FRATERNITÉ
famille humaine. Ainsi comprise , la fraternité est un des sentiments qui honorent le plus les hommes, et qui peuvent le plus contribuer à leur repos en mêmei temps qu'à leur amélioration.
C'est la fraternité que nous enseigne l'Évangile, où il est dit si souvent:
« Vous n'avez tons qu'un seul père, qui est Dieu... Aimez -vous les uns les autres comme des frères... Faites à autrui ce que vous voudriez qui vous fût fait... Ne faites pas h votre prochain ce que vous ne voudriez pas qu'il vous fit... » Cette fraternité- la contient en elle le germe de la véritable égalité, ou plutôt elle est l'égalité même, révélée par le cœur.
IMalheureusement, les puissants de la terre r/ont une trop longtemps violé les maximes de l'Évangile, que généralement ils n'aiment à répéter que du bout des lèvres. Le clergé catholique est parvenu, quelque temps du moins, à réaliser le règne de la fraternité dans le sein de l'Éirlise; ujais, quoique assez puissants pour détrôner les rois, les papes n'ont pas su ou n'ont pas pu faire descendre la fraternité, du royaume de Dieu, dans le rovaume de César. Dans tous les pays chrétiens, les préjugés féodaux ont' été plus forts que les prédications évangéliques; et, à la fin du dernier siècle, malgré les attaques à la fois violentes et spirituelles de la philosophie, ces préjugés, alors défendus par le clrrg<' lui-même, avaient encore assez de force pour se refuser à toute espèce de transaction.
Ce que la papauté avait été impuissante a accomplir, la révolution française entreprit de l'achever. Dès son début, elle prit [lour devise : la liberté, l'égalité et la fraternité. Le croirait-on? cette devise sacrée, aussi conforme à l'esprit de l'Évangile qu'à Tcsprit de l'époque, fut combattue non-seulement par la noblesse féodale et parla royauté, mais encore par le clergé catholique.
Quelques prêtres, il est vrai, ne s'associèrent pas à ces haines aveugles; mais le pape, chef et représentant de l'Église, se rangea du côté des partisans du privilège, lui le prinee des apôtres. Bientôt les rois se coalisèrent pour renverser par la force le glorieux drapeau de I9 révolution et de l'Évangile. Ils firent
460 mATUUriT* L'CNIVERfl. FRATRmiITi
couler du sang pour se venger du peupie qui avait osé dire le premier :
« Tous les hommes sont nés pour être
libres, égaux et frères. » Alors, mais seulement alors, il ne faut jamais Toublier, les révolutionnaires français ajoutèrent après ees mots: lib«té, égalité, fraternité , ces autres mots terribles : ou la mort. En cela, ils ne faisaient que suivre l'exemple des rois, qui, en leur déclarant la guenre,leur disaient évidem* ment : « Pas de liberté, pas d égalité, pas de fraternité!... ou la mort. » Certes, on a eu raisoa de flétrir les cruautés qui ont contribué à perdre la révolution ; mais, lorsqu'on professe des sentiments humains , comment ne pas s'élever aussi contre la cruauté des coalisés, qui se montraient si peu avares du sang français, et qui poussaient eux-mêmes les révolutionnaires aux derniers excès, dans l'espoir d'en venir plus facilement à bout ? Il ne faut pas avoir deux poids et deux mesures.
Il faut surtout rendre responsables du mal ceux qîii en ont été la cause première. Sans doiile nos pères auraient préféré ne pas se montrer si terribles ; mais on leur en avait donné l'exemple; et, quand ils s'aperçurent des infâmes trahisons
aui avaient mis la France a deux doigts e sa perte, Il ne restait plus d'autre moyen d'échapper au sort delà Pologne que la plus violente énergie; disons le mot, tous les partis sont d'accord sur ce point aujourd'hui. Il ne restait plus d'autre ressource que la terreur. La seule chose qu'on ne saurait excuser, ce sont les crimes qui accompagnèrent ce régime sanglant; encore ces crimes ontils été commis bien moins par des agents révolutionnaires en délire que par des agents de l'étranger abrites sous le masque du patriotisme. Pour que la révolution fût coupable, il faudrait que, dès l'origine, elle eût proféré la menace qui lui a été si souvent reprochée. Or, elle n'en lit rien : loin d'être animée de pensées sanguinaires, elle s'efforça de tranquilliser l'Europe, en prenantVengagenient de ne pas employer les armes contre elle, tant qu'elle respecterait l'indépendance nationale de la France.
C'est seulement lorsque les rois européens se furent mépris sur la longanimité de la Constituante, et eurent mis
à proOt les divisions de l'Assemblée lé-
gisiative, c'est seulement alors que la onvention se vit forcée de ne plus garder de mesure. De quel côté sont les premiers et les plus j^ratids torts? est-ce du coté de ceux qui allaquent injustement une bonne cause? ou bien du côté de ceïix qui la défendent?
Maititen.'iiit, nos pères etaient-iisdans leur droit lorsqu'ils ont placé la fraternité sur le drapeau révolutionnaire?
A ceux qui oseraient le nier, il est facile de repondre, soit avec le texte de ri'Lvangile, soit avec le cri de la consdenoe liumaine. Il y a plus : ce mot de fraternité venait adoucir ce que pouvaient laisser paraître de trop violent les deux autres mots de la devise sacramentelle, pris dans un sens exclusif.
En le prononçant, la révolution en appelait à Dieu lui-même, et le prenait à témoin de la sainteté de sa cause. Chose bizarre, et qui montre combien les rôles étaient intervertis! les impies d'alors étaient ceux qui se disaient chrétiens, et les chrétiens vraiment dignes de ce nom ceux qui ne se croyaient que philosophes! Quelle ressemblance, en effet , entre les premiers chrétiens et ces révolutionnaires qui avaient commencé à introduire la fraternité dans nos mœurs! Est-il quelque chose qui rappelle mieux les usages de l'Église naissante que ces festins sur Tes places publiques et dans les rues, qui, comme dans les républiques anciennes, à certains jours, reunissaient à la même table tous les citoyens d'un même quartier?
quoi de plus semblable aux agapes des premiers chrétiens que ces agapes républicaines?
Ce n'est pas le tout de se dire frères, il faut s'entretenir dans ces sentiments *■ de fraternité par quelques grandes réunions de famille. Il ne suffit pas de dire qu'on adore un même Dieu et qu'on obéit aux mêmes lois, il importe de ménager de temps à autre des rap|)orts d*amitié entre les différentes classes d'une même société, tout en respectant Pinvlolabilité du for intérieur. Là où règne l'isolement, l'égoïsme a bientôt pénétré; et quand l'éjzoîsme est entré quelque part, il est diiBcile de l'en faire sortir : notre époque en fournit plus d'une preuve. Voilà le mal que voulaient
wmkvmmwri s»aubs framcb.
nuiTMiJiiifBir
combattre les révolutionnaires, et qu'a- ▼afent si bien détruit les premiers chrétiens.
