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OLIVET

du jour, la batterie de brèche fut démasquée, et deux heures après , elle avait déjà produit un si grand effet, que le gouverneur, dont les faibles provisions s'épuisaient, demanda à capituler; mais comme il avait refusé, le il, les propositions qu'on lui avait faites , on ne consentit a le recevoir qu'à discrétion. Au mois d'avril suivant, les Anglais, instruits que Soult n'avait laissé dans la place que deux ou trois cents hommes, la surprirent; mais ils ne purent eux-mêmes y placer une garnison plus nombreuse, et , dans le courant de juin , Soult la lit réoccuper.

Olivet (Nicolas Fabre d'), littérateur et musicien , naquit en 1 768 à G anges, où il fut élevé dans la religion protestante. Il vint à Paris en 1780, et, au lieu de suivre le vœu de sa famille, qui le destinait au commerce, il se lança dans la carrière des lettres. Il débuta par quelques pièces de théâtre, dont plusieurs, telles que Toulon soumis, opéra, et le Sage de l'indoslan, drame philosophique, eurent un certain succès. En 1801 il fit paraître des Lettres à Sophie sur l'histoire, et, en 1804, le Troubadour, recueil de poésies occitaniaues , oeuvre évidemment supposée, mais qui ne manque ni d'imagination ni d'élégance. Étant sans fortune, il avait pris en 1802 un petit emploi dans les bureaux du gouvernement. Il donna sa démission , pour ne pas rédiger une bièce en opposition avec ses principes.

V Histoire philosophique du genre humain, où l'on trouvait, entre autres idées assez extraordinaires , le projet de soumettre l'Europe au pape, n était pas de nature à concilier à I auteur la faveur impériale. C'était à l'étude de Thé* breu que Fabre d'Olivet se livrait avec le plus de prédilection. Il s'imaginait y retrouver « le plus pur idiome des anciens « Égyptiens ; » puis ressuscitant les rêves de la cabale, il cherchait un sens mystérieux à chaque syllabe , à chaque lettre , et Dieu sait à quelles étvmologies il arrivait. Aussi, pour lui, la plupart des interprétations vulgaires étaient -elles fausses : Adam était la personnification du genre humain , JNoé celle du repos éternel ; enfin les principes de toutes les sciences devaient se trouver renfermés dans la cosmogonie

de Moïse. A l'appui de sa doctrine, il prétendit y avoir découvert le moyen de rendre l'ouïe aux sourds-muets , et publia, en 1811, sous le titre de Notions sur le sens de l'ouïe en général, et en particulier sur le développement de ce sens opéré chez Rodolphe Grivel, des résultats sur la nature desquels il fut sans doute le premier à s abuser. Le rapport de Sicard et de Rosnv sur ses expériences lui fut peu favorable. Fabre d'Olivet publia encore, en 1813, une Traduction des vers dorés de Pythagore , précédée d'un discours sur l'essence et la forme de la poésie chez les principaux peuples de la terre; eu 1815, ta Langue hébraïque restituée ; enfin le Caïn de lord Byron, traduit en vers blancs, avec une réfutation des principes de l'auteur. Gomme musicien, Fabre d'Olivet composa, outre un grand nombre de romances qui ne portent pas son nom , quelques concertos et la musique de ses propres pièces. 11 crut avoir retrouvé l'ancien système musical des Grecs , et fit exécuter sur ce mode un oratorio de sa composition. Il mourut en 1825, ne laissant, malgré une érudition incontestable , que la renommée d'un visionnaire.

Olivkt ( Pierre- Joseph Thoulier d'), grammairien célèbre , naquit à Salins le 1er avril 1682. il entra chez les jésuites, mais les quitta a trente -trois ans , pour conserver son indépendance littéraire et se soustraire, dit-on, à la tâche qui lui avait été imposée par ses supérieurs, de continuer l'Histoire de l'ordre; il refusa même le poste de précepteur du prince des Asturies , qu'ils lui offraient pour le retenir. Des travaux de traduction et l'étude de notre langue furent l'occupation de sa vie; mais il s'v fit une telle réputation, qu'en 1723, il fut élude!' Académie fra nçaise, pendant son absence, et sans qu'il se fût mis sur les rangs. Ce fut avec les œuvres posthumes de Maucroix que parut , en 1710, la première édition de sa Traduction des Philippiques et des Catilinaires ; aussi eut-il dans la suite quelque peine à s'en faire reconnaître l'auteur. Olle du De Naturà Deorum parut en 1721, avec des remarques du président Botthier. En 1729, il publia, pour faire suite au travail de Pélissou, une llis-

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tolre de l'Académie française, de 1652 à 170O, où on lui a reproché d'avoir donné place à des détails trop minutieux. En 1740, sur la demande du cardinal de Fleury, il fît paraître, pour Pusasedu Dauphin, une excellente édition des (JEttores complètes deClcéron , avec an choix de commentaires, 9 volumes »-4% twvail pour lequel il avait refusé les brillantes offres du duc de Cumberl*nd. Il reçut du ministre français, en récom pense, une pension de 1,600 livres. En 1744, il publia encore les Pentées de Ciceron, pour servir à l'éducation de la Jeunesse.

