NOYON
étaient inférieurs à l'ennemi du tiers au moins. Les Russes avaient montré leur bravoure fanatique, mais n'avaient dû l'avantage qu'au nombre, et non aux combinaisons du général, qui avait montré iei la plus grande ignorance. Il avait, en effet, exposé ses colonnes à être mitraillées Tune après l'autre , et n'avait pas assez appuyé sur notre gauche, point qu'il fallait accabler.
Quoi qu'il en soit , cette déplorable bataille nous interdisait définitivement l'Italie , et ne nous permettait plus 'Je tenir la campagne. Il fallait nous renfermer dans l'Apennin, heureux de pouvoir le conserver. La perte de la bataille ne pouvait être imputée à Moreau , mais à la circonstance malheureuse de la réunion de Kray à Suwarow.
Le retard de Joubert avait seul causé ce malheur (*).
Noyon , Novfomagus , jolie et trèsancienne ville de Picardie, aujourd'hui chef-Ueu de canton du département de l'Oise. Elle existait déjà lors de la conquête des Gaules par César, et elle tomba aJors au pouvoir de ce grand capitaine. La notice de l'empire nous apprend qu'au cinquième siècle, un préfet romain y avait fixé son séjour.
Apres la destruction é'siupusta Veromanduorum (Saint-Quentin), en 431, Noyon servît de retraite à l'évéque de cette ville, et ensuite elle fut elle-même é rigée en évéché. Elle fut pendant quelque temps la capitale de l'empire de Charlemagne , qui s'y fit couronner en 768; Hugues Capet y'fut élu en 887. Les .Normands la prirent et la saccagèrent au neuvième siècle, et emmenèrent prisonnier son évéque. Baudri de Surchainvitfe,run de ses évéques, lui donna, en n>98, des privilèges communaux qui furent approuvés par Louis le Gros (**).
Cette ville fut encore incendiée en 1 132, 1152 et 1228; Les Espagnols la brûlèrent après la bataille de Saint-Quentin.
Henri IV se rendit maître de Noyon, en 1591 ; les ligueurs la reprirent deux ans après; mais, en 1594, elle passa dé-
(•) Voy. Tbiers, H'ut. de la Ré vol. freuiç., t.X, p. 357 «t «wv.
(**) Voy. le» Axhajlh, 1. 1 , p. 159; et M. Aug. Thierry» Lettres sur 1 Histoire de France, p. a85 et suiv.
finitivement sous la domiuation royale.
François V y conclut, en 1516, un traité avec Cnarles-Quint.
L'évéque de Noyon était l'un des pairs ecclésiastiques du royaume. Il avait le titre de comte. On compte aujourd'hui dans cette ville 6,000 habit- C'est la patrie de Calvin et du sculp. teur Jean Sarrazin.
Noyon ( monnaies de ). Les plus anciennes monnaies frappées à Noyon sont des trient mérovingiens. Jusqu'ici on en a retrouvé trois, dont voici la description : 1° h noviomo fit; téte
de profil tournée à droite; a*. — genegiselys mo ; croix chrismée et accostée de deux étoiles. 2° — noviom v ; téte de profil tournée à droite; r). — mvndvnnvs ; croix ancrée. 8° — noviomont; même type; r1. — ban...vsmon; même type. Inutile de dire que la croix ancrée est une dégénérescence de la croix chrismée, et que le chrisme n'est autre chose que le monogramme du Christ. Les mots du revers, genegi-
SELVS, HVNDVNIfVS, BAN...YS, Sont des
noms de monétaires.
Sous la seconde race, Charles le Chauve et Eudes tirent frapper monnaie à Noyon. On a d'eux les deniers suivants : 1° — noyioim ; monogramme de Charles; — carolvs bex fr.
autour d'une croix; 2° — noviomys civitas autour d'une croix; r>. — gratia di rbx autour du monogramme d'Eudes.
Pendant les onzième, douzième et treizième siècles , les évéques de Noyon furent' en possession du droit de battre monnaie. Nous possédons une pièce frappée au nom de l'évéque Étienne, à la fin du douzième siècle ; en voici la description : + istephanys bpc autour d'une croix ; — noviomys ciy, deux crosses adossées et surmontées d'une croix.
