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Fëudataire. C'est ainsi que l'on désignait celui qui teoait en fief (voyes ce mol) un l)ien , une terre , etc.
Feu de là Saint-Jbah. Voyez Fé-
TES et BfiANDONS.
Fbu etiasoift. Rien de plue eélèbre
dans la pyrotechnie du moyen âge que le feu grégeois, projectile terrible, qui, suivant Lebeau, « brûlait dans l'eau..., dévorait tout; ni les pierres, ni le fer même , ajoute le même historien , ne résistaient à son activité. Lorsqu'on se servait d'arbalètes ou de balistes, on en jetait une prodigieuse quantité, qui, trafersant rair avec la splendeur de l'édair etie bruit du tonnerre, embra* sait , avec une borribie explosion , des bataillons f des édifices entiers, dea navires {*')» »
« Adroitement lancé, ditM.Micbaud, CP feu dévorait les vaisseaux , les soldats et leurs armes f semblable à la foudre du ciel , rien ne pouvait arrêter son eiptosion et ses ravages. Les flots de la mer , loin de Péteindre , ne fai> «aient que redoubler son activité (***).»
« Les chrétiens, dit M. Micbelet (****), souffraient horriblement des leux grégeois que leur lançaient les SarrannSy et qui les brillaient sans remède^ en^ Jermés dans leurs armures. »
Telle est la description que les historiens mo<ier«if« ^****) oui faf|0 grégeois. Tous s'accordent à admettre , 1° ( e feu était inextinguible; l'°'|iie m eilets étaient extrémemeot reduuta-
(*) Voy. sur Ffuardent : Wadding , Script, ordln. min., iG5o, iii-K p. ii5; Biblioth. de Duverdier, au mot Francoii i haW^ Sa- IHentia- foris prœiKcaaSf t. III , p. 478 ; les Jiflionnaires de Ba}!i' vt de Moréii; les Leiiirs de Pasqiiier, t. U, p. 4^6; Nicéron,
t. XIXIX.
(**) Lebeau, Histoire du Bas -Empire,
tXIII,p. io3.
(***) Histoire des croisades, x8a8 , t. m, p. wJ.
(*"*) Histoire de France, t. II, p. 5x7, (*•"••) Nous n'avons pilé que Lebeau et UM, Michaud et Michelet; nous . aurions pu citer tous les auteurs qui , dans les lempt ' mas y ont parlé de ce projectile incea- 1; car tout sont d'accord sur ce poiou
bles ; t* que le secret de sa pr^panitloii
s*e8t perdu. Nous allons voir que les historiens contemporains de l'usage de ce projec'àle eu avaient une tout autre idée, et démontrer, au moyen de leurs récits, qu'il n*y a rien de vrai dans aucun des trois points que nous venons d'énumérer. Mais auparavant, fiiisons en peu de mots lliistoire du feu grégeois, et mentionnons les oocasioQS où les Français eurent à combattre des en Demis armés de ce nouveau moyen (le destruction.
Histoire du feu grégeois.
Que signifie d'abord le nom de gré" geoisj que Ton a donné à ce feu.? Si l'on ouvre Joinville et les autres historiens du treizième siècle, on y verra que grégeois, grégois, grieux, grifons, etc., étaient alors synonymes, et servaient indifféremment alors à désigner les Grecs du BaS'Empire. Feu grégeois et feu grec sont donc étymologiuuement la même chose. C'est qu'en effet , les Grecs furent le premier peuple qui Ut usage de ce feu. Suivant Tneopnane , Constantin Porpbyrogénèfti , et les autres historiens byzantins, ce fut lors du siège de Constantinople par les Arabes , vers la cinquième année du règne de Constantin Pogonat, est-à-dire, vers l'an 673 de notre ère, que Callinicus, architecte d'Heiiopolis, porta aux Grecs le feu grégeois , dont ceux-ci le regardèrent comme inventeur. Grâce à cette découverte , ajoutent les mêmes écrivains , la flotte arabe fut inoendiéo et détruite à Cyzique.
