NOURRIT FRANCK
tafres, les juges des seigneurs firent de
même; et lorsque enfin le droit d'instituer des notaires fut déclaré domanial par les ordonnances , les seigneurs regardèrent cette prérogative comme une dépendance de leur domaine, et donnèrent eux-mêmes des provisions aux notaires de leurs seigneuries. Cependant tous les seigneurs ne jouissaient pas de ce droit ; il n'y avait que les seigneurs hauts justiciers et ceux qui possédaient des fiefs de haute dignité pour qui cela était incontestable; toutefois il arrivait aussi qu'en érigeant une terre en fief de dignité , le roi se réservait le droit de tabellionnage. Le droit qu'avaient les seigneurs de nommer des notaires dans leurs seigneuries fut respecté jusqu'au temps de Louis XIV. La première atteinte qui y fut portée fut un édit de W64 , qui , pour les lieux de haute justice, réservait au roi la nomination d'un notaire sur deux. Le besoin d'à rgrnt , aussi bien que la tendance à détruire le pouvoir des seigneurs, donnèrent lieu à l'édit de 1677. Mais cet édit n'ayant pas produit au trésor tout l'argent qu'ois en attendait, Louis XV, par édit du mois d'août 1716, supprima tous les offices créés avant 1713, et dont les finances n'avaient pas été pavées en entier, ce qui en réduisit considérablement le nombre.
Plusieurs arrêts du parlement consacrèrent le principe qu un notaire royal ne pouvait instrumenter dans les justices des seigneurs qui avaient droit de tabellionnage , et ce droit resta aux seigneurs jusqu'en 1789.
Notaire de l'Université. C'était le nom que l'on donnait au scribe ou greffier de chaque université.
Nourrit (Louis) , né à Montpellier, en 1780, entra en 1802, au Conservatoire de musique , y reçut des leçons de Guiehard et de Garât, débuta à l'Opéra, en 1805, dans le rôle de Renaud, fut dès tors admis pour chanter eu remplacement les rôles de Lainez; et. en J8I2, à la retraite cet artiste, il devint chef d'emploi, titre qu'il partagea pendant quelques années avec Lavigne.
il le reprit seul en 1817, et on le vit jouer tour à tour avec un grand sucées, Renaud, Orphée y Y Eunuque dans la
veilleuse. Il se retira du théâtre , en 1826, après 21 ans deservice, et mourut en 1831.
Adolphe , son fils, né à Montpellier, en 1802, fut à 15 ans, au sortir du collège de Sainte-Barbe, placé par son père, comme teneur de livres et caissier, dans la maison d'un négociant. Puis , cédant à l'attrait irrésistible qu'il éprouvait pour la musique, il quitta le commerce, et débuta à l'Opéra, en 1821, dans le rôle de Pylade de tlphigénie en Tauride. On l'accueillit avec faveur; les connaisseurs reconnurent en lui, avec la fraîcheur de la voix de son père, plus d'étendue, plus de science peut-être, mais surtout plus de chaleur et plus d'âme. Du reste, pour la taille, la figure et les manières , le père et le fils se ressemblaient d'une manière étonnante.
Cette ressemblance donna l'idée des Deux Salem, opéra dans lequel tous deux recueillirent de nombreux applaudissements.
Mais bientôt Adolphe Nourrit prit sa place dans la Bayaaère , dans Orphée, dans Armide; et dans tous ces rôles le succès couronna ses efforts. Les leçons de déclamation qu'il avait reçues de Baptiste aîné lui furent très-profitables; il devint bientôt aussi bon acteur qu'excellent chanteur, et on eut en lui l'un des types les plus parfaits que l'on ait connus de l'acteur lyrique.
Pendant 10 ans, il soutint seul tout le poids du répertoire de l'Opéra, et ces 10 années furent fécondes : Moïse , le comte Ory, la Muette, le Philtre, Guillaume Tell, enfin Robert le Diable, la Juive et les Huguenots, le trouvèrent toujours dij:nede lui. Jamais artiste ne sut se varier lui-même avec plus d'art et de naturel tout à la fois ; jamais acteur ne se fit plus l'homme de son rôle qu'Adolphe Nourrit.
Lorsque l'administration de l'Opéra engagea le chanteur Duprez , Nourrit, frappe au cœur, ne put supporter l'idée d'engager une lutte où il avait, aux yeux d'un public français, le désavantage immense de l'ancienneté ; de travailler à reconquérir en quelque sorte une réputation qui lui avait déjà tant coûté. Ce fut en vain que ses amis tentèrent de le rassurer ; il donna sa démission , le rr avril 1837. Toutefois , sa représenta-
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tion de retraite fut magnifique, jamais il n'avait été plus beau , et le parterre lui fit un adieu qui dut apporter quelques consolations à sa douleur.
