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L'UNIVERS. NOM» PROPRES

de Noirmoutiers qui pouvait lui ouvrir une communiration avec l'Angleterre, il résolut de s'en emparer. Il parvint à y péuétrer, après deux tentatives inutiles; y fut joint par d'Elbée qui venait d'être défait à Chollet , et tous deux s'oceui)èrent activement de fortifier et d'approvisionner leur nouvelle position.

Noirmoutiers fut bientôt attaquée par Turreau ; Charette était alors absent , et l'île n'était défendue que par dix-huit cents Vendéens peu exercés pour une défense régulière. Quatorze blessures mettaient d'Elbée hors d'étal de commander en personne; mais il se rassurait sur sa position avantageuse que défendaient vingt pièces de canon, et sur les secours que Charette lui avait promis. Il fut cependant vaincu, et une attaque faite par le général républicain dans la nuit du 4 au 5 janvier 1794, amena une capitulation désastreuse pour les révoltes; tous les royalistes se rendirent à discrétion , et parmi les vingt-deux chefs vendéens qui furent amenés au quartier général , figurait d'Elbée , qu' fut bientôt après conduit à léchafaud.

Nolasqub (St-Pierre), fondateur de l'ordre des Trinitaires ou de la Merci, naquit vers 1189, près de St-Papoul (Languedoc). Il suivit Simon de Montfort dans son expédition contre les Albigeois , et s'y distingua par sa bravoure non moins que par sa piété.

Chargé de l'éducation de Jacques, fils de Pierre d'Aragon , qui avait été tué à la bataille de Muret, il suivit le jeune prince h Barcelone en 12K> , et trouva plus tard en lui un puissant auxiliaire pour sa charitable entreprise. Ce fut l'an 1223 qu'il fonda l'ordre de la Merci pour la rédemption des captifs. Luimême, dans deux voyages qu'il fit au royaume de Valence, racheta plus de guatre cents esclaves chrétiens ; il alla jusqu'en Afrique consoler les chrétiens qui languissaient dans les fers des musulmans. Saint Louis voulut l'emmener avec lui en Palestine; mais ses infirmités ne lui permirent pas d'entreprendre cette longue navigation. Il mourut en 1256.

ftoLLBT (l'abbé Jean-Antoine), l'un des hommes qui ont le plus contribué à

répandre en France le goût de la physique , naquit en 1700 à Pimpré (Noyonnais). Associé par Dufay à ses recherches sur l'électricité, puis favorisé dans ses études par Réaumur, il acquit bientôt des connaissances très-étendues. Un cours de physique qu'il fit à Paris . jeta les fondements de sa réputation. Admis, en 1739, à i'Académiedes sciences, aprèt avoir répété ses expériences à Turin et à Bordeaux, il publia en 1743 la première partie de ses Leçons de physique, ouvrage le plus clair et le plus méthodique qui eût encore paru sur ce sujet. Une chaire de physique expérimentale fut créée pour lui en 1756, et bientôt après il reçut le brevet de maître de

Ehvsique et d'histoire naturelle des enîrits de France. Nommé ensuite professeur de physique expérimentale a l'école d'artillerie de la Fère, puis à celle de Mézières , il mourut à Paris en 1770. On a de lui : Leçons de physique exj/érimentale, 1743; Recherches sur tes causes particulières des phénomènes électriques, i7 49 \ Essai sur l'électri" cité des corps, 1 750 ; Recueil de lettres sur l'électricité, 1753; L'art des expériences, 1770; et un grand nombre de Mémoires dans le recueil de l'Académie des sciences.

JNomenob. Voyez Bretagne.

Nomeny (traité de), 1663. Voyez Lorraine, t. x, p. 322.

Noms propres. Dans les temps anciens, les peuples de la Gaule et de ta Germanie avaient, pour dénommer les hommes et les agrégations d'hommes, une manière particulièrequ'on retrouve chez tous les peuples enfants ; que le P. Charlevoix a retrouvée chez les Iroquois, ainsi aue chez les Hurons du Canada, et qui , a défaut de toute autre indication, nous apprendrait combien nos ancêtres étaient alors peu avancés dans la civilisation ; ils leur appliquaient un mot caractéristique exprimant leur rang , leur aptitude, les qualités par lesquelles ils jetaient quelque éclat , et ce mot , oui servait à les distinguer des autres , devenait un nom propre. L'histoire et la numismatique ne nous ont transmis qu'un très-petit nombre de noms gaulois; ceux sous lesquels nous connaissons nos premiers aïeux leur ont tous été imposes par les Romains , pendant

