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OPÉRA

L'UMIVERS.

i gendre, Francine, qui la conserva jusqu en 1728; puis elle passa successivement dans diverses mains, jusqu'en 1749, époque où la ville de Paris prit l'administration de ce théâtre , devenu Académie royale de musique, sous les ordres de M. le comte d'Ar-

il revint au J?a(ais-Roya| dans une nouvelle salle.

Il faut reconnaître qu'à cette époque, malgré les progrès de l'Opéra, la musique dramatique était encore à trouver, il fallait Gluck et son Iphigénie pour montrer combien on avait été loin

genson. Pendant cette période, les opé- jusque-là de la véritable tragédie lyrique,

ras avaient eu pour poètes , Quinault, Le public ne se lit pas prier pour ouvrir

Campistron, Fontenelle, Lamotte, Dan- les yeux : Iphigénie fut saluée, applau-

chet, Fuzelier, Roy, Cahuzac, et pour, die, admirée, portée aux nues. Cette

musiciens, Colasse, Destouches, Cam* pra. Marais, Labarre, Mouret, Mondonville, et enfin le célèbre Rameau, qui débuta en 1733, par Hippolyte et Aricie. Dans le chant, s'était rendue célèbre mademoiselle Lemaure, et dans la danse, la fameuse Camargo, Sa! lé et Vestris, dont le nom fut longtemps un éloge pour les danseurs.

Les succès de Rameau allumèrent la guerre parmi les amateurs de musi-

3ue; les uns le mettaient bien au-dessus e Lulli, tandis que les autres le regardaient comme indigne de porter l'archet du créateur de l'Opéra. Les Ramistes et les Lullistes se livrèrent des combats acharnés, le plus souvent avec la plume, niais quelquefois aussi avec l'épée; car il y eut du sang versé en l'honneur des deux héros de la musique. Une réconciliation momentanée entre les deux camps fut opérée par les bouffons italiens , qui , pendant un séjour de huit mois à Paris, représentèrent les opéras des plus grands maîtres de leur école, Pergolèse, Jomelli, etc. Les Ramistes et les Lullistes oublièrent alors leurs querelles, et il se forma deux nouveaux camps : l'un proclamait l'excellence de la musique italienne , l'autre défendait la musique française, et avait écrit sur son drapeau le nom de Rameau ; nouvelle guerre , nouvelle pluie de brochures, pamphlets, dialogues, satires, etc., tout ce (]ue peut faire une plume ; mais cette fois l'epée fut mise de côté, et on ne répandit que des flots d'encre. La victoire parut rester aux partisans de Rameau ; cependant on eut bientôt occasion de voir que leurs adversaires étaient étourdis, mais non pas abattus.

Un incendie vint couper court, le 6 avril 1763, aux joies et aux querelles de l'Opéra. Ce théâtre fut alors transporté aux Tuileries; mais le 26 janvier 1770,

fois ce n'était plus une illusion; Gluck venait de créer une des compositions les plus sublimes de la scène lyrique.

Mais que de peines se donna le pauvre musicien pour faire exécuter sa musique ! Il avait recommencé ce qu'avait tait Lulli , et, chanteurs, acteurs, musiciens , il avait cherché à communiquer à tous une partie du feu qui l'animait, et il était parvenu à les faire chanter et jouer avec un ensemble , une expression dont on n'avait point encore eu d'exemple. A V Iphigénie succédèrent Orphée, Alceste, Armide, qui tous furent reçus avec enthousiasme.

Gluck était alors le dieu de la musique; mais bientôt parut Piccini, e% aussitôt sa divinité fut contestée.*

En 1778, l'opéra de Roland fournit des armes a tous ceux qu'offusquait la gloire de Gluck ; cette fois , les noms cfes hommes les plus distingués dans les lettres donnèrent plus d'éciat à la lutte : Suard , Arnauld , forts du mérite de Gluck , firent pâlir les pamphlets des défenseurs de Piccini , quoique ceux-ci eussent pour organes Laharpe et Marmontel. Piccini , en composant son Iphigénie en Tauride , parut vouloir trancher la question; c'était un sujet analogue à celui de Y Iphigénie de Gluck ; mais , à la comparaison , Piccini dut s'avouer vaincu. A cette époque , l'Opéra avait aussi ses illustrations , et l'on n'a besoin que de citer les noms si connus de Sophie Arnould, de Rosalie Levasseur, de Larive, pour montrer ce qu'était alors le personnel de ce théâtre. En 1781, nouvel incendie ; mais heureusement un architecte habile éleva en un mois la salle provisoire de la Porte- Saint-Martin , qui permit au public de revenir bientôt entendre ses chanteurs favoris, Laîné, madame Saint-Huberti; tandis que la dause était dignement

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résentée par Vestris II, Coulon , mesemoiseljes Guimard , Clotilde, etc.