Les empereurs comprirent bientôt rimportance de ce projectile, dont la préparation fut mise par Constantin Porpbyrogénète au rang des secrets d'État. Les successeurs de ce prince gardèrent scrupuleusement ce secret, et il demeura au pouvoir des Grecs jusqu'au temps de la prise de Conslantmople par les Latins. C'est quatorze ans après cet événement , au siège de Damiette, en I218, que les Sarrasins firent pour la première fois usage du feu grégeois. Tsous disons pour la première fois, contrairement a l'opinion généralement admise jusqu'à présent ; mais on ne peut concevoir aucun doute à C^ égard , d'après le silence formel de tpiil
44 FBt tiR£6K01Si L'UNIVERS. FKI7 GBUGEOIS
les cbroniifoeurs, témoios oculaires des premières eroisades, et d'après ia description des projectiles incendiaires employés alors par les Sarrasins^ projecti» les qui , d'un côté, diffèrent oomplétement du feu grégeois tel que Tont décrit les historiens oyzantins et Joinville, et, de l'autre, offrent l'identité ia plus parfaite avec les feux de guerre employés ae toute antiquité et dans tous les pays.
Plus d'une fois, les rois de l'Occident implorèrent et obtinrent le secours de navires grecs munis de feu grégeois.
Ce feu , dont l'invention était un progrès réel dans l'art militaire, avait ac» quîs en peu de temps une grande renommée. Toutefois , il est bon d'observer qu'en France , principalement , son nom devint synonyme de tout projectile et de tout moyen incendiaire.
Quant aux ôrecs, ils avaient donné à ce feu différents noms , dont voici les ' principaux : feu marUimey feu liquide, feu darUfice , feu mède , etc. Le feu fi[régeois devait à son emploi fréquent sur mer le premier de ces noms ; le second était le plus usité de tous.
Les historiens byzantins, qui sont à peu près, nvec Joinville, les seules autorités que l'on puisse consulter sur ce
Sroj[ectile , en décrivent trois espèces istinctes , que nous allons définir en employant leurs propres expressions :
1" Feu lancé au moyen de tubes (*).
C'était un tuyau de roseau où l'on avait entassé certames matières. Pour s'en servir, on le plaçait dans un tube d'airain ; on mettait le' feu à l'une de ses extrémités, et alors, précédé de tonnerre et de fumée, ii s'élev ait pur sa nature dans les airs, comme un météore brûleur, et atteignait le but vers leauei on le dirigeait! Un seul homme suffisait pour son service, qui était simple et facile.
y Tubes de main. Ces tubes , de moindre dimension , avaient été inventés sous le règne de Léon VT. Ils ct;iirnt remplis de feu d'artifice. Les soldats les cachaient sous leurs boucliers , et les lançaient au visage des ennemis.
(*)G'«st à tort que quelques écrivains, après avoir rendu le mot grec <t(^v par siphon , en ont ronciti que le feu grégeois se lançait au moyeu de pompes foulantes. Il filut sans aucun donte traduire avec du Gange par tubt.
3° Pots remplis de feud'artifice.Cé" talent (les pots fermés où dormait le feu, qui éclatait subitement en éclairs et cm* • brasait les objets qu'il atteignait.
Effets réels du feu grégeois.
