FRANCS-TAUPINS FRANCE. FKANQUEMO^TT
La taupinailîe ne supporta pas toujours avec patience les excès de la noblesse. Suus le roi Jean , sous Charly Vil, «Ile éclata en émoikmê furieuses , et ce fut pendant le soulèvement de 1440, pendant la pragueric, que les rebelles s*intitulèreut eux-niènies Jrancs' tavpint. Ils annonçaient par là qu'ils entendaient être affranchis de toute servitude féodale et surtout du fardeau des tailles sans cesse exigées par les besoins de la guerre, ftlaif la réfolte fiit apaisëe et domptée après une campagne de six mois.
Bientôt après , le roi prenant en
f>itié la misère de ses sujets* réforma es abus de Torganisatlon militaire et institua, en 1448, les francs- archers.
( V^oyez Archer. ) Ces fantassins nouveaux , attachés au sol par les liens de la famille et de la propriété, ne bravèrent pas toujours avec un héroïsme exemplaire les coups des mousquets et de Tartillerie ; aussi continua-t on, peutêtre par habitude , peut-être par ironie, à les appeler francs taupins en même temps que francs-archers. « Bon Joan , capitaine de francs -taupins, dit Rabelais, tira ses heurende sa bra|[uette. *
« Plus ne fut question, dit un contemporain, que de leur poltronnerie, de leur rusticité , et on les chansonnn même. » Voici une de ces chansons dirigées contre l'importante institution d'où date, en Frnnre, l'étahlissement d'une milice régulière. Le Duchat la cite dans ses notes sur Rabelais.
Vn firaM<taapi« un ti bel faonn» Mloil, Borgne r\ boitros, pour mieux prendre vilée} Et si avoil un fourreau san« espée; Mait il avoit les utulles .m talon.
Deriron, Tigaetie sur viguon.
Un Traiic-taupiii OB «re d« fresne aTfltt Toat TenMMila« ta corde renouëe; Se fletcbe «etolt de papier empennée,
Orriron , etc.
Un frnnc-ian j)in son testament faisoit Honnctfiiniit (|p<i;iiis le jirPNhytère, Et si laisu sa fenune à son ricaire Bt lui bailla la clerde aa maiMm.
Derif Ml, etCa Un frane-tanpin dm un lianlwnMM aatoit»
Pour son tVu cr avoit de la mourue.
11 lui a dit : Jarnigoy! je le tue.
Si ta ne Tais de la aoupe à l'oigUMI.
Oériron, etc.
Un frane^upla da Hajnand revenoît} Sa cluMaaa caloltau toioa deacbirrfai Et at dianit qu*ll ▼enoit da Vitmé» % Mal» onc n'avoit donné no hotioa. ^
Dcrirou. etc.
IJ« fraiN^pto an aou boalal mlal«
Bl a tnmva m fenaM l'ac«a«cMa»
Adone. dit-il. j'ai la Uilavaaéa :
Un an a que ne fus eu OM IMImb.
Deriron, etc. (*).
Depuis la fin du Quinzième siècle, où les francs-archers lurent lioeneiés, le
nom de taupin ne fut plus employé que pour désigner, « dans le style bas et burlesque , comme dit Trévoux , des hommes ayant le teini n/oêr^ les che»
veux noirs. » Les bouviers a'Anjou le conservèrent nussi pour dire un bœuf noir; lés paysans normands pour exprimer un chien noir. Peut-être y a-t-il dans ces diverses signlGcations, non pas tant une allusion à la couleur de la taupe, qu'une réminiscence des anciens taupins , hàles au soleil ou noirs de poudre.
Frankenfort (combat de). — Au commencement de l'année 1807, le huitième corps de la grande armée pénétra, sous les ordres du marécnal Mortier, dans la Poméranie suétioise, et alla mettre le siège, du côté de la terre, devant Straisund , port de mer et capitale de la province. Il ne çe passa rien de remarquable pendant près d'un mois; mais, le 12 février, la garnison, qui venait de recevoir des renforts coasidérables ^t une sortie. Un fort détachement Ij^us la conduite du lieute»
nant générni Armfeld , s'avancn pour enlever une batterie que les Français avaient érigée près du village de Frankenfort. Les troupes suédoises forent repoussées après une perte assez OOnsîdérable en morts et en blessés.
FfiANQUEMOMi. L'ancienne seigneurie du Han, située dans le Barrois, entre Bar et Saint-Mihiel , fut, en 1720, érigée en comté sous le nom de Franqueinont.
FBANQuiicoffT (monnaie de). Les barons de Franquemont avaient eu autrefois le droit de battre monnaie. La famille de Gilley, à laquelle ce titre ap-
riartenait dès 1533 , Vy exerça pendant e seizième siècle. Un de ses' membres, Nicolas de Gilley, a frappé des knrolus^ portant d'un coté une plante arrachée sans légende, et de l'autre un buste sous
{*) Voyez aussi le Monologue du francarclur dans les poésies de François Villou. Cet auteur aeinble y avoir peint un type de peureux et cndnle.
lequel on lit : v{icolaus) de gilley.
