XXIII. 1361. Marguerite de France P
XXIV. 1893. Louis de Maie , comte de Flandre, fils de Louis de Nevers et de Marguerite de France, fut reconnu oornte de Bourgogne par les trois or* dres de la province assemblés à Salins, le 18 mai 1382. Deii.v ans après il mourut, laissant, de Marguerite de Brabant sa femme, une fille nommée comme elle. Son gendre, Philippe le Hardi, hérita de la Franche Comté.
Franche fkte. C'était un privilège accordée à un seigneur, pour l'exemption de totis droits sur les marchandises arrivant le Joqr de la fête du lieu , et girelquefois pendant un certain nombre de jours.
FB.4.NCHES PROVINCES. VoyCZ GA- BELLE.
Franc HE VTLLE ou Franc a-Villa (P.) , sculpteur, né à Cambrai en 1548, se rendit de bonne heure en Italie , où il reçut des leçons do célèbre Jean de
FKAIICinSB 4Sf
Boulogne, et fît de rapides progrès dans son art. Avant été appeie en France par Henri fV, il exécuta , entre autres ouvrages capitaux, un groupe, le ripm/?* enlevant la f^érité , qui décore depuis longtemps le jardin des Tuileries.
Franchise, franchisa. — On appelait ainsi, sous les deux premières rares , un doinnine rural possédé par un Franc, ou qui venait d'un Franc ou d'un honune libre, sans être grevé d'aueune eharge ou rédevanee. Les alleux , qui étaient des biens possédés en tout droit de propriété et sans charge de cens ou prestation, étaient considères comme . des franchises, teilement que ahdu$ et franchisa étaient sjrBonymes et signifiaient la même chose. ( Voy. Alleu. )
On donnait aussi le nom de fran' chise aux districts auxquels les ruis et les seigneurs avaient accordé certains droits: c'était ordinairement une étendue de terrain plus ou moins considérable autour des villes et des bourgs; e*était enfin ee qu'on a{)pelle aujourdMiui à Paris banlieue , à Toulouse le dex, à Bourges la septaine, à Angers la quinte (*).
Enfin on appelait aussj franchise., dans t*ancien droit coutumier, l*exemp> tien accordée à certaines personnes ou aux habitants de certains lieux , de charges auxquelles les autres étaient assujettis.
La plupart des villes murées avaient des franchises , des libertés , des privilèges , ^ue , dans les pays d'états , le sonveram , à son avènement , jurait de conserver fidèlement.
Les églises , les monastères , les abbayes , les communautés religieuses avaient aussi des franchises. On lit dans Grégoire de Tours , que Théode* bert , roi d'Austrasie , déchargea les églises d'Auvergne de tous les tributs qu'elles lui devaient paver. Childebert, petft-fils de Clotaire I**, affranchit pareillement , suivant le même auteur , le clergé de Tours de toutes sortes d'impôts. Enfin , on trouve dans le Recueil des ordonnances des rois de la troisième race, un grand nombre d*actes aooor-
(•) Voyez Delaiirière, du Gange, aux mots Quinte et ^eptaine^^ et TouraUle Aur l'article 35 de la C<Mftini« dPJnjou,
4M FRAirmir L^TMIYERS* nuvciov
dant de semblables privilèges , parmi lesquels le plus important était le droit ii*asile. (Voyez Asile. )
Tous les privilégies, immunités, franchises furent abolis dans la nuit du 4 août 1789. Voye^ Août ( nuit du 4 ).
