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OBOLE

tarda point à montrer sa véritable vocation ; et , encouragé , aidé même par l'illustre Schœpflin, il se tourna tout entier vers l'étude de l'antiguité.

Peu d'existences furent plus actives que celle d'Oberlin. Il entra dans l'enseignement dès sa vingtième année.

Nommé en 1764 conservateur adjoint de la bibliothèque de l'université de Strasbourg, professeur suppléant d'éloquence latine à l'Académie ( 1770 ) , professeur extraordinaire à l'Université ( 1778 ), puis, en 1782, professeur de logique et de métaphysique, et enfin directeur du Gymnase en 1787, il ouvrit de plus spontanément divers cours publics d'archéologie, de géographie ancienne et de bibliographie. En 1793, il fut élu membre de l'administration dé-

Sartementale du Bas-Rhin, puis frappé 'une détention, qui cessa au 9 thermidor. L'Institut, lors de sa création, lui déféra le titre de membre correspondant. Il mourut à Strasbourg en

Au milieu des occupations multipliées d'un enseignement si actif, Oberlin ne trouva pas moins le loisir de composer un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous nous bornerons à citer les suivants : Jungendorum marium flu~ viorumgue omnis tevitnolimina, 1770- 76; Mhcellanea litteraria maximam partem Argentoratensia, 1770; Essai sur le patois lorrain des environs du comté du Ran-de -la- Roche ^ 1775; plusieurs Dissertations sur les minnesingers , ou troubadours de l'Alsace, de 1782 à 1789. On a aussi d'Oberlin plusieurs manuels élémentaires , écrits en allemand, sur les matières de ses cours, et enfin, des éditions fort estimées d1 Horace ( 1788) et de Tacite ( 1801 ).

Jean - Frédéric Obeblin, frère du précédent, né à Strasbourg en 1740, mort le V* juin 1826, pasteur à Valdbach , au Ban-de-la-Roche , s'est rangé au nombre des bienfaiteurs de l'humanité en consacrant sa vie entière à répandre dans la paroisse confiée à son zèle les bienfaits de la civilisation , et en faisant, de cette partie des Vosges, avant lui inculte et sauvage, une contrée florissante et couverte d'une population laborieuse et éclairée. On peut consulter sur les services rendus à cette

contrée par ce vénérable pasteur, le Rapport de François de Neufchâteau, sur l'agriculture et la civilisation du Ban-de-la-Roche , Paris , 1818, in-8°.

Obbbto ( François d' ), plus connu sous le nom de Monge des Iies-<fOr , parce qu'il aimait à se retirer dans un ermitage des îles d'Hières , était d'une famille originaire de Gènes, et vivait au quinzième siècle en Provence. Il embrassa la vie monastique, recueillit dans la bibliothèque du monastère de Lérios les œuvres de plusieurs poètes provençaux, composa lui-même différents ouvrages , et mourut en 1408. On cite de lui : OEuvres en rime provençale ; un Recueil intitulé : Fleurs de différentes sciences et doctrines} un autre Recueil de vers provençaux, italiens, gascons et français; un autre contenant les Victoires des rois d7 Aragon, comtes de Provence ,* et enfin les f 'ies des poètes provençaux ; ce dernier ouvrage a été fort utile à Jean de Nost redame.

Oblats. C'était le nom que l'on donnait à ceux qui , en embrassant l'état ecclésiastique, avaient fait abandon de leurs biens à la communauté. On le donnait aussi à ceux qui , dès leur enfance, avaient été voues à l'état monastique, et à des laïques qui, sans renoncer entièrement au monde, venaient vivre dans un couvent, auquel ils payaient une certaine somme pour l'indemniser de leur entretien. C'est à cette dernière classe d'oblats que se rattachaient les soldats invalides que les rois plaçaient quelquefois dans les monastères. (Voy.

Invalides. )

Obole. On donna pendant le moven âge le nom d'obole a une pièce d'argent ou de billon, valant la moitié du denier ; mais ce nom ne se rencontre qu'assez tard dans les textes , et l'on ne trouve parmi les monuments, des oboles bien caractérisées que sous Louis le Débonnaire et ses successeurs. A cette époque, l'obole était d'argent ainsi que le denier ; et, ainsi que cette monnaie, elle alla toujours en amoindrissant son aloi. Son type était ordinairement le même que relui du denier, et il n'y avait entre ces deux monnaies de différence que dans la quantité de métal et dans le module. Chaque denier paraît avoir eu son obole. Mais aujourd'hui les obo-

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FRANCE

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les sont plus difficiles à rencontrer que (es deniers. De toutes les parties de la France, le Poitou était celle où les divisions monétaires étaient les plus nombreuses; au dixième siècle, outre le demi-denier, on y frappait des quarts de denier. Il y avait alors dans cette province une ville nommée Melle , en latin Metallum, ou I on trouvait des mines d'argent, oui lui avaientdonné son nom.

