‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 149 sur 198 · FRATERNITÉ · texte numérisé non relu

FRATERNITÉ

s'en venger en disant, le sourîre sur les lèvres : « Oui , nous sommes tous frèn res... devant Dieu. » Mais, est-ce donc une fraternité si méprisable que la fraternité devant Dieu ! Quoi ! vous naissez et vous mourez comme les pauvres, et, parce qu'il y a entre eux et vous quelques hochets et quelques richesses pùur barrière , vous vous croyez autorisés à les regarder comme des étrangers qui n'ont rien de commun avec vous , et à les traiter comme des gens de rien ! Ne redoutez-vous pas qu'il vienne un jour où votre ccnur, votre esprit et vos actes seront conq)arés au cœur, à l'esprit et aux actes de l'ouvrier et de la paysanne? Pour peu que le juge soit éclairé, croyezvous que vous gagnerez beaucoup à la comparaison , et que vous ne vous repentirez pas d'avoir méconnu en eux des frères plus ou moins bien partagés du sort, mais, comme vous, envoyés sur cette terre pour y accomplir un mystérieux pèlerinage!

\ Les frères aînés ont tort de se montrer si durs envers leurs frères cadets ; s'ils ont sur eux une supériorité d'dge bu de condition , c'est pour les aider et non pour les humilier. lîernardin de Saint -Pierre a dit : « Il en est d'une faniille , composée de frères inégaux en àùe. en caractère, en talents, comme de la niain formée de doigts de diverses pronortions qui s'entr'aident beaucouj) plus que s'ils étaient de force et de grandeur égales. Pour l'ordinaire, lorsqu'ils saisissent tous ensemble un objet, le pouce, comme le plus fort, serre à lui seul ee (|ue les autres saisissent tous ensemble; le plus petit, comme le plus faible , clôt la main , ^ t e qu'il ne pourrait faire s'il était aussi long que les autres. Il n'y a point de jalousie entre les derniers'qui travaillent le moins, mais qui supportent les autres , et les prenners qui tiennent la plume, ou ceux qui sont décorés d'un aiuieau d'or. Quelque inégalité donc qu'il y ait entre les talents et les conditiojis des frères, il n'y a qu'une seule ci.ose à leur inspirer , c'est la concorde, afin qu'ils unissent agir de concert comme les doigts de la main. » Ce que Bernardin de Sainl-Pierre disait avec tant de bonheur en parlant d'une petite famille, on peut l'appliquer à toute la

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