Dans l'article Égalité ( \oycx ce mot) , nous avons essuyé de déternuner la place qu'occupe le mot fraternité dans la devise trinaîre qui servit de symbole à la révolution française. Il nous a semblé que, si ia liberté est surtout une ▼érité politique et l'égalité surtout une vérité sociale, la fraternité est avant tout uoe vérité religieuse. Sans revenir sur ce sujet , nous nous bornerons à dire, en Unissant, que cela est d'autant plus incontestable, que la croyance à la fraternité repose évidemment sur le
Krincipe de l'existence de Dieu : tous les ommes sont treres, parce qu'ils ont un auteur commun.
Fbatbbritb i>'abmb8. — Il existait quelquefois entre les guerriers, au temps de la ptire chevalerie, une espèce d'alliance qui reunissait en un faisceau eommun tous les acquêts de gloire, et l|ui , substituant la rivalité des prouesses a celle de l'orgueil, créait des émules aux vairiqueurs et des vengeurs aux vaincus. Tel est, du moins, le beau côté de cet usage, qui offrait aussi des résultats positifs, puisque les frères d'armes stipulaient, en outre, communauté {lavoir, de butin et de prisonniers.
Le frère d*armes devait être l'ennemi des ennemis de son compagnon, Tami de ses antis : ils devaient partager par moitié leurs prolils de guerre présents et à venir, et dévouer leur lortime et leur vie à la délivrance l'un de l'autre, s'ils étaient pris. Cette alliance, que garantissait le serment sur les évangiles, et souvent la consécration d'une hostie partagée entre les deox contractants, puis 1 édiange dm armes, se confirmait ordinairement par titre authentique, et elle aboutissait ainsi à un traité passé pour ainsi dire par-devaut notaire et écrit en style de tabellion. C'est ainsi (|ue fut conclue, en 1370, une fraternité d'armes entre du Guescliii et Clisson Froissai t (livre iv,
O Voyrz sur ce traiic , la dLsstrtaliou vingt et uae de du Gange à la suite de Joln* ville. Vo.e/. aussi l'histoire de du Gut^'sclin, par Ménard, ch. xxiv, p. ao6, a4o, a4H, relativeineat à la fraternilé d^armet entre le chevalier l»eton el Hue de Garvalai.
ch. 39), racontant l'assassinat du connétable de Clisson en 1392, ajoute:
« Le seigneur de Coucv monta a cheval, et se parfyt, lui miytième seulement, à l'hostel du connesiable, derrière le temple, où on l'avoit rapporté, car moult s*entr'aymoient, et s'appeloient frères et compaignons d'armes. »
Les garanties du code Cliarlemagne et de ia religion n'étaient pas toujours, dans de pareilles associations, un obstado au parjure. Ce furent des serments de fraternité peu sincères que ceux que se prêtèrent les ducs de Bourgogne et d'Orléans, victimes de la rue Barbette et du pont de Montereau ; puis, un siècle plus tard , l^ouis XI et un autre duc de Bourgogne. Quelquefois celte fraternité procédait d'une impulsion peu généreuse et même de motifs purement politiques, tels une ceux pour lesquels, en l."9y, le dtic d'Orléans, frère de Charles VI, se lia avec le duc de Lancastre , mi détrdna plus tard Richard II , gendre au même Cliarles VL
Fraubrunnen 'combat de), —Le général français Srliauembourg , après s'être empare de Soieure,' le 2 mars 1798, avait porté le 4 son avant-garde àSchahiren, une demi-brigade en intermédiaire au village de lîetterkindcn, et son corps de bataille a Lohn, sur la route de Soieure à Berne. Le 5, on se mit en mouvement à la pointe du jour.
L'avant-garde rencontra l'ennemi dans un bois en arrière de Schahireu. Une action fort vive s'engagea entre la 4* légère et les troupes oernoises , qui avaient du canon; mais dè^ que l'artillerie française put donner pour soutenir nos fantassins, les Bernois cessèrent toute résistance, et allèrent prendre position sur des hauteurs en avant de Fraubrunnen. Ils en furent bientôt débusqués, mais se reformèrent derrière Arteiien. Kgalement repoussés de ce poste, ils firent retraite en bon ordre, et vinrent sVtnMir entre des rochers et un grand bois de sapins qui couronnent les hauteurs d'Altmerkingen. Quoique la route de Berne forme en cet endroit un délilé facile à deftîiidre, l'ennemi, attaqué de front et par ses flancs, ne put résister. Il perdit beaucoup de monde, abandonna tous ses canons, et se sauva presque à la débandade. Le
T. rai. 81* lÀwraism. (Digt. bncygijOp., btg.) 81
483 FRATSSINOUS L*UNIVERS. FRAYSSIFTOtTS
général qui commandait les Bernois parvint cependant à les rallier encore en avant (ie Berne. La allait s'engager un cinquième combat , lorsque la ville envoya des députés offrir sa soumission. On t'accepta , et les Français y entrèrent à une heure de l'apres-uudi.
Fbauenalb (combat de). — Bfitttis à Rastadt, le 5 juillet 1796, par Moreau, général en chef de l'armée de Rhin-et- Moselle, les Autrichiens allèrent le lendemain prendre position derrière l'Alb.
Le 9, se livra une nouvelle bataille dite d'Ettlingen , qui eut succcssivrnipiit
f)our théâtre les alentours de cette ville, e plateau de Kothcnsohl et le village de Malsb* Le matin , s'était engagée une action préliminaire sur les bords du ravin de Frauenalb, qu'occupait l'extrême gauche de l'ennemi. Celte formidable position, qui n'avait d'accès
Îjue par la route de Herrenalb, était dé> endue par six bataillons, quatre escadrons et une nombreu>e artillerie. De solides retranchements , élevés de toutes parts, au prix de peines inouTes, attestaient la prévoyance autrichienne. Le général Saint-Cyr, qui commandait Toile gauche de Tarmée française, donna , au point du jour, ordre à l'adjudant général Uouël de se porter vers le Frauenalb avec la 84* demi-brigade et cent chasseurs du 2' régiment. Os troupes eurent besoin de toute leur bravoure pour s'acquitter avec succès de Texpedition qui leur était confiée. Les Impériaux avaient ordre de se défendre sur ce
£ûint jusqu'à la dernière extrémité, ■eurs chen espéraient ainsi fatiguer les Français , et se trouver, par conséquent, plus a même de leur résister lorsque s engaiierait la bataille principale; fnais tous leurs elforls échouèrent contre rhéroîque intrépidité de nos soldats , et l'ennemi, enfin déhusqué, se replia sur la route de Pforzlieim.
FRAxiTiEi. Voyez Gàju)E-Faei-
HXT.
Fbayssinous (Denis) naquitenl765,
dans le village de Curières : Avpyrofi). Lorsque le concordat eut rendu quel(jue influence au clergé catholique , il commença dans IVglise des Carmes , à Paris , ses conférences religieuses , (jiii devaient lui (>u\ rir i»lus tard la carrière des honneurs, iruutuues , son protec-
teur , le nommfi membre de la faculté de théologie, et inspecteur de l'Académie de Paris. Le jeune abbé reçut encore un canonicat au chapitre de lfotre< Dame, et alors il continua ses conférences dans l'éclise de Saint - Sulpice. Le talent de 1 orateur, la violence avec laquelle il attaquait la philosophie de ce siècle, tout en rendant grâce à Dieu d'avoir suscité une main puissante pour relever ses autels, lui valurent une vogue extraordinaire jusqu'en 1809, époque où il reçut l'ordre précis dUotCN rompre ses prédications.