Dans les batailles , le feu grégeois ne fut jamais employé que comme un simple épouvantail. C'est ce qui ressort évidemment des récits des nislorieDS byzantins. Kn effet , pour ne citer qu'un de ces récits . it y a loin de ce projectile, qu'on jetait, ainsi que le rapporte Anne Gomnene, en racontant un combat entre les Grecs et les Normands , au visage des ennemis, et qui, leur brillant la barbe et le visage , les forçait à prendre la fuite; il y a loin , disons-nous » de ce projectile à ce feu qui , suivant Lcheau , dévorait des bataillons , des édifices tout entiers. Spécialement destiné à incendier des navires, des tours, et des machines en bois , il ^it peu redoutable pour les hommes eux-mék mes. Cette vérité ressort clairement du récit suivant de Joinville, récit que, nous ne savons pourquoi, Ton cite toujours comme une peinture effrayante des ravages produits par le feu grégeois : a Un soir, dit-il, avintlà où nous guietions les chas-chastiaux de uuit, que ii (les Sarrasins) nous avièrent un engin que l'on appelé perrière, ce que il n avoient encore fait . et mistrent le feu grégoiz en la fonde de l'engin.... Le premier cop que il getèrent, vint entre nos deux cnas-chastelz , et cbaï en la place devant nous que Posl avoit fait pour boucher le fleuve. ?ïes esteigneurs lurent appareillé pour estraindre le feu. La manière do feu grégoiz cstoit tele, que ii venoit bien devant aussi gros comme un tonnel de verjus, et la queue du feu , qui partoit de Ii , estoit bien aussi grant comme un grant glaive ; il fesoit tele noise au venir , que il sembloit que ce feust la foudre du ciel ; il sembloit un dragon qui volast par l'air, tant ^etoit grant clarté , que Ton veoit parmi l'ost comme se il feust jour pour îa grant foison de fea qui getoit la grant clnrté. Trois fols nous getèrent le feu gregois celi soir, et le nous lancèrent quatre foiz à l'arbalètre à tour... L'une oes fois que il nous getèrent, si cbeî en» caste le chaandiastei que les geni mon-
VBir iMi^tois FRANGE. pbv «bAomis 45
seicneur de Courcenay gardoient. . . Nous laiTlimes sus et aiames là... et nous esleiirnisines le feu (*). »
Cette description , à nntrf» nvis du moins, n'a rien de bien effrayant. 11 est encore question du feu grégeois dans plusîeiurs passages do même historien; et Ton voit qa*en somme , tout le dégât qu'il causa se borna à l'incendie de trois châteaux en bois , d'uiie tente en toile, et d'une palissade de planches de sapin. Il n'est pas dit une seule fois qu'il ait occasionné la mort d'un homme, et> bien plus, plusieurs croisés, entre autres saint Louis , en furent atteints et couverts , sans que Joinvllle dise qo*ii en soit résulté pour eux le moindre ac« cident. Le feu grégeois ne brûlait donc pas sans remède les soldats dans leurs armures , comme Ta avancé M. Miche*
Le feu grégeois éta^NKnexHnguÊblef
Les historiens byzantins ne font nulle partit moindre aliosionàcette propriété attribuée par les auteurs modernes au
feu grégeois. Il en est de même de .Toinville,chez lequel, au contraire, on trouve souvent des phrases analogues à celle-ci : Nom allâmes làt et nous éteignîmes le feu. Mais ce qui va trancher la question , c'est le passage suivant de l'historien grec Cinname ^ passage auquel, malgré son importance, on iravait jusqu'ici ac* cordé aucune attention : « Les Grecs, dit cet auteur, poursuivant un navire vénitien jusqu'à Abydos, s'efforcèrent de le brûler en lançant sur lui le feu mède; mafs les Vénitiens, accoutumés a leurs usages, naviguèrent en toute sécurité, ayant recouvert et entoure leur navire d'étoffes de laine imbibées de vioaigie.' Aussi les Grecs s*en retouroèrent'ils sans avoir accompli leur dessein ; car le feu, lancé de trop loin , ou ne parvenait pas jusqu'au bâtiment, ou, atteignant les étoffes , était repoussé et s'étavnaait en tombant dans l'eau. » Ce passa^^eest décisif. Il est vrai qu'il prouve tn même temps que l'on croyait que le vinaigre avait la propriété d^éteindre le feu grégeois ; mais , dans l'opinion da peuple, cette efficacité du vinaigre ne ft'appUqoait pas seulement au feu gré-
(*) JoiaviBe, édit. de x8a(>, p. 67 cl ntîv.