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ét après la conquête, ce qu'il est facile de reconnaître à Jeur composition et à leur désinence, et il est à présumer au'ils ne se doutaient point, loisque César entreprit de les soumettre , que leur pays était divisé en trois parties , appelées Belgique y Celtique et Aquitaine, Nous savons cependant que Galls, dont les Romains ont fait Galli et dont nous avons fait Gaulois, signifiait Blancs , à cause de la blancheur de la peau des hommes qui se nommaient ainsi (*), blandieurqui, selon Virgile {**) et Silius Italicus (***), égalait celle du lait. Nous savons aussi que Brenn, en latin Brennus , et nom propre , servait à désigner on général , un chef de guerre. Sur Fautre bord du Rhin , il en était de même. Le mot Franks , qu est devenu successivement Franci, Françpis et Français, voulait dire hommes libres ; Burh-Gunds ( Bourguignons), hommes de guerre confédérés, ou, selon quelques antiquaires , hommes habitan es cent bourgs. Les mots servant à désigner les personnes étaient de même nature :

Gunde-Her (Gondicaire, Gondioc ou Gon'f ioche) , Mere-lVig ( Mérovée) , et Klocigh ou lllode-ÏVig (Clovis, puis Louis;, signiGaient éminent guerrier ; Siqhe-Rik tSigeric) et Sighe-Berht (Sip^bert), guerrier qui combat avec la flèche; Hlodi (Clodion) et HlodeRxk (Clodoric) , éclatant , célèbre , fort:

IIUpe-RUe (Chilpéric) et tlilde-Rik (Childénc), rejeton , enfant, brave y fort; Hihk- Bthrt ( Childebert ) , guerrier brillant; Hlode-Mer (Clodomir), célèbre et éminent ; Hlode-Her (Clotaire, pois Lothaire), célèbre et excellent; H ara- Ri k (Cararic), fort; Reghene-Her (Rognacaire) , fort et éminent; Hune- Rik tfiunneric), habitant brave ; Karl (Charles), homme fort et guerrier vaillant, etc.

Tels sont les noms que les peuples germaniques apportèrent dans la Gaule, et y conservèrent pendant tout le temps de la première race , et même pendant les premières années de la seconde,

(•) Gallta a caudore popuU nuucupata est; Gsllia en/m çrcece lac theitur. Isidore, <U Originibus.

(") Uctea Colla. Eneid., VIII, 660.

f) Coda -virifubo radiahwt laclea for- IV, i5i.

parce qu'ils caressaient leur orgueil et imprimaient du respect aux vaincus; après quoi ils subirent des altérations et furent remplacés par d'autres. Dès le onzième siècle, et même avant, on trouve des noms dont la signification est perdue, si tant est qu'ils en avaient une ensuite on adopta la coutume de prenure pour soi et de donner à ses enfants le nom du saint sous le patronage duquel eux et soi-même avaient été olaces 5 la cérémonie du baptême.

Il s'ensuivit de la qu'un grand nombre de personnes portèrent des noms semblables • a\orh pour les distinguer entre elles , on y joignit celui de leur père et celui de leur mère, en exprimant le degré de pan-nté qui les unissait à ces deux-ci. On disait donc : Jean , fils de Pierre et de Simonne, Philiberte, fille de Matthieu et de IIuguette. etc.

Les nommes de noble race , comme les çens du peuple, n'avaient à leur disposition que les noms des saints inscrits sur les diptyques sacrés, et ils en tirent usage concurremment avec eux , en y joignant, lorsque la féodalité fut établie partout et qu'il n'y eut plus de terre sans seiuneur, le nom de leur souveraineté, de leur comté, de leur baronnie ou de leur principal manoir, et Ton eut des noms ainsi composés : Philippe de Bourgogne, Jean de Bretagne, Archambault de Périgord, Matthieu de Montmorency, Jacques de Bourbon , Jean de Vienne, Philibert de Châlony Claude de Vaudrey, etc. N'avoir qu'un nom patronymique devint un signecaractéristique pour l'ancienne^ noblesse, et celui auquel on la reconnaît principalement aujourd'hui. Toutes les fois qu'un nom propre précède un titre seigneur rial , ou un nom de terre , on peut conclure que celui qui le porte a été récemment anobli , ou doit sa distinction à un domaine ou à une charge qui conférait la noblesse.

Les hommes du peuple, beaucoup plus nombreux mie les nobles, et à qui il était beaucoup plus difficile de se distinguer les uns des autres par des appellations, finirent par reconnaître que si la coutume de faire suivre des noms du père et de la mère ceux qui avaient été imposés au baptême, offrait l'avantage de faire

m NOMS PROPUES L'UNIVERS. NOMS PROPRES

connaître la filiation , elle avait l'inconvénient d'allonger les dénominations.

Ils imitèrent donc les gentilshommes.