Fbanchisb. C'est le nom que Louis XI imposa à la Tilled*Arras, après avoir, en 1479, exercé contre elle sa cruelle vengeance. Il avait jure de détruire une cité dont les habitants détestaient la domination fran&u'se ; il en Ht raser les -murailles et expulser tous les habitants, sans aucune exception. EnGn , il défendit, sous les peines les plus sévères, de prononcer jamais de bouche raneien nom d'Arras , ou de le coucher par escrit. La ville nouvelle devait être repeuplée par une colonie qu'on tirerait d'autres villes du royaume. Mais tan»
dis que les malheureux habitants, chassés par les francs archers , erraient sur les routes et périssaient la plupart de misère , tous les efforts de lirais XI , en faveur de Franchise, deniearaient inutiles. En vain arrorda-t-il nnx nouveaux habitants les privilèges les plus étendus , les honnêtes bourgeois des cités voisines ne voulurent pas venir s'établir dans des maisons confisquées ; il fut forcé d'enjoindre à plusieurs grandes villes du royaume, Paris, Rouen, Orléans , etc. , de fournir des colons. Enfin toute sa vie, il travailla obstinément, et sans beatieoup de succès , h ncrotnplir la fondation de la nouvelle ville; mais, à sa mort, elle reprit son ancien nom. Charles VIII abolit , par un édit daté de Tours (!3 janvier 1483), tout ce que Louis XI avait fait contre Arras, et remit les choses sur l'ancien pied ; mais , depuis cette époque , cette ville ne recouvra jamais son antique splendeur.
Franc homme. On nommait ainsi tous ceux qui possédaient des llefs,san8 distinction de nobles ou de roturiers, avec cette différence pourtant que ces derniers n'étaient francs de toutes servitudes gue lorsqu'ils demeuraient sur leurs fieis. Le franc homme «coudiant « et levant sur son fief » ne pouvait être ajourné du soir au matin ou du n)atin au soir, comme les autres roturiers, mais à quinzaine, comme les nobles.
FBARGioir. Dès le douzième siècle
toute tradition sur la diversité dçs éléments dont s'étaient formée la nation française semblait avoir disparu. La
croyance commune , croyance malheureusement absurde . et qui ne put être déracinée qu'après beaucoup de temps et d'efforts, était oue les Français descendaient tous aes Francs ; quant aux Francs, on les crovait issus des compagnons d'Enée ou des autres fugitifs de Troie. Le poème de Virgile avait donné sa forme à cette étrange opinion; mais, dans le fond, elle provenait d'une autre source et se rattachait peut-être à des souvenirs confus du temps où les tribus primitives de la race germanique firent leur émigration d'Asie en FAirope par les rives du Pont- Euxin. Du reste, il y avait sur ce point unanimité de sentiment ; les clercs et les moines les plus lettrés, ceux oui
(mouvaient lire Grégoire de Tours et les ivres des anciens , partageaient la conviction populaire et vénéraient* comme fondateur et premier roi de la nation française, Francion OU Francus, fils d'Hector (*).
« Selon un certain poète appelé Vir- « gile, dit Frédegaire, Priam fut le « premier roi des Francs. Troie étant « prise, ils se séparèrent en deux ban- « des ; l'une conmiandée par Francion « s'avança en Europe, et s'établit sur « les bords du Rhin. »
L'auteur des Gestes des rois francs ^ Paul Diacre , Roricon , Aimoin , Sigebert de Gemblours, font des récits semblables. Enchérissant sur ces chroni^ ques, Anmjis de Viterhe alla jusqu*à composer une généalogie des rois gaulois et des rois francs : il donna aux Gaulois, avant la guerre de Troie, vingt-deux rois , et il raconte que le dernier d'entre eux , Remus , donna sa fille en mariage a Francus , tils d'Hector, oui vint exprès dans les Gaules pour répouser.
I.es grandes chroniques de Saint-Denis vinrent encore, en 147U. consolider et répandre cette singulière thèse historique. Voici de ({uelle manière la narra* tion commençait dans ce livre : « Qiia-
C) Chupilie IV des Cou^idéralions sur riûfiUHre (M f ranee, en tète d«s Bdeits mé» romgmu, ptr M. Thierix.
