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ERS. NORMANDIE

mille arebers à cheval, et de quatre mille archers à pied. La ville capitula, et la garnison se retira en Angleterre. Il ne restait plus que Falaise et Cherbourg, qui subirent un siège de peu de durée ; et la Normandie fut enfin délivrée de la domination anglaise qu'elle subissait depuis trente et un ans (*). *

Le traité désastreux conelu à l'expiration de la guerre du bien public , en 1465, sépara encore la Normandie de la couronne ; elle fut donnée au duc Charles, frère du roi. Mais Louis XI sentait trop l'importance d'une pareille possession pour ne pas chercher à la reconquérir. Il saisit avidement l'occasion que lui fournit une invasion des Bretons en Normandie, alla joindre le duc François à Caen, à la téte d'une armée, et marcha sur Rouen, dont les habitants, séduits par la résurrection soudaine de leur vieille indépendance, avaient faitdegrandes promesses au duc Charles ; ce réve s'évanouit au premier aspect de l'armée royale , et Rouen se remit aux maint du roi. Le recouvrement de la province entière fut l'affaire de quelques semaines; le 21 janvier 1466, le roi déclara par lettres patentes , qu'il remettait en sa main son pays et duché de Normandie; il fit décapiter quelques individus qui lui avaient été trop hostiles dans la guerre du bien public; puis il ne resta plus de trace de la domination éphémère du duo Charles. Les états de 1468 (avril) déclarèrent la Normandie unie irrévocablement à la couronne , et assignèrent une rente de 60.000 livres tournois au duc Charles, qui redemandait vainement son duché.

En 1472, le duc de Bourgogne envahit la Normandie, prit Eu, Saint-Valery, NeufchaHel, et ravagea le pays jusqu'à la mer; mais il ne put s'y maintenir, et le quitta la même année.

Un siècle plus tard , la Normandie joua un rôle actif dans les guerres de religion ; la grande masse des habitants embrassa le protestantisme , et les huguenots s'emparèrent de Rouen, en 1562. Le duc de Bouillon était gouverneur de la province; mais, outre qu'il était fort jeune , il était suspect aux

(*) Lavallce, Nul. des Franf., % H, P- «79-

triumvirs comme favorisant les huguenots ; aussi se hâtèrent-ils de donner le gouvernement an duc d'Aumale. Mais, quand ce duc se présenta aux portes de Rouen, on lui en refusa l'entrée.

Le parlement de Rouen , voyant les huguenots maîtres de la ville, se retira à Louviers, où il continua de sévir contre les insurgés. Les Iwurgeois cependant, avec une activité républicaine qui semblait propre à la Normandie , dit M. de Sismondi , se hâtèrent de former Jeux conseils, l'un de 12, l'autre de 100 » itoyens, auxquels ils déférèrent le eoivernement- Ceux-ci enrégimentèrent leurs milices , dans lesquelles ils comptèrent bientôt 4,000 hommes. Les habitants de Dieppe s'étaient soulevés es même temps , et ils avaient envoyé à Rouen un renfort de 300 hommes; le pavs de Caux, le Havre de Grâce, Grar.dville, Caen , Baveux, se déclarèrent aussi pour les protestants , et demandèrent des capitaines au prince de Coode , qui en peu de temps se trouva à peu près de toute la Normandie, i ilïa

perdit bientôt. En vain les huguenots s'empressèrent* ils de signer avec Elisabeth le traité d'Hamptoneourt , qui cédait à la reine le Havre de Grèce, en échange d'une somme d'arcent et d'un corps de 3,000 Anglais destinés à protéger Rouen et Dieppe ; ce pacte honteux devait amener leur perte.

Morviliiers , qui commandait à Rouen, ne voulut prendre aucune part à raccord qui livrait aux Anglais une place française, et céda son commandement à Montgommery, que le corps d'armée ie Dudïey, envoyé parÉlisabeth, essaya vainement de secourir; le roi de liavarre, lieutenant générai du royaume, avait coupé le chemin aux troupes and ai ses ; il entoura Rouen, la prit d'assaut et la livra à un pillage de huit jours. La perte de cette ville entraîna celle de la plus grande partie de la Normandie, eu le prince de Condé avait compté jusqu'alors le plus de partisans. Dieppe capitula le 1er novembre; Caen, Vire, Saint-Lé, tombèrent ensuite aux mains des catholiques, qui commirent presque partout d'horribles cruautés.

Après la bataille de Dreux, Coligny résolut de se rapprocher de la mer, pour obtenir d'Élisabeth de nouveaux subsi-

des; il parvint à gagner le Havre sans rencontrer d'ennemis , y reçut de l'ar* gent que lui envoyait la reine, et fut alors en état de reprendre Caen et quelques autres places de Normandie. Enfin, I édit d'Amboise pacifia cette province ainsi que les autres parties du royaume , et en 1563, Montgommery et Condé aidèrent eux-mêmes les troupes royales à reprendre le Havre aux Anglais ; la même année , Charles IX vint tenir au parlement de Rouen un lit de justice et une séance royale.

Une nouvelle expédition tentée par Montgommery, en 1574, n'eut aucun succès.

Le gouvernement de la Normandie, donné au duc d'Épernon, lui fut enlevé par Henri III, en 1588, et confié immédiatement après au duc de Montpensier.

En ôtant à d'Epernon la Normandie, le roi avait l'intention de s'y établir; mais il lui importait auparavant de bien connaître 1 esprit de la province , et , pour cela , il y envoya l'historien de Thou , puis le sieur de Vil tiers ; rassuré par les

S récautions prises par ce dernier, Henri t son entrée à Rouen, le 11 juin 1588. L'édit d'union le ramena à Blois. Le calme apparent de la Normandie cessa bientôt; le parlement de Rouen fut des premiers a se déclarer pour la ligue (1589) ; la noblesse de eette grande ville et de toutes les villes normandes , si zélée auparavant pour la réforme , avait été ruinée , ou exilée par les per» sécutions , ou forcée de se cacher; les ligueurs seuls demeuraient en évidence, et avec eux se rangeait le peuple, dont l'ardeur était entretenue par les prédis cateurs ; la noblesse normande, au contraire , se rattachait en général aux partis des politiques et des royalistes, et reconnaissait pour chef le duo de Mont* pensier, gouverneur de la province.

