ORAN
par leurs plaintes réitérées , que l'Opwa-Comique serait tout à fait supprimé. Il reparut cependant en 1724, et fon jusqu'en 1745, qu'il fut supprimé ée nouveau. En 1752, le sieur Monet obtint la permission de le rétablir; il en fij l'ouverture a la foire Saint-Germain, «donna pendant les années suivantes, des pièces qui eurent beaucoup de succès, et lui permirent, en 1758, de céder son privilège à plusieurs individus réunis, parmi lesquels se trouvaient Favart, Corbv et Monette , qui devinrent alors les directeurs de l'Opera-Comique.
Sous cette nouvelle direction, ce théâtre prit un tel développement que les autres théâtres en furent encore jaloux.
Les comédiens italiens obtinrent qu'on 1* réunirait à leur théâtre, et cette réumoueut liruen effet, en 1762. La nouvel,e administration donna le premier opéra comique, le 3 février suivant. En 1780 , ce théâtre s'établit dans la rue Mauconsetl ; plus tard, il fut transporté 2 la salle Fevdeau; lors de la démolition de cette salfe, il alla occuper le théâtre qu'on venait d'élever sous le nom de salle Ventadour, puis retourna a la place de la Bourse, et enfin, après l'incendie du theitre des Italiens, il est allé occuper la salle qu'on a construite sur remplacement de ce théâtre. Duni, venu d'Italie pour naturaliser en France la musique bouffe, n'avait pas peu contribué à donner de l'importance à ce théâtre. Monsim, Phtlidor, Grétry, Dalayrac, perfectionnèrent son ouvrage, et après eux, Its formes du drame, mêlé de dialogue et de musique , furent modifiées et agrandies par Berton, Méhul, Lesueur, therubini , Catel , Boïeldieu , Hérold , Auber et quelques autres compositeurs-
OppÈDE(Jean Meynier , baron d'), né a Au, en 1495, fut d'abord conseiller, puis premier président au parlement de cette ville. Il s'acquit une triste célébrité par les rigueurs qu'il exerça envers les Vaudois. Chargé par François I'rde faire exécuter l'arrêt rendu, én 1540, par le parlement d'Aix contre ces malheureux sectaires, il s'acquitta de cette missjon avec, une cruauté qui Lu était trop naturelle , et qu'augmentaient , dit-on , des ressentiments particuliers. Des plaintes furent portées
à la cour. D'Oppède y parut pour se justifier : le roi refusa de le recevoir. Les choses en restèrent là jusqu'à la mort de François Ier; mais en 1551, d'Oppède et quatre conseillers qui s'étaient associés à ses fureurs furent traduits devant le parlement de Paris, qui consacra cinquante audiences aux débats. D'Oppède , déclaré innocent , fut rétabli dans ses fonctions ; mais quelques années après, « la justice du ciel « suppléa , dit de Thou , à celle de la « terre , » et il mourut en 1558 d'une maladie assez semblable à celle qui, duns la suite, emporta Charles IX. On a de lui une traduction en vers français des Triomphes de Pétrarque, 1538.'
Oban, ville d'Afrique, située au fond d'un noife du même nom, et assise mi pied du pic de Sainte-Croix ou Mergiagio. Cette ville est entourée d'un mur d'enceinte, et défendue par le fort de Mers-el-Kébir, qui lui sert de citadelle.
Don Diègue de Cordoue s'en empara en 1505, au nom du roi d'Es, -igne. Elle retomba, vers la fin du seizième siècle, sous la domination arabe, et appartint successivement à des beys indépendants et aux deys d'Alger.
Après la conquête d'Alger par l'armée française, le général Bourmont envoya des troupes pour prendre possession d'Oran ,que lui abandonnait le bey Hassan; mais la nouvelle de la révolution de juillet étant inopinément arrivée à Alger, les troupes furent rappelées, et reçurent l'ordre de faire sauter, avant de quitter la place, les fortifications de Mers-el-Kebir; elles se bornèrent a renverser, en partie, la muraille qui garde le port.
Cependant, le nouveau gouvernement français, ayant manifesté l'intention de conserver la conquête de l'Algérie , le général Clausel fit , dès le mois de novembre 1830, occuper le fort de Mersel-Kébir, et ses troupess'établirent dans la ville, le 10 décembre suivant. Il en confia l'administration au bey Khaïr- Eildin; puis, mécontent de la conduite de ce chef, dont d soupçonnait d'ailleurs la fidélité, il prit possession de la place , le 18 août 1831, et en donna le commandement au général Boyer, avec une garnison de 1,350 hommes.