La révolution porta nécessairement un coup terrible 5 Y Académie royale de musique : cependant c'était un théâtre qui n'avait pas de rival, et quand il s'agit de s'amuser, les peuples ne demandent pas mieux que a'être tolérants. Le Théâtre national de POpéra passa sous la direction de la Municipalité. Mais la charge était lourde; les finances n'étaient pas dans un état prospère; les acteurs se formèrent en société, et se chargèrent eux-mêmes de l'administration de leur théâtre. On n'eut pas à s'en louer, ni eux non plus, sans doute, car l'Opéra, devenu le Théâtre de la République et des Arts, fut acheté, en 1795 , par le gouvernement à la Montansier, qu'on avait, assez mal à propos, laissée se mettre à la téte de l'administration. L'Opéra se trouvait alors en face de la Bibliothèque. La direction en fut coutiée à trois hommes de lettres, la Chabeaussière, Parny et Caillot, qui s'en tirèrent très-mal , et nécessitèrent, eu 1799, le rappel de Devisme, qui en ajait été chargé de 1 778 à 1 780. Jusqu'en 1800, l'Opéra ne fut guère occupé qu'à représenter des pièces composées pour les fêtes nationales, et qui ne survécurent pas à ces fêtes. Sous le consulat, il passa sous l'inspection du préfet du palais, et recommença a compter d'heureux jours. La Sémiramis et les Uayadères de M. Catel, jouées en 1802, eurent un plein succès. Grétrv y débuta a ia même époque par l'opéra du Casque et des Colombes; Lesueur y donna les Bardes et la Mort d'Adam. L'administration lit en même temps l'acquisition de deux chanteurs précieux, iSourrit père et Dérivis; enfin, avec l'empire, l'Opéra devint Y Académie impériale de musique , et Piccini signala la direction qui lui fut confiée, en 1807, par la représentation de la f estale de Spontini, et de Fernand Cor tés, joué en 1808.

En 1814, le théâtre de l'Opéra reprit nécessairement son titre d Académie royale , et , dans la dépendance nécessaire où il était du gouvernement, il ne faut pas s'étonner qu'on y ait donné, en 1815 , une espèce de fête aux rois coalises contre la France. Des couplets en leur honneur y furent chantés pendant

les entr'actes ; Alexandre de Russie fut surtout l'objet de flatteries toutes particulières, et ce fut à son intention

3ue Talleyrand donna ordre à l'Opéra e jouer le Triomphe de Trajan.

La restauration eut une influence funeste sur l'Opéra. L'administration dépendant de la maison du roi, et placée sous la haute main de l'intendant des menus-plaisirs , ne fut rien moins que brillante pendant les premières années.

Cependant, de 1817 à 1819, Persini, ni eu fut nommé directeur, en suspenit la décadence. Mais, en 1830, cette direction, confiée à M. Yiotti, était loin d'être satisfaisante, lorsque l'assassinat du duc de Berry, commis à la sortie d'une représentation, fit abandonner et détruire la salle. Le 19 avril 1831, eut lieu l'ouverture d'une salle provisoire, rue Favart, et le 19 août 1831 , fut ouverte, provisoirement aussi , la salle de la rue Lepelletier. Il est probable que ee provisoire, qui dure depuis vingt-deux ans, n'est pas près de finir.

Le sceptre de l'Académie royale de musique fut alors aux mains d'un noble vicomte, qui s'imagina que la morale un peu relâchée de l'Opéra était un obstacle au développement musical , et se mil à entreprendre sérieusement une réforme en ce sens. Il fit sur la morale des coulisses les règlements les plus ridicules , et , se montrant aussi bon ami que moraliste rigide, il livra les places à ses amis , leur créa des sinécures , leur fit donner des pensions sur l'Opéra, enfin, mit les entrées à leur disposition. On se rendra compte du résultat de la dépendance dans laquelle l'Opéra se trouvait, en remarquant que de 1814 à 1826, trois pièces seulement y eurent un succès réel : le Rossignol, de Lebrun, Aladin, de Nicolo, et te Siège de Corinthe, de Kossini. Néanmoins, de bonnes acquisitions avaient été faites: Adolphe Nourrit, qui depuis devait être si inhumainement et si injustement sacrifié; Dabadie, Dupont , madame I > unoreau, à jamais regrettable; dans la danse, Paul, mesdames Noblet, Montesson, le Gallois; tels sont les noms brillants qu'on trouve à cette époque.

En 1837, la direction passa aux mains de M. Lubert, choisi par le chargé des beaux-arts. M. Lubert se voua entiè-

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