Rouen se déclara pour la li^ue, le 0 février, et cet exemple fut bientôt suivi par Louviers , Vernon , Lisieux, Pont- Audemer, le Havre de Grâce, Honneur, Évreux, Fougères, Falaise, Argentan, Montivilliers,etc, toutes les villes enfin de ta province, à la réserve Je Coutan* ces et de Caen, où se retira la portion royaliste du parlement. Les paysans, réunis sous le nom de Gaultier* f s'armèrent pour défendre leurs propric-

203 NORMANDIE L'UNIVERS. NORWAMDIE

tés contre les gens de euerre et faire triompher la ligue; ils vinrent avec empressement défendre Brissac , assiégé dans Falaise; mais celui-ci ne If ur donna aucun secours , et ils furent en partie massacrés par les troupes de Montpensier. La victoire d'Arqués livra la Normandie à H^nri IV, qui, avant la fin de décembre 1SS9 , réduisit sous son obéissance presque toutes les villes de la basse Normandie; il y soutint la guerre contre Mayenne et le duc de Parme, pendant trois années, et ne soumit entièrement la province qu'en 1594 ; enfin le parlement royaliste revint de Caen à Rouen, et enregistra, le 26 avril , l'ëdit de pacification.

Une révolte qui éclata en 1620, n'eut pas de suites; Louis XIII la comprima promptement. La rébellion des va- nupieds inquiéta plus sérieusement le gouvernement royal; elle fut provoquée par la pesanteur des impôts qui étaient devenus intolérables, et éclata simultanément sur plusieurs points. Les habitants de la basse Normandie prirent les armes sous le nom de vchnu-pieds, et se fortifièrent à Avranches. Le colonel Gassion fut envoyé contre eux avec une troupe de soldats étrangers , afin qu'ils fussent moins accessibles à la compassion (*) ; ii attaqua les insurgés qui se défendirent bravement, les vainquit malgré leur courageuse résistance, et les fit tous pendre et égorger. A Rouen, le soulèvement avait pris un caractère extrêmement grave. Le peuple s'était soulevé de «on propre mouvement, sans intrigue seigneuriale, et les autorités municipales avaient adhéré unanimement à la révolte; aussi le châtiment fut-il terrible. Le chancelier Sé« guier fit , le 2 janvier 1640 , son entrée dans la ville ; il déclara qu'il supprimait le parlement de Normandie , la cour des aides, le corps de ville, le lieutenant général, et les officiers de finance; il ajouta que la province serait désormais gouvernée par la volonté du roi , absolue, sans limites, et qu'il lui suffirait de notifier. Il institua sous sa présidence un tribunal composé des gens de loi qu'il avait amenés avec lui ; ce tri-

(*) SUmoudi, Hist. des Franc., t. XXIII, p. 39C.

bunal condamna un grand nombre da prisonniers et de contumaces à être rompus vifs, pendus ou bannis. Il frappa Rouen d'une contribution extraordinaire de 1,085,000 livres, et recommanda aux gentilshommes de désarmer tout le peuple et d'empêcher tout rassemblement sur leurs terres.

Entraînés par la rapidité des événements, nous n'avons pj, en embrassant l'histoire de la Normandie depuis ta conquête de Rollon jusqu'à nos jours, examiner par quels degrés successifs les barbares du Nord avaient perdu leur rudesse primitive et étaient devenus l'une des populations les plus civilisées de la France. Nous allons essayer de suppléer ici à cette lacune, en donnant une brève analyse d'un excellent aperçu inséré par M. Depping dans son Histoire des expéditions maritimes des Normands.

Possédant, comme nous l'avons déjà dit, le germe des vertus qui font les grandes nations , les Normands adoptèrent, dès leur arrivée en Normandie, un système constitutif qui les rendit supérieurs à leurs voisins. Ils embrassèrent généralement le christianisme, suivant le rapport des historiens normands ; mais on peut soupçonner ces historiens d'avoir exagéré I orthodoxie des premiers néophytes; car on voit en 1001, l'abbé saint Bénigne , de Dijon , s'excuser de se rendre au monastère de Fécamp, qu'on l'invitait à venir réformer, en disant qu'il avait ouï dire que les Normands étaient rudes et sauvages de leur nature, et qu'ils étaient plus habitués à renverser des temples qu'à en construire, templa stibvertere, non œdi/icare sotitos esse (*). Leur rudesse disparut bientôt cependant, sous l'influence toujours croissante du christianisme, et ils donnèrent le plus grand développement à l'architecture sacrée pendant le dixième et le onzième siècle. Les arrondissements de Caen , de Bayeux , de Valognes , sont fort riches er monuments de cette dernière époque; ils doivent cet avantage à une pierre fa* cile à sculpter, qui se trouvait en abondance dans les environs.

Après la conquête, les Normands por-

O GaUia chrutiana, t XI.

tèreat dans la Grande-Bretagne leurs goâts pour les arts, et le pays qu'ils venaient de soumettre se couvrit de moauments , exécutés dans un style mêlé de saxon primitif et de gothique, auquel les Anglais ont conserve le nom d'architecture normande, sans pourtant en faire honneur aux conquérants, qui ne firent en effet qu'embellir un genre déjà adopté dans le pays; ils agrandirent les églises saxonnes , leur donnèrent la forme de ta croix grecque, les soutinrent de coionnettes et d'arcs- boutants, et substituèrent enfin l'ogive au cintre, mais à une époque plus distante de l'invasion.

Dès son établissement, le clergé normand tendit à se constituer en corps isolé , et indépendant de la juridiction civile; il écarta des dignités ecclésiastiques les individus d'origine étrangère , et ne consentit à rendre hommage pour les fiefs, aux seigneurs laïques, qu'après une ordonnance de Guillaume le Conquérant. Le haut clergé continua ses empiétements ; il obtint un édit qui lui permettait de se soustraire aux tribunaux temporels, et fort de cet appui , il défendit aux prêtres d'obéir aux sommations des juges séculiers (*). L'excommunication fut dans ses mains une arme terrible , au moyen de laquelle il s'agrandit impunément, et s'enrichit aux dépens de la prospérité publique ; l'ignorance et l'esprit timoré des masses qu'il dominait servaient d'ailleurs à favoriser ses abus de pouvoir, et il faisait croire au peuple que la dlme était prescrite par l'Evangile (*•).

Cet esprit d'agrandissement d'un corps aux dépens des masses, serait excusable cependant, s'il avait produit de grands résultats , et si les richesses accaparées par les moines avaient servi à l'entretien des sciences ou au soulage» ment des pauvres; mais loin de la, leur opulence ne servit qu'à nourrir leurs débauches. Les monastères , devenus d'infâmes lieux de prostitution, furent en vain designés aux conciles qui fulminèrent inutilement contre eux ; ils ne s'amendèrent pas , et les prélats reçurent de l'argent pour fermer les yeux sur ces abus ; les archevêques de Rouen , Ro-

(*) Neuitria Pia, p. 9g.