Les 3 et 8 mars 1831, les Arabes se pré-
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L'UNIVERS
ORANGE
sentèrent en grand nombre devant Oran, et l'attaquèrent avec vieueur sur presque tous les points. Pendant que la garnison du fort de Mers-el-Kébir, encore plus menacé que la ville, soutenait vaillamment les efforts de l'ennemi, celle de la place se mettait en mesure de lui opposer une vive résistance. Enfin, après un combat acharné , les Arabes furent repoussés avec perte d'une centaine d'hommes. Le 23 octobre suivant, une nouvelle attaque et un nouveau combat eurent lieu sous les murs d Oran ; et cette fois encore , les Français y battirent les troupes d'Abd-el-Kader, et les forcèrent à fuir.
Le 26 février 1834, le général Desmichels, vainqueur a Ain-Bêdah et à Tamezouet, conclut à Oran un traité avec Abd-el-Kader.
La population d'Oran est aujourd'hui de 8,502 âmes, dont 4,221 catholiques, 158 protestants, 991 mahométans , et 3, 192 juifs. La population catholique se divise en 1,492 Français, 1 18 Anglais, 2,178 Espagnols, 550 Italiens et 41 Allemands.
Obange, Arausio> ancienne capitale d'une principauté du même nom , aujourd'hui chef-lieu de sous-préfecture du département de Vaucluse. C'était, suivant Ptoleinée, une des quatre villes du peuple Cavare. Manilius etCépion y furent défaits par les Teutons, en 105 avant Jesus-Christ ; César y établit ensuite une colonie que les Romains ornèrent d'un grand nombre de monuments. On y voit encore les ruines d'un théâtre et un magnifique arc de triomphe , élevé en mémoire de la victoire remportée par Marins, en 105 avant Jesus-Christ, à Aqu& Sextiœ (Aix), sur les Teutons et les Ambrons.
Les Bourguignons et les Visigoths se rendirent maîtres d'Orange , lors des grandes invasions des barhares. Ils en furent chassés par les rois francs de la première race, auxquels succédèrent ceux de la seconde, qui, pour la conserver, eurent une longue lutte à soutenir contre les. Sarrasins. Guillaume au Cornet, premier seigneur d'Orange, la préserva de la destruction en chassant un chef musulman qui s'en était emparé ; Charlemagne lui en confia le gouvernement en 793. La princesse
Tiburge en fit plus tard relever les murailles et v bâtit trois grands faubourgs. Orange fut prise en 1561 par les calvinistes ; les catholiques la reprirent le 16 mai 1562, et en furent chassés au mois de septembre suivant ; ils la reprirent une seconde fois quelque temps après, et en furent encore dépossèdes par les protestants. Maurice de Nassau la fortifia , et en fit une des places de guerre les plus importantes de l'Europe. Dans les guerres qui furent terminées par les traités de Nimègue et de Ryswick, Louis XIV s'en empara et en lit raser la citadelle.
Cette ville est la patrie du connétable Albert de Luynes. On y compte 9,123 habitants.
Obange ( comtes et princes d' ). Le premier comte d'Orange fut, suivant quelques auteurs, Guillaume /*r au Cornet ou au Court-Sez, que l'on fait vivre sous Charlemagne; mais cette tradition n'est pas bien certaine. Il lut probablement le père de Raimbaud I*r , auquel succéda Bertrand 1*' , qui vivait en 1062. Son fils Raimbaud II suivit Ravmond de Saint-Gilles à la terre sainte , et y mourut en 1121, laissant pour héritière Tiburge, sa fille, qui épousa Guillaume II, seigneur d'Omélas, second fi s de Guillaume V , seigneur de Montpellier. Guillaume II mourut en 1166, laissant deux fils, Guillaume 111 et Raimbaud III, qui se partagèrent son comté. Le premier mourut en 1 160; son fils Guillaume II' et sa fille Tiburge II se partagèrent ses États. Tiburge donna , vers 1180, son héritage aux Hospitaliers de Jérusalem, et son exemple lut suivi par son frère en 119o. Les Hospitaliers se trouvèrent ainsi propriétaires de la moitié du comté d'Orange, de telle sorte qu'on datait les actes publics du règne du comte et de celui du commandeur de l'hôpital d'Orange.
1150. Raimbaud III , second fils de Guillaume d'Omélas, mourut vers 1 173.
« Il estoit, dit Nostradamus, bon chevalier, vaillant aux armes, et très-estime dans la poésie provençale. » Un Recueil des / tes des poètes provençaux lui attribue le livre intitule : La Maestria d'amour.
