‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 151 sur 198 · FRERET L'UNIVERS. FRÉRET · texte numérisé non relu

FRERET L'UNIVERS. FRÉRET

la direction que prirent dans la suite ses

études.

Il venait de lire, eu séance publique, ■on Mémoire sur Vnrigine des Fran" çais{*); les conclusions de cet ouvrage parurent séditieuses à l'abbé de Verlot, et, sur sa dénonciation, le jeune savant, qui venait de faire faire à notre liistoire nationale le plus grand pas qirelle eût fait jusque-là , fut arrêté et enfermé à la Bastille. Fréret, guidé dans ses travaux par le célèbre comte de Bouiainviliiers, avait jusnu'alors dirigé ses recherches vers l'étuae des premiers temps de notre histoire. Dégoûté pir le mauvais succès de son premier essai, il changea de route, et appli(]ua désormais ses immenses facultés à l'étude des plus importantes questions de Tliistoire ancienne, et surtout de la chronologie.

Il employa les loisirs forcés que lui fit sa captivité à relire la plupart des auteursancîens,siirtont IpsonvrnjïPsdeXénophon , et ce fut l examen approfondi qu'il en lit alors, qui lui donna Tidéede composer plus tard son excellent Mémoire sur fa Cijropédie.

Rendu à la liberté, il devint successivement pensionnaire et secrétaire perpétuel de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres. Du reste , aussi modeste que savant , il se voua tout ejitier à cette célèbre société, et lui consacra tous les fruits de sa plume, toute la gloire de ses productions. Jamais existence ne fut plus que la sienne remplie pnr de magniliques travaux; et cependant il n'en publia aucun, et abandonna la propriété de tous à FAcadémie, se contentant pour toute célébrité de celle que cette société recevait de la réunion de ses membres , etqu'elle rendait à chacun d'eus. Une grande partie des ouvrages de Fréiiet nont été publiés qu'après sa mort. Ceux qui ont vu le jour de son vivant ont été insérés dnns le Recueil des mémoires de l'Académie. Le détail et le jugement de tous ces travaux nous entraîneraient bien loin au delà des limites qui nous sont assignées; nous (*) Nous avons, à l'art. FRAwr, fait coanaîlie les concltuions et la portée scienttfiqiie de ce travail, qui fut alors supprima, no vit le jotir que 47 a»s après la mort do l'auteur, daiK la première édition de set œuvres cemplètef.

nous contenterons de les mentionner ici , en nous réservant de faire connaître dans les articles que nous nous proposons de consacrer à Thistoire des sciences que Fréret n eiiltivées, la part im» mense qu'il a eue a leur avancement.

Ajoutons seulement qu'embrassant dans le plan de ses travaux Tétude de Tantiquité tout entière, il réunit à lui seul les divers genres de connaissances qu'exige cette étude; que tour à tour chronologiste , géographe, philosophe, mythologiste , grammairien, il écrivit sur chacune de ces branches si diverses des connaissances hunininps des ouvrages dont un seul aurait sufli a sou illustration. Ses dissertations sur Thisloire des Assyriens de Nlnive^ sur la chronologie des ChaldéenSy des Égyptiens, des peuples de rinde, sur l'origine des premiers habiiantt de la Grèce} sa défense de la chromdogie contre le s»*téme de IS'cu'fon; ses recherehes sur les calendriers des Chaldéens, des Perses et des Romains; ses réflexions sur Véttide des anciennes histoiret et sur le drr/rê de certitude de leurs preuve;^ , doivent être plneées nu nombre des plus beaux travaux qui aient jamais été composés sur la chronologie.

Ses recherches sur la géographie ancienne ne sont pas moins remarquables ; sa description de la Grèce, qui forme un des principaux articles de son traité sur l'origine des Grecs; son mémoire snr la /u ê/endue élévation du sol de VJCgijpte par les débordements du Nil; ses dissertations sur les mesures itiné' rafres des anciens; enfin, ses observafions générales sur la géographie ancienne y ont fait faire les plus grands )rogres a la science, et témoignent des mmenses études de leur auteur. On . ugera d'ailleurs de Tétendue de ses travaux en ce genre, quand on saura qii*on a trouvé parmi ses papiers , après sa mort, 1,357 cartes, toutes de sa main.

Ses observations sur la philosophie ancienne sont un beau spéeinien de ses connaissances dans cette br.iiiche de la science de l'antiquité. Ses mémoires sur l'année persane, sur les antiquités de Babiflonf>, .'^ur lu chronologie des peuples de l'Inde, sur te culte de Bacchus, peuvent donner une idée des lumières qu'il Jeta sur l'étude des religions de

FRÉHON

FRANCË^

FUÉROBT

Tantiquîté , étude encore peu avancée alors, et a laquelle des travaux contemporains ont fait faire de si grands propres.

Au savoir immense ^ue supposent

tous ces travaux , Fréret joignait la connaissance approfondie des principales langues de l'Europe et de la langue chinoise , dont il fit connaître Tun des pre* niiers le vrni système, dans une dissertation qu'il lut à rAcodétnie en 1718, sur les principes généraux de Vart dt écrire f et particmàrement mr ceux de récriture chinoise.

Ce savant, qui est, comme on Ta dit, le premier dans un genre où la France . a produit une foule dliommes supérieurs, et auquel les nations étrangères n*ont peut-rtro pns de rival à opposer, mourut à Paris, le 8 mars 174'J, dans sa soixante et unième année. Ses œuvres complètes ont été recueillies et publiées par Septchnips , en 20 vol. in- 12, Paris, 179G; mais cette édition est encore très-incomplète. Un grand nombre d*ouvrag^ de Fréret sont encore inédits. Ses manuscrits , qu*il avait légués à Bougaînville , son élève, ont depti i s a ppa r ten u successi vement à l'abbé Barthélémy et à Sainte-Croix. Ils ont été vendus et dispersés à la mort de ce dernier, qui d'ailleurs en avait donné une notice détaillée (Irms le Magasin encyclopédique (2** uimca, t. V, p. 228 et suiv.).

-Fhéron (Élie-Catherine), fameux journaliste, né à Quimper , en 1710, fit ses études chez les jésuites , entra dans leur institut, et professa avec succès au collège Louis-le-Grand.

Aynnt quitté, en 1739, cette célèbre compaunie, il alla offrir à l'abbé Desfontaines de travailler avec lui a la rédaction des ObservaUons sur le» écrits modernes , et des Jugements sur quelques ouvrages nonceaux. Desfontaiues accepta sa collaboration, et lorsqu'il mourut, en 1745, Fréron, initié par lui aux secrets de la critique littéraire , combattit seul dans l'arène où , ()endant six ans , ils avaient combattu ensemble. Sous le titre de Lettres de madame ta eomieste de *** y il publia, Tannée suivante , un petit journal qui fut supprimé pour sa violence; de 1719 à 1754, il lit paraître des Lettres sur quelques

écrits de ce temps (13 vol. in-12), pour In-rédaction desquelles il s'était adjoint Taubé de Laporte, et que Ton aurait poursuivies comme la |wbtication précédente, si l'auteur n*eût été protégé par le roi Sînnislas.

Outre ces écrits périodiques, Fréron avait encore composé , pendant cette période, en société avec d'autres écrivains, tels que la Beaumelle, l'abbé de ÎMarsy, etc., des ouvrages d'histoire et de critique; mais tous ces écrits sont complètement oubliés aujourd'hui. Ce qui a randu Fréron véritablement célèbre ; ce qui lui valut une place importante dans l'histoire de uotre littérature, c*est son Ânnie tUtérahe, journal de critique , oui commença à paraître en 1754 , et aont il continua la publication jusqu'en 1776, c'est-à-dire jusqu'à sa mort. Ainsi, Fréron passa toute sa vie à critiquer les écrits des autres, sans faire lui-même un bon ouvrage; à attaquer avec acharnement Voltaire et les encyclopédistes, et à déprécier injustement leur mérite littéraire , par baine de leurs innovations philoso(Hiiques ; enfin , à exalter avec passion a'obscurs écrivains qui défendaient comme lui les vieux abus et les vieilles choses. Il passa sa vie à injurier , à calomnier les ennemis qu'il s'était faits par ses injustes critiques , et a subir de leur part les plus terribles représailles. On connaît les cyniques invectives que Voltaire lui prodigua. Au reste , les adversaires du journaliste ne se contentèrent pas de lui repoudre ; ils réussirent à obtenir do garde des sceaux , M iromesnil , la suspension du privilège accordé à son journal. Ce fut pour Fréron le coup de la mort ; la goutte, dont il avait accès lorsqu'on lui anuooça cette nouvelle, monta subitement et rétoufta . le 10 mars 1776. « C'est un « mallieur particulier, dit-il en mou- « raat, qui ne doit détourner j)ersonne « de la défense de la monarchie; le sa- « lut de tous est attaché au sien. »

Fkébon (Louis-Stanislas), fils du précédent , est un des nommes les plus tristement célèbres de l'époque révolutionnaire , pendant laquelle il se fit remarquer peut-^tre moins encore par la violence de ses opinions que par la cruauté de ses act«s.