Il les reprit, en 1814, après le retour des Bourbons, et l'espèce de persécution dont il avait été Tobjet leur donna un nouveau sucrés; apôtre zélé du royalisme , il sortit en moins d'un an de sa position encore obscure pour étresuccessivement nommé prédicateur du roi , censeur royal , et membre da conseil royal de l'instruction publique, et pour monter , après le court teujps d'arrcl des cent jours, aux plus hautes dignités de TÉtat. Devenu d'altord évd-
3ue d'Hermopolis , puis grand maître e Tmiiversité ( l'"'' juin 1822), il vit s'ouvrir devant lui les portes de l'Académie française, quoiqu*!! n*eût alors publié aucun ouvrage qui lui donnât droit au fauteuil. Puis il reçut les titres de pair de France, comte , *etc., et seinhiait ne pouvoir plus obtenir de nouvelles faveurs, lorsque , le S6 aotU 1834 , le mi*' nistère des afiaires ecclésiastiques futcréé pour lui, comme on avait précédemment rétabli nour lui la dignité de grand mettre de 1 université.
Le 25 octobre de la même année, ch iri^é de prononcer , à Saint - Denis, l'oraisuu funèbre de Louis XVIII , il retraça les calamités qu'avaiteues à soutenir'le feu roi; mais le nom de la charte ne tut même pas prononcé dans un discours aussi solemiel. L'orateur crut seulement devoir jusliller le ino- Dari|ue de ravoir octroyée : « Il devait, « disait-Il , plier devant la force des « choses. " 11 fit ensuite une violente . sortie contre la liberté de la presse, et contre « tous ces enseiguemeuls qu'oa « a tant de soin de frire descendre jus* « qu'aux dernières classes du peuple. » Enfin, il ne craignit pas de rappeler l'assassinat du la lévrier 1820 , pour
tBéD^OAIIIÉ FRANCE. PB^DÉaoUlftl 48S
E' ouver la nécessité de laisser le peuple ns rignorance.
Sous radininistration de Tévéque
d*fîermof)olis les jésuites envahirent les écoles et les églises; ce fut Uii q'ii, le premier, parla publiquement de cette société, dans deux discours prononcés à la ( h,iiiil)re des députés en 1826 et 1847, et par lesquels il en reconnaissait l'existence, sans donner de preuves de sa légalité.
Lors de la révolution ministérielle qui renversa , en 1828, M. de Viliclc, M. de Fravssinotis conserva , pend.int Quelque tem^is , la moitié de son portereuilie, qu'il céda cependant bientôt en-
tière lient.
Apres la révolution de t830, il suivit ses anciens maîtres dans l'i-xil , et concourut, à Prague et à Goritz, à Péducation du prétendant. En 1838 , néanmoins, il rentra en France où il vécut encore 3 ans dans la retraite , ne conservant d*autre titre que celui d'évéque in partibus et d'académicien. Il e^^t mort au mois de déc embre 1841. O-itre quelques oraisons funehre-^ et discours, et une brochure sur le-s vraU principes de tÉgtise gafUcane, 18f8>1836, in-8», il a publié ses conférences, sous le titre de : Défense du chri&tianUme , 1825»
3 vol. in-8°.
Fjiictn.FB, savant évéqae de Lisieux, mort en 8â0 , avait composé plusieurs ouvrages , dont un seul nous est parvenu. C'est une chronique collective, un essai d'histoire universelle, qui prouve, par le fait même de son existence, qu*au neuvième siècle un horizon plus vaste s'était ouvert devant les esprits. I/éerit de FrecuUe est 'mi\\i\éi Freculphi, episcopl hxùviemis, chronieorum libn auOy plusieurs fuis im|>rimé, Cologne, 153 J, ITeiilellieri! , 1 .>97 , in-fol., inséré dans la Bihliotkèque des Pères,
Fbédëoaihe, surnommé le Scolas- UquBy chroniqueur, né en Bourgogne, à ce que l'on suppose, dans le se,aieine siècle, est aiileur d'une Chronique ou abrégé d'histoire universelle, divise en 6 livres , dont les 8 uremiers ne sont qu'une compilation (les chroniques de Jules-Africain, Kusèhe, saint Jérôme et Idace; le 4' est un abrégé des 6 premiers livres de THistoire de Grégoire de Toura, et le 5* renferme la conti-
nuation de cette histoire jusqu'à Tannée 641. Quatre écrivains anonymes ont fait des additionsàTouvra^ede Frédégaire, et l'ont poussé jusqu'à l'année 768.
Il faut reconnaître avec M. Guizot qu'il y a une immense distance entre Grégoire de Tours et Frédégaire , qué de l'historien au chroniqueur la barbarie a fait de déplorables pro2;rès. Cependant , sans cette chronique , on ne saurait presque rien de plusieurs règnes très-importants , et on pardonne aisément à l'auteur la dureté l'incorrection du style, la pesanteur de la pensée. Elle a été d'abord imprimée en forme d'ap* pendice aux œuvres de saint Grégoire de Tours , R.1le , l-'^ns et IGlO, in 8% SOfis ne titre : tredegarii Scholasfici chronicon quod itte , jubente CàUde' brando comité , /'//)ini re(jis patruo, scripsit, traduite en h mhçi s par l'abbé de iMarolles. Le 4'" et le 6* livre furent encore insérés dans les Scriptores reruin Franclcarum de Fr^her ; dans les Scriplores coxtaiiei de Duchesne, dans le Recueil des historiens de France par D. Boutjuet, et, plus récemment, d ins la Collection de chroniqneurs latins, traduits par M. Guizot. On peut consulter sur ce même ouvrage la dissertation d'Adrien de Valois , de Frcdegario ejusque operibus ; la prétacc de D. Ruinart, en tête des œuvres de Grégoire de Tours, et la notice jointe par M. Guizot à sa traduction.
Fbedëgondb. Il serait difficile de trouver dans notre histoire un personnage dont le caractère, dont les actions, les vices et les talenfs aient été plus remarquables , et soient mieux connus que ceux de Frédé^onde. Grégoire de Tours nous a raconté la vie de cette femme avec Texactitude scrupuleuse d'un contemporain , fortement frappé de sa terrible grandeur; et M. Augustin Thierry a refait cette histoire dans ses Récits mérovingiens^ avec un talent de style et une habileté interprétative qui (o it de ce livre l'un des meilleurs ouvrages que l'art ait composés sur notre histoire nationale.
Frédegonde était d'une basse naissance; douée d'une grande beauté, elle entra au service d'Audovère, femme de €bilpéric,se fit remarquer de ce prince, et parvint à supi^nter la reine, nous
484 miDÉGONDE L'UNIVERS. VaéDlÊGONDK
avons raconté ailleurs (*) le conseil per>
fuie qu'elle donna à la nnïve Audovère, et ies conî^équences qu'elle sut en tirer pour elle-même. Grégoire de Tours ne parle pas de la ruse qui lui réussit si bien. Suivant lui , Chilpéric ayant eu d'abord pour épouses des feinines de basse naissance , telles ^u'Audovere et Frédégonde, rougit enfin de ces mariages lorsquil eut vu son frère épouser Rrunehaut , fille d'Atlianngilde , roi des Wisigoths, et demanda la main de Galbwinthe, sœur de cette princesse.