1173. Tiburge III et Bertrand de Baux /er, son époux, succédèrent à
OBAJW FRANCE. OHA*r,E 251
Raimbaud III. Bertrand reçut de l'empereur Frédéric l*r le titre de prince f Orange, et mourut en 1181 , le jour de Pâques, assassiné par ordre de Raymond V, comte de Toulouse;
118?. Guillaume r, surnommé del Cornas , son fils, obtint de l'empereur Frédéric II, le titre de roi d\Irles. Il prit une part active à la croisade contre les Albigeois ; mais il tomba entre les mains des Avignonnais, qui l'écorchèrent vif et le coupèrent en morceaux , au mois de juin 1218.
1219. Guillaume VI \ son fils aîné, prit comme lui le titre de roi d'Arles, et mourut en 1239.
1239. Guillaume fl( et Raymond H, Gis du précédent, lui succédèrent. Le premier étant mort en 1248 , son frère hérita de ses biens. On ne connaît pas la date précise de sa mort.
Bertrand //f son fils, échangea, en 1289, avec Bertrand III , son cousin, sa portion du comté d'Orange pour la seigneurie de Courteson. 11 partit ensuite pour la terre sainte, où il mourut en 1300.
1219. Raymond Pr, deuxième fils de Guillaume Y, partagea avec Guillaume VI, son frère aîne, la succession de son père. Il mourut en 1282.
1282. Bertrand de Baux, troisième du nom , succéda à Raymond Ier , son père, dans la portion du comté d'Orange qui lui appartenait; ainsi que nous Pavons dit, il acquit par échange la portion de son neveu , Bertrand II, et reçut, en 1308 , de Charles II, roi de Naples et de Provence, la moitié du comté d'Orange qui était restée en la possession des chevaliers de l'Hôpital, et que ceuxci , Tannée précédente, avaient cédée à ce prince.
1335. Raymond III succéda à son père, Bertrand III , dans tout le comté d'Orange.
1340. Raymond IF, fils aîné de Raymond III, et comte d'Avellino, dans le royaume de Naples , succéda a son père. 11 fonda à Orange une université par lettres patentes du 27 mai 1305.
1393. Marie de Baux, fille aînée de Raymond IV, lui succéda dans la principauté d'Orange , avec Jean de Chû- Ion, baron d'Arlai, qu'elle avait épousé en 1388. Elle essaya en vain, en 1400,
de se mettre en possession du comté de
Genève , qui devait lui revenir du chef de sa mère; puis ce comté ayant été cédé au comte de Savoie, Amédee VIII, par Othon deVillars qui l'avait usurpé, elle dut renoncer à faire valoir ses droits. Jean de ChAlon s'attacha plus tard au duc de Bourgogne, qui le créa son lieutenant général; il fut nommé, en 1415, grand chambrier de France, et, en 1417, lieutenant général de Languedoc.
1418. louis de Châlon dit le Bon, fils aîné des précédents , leur succéda, et, comme son père , il s'attacha à la maison de Bourgogne; il se trouva au siège de Mclun,, avec le duc Philippe le Bon, en 1420. Mais il refusa de prêter serment au roi d'Angleterre, fleuri V.
3 ni voulait l'exiger, en vertu du traité e Troyes. En 1 120, il fut battu à Anthon, par Louis de Gaucourt , gouverneur du Dauphiné. L'année suivante, il fit hommage du comté d'Orange a Louis III, comte de Pruvence, pour se défendre contre |e roi de France, dont les officiers ravageaient ses terres après, les avoir saisies. Mais il ne tarda pas h en obtenir la restitution en faisant sa soumission à Charles VII. Il fut dès lors fidèle q ce prince, et contribua puissamment à détacher le duc de Bourgogne du parti de l'Angleterre. Grâce à un prêt de 15,000 livres, qu'il fit, en H36, à René, comte de Provence, il put racheter de ce prince l'hommage que Louis III avait acquis sur la principauté d'Orange.
1 463. Guillaume '7//, fils aîné et successeur du précédent, fit le voyage de terre sainte après la mort de son père; se trouva à son retour au siège de Liège par le duc de Bourgogne , en 1470, et abandonna, l'annéesuivante, le service de ce prince, qui, irrité de sa retraite, lit saisir les terres qu'il possédait dans les deux Bourgognes. Louis XI , profitant de quelques troubles oui s'étaient élevés dans la principauté d'Orange relativement à l'érection d'un parlement, et des intelligences que Guillaume avait renouées avec Charles le Téméraire, fit arrêter le premier, en 1 173, et le retint vingt-huit mois prisonnier à Lyon. Pour obtenir sa liberté , le prince lut obligé de remettre au roi , comme dauphin de Viennois, l'hommage et la souveraineté
de la principauté d'Orange, de consentir gue les appels du parlement d'Orange fussent portés à celui de Grenoble , et enfin de payer 40,000 écus pour sa rançon ; plus tard, pour se libérer de cette somme, il consentit à ce que sa principauté fût mouvante de la couronne de France. Néanmoins il conserva le titre de prince souverain, avec le droit de battre monnaie.