<*•) GaUia christiana, l. XI, p. i5r.

T. El. 14* UcraUon. ( Dict. bnci

bert et Mauger, et l'évéque de Bayeux, se faisaient remarquer par la dissolution de leurs mœurs ; l'évéque d'Avranches, le Foulon, fut destitué par le pape, parce qu'il avait des enfants dans toute la province (*).

Un pareil exemple donné par ceux qui auraient du moraliser le peuple, portait son fruit , et la débauche ga-

f;nait toutes les classes. On dansait dans es églises et dans les cimetières; on s'y battait même quelquefois : car le pape accorda au chapitre de Rouen la faculté de bénir de nouveau la cathédrale, lorsque, dans une grande affluence du monde, elle avait été souillée

Ear des rixes sanglantes et par la déaucbe.

Cependant, quel que fut l'état de déradation du clergé a cette époque maleureuse , il serait injuste de méconnaître les services que rendit le corps ecclésiastique , qui conserva la tradition des sciences et des arts ; en effet, pendant

3ue la masse des moines se plongeait ans un abrutisement honteux, quelques prêtres éclairés préparaient la renaissance des études historiques et littéraires.

Plusieurs monastères figurent avec honneur dans l'histoire de la province; Jumiéges, Saint-Évroult, le Bec, Saint- Wandrille , Fécamp, devinrent des pépinières de clercs on d'hommes instruits. Lanfranc, en arrivant au monastère du Bec, donna une grande activité aux études de théologie et de droit; dans le même temps Richard d'Annebaut mit en vers les Institutes de Justinien. L'abbaye de Saiut-ÉvrouJt ne contribua pas moins que le monastère du Bec à répandre le goût des études.

Thcodoric, Osbern, Serlo, qui en furent successivement ahbés, s'efforcèrent d'inspirer à leurs élèves l'ardeur du travail, par leurs exhortations, quelquefois par des moyens inoins doux (**). Vers le milieu du onzième siècle , l'évéque de Coutances rebâtit la cathédrale, lui donna des livres d'église, et établit une école où il appela des grammairiens, des dialecticiens, et des musiciens qu'il payait largement.

(*) D. Bessin, Conc. Rotkom. prov., p. 368. (••) Vtrhu et vrrberibus, dit Ordéric ViUl.

;t., ETC.) 14

L'histoire fut cultivée de bonneheure dans les clottres ; Dudon de Saint-Quentin t Guillaume de Juimeges Ordenc Vital, Guillaume de Poitiers (né en Normandie, et élevé en Poitou), s efforcèrent de tracer le récit des événements dont le souvenir se conservait par la tradition, ou qui se passaient sous leurs veux ; malheureusement , entraînes par la barbarie de l'époque, ils ne nous ont laissé que des relations ampoulées, prolixes , et déparées par l'esprit de partialité • il n'v a pas un duc de Normandie, dit M.Depping, qui ne devienne sous leur plume un modèle de grandeur et

de vertu. „ . . „#

Les moines cultivèrent aussi la poésie, et leurs premiers essais furent naturellement des hymnes et des poèmes religieux en vers latins. Aimar, abbe de Saint-Pierre sur Dive, musicien et poète , fit des hvmnes sur saint Kilian StS; sainte Catherine ; Thibaud de Vernon chanta Robert , abbe de Snint- Wandrille, et d'autres anachorètes. Mais ces jets primitifs qui n'offrent aucun intérêt , disparurent bientôt , et tirent place à des compositions toutes nationales , écrites en langue normande , et dont le fond emprunte à l histoire, a la jurisprudence même , formait un conlraste bizarre avec , le ^rhythme que

L'UNIVERS. Normandie

Le* premiers essais de la langue normande-française nous sont inconnus; les poètes normands durent sans doute prendre pour modeie les compositions 3e leurs voisins , et ce qui semble venir à l'appui de cette opinion, c'est que Tajllefer , barde de Guillaume le Conquérant, chantait à Hastings , non une chanson nationale, mais la chanson de Roland , d'origine française. Les trouvères embrassaient d'ailleurs, comme nous l'avons dit plus haut , dans le domaine de la poésie, tous les sujets qui se présentaient à leur imagination.

Robert Vace et Benoît de Samt-Maur mirent en vers français les chroniques latines des historiens de Normandie; Geoffrov Gaimar rima dans la mémo langue Vhistoire des Anglo - Saxons ; Dourbault mit en vers jusqu au coutumier de la province. Ro»bert Vace , deja cité , choisit pour sujet de poème la vie de saint Nicolas et l'établissement de la fête de la Conception , qui a été célébrée pendant plusieurs siècles par un concours poétique. Chardry composa un poème de cinq mille vers sur la vie de saint Josaphat ; dans un autre pœme il retraça la vie des sept Dormants. Landry de Valognes qui vivait à la petite cour de Baudouin , comte deGuines, mit en vers le Cantique des Cantiques.

* [ ps hvmnes et les vies des saints fu-

les poètes employaient pour assurer a JU^v i éventes et k»

leurs œuvres plus de popularité ( ). gj» J joui'rent dune popularité

. plus grande encore. Denis Pirame, qui (•) L'époque à laquelle apparaissent w r vieillesse chanta pieusement

premières œuvre, de la littérature normande, ^ ^ ^ ^ sa ^

«murait induiie en erreur el faire reeuier de plaisirs mondains. Ri-

'deuv siècle. r.dop,ion UU J-W^J £3 de"sem lly Rogerin d' Andelys, dans la t?*~°^r™^~ Gilles le Tiniera , furent les predecespÏÏne dX 'CL d ZX%i du se- seurs d'Olivier Basseli.^ Gu Uumie d S d duc A eette époque, le normand (sans Mormand.e composa un aLu l'islandais, ou la angue des sagas) ne poème sur les animaux , ei uuii d Xrllif plus que dans le Wn et dam le a0smont un / olucroire (poen^sur les

Cotenlin , et il n'a laissé de traces que dans les noms de lieux qui gardent un cachet indélébile de leur origine; les uns se terminent en er, our, car, les autres en dal; dau-

neni en er, wr,»"i •>■ -

très encore en hi, en gard , etc.; mots par - RoDerl Yace< le pow. «ww..^--

lesqueU les Danois désignent encore aujour- duigil du ^ et offrit a Éleo.iO e ■ d'hui leurs île* , vallées , hameaux et nro- de ce jncc % |e ronian de Bru ;

prictés rurales ; les ruisseaux sa ppelknt bec ^ ^ ^ ^ des prin

IfUtfMIV wm m. * w-v „

d'Osmont un V olucroire (poème oiseaux), et un lapidaire (peeeMf les pierres). Un autre Bestiaire, composé par Philippe de Than , fat*»

par lui à Adélaïde, femme de Henri l ; et Robert Vace, le poète histoneo, ira

mes ou holm , comme dans le Nord. -^> ex un curieux mémoire sur la signiûcatjon et la d.t a ^position des noms de lieux, en Norm*"- mantv

ieimiic uc to |iiiu«-v , . — —

prétendu prince troyeu, tigeaes

a suite de VHistoin

des Normands, par M. IW*

XOBMAND1E

FRANCK

NOBMANDIK

SU

ces du pays de Galles. Au nombre des poésies les plus intéressantes de cette littérature normande figurent les Lays (f amour et les Fabliaux de Marie de France , ainsi que le poème à'/ilexandre le Grand, composé par Alexandre de Bernay.

