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NOVI

renaît d'ouvrir ses portes, le 4 thermidor (22 juillet 1799). Le bruit était vaguement répandu que Mantoue venait aussi de les ouvrir. Cette triste nouvelle fut bientôt confirmée, et on apprit que la capitulation avait été signée le 12 thermidor ( 80 juillet ). Kray venait de rejoindre Suwarow avec 20,000 hommes ; la masse agissante des Austro-Russes se trouvait actuellement de soixante et quelques mille. Il n'était donc plus possible à Joubert de lutter h chance égale cootre un ennemi si supérieur. Il assembla un conseil de guerre ; l'avis général fut de rentrer dans l'Apennin, et de se borner à la défensive en attendant de nouvelles forces.

Joubert allait exécuter sa résolution, lorsqu'il fut prévenu par Suwarow et obligé d'accepter la bataille. L'armée française était formée en demi-cercle , sur les pentes du Monte-Rotondo, dominant toute la plaine de Novi. La gauche , formée des divisions Grouchy et Le moine , s'étendait circulairement en avant de Pasturana. Elle avait à dos le ravin du Riasco, ce qui rendait ses derrières accessibles a l'ennemi qui oserait s'engager dans ce ravin. La réserve de cavalerie , commandée par Rirhepanse, était en arrière de cette aile. An centre, la division Laboissière couvrait les hauteurs à droite et à gauche de la ville de Novi. La division Watrin , à l'aile droite , défendait les accès du Monte-Rotondo, du côté de la route de Tortone. Dombrowski , avec une division, bloquait Seravalle. Le général Pérignon commandait l'aile gauche , Saint-Cyr le centre et la droite. La position était forte , bien occupée sur tous les points et difficile à emporter. Cependant 40,000 hommes contre plus de 60,000 avaient un désavantage immense. Suwarow résolut d'attaquer la position avec sa violence accoutumée. Il porta Kray vers notre gauche, avec les divisions Ott et Bellegarde. Le corps russe de Derfelden , avant en téte l'avant-garde de B migration , devait attaquer notre centre vers Novi. Mêlas, demeuré un peu en arrière avec le reste de l'armée, devait assaillir notre droite. Par une combinaison singulière, ou plutôt par un défaut de combinaison , les attaques devaient

être successives, et non simultanées.

Le 28 thermidor ( 15 août ) , Kray commença l'attaque à cinq heures du matin. Beilegarde attaqua la division Grouchy. à l'extrême gauche , et Ott la division Lemoine. Ces deux divisions n'étant pas encore formées, faillirent être surprises et rompues. La résistance opiniâtre de l'une des demi-brigades obligea Kray à se jeter sur la 20* légère, qu'il accabla en réunissant contre elle son principal effort. Déjà, ses troupes prenaient pied sur le plateau , lorsque Joubert accourut au galop sur le heu du danger. Il n'était plus temps de songer à la retraite , et il fallait tout oser pour rejeter l'ennemi au bas du plateau. Savançanl au milieu des tirailleurs pour les encourager, il reçut une balle oui l'atteignit près du cœur, et l'étendit par terre. Presque expirant, le jeune héros criait encore à ses soldats : En avant, mes amis! en avant ! Cet événement pouvait jeter le désordre dans l'armée; mais heureusement, M or eau avait accompagné Joubert sur ce point.

Il prit sur le champ le commandement qui lui était déféré par la confiance générale, rallia les soldats bouillant de ressentiment, et les ramena sur les Autrichiens. Les grenadiers de la 24e les chassèrent à la baïonnette, et les précipitèrent au bas de la colline. Malheureusement, les Français n'avaient pas encore leur artillerie en batterie, et les Autrichiens, au contraire, sillonnaient leurs rançs par une grêle d'obus et de boulets. Pendant cette action, Bel lézarde tâchait de tourner l'extrême gauche par le ravin du Riasco, qui a déjà été désigné comme donnant accès sur nos derrières. Déjà il s'était introduit assez avant, lorsque Pérignon, lui présentant à propos la réserve commandée par le général Clause!, l'arrêta dans sa marche. Il acheva ensuite de le culbuter dans la plaine, en le faisant charger par les grenadiers de Partouneaux et par la cavalerie de Richepanse. Ce coup de vigueur débarrassa l'aile gauche.

Grâce à la singulière combinaison de Suwarow, qui voulait rendre ses attaques successives , notre centre n'avait pas encore été attaqué. Saint-Cyr avait eu le temps de faire ses dispositions, et de rapprocher de Novi la division Wa-

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