1475. Jean //, fils unique de Guillaume VII, lui succéda ; il servit quelque temps le duc de Bourgogne, s'attacha à Louis XI après la mort de Charles le Téméraire, et contribua beaucoup à faire déclarer le duché de Bourgogne en faveur du roi. Mais ensuite, n'ayant pas reçu de ce prince les récompenses auxquelles il s'attendait, il se jeta dans le parti de Marie de Bourgogne, et, par arrêt du 7 septembre 1477, fut déclaré criminel de lèse-majesté, et banni à perpétuité du royaume. En 1477, il gagna sur les Français la bataille d'Ému^iii, dans l'Auxois,et continua la guerre jusqu'à la paix d'Arras, en 1482. Il se joi-
Snit plus tard à la ligue formée par le uc d'Orléans contre la régente Anne de Beaujeu , fut pris à la bataille de Saint- Aubin du Cormier, en 1488 , recouvra sa liberté l'année suivante, et accompagna Charles VIII et Louis XII dans leurs expéditions d'Italie. Ce dernier lui remit l'hommage de la principauté d'Orange , et le rétablit dans les droits de souverain libre et indépendant.
1502. Philibert, âiré seulement de trois semaines, succéda à son père, Jean II, sous la tutelle de sa mère, Pliiliberte de Luxembourg. La souveraineté d'Orange ayant été de nouveau rendue à la cour de France, malgré les efforts de Philibert, ce prince, de dépit, passa au service de Charles-Quint, qui, pour le dédommager de la perte de sa principauté, confisquée par François Ier, en 1522, lui fit don du comté de Saint- Pol. Philibert tomba au pouvoir des Français, en 1524, et ne recouvra la liberté qu'au traité de Madrid. Il continua ensuite de servir l'empereur, fut le lieutenant du connétable de Bourbon au siège do Rome, en 1527, et succéda à ce prince, dans le commandement dé l'armée impériale. Il chassa les Français
du royaume de Naples , et fut tué en 1530, devant Florence qu'il assiégeait.
1530. René de Nassau , son neveu , lui succéda, et resta attaché au parti de l'empereur. François Ier, pour l'en punir, fit réunir au domaine de Provence la principauté d'Orange, par arrêt du parlement d'Aix, rendu le 30 juin 1543. René fut blessé mortellemet au siège de Saint- Dizier, en 1544, et choisit pour son héritier, son cousin , Guillaume de Nassau-Dillembourg, dit le Jeune.
1544. Guillaume de Nassau fut reconnu comme prince d'Orange , par Henri II, dans le traité de Catew Cambrésis, en 1559. L'histoire de ce prince, assassiné en 1584 , n'appartient plus à la France, mais à la Hollande. Ses successeurs furent :
1584. Philippe-Guillaume y son fils.
1618. Maurice, frèredu précèdent.
16251 Frédéric-Henri, frère du précédent.
1647. Guillaume IX, fils de Frédéric- Henri.
1650. Guillaume- Henri, fils du précédent. Il monta en 1688 sur le trône d'Angleterre , et fut l'ennemi le plus acharné de la France. Il confisqua , en 1673,1e marquisat de Berg op-Zoom, et d'autres domaines appartenant ;ju comte d'Auvergne, du chef de la femme de ce dernier; alors , par représailles, Louis XIV confisqua la principauté d'Orange, et la donna au comte d'Auvergne, après en avoir fait raser le château et les autres fortifications. Ce fut en vain que Guillaume envoya à la cour de France le grand pensionnaire liensius, pour reclamer contre cette confiscation: toutes ses réclamations furent inutiles. Il institua en mourant (1702 . pour héritier de la principauté d'Orange, Jean-Guillaume le Frison , son cousin, prince de Nassau-Dietz. Maii Frédéric Pr, roi de Prusse, lui disputa celte succession, et Louis XIV mit les deux prétendants d'accord , en faisant valoir l'hommage qui avait été rendu a Louis XI, en 1475, et en déclarant que la principauté d'Orange était dévolue à la couronne à défaut d'hoirs mAles. D'un autre coté, le prince de Conti avait aussi élevé des prétentions en qualité d'héritier de la maison de. Ixm^uevitle. Il intervint alors un arrêt du parlement
ORANGE FRANCK. ORANGK 253
àe Paris qui adjugea à ce prince le domaine utile d'Orange et en donna le haut domaine au roi de France, ce qui fut confirmé par le dixième article du traité d'Utreclit. La principauté d'Orange fut unie nu Dauphiné par arrêt du conseil , donné le 1 3 décembre 1714.