Frédégonde alors retomba dans une
condition inférieure; mais elle ne tarda pas à reprendre sur le roi son ancien empire ; Galswinthe fut étranglée dans son lit, et Frédégonde , remontant sur le trône , parvint à s'y maintenir et y resta jusqu'à la fin de sa vie (565). Pendant vingt ans elle lut maîtresse absolue du cœur et de Tesprit de Ghîlpéric. Ce fut elle qui conimanda à ce prince tous les crimes dont il souilla sa mémoire; car il était, suivant l'expression de doinRuinart, Uxoriusmagis quam crudeUs.
La mort de Galswinthe fit éclater, entre Frédé^^onde et Brunehaut, une baine qui, se confondant avec la rivalité naissante de la Neustrie et de l'Austrasie, alluma cette guerre civile qui fut si fatale à la puissance mérovingienne.
Dans cette lutte , Frédégonde employa toutes les ressources du génie et tous les moyens du crime. « Celte femme terrible , entourée d'hommes dévoués qu'elle fascinait de son géuie meurtrier, et dont elle troublait la raison par d*enivrants breuvages, frappait par eux ses ennemis. Les dévoués antiques de l'Aquitaine et de la Germanie , les sectateurs des Assassins , qui , sur un signe de leur chef, allaient en aveugles tuer et mourir , se retrouvent dans les serviteurs de Frédégonde. Klle-même, belle et homicide , tout entourée de superstitions païennes , nous apparaît comme une Walkirie Scandinave» Elle suppléa , par l'audace et le crime, à la faiblesse de la INeustne , fit à ses puissants rivaux une guerre de ruse et d*assassiaats , et sauva peut-être roocident
O Tojes l'arUde CoMpi&K et Commè&k.
de la Gaule d'une nouvelle invasion de
barbares (*). »
Si^ebert, animé par Brunehaut, arma deux fois les hordes germaniques qu'il commandait contre la Neustrie. Dans la seconde invasion , les Neustriens se décidèrent h le proclamer roi. Chilpéric, réfugié à Tournay , semblait perdu ; Frédégonde le sauva, en faisant assassiner Sigebert par deux bpmmes qu'elle avait armes de sa propre main (.576) ; et Brunehaut, surprise à Paris par ses ennemis, fut enfermée à Rouen, tandis que son fils Childebert était proclamé roi par les leudes austrasiens.
Frédégonde avait rendu à Chilpénc un éminent service ; de plus, elle l'avait Ait complice d'un grand crime. Cette double cause ajoutant à son ascendant sur ce prince , lui donna le pouvoir de tout oser. Mile travailla dès lors , avec une atrocité réfléchie , à se débarrasser de tous ceux qu*elle avait à redouter.
Elle immola , les uns après les autres, les fils d'Audovère; Mérovée succomba le premier ; ce jeune prince avait eu l'imprudenee d*aimer et d*épouser Brunehaut captive. Pour échapper à la vengeance de Chilpéric , que Frédéijonde excitait contre lui, il s'enfuit d'a.-^ile en asile, et fut poursuivi jusque dans la basilique de Saint Martin de Tours, que la haine de Frédégonde ne respecta pas. Knfin, après de longues infortunes, trahi par les habitants de Térouanne, il se fit tuer par un ami , pour ne pas tomber vivant entre les mains de son père (**).
La jalousie furieuse de Frédégonde contre Audovère et ses fils fut augmentée encore par la mort de ses propres
enfants. Clovis, le dernier des fils de sa rivale, fut accusé d'avoir fait périr par des maléfices les enfants de sa bellemère; on prétendit qu'il s*était servi, pour ce crime , d'une jeune fille qu'il aimait, et qui était attachée au service de la reine. Cette fille fut exposée au supplice devant la demeure même de Clovis : sa mère fut brûlée vive. Clovis, amené charrié de chaînes devant Chilpéric, fut livré à Frédégonde, qui l'envoya dans une villa royale où il fut poi-
(*) Micliplet , Histoire de France, t. !• (*') Aug. ïbien-y, troisième récit.
ratfoiMirDB FRAKCE. vwànétumM 48i
jsrnardé. Sa sreur , livrée aux outrages des valets de lu reine, fut enfennée dans vn monastère; enfin, Frédégonde ter* mina ses vengeances en faisant enfin égorger Audovère.
Chiipéric, trompé et dominé par la femme qu*n aimait , autorisaft toutes ees exécutions gu*elle lui représentait comme nécessaires; mais Tinfluence souveraine qu'elle exerçait sur ce faible prince n'apparaît nulle part d'une manière aussi frappante que dans l'histoire de Leudaste, comte de Tours, une des victimes de cette femme implacable (*).
Leudaste avait attaqué sa réputation pour la perdre dans l'esprit de son époux : dès lors sa mort fut décidée (581). Il parvint cependant , pendant plusieurs années, à se soustraire aux poursuites de son ennemie; mais, cropnt qu'elle avsit oublié sa haine, il revmt imprudemment à Paris , y fut arrêté, et trouva la mort au milieu des tourments (683). Un fortaitplus odieux encore fut Tassassinat de Prétextât, évéque de Rouen, qui avait sanrtio.iné l'union de Mérovee et de Bruneiiaut. Ce prélat fut d abord exilé; étant rentré dans son diocèse, il eut avec la reine de vives altercations , et tomba sous les coups d'un meurtrier, au milieu même de son église. Frédégonde s'empressa d'accourir auprès de sa victime, pour détourner les soupçons par des témoignages d'une douleur hypocrite; mais le vieilliird n'y lut pas trompé, et en mourant il la menaça des vengeances du ciel (586). La mort de Prétextât jeta la eoosternation dans la ville de Rouen.
Un des seigneurs francs établis dans eetto ville vint accabler Frédégonde de reproches : « Noos poursuivrons tous
«h punition de ce crime , lui dit il, « pour mettre enliu un terme à tes « cruautés. » La reine le lit inviter à sa table; il refusa; elle le fit prier d*accepter nn moins, scion l'usage, une coupe de vin; il y consentit; le breuvage était empoisonné: il .sentit presque aussitôt dans sa poitrine de violentes douleurs , monta sur son cheval , et mourut après avoir fait quelques pas.
Les évêques, le roi Contran, seremuè- (*) Aug. ihieiT), ciuquième et sixième réoL
rent pour punir le meurtre de Prétextât ; mais la coupable était trop puis* santé, et la faible justice de ces temps
barbares ne put Tatteindre.
Chilpéric périt assassiné, en 584.
Quelques historiens ont mis ce meurtre sur lecomptede Frédégonde; Grégoire de Tours n'en fiiit connaître ni les causes ni l'auteur; au surplus, que Frédégonde soit convaincue ou non de ce nouveau crime , peu importe pour sa mémoire. Un peu plus ou un peu moins de sang versé ne peut ni augmenter ni diminuer l'horreur qu'elle inspire. De tous les enfants qu'elle avait eus de Chilpéric il ne loi restait que Clotaire, encore au berceau , et au nom duquel elle conserva l'autorité , tandis que Brunehaut gouvernait l'Austrasie sous son fils. Les régences mflles, hardies et insolentes de œs deux femmes, commo a dit Montesquieu , forment , dans les fastes de ces temps-l;i, un épisode d'un haut inléi et. G ou Iran, leur beau-frère, s'efforçait de conserver la paix entre elles, pt (le maintenir l'équilibre entre l'Austrasie et la Neustrie, ne pouvant se résoudre à sacrifier l'une à l'autre.