Les fictions des deux Bretagnes, les exploits héroïques de la cour de Charlemagne, les contes merveilleux de l'Orient apportés en Europe par les Arabes et les croisés, ouvrirent bientôt un champ plus vaste à la poésie anglonormande, et lui donnèrent une nouvelle impulsion. Hébert composa le roman de Dolopathos, dont l'origine est indienne ; Luce du Gast imita du latin le roman de Tristan; Helis et Robert de Borron firent passer en français d'autres romans de la Table Ronde.

Les grands poèmes composés par les Anglo-Normands, dit M. Depping, sont les premiers que la littérature française ait produits. Il est fort singulier, du reste, qu'on ne trouve dans les productions normandes aucun souvenir des traditions norvégiennes ; il n'y a pas de preuve qu'une saga ait été connue aux poètes normands , et cette remarque s'applique aux premières époques de la conquête. En posant le pieu sur la terre française , il semble que les Normands se fussent dépouillés de toute individualité , et qu'ils eussent rejeté avec empressement tous les souvenirs de leur patrie pour entrer dans une vie nouvelle. La cause de cet oubli est dans l'influence du clergé chrétien et dans la fusion avec les indigènes; les Françaises que les Wikings avaient prises pour femmes, ne redisaient à leurs enfants que les traditions de leur propre patrie, et la civilisation chrétienne substituait peu à peu aux traditions Scandinaves ses croyances religieuses , qu'avivaient et entretenaient les édifices catholiques et F activité du culte. Cependant le souvenir du dieu Tbor semble s'être conservé quelque temps; Robert Vace raconte qu'à fa bataille des Dunes, l'un des seigneurs normands, Raoul Tesson, faisait entendre pour cri de guerre : Tor ie (que Tor m'aide). Le même poète rappelle dans un autre endroit une tradition vulgaire , suivant laquelle l'archevêque de Rouen , Mauger , aurait eu à

son service un lutin, nommé Toret, qui lui obéissait fidèlement, et que personne ne pouvait voir (*); c'était peut-être un Throld danois transplanté sur le sol de France.

Aujourd'hui , complètement dénationalisée par l'influence de cinq siècles, la Normandie n'a gardé aucun de ces caractères tranchés qui distinguent encore la Bretagne et le Midi. Ni son langage , ni ses monuments n'attestent l'ancienne domination de ces barbares qui vinrent régénérer les Francs par leur courage héroïque et leur esprit législatif. En vain quelques Danois sont venus chercher des traces de leurs ancêtres sur un sol qui les avait oubliés ; h peine deux ou trois mots , deux ou trois usages échappés au niveau de la civilisation , leur ont-ils révélé la grande émigration des Wikings.

Normandie (monnaies de). L'histoire monétaire des ducs de Normandie remonte assez haut'; e'est au commencement du dixième siècle , vers Tan 927, sous Guillaume 7er, que nous trouvons les premiers deniers qu'on puisse leur attribuer ; en voici la description : 1* 4- vvilklmvs ; dans le champ une croix à branches égales , cantonnée de quatre besants. m* — botmacs ; dans le champ, une croix évidée, cantonnée de quatre croissants.

Richard /" (943-996) doit avoir frappé la monnaie suivante : bichardvs ; dans le champ, une croix cantonnée de douze besants , trois h chaque canton, nj Hrotomagvs; dans

le champ un temple.

C'est à Richard // (996-1026) que nous donnerons celles-ci : 3* -f- rcàhd : mabchis; dans le champ, une croix cantonnée de quatre besants; r) h

rotom A : romans; dans le champ P

Le titre de marquis a été donné par plusieurs historiens aux ducs de Normandie et particulièrement à Richard II. Les lettres bps du champ signifient episcopus% et le tout doit se lire : roman us hotom agi bpiscopus. Saint Romain était le patron de Rouen ; c'est ce qui explique la présence de son nom sur cette monnaie. 4« ricardvs ; dans le champ, une

(*) Roman du Rou, v. 9109 -v. 9756.

croix cantonnée de quatre besants ;

*)— BCDCMCOBI ( pour RVDVMCOBl);

dans le champ, une croix haussée sur deux degrés, et accostée des lettres os. Cette pièce a certainement été frappée à Rouen ; cependant le mot cobi et les lettres os n'ont point encore été expliqués. Il existe deux variétés de cette monnaie. 5" bhâbdvs ; dans le champ , une croix ; rJ — boddmcobi ; dans le champ, une croix accostée de

?[uatre frontons de temples. Ces quatre rontons sont une dégénérescence du type des monnaies frappées au Mans pendant le dixième siècle, et sur lesquelles étaient représentés quatre temples entiers placés de même.Voy. Mans (monnaies du). 6* -j- bihardvs; dans Je champ, une croix cantonnée de deux croissants au 3e et au 4* canton ; a- — bodcmcobi ; dans le champ, une s accostée de trois frontons et a'un lambel. Cette pièce est évidemment une dégénérescence delà précédente. 7°-+-badvsi; dans le champ, une croix cantonnée au Ier canton d'une croisette,au 4e d'un Pesant, au 2e et au 3e d'un annelet.

b) — macoi; dans le champ, une croix flanquée de quatre frontons et cantonnée de quatre besants. Les légendes barbares de cette médaille paraissent devoir se lire badusimacoi pour Rotomagus, en réunissant en une seule légende celle du droit et celle du revers. 8° -j- ratom m ; dans le champ, une croix cantonnée au 1er et au 46 canton de deux besants , au 2e et au 3e de deux croisettes ; rJ — rrtascio; dans le champ, une croix accostée de trois frontons. Cette pièce, encore inédite, a été offerte au cabinet du roi par M. Lenormant, de la part de M,e de Rostaing. 9° + se. roman ; dans le champ, une croix recroisettée par le haut et accostée de deux croisants ; a- — rotomag; dans le champ, un temple haussé sur deux degrés et accosté de deux croissants. 10° Légende illisible ; dans le champ , une croix accostée de deux annelets au Ier et au 4# canton; n- — Légende illisible; dans le champ, un temple dégénéré. 1 1* inv-hv-f; dans le champ, un fronton enté sur une croix accostée de deux besants , au 3e et au 4e canton; b- — vi....vi ; dans le champ, une croix cantonnée de quatre besants.