Orange (monnaies des princes d').
L'empereur Frédéric Irr accorda , en 1178, avec le titre de prince, le droit de frapper monnaie, à Bertrand de Baux I" du nom , et ce privilège fut renouvelé en 1213 en faveur de Guillaume dei Cornas, fils et successeur de ce prince. Guillaume parait être le premier prince d'Orange qui ait frappé monnaie dans cette viile. On n'a de lui que des pièces de billon : voici la description de celles que Ton a découvertes jusqu'ici : 1° princeps àvrasci entre grenetis; dans le champ, un \V, initiale de Willelmus; if — imp. fredericvs entre grenetis autour d'une croix à branches égales. On a à ce type des deniers et des oboles. 3° w. priceps avrasis entre grenetis; dans le champ, un cornet; rf— IMP. FREDERICVS, autour
d'une' croix. Le cornet était la pièce principale des armes des princes d'Orange.
Guillaume mourut en 1219. Depuis cette époque jusqu'au commencement du quatorzième siècle , les monnaies d'Orange furent anonymes , et les princes ne cherchèrent qu'a copier les types de leurs voisins. Nous n'avons de cette époque qu'un denier à leur empreinte ; en voici la description princeps autour d'une croix; rJ — i-avrasice autour d'un cornet. Les autres monnaies frappées alors à Orange, sont :
1° une imitation des deniers des évêques de Germon t : -+-princeps; dans le champ une téte de la Vierge; r1—- avrasices ; dans le champ une croix cantonnée de quatre trèfles; 2° tnie imitation des deniers de Lyon : -f- princeps autour d'une l traversée par un trait; a-, — avrasicens autour d'une croix ; 3° une imitation des deniers des évêques de Die : béate marie autour d'une croix; rJ. — princeps ar autour d'une rosace. Les noms des princes ne commencent à reparaître sur les espèces qu'au temps de Bertrand III ou de Raymond III CD83-I335 ou 1335-1340). La
seule pièce que l'on puisse attribuer à Bertrand, est celle-ci : b. princeps avr, autour d'une tète de profil tournée à gauche, r1. — sic.nvm crvcis; dans le champ un*» grande croix coupant en quatre ta légende. Cette p èce est une imitation des espèces flamandes. Il en existe deux autres ; l'une au nom de Raymond, avec la légende princeps, autour de la téte, et au revers, avrasicvs autour d'une croix ; l'autre avec les mots princeps ar autour d'un cornet; au revers, signvm crvcis autour d'une croix. Ces deux pièces doivent appartenir a Raymond III, ainsi qu'un cavalier armé imité de ceux de Valenciennes, et attribué à tort à Bertrand.
La manie d'imiter les pièces étrangères que le peuple accueillait avec faveur, était, comme on le voit, passée en habitude chez les princes d'Orange. Ce petit trafic attira à Ravmond IV la colère de Charles V, et faillit lui devenir funeste. Il avait obtenu des rois de Sicile la permission d'écouler ses pièces en Provence : il profita de cette condescendance pour frapper des carlins en tout semblables à ceux de Provence ; il fit également des florins et des francs à fHed; et ce fut cette dernière pièce ui lui valut les réprimandes du roi e France. Parmi celles de ses pièces , dont le type est original, nous citerons les suivantes : 1" dei gracia; dans le champ , au-dessous d'un cornet , les lettres R A ; — PRINCEPS AVR A SIC E
autour d'une croix; denier de billon.
2° — ramvdvs de bavto ; dans le champ, un A entouré dans un qnatrc-
feuilles. a. H princeps avraice
autour d'une croix cantonnée d'un cornet et d'une étoile. 3°— bamvndvs de bavtio; dans le champ, un cornet accosté de deux étoiles ; a-. — dei gracia princeps a\ra ; dans le champ, une croix cantonnée de deux cornets.
4° — dei gra. princs.; dans le champ, un écu d'Orange timbré d'un heaume; B-.— avr. dvp. d. tu G xx autour d'une croix cantonnée de deux cornets. Cette dernière légende doit se lire : auraice duplex deniarius tria grana et viyenti pensons; c est en effet le poids de cette pièce.
