‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 79 sur 434 · NORMANDIE L'UN · texte numérisé non relu

NORMANDIE L'UN

« Les Anglais étaient saisis de terreur. Talbot et Sommerset concentrèrent leurs forces à Rouen; Dunois arriva devant cette ville. Les bourgeois se révoltèrent, forcèrent les Anglais à se réfugier dans le palais , et ouvrirent leurs portes à Tannée française. Talbot et Sommerset, forcés de se rendre, obtinrent, la vie sauve et la liberté de retourner en Angleterre, moyennant 50,000 écus et la cession de six places. Le roi ut alors son entrée en grande pompe dans la ville, et confirma ses privilèges. Aucun désordre ne fut con> mis par les troupes victorieuses ; Jacques Cœur avait prêté au roi l'argent de leur solde ; et leur respect pour les personnes et les biens des habitants parut à tous une chose merveilleuse.

« Il fallait achever rapidement la conquête de la Normandie ; Harfleur et Honlleur furent prises. Mais alors des secours arrivèrent; 3,000 hommes débarquèrent à Cherbourg, et furent dou* blés par les garnisons voisines ; ils s'emparèrent de Valognes, et cherchèrent à se joindre avec Sommerset, qui était à Caen. Aussitôt le comte de Clermont, avec 8 à 4,000 hommes, s'avança sur Carentan, et se jeta à leur poursuite, pendant que Riche* mond , qui était à Saint-LÔ, 6e mettait en marche pour tomber sur leur droite.

Les Anglais suivaient la côte ; ils furent attaqués dans les grèves de l'embouchure de la Vire, par Clermont, qui voulait leur couper le chemin de Bayeux; ils le repoussèrent, passèrent la rivière, et se retranchèrent devant le village de Formigny. Clermont les attaqua dans cette position, fut repoussé, et perdit son artillerie ; mais le connétable déboucha alors sur la droite ; le combat recommença avec fureur, et les Anglais, mis en déroute, perdirent près de 4,000 hommes.

« Cette victoire releva l'honneur de l'armée française tant de fois vaincue en bataille rangée, et elle décida du sort de la Normandie. Vire, Bayeux, Avranches, se rendirent, et tous les corps français, avec le roi, les princes, la belle artillerie des deux frères Bureau , se réunirent devant Caen, qui avait quatre mille bommes de garnison; l'armée était forte de dix-sept cents lances, de sept

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