Toutes celles de ces pièces barbares, sur lesquelles le nom de Richard ne se rencontre pas, pourraient également, et peut-être avec raison, être attribuées à Robert le Diable et à Guillaume le Conquérant. Nous n'avons pas nommé ces princes dans notre énumération , parce u'il nous était à peu près impossible c déterminer d'une manière certaine, celles de ces espèces qui appartiennent à chacun d'eux. Le seul document écrit qui nous soit parvenu sur l'histoire numismatique des ducs de Normandie, est un acte de 1080, par lequel Guillaume le Conquérant détend de frapper monnaie autre part qu'à Rouen et a Bayeux. Nous savons aussi que les Normands payaient a leur duc un droit de fouage ou de monnayage, moyennant lequel celui-ci renonçait à son droit de changer tous les trois ans la monnaie. M. Lecointre Dupont a pensé que c'était à ce droit que Ton devait attribuer la rareté des espèces normandes. En effet, à la fin du onzième siècle , ces espèces disparaissent, et tout semble faire croire qu'il n'en a pas été frappé depuis. Selon le même savant , et cela semble probable, les ducs voyant les monnaies de leurs voisins s'affaiblir, tandis que les leurs restaient de bon aloi, et, par conséquent , perdant aux refontes qu'ils en faisaient , finirent par cesser n'en fabriquer, aimant mieux y renoncer que de perdre le droit plus lucratif du fouage.

Nous avons décrit avec beaucoup de soin tous les deniers normands que nous connaissons , parce que des faussaires en ont contrefait un grand nombre, qu'ils ont copiés dans l'ouvrage de Duby, et que Duby lui-même en a formé plusieurs variétés qui n'ont jamais existé, en copiant les mêmes pièces plusieurs fois , d'une manière différente.

Les pièces que l'on attribue à la Normandie, et qui diffèrent de celles que nous avons décrites, sont inédites ou fausses , comme le sont , par exemple , celles que Ton attribue à Lillebonne, et dont l'existence est historiquement impossible.

Nous devons ajouter, en terminant, que Ton remarque dans les nièces normandes trois styles bien distincts. I • Sous Guillaume i" et Richard I"(du-

NORYfNS

FRANCE

Nomviïfs

roéros 1 et 2 ); 2° sous Richard II (numéros S, 4 et 9); 3° depuis la fin du règne de ce dernier , jusqu'à Guillaume fe Conquérant (numéros 5, 6 , 7, 8, 10 et 1 1). lie numéro 9, qui par son style appartient évidemment à la seconde période, devrait par conséquent être placé à la suite du numéro 3. Nous ne l'avons placé après que pour ne pas interrompre la série des pièces à triples et quadruples frontons; il faut donc admettre qu'à Rouen, pendant le onzième siècle, il y avait deux types monétaires simultanément employés (*).

Nobyiiis (Jacques- Marquet de Montbreton de), né à Paris en 1769, fut destiné par sa famille à la magistrature et entra au Châtelet. Compromis lors de l'affaire de Favras , il fut forcé d'émigrer, et servit dans le régiment de Saxe hussards, qui avait passé à la solde de l'Autriche.

Rentré en France deux mois avant le 18 fructidor, il fut arrêté après cette journée et traduit devant une commission militaire. Un sursis obtenu par l'intervention de madame de Staël le sauva ; toutefois il ne recouvra la liberté qu'après le 18 brumaire. Il devint alors chef du secrétariat particulier de la préfecture de la Seine , poste qu'il quitta pour suivre à Saint-Domingue le général Leclerc. Il revint en France après la mort de ce général , et entra œmme lieutenant , dans les gendarmes d'ordonnance. Il fit avec ce corps la campagne de Prusse , se distingua à Manenwerder ; puis , renonçant à l'état

O Nous croyons devoir donner ici la correspondance de nos numéros avec ceux de Duby, et du savant article publié par M. de Longpéner, dans la Revue de numismatique,

%m *• Mira de M. d« Lo«if.p4rier, da Duby. ■rucle.

i i 7. 8 et 9-

a s xo et ii.

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6 » 3 et 5.

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11, Inédit ..... »•••••«•• »

militaire pour se livrer entièrement à la politique et aux lettres , il devint successivement sous Jérôme, secrétaire général du conseil d'État du royaume de Westphalie , secrétaire général du ministère de la guerre, envoyé diplomatique à la cour de Bade, chambellan de la reine et introducteur des ambassadeurs. Rentré en Franee, il fut envoyé dans les États romains , où il exerça jusqu'en 1814 d'importantes fonctions administratives. Depuis , sa vie fut exclusivement vouée aux lettres. Il a publié entre autres ouvrages : L7mmortalité de Vâme ou les Quatre âges religieux , poème en quatre chants , Paris, 1822; Portefeuille de 1813 , Paris, 1825, 2 vol. in-8°; Histoire de Napoléon, Paris, 1827, 4 vol. in-8\

Nostbkdame (Michel de) , Nostradamusy né en 1503 à St-Remi en Provence, d'une famille juive , étudia la médecine à Montpellier , et s'établit à Agen. Quelques années après , il quitta cette .ville, parcourut la Guienne, le Languedoc et l'Italie , revint en Provence après une absence de douze années, et se fixa à Salon ; puis fut appelé successivement à Aix et à Lyon , que désolaient des maladies contagieuses ; mais bientôt, la jalousie de ses confrères, excitée par ses succès, le contraignit à se retirer du monde et à vivre dans une solitude complète.

Il écrivit alors ses prédictions , en prose , mais dans un style énigmatique ; puis, il les mit en vers, et en composa des quatrains, dont il publia sept centuries à Lyon, en 1555. Ce recueil eut un succès extraordinaire; Catherine de Médicts , fort adonnée à l'astrologie , comme on sait, voulut en voir l'auteur; elle l'envoya à Blois tirer l'horoscope des princes ses fils , et le combla de présents. Le duc de Savoie et sa femme firent le voyage de Salon exprès pour le voir, et Charles IX , après l'avoir nommé son médecin ordinaire, lui donna une graticalition de 200 écus d'or. Nostradamus mourut à Salon en 1566. Les éditions les plus recherchées de ses Centuries sont celle de Lyon ou Troyes, 1568, pet. in-8°, et celle d'Amsterdam, 1668, pet. i n-1 2, qui fait partie de la collection française des Elzevirs.