Il faut encore attribuer à Raymond IV lesdeux pièces suivantes, dont Inexistence
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L'UNIVERS
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a beaucoup embarrassé les numismatistes: 1° ... . alate lina; dans le champ, une tête de face couronnée; a-. — bice pbc avra autour d'une croix fleuronnée ; c'est une imitation des pièces de Die du quatorzième >iècle, et de celles des comtes de Valentinois; 2* carlin avec les légendes +. vaterin. de atraica au droit; r. de bavtio. princeps avba. au revers.
La première de ces deux pièces est inexplicable à cause de la manière dont Ja légende a été figurée (elle n'est connue que par des dessins); mais la seconde peut aider à en trouver l'explication. Le personnage qui y est mentionne outre Raymond, est Catherine d'Orange, dame de Courteson, sa parente , qui s'allia avec lui pour frapper monnaie.
En 1393, Jean de Ckâlon, gendre de Raymond IV, lui succéda , et porta dans sa famille la principauté d'Orange. Voici les espères qu'on connaît de lui : 1°— un blanc : iox axes de cabilone; dans le champ, l'effigie du prince représenté à mi- corps et l'épée à la main; ïv1. — dei gracia pbincps, autour d'une croix. 2° — un denier de billon avec les mêmes légendes à peu près, mais marqué au droit d'une mitre, au revers d'une croix cantonnée d'un cornet au 3e canton. C'est une imitation servile des espèces papales frappées à Avignon.
3° — des oboles de billon ayant pour type, au droit, un cornet; au revers»
une croix avec les légendes : ions de
GABIL. — r). — DEI G PNS.AVR.
Louis de Châlon, (ils du précédent (1418 1463), a frappé des blancs eldes deniers , dont voici la description : 1° -h lvdvevs pbincs avraice ; dans le champ , un écu chargé de trois cornets, çe. — sit nombn etc.; dans le champ une croix cantonnée de 4 cornets. 2* — Mêmes légendes ; écu écartelé au 1er et au 4e de Châlon, qui est de gueules à la bande d'or, au 2e et au 3e d'Orange; l'écu de Genève en abîme brochant sur le tout. Les comtes de Genève portaient d'or à quatre points équipolés d'azur. Les princes d'Orange avaient adopté leurs armes et prétendaient, comme nous l'avons vu, à leur héritage. 3° — Denier avec les mêmes légendes, portant d'un coté l'éca précé-
demment décrit, et de l'autre un cornet. , Guillaume f 'UI (1463-1475) à frappé des deniers de billon eu tout semblables à ceux de Jean 1er, et des gros dont voici la description : gvillelm de cab; dans le champ , une grande croix coupant la légende èn quatre parties et cantonnée de quatre cornets, — ciyitas avbaice ; dans le champ , un écu penché semblable à celui de Louis et timbre d'un heaume.
Les monnaies de Jean If ( 1475- 1502) sont presque en tout semblables à celles de son prédécesseur; seulement les mots civitas avbaice y sont remplacés par ceux de princeps avb.
Philibert (l 502- 1 530) employa d'abord la même empreinte, puis il adopta la suivante: pus de cauill; croix cantonnée de deux cornets. Jk — civitas
avbaice, et, dans le champ, f*;ou
phs de cabilon, et, dans le champ,
£*; a-.— dei gra prin. avr autour
d'une croix cantonnée de deux cornets.
Après la mort de Philibert, la principauté d'Orange passa entre les mains de la maison de Nassau. Le premièr prince de cette famille dont on ait des monnaiesest Philippe- Guillaume (1684- 1618). Celles que nous connaissons de lui sont des imitations des gros de Ncsle, des douzains vet des écus de France , enfin , des deniers de Dou> bes. En voici la description: 1° — gvillelm vs princ. avra.; dans le champ un G couronné et accosté de deux cornets; au-dessous la date (il y en a de
1591 et 1592). r*.-— mavr. a nass.reg.
pr.avr. Ces pièces ont été frappées lorsque Guillaume était prisonnier des Espagnols et pendant la régence de son frère Maurice. 2° — ph. gvil. . . i.dg. princ. avraice.; dans le champ, un écu écarteléau Ier et au 4" de Nassau, au 2e et au 3° d'Orange, et accosté de
deux A. Ij). — MANV. TENEBO. PIET. ET
ivstitia autour d'une croix cantonnée de deux cornets et de deux couronnes. 3° — GVILLELM VS U1I. D.G., dans le champ un cornet surmonté d'une couronne; iy. — pbin. a vrai ce
1592 ; dans le champ une croix ancrée. 4°— phil.gvil. I. b. G. princes; dans le champ un p. couronné et accosté de
ORATORIOS FRj
trois cornets; rJ. — avbaice combs
NASSEAV. 5° — PHIL. 1>. G. PB!. AVB.
co. na. ; dans le champ, les armes de Nassau compliquées de toutes leurs alliances, r). — soli dbo honob et g lob. 1607 ; dans le champ, une croix fleuron née.