4M FEÉaoN L'UNIVERS friéron

Il naquît à Paris en 1766 ; il n'avait donc guère plus de dix ans lorsque son père mourut (17 76). Grâce à la proteo* tion du roi de Pologne , Stanislas , son parrain , qui lui avjiit donné son nom sur les fonts de baptême , et à celle de madame Adélaïde , tante de Louis XVI, le jeune Fréron ne larda point à obtenir, par privilège, la faculté d'être le continuateur ou plutôt le pi éte-noni de V Année Utiéraire, Les véritables rédacteurs de ce journal , qui ne cessa de paraître qu'en 1790, furent rabl>é Royou, oncle maternel de Fréron, G rosier, Dumoiichei , Hérivaux , le protesseur Geofiroy, qui, depuis, s'est fait une si grande réputation dans la critique , et quelques autres. Plus û}?é, Fréron ne prit pas une part plus active aux travaux de la feuille paternelle ; paresseux et dissipé non moins qu'ignorant, il ne s^occupait que de ses plaisirs. Sa carrière de journaliste ue devait 8*0Uvrir que plus tard.

Elle commença peu de temps après la révolution , et 'elle fut exclusivement politi(|ue. Chose étranLic! le (ils du conservateur littéraire , dv)nt la plume jalouse avait insulté Rousseau, Montesquieu, la lEIarpe, Diderot, et bravé Voltaire lui-même, s'enrôla sous le drapeau de la révolution , et surpassa les novateurs les plus exaltés par le cynisme de sps éâ'its ; le protégé du roi Stanislas et de madame Adélaïde figura au nombre des ennemis les plus acharnes de Louis XVL II e^vperait sans doute faire oublier Texagération de son père par une exagération d'une autre nature; il se trompait, car la même passion jalouse était le mobile de sa conduite et entendrait des actions en apparence si différentes. Fréron le fils fut en politique ce que Fréron le père avait été en littérature, le détracteur et le persécuteur de toute supériorité; les deux Fréron portaient dans leur cœur le démon de l ensie , et tous deux resteront comme des types exemplaires dans ce genre de iiKmom.inie odieuse.

^ Des 1 789 , Fréron montra une énergie frénétique qui ne voulait point être égalée; un des fMroniers il demanda du sang. Les lauriers de Marat l'eujpêcbaient de dormir: aussi, pour faire concurrence à VAmi du peuple j publia-

t-il VOrateur du peuple, autre journal encore plus virulent et plus ordurier, s'il est possible. Condisciple de Camille Desmoulins et des deux Robespierre au collège Lonis-jp-Grand ^ Fréron donna tontes ses préférences a Camille , dont il n'avait ni ie talent ni le cœur; comme lui du moins il attacha sa fortune à celle du parti dantoniste. Comme lui et comme Danton , il fut un des béros du club des cordeliers, où les partisans du due d'Orléans avaient la haute main , tandis que les apôtres sincères de la république et les défenseurs désintéresses de la cause populaire étaient plus nombreux et plus influents dans le club des jacobins.

Les cordeliers cependant étaient d'accord avec les jaeobins pour demander la république; ils paraissaient même les plus pressés. Fréron n^éleva pas la voix un des derniers : aussitôt après la fuite (le Louis XVI à Varennes , VOrateur du peuple proclama que la France n'avait pas besoin de roi ; lors de la pétition du Cbamp de Mars , eu juillet 1791 , Fréron était à la tète du mouvement avec Camille Desmoulins, Danton, et autres cordeliers; il se vit même obligé de se cacher pour échapper an décret de prise de corps lance contre lui.

Mais bientôt , après la journée du 10 août 1792 , au succès de laquelle il contribua , Freron fut nommé membre de

la nouvelle Commune, qui prit le nom de Conw}U)ie du lO août. Bien moins en cette qualité qu en sa qualité de cordelier , il eut une cruelle part dans la responsabilité des meurtres de septembre, Saint- Barthélémy plus mystérieuse que populaire, et qui fut l'ouvrage non pas de la Commune oà les jacobins étaient en majorité, mais, ce qui est bien différent , du comité de surveillance de la Commune , lequel formait un pouvoir a peu près indépendant , se composait presque uniquement de oordeliirs, nvait enfin, pour directeur, IMarat, et, pour secret instigateur, Danton , alors ministre de la justice (voyez CoHMimB , Coiidbi.tbb8}.

Fréron n'en fut pas moins élu dé* pillé ;i la Convention nationale, sans doute p;ir les mêmes voix qui choisirent Marat, Danton, Philippe Éga-

raiMv FRAifOE. raiMK m

lité, et plusieurs autres membres célèlnr«s da club des corddiars. Il alla s*asseoir sur les banrs les plus élerés

de la Montagne, d où il Ht tme guerre impincable aux Kironilins. i);ms le procès du roi, il vota pour la uiort et contre le sursis. Voici commeot s*expriina le fils de Frérou le critique : « J'.ii poiir- « suivi le tyran jusque <l;ins son p:\lnis, « j ai demandé sa mort ilyadeux am, « dansdes écrits imprimés qui in*onf valu « les poignards de la Fayette. Je vole « |>ourln innrt ) E^t-ceen pareils termes que les juges consciencieux ont exprimé leur vote ? Relativement à la question du sursis , il se prononça pour l'exéeutien dans les vingt quatre heures; encore ce délai dut-il lui paraître bien long, puisque, d après son propre aveu, il y avait au moins deux ans qu il était dans l'attente. Quand il s^agissait d'obtenir une téte, cet homme ne pouvait jamais soutfrir le moindre retard ; que cette tête fût celle de Louis XVI ou de tout autre, peu lui importait, il lui fallait du sang.

A celle époque critique ou la France, entourée d ennemis et de irailres , ne pouvait être sauvée que par des moyens terribles, Texaltation ne passait que trop facilement pour du patriotisme.

Voilà sans doute pourquoi Fréron parvint longtemps à tromper la GouTentlon et le comité de salut public. Après la révolution du 31 mai , et l'insurrection allunice par les girondins et les royalistes dans les départements , il ïut nommé , avec Barras, eommissaTre auprès de l'armée chargée de reconquérir Marseille sur les insurgés. iMar.seilie une fois vauicue, Frérou donna carrière à ses goûts de vengeance et de destruc* tion ; il assouvit sa rage à la fois sur les hommes et sur les monuments ; il poussa la folie jusqu'à vouloir raser Marseille et donner a ses ruines le titre de vUle sans nom. Le comité de salut public l'arrêta à temps , et, pour tempérer sa violence et ccllf de Barras , ou leur adjoignit Robespierre jeune , Kioord et Salieetti. A Toulon , Fréron fut le même qu'à Marseille : à peine les Anglais expulsés, il Ut durement expier aux Toulonnais le crime d'avoir livré leur ville à Tétranger. Cette fois «noura II essaya vainemtol ét faire va*

ser la cité rebelle. Toulon continua d^exister sous le nom de Port-la-Moj^ tagne , et le gouvernement obtint de la Convention que Fréron serait rappelé.

A son retour, le proconsul fut re(^u comme un triomphateur par ses anus politiques, oui le proclamèrent le Mttfveur du Midi.

Sa conduite avait été mieux appréciée au connté de salut public , où malheureusement la division commençait à se glisser. Un instant il fut même question de livrer le coupable au tribunal rcvoliilioni aire ; mais les déchirements intérieurs du comité étant devenus plus graves et avant pris un caractère tout politique, P^'réron échappa au châtiment (]iii le menaçait. Il fit plus , il se joignit à Tallieii et aux restes du parti dantoniate pour prendre roflfensive contre Robespierre, qui voulait mettre fin aux excès des proconsuls et pour renverser le comité de salut public qui avait sévi contre Danton et contre les cordeliers. Le terroriste du 2 septembre, rexéculeur de iMarseille et de Toulon , se changea tout a coup en apùlre de rindulgence. On verra plus lard combien sa conversion était sincère ; pour le moment, il ne s^agissait que d'échapper au supplice.

Dans ce but , Fréron eut recours à deux moyens fort habiles : d*une part il se fît indulgent, et de l'autre il flatta Billaud-Varennes , terroriste non converti, mais adversaire déclaré de Robespierre. Ce jeu , qui fut celui de tous les anciens dantonistes, depuis désignés sous le nom de fherniidorifns , rut un plein succès : le U thermidor, llobespierre, Saint -Just et Couthon, les trois ehe& du parti jacobin, ou pour mieux dire du parti pojpulaire, succombèrent sous les coups d'une immense coalition , mêlée de terroristes et d'indulgents, de |;irondins et de monta- ^ards, cordeliers ou non. Fréron eut sa bonne part du triomphe; il fut nommé, avec Barras, pour commander les troupes de la Convention , et il eut la satisuetion personnelle, sinon de faire, du moins de diriger le siège de la Commune. 11 ne se borna pas a se venger cruellement de Robespierre, son prisonnier ; suivant «on habitude de s*en prendre même aux nonumeats, il pru-

posa, mnis toujours sans succès, de raser i'bôtel de ville.

