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HO VI

trin, formant son extrême droite. Sur les instance! de Kray, qui demandait à être appuyé par une attaque vers le centre, Bagration, sans s'ébranler, dirigea alors quelques bataillons pour tourner Novi par notre droite. Mais, rencontrés par la division Watrin , qui se rapprochait de Novi , ils furent rejetés dans la plaine.

On était ainsi arrivé à la moitié du jour sans que notre ligne fût entamée.

Suwarow venait d'arriver avec le corps russe de Derfelden. Il ordonna une nouvellc attaque générale sur toute la ligne. Kray devait assaillir de nouveau la gauche , Derfelden et Bagration le centre. Mêlas était averti de hâter le pas, pour venir accabler notre droite. Tout étant disposé, l'ennemi s'ébranle sur toute la ligne. Kray , s'acharnant sur notre gauche, essaye encore de la faire assaillir de front par OU; mais la réserve Clause! repousse les troupes de Belleganle, et la division Lemoine culbute OU sur les pentes des collines. Au centre, Suwarow fait livrer une attaque furieuse à droite et à gauche de Novi. Une nouvelle tentative pour tourner la ville est déjouée, comme le matin, par la division Watrin. Malheureusement, nos soldats, entraînés par leur ardeur, s'abandonnent trop vivement à la poursuite de l'ennemi, s'aventurent dans la plaine, et sont ramenés dans leur position. À une heure . le feu se ralentit de nouveau par l'effet de la fatigue générale ; mais il recommence bientôt avec violence, et pendant quatre heures les Français, immobiles comme des murailles, résistent avec une admirable froideur à toute la furie des Russes. Ils n'avaient fait encore que des pertes peu considérables. Les Austro-Russes, au contraire, avaient été horriblement traités. La plaine était jonchée de leurs morts et de leurs blessés. Malheureusement, le reste de l'armée austro-russe arrivait de Rivalta , sous les ordres de Mêlas. Cette nouvelle irruption allait se diriger sur notre droite ; Saint-Cyr , en s'en apercevant, ramène la division Watrin , qui s'était trop engagée dans la plaine, et la dirige sur un plateau à droite de Novi. Mais, tandis qu'elle opère ce mouvement , elle se voit déjà enveloppée de tous côtés par le corps nom-

breux de Mêlas. Cette vue la saisit, ell se rompt, et gagne le plateau en dé sordre. On la rallie cependant un pei en arrière. Pendant ce temps, Suwarow redoublant d'efforts au centre de Novi rejette enûn les Français dans la ville et s'empare des hauteurs qui la com mandent à droite et à gauche. Dès ce instant, Moreau, jugeant la retraite ne cessaire, l'ordonne avant que de nouveaux progrès de l'ennemi interdisent les communications sur Gari. A droite la division Watrin est obligée de si faire jour pour regagner le chemin de Gari, déjà fermé. La division Laboissière se retire sur Novi. Les divisions Lemoine et Grouchy se replient sur Pasturana, en. essuyant les charges furieuses de Kray. Malheureusement, un bataillon s'introduit dans le ravin du Riasco, qui passe derrière Pasturana.

Son feu jette le désordre dans nos colonnes ; artillerie, cavalerie, tout se confond. La division Lemoine, pressée par l'ennemi , se débande et se jette dans le ravin. Nos soldats sont emportés comme la poussière soulevée par le vent.

Pérignon et Grouchy rallient quelques braves pour arrêter l'ennemi et sauver l'artillerie; mais ils sont sabrés et restent prisonniers. Pérignon avait reçu sept coups de sabre , Grouchy six. Le brave Colli, ce général piémo niais qui s'était si distingué dans les premières campagnes contre nous, et qui avait ensuite pris du service dans notre armée, se forme en carré avec quelques bataillons, résiste jusqu'à ce qu'il soit enfoncé, et tombe tout mutilé dans les mains des Russes.

Après ce premier moment de confusion, l'armée se rallia en avant de Gari. Les Austro-Russes étaient trop fatigués pour la poursuivre. Elle put se remettre en marche sans être inquiétée.

La perte des deux côtés était égaie; elle s'élevait à environ 10,000 hommes pour chaque armée. Mais les blessés et les tués étaient beaucoup plus nombreux dans l'armée austro-russe. Les Français avaient perdu beaucoup plus de prisonniers. Ils avaient perdu aussi le général en chef, quatre généraux de division, trente-sept touches à feu et quatre drapeaux. Jamais ils n'avaient déplové un courage plus froid et plus opiniâtre. Ils

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