Frédégonde employa , dans la politique , les mêmes moyens que dans ses vengeances particulières. « Elle défendit ses méchancetés ^r ses méchancetés mêmes ; elle Justifia le poison et les assassinats par le poison et les assassinats. Contran, Brujiehaut et ses fils ou petits-HIs, presfpie tous les grands, sa
tropre fille , furent continuellement en Dtle A ses fureurs (*). » Cependant, son administration fut ferme et habile. Secondée par Landry, maire du palais, et peut-être son amant; protégée par Contran , qu'elle savait gagner quand elle en avait besoin , elle conserva intacte l'autorité de son fils. En 59Ï , Gontran, appelé par elle, vint une dernière fois à Paris, et tint son petit-neveu Clotaire, alors âgé de 7 ans, sur les fonts baptismaux. I.a cérémonie eut lieu au village de INanterre. Childebert se plaignit de cette protection accordée à ses ennemis. Gontran lui répondit pour rengager à rester en paix avec son cousin , et retourna à Cliàlon-sur- Saône.
4M nmiTH LtlNiVE&s. ninw
Mais, à sa mort (593), la rivalité de Frédégonde et de Brunehaut reprit un libre cours. Les bandes aostrasiennes recommencèrent à menacer la Neiistrie comme au temps de Si^ebert. Mais eette fois Frédégonde vainquit noblement; elle mit Landry à la tite des Neustriens , les anima par ses paroles et sa présence; ils furent vainqueurs, et pillèrent le pays eoneuii jusqu'à Keims (.^93).
La mort de Childebert ayant ensuite affaibli l'Austrasie , elle attaqua 1rs deux Ûls de ce prince, sans leur ded.irer Ja guerre. Plus tard , elle prolita des démêlés qui s*élevèrent entre Brune»
haut et les leudes austrasiens , marchn rentre eux, les rencontra à lAitofn, à l'est de Soissons , et remporta une ▼ictoire complète (597). FJIe revint entoile à Paris, et y mourut Tannée suivante (508), laissant Clotaire II, iîgé de 13 ans, sous la tutelle de Landry, maire du palais.
£ile était morte tranquillement, après •▼oir commis de grands crimes, détestée, après avoir fait de grandes choses. Dans ces temps barbares , on n avait point de juste horreur pour la cruauté, ni de véritable estime pour l'babileté et le talent, Aujourd'bui, Frédégonde est entièrement appréciée et comprise. Nous en avons dit assez sur ses sanguinaires vengeances , et il suffit de dire , à Té* loge (iv son ndiniriistration, (pi'Ébroïn, qui fut un grand homme, ne lit que Vi* miter.
On peut consulter, sur cette femme
et sur sa rivale , un mémoire de Gaillard, inséré dans le tome \xx du Recueil (ie i'Academiti des mscriptious et belles-lettres.
Fbbdum. — On appelle ainsi, dans les lois barbares, l'amende (pii devait être payée au iui^e, independamuieut de la composition ou wergeid que recevait Poffensé ou sa famille. Ce mot , d*où dérive probablement notre mot ft'aiSy vient du saxon /rcrf, qui sj;;iti(ie paix, parce que c'était à proprement parler le \mx de la paix, la récompense de la protection accordée contre
le droit de veni^entire.
Montesquieu a c airementet brièvement résumé la raison d'être et le véritable Mnctèré du Jrwkim, Kous ne
pouvons mietix faire que de citer ici les propres paroles de ce grand publiciste:
« chez les barbares , rendre la justice n'était autre cbose qu'aerorder a celui qui avoit fait une offense sa protection contre la vengeance de celui qui Tavoit reçue, et obliger ee dernier i recevoir la satisfaction qui lui étoit due : de sorte que chez les Germains , à la différence de tous les autres peuples, la justice se rendoit pour protéger le criminel contre celui qu*U avoit offensé.
« Les codes des lois barbares nous donnent le cas où ces freda pouvoieut être exigés. Dans ceux où les parents ne pouvoient pas prendre de vemieauee, ils ne donnent point de fredum ; en effet, là où il n'y avoit point de vengeance , il ne poiivoit y avoir de droit de protection contre la vengean<'e. Ainsi , dans la loi des Lombards , si quelqn'iir» tuoit [)ar basard un homme libre, il payoit la valeur de Thomme mort, sans le fredum ; parce que Payant tué involontairement , ce n'étoit pas le cas où les parents eussent un droit de vengeance Ainsi, dans la loi des Kipuaires, qtiand un homme étoit tué par un morceau de bois ou un ouvrage fait de main d'Iioinine, l'ouvrage ou le bois éloient censés coupables, et les parents les prenoient pour leur usage, sans pouvoir exiger de fredum,
« De même, quand une béte avoit tué un homme, la ni^me loi etablissoit une composition sans le fredum^ parce que les parents du mort n*étoient pas offensés.
« Knfin, par la loi snlique, un enfant, qui avoit connnis (pi(>Upie faute avant Tàge de douze ans, payoit la composition sans le fredum ; comme il ne pou* voit porter encore les armes, il n'étoit pas (l.uis le cas où la partie lésée ou ses parents pussent demander la vengeance.
« C*étoit le coupable qui payoit le
fredum , pour la paix et la sécurité que les excès qu'il avoit cou)mis lui avoieut fait perdre, et qu'il pouvoil recouvrer par la protection; mais un enfant ne perdoit point cette sécurité : Il n'eioit [)uint uii homme, et ne pouvoit être mis hors de la société des hommes.
FRléGATE AAKCE. PaBlSINS 4S7
«l'LÇ'. fredum étoit un droit local pour celui qui ju^poit dans le territoire. Il se proportiuiinoit à la grandeur de la protection : ainsi le frêdum pour la pro* tection du roi fut plus grand que oehii acrordé pour la protection du oomte et des autres ju^es (*). »
he freihtm, appelé aoni doimimi dans quelques lois barbares et dans iM capitulaires, formait le ni inripal revenu des possesseurs de bénéfices. Le.<?
comtes, les barons le percevaient, parce
Sue ehacun d>ui, dans retendue de ion énëfire , représpntnit le pouvoir social, qui seul avait I autorité et la force suffisantes pour protéger les intérêts individuels et réprimer ceux qui leur portaient atteinte.
Quand le proi^rès des mneiirs et fin la raiikon publique eurent fait disparaître de nos lois le système barbare des compositions, et que des notions plus justes sur les princijies de la justice comniencèrent n prévaloir, le droit qu'avaient eu jusqu'alors les seigneurs de faire payer leur protection sous le nom de jredum^ se transforma en un impdt qu'ils perçurent à litre de droit de justice. Les rois ne furent ni assez forts ni assez haidis pour réclamer contre cette usurpation; et lorsque plus tard, comme sons Fraticois I"" et Louis XIV, ils furent devenus les uniques protecteurs de la paix publique , par une anomalie qui s>xpli({uedifneilement, lesseigneuri de fiefs continuèrent à regarder la justice cojnuïe un droit patrimonial , et à percevoir comme propriétaires un impôt qui tirait primitÎTementson principe d*une délégation tadto de la souveraineté. ( Voy. Composition, T>oîs barbares. Justices sKioiNEiiBiALKs. )
Fbégate. — Ce iiotu est depuis longtemps connu dans la Méditerranée. Au seizième siècle, il dési^^nait de lonps bcitinieiits a voiles et à rames, portant couverie, et dont le bord était plus • haut que celui des galères. On appela ensuite de ce nom les vaisseaux légers, gouvernant, manceuvrant et virant biea de bord.