Après therniMor, Fréron dénon^

Fouquier -Tinville , digne émule avec lequel il avait cependant une si grande ressemblance. « Tout Paris , s^écria- « t'iUdemandeson supplice; je demande « contre lui ledécreta*accusationf etque « ce monstre aille cuver dans les enfers « tout le sang dont il s'est enivré. » Mais Freron ne fut pas longtemps lidèle au système d*indulgence qui avait converti sa situation d'nccii^é on relie de triomphateur. Imbu des sentiments de haine de tous les cordeliers et de tous les dantonistes contre le vrand comité de salut public, il s^entendit avec eux pour donner le coup de grâce à ce comité déjà si fortement ébranlé par la dernière lutte. Comme eux , il quitta les bancs de la Montagne, alla s'asseoir au côté droit, et aceepta le nom de therviklorîen. Alors il devint un des chefs de la contre-révolution, et il poursuivit Billaud-Varennes, Gollot o*Herbois, Barère et Vadier, ses auxiliaires, dans la journée du 9 thermidor, avec le même acharnement qu'on lui avait connu contre les émigrés et les royalistes. Il publia de nouveau VOrateur fin peuple , toujours (Vrit dans le même style, quoique din;^é dans un autre sens. Ne reculant devant aucun genre de scandale, il y porta aux nues les vertus de INIarat , dont il nVtiiit [)!us jaloux depuis sn mort. 11 ne s'en tint pas la, lui, iréron, qui avait représenté Robespierre comme un homme avide de sang parce quMI demandait la punition de quelques proronsuls souillés de crimes , il donna le signal d'une seconde terreur; le naturel avait repris le dessus. Seulement, pour mieux tromper, il changea l'instrument du suppliée : à la |>hice de la f;uillotine , il prit Je bâton ; uu lieu de mitrailler comme à Toulon, il se mit à assommer. Ne

f)ouvant plus commander des sans cuottes, il se mit à la tête d'une troupe de Jeunes gens élégants , coiffés en cadenettes, et connus sous le nom de jetmetse dorée de Préron; avec eux il massacra les ouvriers en chantant le Réveil du peuple, comme auparavant il a?ait massacré les royalistes en ch^xn' taiitlairar#e«te<se.

Fréron s'était vengé de la Commune qui avait épousé le parti du comité de salut public ; il lui restait à se venger du club des jacobins, qui avait également soutenu ce comité, l'ardent défenseur de la révolution et le sauveur de la nationalité française. Freron n*y manquua pas : à la suite d'une rixe provoquée par sa jeunesse dorée ^ il fit ferm^ le club des jacobins ; cette fois encore, il demanda, sans pouvoir Tobtenir , la permission de raser IWifioe où s'étaient assemblés ses ennemis.

A la suite de tant de peines et de tant de succès, Fréron aurait dû éprouver le besoin du repos ; il n'en fut rien. Robespierre, le comité de salut public et le club des jacobins avaient été vaincus, à ia vérité; mais il restait encore le faubourg Saint- Antoine qui leur avait toujours prêté l'appui de son bras vi- ^oureiix , et Fréron n'était pas homme a abdiquer son nnnistère de s.um avant d'avoir entièrement veu{;é les cordeliers. Aussi , dans les mouvements du 12 germinal et du t'*^ prairial an m, en grande partie fomentes par les thermidoriens, le vit-on déployer son énergie habituelle» Le a prairial , Fréron , diargé de cette mission avec Barras, son inséparable, marcha sur le faubourg Saint- Antoine et parvint a le dompter; inutile d'ajouter qu'il voulut le réduire en cendres. Pour cette foisja vengeance des cordeliers étnit complète ; la mort d'Égalité et celle de Danton avaient été cruellement expiées.

Devenus plus froids, les thermidoriens s'aperçurent que, dans leur haine aveugle contre Robespierre , le comité de salut public , le club des jacobins et le faubourg Saint- Antoine, ils avaient travaillé pour les royalistes beaucoup plus que pour eux-mêmes. Ils comprirent qu'en ameutant la bourgeoisie républicaine contre le peuple républicain, au lieu de chercher à les réunir (comme l'avait inutilement tenté Robespierre), ils avaient fait les affaires des partisans de l'ancienne monarchie. Des lors ils eurent recours à une nouvelle tactique, et ils essayèrent de faire oublier leur premier revirement par un second changement de front. Après l'insurrectiou royaliste du 13 vendémiaire, oii le générai Bonaparte, beaucoup plus que

FRÉBOIf FRANCE. rRlÊROH 497

Fréron et Barras, fit triompher la Convention , ils reprirent leur aucieune plaee dans TAssemblée, et l'on Yît te* parfittre sur les bancs de la Montagne

Barras, Tallien et Fréron.

Ce retour était-il sincère? ou bien n'était-ce qu'un moyen pour détourner les soupçons de royalisme auxquels avaient été en butte benucoup de thermidoriens ? Voilà ce qu'il serait difficile de dire. Il est certain que le 1 3 vendémiaire , les thermidoriens , et particulièrement Fréron, s'opposèrent nu triomphe des défenseurs (le Tanciennc inouarchie. Mais il ne faut pas oublier uu'à cette époque, aussi inen que penaant toute la durée de la révolution , il y avait deux sortes de royalistes : les uns, et c'étaient les émigrés et leurs parents ou agents , voulaient le rétablissement de la vieille royauté ; les autres % qui avaient pour chefs les membres survivants du parti orléaniste, desiraient une royauté nouvelle , assez semblable à la royauté anglaise. Fréron inelinait*il pour ces derniers ? Plusieurs motift porteraient à le croire.

Quoi qu'il en soit, son caractère ne ae démentit pas jusqu'à la fin de la session conventionnelle. Avant de descendre du haut rang politique où l'avaient élevé les circonstances, Fréron, de concert avec Tallien qui se crut un moment appelé à remplacer Danton , entreprit de faire rétablir légahment la terreur; les exécutions de cotUreùatule ne lui suffisaient plus. La Convention fit Justice de cette manie sanguinaire, et l'opinion publique aussi , car Fréron ne fut pas compris dans le^ réélections qui replacèrent les deux tiers de la Convention dans les deux conseils institués par la constitution de l'an m (1795).

Répudié par la France, Fréron essaya de faire valoir une prétendue élection de la Guiane, colonie qui envoyait alors des de'putés au Corps lészislatif , mais ses prétentions furent reçoussées.

Tout ce qu'il put obtenir, ce tut d'être envoyé , au mois de novembre 1795 , dans les départements du Midi, en qualité de commissaire du Directoire exécutif. Sa mission avait pour but d'arrêter les massacres qui ensanglantaient les bords da Rhône et les rives de la Méditerranée ; massacres dont il avait lui-

même donné le signal à Paris, et que les royalistes avaient si atrocement imités, surloot à Marseille et àTarascoo. Ainsi qu'on le pense bien, il eut beaucoup de

freine à jouer le rôle de pacificateur, et e faste scandaleux qu'il déploya dans cette tournée excita de nombreuses plaintes, auxquelles il répondit dans un mémoire justiOcatif. Toutefois oette défense ne fit pas oublier l'écrit intitulé Unard à Fréron, et commençant par ces mots : « Un homme qui , jeune encore, a déjà atteint l'immortalité du crime, Fréron , etc. »

Rentré dans la vie privée , Fréron se trouva fort pauvre ; il eut cela de commun avec Tallien. Malheureusement l'un et l'autre ont toujours été trop dissipateurs pour que cette pauvreté soit ime

Parantie suffisante de leur probité dans exercice des hautw fonctions qu'ils avaient eues à remplir (*). Après le 18 brumaire , quoique ses divers emplois l'eussent fréquemment mis en rapport avec le général Bonaparte, soit au siège de Toulon, soit à l'époque du 13 vendémiaire, Fréron eut assez de peine à obtenir du premier consul une place subalterne oans l'administration des hospices.

Plus tard , sa position s'amélior.i pourtant, et peu s'en fallut qu'il ne devint le beau-frère de l'homme qui se préparait à monter sur le trône impérial. Une étroite liaison existait entre Fréron et Pauline, seconde sœur de Bonaparte. Le mariage allait être oon-

(*) En effet, dam la séance du a vendémiaire an III (a3 septembre 1795), Fréron fut publiquement teemé de dflapidstiQii par Ruaœpc. Une instruction eut lieu i oe ti|il ; il en r^ulta que Barras et Fréron avaieiil fait conduire secrètement chez madame Bwn» ras mw voiture chargée de malles et auirea effets. Barras et Fréron avoiièrent le fait qui rappelait une action analogue de Danton, leur maître; mais, ajoute Treillard dans le rapport qu'il fit sur cette affaire le 4 octobre, ils donnèrent des explications dont leurs accusateurs eux>mémes se trouvèrent satisftâts. n M bot pu dtibiMr que IVeilianI était theriTÙdorien aussi ; et dans tous les ras, ou peut lui reprocher de n'avoir pas rendu ces explications publiques, ce qu'il n'eût pas manaué de fnn»ai elle ' satisfaisantes.

T. Tiii. 89* JÀwraittm* (Dicr. brctgl., no.)

408 PRBflCBMnLBE L'UfllVfflS. MltHlL

du, lorsqu'une première femme de Fréron vint en personne revendiquer ses droits. Peur réloigner , on le nonma sous-préfet de l'un des arrondissemento de Saint-Dominiîue. Il refusa lonf;temps de sV rendre ; mais il partit eulin , en 1803^ avec Tannée qoi lut enTOyéedanc cette colonie sous les ordres du général Leclert*, devenu l'époux de Pauline.

Ni l'époux ni l'ex-prétendant no devaient revenir; à peine arrivé, Fréron mourut. Après le décès du général Lerlffc, la belle Pauline épousa le prince liorjilièse, trop heureuse d'avoir échappé aux pièges de Fréron, qui ne reculait pas mémo devwit le erlnra de bigamie, et dont l'alliance aurait été si peu honorable pour elle et pour Napoléon.

C'est par ce triste roman que se termina la vie déjà tellement souillé de Fréron le iils, en qui semblait avoir vécu le génie de la destruction, comme le génie de la critique envieuse avait vécu dans Fréron le père. Trois fois il changea de système et de place |i la Convention nationale ; mais jamais il ne changea de caractère, jamais il ne cessa de poursuivre avec une cruauté iéfoce tous ceux ^ dépasrâient Je nirean de sn médiocrité.