Michel de Nostrrdame, dit 1e Jeune

pour le distinguer de son père , essaya aussi de pronostiquer l'avenir. Il avait

ftrédit que la petite ville du Pouzin dans e Vivarais , assiégée par les troupes royales, périrait par les flammes: voulant avoir raison , il mit lui-même le feu à plusieurs maisons lors de la prise de la ville par le maréchal de St-Luc ; mais cet officier l'ayant surpris , lui fit passer son cheval sur le corps , et le tua (167*). On a de Nostredame le Jeune un Traité d 'astrologie ,. Paris,

César de Nostrbdamb , frère puîné du précédent , né à Salon en 1555, mort dans cette ville eu 1622, est auteur d'une Histoire et chronique de Provence, où passent de temps en temps et en bel ordre les anciens poètes, personnages et familles illustres qui ont fleuri depuis 600 ans, etc., Lyon, 1614, in-fol. On cite en outre de lui un recueil de Pièces héroïques et Poésies , 1608, in-12, et un Discours sur les ruines et misères de la ville de Salon , 1598, in-12. L'auteur prend en tête de ce dernier écrit les titres de gentilhomme et de premier consul de la ville.

Jean de Nostbkdamb , oncle des précédents, procureur au parlement d'Aix. mort en 1590, est auteur des tfies des plus célèbres et anciens poètes provensaux qui ont floury du temps des comtes de Provence, Lyon, 1515, ip-8°. Cet ouvrage a été traduit en italien par Crescimbeni, Rome, 1710, in -4°, avec des corrections et des additions. Jean de Nostredame avait laissé des Mémoires allant de Can 1080 à Van 1494.

Notables (assemblées des). Les assemblées des notables , que l'on a confondues quelquefois avec les états gênéroux, en différaient en ce sens que ceux-ci étaient le produit de l'élection des trois ordres , tandis que les membres des premières étaient choisis par le roi et son conseil privé. Quant à leurs attributions, elles étaient les mêmes, c'est-à-dire qu'elles s'occupaient des choses qui importaient le plus, etquel'on soumettait a leur examen. C'est ainsi Qu'une assemblée des notables fut convoquée à Cognac en 1526, pour ratifier le traité fait entre François I,r, prisonnier, et Charles -Quint. Le traité

portait entre autres clauses la cession de la Bourgogne à l'Espagne ; il était si honteux pour la France, que François I** n'avait pas osé convoquer les états généraux pour le ratifier , et qu'il l'avait soumis à une assemblée de notables , espérant en avoir meilleur marché; mais cette assemblée soutint l'honneur du pays , comme si elle avait reçu mandat de lui.- « Elle conclut tout d'une voix , dit Mézerai , que l'autorité du roi ne s'étendait pas iusque-là que d'en pouvoir distraire la moindre pièce du territoire, et qu'elle ne lui obéirait pas là où il voudrait exécuter sa promesse. »

Lorsque Henri IV eut traité avec les ligueurs et (ju'il eut épuisé sou trésor à les satisfaire , il se trouva dans l'impossibilité de continuer la guerre. Il ne voulait pas avoir recours aux états généraux, dont l'hostilité s'était déjà montrée à Blois et à Paris. Il convoqua une assemblée des notables à Rouen ( 1 59(i); mais il ne nomma pas lui-même les membres de cette assemblée, et laissa la noblesse , le clergé et la magistrature élire ses représentants; il ne leur traça même pas la marche qu'ils auraient à suivre : « Je ne vous ai point appelés, dit-il, coro- « me faisaient mes prédécesseurs , pour « vous faire approuver mes volontés , « mais pour recevoir vos conseils, pour « les croire, les suivre, bref, pour me « mettre en tutelle entre vos mains , « envie qui ne prend guère aux rois à «barbe grise, aux victorieux; mais le « violent amour que je porte à mes su- « jets me fait trouver tout aisé et ho « norable. »

Cette assemblée s'occupa surtout de réformer les abus : on imposa fortement les financiers qui s'étaient enrichis pendant les troubles ; le dénié s'imposa pour des sommes considérables , mais avec des clauses à son avantage. Le traitement des officiers fut suspendu pour un an , et Sully tenant la main à ce que le règlement reçût son exécution , le trésor se trouva bientôt en meilleur état.

Sous Louis XIII, en 1626, Richelieu convoqua un conseil de notables , qui prirent dans leurs actes le titre d'assemblée des notables. Cette assemblée ne fut même pas ce qu'avait été celle de 1526, les députés turent divisés eu

NOTABLES FRAiNCE. NOTABLES

guatre catégories : 1° le duc d'Orléans,

itère du roi; le cardinal de la Valette, les maréchaux de I2 Force et de Bassompierre ; 2° le clergé ; 8° la noblesse : dix nobles tous conseillers d'État; 4° les parlements : dix-neuf premiers présideuU , présidents à mortier ou procureurs généraux ; quatre magistrats de la chambre des comptes , et quatre de la cour des aides. La première séance eut lieu le 2 décembre. Des questions diverses et d'une grande importance furent successivement abordées; mais on ne les discuta point au fond, et on s'en tint aux quatre propositions suivantes , qui furent adoptées plus tard par les états généraux : 1° l'aire raser, démolir et démanteler toutes les fortifications des châteaux , places et forteresses situées au milieu des provinces ; les démolitions devant être mises à la charge (1rs villes , avec les matériaux pour indemnité: 2° supprimer les charges de connétable et d'amiral de France ; 3° réserver JiU roi la nomination de tous les gouverneurs , commandants et officiers dans toutes les villes du royaume; 4* entretenir un corps de 18,000 hommes de pied et 2,000 chevaux , attendu qu'il importait que l'autorité du roi tût puissamment armée pour tenir les princes étrangers en respect vers elle, et ses sujets en devoir sous son obéissance, Ces notables étaient de hauts fonctionnaires richement rétribués par l'État , cependant on leur alloua une indemnité. Le compte de dépense , daté du 25 mai, signé Louis et contresigné de Lomenie, porte : ■ Au cardinal de la Valette , pour quatre-vingts journées, a raison de 60 liv. par jour, 6,500 livres; même allocation aux maréchaux de la Force et de Bassompierre; aux conseillersxf État , officiers généraux , aux membres des parlements et au grand maître des cérémonies, 30 livres par jour; au trésorier général de France, secrétaire de l'assemblée, au secrétaire de Monsieur, au maître des cérémonies, 24 livres par jour; aux huissiers du conseil, en bloc 2,000 livres; aux mêmes , pour remboursement des advances par eux faites pourbeuvettes, bois et chauffage, 2,520 livres; à l'exempt de la prévoté, G livres par jour; à chacun des dix archers, 3 livres par jour. »

De 1627 à 1T87 il n'y eut aucune assemblée des notables. A cette dernière époque , les finances du royaume , que des ministres incapables et imprévoyants avaient laissées arriver à un état déplorable, demandaient une prompte réforme.