PRAirC-lTOimAIS FRANGE. niAHÇOIS l*' 46 1
« tre cent et quatre ans avant que Rome « fût fondée , régnoit Priam en Troie « la Grande, etc., etc... La cité avant « été. arse et détruite, le peuple et les « barons occis , aucuns échappèrent , « et plusieurs des princes de la cité « s'espandirent ès aiverses parties du « monde... Franeus, fils d'Hector, alla « habiter une terre qui est appelée «*Thrace(*), et fonda une cite qu'il « appela Sicambrie , et longtemps ses « gens furent nommés Sicambriens pour n le nom de cette cité... Mille cinq cent o sept ans demeurèrent en cette cité dc- « puis qu'ils l'eurent fondée, etc., etc. »
Après ce début viennent des chapitres ainsi intitulés : De diverses opi»
■n}07îs pourquoi les Troyens de Sicambrie Jurent appelés Français. — Comment Us conquirent Allemagne e$ Germanie f et comment ils déconfiretU les Romains. — Comment et quand la cité de Paris fut fondée , etc.
Fbanciscains. Voy. Minimes.
Francisque, nom sous lequel on désiiitic Tarnie favorite des auciens fYaiics; c'était une liache a un ou deux tnuichunts, dont le fer était épais et acéré et le manche très-court. Les guerriers commençaient le combat en lançant de loin cette hache soit au visage, soit contre le bouclier de l'ennemi.
Fiunc-Ltohnais , ancien canton du Ljrounais, formant une langue de terre qui s'étendait depuis le village de Riottier, sur la rive gauche du Rhône, jusqu'aux faubourgs de Lyon; la NeU' viUe-VÀrcheoêque était son chef-lieu.
On évaluait sa surface à 4 ou 5 lieues carrées, sa population à 6,000 habitants. Ses bornes étaient la «Bresse et la Dombes à Test et à l'ouest ; la ville de Lyon au sud , et la Saône à Touest.
Les habitants de ce petit pays , cédé par suite d'échange à la couronne de FranceT longtemps avant le quinzième siècle , comme il est dit dans un arrêt
(*) Le Trnypn Bnitus, prétendu fils d'Ascagne et petii-His d'Énée , passait aus&i pour s'être établi en Bretagne,
Le roman du lîrut fut composé d'après une chronique écrite, dit-on, en bas breloa et fort répaudue dans la Bretagne armoricaine. Voyez Roquefort, De ta p^im fimRf, ûm JLIl êt JUIJ *ièaUt, p. zia*.
du parlement de Paris, du 22 décembre ld2â , furent , iusqu à ia lin du dix-huitième siècle, affranchis de toutes tailles» subsides et impositions. Seulement , pour reconnaître la protection du roi, ils payaient voUmtairenienty de huit en huit ans , une somme de 8,000 livres par forme de dan ffraiitU,
Fra>c mari ace. Ce mot était sy-»
nonyme de mariage noble.
FBA.NCŒUB (Louis-Benjamin), membre de rinstitut, professeur à la faculté des sciences, l'un des géomètres les f)ltis distini^ués et les plus savants de l'époque actuelle, est ne a Paris en 1773. Devenu , au sortir de Técole po* lyteriinlque, officier d'artillerie et instituteur de Jérôme Bonaparte, il fut nommé, en 1803, professeur de mathématiques à l'école centrale de la rue Saint-Antoine; Tannée suivante, il cessa ses fonctions de répétiteur à l*école polytechnique pour prendre celles d'examinateur des candidats à la même école , et, en 1809, à l'organisation de la ûi* cuité des sciences, il lit partie des savants qui furent chargés d'y professer.
