FEUILLANTS
L'UWIVERS.
FEUQl IKRÈ
ordre, le seul de ces religieux qui garda le souvenir des bienfaits du roi et refusa de s'assocrer à la ligue.
Quant à Montgaillard , il ne traita pas Henri IV mieux qu'il n'avait traité son prédécesseur et persista nver les prescheurs, comme lui empoisonnéa de Vor d'E&pagtie , à repousser toute conciliation. Après la dmite de la ligue , il se retira dnns les Pays-Bas , où il vécut aux ^a^^es de Philippe II , et ce prince ne le payait pas mal, puisqu'il lui donna 600 florins pour un seul sermon prêché à Bruxelles, en 1598, sans compter que !Montgaillard avait déjà été récompensé de ses services par la riche abbaye d'Orval en Luxembourg.
Valladier , un des plus célèbres prédicateiirs du rè;:ne de Louis XIII, prononça , en 1G28, l'éloge funèbre du Petit- Feuillant , mort quelques mois auparavant. Ce panégyrique exagéré et bizarre, que Torateur ne mit pas moins de trois jours à prononcer , a ('\<\ réimprime' soiis le titre des Saintes collines dOival ^Luxembourg, 1629, in-S").
L'église des Fem'Ilants, à Paris, ne fut commencée qu'en 1601. Henri IV, Marie de Médicis , et Louis XIII , leur accordèrent de nombreuses faveurs. En 16S0, les feuillants de France furent séparés de ceux d*Italle. Ils comptaient, en 1789, vingt-quatre maisons {*).
Ces religieux portaient une robe blanche sans scapulaire, avec un grand capuce de même couleur. Toutes les fois qu'on publiait solennellement la paix dans la capitale , ils étaient obligés de préparer une collation pour le roi d'armes et les hérauts. Ces ofliciers seuls y étaient reçus. Le prévôt des marchands et les autres magistrats qui formatent le cortège , les attendaient à la porte du couvent.
Jm feuiUamHneê suivaient la même règle que les moines dont elles îmitèrejit la réforme. Leur premier couvent fut fondé à iMontesquiou , près de Toulouse, en 1590, et transféré, neuf ans après , dans cette dernière ville. Anne
(*) Les l)àiiments de leur maison de Paris ont élé démoliji en 1K04, pour faire place à la rue de Eivoli. 11$ avaisnt été pendant la révolution le lien de réunion d'un dnb cé» lèbre.
d'Autriehf^ en établit, en 1622, une maison au faubourg Saint-Jacques à Paris. L'église en fut construite au moyen du prélèvement de 15 pour 100 sur une loterie autorisée par le roi et dont le princif)al était de 650,000 liv.
Feuillajnis (club des). Voy. Clubs.
Feuillet (Laurent-François), membre de PAcadémie des sciences morales et politi(iues, bibliothécaire de Tlnstitut, et l'un des plus savants bibliographes français, est né à Paris en 1771.
On a de lui : les Antiquités d'Athènes, mesurées et dessinées par J. Stuart H N. Réveil , traduit de l'anglais, Paris, 1806-1812, 3 vol. in fol.; les fmours de Psyché et de Cupidon d'Apulée , traduction, 1809, In-rol.
Feuquière, ancienne seigneurie du Beauvoisis (aujourd'hui du département de l'Oise , arrondissement de Beauvais), érigée en marquisat en^l646.
Feuquière (famille de). — Cette maison , qui a fourni des honmies également célèbres dans la carrière des armes et dans celle de la diplomatie et de la magistrature, était une des plus anciennes du comté d'Artois.
François de Pas, marquis de Feuquière , premier chambellan de Henri IV, fut tué à Ivry. Lorsqu'on annonça cette perte au roi, pour lequel deux frères de ce gentilhomme avaient déjà succombé, l'un au siège de Dourlens, l'autre devant Paris, il s'ecria: « Ventre- « saint-gris ! j en suis fSché; la race eo « est bonne. N'y en a-t-il plus? — La « vpuve est grosse, lui répondit-on. — « £h bien ! je donne au ventre la même « pension qu'au père ! »
MatMssês de Felquière, né à Sau* mur en 1590, jouit de ce bienfait toute sa vie, et il y acquit de nouveaux titres par des services signalés. Entré au service à râge de treize ans, devenu lieutenant général sous le ministère de Richelieu , il servit avec distinction au siège de la Rochelle, et contribua à la prise de cette ville par les intelligences qu*il y avait ménagées. Knvoyé en Allemagne en qualité d'ambassadeur nm ès la mort de Gustave-Adolphe, il releva le courage des Suédois et des princes protestants , et forma avec eux un traité d'alliance qui ftit très-utile à la France. Pendant ]a eampagne de 1637 contre.
F£UQ1I1ÈR£
FRAJNCE.