Fbeschweiller (combat de). — A ia fin de la campagne de 17^H, dans les ¥osges, le commandant en chef de farmée de la Moselle, Hoche, manœuvrant pour délivrer T.andau assiégé, fit attaquer, le ^2 décembre, les redoutes des Prussiens en avant de Freschweilier et de ^Verdt. Elles étaient à triple étage , munies d'une artillerie nombreuse , et ne présentaient pas moins de diillcuités à surmonter que celles Jemmapes ; elles vQinrssaient un feu épouvantable; le soldat hésitait. Ho-

•cne, parcourant la ligne, se tourne vers ses tro.upes, et leur crie : Çc{)nqrq(/e^! ^ Cfnts livres pièce (es çQni^

.(le^ prtii^iet^^ ! Cette saillie iiv^m cje la g tieté sur lo^ite la ligne'; on rit, et

..Ton ntpoud : AA(^gez. On sonne la charge ; 00 naarche aux redoutes la baïonnette en avant ! elle» sont emportées.

Dix-huit canons sont amenés à Hoclie :

il aoiuitte sa promesse. T.e chanif) de hataitle est couvert de morts et de blessés; on fait cinq cents prisonniers, nuit le principal avantage de cette heu-

reuse journée est d'ouvrir leab^min sur

Landau.

FBBSinn. ( Augustin^Jean), menlire

de l'Académie des sciences, ingénieur en chef des ponts et ehnii«;sées /naquit à Broglie ( Eure) en 1788. Élève de l*Éeoié polytechnique, il publii| ses premières observations sur les phénomènes de la diffraction de la lumière, dnns un Mémoire imprinté en 18 i 5, et présenté à TAcadémie des sciences. Peu de temps après , cette société savante proposa pour sujet de prix V Examen (jénéral de tous les phénomènes de ta iiiij fraction; Fresnel obtint le prix. A vec la Théorie des amduloHons , il expliqua la diffraction , Vin flexion , la potari' sntion, la réfraction, la double réfraction, etc., de telle manière que tous ees phénomènes, qui jusqu'alors avaient été considérés Indépendamment les ans des autres, forment dans sa théorie un système entier. Ces découvertes furent présentées dans plusieurs Mémoires , où les ressources de la «,'éométrie et de l'analyse sont appliquées auxexpénences les plus ingénieuses.

Les reclierciies auxquelles Fresnel se livra plus tard avaient pour objet la différc?ic€ du pouvoir dispersif des divers mifieiix comparée à leur pouvoir réfringent. Ces travaux le brent asseoir, en 18t8, à TAcadémie des sciences. Admis deux ans après à la société royale de Londres , il obtint en 1827, quelques semaines avant sa mort, le prix fondé dans cette société par Rumford, pour la plus belle découverte sur la chaleur et la lumière. Le gouvernement Payant engagé à faire des essais sur les phares, Il trouva en 1819 h moyen de corriger presque entièrement l'aberration de sphéricité, et construisit, de concert avec M. Arago, des phares lenticulaires dont l'effet est beaucoup plus considérable qqe celui niie l'on avait obtenu par les plus grands réflecteurs. Ce système, employé pour l'éclîiirage des cotes de France , fut bientôt apprécié à l'étranger, et le jury d*examen de l'exposition de 1828 m■M^<\■^ pour l'auteur la croix de Sainte Michel.

Frçsnel, nommé çxaniinateuif de phr* 9i(iue et ^ géométrie descriptive rl^ oole polytechnique, éprouva eo ISM

PEESNOT

FRANCE

PRESSINBT 4M

des symptômes qui annonçaient nn épuisement presque total causé par un excès de travail. Depuis cette époque, il traîna une vie languissante jusqu'en 1827, où il succomba à son mal.

On trouve plusieurs Mémoires et ^otes de ce savant dans les Annales de physique et de chimie, années 1816 à 1825 , dans le Bulletin de la sociélé philoniathique, 1822, 23 et 24, et dans les tomes V et VH des Mémoires de C icadémie des sciences. Son Mémoire sur l'éclairage des phares fut iinnrimé séparément en 1822. Il a laissé d'ailleurs plusieurs travaux inédits.

Fresnels , ancienne baronnie du duché de Lorraine (auj. du dép. des Vosges), érigée en comte en 1718.

Fresno (combats de). — Le 20 octobre 1810, un corps de 5,000 Galiciens se porta sur Tavant-garde du corps d'armée français qui occupait le royaume de Léon. *Cette avant garde , que'le général Valletaux commandait , était postée près d'Oviedo. Valletaux n'avait que 1,500 hommes; cependant, dès qu'il sut que l'ennemi approchait , il marcha lui-même en avant , et le rencontra nu village de Fresno; une vive fusillade s'engagea sur-le-champ. Les Galiciens , bien supérieurs en nombre, dirigèrent sur notre centre la masse de leurs efforts; déjà ils gagnaient du terrain et manœuvraient pour entourer nos deux ailes, après les avoir isolées l'une de Pautre, lorsque Valletaux reçut quelques renforts. Il en profila pour tourner la gauche des Espagnols, manœuvre qui les obligea à se reporter en arrière. Le centre français put alors rentrer en ligne et reprendre ses positions. Le^ tambours battirent la charge , et l'ennemi , enfoncé à son tour, se retira en désojdre. Il fut poursuivi jusqu'au delà de la Narcea , après avoir perdu beaucoup de monde.

— Le 29 novembre suivant, le général Valletaux fut assailli* au même endroit par un autre corps de G, 000 Galiciens, et les repoussa avec autant de succès que la première fois. Pourchassés jusque dans Belmonte et Miranda, ils laissèrent les routes couvertes de morts.

Fbeskoy, ancienne seigneurie de Picardie , auj. du dép. de la SonimC; érigée eu marquisat en 1G52.

Fressinet ( le baron Philibert ) naquit à Marcigny (Saône-et-Loire), en 1769, embrassa de bonne heure l'état militaire, et fut employé, en 1787, en Allemagne et en Suisse, comme adjudant général ; il fît ensuite avec distinction la campagne de 1799 en Italie. Les services qu'il rendit dans la Valteline et sa conduite à la bataille de Taufers lui valurent le grade de général de brigade. Après avoir secondé Championnet en Piémont, et "donné de nouvelles preuves de courage et d'habileté à Castel letto , à Montanera , près de Cône, sur les hauteurs d'Albizola, près de Savone, et surtout à Gènes, au passage du Mincio, et sur les bords du Tagliamento, il partit, en 1802, avec l'expédition chargée de reconquérir Saint-Domingue. Arrivé dans cette colonie, où, en 1791, Christophe et Toussai nt-Louverture l'avaient connu comme chef de bataillon dans le régiment génois, il reçut le mission de conclure avec eux la négociation qui amena leur soumission.

Néanmoins , Leclerc le renvoya en Europe , soit pour des motifs mal connus, sojt parce que Fressinet avait désapprouvé hautement l'arrestation de Toussaint - Louverture. A son retour en France, il fut exilé, et ne reprit du service que cinq ans après.

Il obtint, en 1812, un commandement dans le 14* corps d'armée , joignit le prince Eugène sur les frontières de la jPologne, et contribua puissamment à sauver l'armée lors de la défection des Prussiens. Le 15 avril de l'année suivante, il remporta un avantage signalé en avant de Magdebourg, à la droite de l'Elbe , et parvint, après plusieurs combats glorieux , à opérer la jonction de l'armée du vice roi avec celle de Napoléon. A la bataille de Lutzen, on le vit, à la téte d'une poignée d'hommes , enlever aux grenadiers russes le village d'Ersdorf. Dès lors cessa la prévention défavorable de Napoléon contre cet officier, qui reçut à la fois le grade de général de division , le titre de baron , la décoration de commandant de la Légion d'honneur, guoiqu'il ne fût pas encore simple légionnaire , et celle de commandeur de l'ordre de Wurtzbourg.

Fressinet se distingua de nouveau au passage de TElbe , à Bautzen et à Leip-

FRETEVAL L'UNIVERS. FREYCINET

zig. En 1814 , il rejoignit Parniée d'Italie , et fut honorablement mentionné dans les bulletins pour sa conduite sar le haut Mincie. Pendant les cent jours, il remplit des missions à Rouen et à Toulouse, commanda la 10* division militaire et organisa la 26^ cohorte actire. Ce fut lui qui, en 1815, rédigea l'adresse énergique envoyée par Tarniée sous Paris à la chambre des représentants ; les désastres du mont Saint-Jean ne l'avaient pas fait désespérer du salut de la France, et il savait tout ce ciu'on pouvait attendre du dévouement a'une armée nationale. Aussi vit-il avec indignation la capitale abandonnée sans dé* fense aux armées étrangères. L'ordonnance du 24 juillet et la loi du 18 janvier 1816 le bannirent de France. Alors il se retira à Bruxelles , oii il partagea les persécutions dirigées contre les Français réfugiés.

C'est là qu'il publia, dans la première etïervescence de son ressentiment, une brochure intitulée : Àppelaux généra* tinns présentes et futures , sur la convention de Paris, faite le 3 juillet 181Ô (Genève (Belgique), 1817, in-12, réimprimé clandestinement en France

en 1820, sans date, in-*»). Il alla bientôt chercher en Amérique une existence plus heureuse ; mais après un an de séjour à Buenos - Ayres , où les Anglais exerçaient une influence si funeste pour les Français, il vint à Rio-Janeiro, et y eut bie'ntôt connnissance de l'ordonnance du roi qui le rappelait ca France. Au lieu de la paix qu'il venait chercher dans sa patrie il trouv a des fers. Arrêté à Paris en 1820 (3 juin) comme prévenu détre suspect, il fut enfermé pendant six semaines a la Conciergerie. Une maladie de langueur Tenleva en 1831.