Ses travaux excessils, et les veilles passées à des observations astronomiques, altérèrent profondément sa saute; ce-
f>endant, npres la seconde restauration, a place d examinateur de l'école polytecnnique lui fut retirée, et, en 1816, on lui ôta encore celle de professeur au lycée Charlemagne. Cette disgrâce s'expliqua parTainitiè qui unissait le général Caroot et Franeœur , et par Tindépendanoe des opinions du savant professeur ; aussi n'entra-t-il que très-tard à l'Institut, quoiqu'il eilt publié deja plusieurs ouvrages , entre autres : Traité de mécanique élémentaire et théoriquey Paris, 1800, in -8"*; Cours de mathématiques pures, 1810, 2 vol. in-8'; Uranograpkie , 1812 , iu-8°. On assure que l'auteur a eu l'occasion de se refuser à la suppression des passages de cet excellent traite d'astronomie, qui dé-
{)laisaieut a quelques personnes pour esquelles il est important que toutes les lignes de la Genèse soient également vraies et sacrées; Goniométrie , ou l'Art de tracer sur le papier des angles dont la Graduation est comme* 1820, ia-8*.
Faahçois r% fils dn eoasîn gmitiD
L'UNIVERS
PRAIfCOIS 1^
FiOllis XTl , Charles d'An<*oiiléme , naquit a Cognac le 12 septembre 1494, et monta sur le trône le 1" janvier 1515. Marié à Claude de France, fille d'Anne de Bretagne et de Louis XIT , comme lui descendant de Valentine de Tîscontr et ëu duc d'Orléans , il continua la politiqQe de son prédéoesseur avec cet esprit aventureux qu'il avait puisé dans une lecture assidue des romans de chevalerie.
A son avènement la France était dans line situation déplorable; mais au moment où on la croyait acrablee , elle se ranime sous le nouveau roi. Son armée franchissant les Alpes envahit le Milanais, vainement d^ndu par les Suisses.
La bataille de Marignan , ce combat de géants, inaugure glorieusement la campagne ; on mois suffit pour ia conquêtè entière du duché. Ainsi , la France a repris son ascendant en Italie , et l'Europe jouit pendant trois ans d'une paix dont François profite pour se livrer aux plaisirs et achever de briser tontes les forros qui , dans le royaume , sont encore rivales du pouvoir roy.il.
Sur ces entrefaites, l'empereur MaximîKën mourut ev janvier 1 S 1 9. Cet évé« nement devait être de la plus haute importance pour la politique générale de l'Europe, et, en effet, il lit éclater une sanglante rivalité entre Charles- Quint et François Le petit-fils de Maxi-
milien vt'iiait (!'hérit(^r, pnr In luort de Ferdinand, des couronnes d'Iispaj^iie et de Naples ; celle de son grand-père lui livrait les possessions de la maison d'Autriche. A tant de couronnes Charles voulut ajouter celle de rKuipiie.
François ambitionnait le u\éme honneur; il échoua dans ses prétentions , et cet è'hec le mortifia cruellement ; une rupture devint inévitable. Cependant l'influence pacifique de Chievres, mim'Btre do €harle8*Qi){nt, l'emporta d'abord ; mais Charles se délivra bien* tôt de l'ascendant que le vieillard exerçait sur lui, et conclut, eu 1631 , une ligue avec Léon X, dans le but d'enlever Milan et Génes aox Français.
Les hostilités commencèrent aussitôt dans le Luxembourg ; dans la Navarre , ou les Fran<^is airivèrcnt trop tard pour donner la main aux insurgés , et en ]lBHo» où^Eautm perdit te Muanaii,
et où le combat de la Bicoque ne laissa bientôt plus à François I**^ que la citadelle de Crémone.
Dans l'intérieur du royaume la reine mère, qui tour ;i tour partageait l'autorité avec les maîtresses et les favoris du roi , suscitait au pays un ennemi non moins dangereux. Le connétable de Bourbon, dont elle avait sueessivement attaque le cœur et les biens , traitait avec l'Empereur, et méditait de soulever et de (remembrer royaume, quand la découverte du couiplot le força de fuir , et ne lui laissa plus d'autre* ressource que de tourner ses armes contre sa patrie.