Sous le titre de Remarques sur la tangiie frQnçaise, on a réuni, en 1767 : 1*son Traité de ta prosodie française, travail estimable sur une matière eneore peu étudiée; 2° des Essais de grammaire, dans lesquels il traite seulement, mais d'une manière tout à fait supérieure, des mots déclinables : le nom , l'article, le pronom et le participe. Ce travail devait faire partie d'une espèce de code grammatical , projeté par l'Académie après la dernière édition de son Dictionnaire, mais qui est demeuré inachevé. L'abbé Oédoyn s'était chargé du rerbe, et l'abbé Rothelin des particules. î° Des Remarques sur Racine, qui sont, quoi qu'en ait dit l'abbé Desfontaines , autant l'oeuvre d'un homme de goflt que «île d'un grammairien consommé. Enfin, PabbéuOlivet prit une part fort active à tous les travaux de l'Académie, et surtout à la rédaction de son Dictionaaire. Il avait fait dans sa jeunesse quelques essais poétiques , qu'il brûla dans la suite. Il fut particulièrement lié avec Boileau et J.-B. Rousseau, et dirigea les premières études de Voltaire, qui le nomma toujours son maître. Sa liaison avec Boileau ne l'empêcha pas dé rendre justice à Cottin. Il se montra moins juste envers Piron, qu'il contribua puissamment à éloigner de l'Académie. Celui-ci s'en dédommagea par des epiçrammes ; mais c'est sans doute au désir de venger un ami qu'il faut attribuer le portrait peu flatteur que Collé dans ses Mémoires a tracé de notre auteur. L'abbé d'Olivct mourut d'apoplexie Ie8 octobre 1768.

Oltvibb (Jaeques), né h Êaris. vers 1460, d'un simple prottifeot, s'éleva

par son mérite aux plus hautes charges de la magistrature , devint chancelier du duché de Milan , et fut nommé par François Irr, premier président du parlement de Paris (1517). Il mourut en

François, son fils, né à Paris, en 1497, fût nommé, en 1543, président à mortier au parlement, et, deux ans après , chancelier du royaume. Il se signala par des règlements sages, des mesures prévovantes : ce fut lui qui proposa des lois somptuaires pour refréner le luxe de la cour ; mais il échoua complètement dans cette entreprise, et se m une ennemie de Diane de Poitiers, qui parvint à ébranler son crédit auprès du roi. Invité à donner sa démission , il déclara que , n'ayant pas démérité, il ne pouvait renoncer à son inamovibilité. Toutefois il renonça aux fonctions actives de sa charge, et ne conservant que le titre seul de chancelier, lise retira dans une terre qu'il avait près de Montlheri. Rappelé au conseil sous le règne si court et si orageux de François II, il n'eut pas assez de force pour résister au cardinal de Lorraine , qui se servit de lui pour couvrir de sa réputation jusque-là intègre ses propres actes. Lors de la découverte de la conjuration d'Amboise, Olivier insista pour mie les listes de proscription ne s'étendissent qu'aux chefs. Il ne put obtenir ce qu'il demandait, et un grand nombre de victimes lui firent le reproche de s'être laissé corrompre par la faveur.

Une profonde mélancolie s'empara alors de lui , et il mourut le 30 mars

Olivier ( Guillaume-Antoine ), né près de Fréjus en 1750, s'adonna de bonne heure à l'étude des sciences naturelles; suivit Bruguière. envoyé en ambassade en Perse, sous le ministère Roland; et revint seul en 1798, rapportant de nombreuses collections sur toutes les parties de l'histoire naturelle. Il fut admis à l'Institut en 1800, et mourut à Lvon , en 1814. On a de lui des mémoires sur l'entomologie , l'agriculture et la botanique, épars dans différents recueils scientifiques; une Histoire naturelle des coléoptères, 1789^1808, 6 vol. in-4°, avec 363 pl.; le Dictionnaire de l'histoire naturelle

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des insectes, de V Encyclopédie méthodique, 1789-1819, 9 vol. in 4° ( il a eu pour collaborateurs dans cet ouvrage, Mauduyt, Latreille et Godard); Voyages dans t* empire othoman , l'Egypte et la Perse, 1802-07, 3 vol. in-4°, ou 6 vol. in-8, avec atlas.