Mais comme ils ne possédaient point ainsi qu'eux des domaines, des fiefs, dont ils pussent mettre le nom à la suite de celui qu'ils portaient , ils joignirent à celui-ci des mots caractéristiques qu'ils prirent partout où certaines circonstances les leur offrirent, des sobriquets imaginés par la malignité et l'esprit de satire; ils firent , avec ou sans raison , des emprunts à toutes les choses sensibles. Ces emprunts, que plus tard on dépouilla ou ne dépouilla pas de l'article qui les unissait aux noms patronymiques, devinrent des noms propres qui restèrent aux familles , et servirent à en distinguer les membres, de même que les branches qui s'en détachaient pour devenir elles-mêmes des familles nouvelles.

Ainsi de l'âge, on forma les noms Levieux , Lejeune , Jeunet , Lainé , Cadet, Vieillard, etc.; des avantages extérieurs : Joli ou Joly , Lebeau, Mignon, Mignard; des avantages de la fortune : Leriche, Richard, U Heureux; de quelques accidents ou difformités : Leboiteux, Leborgne, Lebègue, Lesourd, Lebossu, Camus; de la' couleur des cheveux ou de la peau : Lenoir, Noirot, Morel, Lebrun , Brunei, Leblond , Btondeau , Ulondin , Leroux , Lerouge, Legris, Leblanc, Blanchard; de la coiffure , des vêtements , de la chaussure : Chapeau, Bonnet , Chaperon, Manteau, Mante, Boulon, Soulier, Chaussier; de l'habitation et de ses dépendances : Château , Duparc , J.acour, De la Chambre ; de la possession et du voisinage : Dupré, Desprès, Deschamps , Delavigne , Delajorêt , Dubois , Dutaillis, Delavergne, Duvirier, Delaroche , Delamotte , Dufour, Dumoulin , Dupont , De la Carrière , Dcslandes, Desfriches, etc. Il n'est pas une profession qui n'ait fourni un nom propre. Tels sont : Tavernier , Tamisier, Meunier , Boulanger , Fournier, Boucher, Cordier, Mercier, Marchand, Berger , Bouvier , Chévrier , Porcher, Pasteur, Barbier, Pelletier, etc. Le mot faber, ouvrier en métaux , en a engendré à lui seul une collection :

Febvre, Le/ebvre, Falvre, Fabre, Le-

febure, Feburier, et d'autres encore que nous ne citerons pas. On a demande aux dignités ecclésiastiques :Pape,Larchevéque, Lèvêyuc, Labbé , Prieur , Chanoine , Cure , Ficaire , Leprétre , Clerc ou Leclerc; aux dignités temporelles : Ijeroi , Leduc , Marquis, Lecomte, Baron, Chevalier, Bachelier, Lécuyer , Prévôt, Bailly; aux grades militaires : Capitaine, Sergent , Caporal, Larcher ; aux quadrupèdes : Ijcloup, Lelièvre, Lebœuf, Lecerf, Mouton, Chevreau ; aux oiseaux : Lacaille9 Vanneau, Perruche, Corneille, Lecoq9 Merle, Poulet, Pinson, Rossignol ; aux poissons : Goujon, Barbeau* Saumon ; aux plantes : Delarbre, Duchesne, Deforme, Olivier, Pommier, Poirier, Cormier, Rosier, Chardon , Plant in , Rameau , Froment; au lieu de naissance ou d'origine : Lallemand , Normand , Lenormand , Picard , Bourguignon , Breton . Lombard, Romain, Langlou.

Enfin, bon nombre de noms patronymiques sont devenus des noms propres, tels sont ceux à' Albert, Clément, Hubert, Bernard, Bertrand, Martin,Germain, Maurice, Benoit, et une infinité d'autres.

A ces noms s'en vinrent joindre une multitude de nouveaux qui durent naissance à des circonstances qu'il serait plus curieux qu'utile de rechercher, et qui furent souvent le produit du caprice. Alors toutes les familles s'en trouvèrent pourvues et les transmirent à leurs descendants , en les accompagnant de prénoms différents pour les distinguer entre eux.

Quand l'usage des noms propres et de leur transmission fut devenu général, on ne tint pas fortement à celui qu'on avait reçu de son père, et , lorsqu'il était d'origine barbare et trop difficile à écrire en latin , on le quittait pour un autre d'une orthographe plus commode. Dans certains ordres religieux on faisait de même , mais pour une raison différente. On adoptait un nouveau nom en signe de renoncement aux choses d'ici-bas, et pour ne rien conserver dans le cloître de ce qu'on avait possédé dans le monde dont on se séparait. Les femmes, qui prennent aujourd'hui le nom de leurs maris, ne le faisaient point autrefois, et gardaient

IfONOTTE FRANCE.

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