Les revers d'Italie et l'inhabileté po> litique de François T"" faillirent alors perdre le royaume, menacé par l'Europe presque entière, et envahi du côté de la Picardie et de la Provence. Mais la vigoureuse résistance des populations arrêta les eutiemis; le roi s'avança avec une armée nombreuse , les força de se retirer , puis frandiit les Alpes one seconde fois. Malheureusement ses fautes conijiromirent encore urie si belle position. Cette campagne, commencée sons d*heureux auspices, se termina par la bataille de Pavie et la captivité du roi (24 février 1525).
Au l)out d'une année, François sortit de prison après avoir signé on tnSàé honteux qu'il désavoua dès qu'il eut repassé la frontière. Du reste, il trouva sans peine des amis. La victoire de l'Enipereur effrayait tous les confédérés. Les divers États d'Italie 4|ui , depuis^ la bataille de Pavie, se trouvaient à la merci des années de Charles Qiiint , ne voyaient plus dans les Français c|ue des libérateurs. Les troupes impériales se composaient , en effet , d'une soldatesque féroce, qui ne reconnaissait aucune autorité. Pendant dix mois Milan leur fut livré; 14,000 Allemands aoeoum^ rent ensuite à la curée, et, tous ensemble, marchèrent sur Rome; la ville fut enlevée, et, après le premier massacre , les vainqueurs organisèrent le pillage : il dura une année sans relâche.
L'indignation fut universelle en Europe; Françx)is, croyant le moment favorable, ecmcint une ligue avee Hoavf Vni pmar la éêUfranœdi^ êaHM-fére;
FRINÇOIS FHANQE* FAAIfÇOiS l*' 463
mais sa défaîte à Parie araît brisé son
audace et détruit sa confiance en luimême. Après de nouveaux échecs es- • suyés dans le royaume de Naples» il trahit honteusement ses alliés italiens, et conclut avec Charles Podieux traité de Cambrai (1529), par lequel il abandonnait tous ses partisans à la vengeance de r£mpereur.
Six années de paix entre la France et TEspagne suivirent ce traité. Tnndis que CÎiarles-Quiut employait ce temps à repousser Soliman loin de Vienne, à transporter à Malte les chevaliers de Rhodes , à boniljarder Tunis , et enfin à délivrer 20,000 esclaves chrétiens , François, quoique manc à Éléonore d'Autriche, sœur de TEmpereur* préparait la guerre contre lui , par des alliances avec les ennemis de In chrétienté. II s*unissait à Soliman (1534), négociait avec les protestants d'Alleoiagne , avec Henri VIII, et attaquait la Savoie.
Charles eut alors toute l'Europe pour lui, et fit attaquer la France à la fois par )à Champagne, la Picardie et la Provence. Mais on sait combien fut honteuse pour lui rissue de cette invasion. Accablé d'embarras de toute espèce , il se détermina euUn à signer la Iréve de 5ice (1538). les deux princes restèrent maîtres de leurs conquêtes.
Il semblait qu'une amitié durable allait succéder à une liainc si longue, et quand Charles-Quint passa parla France potnr aller soumettre Gand révolté, François 1'" qui , à Nice drjà, ;iv,iit eu l'imprudence de lui confier etourdiment ses propres secrets et ceux de ses alliés, se ulasa tromper par ses belles promeisfiiis et le combla de témoignages d'estime. Mais Tamiiié chez des princes rivaux est peu durable : dès 1041 la guerre recommençait. Cbarles - Quint ayant échoué dans son expédition con»
tre Alger, François s'unit à Soliman, au duc de Clèves, aux rois de Danemark et de Suéde, entretint enfin des întelligencea avec les protestants d^ Allemagne, et attaqua avec cinq armées, le Roussillon , le Piémont , le Luxembourg, le Brabant et la Flandre. Les succès ne répondirent pas à tant d*efforts : la chrétienté s'mdigna de voir les lis unis au croissant; l'Empire, menacé par les Xurcs, seconda rËmpeieur,
qui envahit la France avec Henri VIII, et signa à Cre-^py. à treize lieues de Paris, une paix dont il avait besoin pour arrêter les progrès des luthériens (1544). De mis^ables intrigues ée cour empê( hant le roi de profiter de la brillante victoire de Cérisoles, avaient sauvé les Impériaux , qui s'étaient impradem»
ftient aventttfés jusqu'au cœur de hi
France.