Freteval (journée de). Philippe-Auguste tomba, en 1194, dans une embuscade formée par Richard, roi d'Angleterre , à Fréteval , entre Belleforge et Blois, dans le Vendomois. Il y perdit sa chapelle, son bagage, le trésor de l'armée, le sceau , les titres et ornements de la couronne, et le diartrier complet de France, que les rois conduisaient toujours alors avec eux. Cette perte fut irréparable; le soldat vainqueur en dissipa une partie, et Richard ne voulut jamais radre le reste. De cette époque date

la fondation du trésor des chartes , ou archives de la couronne. Les rois craignirent désormais de s'exposer à de pareils accidents, et toutes les chartes et diplômes furent déposés, d'abord dans la forteresse du Temple, puis, un demisiècle après, à la Sainte-CIhapelle.

Fbbyent, joli bourg du département du Pas-de-Calais (arrondissement de Saint-Pol). A une petite distance, se trouve le village de Cebcamps, Cari campi abbatia , qui se groupa jadis autour d'une fameuse abuaye d'hommes de l'ordre de Cîteaux. Cette fondation était due à Hugues, comte de Saint- Pol, et remontait à Tan 1140. L'abbaye valait 30,000 livres de rente, et ne fut commendataire que depuis 1761. Dès cette époque, il ne restait plus de ses magnifiques bâtiments que la nef de l'église, où les comtes de Saint-Pol avaient leur sépulture. De nos jours, M. de Fourment a établi à Cercamps des manufactures considérables, qui font vivre une nombreuse population d*ou\Tiers.

On compte à Frévent 2,671 habitants. C'est la patrie du conventionnel Le Bas.

Fbbybebg (affaire de). Voy. Dbesde.

Fbeycinet (Claude-Louis deS uilses de), navigateur et savant distingue, né à Montélimart, le 7 août 1779. Dès 1794, nous le trouvons aspirant de troisième classe dnns la marine de la république française, et dès 1797, nous le voyons enseigne de vaisseau. Pendant cette période de trois années, il avait servi avec honneur et courage, sous les ordres des amiraux VilleneuveetRrueys.

Bientôt, il lut appelé à faire partie de l'état-major de la corvette le Naiura' liste, destinée à opérer, de concert avec le Géographe, que montait le commandant Baudin , une expédition scientillque d'un grand intérêt aux terres australes. Le Naturaliste arriva au mois de juia 1801 sur la côte sud-ouest de la Nouvelle-Hollande; et M. de Freycinet.

malgré son rang secondaire, lut chargé d'une série de travaux importants, qu'il exécuta avec une rare habileté. L'expédition étant venue relâcher à ïimor, il y reçut du commandant Baudin le grade de lieutenant de vaisseau pour pnz de ces premiers suooès. En IBOS, Il ra-

FBftTUHBT FIIAX«1CË« . FRfiYGIHBT 601

tourna sur les côtes méridionales de la

Tifouvelle-Hollande, et y reprit ses observations scientifiques. A Port-Jack- ■on , le capitaine Baudin Inl donna te eommandement de la petite goélette la

Casuarina, avec laquelle il fut expédié successivement aux îles Hunier et à la où te dite terre de Napoléon. Pendant cette dernière exploration, qui fut contrariée par le mauvais temps, et qui se prolongea bien au delà de ses prévisions, il courut de grands dangers, et déploya beaucoup de fermeté et de courage. Après une navigation périlleuw« il retrouva enûn le vaisseau commandant au port du Roi-George , à l'extrémité de la terre de Nuyto. Plusieurs explorations marquèreation séjour dans cette baie et dans ces parages ; puis il rejoignit le Cwéoqraphey dont il s'était encore séparé, a l'Ile Notterest. L'expédition se termina au mois d*aodt 1809, a rîle de France, où la Casuarina fut désarmée. M. Freycinet étant passé à bord du Géographe avec son équipage, ce bâtiment regagna l'Europe, et entra dans le port de Lorient le 35 mars 1804. En 1817, il fut chargé par le gouvernement des Bourbons , auquel il s'était rallié avec beaucoup d'empressément, de- la direction d*un nouveau ▼oyage autour du monde : cette expédition avait principalement pour objet ia lecfaerche de la figure du globe et Pétude des éléments du magnétisme terrestre. M. Freycinet partit de Toulon le 17 septembre 1817, relâcha à Ténériffe, et gagna Rio-Juneiro. 11 se rendit ensuite au cap de Bonne-Espérance, où il séjourna du 7 mars au 5 avril 1818; visita les îles de France et de Bourbon, la rade des Chiens-Marins, Timor, les autres lies du grand archipel d'Asie, Guam et plusieurs des Iles Mariannes.

De Guam, il mit à la voile le 5 juin 181», pour aller étudier la géographie et la ci?ilisation des îles Sandwich;

f>uis il se rendit au port Jackson, et de à à la terre de Feu, où il jeta l'ancre, le 7 février 1820. Des rafales horribles rayant bientôt jeté loin de cette cote , il se dirigea sur tes Iles Malouines, oii il échoua sur une roche sous-marine, le 14 février, en entrant dans la baie Francise. Tout l'équipage et laprécieuse cargansoD da bâtiment rarent sauvés, et

M. Freycinet p«rt s'embarquer avec ses

marins et ses richesses scientifiques , le 27 avril 1820, sur un navire américain, dont il avait fait l'acquisition, et auquel il donna le nom de la Phffsieienne, Après avoir visité de nouveau Rio-Janeiro, il reprit la route de la France, et arriva le 13 novembre dans le port du Havre. La narration des expéditions du Géographe, de Vf'rnnie et de la Phy* siclenne a été publiée à Paris, sous ia direction de M. Freycinet, qui a donné, en outre, une nouvelle édition du Toysge de Pérou. Ce navigateur a été nommé capitaine de vaisseau par Louis XVIII, et officier de la Légion d'honneur. 11 est membre de l'AcsNlémie des sciences et de plusieurs sociétés savantes.

Freycinet (Louis-llenri , baron de Saulses de), frère aîné du précédent, naquit aussi à Montélimart en 1778; entra dans la marine, à Toulon, à l'ài^e de quinze ans, et prit part à tous les combats livres dans la Méditerrniue aux escadres réunies d'Espagne et d'A ngleterre. Il fut nommé enseigne de vaisseau en l'an v, et partit alors pour Brest. Quelque temps après, il reçut W commandement de la goélette la Biehe, En 1800, le ministra de la marine le désigna avec son frère pour faire partie du vovage de découvertes aux terres australes, sous les ordres du comoian* dant Baudin. Vers la fin de 1805, il fit voile avec la corvette le Phaéton, de seize canons, pour aller porter des ordres aux commandants de nos établis^ sements des Antilles. A peine entré dans Tarchipel américain, il rencontra une corvette anglaise, et eut avec elle un engagement opiniâtre. Il fut blessé dans ce combat à l'épaule et à la jambe; mais il eut Thonneur de forcer son antagoniste à prendre la fuite. Peu de jours après, étant sur le point d'atterrir à Saint-Domingue, il fut rencontré par une frégate de quarante-huit canons qui tint lui barrer le passai^e. Freycinet n*avait qu'une faible corvette avec du canon de petit calibre; son adversaire était un fort bâtiment pourvu d'une grosse artillerie; malgré la grande disproportion des forces, le commandant du Phaéton n'hésita pas à attaquer la frégate ennemie. Le combat fut vif et

m lé bfiaâ di^btf ertipotfê f^ar un bbulét, se tit obligé de quittef son banc de dudrt. Ce glorieux combat, livré le 27 i&nîm 1800, entre (feux Mtirfieilfi d*un^ fbree si inégale, est un de nos nlué beDux faits û'àtiûéÈ lliÉritiMëà de rèrè impf^rinle.

A son retour en France, M. Ëenri de Freyciftet fut promù ab Irradié éé àapîtaine de frégate. Il fut nommr iiouvernetjf de r?!e Boiirlion-cn 1820. Son administration paterneiifil et éclairée fit fléUrlr mïé c6Mnfe, ét lui lilérità ufi féntfdî^riâge de gratitudè aùssi flàtteut qu'honornble. Transféré du souvéfnement de Bourbon à celui de la Guiane française, puis 6ë îâ Wartfnique, M. de Frey'cinet y reçut successivement du roî le titre de baron et fc cjrad'? rontreamirai. Il était mnjnr {jenéral de la marine au port de Toulon, lorsqu'il fut AomMé, en 1895, ptèfél tnûmihè â Rochefort. 11 y est riiort cri t8 tO, de la réouverture d'une blessure reçue à la jambe en 180G.

Piii!tsfTl« CéOnfrBM ée). Lé 4 dé^ cembre 1800, léhd^ihaîh dé Iâ bâtàillë de Hohenlinden, le général Moreau porta son quart îér général d'Anzing à Hag.

Toute là jôurnée fut ertiplOyée à balayer li flVë catirhe de l'Inn, et h resserrer les Autriehiens dans Irtirs têtes de pont?. Te 5, Moreau distribua les diflérents corps de son armée en deçà et aitt delà dU flèliild. fXkfx dlvt^ioiri^, détfl* chrv9. du rnrps du L^t^héral Sainte-Suzanne, qui faisait partie de Taile gaucbe^ reçurent ordre d'aller, sous la conduite du géhéfti Co\àiïd , merabll^ h Èrdtng.