Maurice (1618-1625) fit frapper un grand écu ou rixdale, où on lit au
droit MAVBITIVS I. D. G. PRIN. AVB.
cou. ps a.; buste de Maurice. r). — soli deo honob et gloria ; ecu armorié avec la date 1618. On a du même prince d'autres pièces à la même légende, portant le buste au droit et une croix fleuron née au revers.
On n'a de Frédéric- Henri ( 1626- 1647) que de menues pièces, un patar et de doubles tournois. Le patar porte au droit, en légende: fhed.henb.d.g.
pbin. avb., et dans le champ deux clefs; au revers , en légende, soli i>eo autour d'une croix. Quant aux tournois, ils portent le nom du prince et son effigie ; et, au revers, la date de leur fabrication , et trois fleurs de lis au pied nourri, ou au naturel.
Guillaume IX ( 1647-1660) ut frapper de grands écus avec leurs divisions a son effigie, et à l'écu fleurdelisé ayant «o chef un cornet.
Guillaume- Henri ( 1660-1702) , qui fut le dernier comte de Nassau possesseur de la principauté d'Orange, ne fit qoe des tournois dans le même style aue ceux de ses prédécesseurs. Inutile ae dire que tous trois cherchèrent en cela à imiter les espèces qui avaient alors cours en France.
Obatelli. Petit peuple gaulois qui occupait le territoire situé à l'est d'Embrun , entre la montagne d'Orel et le lieu nommé Ones, dans le vallon de Boscodon et de Crevail.
Obatobiens. Depuis 1615, il existait à Rome une association religieuse instituée par saint Philippe de JNéri, sous Je nom de confrérie de la Trinité, mais que Je peuple désignait plus habituellement par celui de l'Oratoire, eu raison de l'usage où étaient les pieux associés de venir plusieurs fois par îoar du haut des marches de S te- Marie de la Volicella, siège de la confrérie, appeler les Gdeles à la prière. Le but des
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confrères de l'Oratoire de Rome était simplement, dans l'origine, de se réunir pour des exercices spirituels. Ils eurent ensuite des hospices pour recevoir les pèlerins qui affluaient dans la capitale du monde chrétien, et ils se chargèrent en même temps de l'instruction des enfants.
Cependant les guerres religieuses, qui signalèrent si tristement en France le seizième siècle, avaient porte chez nous une cruelle atteinte à la pureté et à la douceur des mœurs chrétiennes. Vivement affecte de l'état de l'F^lise et jaloux d'y faire refleurir les vertu* apostoliques, le vénérable Pierre de Bertille, après avoir conféré de son projet avec les pères (lesar de Bus, depuis fondateur des doctrinaires, et Bouillon, qui, tous deux, suivaient alors la règle de l'Oratoire de Rome, fonda, sur le modèle de l'institut d*' saint Philippe de ISeri , YOratoire de France, dit aussi Oratoire de Jésus. La nouvelle congrégation devait être une pépinière déjeunes ecclésiastiques qui viendraient s'y former par une mutuelle édification aux vertus du sacerdoce. L'enseignement des lettres et même celui de la théologie n'étaient point, dans l'origine, compris parmi les objets de leur institut.
Le fondateur les avait partagés en deux classes, celle des incorporés et celle des simples associés. C'était parmi les premiers que devraient être choisis les supérieurs des maisons. Du reste, ni les uns ni les autres n'étaient astreints à aucun voeu particulier, et Bérulle ne crut même pas nécessaire de rédiger pour eux un corps de statuts.
L'évêque de Paris, Pierre de Gondi, ayant approuvé la fondation, Berulle alla, le 11 novembre 1611, avec cinq autres prêtres, au nombre desquels était François de Bourgoiug , depuis général de l'ordre, occuper l'ancien hôtel du Petit- Bourbon, dit aussi le séjour de t alois, sur l'emplacement duquel s'élève aujourd'hui le Val-de-Grâce.