Pendant les trois années qui suivirent , le traité d'Ardres promit à Henri VIII 800,000 écus pour la rançon de Boulogne , et une pension annuelle de 100,000 éi'us (juin 1546); des négociations turent reprises à la fois avec le pape , les Vénitiens , l'Angleterre , les Turcs, les protestants d'Allemagne. En»
fin , les massacres des Vaudois , à Cabricre et Mérindol , et les cruelles exécutions des hérétiques dans toute la France, jetèrent sur la dernière moitié de ce règne une teinte sanghmte qui annonçait rapproche des guerres de religion.
François 1" préparait de nouveaux embarras à son rival , et sans doute de nouveaux d('snstr(\s à son royaume , quand il mourut à Rambouillet, le 31 mars U47Cvo^. Ferbonriebe), âgé de doquante-trois ans.
Le tableau de la vie privée de ce prince , si nos limites nous permettaient de nous y arrêter, le montrerait dominé constamment par des penchants dissolus , et par un godt effréné pour la magnificence. Trop longtemps on lui a pardonné son profond mépris pour tous les droits de ses sujets , son cœur Inaccessible à Taffeetion et à la pitié, son ignorance absolue de l'art de la guerre, et sa politique déraisonnable et perfide. L'histoire , avec ce langage de convention qu'on lui faisait prendre, n'avait autrdbis que des éloges pour sa belle figure , sa galanterie , ses manières théâtrales , sa bravoure personnelle, et ce protectorat fastueux accordé aux lettres et aux arts. Nous-mêmes nous avons ailleurs (voyez Annales, t. 1 , p. 308 31 1 et p. 438 de ce volume) exposé les grands résultats de son règne; mais nous ne nous laissons pas éblouir par ces dehors brillants ; enfin, ce titre même de père des lettres , nous ne pouvons en décorer , sans restriction,
FRANÇOIS 1
rUNIVERS. FEAHÇOIS
un- prince qui, par des lettres; patentes publiées en 1535 , défendit d'imprimer quelque livre que ce fdt , dans tuut le royaume, sous peine de mort (*).
(Voyez d'ailleurs, pour toutes les questions relatives l\ François T'", sur lesquelles nous ne croyons pas devoir revenir daoB cet article, les mots : Cal*
VINISTES, COUH, ÉdITS , ÉtAMPES
[duchesse d'], Favoris, Maîtresses, Kenaissance , Rivalité avec la XAMON d'Autbicrb, etc., etc.).
FBAKçais 1" (monnaies de). Les seales monnaies d'or qu'ait fait frapper ce prince, sont des écas sols ou écus au soleil^ il les maintint d'abord , dans les premières années de son règne, à un titre très-élevé, de 28 carnts, suivant Leblanc; mais il les alïaililit ensuite ^ et, a sa mort, ils étaient moins
flurs d'un huitième. Quoi quMI en soit, a légende des écus d'or était gcnfM nlemenl celle que l'on employait ordinairement pour les pièces Je ce métal ; c'étaient , au revers , les mots xps vinciT, etc., et, au droit, le nom du roi. Parmi celles de ces pièces que Leblanc a publiées, deux seulement s'écartent de la routine ordinaire ; on lit sur Tune :
DBVS(NADiyTOBIVMMEVMINTENDE,et
sur l'autre , qui a été frappée à Angers : INOX OBT s D> E SED NOMVO DA GLO-
fiiA.F. , ce qui est incontestablement pour : non uobis domine sed nomiiU tuoda (jloriam. L'f (jiti termine la légende , étant la lettre monétaire d'Angers, on voit que la première de ces pièces, sur laquelle on remarque au droit un écu couronné et accosté de deux f sui^ montés de petites couronnes, et, au revers, une croix accostée d'hermines etd*F, asans doute été frappée pendant la vie de la reine Claude. La seeoude porte rf'fri'-;ie royale : c'est la première lois qu'elle se rencontre sur la monnaie d*or de France. C est aussi sur un écu de François I'' que Ton rencontre le
f)remier millésime ; ce millésime est ceui de 1532. Les autres écus de ce prince ne préseiitent d'ailleurs rien de bien remarquable, si ce n*est que sur l'on d'eux on voit un grand f couronné à la place de la croix ; sur d'autres, des
(*) lâambert, Anciennes iois^ t. XII, p. 4oa.