Lorsque la puissance carlovingienne n'exerça plus sur le Poitou qu'une influence presque nulle, l'habitude que Ton avait de se servir de ces espèces , fit qu'on frappa monnaie dans tout le Poitou, avec le type et le nom de cette ville, et que les deniers poitevins prirent le nom de deniers maales. Comme c'était l'espèce de monnaie qui avait le plus de divisions, l'obole prit partout le nom de maille, et le quart de denier celui de pille ou poitevine. Inutile de dire que maille vient de maale, maale de Metallum, et pitte de l*icte.

Pendant tout le moyen Age, la maille ou obole resta la moitié du denier; cependant, lorsque les espèces souffrirent une a/tération trop considérable, on fit les oboles d'un aloi plus faible que les deniers , en augmentant par conséquent leur poids au détriment de leur titre.

Dans cet article, nous nous bornons à des généralités, parce que, comme nous I avons dit, les oboles portèrent ordinairement le même type que les deniers, si ce n'est dans les derniers temps où l'on en fabriqua, c'est-à-dire vers l'époque de Louis XI (Voyez Louis XI [monnaies de]).

Obrecht ( Ulric ), né à Strasbourg en 164(>, voyagea en Allemagne et en Italie, et, de retour dans sa patrie, succéda au célèbre Boeder dans la double chaire d'éloquence et d'histoire de l'université de cette ville. L'Alsace et Strasbourg étant passés sous la domination française, Obrecht, qui était luthérien, fit son abjuration a Paris , entre les mains de Bossuet , en 1C84, et Louis XIV le chargea d'une mission diplomatique à Francfort, en 1698. Il mourut en 170 1. On a de lui un grand nombre d'ouvrages. Les principaux sont : de rexillo imperiati, 1673, in-4° ; de l egibus agrariis poputi romani, 1074, in-4° ; AUaticarum rerum prodro-

mus; 1681 , in-4*. On lui doit en outre des éditions estimées de Dictys de Crète, de Quintilien , des écrivains de tl/istoire auguste; enfin, des notes sur le traité de Jure belli et pacis de G rot i us, et une version latine de la yiedePythagore par Jamblique.

Obis if. a, espèce de mortier long, monté sur un affût de campagne, et servant à lancer les obus. L'artillerie française emploie des obusiers de 6 pouces, des obusiers de 4 pouces et demi, dits de 24 , et des obusiers de montagne, dits de 12. Les obusiers sont d'origine hollandaise; les premiers qui parurent en France , furent pris à la bataille de Nerwinde, gagnée en 1693, par le maréchal de Luxembourg. La première fabrication des obusiers, en France, ne date que de 1749.

Oc an a. (bataille d*). Au commencement de novembre 1809, les Espagnols, qui, découragés par différentes défaites, semblaient depuis deux mois accepter le joug de Napoléon , reprirent tout à coup les armes. Une armée de 60,000 hommes se forma en Andalousie, sous les ordres du général Arizaga , et traversant rapidement la Sierra -Morena, s'avança dans la direction d'Aranjuez, pour se porter de là sur Madrid. Mais le maréchal Soult, qui était alors major général des armées françaises, sut, avec autant d'habileté que de promptitude, conjurer l'imminence du péril. Lorsque, le 12, l'avant-garde ennemie, qui se composait de six ou sept mille chevaux et précédait de plusieurs journées le £ros des troupes, atteignit Ocana, à environ deux lieues du Tage, elle s'y heurta contre la divison de dragons du général Milhaud et le 7e régiment d'infanterie polonaise, et fut rudement repliée. Le général Sébastiani, au corps duquel appartenaient les troupes qui venaient de remporter ce succès partiel , garda le champ de bataille , et six jours s'écoulèrent avant qu'on en vînt à une action générale. Soult profita de ce temps pour renforcer Sébastiani d'une partie du corps de Mortier et de la division Dessoles. De plus, il ordonna, le 17, à Victor de passer le Tage, et de marcher contre l'aile droite des Espagnols, qui s'étaient établis dans la plaine d'Ocana; mais, dans la matinée du 18, lorsque