eois, elle s'étendait à toutes les espèces 'incendie. Cette croyance, générale au moyen âge, était d'ailleurs bien plus
ancienne que ce feu, puisqu'on en trouve des preuves dès le quatrième siècle de notre ère. £st-ii besoin d'ajouter qu'elle était erronée, et qu'il est diimiquement démontré qu'un mélange de 39 parties d'eau et d'une partie d'acide acétique (en poids) n'est pas plus propre que de l'eau pure a éteindre les incendies.
Ls secret âu /eu grégeois peut-il être perdttf
Le Grec Phrantza ou Phrant?ès, dans son histoire de la prise de Constantinople par Mahomet II , raconte plusieurs faits importants pour le sujet qui nous occupe. On voit en effet dans s i narration, l°qu'en 1 4.53, on tirait du feu grégeois un autre parti que dans les siècles précédents, puisqu'on s en servait à faire sauter des mines ; 2** que ee fen était employé à la fois par les Grecs et par les Turcs , concurremment avec l'artillerie, et que c'étaient deux étrangers, un Vénitien et un Allemand, qui étaient chargés, chez les assiégés, de ce inoven de défense. Les conséquences de ce dier* nier fait sont faciles à déduire. Le secret du feu grégeois , connu en Egypte dès l'année 1218 , avait dû nécessairement se répandre dans les contrées environnantes; et des nations autres que les Grecs et les Turcs devaient indubitablement en avoir connaissance à fepoque du siège de Constaotinople. Peut-on alors supposer qu'un projectile usité depuis 760 cins, que l'artillerie naissante n'avait pu faire oublier , ait disparu tout à coup, complètement, sans laisser aucune trace, à une ère de progrès et de civilisation comme était le miReu du quinzième siècle ? Cette supposition est inadmissible, surtout si Ton sonse aux longues années nécessaires pour déraciner chez les peuples l'usage d'une arme à laquelle ils sont habitués (*). D'ailleurs,
(*) C'est ainsi que sous François I"", ou se servait encore d'arcs, d'arbalètes et de frondes. Les Anglais, rn 16^7, lancèrent des flèches daiKs le fort de l'île de Ré. Euiin aujourd'hui même, dans un grand nombre de communes de la Picardie, de la Flandre et même de l'Ile-de-France, rontme à Scnlis, à Greil , etc. , le lir à l'arc et à l'arbalcte est flBoore en grmil homeiir.
la raison se refuse à croire (|u'un mélange eonnu des Grecs du B^fimpfre,
c'est-à-dire, d'un peuple ignorant et barbare, ait pu échapper aux investi irntionsde la chimie moderne. Nous croyons donc pouvoir répondre sans hésiter à la question que nous avons posée plus haut : Non , le secret du feu grégeois ne peut point être perdu,
Qtû est-ce qne le feu grégeois?
"Notre tâche maintenant devient facile. Le secret du feu grégeois ne pouvant être perdu , le problème se redoit à chercher 1* qoeU sont les projectiles usités parmi nous qui se rapprocljent le plus des grands tubes, des tubes de main , et des pots d'artifice ? 2" Quel est, dans notre pyrotechnie, le mélange susceptible à lui seul de produire à la fois tous les effets attribués au feii grégeois ?
