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dipier des rubans et leurs plus gracieux Kurires à ces officiers ivres.
Ce banquet , ces imprudentes forfanteries, furent renouvelés le 3 octobre.
Ce* nouvelles , grossies , exagérées par la malveillance, circulèrent dans Paris, parmi une population agitée , inquiète rt aftamée. Les vivres manquaient, et Je peuple en accusait la cour; il croyait a une conspiration, dont les^démonsiratioos royalistes de Versailles devaient ftreîe signal. Des rassemblements nombreux parcouraient la ville; le Palais- Royal, devenu le foyer de toute insurrection, était envahi par une foule turbulente, que Camille Desmoulins, Lousfelot , Marat et tous les meneurs , im-
iionnaient par leurs discours et écrits.
Dans la matinée du 5 octobre, tous cm mouvements prirent un caractère sérieux. Une foule nombreuse de femmes, suivant eu désordre une jeune fille qui battait du tambour, se porta a l'hôtel de ville, en criant : Du pain ! du pain! L'hôtel fut envahi, le magasin d'armes piJJé, et Maillard, l'un des vainqueurs de la Bastille, le même qui devait prendre une si horrible part aux massacres de septembre, donna un but a cette multitude irritée , en proférant « cri : A Versailles!
LaFavette fit de vains efforts pour arrêter la foule; malgré l'immense popularité qui l'entourait alors , il ne put réprimer ce mouvement. « La source du mal est à Versailles, lui répondit on; il faut aller chercher le roi , ramener à Paris , et exterminer ceux qui ont outragé la cocarde nationale. » Ne pouvant contenir ce rassemblement immense qui annonçait de si terribles dispositions, ia Fayette voulut du moins le diriger.
L'approche de cette troupe furieuse répandit l'effroi au château. Le roi, qui jusque-là avait refusé d'approuver la déclaration des droits , offrit alors son acceptation pure et simple; l'assemblée la refusa. La foule envahit le lieu de ses béancesf et Maillard se fit son interprète. On décida qu'une députation se rendrait auprès du roi ; douze femmes, choisies au hasard , accompagnèrent les députes. Mais au dehors, dans la cour même du château , occupée par les gardes du corps, objet de la haine
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populaire, une lutte ne tarda pas à s'engager : le sang coula ; les gardes du corps lurent poursuivis jusque dans leur hôtel, et la nuit seule put empêcher de plus grands malheurs.
La cour était consternée; elle voulut fuir; la Fayette la rassura, et rétablit l'ordre dans la foule. A cinq heures du matin, il s'étendit sur un lit pour y
f >rendre quelques instants de repos , et 'Assemblée nationale leva la séance.
Mais l'entracte de ce terrible drame ne fut pas long. A la pointe du jour, des hommes du peuple, rôdant autour .
du château, trouvent une grille, que dans le désordre de la nuit on a oublié de fermer. Ils entrent ; des gardes du corps veulent les repousser, des coups de fusil sont échanges, ce bruit réveille et appelle la multitude; elle envahit le château , pénètre jusque dans la chambre de Marie-Antoinette , et la reine a à peine le temps de se réfugier chez le roi.
Les gardes du corps tentent de repousser les assaillants, mais ils cèdent bientôt au nombre; on s'empare de dix-sept d'entre eux qui vont être fusillés, quand la Fayette arrive, les sauve et fait évacuer les appartements du château.
Au bruit du tumulte , l'Assemblée s'était réunie ; elle reçoit un envoyé de Louis XVI , qui la prie de se rendre auprès de lui nour protéger la cour; trente-six membres sont nommés à cet effet. Mais la foule impatiente, entassée dans la cour, ne paraissait pas disposée à l'abandonner, elle voulait ramener le roi à Paris. Louis XVI céda ; il parut au balcon, et eut la douleur d'entendre , parmi les cris de Vive le roi! qui accueillirent sa présence , des menaces et des imprécations contre la reine. Dans de pareilles dispositions, le voyage était impossible ; Marie-Antoinette n'eût pas été en sûreté au milieu de ce cortège. La Favette leva cette difficulté: il accompagna la reine sur le balcon, et baisa respectueusement sa main en signe de réconciliation entre l'orgueilleuse archiduchesse d'Autriche et les femmes du peuple de Paris. Le peuple comprit et battit des mains.
L'ordre de départ fut aussitôt donné.