Oloron, ville de l'ancien Bëarn, aujourd'hui chef-lieu de sous-préfecture du département des Basses-Pyrénées ; population, 6,458 habitants.

Oloron existait du temps d'Honorius, sous le nom û'iluro on Elorensium civitas. Les Normands la détruisirent de fond en comble vers le huitième siècle, et elle resta ensevelie sous ses ruines, jusqu'à l'époque où Centulie II, vicomte de Béarn , en releva les murs, y fit jeter un pont, et bâtit l'église de Sainte- Croix (1088).

Ombronb (départ, de 1'), réuni en 1808, avec les deux autres départements formés dans la Toscane. Il avait pour bornes, à l'ouest, la principauté de Piombino et la mer; au sud , le département du Tibre; à Test, celui du Trasimène et de l'Arno ; au nord , celui de l'Arno et de la Méditerranée. Son cheflieu était Sienne; ses sous- préfectures, Montepulciano et Gosseto.

Omeb talon. Voyez Talon.

On es m. Petit peuple gaulois, qui habitait le territoire qu'occupe aujourd'hui la ville d'Ozon, dans les Hautes- Pyrenées. Il y avait, suivant Pline, chez les Onesii , des thermes que l'on a cru retrouver dans les eaux de Bagnéres.

Onobbisates, peuple gaulois , qui occupait, suivant d'Anville, le territoire du canton de Nébousan , dans le département des Hautes-Pyrénées.

Opéra. Ce n'est guère que de l'époque de Lulli qu'on peut compter rétablissement de Topera en France. Cependant , si l'on veut remonter à l'origine exacte de ce genre de spectacle, oo trouve que le poète Baïf fut autorisé, en 1571, par Charles IX, à établir une académie de musique dans sa maison, rue des Fossés-Saint-Victor, et en tous autres lieux de France qu'il jugerait bon. En 1581, aux fêtes du mariage de Marguerite de Lorraine , belle-sœur de Henri III , il y eut un divertissement dont Bail rt Ronsard composèrent les paroles, etSalmon et Beaulieu la musi-

que. Ces derniers furent aidés par Bal thasarini , connu en France sous le nom de Beaujoyeux , c'était un artiste italien que le maréchal de Brissac, gouverneur 0 du Piémont, avait envoyé à Catherine de Medicis, avec une bande de violons ; il parvint à apporter une certaine régularité dans les ballets que Ton faisait exécuter alors, et dans lesquels se succédaient tour à tour le dialogue et la danse. Baïf, qui avait vu représenter des opéras à Venise, aurait sans doute réussi à introduire ce spectacle en France ; mais les guerres civiles vinrent bientôt mettre un terme aux plaisirs de la cour.

Ce ne fut que plus de cinquante ans après que l'opéra reparut en France. En 1645, le cardinal Mazarin, pour amuser Louis XIV, lit représenter devant ce prince et la reine mère une comédie lyrique de Jules Strozzi , entremêlée de ballets. Il suffira de dire, pour donner une idée de la valeur musicale de ce spectacle et de l'importance qu'on y attachait dans ce sens , que le premier acte de ce divertissement se terminait par un ballet de singes et d'ours, le second par une danse d'autruches, et le troisième par une entrée de perroquets.

Ce spectacle pouvait être curieux, mais à coup sûr il était peu musical. Cependant les bouffons italiens , comme on les appelait , étaient accourus à la voix de Mazarin, qui les avait établis rue du Petit-Bourbon, et en 1647, ils représentèrent l'Orfeo de Zarlino. La pompe du spectacle, les charmes de la musique , la beauté des costumes, le jeu des machines et la variété des décorations produisirent beaucoup d'effet.