Elles fefncoHtrérent au ifflâgé dé f^rcysîng , su^" ITser, l'avant-ganle rf ii t^énéral ennemi Kienmàyer, qui voulut leur disputer le passap;ë; mais, vivement atta- <|Mée>()ar nos soldats , les troupes àXittU chiennes !;lchèrerit bientôt prise, et se re plièrent sur le corps prindj^l, vers Mubldorf.

TUJktH (Ldifi^, cohiiéj, tteutenant général , né 5 Vilfers-MôrfâAclMlrt (Picardie) en 1758, était parvenu au grade de colonel , lorsgu'il se fit remarquer à la batA'Itedé Ffeatti. Nommé, aprè$ qud((ues éutres faftâ d*armes, général de brîgadé en 1794, il passa à Tarmée de Sambre-et'Méuse Sous les ordres de

Rléber, qui lut conla 19f^ homme»

pôur coopérer au siège aé waestricht.

Ayant ensuite contribué, à la téte de la niéme division , à la prise de Luxembburg, il obtint de lourdan lecommaiw deitiént de ta province ae ce nom. Aprè^ avoir pris part au passage du Rlim à Neuwied , le çténéral Priant se trouva au siège d'Ehrenbreilstein , où il s'exposa beaucoup dans lés tranchées. Vers In fin de ITOG, il se rendit à Tarmée dTlalie dans la division de Bernadette , et donna de nouvelles preuves d'intrépidité au passage du TasHamentOi puis a la prî&e de Gradisca. Plus tard, à Xiaybach , en réduisant à l'inaction un corps de 5,000 Hongrois, il assura les derrières da Tarm^e qui poursuivait les Autricbiert|.

Pendant 1 expédition d*Éf;ypte, le i$a« néral Priant rendit encore de grands services, et recrut de Kléber le grade da

Sénéral de division. A son retour ea 'rancé, il fut nommé Ihspécteur géné* ral d'infanterie; puis il passa, en 1805, à la î^rande armée dans le corps du maréchal Davout. A la bataille d'Aus* têrlitz, fl eut quatre cheTaui tua soiii lui. Il se distingua encore a AuerstaedU à Eyînii, à Eckmiihl, et fut créé comtod'empire en 1808. Il assista, en 1809, ci la bataille de Wagram, et, deux ans plus tard , il commanda les grenadim a pied de la garde impériale.

Dans la campagne de Russie, il contribua, à la tele d'une division du pra* ftiîé^ corps, à la prise de S^notiemk* s^emparà du village de Seminskoé, daiit lâ journée de la MosHowa, et détruisîl une colonne russe. XiCS blessures fju'ij avait reçues sur ces derniers diamps de blàtailjé ne lui permirent de rejoindr»

rarmeequc pendant Tarmistice de Dresde. Conunandant , en 181.3, la 4*" divisioii de la jeune garde, i| se di)>lingua à là bataille de Hanau» et, en 1814 4 tm combat de Ciinnip- AiibiTt. Le 3 mars,sa division pour.suivit les Prussiens m nord de la Marne, que Isapoleon venait (fe rrànehir, et prit part mm autres faits aarmes des derniers jours de cett^ campaj^ne. Te 2 juin J815, il fut inscrit au nombre des pairs par xNapoléon, et le 18, à Waterloo, il tut blessé en chargeant à la téte d*une divîyioii de Itf garde. Enfin, au second retour der Bourbons, le général Priant fut mie à Ja

PRlBOOEtt BN BRISfiAU FRANCE. FftlWWBG ES BBlSfiAV SÊê

retraite après vingt-troig ans 4e aervice.

Il est mort en 1829.

Son ùis,Jean'J'rançQis, né en 1790, a marché sur ses traces. Maréchal de camp et commandeur de la Légion d'honneur, il a coinmnrdé par intérim la sarde nationale de Paris après la mort du comte de Lubau.

Fribourg sir BRiaoAu (bataille et sièges de). — En IG44, la situation de l'armée d'Allemagne était assez difficile, ïu renne n'avait pu empêcher Mercy, rhabile générai de Tarmée bavaroise, d'assiéger et de prendre sous ses yen Fribourî en Rrisiîau. Le (i'iùiu'hten, qui amenait des renforts , n arriva sur le Bhin que le lendemain de ce i^kheux événement. De concert avec les maréchaux de Tu renne et de Orammont, il résolut d'attaquer immédiatement, avec ses 20,000 hommes, l'armée ennemie, dont la position dans les montagnes de la foret Noire, appuyée sur Fribourg, était formidable. Le général d'FrIach, qui connaissait bien le oays, proposait de s*avaneer« par un detoar, sur les delrrières de Mercy, qui edt été forcé d'évacuer pour ne pas être affamé. Mais En^^jhien crut qu'il y avait plus de gloire à forcer l'ennemi dans des positions presque inaccessibles. Il se chargea de déloger le vieux u(Mit'T;il des lignes établies sur la cdle de la mont, une, et défeudues par des abatis de sapins et par des palissades presque impenétrabiMt L'attaque conrniençs le 8 aoât. Le duc conduisit et ramena plusieurs fois ses troupes à la charge; son intrépidité, son audace même le firent triOmpheé dea plus grands obstacles. Les premiers retranchements avaient été pris : il fallait enlever la seconde ligne pour dégager un corps de troupes exposé de tous les côtés aui feux de Tennemi. lyEn* ghien n'avait alors avec lui que i,000 boniines épuises de fatigue, et il s'agissait d'en forcer 3,000 , vainqueur^ de toutes les atta(]ue8 et parfaitement Mtranchés. Le moindre retard compro^ mettait gravement le sort du corps d'armée de Turenne, qui devait s'avancer par le vallon, en bas; l'action était décisive.

Voltaire, dnns son Siècle de Louis XIFy a dit que le duc d'Enghien jeta son bâton de commandement dans les

retranchements des ennemis , et marcha

f>our le reprendre, l'épée à la main, à a tête du régiment de Conti. L'auteur contemporain de la Relation du siège dt Fribourg rapporte ainsi ce fdit :

" î.p prince Icsi-end de cheval , se met à la trte du régiment de Conti et ?nnrehe aux ennemis. Le comte de J ournon , mifi de Castelnau-Msurlssière, én fait de même avec le régiment de Ma/arin; le maréchal de Grammont, Alarsin, l'Échelle, Mauvilly, la Moussaye. Serzé, les ehetaliers de Chabot et aa Gramonty Isigfiy, Meilles, etc., etc., et tout ee qu'if y avait d'officiers et de volontaires mettent pied à terre. Cette action redonne cœur aux soldats. Le duc d'Enghien passe le premier TabatiB de sapins; chacun, à son exemple, se jette en foule par-dessus, et tous ceux qui défendent la ligne s'enfuient dans le Doia à la Êifeur de la nuit qui appro* chai t. »

Dès que les soldats eurent pris quelque repos, d'li)nghien renouvela le combat dans un vignoble qui demedra ftmeux dans Tarmée sous le nom àevtgne

de Fribourg; mais on dut renoncer à cette attaque. Les suivantes ne réussirent pas mieux. Sept fois rejetés en arrière , les Français revenaient toujours à la f linme; enfin Grammont pressa d'Enghien et Turenne de faire cesser une boucherie inutile, et protégea la Htraite avec sa caval<iHe.

On resta ensuite trois jours dans le camp au milieu de tous les rorps morts, dont les exhalaisons pestilentielles tirent erieore de nombreoSea Victimes; puis, les ennemis étant toujours postes au même lieu, on prit le parti de suivre le conseil donné par d'Erlach. Mais Mercy prévint ce dessein, et força tes Français, qui l'avaient atteint au-dessus de l'abbaye de Sa net-Peter, à se retirer en grand désordre ; de sorte que d'Enghien et Turenne ne purent le rejoindre.

Cette terrfblè bataillé de Fribourg, qui ne finit que le 9 août, ne pouvait passer pour une victoire. Toutefois, la retraite de Mercy permit aux Français d'étendre leurs conquêtes au delà du Rhin,

Le duc d'Enghien avait été présent partout, animant le soldat par son

J»04 FAIBOUEG £N BUSQAU L'UJ(1V£RS. miBOUaO EK SUl&SB

enmpleet s'exporant aux pliu- grands

dangers.