Au dix-septième et au dit-huitième iiècle, la frégate était un vaisseau dê guerre nn peu plus bas et plus long que
(*) £*pnt dM lois. Ut. six, ch. ao.
les autres, léger à la voile, peu chargé de bois et n'ayant ordinairement que deux ponts. Sous Louis XIV ou appelait frégate légère la frégate à im pont portant de 16 à 35 pièces de ca* non. T.ps capitaines de ces navires commandaient aux lieutenants de vaisseau et aui capitaines de brûlots.
Les frégates modernes, navires de guerre inférieurs aux vaisseaux de ligne, et n'ayant qu'une seule batterie couverte, uiais cependant grands, forts et bien armés, se classent ainsi qu*il suit ; frégates de premier rang , portant 60 bouches à feu , canons de 30 en batterie et caronades de même calibre sur les gaillards; frégates de dtuseiêmê rang , portant 56 ou 54 bouehesà feu, canons de 24 en batterie , caronades de 36 , 30 ou 24 sur les gaillards ; dans les frégates de troisième rang , on comprend quelques bâtiments de 60, premiers essais des lîrandes freinâtes, (pielques autres de 48 et de 46; eiilin toutes les anciennes frégates de 44 qia datent de Tempire. Toutes eellea qui avaient au-dessous de 44 !> n lies à feu ont été abandonnées; celles de 44 portent du 18 en batterie , et sur les gaillards des caronades de 34.
Le gréement de la frégate est à peu près en tout le même qoe celui dm
vaisseau de ligne.
Avant la révolution il y avait, quant an calibre des piètet , des firé^tas de
18, de 12, de 9 et de 8 ; mamtenant tous les calibres inférieurs au 18 sont attribués aux corvettes, bricks, etc.
Les capitaines de firégate avalent, conmie nous l'avons dit, le pas sur les lieutenants de vaisseau; une ordonnance , rendue dans ces dernières années, a éteint ce grade, et y a substitué celui de capitaine de eorvet|e.
En présentant le hii iû'rt pour l'exercice 1840, ie ministre des finances a évalué ainsi qu'il suit la valeur des coques de frégates sup|)0iéea neuves s Frégate de V raBg e,r>'.) i oo fr.
âer rang 6()7,y75 '
de 8* rang 406,600. ;
Fhkisins ( combat de ). — Lorsque , vers la fin de l'année 1810, deux divi* sions du neuvième corps de la grande armée qui opérait dans la Péninsule, passèrent d'Espagne en Portugal pour
PRÉJrus LmiY£RS. FBlbcs
rejoindre le maréchal iNIassfnn dans ses lignes de Sanlareni , le corps de milices portugaises commandées par le général Silveyra, qui occupait les positions de Pinhf'l et de Trancoso, fut oblit;é de battre en retraite. Toutefois, après le passage de la première division, aux ordres du générai I>rouet, Silveyra crut ouvoir faire volte-face, et le 30 décemre il attaqua la seconde à Ponte d'Albada. Le général Claparède , qui la con- ' dufsait , le tattit , Tobligea de nouveau à rétrograder, et se mit à sa poursuite dans l'intention de le rejeter au delà du Douro. Silveyra , après avoir cédé du terrain pendant plusieurs jours de suite, s*arréta pour attendre son adversaire, sur les hauteurs de I;i rive gauche de la Tarera. Il avait barricadé les ponts de Villa et de Freisins , coupé tous les cbemins par des alMitis et des fossés , et paraissait résolu à défendre vigotireusement tous les passages. Claparède, le 11 janvier ( 181 1 ) , porta le gros de ses forées sur le pont de Freisins, sans s'inquiéter d'une vive fusillade qui s'engagea bientôt sur sa droite. î.r- pont fut enlevé au pas dechar^'e p.ir un bataillon du 21'' régiment d lulaulerie légère, après quoi Ton attaqua impétueuseraeni les hauteurs. T/ennemi ne put résister; il prit la fuite de toutes parts et perdit beaucoup de monde. La nuit seule arrêta le carnage.
Fbéjus, Fortim/tifii, ancienne ville de la basse Provence , comprise aujourd'hui dans le département du Var.
Son origine remonte aux Celto- Liguriens , oui avaient bâti sur la côte quelques habitations pour se livrer à la pêche et à des courses sur mer. Ces cabanes se changèrent en maisons à Tépoque où les Phocéens vinrent s'établir depuis Marseille ju.squ*au Var. Fréjus devint alors la capitale des Oxibiens, tme des peuplades les plus puissantes de la Celto- Ligurie. César la colonisa , lui donna le nom de Forum JM^ Tagrandit, Tenibellit et y fît creuser uu port qu'on ne tennina que sous Auguste. Cet empereur y envoya les trois cents vaisseaux pris Bur Antoine à la bataille d*Actiufls, et plaça dans la colonie de César une coliorif- (le vétérans de la 8* lésion, ce qui la lit surnommer Coionia Ociada' «mm, Pline l'appelle aussi CUmiea:
on la désignait sous ce nom, parce que dans son port était réunie la flotte que les Romains entretenaient pour la délènse du nord de la Méditerranée ; là se trouvait aussi leur arsenal.
L'étranger qui arrive aujourd'hui à Frejus cherche en vain ce vaste port décrit parCicéron,et mentionné par Pline et Tacite, et il ne voit même pas la mer, qui se trouve maintenant à urie demilieue de la ville. Une immense plaine de sables, entrecoupée de marais infects , a remplacé le bassin (Hi se pressaient d'^s centaines de nrrvires, et où quelques débris du mole et d'énormes anneaux de broui^e attestent seuls ces splendeurs- passées.
Fréjus doit à Auguste de beaux édifices [»ul)!ics, et fut, sous son rèiine, entoiirée de fortes murailles llaiiquées de tours, percées de quatre portes magnifiques dont les principales étaient la porte Dorée et la porte liotnatne. Le périmètre de la ville antique est visible presque partout , et la dimension des fragments de murs qu'on aperçoit ça et là , aussi bien que la distance qui sé'pare les restes des édifices , donnent l'idée d'une grande ville ayant environ une lieue de circonférence et 40,000 âmes de population.
Agrippa contribua aussi à l'embellissement et à la prospérité de Fréjus.