L'Etat était obéré , et la dette augmentait tous les jours, sans qu'il y eût cependant aucune guerre. Louis XVI , à qui de Calonne faisait entrevoir la possibilité de porter remède à un tel état de choses, convoqua une assemblée des notables (voy. les Annales et l'article Calonni). La liste des membres de cette assemblée se composait de cent quarante-quatre noms, qui presque tous appartenaient aux premiers ordres.

Nous en donnons ici la composition :

Princes de la famille royale et princes du

Archevêques et évites 14

Ducs et pairs, maréchaux de France,

gentilshommes 36

Conseillers d'État et maîtres des requêtes, t a Premiers présidents, procureurs généraux des cours souveraines et autres

magistrats 38

Députés d«s pays d'états , dont 4 appartenaient au clergé, 6 i la noblesse ,

a au tiers-état

Officiers municipaux ♦. »5

« Le tiers état, dit M. Droz, qu'on devait voir bientôt s'emparer des affaires publiques , ne fut pas alors réellement admis à s'en occuper. Sur trente-sept notables qu'on disait le représenter, tous, à l'exception de six ou sept, étaient nobles ou anoblis.»

L'assemblée fut divisée en sept bureaux , présidés chacun par un prince , et composés d'un archevêque, d'un évéque et d'un certain nombre de gentilshommes et de membres des parlements, de conseillers d'État et de maires.

L'ouverture de l'assemblée eut lieu le 22 février. Louis XVI qui avait goûté les idées de Calonne, termina ainsi son discours : « Les projets qui vous seront « communiqués de ma part sont grands « et importants. D'une part, améliorer « les revenus de l'État, assurer leur lia bération entière par une répartition « plus égale des impositions; de l'autre, « libérer le commerce des différentes

« entraves qui en gênent la circulation, « et soulager , autant que les circons- « tances le permettent, la partie la plus « indigente de mes sujets, telles sont, « Messieurs , les vues dont je suis oc- « cupé et auxquelles je suis fixé après « le plus mûr examen. Comme elles ten- « deut toutes au bien public, et connais- « sant le zèle de mon service dont vous « êtes tous animés, je n'ai point craint « de vous consulter sur leur exécution : « j'entendrai et j'examinerai attenlive- • ment les observations dont vous les « croirez susceptibles. Je compte que « vos avis conspirant tous au même but « s'accorderont facilement, et qu'au- « cun intérêt particulier ne s'élèvera « contre l'intérêt général. *

Les notables, ainsi appelés à émettre leur avis, demandèrent à Calonne ses comptes. Ce ministre ne s'attendait pas à cette demande; il pensait que l'assemblée ne s'occuperait que des projets qu'il avait présentés. Il n'était pas en mesure, et ses projets, quoique renfermant d'excellentes idées, furent rejetés, d'abord parce qu'ils attaquaient les privilèges aristocratiques , en second lieu parce qu'ils étaient présentés par lui.

Cependant quelques articles furent discutés et convertis en édits; mais les parlements refusèrent d'en enregistrer plusieurs, et entre autres l'édit sur l'im-

Eôt territorial et l'institution des assemlées provinciales. La session de l'assemblée fut close par le roi le 25 mai 1787. Ce fut dans cette session que la Fayette demanda la convocation d'une assemblée nationale. — Est-ce les états généraux que vous demandez?

dit le comte d'Artois qui présidait le bureau. — Oui, Monseigneur, répondit la Fayette, et mieux s'il est possible.

Cependant le résultat qu'on espérait de cette assemblée n'ayant pas été obtenu, et Calonne ayant été remplacé au ministère par Brienne, archevêque de Toulouse, les mêmes notables furent de nouveau convoqués par arrêt du conseil du 5 octobre 1788, et ils se réunirent le 6 novembre suivant. Cette seconde session fut plus courte et plus orageuse que la précédente ; elle fut close le 1 2 décembre de la même année. On y agita le projet de convoquer une cour plénière

pour éviter les états généraux; puis l'opinion publique s'étaot vivement prononcée à cet égard , on renonça a ce projet. Le clergé , la noblesse, la haute magistrature voulaient une représentation semblable à celle de 1614, et le vote par ordre. Mais dans le bureau que présidait Monsieur, on résolut affirmativement la question de la double représentation du tiers état. « Cette assemblée, dit M. Droz(*), aurait pu faire beaucoup de bien si elle edt secondé les intentions de Louis XVI , et demandé pour récompense de son zèle , des garanties contre le retour du désordre des finances ; elle lit beaucoup de mal en constatant le désir que les privilégiés avaient de repousser ou d'éluder l'égale répartition de l'impôt, et en donnant l'exemple de résister aux volontés royales les plus conformes à l'intérêt public. »

Bientôt Necker fut appelé au ministère en remplacement de Brienne; tous les ordres privilégiés étaient contre lui ; mais il était lliomme de l'opinion publique, et la cour dut se résigner. Necker ne vit de salut aue dans la convocation d'une assemblée nationale, et cette convocation fut définitivement résolue pour une époque rapprochée.

Notaires. Dans les premiers temps de la monarchie, les notaires n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui. Le mot notarii désignait le plus souvent des écrivains en notes, remplissant les fonctions des sténographes de nos jours ; quelquefois ce nom signifiait un greffier, un simple secrétaire , enfin, un notaire proprement dit.

Au cinquième siècle, certains notaires furent appelés référendaires, et leur chef eut la garde du sceau du roi. Vers la fin du huitième siècle, le titre de référendaire fut remplacé par celui de chancelier ( voyez ce mot ).

Lorsque l'étude du droit romain commença a s'introduire en France, on comprit la nécessité d'établir des notaires proprement dits, et les premiers qui exercèrent ces fonctions furent, comme à Rome, les juges. Il est à peu près certain que l'institution des notaires , comme officiers publics, ne remonte pas

(') Hist. de Louis XVI, t. I*', p. 5i9.

