seule qui lui restât de ses conquêtes sur les Provinces-Unies.
Une fois débarrassé de la Hollande, et assuré dès lors de pouvoir faire la loi aux autres puissances, Louis ne consen tit à aucun sacrifice , et les confédérés
MMÈGIE FRANCE. NIMES 167
forent contraints de cédera l'ascendant de ses victoires. L'Espagne suivit la première l'exemple de la Hollande. Par le traité du 17 mars, elle recouvra les villes qu'elle avait cédées par le traité d* Aix-la-Chapelle, et celles de Luxembourg et de Gand qui avaient été conquises par la Francs pendant la guerre ; mais elle abandonna la Franche-Comté et Ja Flandre française , qui restèrent désormais réunies a la France.
Ce ne fut qu'un an après que l'Empereur et l'Empire firent leur paix, le 5 février 1679. Louis XIV rendit Philisbourg, mais garda Fribourg, place importante qui lui ouvrait l'Allemagne; et les traités de AYestphalie furent contirmés. Le Danemark et le Brandebourg , parles traités de Saint-Germain en Laye (20 juin) et de Fontainebleau (3 septembre), restituèrent ce qu'ils avaient pris à la Suède , alliée de la France.
Quant à la Lorraine , Louis offrit d'y rétablir le duc Charles V; mais il voulait rester maître de Nancy et de tous \es grands chemins. « Le duc refusa, dit Voltaire, l'acceptationd'un traité qui lui semblait trop odieux ; il aima mieux être un prince errant dans l'Empire qu'un souverain sans pouvoir et sans considération dans ses États; il attendit sa fortune du temps et de son courage.
« On vit dans cette paix combien les événements contredisent les projets. La Hollande, contre qui seule laguerreavait été entreprise et qui aurait dû être détruite, n'y perdit rien; au contraire elle y gagna une barrière, et toutes les autres puissances qui l'avaient garantie de la destruction y perdirent. » Apres cette glorieuse paix de JHimègue, 1 astre de Louis XIV atteignit son apogée. « Le roi, dit encore Yoltaire, fut au comble de la grandeur; victorieux depuis qu'il régnait, n'ayant assiégé aucune place qu'il n'eût prise , supérieur en tout genre à ses ennemis réunis, la terreur de l'Europe pendant six années de suite, enfin son arbitre et son pacificateur, ajoutant à ses États la Franche-Comté, Dunkerque et la moitié de la Flandre; et ce qu'iJ devait compter pour le plus grand des avantages, roi d'une nation alors heureuse , et alors le modèle des autres nations. L'hôtel de ville de Paris lui défera quelque temps après le nom de
Grand avec solennité , et ordonna que dorénavant ce titre seul serait employé dans tous les monuments publics (*). * Nîmes. Ville de l'ancien Languedoc, aujourd'hui chef-lieu du département du Gard.
C'est une des plus anciennes villes des Gaules, et on en attribue la fondation aux Ibériens ou à une colonie de Marseillais. Avant l'invasion des Romains , elle était la capitale de la petite république des Volces Arécomiques. L'an 633 de Rome, elle passa volontairement sous la domination romainecomme ville alliée, et conserva le privilège de se gouverner par ses propres lois. Auguste v établit, en 727. une colonie de vétérans de l'armée d'figypte, sous le titre de Cohnia Semausemis fugusfa, et envoya Agrippa pour l'organiser. Depuis lofs Nîmes acquit d'immenses développements ; elle eut des temples , des bains, des xystes, des basiliques, un amphithéâtre. A peine quarante ans s'étaient écoulés depuis son alliance avec les Romains, et déjà Strabon, qui écrivait vers l'an 14 de notre ère, la citait comme une ville puissante. Ce fut à Agrippa qu'elle dut ses murs, l'aqueduc du Gard , ses bains, etc. Sa reconnaissance pour Auguste se manifesta par des dédicaces , des autels , des temples , des médailles , etc. Caïus et Lucius César , fils d'Agrippa , partagèrent les sentiments de leur père pour la colonie, qui, en reconnaissance, leur consacra le temple connu sous le nom de Maison Carrée. Tibère, Trajan, Adrien, Antonin et Dioclétien se plurent aussi à embellir Nîmes, qui jouit, sous la protection des Romains, d'une tranquillité non interrompue pendant plus de quatre siècles , depuis sa fondation comme colonie jusqu'à la fatale époque de 406. Elle était alors à son plus haut degré de splendeur, et on l'appelait la seconde Home.