Or, si noQS prenons le Dictionnaire
d*artillerie de rKnryclopëdie méthodique, publié en 1822 , nous trouverons, à l'article Fusées, la définition suivante : • On nomme ainsi les grands et « petits artifices renfermés dans une « cartouche... dont la forme est ordi-
« nairement cylindrique Ce qui est
« remarquable dans les fusées , c'est la « propriété de porter elles -mêmes le « principe de leur mouvement* » Un ouvrafj;e plus récent complète encore cette définition : « Tous ceux, y est-il « dit , qui se sont occupés de fusées de « guerre, ont remarqué dans leur tir « une grande irrégulnrité. tin projcc- « tile d'une si grande longueur offre « Ifeaucoup de prise au vent. Comme « il n'est animé , à son départ , que « d*une faible vitesse , sa direction est « facilement dérangée par les influences « atmosphériques et par l'inégale den- « sité des couches d'air qu'il traverse... « On peut obtenir d'heureux résultats « dans un temps de calme parfait ; mars « le plus petit dérangpfnpnt dans l'état « de l'atmosplière i»ufiit uour en ren- « dre Tusage entièrement illusoire.. . Il y « aurait dé l'imprudence à se conGer à « une arme qui peut ainsi devenir inu- « tile au moment même où Pon aurait 9 besoin de 8*en servir (*). *
(*) État actuel de l'artillerie de campagne «nEnrojpe, parMasé» iSSS »>8o,]^t3S.
. Si Ton compare maintenant cette description avec celle que nous avons donnée plus haut des grands tubes, nous pensons qu'il sera impossible de méconnaître l'identité parfaite de ces deux définitions, bien ou elles aient été écrites à 700 ans de«distance Tune de Tautre. Ce projectile qui , suivant Anne Coninène, s'élevait par sa nature dans les airs , «'est bien la fusée dont la propriété est de porter en elle-même le principe de son mouvement. Il y a identité frappante jusque dans les imperfections , puisque , malgré les progrès de la scienee , rinoertitode du tir de la fusée, incertitude causée par les influences atmosphériques, emfjéche encore nujourd hiii (jii'on ne [)uisse entièrement se coulier a celte arme. 11 en était de même du feu grégeois; c'est un fait attesté par toos les nistoriens qui en ont parlé.
Nous devons donc conclure de tout ce qui précède , 1** que les grands tubes n'étaient autre chose que nos fusées do guerre incendiaires; 2" que les tubes de main , qui n'en différaient que par leur longueur, étaient la même chose que nos petites fusées ordinaires ; 3" enfin , que les pots pleins de feu d"'artifice n'étaient que des boites d'artifice pareilles aux nôtres.
On serait parvenu plutôt è ces concliisions sans la persistance que l'on a mise jusqu'à présent à confondre deux choses essentiellement distinctes : 1" les matières constituant le principe même de la fusée comme simple fusée volante; 2° les matières destinées à mettre le feu , à rendre incendi.iire la fusée volante , et-qui, au treizième siècle comme de nos jours , étaient placées à rextrémîté du projectile. lia confiance illimitée dont a joui une certaine recette donnée par Anne Comnène a surtout contribué à induire eu erreur : mais cette composition oà cette princesse fait entrer la poix , le soufre , et la séve de bois vert, et qui devient entièrement insignifiante quand on veut en faire Tessence même de la fiisée, acquiert, au contraire , la plus grande vraisemblance lorsqu'on y voit seulement la désignation des suhsUinc.es incendiaires qui en étaient le complément indispensable. Ce sont ces matières moUes, déjà
Jî^îdeg ott rendues liquides par la chaleur, telles que la poix, le bihimo , le soufre, le napble, qui expliquent de la manière la plus simple et la plus satisftisante certains noms donoés au feu grégeois , comme ceux Jeu liquide y de feu méde (*) , de feu mou , etc. , noms qui , du reste , doivent leur origine au vulgaire. Or, on sait combien, en fiiit de science , les dénominations du vnlf^çaire sont fausses et tronipeuses.