salamandres et des f contournant la croix et l'ecu ; cnûn , au revers de^ quelques-uns , on voit une petite croix. Le peuple donna à ces monnaies les noms (l'éctis à la salamandre et à la croisette. On proposa au roi de taire tabriquer des ecui> <i'ur , où il serait représenté debout, assis sur son trône , et à cheval ; mais ce projet fut abandonné à cause des frais de gravure qu'il aurait oouisionnés. Quelques curieux conservent cependant des pièces dressai, où le roi est représenté sur son cheval.
François V fit aussi frapper des testons et 'des denii-testons (voy. ce mot). Mais quoique ces pièces fussent d*abord du poids et de Taloi de Louis XII , leur titre ne tarda pa'^ à faiblir. Ainsi que leur nom l'indique, on y voyait d un coté la té te du roi et son nom , et, de rautre , la légende de l'or : xps virciT, etc., avec l'écu de France couronné.
Parmi les. monuaies de billon de ce prince , on remarque : des blancs , des
liards^ des doubles y des deniers, des coronats, etc. Les blancs furent appelés (/oa^am^ parce qu'ils valaient douze deniers. Ils ne présentent rien de particulier , et ressemblent en tout à ceux de Charles VIU et de Louis XII; c'estàdire (juc d'un côté ils portent ordinairement l ecu de France et le nom du roi ; et de l'autre , la légende srr is o- MEN...'tivec la croix cantonnée soit de cournmies, soit de fleurs de lis, soit d'hermmes , etc.. Ceux qui présentent des salamandres en canton sont appe^ lés blancs à la Moktmandre ; cem qui ortent une petite croix au revers, lancs à la croisette ; ceux dans le champ desfjuels on remarque un grand F couronne et accosté de fleurs de lis furent appelés fratxctscus , de même qu'on avait désigne de semblables pièces , des louis et des charies , sous la dénomination de Iwtovletis et de Aa« rolus.
Les liards portaient soit l'effigie du roi , armé de rénée et du sceptre , comme les liards de Guieone , soit un dauphin, comme les liards du Dauphiné, soit enfin un F couronné. Le type des doubles et des deniers tournois représentait généralement deux fleurs de Us et un dauphin, on bien
niANÇOIS I*' FRANCE. VRAirçoW II 466
deux ou trois fleurs de lis. Les deniers bordelais portaient une fleur de lis simple dans le champ; en6n , les coranatê
Sortaient un F accosté de deux besants ; i croix du revers était accostée de aoatre de ces signes. Ces coronats étaient de$ deniers frappés en Provence.