Son intention avait été d'abord de se retirer entièrement du théâtre; mais bientôt, il ne put tenir contre cette résolution; il partit pour la Belgique, y obtint les succès les plus flatteurs, puis il parcourut la France, recueillant partout les marques du plus vif enthousiasme. A Marseille , il fut pris d'un enrouement opiniâtre et obligé de quitter la scène au milieu d'une représentation. Ses amis parvinrent à calmer l'agitation que fit naître en lui cet accident; cependant sa raison en resta comme frappée. A Toulouse , un nouvel enrouement l'obligea encore à quitter la scène. Il partit alors pour l'Italie, et ses succès furent aussi brillants dans ce pays qu'ils l'avaient été en France.
A Milan, à Florence, à Naples, il fut vivement applaudi; mais sa raison avait reçu une atteinte terrible; il doutait de lui-même, et tout à coup il se persuada
3ue les applaudissements au'on lui proiguait n'étaient qu'une dérision; quelques lâches lettres anonymes achevèrent de le frapper ; enfin, un matin, il se leva à l'aube du jour, et se précipita du haut de la terrasse de l'hôtel de Barbasa qu'il habitait (8 mars 1839). Ce tut sa femme qui la première rencontra son corps brisé sur les dalles de l'hôtel.
Les restes de Nourrit furent apportés à Paris; un grand nombre d'artistes des principaux théâtres, et les musiciens du Conservatoire , assistèrent à un service funèbre qui fut célébré pour lui, dans l'église Saint-Roch , et ou fut chanté le requiem de Cherubini. Ainsi fut payé un tardif tribut de reconnaissance à l'un des plus grands artistes de notre théâtre.
Novempopulame. Ancienne province des Gaules, qui faisait partie de l'Aquitaine; elle avait pour métropole Elusa ( Eause) , et comprenait les neuf peuples suivants : ÀusciieX Etusates, Beneharni, Bigerrones, Consoranni, Convenx, La dora tes, Tarbelli, Tarusates, rasâtes. Elle changea au sixième siècle son nom contre celui de Vasconie et forma plus tard les provinces
de Béarn , de Bigorre et de Gascogne.
( Voyez Aquitaine. )
Novebrb ( Jean-George ) , réformateur des ballets en Europe , né à Paris en 1727, prit des leçons de Dupré, et débuta devant la cour à Fontainebleau.
Il donna en 1749 , à l'Opéra-Comique, un ballet chinois, qui fut bientôt suivi des Recrues prussiennes , de la Fontaine de Jouvence et des Fêtes flaman~ des. Il voyagea ensuite en Angleterre, en Autriche et en Italie , où ses ballets obtinrent le plus brillant succès. La reine Marie-Antoinette, voulant le fixer à Paris, lui fit donner le titre de maître des ballets en chef de l'Académie royale de musique. Il devint alors l'ordonnateur des fêtes du petit Trianon, et composa les ballets des opéras de Gluck et de Piccini. Il mourut à Saint-Germain en Laye en 18t0. On lui doit des Lettres sur les arts imitateurs et sur la danse en particulier , 2 vol. in- 8° , et une Lettre à un artiste sur les fêtes publiques, 1801, in-8°.
Novi ( bataille de ). L'armée fran-
Saise , composée des débris des armées e la haute Italie et de Naples, et des renforts arrivés de l'intérieur, s'élevait a 40,000 hommes parfaitement réorganisés , et brillant de se mesurer de nouveau avec l'ennemi. Rien n'égalait le patriotisme de ces soldats, qui, toujours battus, n'étaient jamais découragés, et demandaient toujours de retourner à l'ennemi. Aucune armée républicaine n'a mieux mérité de la France , car aucune n'a mieux répondu au reproche injuste fait aux Français de ne pas savoir supporter les revers. Il est vrai qu'une partie de sa fermeté était due au brave et modeste général dans lequel elle avait mis toute sa confiance, et qu'on lui enlevait toujours au moment où il allait la ramener à la victoire.
Ces 40,000 hommes étaient indépendants de 15,000 qui devaient servir, sous Championnet , à former le novau de l'armée des grandes Alpes. Ils avaient débouché par la Bormidasur Acqui, par la Bochetta sur Gafir, et ils étaient venus se ranger en avant de Novi. Os 40,000 hommes, débouchant à temps avant la réunion des corps occupés à faire des sièges , pouvaient remporter des avantages décisifs. Mais Alexandrie
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FRANCK