FEUQUIÈRB
rAutriche, il commanda avec le duc de Weimar des troupes allemandes levées en gninde partie par lui-même.
Deux ans après, le roi, qui lui avait jusque-là prod^ué en toute oocasîon les us éclatants témoignages de conBance, 8 chargea du siège de Tliionville. Feiiquière, qui n'avait qu'un corps de huit mille hommes, fut attaqué dans ses retranchements, eut un bras cassé, et fut fait prisonnier après avoir soutenu roiirageusement, contre des forces doublement supérieures aux siennes, deux attaques dans la même journée. Neuf mois s'écoulèrent à négocier sa rançon. Il mourut en 1640, au moment où il allait recouvrer la liberté.
Les courtisans, ennemis du général , Sfaient contribué à son échec eo éloignant de son armée les secours qu'on lui avait promis. Malgré les calomnies qu'ils (essayèrent encore de répéter après sa défaite, le roi dit un jour en passant devant la maison du général , et en la voyant fort délabrée : « Ce pauvre Feu- « quière songeait plus à faire la guerre «qu'à accommoder sa maison! » On a de lui : Lettres et négocialions du marquis de Femjuière, ambassadeur du roi en tllemagne en 1f»3;i et 1631, Amsterdam (Paris), 1763, 3 vol. in- 12, ouvrage précieux pour la connaissance des plans du cardinal-ministre. Les inéiiioires de Richelieu, donnés par Anbery, contiennent aussi la Relation du vouage de M. de Feuquiére alUani en Allemagne en 1633.
Son lils aîné, Isaac de Pas^ marquis (fcFF.i QUiKRE , lieiitrnant général , gouverneur de Toul et de Verdun, comme l'avait été Manassès, remplit aussi avec grande distinction des missions diplomatiques en Suède, en Allemagne et en Kspagne, et mourut à Madrid en 1688.
jiwMne de Pas, marquis de Feu- QUiÈBB, fils a!néd*Isaac, naquit à Paris en 1648; entra au service à l'âge de dix< huit ans; fut aide de camp du maréchal de Luxembourg , son parent , pendant les campagnes de 1673 et 1673; devint colonel du régiment Royal-Marine ù la fin de 1674; se distingua à la l6te de ce corps , sous les ordres de Turenne et de Grequi ; obtint enstiîto un autre r^iment qui prit son nom; puis fut nommé brigadier en 168S, maréchal de camp
Tannée suivante, sous Catinat, en Piémont (*) , et lieutenant général en 1693, à l'armée d'Allemagne. Tous ces j^rades furent le prix de la valeur et des talents militaires les plus distingués. En même temps , ses courses en Franconie avaient été fort utiles à sa fortune. Il avait impunément pillé , brûlé , rançonné le pays ennemi.
Feuquiére, que ses Mploits merveilleux avaient fait surnommer le D'whlc on le Sorcier, eut une très-grande part au mémorable succès de Nerwinde, où le maréchal de Luxembourg comman* dait l'armée française. Cependant la paix de Ryswirk mit fin, en 1097, à sa carrière militaire. Il ne fut pas employé dans la guerre qui recommença en 1701 , et sa disgrâce fut attribuée a la liberté avec laquelle il s'était exprimé sur le compte de plusieurs officiers généraux alors en crédit. On conçoit que cette inactivité dut lui être bien pénible dans un âge où il avait encore toute sa vigueur, et lorsqu'il pouvait espérer de parvenir au premier rajig en raison de son expérience, de ses services et de ses talents. Il chercha à s'en consoler en suivant dans sa retraite les opérations de la guerre a laquelle il ne lui était pas permis de prendre part, en recueillant d'utiles matériaux, et en écrivant, pour l'instruction de son fils et des jeunes militaires, des mémoires qui punirent pour la première fois, après sa mort (arrivée en 1711), sous le titre de Mé' moires sur la guerre, Amsterdam, 17:J(, in-12, réimpriniés ensuite dans la même ville et à Paris. La quatrieuïc édition, faite sur le manuscrit de l'auteur par les soins de son neveu, a été publiée à Paris, 1770, 1 vol in-4** et in- 12. Ces mémoires doivent être mis au nombre des meilleurs livres qui aient paru sur l'art militaire. Voltaire y a
(*) Cette campagne de 1691 , en Piémont, fui signalée surtoat par la brouillerie de
Catinat avec .Feuquiére. « Le premier, dît M. Sismondi (Hist. des Franc.), était l'un des plus habiles généraux sur le terraiu ; le secood était supérieur pour la sttalégie, mais dans ses écrits seulement, dans ses réfle.vions sur l'art de la guerre. Car dans l'action il ne fut jamais heureux. Repoussé rudement à Yeillane, Feuquiére accusa Câlinai d*tfa éelwc qu*U ne devait qu'à sa seule faute, ete.»