.lusqu'au règne de François P', on s'était servi de points secrets (voy. ce mot) pour reconnaître les ateliers monétaires ; c'étaient de petits points que
Ton plaçait sous certaines lettres, et qui servaient à faire reconnaître le numéro de la fabrication , la valeur et Taloi de la pièce. Par une ordonnance rendue en janvier 1539, ce prince décida que chaque hôtel serait dorénavant désigné, sur les monnaies, par une lettre de Talphabet, et cet usage est encore suivi aujourd'hui.-
Ce prince ne frappa pas seulement monnaie comme roi de France , il le fit "aussi en Italie , comme seigneur d'Ast, duc de Milan, et seigneur de Gênes. Les pièces ainsi fabriquées sont: des ducats doubles , des écus d'or , des testons, des ijuarMns. L*ëcu d*or de Milan ressemble en tout à celui de France, si ce ?i'est que les titres du roi , duxm (ediolani) sont énoncés dans la légende, et que la salamandre et la tête de saint Amoroise remplacent les croisettes des légendes. Ceux de Gênes sont plus curieux : on y trouve d'un côte le portail, type ordinaire de cette ville, accosté d'une fleur de lis et d'un p couronné , avec b lénende : franctscvs DET gra.
FRANCOR REX, et au revers, autour de la croix, la vieille*légende : conradvs MX BOMAnoBTM , qui se trouve sur toutes les pièces génoises. Un type semblable se remarque sur les testons de la même ville. Ceux de Milan offrent un saint Ambroise , et, au revers , un écu écartelé de France et de Milan , ou bien une salamandre; dans ce cas l'écu est reporté vis-à-vis du saint. Sur les testons d'Ast le roi est représenté à micorps , tenant un écu d une main , et de l'autre une épée. Quant aux doubles ducats, aux denii-testons , qiiarts de teston j etûuarlrins de la même ville, leur type nNsst remarquable que par des F couronnés, des salamandres, ou par les armes écartelées de France et de Milao.
T. Tiu. S0« JM>rait<m, (Dict. bnc
François II, l'aîné des trois fils de lienri 11, naquit à Fontainebleau en 1544 et monta sur le trône le 1 1 juillet. 1559. II était marié depuis quinze mois à la jeune reine d'Écosse Marie Stuart, nièce des Guise. Il l'aimait tendrement; aussi la famille des Lorrains s'empressa-t«lte d'entourer la personne du nouveau roi et de prendre pied sur Catherine de Médicis, sur le vieux connétable de Montmorency, tout-puissant auprès de Henri II, et sur les princes de la mriison de Bourbon , qui d'ailleurs, absents de la cour, n'avaient joui d'aucun crédit sous le règne précédent. Il fut ftclle aux Guise de façonner le jeune roi à leur mode. Le cardinal et le duc se chargèrent, l'un des iinances et des affaires d'État, l'autre de tout ce qui concernait le nit de la guerre; quant à François II, dont In s;int(^ était délicate et l'esprit faible et lent, il demeura pour ainsi dire étran-
§er aux événements que dirigèrent ces eux personnages. Aussi ses domestiques purent-ils l'appeler, d'un côté, le roi sans vices, les protestants de l'autre, le roi sans vertus ("). Il ne régna que dix-sept mois et vingt-cinq jours , et cependant il eut le temps de voir se former les divers partis qui allaient faire de l'histoire de la France, dans la seconde moitié du seizième siècle , un drame sanglant de trente années.
Sous ce prince une vive persécution éclata de nouveau dans tout le royaume contre les réTormés, car, en fomentant les haines religieuses , les Guise se faisaient les chefs d'un parti tout-puissant et assuraient l'autorité entre leurs mains.
Les huguenots se vengèrent d'abord par une conspiration, le tumulte (T^m»
hoise; mais surpris eux-mêmes quand ils croyaient pouvoir tuer les Lorrains et enlever le roi , ils forent massacrés , et Coudé, leur cajoilaine mMê f iâillit , ainsi que le roi de Navarre, payer de sa tête ce complot avorté. La mort du jeune roi seule put sauver ces deux
f>rinces , dont l'exécution devait d'aileurs être snivie de l'extermination de tout le parti protestant. François II, après avoir langui quelques jours d'une affection scrofuleose , expira le 6 dé-
{*) Art de vérifier Us dates, 1 1, p. 647, rCI»., BTC.) M
466 FEANCOIS 1>£ FRANCE L'UNIVERS.