Le suc cès de cette représentation donna l'idée de composer des opéras français, et l'abbé Perrin l'entreprit. Il fit une pastorale que Cambert mit en musique ; elle réussit, et ce fut le premier essai dans ce genre. On parle d'une tragédie à machines du grand Corneille, intitulée Andromède, et jouée en 1650. Mais c'était là un vrai mélodrame où la musique n'était qu'un accessoire Mazarin avait applaudi au succès de Perrin et de Cambert et les avait encouragés; ils s'occupèrent aussitôt de la composition de l'Ariane, Une nouvelle troupe d'Italiens fit entendre à la même époque ,

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l'opéra â'Ercole amante. Cette représentation, donnée lors du mariage du roi, eut un grand éclat. Vigazani , de Modene , habile architecte , avait fait construire aux Tuileries un théâtre et des machines gui enlevaient cent personnes à la fois. Le roi, la reine et les principaux seigneurs de la cour dansèrent dans les ballets. A quelque temps de la, le marquis de Sourdeac flt représenter dans son château de Neubourg, la Toison d'or de Corneille. Enfin, huit ans après la mort de Mazariu, Perrin obtint des lettres patentes portant » privilège, pour douze années, (l'établir a Pans et dans d'autres villes du royaume , des ac.démies de musique , pour chanter des pièces de théâtre, avec liberté de prendre du public telles sommes qu'il aviserait, et défense a toutes personnes de faire chanter de pareils opéras ou représentations en musique et en vers français , sans son consentement. » Ces lettres patentes , datées du 28 juin Ki69, contenaient encore cette disposition, -que ces opéras, étant des ouvrages de musique totalement différents des comédies récitées , le roi les érigeait sur le pied des académies d'Italie; que les gentilshommes et demoiselles pourraient chanter audit opéra , sans déroger au titre de noblesse ni à leurs privilèges , etc. » Il y a loin de ce temps la à Topera de nos jours, qui ne se recrute pas, tant s'en faut, dans la noblesse. Perrin, une fois maître de son privilège, s'associa Cambert pour la musique, le marquis de Sourdeac pour les machines , et Chaperon pour les fonds.

Une levée de musiciens fut faite dans les cathédrales du Midi, véritables pépinières d'artistes à cette époque ; on dressa un théâtre dans le jeu de paume de la rue Mazarine, et en 1671, on joua l'opéra de Pomone. Cette pièce eut un succès immense ; c'était la première fois

3ue pareille représentation avait lieu evant un public réel, et la surprise, l'étonnement, ajoutait aux séductions de la musinue. Perrin eut 30,000 liv. pour sa part de bénéfice.

C'était si beau, quele marquisdeSourdcac songea qu'en pareil c«js il valait mieux ne pas partager. Sons prétexte d'avances faites à Perrin , il s empara du théâtre, et s'adressa pour faire ses

pièces , à Gilbert , secrétaire des commandements de la reine de Suède, et son résident en France. Lulli, qui commençait alors sa réputation , fit la musique d'une pastorale composée par cet homme ; et, mis en goilt par le succès, habile d'ailleurs à manier l'intrigue, il profita des dissensions des associés, et obtint de Perrin la cession de son privilège pour une faible somme. C'était au marquis de Sourdeac à recevoir à son tour le prix de sa mauvaise foi : Lulli le mit de côté ainsi que ses associés, eu prit d'autres, s'arrangea avec Quinault, qui devait un jour laisser le veriiable modèle du genre; et, en 1672, lit représenter sur un nouveau théâtre élevé à ses frais dans le jeu de paume de la rue de Vaugirard, les Fêtes de Bacchus et de ÇAmour, où l'on vit enrore plusieurs seigneurs de la cour danser dans les ballets. L'année suivante, Quinault, désormais lié a Lulli qui convint de lui payer 4,000 fr. pour (hacun de ses opéras, lui donna Cadmus , où brillaient déjà quelques étincelles du talent du poète.

Pendant les représentations Je cet opéra, Molière mourut, et le roi donna à Lulli , devenu son favori , la salle du Palais-Royal, où l'Opéra resta près d'un siècle. Cependaut Lulli s'était jeté corps et âme dans sa nouvelle carrière. Excellent violon lui-même, il formait ses musiciens; d'abord il leur fit de la musique a leur portée ; puis , augmentant les difficultés a mesure qu'ils devenaient plus habiles, il finit par avoir ce qui ne s'était point encore vu , un véritable orchestre. Surlas<ène, il introduisit, en 1681, à la représentation de son opéra du Triomphe de l'Amour, une innovation non moins importante : des danseuses parurent sur le théâtre; jusque-là , les rôles de femmes avaient été remplis par des hommes travestis; et il faut avouer que de pareilles nymphes ne devaient pas être bien séduisantes.

Lulli, jusqu'à sa mort, en 1787, s'occupa constamment d'améliorer toutes les parties de l'Opéra ; musique , mise en scène, décorations, chants, danses, tout se perfectionna entre ses mains, et il termina sa carrière en laissant pour dernière production de son talent , Armide, son chef-d'œuvre.

La direction de l'Opéra appartint

ensuite à son

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