SoTAinF-s FRANCE. notaires

au delà du milieu du treizième siècle : c'est à Louis IX que Ton reporte leur premier établissement. Il y avait alors dans la capitale soixante greffiers ou clercs, occupés à transcrire les jugements et tous les actes qu'on y recevait; mais souvent ces magistrats ne pouvaient suffire à l'immense quantité d'affaires dont ils étaient surchargés; alors, ils s'en remettaient aux copistes pour la rédaction de* conventions; et, ceux-ci n'ayant d'autres connaissances aue celles du praticien, commettaient quelquefois des erreurs très-préjudiciables aux particuliers qui avaient recours à leur ministère. Pour obvier à de si graves inconvénients , saint Louis enleva aux juges le droit de recevoir les actes volontaires ; et ne leur laissant que la justice contentieuse, il eréa des officiers publics, auxquels il donna le droit de recevoir les actes , et qu'il revêtit de l'autorité qu'il enlevait aux magistrats.

Cest à cette époque que Ton doit reporter la création des notaires royaux ; mats cette création ne s'étendit pas au deia de Paris : c'était dans les salles du Châteietque ces notaires exerçaient leur ministère, et qu'ils passaient leurs actes sous le nom du prévôt. Le bien que produisit cette création détermina Philippe IV à l'étendre à tous ses domaines; et par une ordonnance de 1302, il défendit à tous ses juges de se servir de leurs clercs ou copistes pour tes fonctions du notariat , se réservant , ainsi qu'à ses successeurs , le droit de créer partout des notaires.

Par un édit du mois de novembre 1S4Î, François I" créa des tabellions; mais cette création ne fut, à vrai dire, qu one mesure fiscale, et elle ne porta aucune atteinte aux droits des notaires; car les fonctions de ces nouveaux officiers se bornaient à mettre en grosse et à sceller les actes des notaires.

Cependant les greffiers auxquels l'ordonnance de Philippe IV, les édita de François 1*' et de Henri II ( 1 154) avaient enlevé le droit de recevoir les actes volontaires, cherchaient par tous les moyens possibles à regagner en partie les bénélices que leur valait autrefois cette partie de leurs attributions. Ils trouvèrent un moyen assez étrange d'y parvenir : dès qu'un notaire était décé-

dé, ou qu'il avait résigné son office, on devait porter ses minutes au greffe.

Les greffiers se hâtaient alors tfexpédier des notes , et de délivrer autant qu'ils pouvaient de ces extraits à leur profit. En 1575, Henri III réforma cet abus , en créant dans tous les sièges , sous le titre de garde-notes, un officier, auquel les minutes étaient remises , et qui devait les conserver. Mais c'était encore là une mesure vicieuse , car elle mettait à la disposition d'un seul homme les secrets de toutes les familles et le dépôt de la fortune de tous les citoyens ; d'ailleurs , les offices de tabellions et de garde-notes occasionnaient sans cesse des démêlés avec les notaires, qu'ils fatiguaient. Par un édit de mai 1597, Henri IV réforma la législation qui régissait le notariat ; il réunit à son domaine et supprima tous les offices dont le royaume était surchargé ; puis il créa de nouveaux officiers , qui réunissaient les titres de notaires , de tabellions et de garde - notes , et cet état de choses dura jusqu'à la révolution de 1789.

Notai ses des abbés. Anciennement les abbés avaient des notaires, qui n'étaient, après tout, que des chanceliers comme ceux des évéques ; ils tenaient ce privilège d'un capitulaire de Charlemagne, de 805. Les fonctions de ces notaires consistaient à recevoir les actes de ceux qui voulaient faire quelque convention devant l'abbé.

Notaires apostoliques. Saint Clément fut le premier qui établit à Rome des notaires appelés apostoliques, en les chargeant d'écrire les actes des martyrs. Plus tard cette institution changea de nature, et ces notaires furent chargés de recevoir les actes passés en matière spirituelle. Lorsque la puissance des papes se fut accrue au point de leur faire croire que leur autorité s'étendait à toute la terre , on pensa que les notaires apostoliques pouvaient instrumenter dans les autres pays que ceux qui étaient soumis au souverain pontife. Ce fut ainsi qu'ils furent admis en France, en Angleterre et en Espagne. Les évéques nommèrent, à l'exemple du pape, des notaires, qui reçurent le nom de notaires épiscopaux, notaires de Vévéque ou de la cour épiscopale, no-

faire* jurés de Vojficialité, etc. Ces officiers ne recevaient d'abord des actes que dans des matières spirituelles et pour des affaires qui concernaient les bénéfices en général; mais ils ne tardèrent pas à étendre leurs attributions et à recevoir toutes sortes d'actes. Les notaires royaux s'en plaignirent alors , et ils obtinrent, en 1421, un arrêt du parlement , qui fixa la juridiction de leurs rivaux aux choses purement spirituelles. Par édit de décembre 1691, Louis XIV régla la matière concernant les notaires apostoliques.

Notaires arpbntbubs boyaux.

Ces notaires furent créés en 1702 dans les juridictions royales; ils réunissaient au titre de notaire celui d'arpenteur; mais ils furent bientôt supprimés.

Notairb-audiencieb. On désignait ainsi l'audiencier de la chancellerie de France, parce qu'il était tiré du collège des notaires ou secrétaires du roi.

Notaires authentiques. On donnait quelquefois ce titre aux notaires des seigneurs, pour les distinguer des notaires royaux.

NOTAIBB DES BAILLIS BT CONSULS.

C'était, dans le Languedoc, le greffier de ces juges. Il en était de même des greffiers des autres tribunaux, qui étaient aussi quelquefois qualifiés de notaires.

Notaires des capitouls de Toulousb. Ces notaires se disaient autrefois notaires autoritate imperiali et dominorum de Capitula. On leur fit ensuite abandonner cette prétention attentatoire aux droits du roi, et ils ne s'intitulèrent plus que notaires ex autoritate dominorum de Capitulo.

Notaire au Chatelet. C'était un notaire royal, reçu et immatriculé dans un siège qui avait le titre de Châtelet ; on sait qu'il existait des sièges de ce nom à Paris , Orléans et Montpellier.

Les fonctions de ces notaires étaient les mêmes que celles des notaires royaux des autres villes ; mais ils y joignaient d'autres privilèges. A Paris et à Orléans, par exemple, ils réunissaient à leur qualité celle de notaires apostoliques , et pouvaient instrumenter dans tout le royaume.

Notaire dbs comte s. Le capitulaire qui, en 805, avait institué les notaires des abbés et des évéques, avait

attribué aux comtes ou gouverneurs de province le droit d'avoir aussi de ces officiers.

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