Noyon (traité de), 1516. Charles- Quint, devenu roi d'Espagne, à l'âge de seize ans, comprit, quoique très-jeune encore , qu'il avait besoin de s'assurer l'amitié de la France , pour s'affermir sur un trône que des intrigues de tout
§enre pouvaient ébranler. Il fit demaner par son ambassadeur , le sire de Ravestein, à François Pr, d'indiquer un lieu où ils pourraient terminer leurs
224 NUMISMATIQUE L'IjMYERS. NUMISMATIQUE
différends et ceux de leurs alliés. On choisit Noyon ; François Ier y envoya Arthus Goufficr, seigneur de Boissy, grand maître de France , et Charles- Quint, Antoine de Croy , seigneur de Ghièvres. De grandes 'difficultés survinrent bientôt , qui semblèrent devoir arrêter toute négociation; cependant les deux plénipotentiaires se réunirent à Noyon, le l,r août; et, le 13, ils signèrent un traité d'alliance entre Charles et François Ier. « Les deux monarques promettaient de s'assister, nonseulement dans leur défense réciproque, mais dans les conquêtes auxquelles ils pourraient légitimement prétendre.
Pour gage de leur union, Charles promettait d'épouser la fille qui venait de naître de François Ier; elle devait lui être consignée lorsqu'elle aurait huit ans, et le mariage s'accomplirait lors-
au'elle en aurait douze. François lui onnait pour dot tous les droits qu'il prétendait avoir sur le royaume de Naples; et en compensation de ces droits , Charles, jusqu'au moment du mariage, devait payer à François, pour la possession de ce royaume , 100,000 écus d'or par année. François se réservait le droit de secourir les Vénitiens contre Maximilien, et même la reine de Navarre contre Charles, si celui-ci, huit mois après son entrée en Espagne, ne lui avait pas l'ait justice. (*) »
NUDS PIEDS. Voy. NOAHANDIE.
Numismatique. Dès la Gn du quatorzième siècle, Pétrarque et quelques savants italiens formaient des collections de monnaies et de médailles des empereurs romains. Ils eurent des imitateurs, et quand , au uuinzième siècle, l'enthousiasme pour l'antiquité produisit la renaissance, le gortf des médailles devint presque général parmi les artistes et les savants. François Vr fut un des rois de France qui le favorisèrent le plus; parmi les objets antiques qu'il envoyait de tous côtés acquérir à grand prix , on cite des pierres gravées et des médailles. Le savant fondateur de la bibliothèque Sainte- Geneviève, le P. du Molinet, assure avoir vu de son temps , dans le garde-meuble de la couronne. « un certain bijou
O Siamondi, Hist. de» Franç., t. XXVI, p. 5o.
de vermeil doré , fait en manière de livre, à l'ouverture duquel on remarquait de chaque côté une vingtaine de médailles d'or . et du Haut-Empire, qui y étoient enchâssées , et dont la netteté (c'est-à-dire la conservation) étoit plus considérable que la rareté. »
Golzius , qui voyagea en France sous le règne de Henri 'H, assure v avoir vu deux cents cabinets de médailles ; et les savants et les artistes n'étaient pas les seuls qui formassent alors de semblables collections : les seigneurs et les dames de la cour se faisaient gloire d'en posséder aussi. Golzius mentionne parmi les curieux dont il visita les cabinets , Catherine de Médicis , le prince de Condé, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine, les ducs de Lorraine, de Nevers et de Montmorency , le chancelier de l'Hôpital , la princesse de Condé et la fameuse Diane de Poitiers.
Charles IX résolut enfin de former un cabinet d'antiquités au Louvre ; il eut, dès 1565, un garde particulier des médailles et antiques; et son cabinet , que vint enrichir la collection du trésorier Groslier, passa bientôt pour une des merveilles du monde ; c'est en ces termes emphatiques qu'en parlent les historiens du temps.
Mais les guerres civiles arrêtèrent bientôt ces progrès de la numismatique, et ce ne fut que sous Henri IV que l'on reprit le projet de former un cabinet royal d'antiquités. Le roi fit venir de la Provence un sieur Rascas de Bagarris , auquel il donna le titre de maître des cabinet, médailles et antiques de Sa Majesté , titre que le boa antiquaire changea en celui de Ciméliarche. Henri IV lui ordonna, en 1608, de former une collection de médailles dans le château de Fontainebleau ; malheureusement, ce prince mourut ; Bagarris dut repartir pour la Provence avec ses médailles, et ce ne fut qu'en 1644, au commencement du règne de Louis XIV, que l'admirable collection connue sous le nom de Cabinet royal de France lut réellement fondée.
Toutefois les dissensions politiques et religieuses qui avaieut empêché, à la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième , les rois de se livrer a leur goût pour la science de l'antiquité,