Pendant toute la durée de Tempire, cette ville vit son port entretenu , son enceifite agrandie ; mais à la chute de l'empire romain , elle tut abandonnée à sa propre destinée. Les barbares et les pirates la .saccagèrent plusieurs fois, et elle fut dévastée par les Sarrasins, qui, après avoir pillé les îles de Lérins, ravagèrent nos côtes et s'avancèrent jusque dans les forêts qui entouraient la ville au nord. Vers 1475, des corsaires la surprirent, l'incendièrent et achevèrent de détruire les restes de son ancienne splendeur. Au commencement du quinzième siècle, elle n'était peuplée que de chanoines, de moines et de reli^îieuses, répartis dans un faraud nombre de monastères. Charles-Quint pilla ses églises en 1536. Cependant il entreprit ensuite de la rebâtir et lui donna même son nom; mais sa retraite précipitée ne lui permit pas d'eûectuer ce projet.
rAELLON
FRANCE
FRÉMINET
Il est aisé de concevoir gue depuis longtemps les ouvrages nécessaires à la conservation du port étaient négligés ; ratterrisseiiieiiteau8é}Mr le torrent appelé V Arfiens { Ftutneji JrgrnfeUm), gagna successivement, de telle sorte qfxe , déjà au commencement du huitième siècle, le port ne pouvait plus recevoir que de tout petits vaisseaux. En peu d'années les sables l'obstruèrent complètement, et la ville fut presque abandonnée. Bientôt sa population ne 86 composa guère que de pauvres pécheurs pt de quelques habitants trop misérables peur se transporter ailleurs.
On Y compte maintenant environ 3,000 habitants.
T e polfe de Fréjns a cependant encore un bon mouillage auquel cette ville doit de voir inscrit sou nom dans notre histoire moderne. Cest là en effel que la frégate le Mwcn déposa , le 9 octobre 1799, Napoléon revenant rl'Kuvptp; et c est encore là qu'il s embarqua , en 1814, quand il partit pour Hle d'Elbe.
Il avait le projet d*y débarquer à son retour, mais 1rs vfnts contrairfs Ir forcèrent He prendre terre au goU'e Juan, le V mars 1815.
Les antiquités romaines les plus remarquables de Fréjus sont : le Cirque, encore assez bien conservé, et dont le pourtour extérieur est de deux cents mètres; la Tour carrée, qu'on appelle le Phare; la Porte dorée, dont les montants sont tellement dégradés , que sa ruine paraît imminente; l'Aqueduc nui, sur une étendue de GS kilom. , eonciuisait à la cité les eaux de la Siagne; un petit Temple antique faisant aujourd'hui partie d'une église , et désigné sous le nom de Baptistère, etc.
Fréius a vu nattre : Agricola , beaupère de Tacite l'historien; Junius Grecinus , Vaierius Panlinus , Cornélius Gallus, Sieyès et le chansonnier Désaugiers.
Fbellon (Jean et François), imprl«
meurs à I von de 1530 à 1570, se sont fini une haute réputation dans le monde savant pour la correction et la beauté de leurs éditions, qui ont été suocessi- ▼ement revues par Louis Saurius et par le fameux Michel Servet. OnV-egarde comme leur chef d'œuvre le AouveoM TutameiU, donné à Lyon , 1533,
in-12. Il y a un autre Frellon (Paul), imprimeur à Lyon , et un Fbelloin (Jean), imprimeur à Paris, qu'il ne faut pas confondre avec les préoédeotSt dont ils étaient contemporains.
Fbemi:^ (llené), sculpteur, né à Paris en 1673, mort dans la même ville en 1745, s*était acquis quehjue réputation par divers ouvrages, tels (jue : la Sa' m a ri faine du Pont - .\euf; les basreliejs de la chapelle de Aoa il/es à Notre>Dame, etc., lorsqu'il fut appelé par Philippe V, qui voulait avoir à Saint-Ildefonse des jardins et des appartements à l'imitation de ceux de Versailles. Frémin exécuta alors les bustes en marbre de PMUppe de la reine y de Louis /*"'', leur fils, et de son époHsey plus un trcs-grand nombre de Statues et de groupes représentant des sujets mythologiques. On loue Télégance et la facilité qui ae remaihiuent généralement dans les compositions de cet artiste; mais on trouve que ses ligures manquent de grâce et ae simplicité.
FnÉMiXET (Martin ), peintre remarquable dont nous empruntons la biographie à l'excellent ouvrage de AI. de Claiac. Né à Paris en 1564, il fut d'abord élève de son père, artiste assez médiocre, que l'on n'occupait qu'à faire des canevas pour des tapisseries, et qui cependant, par ses conseils, meilleurs que ses ouvrages, avait formé de bons peintres, entre autres du Rreui!. Fiéminet étudia aussi sous Jean Cousin; les leçons de ce grand maître le firent soupirer vers Tllalie , et il partit pour Rome. La grâce du Parmesan, le style sublime, la lierte de Michel-An^e, le séduisirent à un tel point, qu'il lit des ouvrages de ce grand mettre le sujet de ses études. Frémi net devint bon dessinateur, habile anatomiste; mais peutêtre voulait-il trop le paraître, et il abusait de sa science en taisant troD sentir les muscles, et en se plaisant à oes attitudes forcées. Tout en admirant la vigueur de ses expressions , on ne se sentait pas attiré vers ses ouvrages, et Ton trouvait à son coloris trop d*austérité et même de dureté. Ce peintre, cependant, était regardé comme un des plus habiles à son époque. Après avoir passé sept ans à Rome, et autant et mémo
490 PttèBB L'UINIVËRS. raÊEES
plus à Venise et dans d*autres villes d'Italie, où il se fit avantageusement coitnaitrc, Fréminet revint en France, oà il ne Carda pas à être apprécié : après la mort de du Brenil, stolon Félibien (t. III, p. 313), ou de du Moutier, suivant l'abbé Guilbprt ( t. I", p. 58 ), il fut nommé, en 1603, premier peintre de Henri IV. Ce prince |e eliargea de tontes 1rs peintiiros dont il voulait orner, avec une grande richesse d'ornements et de stucs , la chapelle de Fontainebleau. Préminet ne commença quVn 1(M)8 cette grande entreprise, qu'interrompit la mort de Henri IV; mais on la continua sous Louis XIII, qui, ainsi que Marie de Médicis , témoigna la mémebtenTetlIance à Fréminet, lequel, en 1615, fut décoré de l'ordre de Saint-Mirhel. Il ne jouit que peu de temps de sa faveur et de ses succès, étant mort en 1619 ; cependant il eut le temps de terminer en grande partie les peintures de la chapelle. Elles étaient à l'huile sur plâtre, et se composaient d*un firauâ nombre de tableaux, parmi lesquels il y en avait vintrl-deux qui représentaient des patriarches et des rois des Hébreux ; quatorze offraient des traits de la vie de Jésus-Christ. On en trouve le détail dans V Histoire de Fon^ tainebleau de l'abbé duilbert, t. I*', p. 60 et suivantes. Frrminet, ainsi qu'il l'avait désiré, fut enterré dans fabbaye de Barbeaux , près de Fontainebleau , |)our l'é^rlise de laquelle il avait fait plusieurs tableaux.