En 407, les Vandales envahirent la province romaine, et détruisirent de fond en comble la plupart des monuments qui ornaient la capitale des Volces Arécomiques. Ce fut ensuite le tour des Visigoths, qui la ravagèrent aussi, puis, après de longs désastres , finirent par
(•) Siècle de Louii XIV
L'UNIVERS
en rester possesseurs. Les Francs étendirent à leur tour leur domination sur ce pays.
Vers le commencement du huitième siècle, les Maures s'emparèrent de la Narbonnaise, et se rendirent mattres de Nîmes, qu'il gouvernèrent avec douceur jusqu'à la défaite d'Abdérame par Charles-Martel. Celui-ci, pour punir le peuple de Nîmes de l'assistance qu'il avait donnée au général maure Youssouf, fit, en 737, brûler les portes de cette ville, et essaya de détruire par le feu son amphithéâtre.
Depuis cette époque Nîmes perdit chaque jour de son importance ; elle fut pendant plusieurs siècles en proie à toutes les agitations que rëssentit la France; prise en 1226 par Louis VIII.
elle passa en 1229 dans le domaine des rois de France, et, sous leur domination, fut gouvernée par des consuls électifs. Elle fut en 1417, sous le règne de Charles VI, occupée par les Anglais, maîtres alors d'une grande partie de la France, et désolée par les guerres civiles des Armagnacs et des Bourguignons.
Pendant trois siècles, la peste et la lèpre y exercèrent des ravages affreux.
Mais, au quinzième siècle, FrançoisI" la visita et Faida à sortir de ses ruines ; peu à peu la ville antique reparut, et dès lors la cité nouvelle s'accrut rapidement. Les doctrines de Luther et de Calvin y firent de nombreux prosélytes, qui échappèrent au massacre de la Saint-Barthélejny. Guillaume de Villars, qui y commandait pour le roi, en recevant l'ordred'y massacrer les protestants, fit assembler le conseil, et sans expliquer ce dont il s'agissait, il fit jurer à tous les notables des deux religions de veiller à leur sûreté commune et de se défendre mutuellement. Il fit fermer toutes les portes, à l'exception d'une seule, dont il remit la garde à deux notables dignes de cette confiance ; puis il fit part des mesures qu'il avait prises au vicomte de Joyeuse, qui commandait dans la province, et celui-ci l'approuva complètement.
Après la révocation de l'édit de Nantes, Louis XIV fit abattre le temple des protestants, et construire sur ses ruines une citadelle. La tolérance du règne de Louis XVI ramena la sécurité ; les calvinistes , qui s'étaient en partie retirés
dans les montagnes des Cévennes, com mencèrent à en descendre et à se fixer I Nîmes et aux environs, où , par leur in dustrieuse activité , ils augmentèrent considérablement la richesse publique.
Les anciennes discordes se ranimèrent un moment au commencement de la révolution française, et ralentirent le mouvement industriel, qui reprit faiblement sous l'empire. En 1815, Mîmes fut de nouveau le théâtre de troubles civils et religieux, et les massacres provoqués et exécutés par le parti royaliste ne sont pas la tache la moins hideuse de son histoire. Aujourd'hui toutes les dissensions sont heureusement apaisées, et l'industrie y a pris depuis quelques années un très -grand développement. On y compte près de 42,000 habitants. C'est la patrie de Nicot, de l'archéologue Séguier, de Court de Gébelin, de Rabaud aeSaint-Étienne, de Sigalon, de M. Guizot.
Cette ville , véritablement classique , renferme encore aujourd'hui plus de monuments entiers qu'aucune ville de l'Italie ; nous citerons seulement la tour Magne, l'amphithéâtre , la Maison carrée , le temple de Diane , les portes d'Auguste et de France , etc.
Nîmes ( monnaies de ). La ville de Nîmes jouit des privilèges monétaires depuis la période gauloise jusque sous les Carlovingiens. L'art grec, 1 art gaulois , l'art gallo-romain sont représentés dans la suite des monnaies qu'elle nous a laissées.
Parmi ces monuments, nous pensons, quoi qu'en ait dit un savant antiquaire, qu'il faut placer en première ligne les drachmes d'argent qui portent pour type au droit une téte d'Apollon tournée à gauche et couronnée de laurier, et au revers le Sus gallicus courant à gauche , avec la légende NAMA- £AT.
Vient ensuite une autre pièce d'argent, qui a tout le type des espèces gauloises calquées sur les deniers, et sur laquelle on voit, au droit, une téte jeune, imberbe et diadémée , derrière laquelle se trouve la lettre a; au revers un Dioscure courant à cheval , et derrière lui son étoile; à l'exergue on lit nbvmav.
Il est assez difficile de dire queile est la figure représentée au droit ; quant a