T. TUi. 4* lÂortUsan* (Dici. eitgygl. , btc.)
i0 FEOTBIËR L'U?
largement puisé pour son siècle de Louis XIV i car c'est uq véritable traité àe tactique inspiré par les leçons des grands généraux sous les(|uels Feujuière a servi , un tableau fidèle de l'histoire militaire de son époque. On y trouve des jugements d'une sagacité rare et une grande liberté d'ofunion sur Ifs opérnlions du temps ; mais parfois Tauteur s'y montre trop sévère, et partial envers plusieurs de ses anciens oompagnoDS d'armes.
La familte de Feuquière s'est éteinte dans la persoaas du fils d'Antoine de Pas.
FfiUiiâ , For uni y ancienne capitale du haut Forez, aujo<ird*luii chei-lîeu de
canton du département de la Loire.
Feurs, située dans une plaine fertile en grains, près de la rive droite de la Loire , où elle a un port , était la cité principale des Segusiani, Sous la domination des Romains, elle devint le centre d'un commerce fort étendu et le siège d'une administration {publique.
Son enceinte devait être eonsidérable, si Ton en croit la tradition, suivant laquelle plusieurs villages des environs en auraient fait partie. De toutes les villes du département, c'est celle qui offre le plus de vestiges d'antiquités. Des restes de tliermes , oes colonnes chargées d'inscriptions, des statues, des médailles, découverts sur plusieurs points, attestent sa splendeur passée.
Feurs était autrefois fortifiée. Les calvinistes s'en emparèrent en 1662, après un siège de dix jours.
Sa population actuelle est d'environ 3,«M) habitants.
FEUTBiEa(Jean-Fronçois-Hyacinthe\ évéque de Beau vais , né a Paris en 17&ô , fut appelé, en mars 1828, au ministère des affaires eodésiastiques , alors séparé de celui de rinstyiai^on publique , et slgnnln par une mesure importante son court passage an pouvoir. C'est à l'habileté de ce prélat libéral que l'on dut les fameuses ordonnances du 16 juin, dont l'iinr fermait les maisons d'éducation dirigées par les jésuites, et l'autre soumettait les petits séminaires à l'autorité universitaire. Les protestations du parti prêtre, qui criait a Tanathème sur l'apostat, et au renversement de la reli^un» u'empéchèceut pas l'évéï^ue de
VERS. P£Z£»l«A€
Oeauvais de poursuivre l'exécution de ces ordonnances. Cependant son crédit ne tarda pas à baisser à la cour. Après le' vote du budget, il fut renvoyé aans son diocèse, et Cluarles X se (UMUIft le ministère du 8 aoQt 1829.
M. Feutrier, que le decliamemeiit de ses ooUègues de Tépiscopat avait déjà douloureusement affecte, acheva de tomber dans un état de mélancolie profonde. Le 26 juin 1830, il vint à Paris pour consulter les médedns sur Talfai- 1)1 issement toujours croissant de sa constitution. Le lendemain au matin , il fut trouvé mort dans son lit. Il avait succombé, dit-on, à un èpaucheuient au cerveau.
Peu après la chute du ministère Martignac, le baron Feutrier, frère du prélat, ancien préfet et maître des reauétes au conseil a'État, Ait également éloigné de ce poste. La révolution de juillet l'a élevé, en 183-5, à la dignité de pair de FraiMje, qui avait été conférée, en 1829, avec le titre de comte, à l'évèjue de Beauvais.
Fbvbs. — Il résulte des éoonciations portées nnv statuts des métiers, que ce mot, dérive du mot latin faber, était employé au moyeu âge dans un sens général, pourdttigner toutes les espèces d*;u tis.ins travaillant le fer, tels que les maréchaux, les heaumiers, les couchers, les serruriers.
FKKEvxhÇrpagtisfiidmiUicus, pays de l'ancienne Gascogne, et dont leohoflieu était f Iv-de- Fezenzac , petite ville aujourd luii comprise dans le département du Gers, arrondissement d'Aucli.
Au conunencement du dixième siècle, i! renfermait la ville d'Auch avec l'Armagnac et r Astarac; mais, vers 960, tout ce pays fut partagé en trois comtés distincts. Le Fezenzac eut des^somtes héréditaires jusqu'au douziènie siècle, époque où il entra par mariage dans la maison d'Armagnac. En 1777, le roi permit à la famille de iNIontesquiou de joindre à nom celui de Feaeozac. Il s'était fait auparavant rendre compte des titres par lesquels le marquis de Montesquiou prétendait descendre d'un comte oe Fesenvc, msrt au onstème siècle.
Au dix-huitième siècle, le Fezenzac avait vingt-huit kilomètres de longueur
FICTIONS L^tiAL£S