Au mois de janvier suivant, la reine Marie de Médicis accorda aux Oratoriens des lettres patentes qui déclaraient leur institut de fondation rovale, et que Paul V approuva par une bulle de 1613. Le local primitif ne convenant plus à cause de l'accroissement rapide qu'avait
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pris l'institution , Bérulle acquit en 1616, de la duchesse de Guise, l'hôtel du Bouchage, près du Louvre , connu encore aujourd'hui sous le nom de l'Oratoire. En 1619, uue portion des doctrinaires se réunirent aux Oratoriens. Le 22 septembre 1621, on posa la première pierre de l'église, à laquelle on vit, pendant toute la durée des travaux, le fondateur travailler de ses propres mains.
Enfin, le 23 décembre 1623, le roi accorda aux Pères un brevet par lequel il les déclarait ses chapelains, et qualifiait leur étilise de son oratoire royal.
Quand les Oratoriens voulurent s'établir à Rouen, le parlement, à la sollicitation des curés , arrêta que l'enregistrement des lettres patentes obtenues par les Pères n'aurait lieu que lorsqu'ils lui auraient présenté des statuts. Les Oratoriens se conformèrent à ce qu'on exigeait d'eux , et déclarèrent, dans les articles qu'ils rédigèrent à cette occasion, qu'ils ne formaient point une corporation religieuse, mais étaient de simples prêtres reunis en association libre, et se reconnaissant toujours soumis à l'autorité des supérieurs ordinaires ecclésiastiques, les évéques et les curés. De Berulle étant mort en 1629, Charles de Gondren , qui lui succéda, tinta Paris, le T'août 1631, une assemblée de toutes les maisons de l'Oratoire de France. On y confirma le principe précédemment reconnu , que l'état des Oratoriens était purement ecclésiastique et sacerdotal, et qu'ils ne devaient en conséquence être astreints à aucun vœu particulier, soit simple, soit solennel.
On décida, en outre, que l'autorité suprême appartenait à la congrégation régulièrement convoquée et non au général, auquel même on adjoignit, pour la gestion des affaires ordinaires , trois assistants ayant dans le conseil voix délibérative. Dans une autre assemblée, il fut reconnu que les Oratoriens ne formant point une communauté proprement dite, chacun était libre de se retirer de l'associai ion lorsque bon lui semblait. Après la mort du troisième général . le père Bourgoing , laquelle eut lieu en 1662, ce poste fut successivement occu| é par les pères Senaut, A bel de Ste-Marthe, Arerès de la Tour et Louis Thomas de la Vallette.
Le premier collège que possédèrei les Oratoriens fut celui de Dieppe ceux du Mans et de Juillv furent oi verts peu de temps après. Au commer cernent du dix-huitième siècle, ils en po sédaient cinquante-huit , et ce nombi fut porté plus tard jusqu'à soixant< treize. Ils avaient à Pans, outre leu maison de la rue Saint-Honoré, qui éta le chef-lieu de l'ordre , deux autres ma sons, dont une, l'ancienne abbaye d St-Magloire, où sont établis aujourd'hi les sourds-muets, servait de séminair au diocèse.
On a dit que le but de l'institution de Pères de l'Oratoire avait été de créer ui contre-poids à la puissance envahissant»
de la société de Jésus. Ce fut sans do ut dans cette vue que le gouvernemen leur accorda une faveur si marquée mais il n'est pas probable que ce calcu ait été dans la pensée du fondateur Quoi qu'ifen soit, après la suppressior des jésuites , les Oratoriens héritèrem en grande partie de leur influence :
mais ils surent en user avec une sag« modération , sans exciter l'envie , el dans le seul intérêt de la morale et des saines études. Cette congrégation, dît Dulaure, dont le témoignage en faveur des prêtres ne saurait être suspect, « a puissamment contribué à l'épuration des mœurs , aux progrès des connaissances humaines et de la civilisation. » Elle fut supprimée avec les autres corporations relignuses en 1792.
Parmi les noms dont elle s'honore, nous citerons, après notre éloquent Massillon et le métaphysicien Matebranche, les théologiens Jean Morin, Thomassin et Bernard Lami, le prédicateur Mascaron, l'hebraïsant Hubigant et le célèbre janséniste Soanen.
OfifiiEU (bataille d'). En 793, un com- •bat sanglant eut lieu , aux environs de cette rivière, un peu au-dessous de son confluent avec l'Aude, entre les Maures déjà maîtres de ISarbonne, et l'armée chrétienne d'Aquitaine , commandée par le duc Guillaume. L'armée arabe , moins nombreuse, mais plus disciplinée et plus expérimentée que les milices chrétiennes, les mit en fuite. Le duc Guillaume résista seul pendant quelque temps à la tête de quelques troupes animées par son exemple; mais, quoi
ORBITEMX)