Déterminons maintenant le mélange qui peut produire à lui seul les trois Portes de feux grégeois. IVous savons fue la propriété de détoner leur était commune a tous les trois; cherchons donc, parmi 1rs différents mélanges détonants qui nous sont connus, celui qui réunit tes autres propriétés du feu grégeois. Or, après avoir passé eiji revue tous ces mélnniïes, liquides, cnzeux ou solides, on arrive nécessairement à ce résultat : que toutes les propriétés des différentes espèces de feux grégeois se retrouvent dans la poudre à canon , et qu'elles ne se retrouvent que là ; enfin, que la poudre à canon est le seul mélange qui soit susceptible de produire à lui seul diafinn de ces effets. Il nous semble , en conséquence , prouvé de la manière la plus rigoureuse, que la composition du feu grégeois n'était autre chose que celle de notre poudre de guerre (**). (Voy. Poudre a canoiv.)
Feuillade (la) , ancienne baronnie du comté de la Marche et du domaine des vi comtés d*Aubu8Son, érigée en comté en 1615 (voyez LA. FbuiujldB [famille de] ).
Feuillants , nom d'une congrégation de religieux de Cileaux, reformes en 1577 , è rabbaye de FeuUkmi (dans le diocèse de Rieux , à 24 kilomètres de Tojiloiise), et affranchis en 1588, par Sixte-Quint, de Tobeissance de Cîteaux, après que leur règle , extrêmement aus-
(*) C'était presque uniquefneotde laMédie qpe l'on tirait le naphte.
i**^ Extrait d'un mémoire de M. Ludovic T^Taime , intitulé : M^ai sur le feu grégeois et sur l'introduction de la poudre à canon ên Europe ; mémoire couronné par l'Aca* déniie (les in-;rrij)tions' et belle.s-h ifrcs en 1840, et inséré dans le tome premier des Mémoires présentés par diven savants à celte
tère dans le principe , eut été adoucie
par Clément et Clément XI.
Henri III les appela à Paris, en 1587, avec leur réformateur, Jean de la Barrière. Us firent leur entrée dans la capitale le 9 juillet de cette année. L'Estoile (journal de Henri III) parle ainsi de lp!ir arrivée : « Venue des Feuillants « à Paris , espèce de moines aussi inu- «.tiles que les autres. » Le roi leur avait fait bâtir un couvent dans l'espace compris entre la rue vSaint-Honoré et la terrasse du jardin des Tuileries, qui a gardé leur nom.
Malgré la faveur que Henri III leur témoigna , la plupart de ces religieux prirent une îjrande part atix troubles de la ligue. Parmi les tribuns les plus fougueux qui s'élévèreot alors, figure un Gascon, P. Bernard de Montgaillard, né en 1563, et surnommé le Petit-Feuil^ lant. Avant de se faire démocrate, ce moine avait joui d'une grande faveur à la cour; il y avait préené le carême et s'était vu admis aux confidences dévotes du roi. Mais il répudia bientôt ces antécédents, et Henri lui ayant écrit âê 9a mai» une lettre qui se terminait ainsi : < Vous parlez mal de « moi , vous qui me cognoissez jusques « dans l'âme pour plus et meilleur ca- « tfaolique que ceux qui meveolent nier « pour roy, » il fit aunitôt imprimer une insolente Réponse (1589, in-8*»)oij le roi était menacé de l'enfer et déclaré déchu. Il ne l'appelait plus que mon sieur et ajoutait : « Ce n*est qu'avee horreur nue je parle et traicte avec lui.»
A l'endroit ae la satire Ménîppée, où se trouve décrite la procession de la . ligue , on remarque le portrait suivant de ce moine : « Pres([]ue tous (les moi* « nés) avoient des piques qu'ils bran- « loient souvent par faute de meilleur a passe-temps, hormis un feuillant boi- « teux, (]ui , armé tout i erad , se âii- « soit feire place avec une espée à deux « mains et une hache d'armes à sa cein- « ture, son bréviaire pendu par der- « Hère ; et le faisoit bon voir sur un « pied faisant le moulinet devant les « dnmcs, »
Ce lut néanmoins un feuillant qui prononça l'oraison funèbre de Henri 111, et ce feuîUiaat était Jean de la Barrière lui-même , l'aoslère réformateur de son .