— Le maréchal de Créqui, qui, par ses exploits pendant la campagne de 1677, réparait sa déroute à Consarbruck , avait, ainsi que son adversaire, le duc de Lorraine, fait rentrer ses troupes dans leurs quartiers d'hiver, quand il les retira brusquement pour aller assiéger, le 8 novemore , la ville de Fribourg. Le duc ne put déterminer ses troupes à rentrer en campagne; de sorte que la ville, défendue vigoureusement d'abord par le margrave de Bade , le comte de Forlia et le comte de Kaunitz , dut se rendre le 16 du même mois. « Le maréchal de Créqui, après avoir donné tous les ordres nécessaires pour assurer la conquête de Fribourg , et y avoir laissé garnison, décampa le !9, et alla repasser le Rhin a Bris^ac. Il envoya ensuite toutes les troupes de son armée dans des quartiers d'hiver, et finit cette longue campagne avec la gloire de l'avoir conduite et terminée d'une manière di* gne de M. de Turenne.

n La nouvelle de cette conquête jeta une grande consternation à la cour de Vienne. On ne pouvoit comprendre que ce fussent là les progrès de cette puissante armée que 1 Empereur et TEmpire avoient formée avec tant d'efforts. La France, maîtresse d'une place si considérableau delà du Rhin , donna à penser aux confédérés, et alarma extrêmement les princes qui en étoient le plus à

portée (*)• »

- Villars, maître de Landau en 1713, attaqua Fribourg. Le baron de Harscb,

gouverneur de cette ville, défendit tous ses ouvrai^es avec courage. Les instances des liabitants pour le déterminer à capituler furent superflues. Frîbourgeois désespérés, craignant le pîl* l.ige de leur ville, s'y prirent d'une manière singulière pour toucher le cœur de rinflexible gouverneur. Le clergé, la magistrature, les artisans, les femmes, les enfants, vinrent processionnellement le supplier de céder; mais il demeura inébranlable, et fît commencer le feu. Le siège durait depuis deux mois ; tous les efforts d*Engène pour le

(*) Histoire milittùre de Louis XIF, par Quiocy, u I p. 56o.

faire lever avaient été inutiles. Enfin de Harsch fit annoncer à Viiiars qu'il lui abandonnait la ville et se retirait dans la citadelle, en recommandant ses malades à sa générosité. Tillarsépaiigna les habitants et fit régner un ordre parfait dons la ville; mais il fit porter les mnladaiùet les blessés sur l'esplanade du diâfeau, où ils étaient à la merci de In faim et des boulets. Le gouverneur no.

put soutenir un tel spectacle et se rendit. Des négociations s'ouvrirent aussitôt entre Eugène et Villars^ et elles aboutirent aux traités de Ilastadt, des 6 mars et 7 septembre 171 4.

— Le maréchal de Coigny vint encore assiéger, au mois de septembre 1744, la capitale du Brisgau ; et Louis XV', après avoir quitté Strasbourg;, ne tarda pas à se rendre à l'armée, dont il prit le commandement. Le siège tut long et pénible, surtout à cause de Tabondance des eaux du Treizamqu'ilfallait arrêter et détourner. Les assiégés, qui avaient reçu des renforts, se défendirent avec opiniâtreté, et tentèrent plusieurs sorties. Cinq cents grenadiers furent tués à l'attaque du chemin couvert; presque tous les ingénieurs furent dangereusement bles&ès.

Cependant la ville se rendît le S novembre, et l'on signa le 6 les articles de lu capitulation dans la tente même du roi. Les châteaux furent livrés le 25 novembre, et la garnison resta prisonnière de guerre.

Fbibourg en Suisse (prise de). — Lorsque le Directoire renversa , eu 1798, les institutions aristocratiques de THelvétie, le général Pigeon, qui commandait l'avant-garde de Brune, occupa le 2 mars les environs de Fribourg. Voyant ses troupes impatientes de combattre les bandes de paysans qui étaient accourues au secours de la ville, et irrité de la mauvaise foi des magistrats,

âui , à sa sommation , répondaient en emandant des délais pour réunir leurs moyens de défense, il fit tirer quelques obusiers, et pratiquer quelques brèches dans la muraille. Dix à douze soldats, conduits par un sergent de la lô" demi* brigade de ligne, nommé Barbe H, es-

(*) Ce bravr, fait officier le même jour, fui tué, le 5, au combat de Neueneck où il A'élait eucore élaucc au pramier rang.

raniiMTM Kir sinnsi FRAHCB. nin»LAHD âo$

caladèrent les remparts et se précipitémat dans la place, tandis que d'autres j p^étraient par une porte que le canon afait brisée.

Quinze cents Bernois et cinq mille

t)a^sans se retirèrent précipitamment, aissant sur les routes et dans les champs quantité d'armes qu'ils avaient emportées. On les poursuivit , et cette première nffaire coûta aux Suisses uualre ceuts hommés tués et beaucoup de blessés.

Friedberg (batailles de). — L'nrchiduc Charles, rappelé sur le haut Rhin, au mois de juillet 1796, par les succès de Moreau , n'avait laissé en présence de l'armée de Sambre-et-Meuse que Wartensleben , à la tête de 40,000 hommes. Après le passage de la Lahn par les Français, ce général autrichien avait reçu orrfre de s'arrêter à Friedberg (*) dans sa marche rétrograde , et de n'abandonner cette place qu'après avoir tenté le sort des armes. Le 13 juillet , au moment où Kléber allait l'attaquer, il résolut de prévenir la résolution des Français. Deja ses troupes légères, ignorant le changement de disposition de leur général, et croyant que la re-' traite continuait à s'effectuer selon les ordres donnés, avaient cédé à l'avantgarde, commandée pur >iev, les postes qu'elles occupaient sur fes hauteurs voisines de Friedbcrg et cette vill^ellemi!me. Mais elles durent retourner sur leurs pas et reprendre ces positions.

Wartensleben luinnéme forma ses troupes en bataille en arrière de Friedberg , d'où il chassa les Français pour s'y établir. Mais dès que le général Lefebvre, dont la division marcnait sur la gauche de la Wetter, eut passé cette rivière et eut paru sur la droite des Autrichiens, le combat prit un autre caractère et rengagement devint sérieux. Les hauteurs furent reprises par Lefebvre après une opiniâtre résistance. En même temps , les troupes des généraux Collaud et Bonnard se portèrent vigoureusetnent en avant. Le combat qui s'engagea sur la droite de Friedberg fut des plus vifs. Enfin, s'étant vus enfoncés sur plusieurs points et défaits sur leur droite, les Autrichiens commencèrent leur retraite. Bientôt les divisions françaises,

(*) A quelque diâtauce de Francfort.

ayant fait leur Jonction et attaquant de front avec rardeor du succès, les contraignirent à continuer ce mouvement rétrograde, et entrèrent dans Friedberg. Wartensleben défila pendant la nuit, et prit position à Bergen près de Francfort. H avait perdu 1,200 hommes tués ou blessés et 500 prisonniers. La perte des Français n'avait été que de 4 a ôOO hommes tués ou blessés.

— Au mois d'août de la même année, une malheureuse inspiration, un oubli des principes d'une bonne stratégie, mai déguisé sous le nom de diversion, avait poussé Moreau à faire une trouée en Bavière, au lieu de refouler l'archiduc sur l'armée de Sambre-et-Meuse.

Le 24, il força vaillamment le passage du Lech sur trois points. Le général autrichien Latour fut battu dans la position centrale de Friedberg (*) , et poursuivi sur les routes de Munich et de Ratîsbonne. Ce combat valut aux Français 17 pièces de canon et 3,000 prisonniers.

Fbiedebicustàdt. Voyez Neiss.

Fribdland (bataille de). — Après la sanglante bataille d'Eylau, les Français av.iient poursuivi les Russes et leur avaient livré deux combats, l'un à Ostrolenka, l'autre à Brausberg, ce dernier le 26 février 1807. Depuis ce jour jusqu'au mois de juin , il ne se passa rien d'important entre les deux armées ennemies, et chacune d'elles avait repris ses quartiers d'hiver. Pendant ce temps, l'une et l'autre reçurent des renforts, et l'empereur Alexandre arriva à son armée avec sa garde. Le ù juin, les hostilités recommencèrent. Les Russes attaquèrent les Français sur plusieurs points , au pont de Spandau , au pont de Loiniiten , a Ackendorf , mais ils furent partout repoussés. A leur tour, les Français attaquèrent les Russes à Hcilsberg , leur firent éprouver de grandes pertes et les forcèrent à la retraite. Ils s'arrêtèrent à Friedland. L'armée française y arriva le 13 juin. Le 14, à trois heures du matin, les Russes débordent du pont de Friedland , et le canon commence à gronder. « Cest un Jour de bonheur, s'écrie alors Napoléon, c'esl ^anniversaire de AJarengo. » ToutO-

(*) NoiHh n'avons pas besoin de dire que cette vilie est dxUéreate de la précédente.

SM FBISDLA» L'ORfVERS. nUBMUmS

fois, la plus grande partie de la journée 86 pBSK» en escarinouclies. Ce ne fut

3 ne vers les einq heures du soir que les ivers corps français étant arrivés à leurs postes, la bataille commença véritablement.

. Les Russes, commamlés, comme h Ëyinu, par Benicrsen, sont rangés en bataille, leur gauche appuyée à Ja ville de Friedland , et leur droite se prolongent à deux lieues dans la plaine. Ney reçoit Tordre d'ntt »r}iier In droite de l'ennemi. Aussitôt que Henii^sen aperçoit ce mouvement, il fait déborder le maréchal par plusieurs régiments de cavalerie et une nuée de Cosaques; mais, au même instant, Latour-îMEuiboui i: et ses dragons arrivent bride aijaiiue et repoussent cette eharge. Plusieurs colonnes russes, <|ui attaquent de nouveau les troupes de Wey, soht repoussées à la baïonnette et précipitées dans. l'Aile, où des milliers de soldatô tronvent Id mort. Ces colonnes sotit remplacées par la 2;arde impériale russe, qni fait une charge terrible sur la gauche de rSey et l'ébranlé un moment; mais Dupont, a1*riTânt aVeè sa division, fond sur la garde russo, la repousse, et lui friif iq)rouver de grandes pertes. Pendant ce temps, une batterie formidable, placée au centre de Tarmée française , nisait beaucoup soufft'ir rennemi. Les Russes, ayant échoué sur la droite des Français , s'avancent en colonnes serrées sur te eeritre, qu'ils essayent d'enfoncer. Mais les charges furieuses de leur infanterie et de leur artillerie ne retardent pas d'un instant la marche des colonnes françaises sous les ordres de Lannes. Leur centre est mis élt dé» route. Alors Mortier, qui jusqu'alors s'était contenté de maintenir la gauche, marche en avant, et culbute tout devàut lui« tf*ennemf est battu slir totfté la ligne : il est obligé de fîlir, laissant sût le champ dp bntnide 17.000 morts ôli blessés. Les Français se mettent à sa poursuite, et lui font encore 20,000 pHsonniers. 190 f)ièces dè canonî et dtt' grand nombre de drapeaux restent en leur pouvoir. Leur victoire est complète, et leur perte n'est pas le tiers de ceHe qu'ils «talent éptwifée à Eylàa.