FiiÈUK (Georiîe), né en 1764, à Montréal (Aude) , entra au service en 1791 , et mérita,' deux ans après, le eomman* dément du 2 bnt.KlIon de son département. Il se distingua ensuite auv deux armées des Pyrénées et à celle d'Italie. Pf^dant les râmpa^nes qui précédèrent Ir traité de Canipo-Formio, il fut blessé aux redoutes de Sezia et au combat de Bassano, où son réiiiment, la 4* demibrigade de ligne, se précipita sur les pièces qui défendaient le pont delà Rt enta, les enleva, pa^sr» le pont, et pénétra dans la ville malgré la résistan -e opiniâtre des bataillons de grenadiers , élite de l'armée autrichienne. Frère, chef de bataillon , rcriit les éloges de Bonaparte, qni le nomma colonel. 11 passa en cette qualité à l'armée de
l'Ouest , pnîs en Hollande, et ensuite à l'armée du Ubin, qu'il quitta pour venir commander la garde des consuls.
Promu , le 19 septembre 1803, au grade de g«énéral de brigade, il fit partie dU corps d'arn)ée qni s'eninaradu Hanovre en 1803. En Autriche, en Prusse et en Pologne, dans les campagnes de 1804 à 1807, il fut cité avec distinction dans les bulletins fie la urande armée, A Lnberk, il entra un des premiers dans cette ville. Dans la campagne de Pologne, il fut chargé du passage important du pont de Spanden, sur la Passarge. Sept fois la droite dfs alliés, forte de 10,000 honinjes , marcha sur les retranchements, et sept fois elle en fut repoussée par le général , qui n'avait avec lui que le 27* régiment d'infanterie légère et quatre pièces de canon. Celte glorieuse défense, qui coûta à l'ennemi plus de 1,000 hommes (5 juin 1807), fut un des plus brillants faits d'armes de la cainpasrne. Aussi Frère reçut-il, l'année suivante, le titre de comte d'emnire, la croix de commandant de la Lésion d'honneur, le grade de général de division et un comniandement en Espagne.
Le 7 juin , il emporta Segovie <le vive force; et après avoir ^ris part au siège de Saragosse en qualité de chef d*étàlmajor de I^annes, il retourna , avec le maréchal, en Autriche, où la guerre s'était rallumée, donna dans cette campagne de nourelles preuves de valeur et «e talents, et fut grièvetiient blessé à Wagram. De retour dans la Péninsule, il se signala encore aux sièges de Tortose et de Tarragone, revint en France en 1818, et fut alors appelé au oommandement de la 13* division militaire ( Rennes ), et ensuite à celui de la 16* (Lille). Apres la première restauration, le ministère lut enleva son commandement. Il mourut en 1828.
Frères dfs écoles cnR^TiEffNEs.
Il existe en France plusieurs congrégations d'houmies qui se consaereeit à l'éducation de l'enfance. La plus impor»
tantf e>t celle des frères de la doctrine chré/ipnne , auxquels le [>en[)lc applique parfois la dénomination «le frères ignorantîns. L'institution eut pour fondateur J.-B. de la Salle, chanoine de Reim*?, qui, en 16^0, établit dans cette ville ces utiles et modestes instituteurs
FliEKS FRAXiCE. FRÉAIT 4$i
des paurres. Il les organisa en congrégation religieuse non ecclésiastique, ne voulant pas que Tordre reçût de prêtres dam son sein , de peur que Too ne renf)arqnât entre ses membres une fâcheuse inégalité. lis parurent pour la prenuère fois à Pans en 1U80, y ou- Trireht une école sur la paroisse Saint- Sulpicp , et établirent rue de Vaugirard leur noxiciat , qu'ils transférèrent, en 1705, dans la maison dite de Saint- Yon, au faubourg Saint-Sever à Rouen.
Les statuts de Tordre, qui furent approuvés par le pape Benoît XIII , en 1725, imposent à ses membres les trois vœux simples de chasteté, de pauvreté, d^obéissance, et, dans Torigine, ils leur défendirent d'enseigner autre chose que la religion et les éléments de la lecture et de récriture. En prescrivant , dans un article particulier, remploi de la méthode simultanée , le fondateur contribua puissamment à faire abandonner dans l'instruction populaire l'erjseiizne- Bient individuel. Kii 17 70 , le sujierieur
f général vint étiblir à Paris le siège de 'ordre , qui fut cependant , quelques années plus tard , transleré a Melun.
Avant 1790, l'ordre comptait déjà 1,000 membres et possédait 120 maisons.
Ayant refusé de prêter le serment qu'on exigeait dVux lors de la constitution civile du clergé , les frères durent se séparer de leurs établissements.
Ils rentrèrent en France après le concordat. Ce fut à T.ynn fpi'ils rouvrirent, en 1802, leur première école; une seconde s'oriianii>a i)ieutôt à Saint-Germain en Laye, et ils reparurent enfin à Paris. Ce ne fut toutefois qu'en 1805 qu'ils reprirent l'habit de leur ordre.
IJn décret du 17 mars 1808 leur donna une existence légale , et ils purent ea liberté se livrer à l'œuvre de leur institution, sous la simple cotidit on de se munir de brevets de l'université. En 1819, ils obtinrent, pour y placer leur noviciat , la maison qu'il occupe encore aujourd'hui rue du Faubourg -Saint - Martin.
Le fiouvernemeot de la restauration leur &ait aussi favorable qu'il Tétait peu aux institutions laïques , et , par
une conséquence assez ordinaire , le peuple s'en prit aux fiauvres ignorantinâ , qui avaient pourtant bien quel-
ques titres à sa reconnaissance, des bigotes tendances du pouvoir. Depuis que l'administration a réparti d'une manière plus égale sa faveur entre las diverses écoles , les frères ont senti que, sous peine de voir déserter leurs établissements , il leur fallait entrer dans le progrès général. Modifiant donc leurs statuts primitifs , ils ont étendu leur programme, perfectiotiné leur méthode, et, dans certaines localités même, adopté celle de leurs rivaux, la méthode mutuelle. La congrégation pofttède aujourd'hui en France plus de 1,500 membres qui desservent plus de 300 écoles.
Comme, d'après les statuts des frères de ia doctrine chrétienne, ils ne peuvent être détachés au nombre de moins de trois , on ne les trouve guère que dans les villes , l'entretien du personnel de leurs écoles, quelle que soit la modicité du traitement de diaque ini* tituteur son fr.). dépassant les ressources de bien des communes rurales.
Dans quelques -uns de nos départements de l'Ouest , notamment dans cel(ji des (>n(es -du -^ord , il existe un autre ordre religieux enseignant nui se consacre plus particulièrement a i éducation des enfants de la campagne ; cet ordre est désigné par le nom de son fondateur, Vahbé delà Mennais^ frère du célèbre écrivain. Ses instituteurs vont isolément, se transportant d'une ferme à l'autre , passant quelques semaines dans chacune, à enseigner aux paysans à lire , ;t écrire, à compter, et ne prenant pour .salaire que le repas et le gtte que leur fournît le fermier.
FaàBES PONTIPBS. VoyCC POMTt BT
Chaussées.
Faerët (jSicolas), l'un des érudits les plus distingués qu*ait produits la
France et même TEurope, naquit à
Paris en 1(588, d'un procureur au parlement. Destine lui-même au barreau, il étudia d'abord le droit, et se lit rec»* voir avocat. Mais entraîné vers les lettres par un penchant irrésistible, il abandonna bientôt cette profession pour se livrer exclusivement a se^ études favorites. Élu, en 1714, élève de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres, son admission dans ce corps savant fut signalée par une aventure singulière, qui eut une influence considérable sur