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Victor avait encore neuf lieues à faire

f>our arriver sur le terrain, les troupes égères de l'ennemi vinrent attaquer la division Laval, qui formait notre avantgarde. Elles furent repoussées, et bientôt la première brigade de cette division aborda la ligne espagnole, malgré la mitraille que vomissaient de nombreuses pièces de campagne. Ces braves eurent beaucoup à souffrir; mais Soult et Mortier les appuyèrent bientôt toute l'infanterie et toute l'artillerie qu'ils avaient sous la main, et alors I ennemi recula, en assez bon ordre cependant pour que rien n'annonçât encore une brillante victoire. Sur ces entrefaites, la cavalerie du général Sébastiani, à laquelle la cavalerie espagnole n'osait plus tenir téte , depuis l'affaire du 12. s avança librement par la gauche et aborda l'infanterie ennemie. Les bataillons du général Arizaga, se voyant entourés et chargés, se formèrent vainement en carrés. Leur déroute fut complète; on leur tua 12.000 hommes, on les poursuivit le sabre aux reins jusqu'à la Gardia, et, dans la soirée, 20,000 prisonniers , 50 pièces de canon , 30 drapeaux et une immense quantité d'armes étaient au pouvoir des vainqueurs.

Octobre 1789 (journées des 5 et 6).

Depuis le jour où le tiers état, ayant osé résister aux exigences de la cour et de la noblesse, avait eu pour lui la victoire , la noblesse et la cour n'avaient cédé qu'à regret, et avec l'espérance de ressaisir le pouvoir qui leur échappait, et de dompter enGn ce peuple énergique qui avait pris la Bastille, ébranlé le trône et détruit tous les vieux privilèges.

Les hommes sages, ceux même qui s'associaient le inoins aux principes révolutionnaires et ne voyaient déborder qu'avec effroi ce flot qui menaçait d'envahir les pouvoirs publics, ne s étaient pas trompes sur la valeur de ce grand mouvement démocratique. Necker avait vainement tenté de conjurer l'orage.

« C'est une révolution, sire! » avait dit le duc de Larochefoucauld à Louis XVI, qui parlait de révolte. Le roi lui-même, quand les funestes influences de sa famille et de ses courtisans n'aveuglaient passa raison, appréciait sainement cette crise, où déjà avait disparu son initiative absolue.

Mais la jeune et légère Marie-Antoinette , mais la princesse de Lamballe , qu'une si affreuse destinée attendait , mais les frères du roi et toute cette no* blesse si inexpérimentée, si pleine d'illusions , ne pouvaient croire que le pouvoir et les privilèges de ce monde, au milieu duquel ils avaient grandi, pussent disparaître devant ces hommes du peuple dont le nom seul , prononcé

fiar leurs bouches railleuses, semblait y aisser une empreinte de dégoût. Parmi les manifestations imprudentes et coupables qui signalèrent le début de la révolution , il faut citer en première ligne ces repas des gardes du corps à Versailles, qui répandirent dans le peuple une si vive irritation , et provoquèrent les journées des 5 et 6 octobre.

Vers la fin de septembre, la cour, décidée enfin à prendre sa revanche sur l'assemblée nationale et sur le peuple , et comptant pouvoir le faire en s appuyant sur l'armée , avait réuni à Versailles un nombre extraordinaire d'officiers de tous grades, auxquels des congés de semestre avaient été donnés, et dont on avait la pensée de former un corps de volontaires royaux. La garnison de Versailles devait être relevée dans les derniers jours du mois ; un échange assez habituel de politesses entre les corps qui permutaient, donna l'idée d'un banquet où les officiers et les gardes du corps seraient réunis.

Contre tout usage, la cour mit à la disposition des commissaires du banguet le théâtre du château. Ce fut laque lut servi, le lrr octobre, un repas splendide, où furent portés des toasts exclusivement royalistes. Ce n'eût cependant été qu'un simple repas de corps, si la reine n'eût donné à cette réunion une couleur politique , en y entraînant le roi et eu y menant son fils. Tous trois furent accueillis avec enthousiasme; Marie-Antoinette prit le dauphin dans ses bras, et fit le tour des tables au milieu des cris et des applaudissements.

Ils sortirent ; mais le mal était fait ; les têtes étaient échauffées par le vin ; la cocarde nationale fut foulée aux pieds; au banquet succéda l'orgie qui se répandit au dehors, et alla insulter à la misère publique; et les plus nobles dames de France ne craignirent pas de pro-

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