L'Assemblée décréta qu'elle était insépa-
odon L'UNIVERS. officis
rablc de la personne du roi, et l'accompagna. Le cortège se mit en marche , ayant pour avant-garde, des bandes armées, qui portaient pour enseignes les têtes des gardes du corps plantées au bout de longues piques. Louis XVI et la reine, dans une voiture allant au pas, suivaient de loin ces sanglants trophées, escortés et suivis par les députés, par les Suisses, les gardes du corps, l'artillerie, les gardes nationales, des voitures chargées de grains, de farines > de bagages , et une foule innombrable , joyeuse et fière de son triomphe.
Le dévouement et l'activité de la Fayette assurèrent l'ordre dans cette tumultueuse journée. C'était la deuxième fois que les menées contre-révolutionnaires de la cour provoquaient l'irritation populaire, et au 6 octobre, comme au 14 juillet, la cour fut vaincue et subit la loi du plus fort. Cependant, se dissimulant toujours la gravité du péril et persistant à voir dans ses défaites , non le doigt du peuple, mais le résultat des intrigues du duc d'Orléans, de la Fayette , de Bailly ou de Mirabeau , elle continua à lutter par l'intrigue et par la ruse, jusqu'au jour où l'échafaud, sombre et effrayante réalité , se dressa devant elle. La monarchie avait laissé se détendre et se rouiller les ressorts du gouvernement. Or, sans gouvernement," le peuple meurt de faim, comme en 89, comme en 95 , et quand il crie Du pain ! ce n'est pas la liberté seule qu'il demande, mais un gouvernement paternel , juste, prévoyant, tempéré par elle. L'excès de la liberté, c'est l'anarchie des pouvoirs, c'est le désordre , c'est la famine; l'excès de l'autorité, c'est Richelieu, Louis XIV, Napoléon. Entre ces deux maux , le peuple préfère toujours le moindre.
Que voulait le peuple au 6 octobre? La liberté sans doute; mais avant tout, il voulait que l'autorité résidât au milieu de lui , et c'était pour cela qu'il ramenait avec des cris d'allégresse le roi dans la capitale.
Odillon-Babbot. Voy. Babrot.
Odon , frère utérin de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, fut en 1049, à l'âge de quatorze ans, nommé, par l'influence de son frère , à l'évéché de Baveux. Lorsque Guillaume partit pour la conquête de l'Angleterre, en 1066
Odon voulut partager les périls de cette grande entreprise. Chargé ensuite de gouverner le royaume conquis , il chargea le peuple dMmpôts, pour se livrer a de fastueuses prodigalités; dans le partage des terres entre les Normands , il eut pour sa part 253 fiefs, outre le château de Douvres et le comté de Kent qu'il possédait déjà ; et cela ne lui suffit pas encore ; il se livra à de telles concussions, que Guillaume, pour l'en punir, le fit enfermer dans la prison de Rouen. Odon y resta jusqu'à la mort de son frère. Il reparut alors pour semer la division entre les princes ses neveux; il soutint Robert contre Guillaume le Roux, perdit tous ses biens en Angleterre, et fut renvoyé enNormandie.
Devenu premier ministre du duç Robert, il manqua de bouleverser ses Etats, partit avec lui pour la terre sainte, en 1096, et mourut l'année suivante à Païenne.
Odon ou Eddbs de Deuil ( Odo de.
Diogiio), ainsi nommé d'un village de la vallée de Montmorency, où il naquit dans le douzième siècle, fut chapelain et secrétaire de Louis le Jeune, et l'accompagna en cette qualité en Palestine.
A son retour, il succéda à Suger dans le gouvernement de l'abbaye de Saint- Denis, où il mourut vers 1162. On a de lui : De Ludovici t II, Francorum régis, profectione in Oriente m ab an, 1116-48; la traduction de cet opuscule se trouve dans le tome XXIV de la Collection de mémoires sur Fhisioire de France, publiée par M. Guizot.
Offices. Selon les jurisconsultes, un office est le titre qui donne le drot d'exercer quelque fonction publique ; c'est la délégation d'une portion plus 00 moins étendue de l'autorité politique administrative ou judiciaire. Cette delégation ne peut émaner que de celui ou de ceux en qui réside là plénitude de l'autorité; aussi , dès les premiers siècles de la monarchie française, ce fut le roi qui institua les ofiiees , et nomma les officiers. A chaque office était attaché un bénéfice proportionne à l'importance des fonctions, et dont le rêvera tenait lieu d'émoluments au titulaire
Outre les avantages que les officier attaches à la personne du roi ou des grands vassaux tiraient de leur posi