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OPERA

L'U NÎVERS. OPÉR A-COM IQUE

rement à Rossini, et Ton vit une suite de pièces de ce compositeur rendre un grand éclat à notre théâtre lyrique.

Rossini avait trouvé dans Nourrit un digne inteprète; et cet artiste soutint tour à tour et fit briller de toute la grandeur de son talent, les œuvres du com-

f>ositeur italien; ce fut une époque brilante pour l'Opéra. Citer Moïse , le comte Ory, Guillaume Tell, les ballets de Marset f'énus et de la Belle au Bois dormant, c'est rappeler d'éclatants sucées. Seulement on pourrait reprocher à M. Lubert d'avoir accueilli trop exclusivement la musique italienne , et de s'être montré difficile à l'égard des compositeurs français; la Muette de Portici, d'Auber, l'un de nos meilleurs opéras cependant, eut une |*ine extrême à être représentée. En même temps l'Opéra s'enrichissait de Levasseur pour le chant, de mademoiselle Taglioni et de Perrot pour la danse.

Depuis 1830, l'administration de l'Opéra , replacée dans les attributions du ministre de l'intérieur, ne paraît pas s'être ressentie des améliorations qu'on s'était promises de cette mesure; la direction a passé successivement entre les mains de MM. Véron, Duponchel et Pillet, et ce dernier est encore directeur en ce moment. S'il y a eu quelques bonnes acquisitions dans le personnel, il y a eu aussi une perte irréparable , celle de Nourrit.

La musique bruyante parait avoir décidément établi son siège a l'Opéra, et les succès de Robert le Diable, des Huguenots, de la Juive, ne sont pas pour

f>rou\cr le contraire. Aujourd'hui, juger es artistes qui sont à l'Opéra, ce serait s'engager sur un terrain où l'impartialité aurait peut-être de la peine à se maintenir; nous nous contenterons donc de donner les noms de ceux qui paraissent avoir conquis les sympathies du public , sans discuter leur talent.

Dans léchant, c'est Du prez, madame Stolz ; dans la danse, madame Fanny Essler, qui est allée chercher momentanément des triomphes à l'étranger, madame Carlotta Grisi, et enfin M. Petit-pas. MM. Sechau, Philastre et Cam- DOM , ont remplacé Cicéri , comme décorateurs , et M. Coralv, aide de M. Taglioni pere, a succédé à Maunier pour la partie chorégraphique.

L'Opéra n'a jamais suffi à ses dépenses; il coûtait à l'État, en 1785, 300,000 fr. par an ; sous l'empire et de-

{)uis, ce chiffre s'est doublé, et pendant es dernières années de la restauration, il s'est élevé jusqu'à 950,000 fr. Depuis 1830, par suite des réductions opérées, la subvention, année moyenne, ne s'élève pas au delà de 750,000 fr. C'est une économie sans doute, mais plus apparente que réelle, et l'Opéra sera toujours pour le trésor public un tonneau sans fond , et pour les fournisseurs, un trésor inépuisable.

OpébaComique. Ce théâtre, qui porte aujourd'hui le nom de second Théâtre lyrique, et qui a justifié ce titre par quelques productions d'un mérite réel, n'était dans l'origine qu'un théâtre foram. Quelques pièces, telles ue la Comédie des chansons , en 1640, Inconstant vaincu, en 1661, une nou»

velle Comédie des chansons, en 1662, commencèrent à attirer l'attention du public. Bientôt on chercha à imiter la musique bouffe des Italiens; et, en 1715, les comédiens forains, ayant traité avec le directeur de l'Académie royale de musique , donnèrent pour la première fois à leur théâtre, le titre â'Opéra-Comique. Lesage peut être regardé comme le fondateur d ■ ce théâtre, par le grand nombre de pièces qu'il y donna , et par la forme constante et régulière qu'il lui a imposée le premier.

Le nouvel Opéra-Comique attirant beaucoup de monde, les comédiens du Théâtre- Français s'en alarmèrent ; ils firent valoir leurs privilèges, et obtinrent que les comédiens forains ne pourraient pas parler, et s'en tiendraient aux pantomimes. Obligés de se soumettre, ceux-ci eurent recours à la ruse; ils firent d'abord imprimer en prose, sur des cartons, ce que le jeu des acteurs ne pouvait rendre ; ensuite , ce furent des couplets sur des airs connus que l'orchestre jouait et que des gens gagés répandus parmi les spectateurs chantaient; le public accompagnait souvent en chœur, et si cela n'était pas trèsmusical , cela donnait du moins à ce spectacle une gaieté qui en fit longtemps le mérite

Les comédiens du Théâtre-Français se fâchèrent de nouveau , et obtinrent,

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