NUMISMATIQUE FRANCE. NUMISMATIQUE
n'empêchèrent pas, il faut nous hâter de le dire, les savants et les particuliers de former des collections; un chanoine de Saint-Germain l'Auxerrois , Paul Peteau, le président Lothier, Fahri de Peyresc, et une foule d'autres hommes éclairés avaient alors à l'envi rassemblé des médailles.
La plupart de ces collections étaient ouvertes avec beaucoup de libéralité aux savants, qui, il faut le dire aussi, s'empressèrent d'en profiter. Dès 1522, un nomme que le Collège de France s'enorgueillit d'avoir compté parmi ses professeurs, Budée publiait à Venise, chez les Aides, son livre intitule : Libri y de Asse et partibus ejus; en 1553, Strada faisait paraître à Lyon son Epitome Thesauri antiquitatum , hoc est imperatorumromanorum, etc.. iconum, ex antiquis numismatibus.... delineatorum ; quelques années plus tard (1558), on réimprimait à Paris les Discorsi sopra le medaglie anticKe d'/£neas Vico , qui avaient paru à Veniseen 1555; enfin, en 1579, Antoine Lepois faisait paraître dans la même ville ses Discours sur les médailles. Tous ces ouvrages, à l'exception du livre de Budée , qui pourtant est embarrassé par l'immense mais indigeste érudition du seizième siècle , ne sont, a vrai dire, que de faibles ébauches; on remaraue pourtant déjà un grand progrès dans les premières années du dix-septième siècle : ce fut alors que parut a Anvers ( 1616) la dissertation De re nummaria de Scaliger, et que Louis Savot publia à Paris, chpz les Cramoisy, son Discours sur les médaille & antiques ( 1627 ).
La numismatique antique n'était pas la seule que l'on cultivât alors avec succès ; le président Lothier rassemblait les ordonnances monétaires des rois de France; Haultiu faisait graver toutes les médailles françaises qu'il pouvait rencontrer; enfin £aul Peteau donnait, en 1612, un recueil de planches représentant des pièces frauçaises. Ces trois derniers ouvrages sont encore utiles , quoique vîHIlis ; malheureusement, ils sont très-rares : celui de Lothier est resté manuscrit, et on ne connaît qu'un exemplaire ou deux de celui de Haultm.
La protection accordée par Louis XIV aux interprètes de* l'antiquité fit éclore
T. XI. 15" Livraison. (Dict. bncv
sous son règne une foule d'ouvrages estimables. Charles Patin fit alors paraître son Histoire des médailles (1665) , et le père Jobert sa Science des médailles ( 1692 ). Ces deux traités élémentaires sont encore, quoi qu'on en ait dit , fort utiles à consulter, surtout , pour celui du père Jobert , l'édition de 1739, revue et corrigée par un habile numismatiste, Bimard de la Bastie. Ce fut à cette dernière époque que le savant jésuite Hardouin publia ses rêveries si bizarres, et qui pourtant sont parfois entremêlées de bonnes dissertations, et que Beau vais de Préau composa son petit traité intitulé Ixi manière de discerner les médailles an* tiques de celles qui sont contrefaites; car la France avait alors ses Padouans qui contrefaisaient, avec autant de talent que leurs confrères d'Italie, les médailles antiques. Mais voici une liste d'ouvrages bien plus importants , et où vont paraître les noms les plus justement fameux de la numismatique : c'est d'abord YHistoria romana a Julio Cœsare ad Constantinum magnum per numismata, de Lacarry ( 1671 ); puis les Numismata imperaforum romanorum a Trajano Decio ad PaUeotogos Auqustos* de Banduri (1718); le Thésaurus Morellianus sive famUiarum romanarum numismata, dont le texte est d'Havercamp (1734) ; les Histoires numismatiques des Séleucides (1681) , des Ptolémées (1701), des familles romaines ( 1703), des empereurs romains, etc., etc., que le célèbre Vaillant fit successivement paraître , et dont il serait trop long de donner les titres exacts. Ajoutons encore, non pas pour être complets, mais pour avoir un faible aperçu des travaux de numismatique antique exécutés en France à cette époque, les nombreuses et savantes dissertations que 1rs Claude de Boze , les Belléy et tant d'autres insérèrent alors dans le recueil des Mémoires de V Académie des inscriptions et belles-lettres.
Dans ce même temps , de Boze rassemblait les matériaux pour former l'histoire numismatique des seigneurs qui avaient battu monnaie en France ; Claude Bouteroue, président à la cour des monnaies , publiait , sous le titre df Recherches curieuses des monnoies de
:i.y etc.) 15