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NORMANDIE

FRANCE

NORMANDIK

Guillaume commença à gouverner, à la mort de Robert (1035), sous la tutelle d'Alain, duc de Bretagne, qui mourut peu de temps après , laissant ion jeune pupille exposé aux attaques de nombreux compétiteurs. Guillaume prit les armes pour défendre ses droits contre Guy, comte de Bourgogne, qui s'appuyait , pour les lui disputer, sur la oon-existence d'une loi de succession en Normandie ; il le vainquit à l'aide de Henri Ier, et se ménagea contre ses autres ennemis l'appui de Baudouin, comte de Flandre, dont il épousa la Glle. Vers la même époque, il ajouta le Maine à ses possessions.

Peu après son mariage, il fit en Angleterre un voyage qui lui suggéra sans doute ce projet de conquête qui Ta immortalise. Il avait alors vingtquatre ans ; il était uni par des liens de parenté et d'amitié à Édouard le Confesseur, dont la mère, Emma, était une princesse normande , sœur de Richard Il , aïeul de Guillaume; et il se fondait sur cette parenté pour se croire appelé au trône d'Angleterre, le roi Édouard n'ayant pciut d'enfants. Un seul rival l'inquiétait : c'était Harold , jeune chef saxon, beau-frère du roi d'Angleterre, qui l'aimait beaucoup.

Les circonstances vinrent en aide au chef normand; le roi Édouard, par une indécision fatale à la race saxonne , ne sut même pas se décider au sujet de son successeur futur : il mourut après avoir lait une promesse de la couronne à Guillaume, qui s'en appuya comme d'un titre pour disputer le trône à Harold. Celui-ci, dès la mort de son beau-frère, s'était fait proclamer roi, avec l'assentiment des populations saxonnes , qui l'aimaient. Mais Guillaume avait de nombreuses chances en sa faveur; il possédait une grande flotte, une noblesse dévouée, qui partagea les frais de l'équipement, une armée composée d'aventuriers des diverses parties de la France, et enfin, l'assentiment du pape, qui lui accordait d'avance la couronne d'Angleterre.

■ Avec d'aussi puissants secours , le duc de Normandie mit enfin à la voile, brûla ses vaisseaux après son débarquement, vainquit Harold dans la fameuse journée oTHastings , fit son entrée à

Londres, et fut couronné roi d'Angleterre. Il semblait que cette Ile fût destinée à recevoir toujours des maîtres tirés des peuples pirates ; les Saxons et les Danois y avaient régné longtemps ; les Normands , enfin , s'en emparèrent tout à fait , et se distribuèrent tout le sol.

• Les descendants de ces marins et forbans, qui, sous Rollon , étaient devenus petits seigneurs en Normandie, devinrent, sous Guillaume et ses successeurs, barons, comtes et ducs en Angleterre. Camden fait observer qu'il n'y a presque pas de village en Normandie qui n'ait fourni une famille noble à la Grande-Bretagne. La nation normande fut pour ainsi dire greffée sur celle des Anglo-Saxons, qui devinrent serfs de leurs vainqueurs; ainsi, la longue lutte

3u i avait existé en Angleterre entre eux peuples pirates , les Danois et les Saxons, finit par la domination d'un troisième peuple, mais qui était aussi d'origine scandinaire. Cependant, il oublia dans la suite son langage français, pour adopter celui des premiers vainqueurs de la Grande-Bretagne, les An-

§lo- Saxons; du moins la langue qui omina définitivement en Angleterre, ce fut l'anglo-saxon , mêlé d'un peu de français (*). «

Après une lutte victorieuse contre son fils Robert, Guillaume, oui était revenu en Normandie aussitôt après avoir organisé sa conquête, essaya vainement de soumettre la Bretagne , dont lesducs normands ne possédaient qu'une partie conquise par Rollon ; il fut repoussé par Philippe. lar. Une expédition qu'il fit dans le Vexin , en 1087, fut son dernier exploit; il tomba malade à Mantes, se fit transporter à Hermentruville, village voisin de Rouen, et y mourut le 9 septembre , après avoir possédé la Normandie près de cinquante-deux ans, le Maine environ vingt cinq, et l'Angleterre vingt et un ans. Il fut inhumé à Caen, dans l'église du monastère de Saint-Étimne, qu'il avait fondé. Il laissait de Mathilde trois fils : Robert , qui eut la Normandie et le Maine; Guillaume, auquel l'Angleterre échut en

(*) Depping , Histoire des expéditions maritimes des Normands, X. II, p. 186,

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partage, et Henri, qui hérita des trésors de son père.

VII. 1087. Robert II, dit Courte Cuisse ou Courte Botte, prit les armes contre son père , pour ('obliger à lui abandonner la Normandie ; mais il fut vaincu , et ne reçut l'investiture de ce duché qu'après la mort de Guillaume, en 1087. Il voulut alors disputer a son frère , Guillaume le Roux, le sceptre de l'Angleterre; cette seconde entreprise fut aussi désastreuse pour lui que la première : il eut encore le dessous, fut attauué par Guillaume dans ses

{iropres Etats, et n'obtint la paix qu'en ui cédant plusieurs places. Il prit part à la croisade de 1096, se couvrit de

PI oire à la prise d'Antioche, et monta un des premiers à l'assaut de Jérusalem. Il revint en Europe en 1099, et s'arrêta en Italie, où il épousa Sybiile, fille de Geoffroi, duc de Conversano.

Son frère Henri s'étant emparé du trône d'Angleterre à la mort de Guillaume, Robert tenta vainement de revendiquer ses droits; il obtint cependant en dédommagement une pension de 300 marcs. Mais bientôt Henri , rompant ce traité, vint attaquer la Normandie, s'en rendit maître, et retint son frère prisonnier au chfiteau de Cardiff , dans le Clamorgan , où le malheureux Robert mourut en février 1 1 34 , après une détention de vingt-huit ans, laissant, de son mariage avec la princesse Sybiile, un Gis nommé Guillaume, auquel Louis ie Gros donna en apanage le Vexin l"ro fi C3 js

VIII. 1096. Guillaume, dit le Roux, roi d'Angleterre, posséda la Normandie de 1096 à 1100; mais quelques historiens ne veulent pas le compter parmi les ducs de cette province , et ne le regardent que comme résent pendaut l'absence de son frère Robert.

IX. 1 106. Henri /*r, troisième Ois de Guillaume 1er, ayant dépouillé Robert du duché de Normandie, en fut maître jusqu'en 1 135. Sous ce prince, la province fut le théâtre de guerres sanglantes , et avec lui s'éteignit la race masculine des duos de Normandie.

X. 1 135. Ktienne de Blois, roi d'Angleterre, succéda à son oncle Henri Ier. Louis le Gros lui donna l'investiture de la Normandie en 1137; mais Geof-

froy, comte d'Anjou et du Maine, époux de Klathilde, fille de Henri, refusa d'ao

Îjuiescer à cette transmission de fief par igne masculine, et pendant qu'Etienne faisait la guerre en Angleterre, il s'empara de Rouen.

XI. 1142. Le règne de Geoffroy le Bel ne fut qu'une 6uite de combats.

Il mourut en 1151, laissant trois enfants.

XII. 1151. L'aîné, Henri II, lui succéda dans le duché de Normandie, dans les comtés d'Anjou et du Maine, et fut roi d'Angleterre. Après lui, la Normandie passa successivement, à

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