Le roi défendit souvent dans ses terrés le cours des monnaies de Franquemont, et il les décria plusieurs fois , notamment le 17 mars 1563 , le 20 décembre dè la niéroe ànnée, et enfin le 18 juillet
Frantz (Antoine), fusilier à la 17* de li^e, né à Alt-Dori'f, département de lanfeurthe. Il venait d*avoir là cuisse droite coudée par un boulet à là bataille de la Trebia, le 1*^^' messidor an vu; ses camarades voulaient le transporter à rambolanoe : « Laisses^moi, leur dit- > il , je veux mourir td pour être té- « moin de la victoire » ; recueillant enéuite ses forces , il entonna la Marseillaise et eipira en chantant Thymne nationale. .
Fkatkrxtti': - Ce nom si doux rappelle deux .seuîime?)ts bien distincts, mais également nobles et purs : il sert à exprimer tantôt ce lien du sang et du cœur qui existe entre tous les enfants • issus d'une même mère, tantôt cet autre lien, moins intime et cependant non Anoins réel, qui existe entre tous les hommes.
En effet , il semble que la nature se soit plu à doubler nos ioMUtsaDces en nous donnant deux lanaiflffet nous offrant ainsi deux fois les ebartncs de l*nmour fraternel. Comme ics frères ; t les sœurs de chaque famille, tous les lioiniVies ne procèdent-ils pas d'une origine commune ? En même temps qu'un père charnel , n'avons - nous pas tous un autre père, qui est Dieu? Cha(}ue linée (^rincière ou bourgeoise, chaque ynastie de potentats ou chaque souche de prolétaires et d'esclaves n*ont- elles pas pour premier auteur et pour maître ce pere céleste , créateur de tout ce qui est ? Il y a donc ^ur chacun de nous deux familles , la famille patriarcale et \a famille himainr ; Tune qui vient de Thomme, l'autre (jui vii nt de Dieu. Nous sommes donc tons frères et sœurs, quoique ayant reçu le jour de pères et mères différents, 'priisqup tous les hommes, sans distinction de parenté, de race ou de condition, doivent la vie à celui qui la donne ou qui Pôte, comme bon lui semble.
De la sorte , retix qui ont le malheur de a'a>oirpiià ou d'avoir perdu un frère
chéri ou une sœur adorée, ne sont pas eotièrement déshérités des pures délices de l'amour fraternel ; ils peuvent encore les godter en partie, s'ils savent aimer leurs semblables avec un désintéresse* ment de frère.
Quant à ceux qui n'ont à regretter aucune privation ni aucune perte de ce
Seure, ils ne sont nullement çlii^penâés e l'amour qu'ils.doivent à leurs semblables par ramour qu'ils portent à leur famille. De même qu'ils sont tenus d'accepter les charges aussi bien que les avantages de. ia fraternité du sang , ainsi ils ont des devoirs à remplir envers l'autre fraternité autant que des bienfaits à eu attendre : la fraternité humaine n'est ni moins sacrée ni moins obligatoire que la fraternité patrtar' cale. Si l'une est liénéralemeut mieux sentie que l'autre, c'est parce que, dans celle-ci, la consanguinité est plus directe et double poup ainsi dire, tandis que dans celle-là, elle est plus éloignée et quelquefois même ignorée ou méconnue. Ici, les habitudes de l'enfance, les souvenirs de la jeunesse, la communauté d'intérêts , de soulfrances et de plaisirs, les fréquents rapports et les confidences de la vie intime réveillent à chaque instant la voix de la nature ; là, au contraire , cette voix est souvent étouffée par l'absence de toute relation, la diflérence apparente d'intérêts, l'opposition plus réelle dç goOts et d'usages, les préjugés de la mode,, les inér galités de rang , les préventions et les défiances du grand monde. Mais, malgré ces obstacles, il n'existe pas uioms une consanguinité véritable entre tous les hommes , une communauté d'origine, de devoirs, d'intérêts, et un lien du cœur que leur rappelle tour à tour la voix de la nature ou celle de la philosophie, de la morale et de la religion.
Oui , quoi qu'en aient dit les partisans des privdeges de ia naissance, le grand seigneur le plus fastueux est le frère de l'ouvrier qu'il dédaigne, et auquel il rougirait de donner la niain; la duchesse la plus délicatement frêle et
aui craint jusqu'au contact des rayons u soleil, est la sœur de la paysanne apx mains calleuses et au visage hâlé , qui glane les derniers épis de la moisson.
M. le duc et madame la duchesse croient
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