Le résultat de cette grande bat«lKe fut la pati de Tllsitt.

FmiBMffOBN ( bataille dfe — VI!larSf opposé Mi margrave Louis de Bade, tomba sur lui, le 14 octobre 1702, à Friedbn^en, petite ville de Souabe , située à trois quarts de lieue 4)u Rhin. On fut rederable du succès du combat de cavalerie à un capitaine nommé de Magnae, qui commandait les troupes de cette arme. Cet officier parvint, par d'habiles manœuvre^, à atttrtor ■ la cavalerie ennemie au delà de la portée du fort de Friedlingen, dont elle ne put ainsi recevoir de protection ; il la chargea alors à l'arme blanche, et la poursuivit plus d'une lieue.

L'infanterie défit, de son côté, et renversa par trois charges différentes celle des Impériaux; mais sa trop grande airdeur, jointe à la mort de deux ofll* ciers généraux , la porta à sortir dans la plaine, après avoir chassé l'ennemi d'un bois , et lui fit perdre ainsi son avantage. Le temps qu'il fallut pôur ré* tablir l'ordre dans ses rans:s sauva l'infanterie ennemie. Opendant la bataille était gagnée; presque tous les généraux ennemis étaient tués ou dangereusement blessés. Les Im|)ériaux avaiciM;, d'ailleurs, perdu plus de 3,000 homWftB et un grand nombre de drapeaux.

Ce succès, qui valut à Villars le bâton de rtiarébhal, était d'autant (Mus glorittux qu'il atait à combatirè lè général le plus renommé de l'Empire, dont l'armée était supérieure en nombre à la sienne. La perte des Français fut , suivant les états énvovés à là cbUt*, 11 à 1,900 taomiri«É tués et dis iÉ à 1,400 blessés.

Villars ne poursuivit pas sa victoire, fSreé (f oïl crut dévoir sacrifier cètte oc-

oasion d'anéanfir l'armée de l'Ëmpire au désir d'opérer sa jonction avec l'électeur de Bavière , qui se ût attendre ihtitlleirteht. Le maréchal, dans pluslèurs de ses lettres, témoigna à Itf cour ses regrets h cet éLrnrd (*).

Voltaire dit, dans son Siéch de Louis XI f \ avoir entendu raconter plus d'une fois a ce général , que , comme il marchait là la téte de l'infanterie, la bataille étant déjà gagnée, une voix cria : « Nou»

(*) Yoyez , sur cette bataille, sa letire au roi , qai se trouve , en original , au dépdt de la guerre, vàl. x58» déft àt^veiy leUré ^07.

VMMMHI' niAlIGB.

niHini

• $9mmêê cmipéÊ ! » et qu'âataitôt lei ▼nn^aofs 8*enfuireBt en ilésordrt^ tant que personne les attaquât. Deux régt*

ments enne«nis eussent suffi alors pour ressaisir la victoire. Le même auteur ajouta qae Lotiit 4e Me mMida à Vienne qu'il avait eu l'avantage, et fit chanter un Je Deuniy tandis que, de leur côté, les Français, revenus de leur l»aoique, prooiAOMMBtViHar» maréchal de France sur le champ de bataille , quinze joui» afadt qi» ror eonfirmât ce choix.

Fbioul (d«e de ). Voyez Duroc. . FB»lBi8. — Cette corporation de a vendeurs ou acheteurs de robes, viez littges, péleferie et cuirien ( ciu'r) viez (Hl nuef , » a eu des statuts dès le com« meiiiBeiReiit dv trèfsièiiie aîèeleaD moliia* D'après le règlement recueilli parÉtierine Boileau, re métier devait être a* heté du roi, ou plutùt du chambrier du roi, qui le fendait « à Tan vlat et d l'autre inoina, tanlconme il lut sembloit botl. » Nul ne pouvait « estre frepier dedf^nr a la banlieue de Paris, se li ne juruit « sur saints pardevant le mestre et deux «des preudommes du métier que il lé « liendroit bien et loiaument. C'est à « savoir qu'il n'achateroit de larron et 0 de iarronesse à son escient , ne eu « boriM, rte en taverne, se il ne set de. «qui, ne chose morliiée ne sanglante, « se il ne set dont le sanc et la meilleure «(mouillure) vient, ne de mésel ne «oe méaèle (lépreux, lépreuse) dedanz «labatTliene de Paris; ne nul garnen ment f ornement ) qui apartioLTip à la « religion, etc. » Tout fripier qui enfreignait ces règles était déchu de sa prOKSsion , jusqu'il ce qu*il achetât de nouveau le droit de Texercrr.

Les crieurs de la rote r( delà chape, les prédéeesseurs de nos marchands de vMtt» ÀaèHtê, fHeux gélom, se trouvaient alors dans une sorte d'infériorité à l'égard des fripiers ronnnt boutique. Une grande partie des privilèges du mêtm \mr ëmm i«fi^ , vn que d^Mk aiut^ecôté ils jouissaient de l'avantage d'aller « par lès ostîénz ( hôtels ) « et tost et tart . et ès bordiaus, et ès « tavernes , et d'avoir , chascUn jour , « ItoaMKié él ventë. ^

Philip|jè m rendît, en 1578, nne ordoBBanGe, où respire an esprit vrat-

raeAf charitable , envers une diasfce dé pauvres marchandes fripièrés. Le

vôt de Paris , Pierre le Jumeau, la confirma et rexplirjua, en 1302, dans les termes suivants : «> Comme jadiz il eust tfune place vtiîée H PaHs tenatft wùk' « murs du Cymetière des Ihnoceris dé « Paris, et en ycelle place poures famés « lingères vendeurs de petits sollers «(soufiers ), et poures pitéables per- « sones vendeurs de menues ferperies < ( friperies > v<'ndissei!t f n icelle leurs « dites denrées, et en estoient en sai- « sine euls et leurs devanciers , et après « ce il eust pieu au Roy, qui lors estoit, « à faire faire et édiffiêr en ladite place « une halle à sollers, où l'en tent mar- «chandises a jour de marchie, et les « dites poures famés tingièreS tendeurs « de petiz soulers eussent requis , en « suppliant an Roy que il leur vousist « faire grâce et establir lieux où ils « penssent vendre leurs denrées; et le- « dit nostre seigneur le Roy , qui lors « estoit , leur eust otroié que il peus-, « sent vendre leursdites denrées sous « ladite halle... Et comme débaz , con- « tenz et descors fussent entre les ba> " senniers d'une pnrt (*) , et lesdites « poures famés liugieres d'autre part,... « avons desclairci et desclaircissons , « etc. »

D'autres statuts furent dressés et confirmés pour les fripiers sous le règne de François P'' en 1544, puis corj\n,és et cdnflrmés «ms Louis XlV e&

L'apprentissage, d'a|)rès ces derniers règlements, était de trois ans. Le brevet coûtait 72 livres, et la maîtrise 1000 avec chef-d'œuvre.

Fririox (François-Nicolas , baron'' , né en ITfUî à Vendières , département de la Mcurthe, entra au service en 1782, comme volontaire, et parvint, en 1794, au grade de chef de bataillon , après avoir parcouru toute l'échelle hiérarchique, riommé adjudant général à la tin de la campagne d'Allemagne, ea 1796, il fut, en cette qualité, envoyé à l'armée d'Helvétie, puis en Italie,

(•) Les fripiers eurent aussi, dés le treizième siècle , maille à partir avec les cliauatiers qui se plaignaient que ces industrieit faisaient des chaus»es avec de vîmIIc* fobai et Ux>in|»aieQl ainsi le oublie

iHiKiov LUNIVERS. raonsAiT

sous Schérer. On le rappela sur le Rhin en 1799, et Moreau le nomma générai de brignde sur le champ de bataille à

Hohenlinden.

Il devint, à la paix, commandant du département do Bas-Rhin (1802) , et

servit plus tard à Tarmée d'Italin , commandée par Masséna, puis dans le nord de l'Allemagne , en Danemark , et, avec une brigade delà grande armée, à la bataille d'Esling. Le maréchal Lannes, présent à ses manœuvres pendant cette

tournée , lui adressa alors ces paroles à laute voix : « Général , vous vous cou- « vrez de gloire, vous et votre brigade ; « je rendrai compte de votre conduite à « l'empereur. » Fririon se distingua encore au passage du Danube , à Wagram , et au pont de Znaîm.

Il ne tarda point à être récompensé de ses travaux par le brevet de {général de division, et le titre de baron , avec un supplément de dotation. En 1810, il fut nommé rlinf de l'état-major général de Tarmée de Portugal. Rentré en France, il devint inspecteur de la division militaire; il en remplissait les fonctions à l'époque de la première resta . ration. 11 fut employé depuis comme inspecteur générai d'Infanterie, et comme membre de plusieurs comités au ministère de la guerre. Il est mort en 1840 , commandant de l'hôtel des Invalides.

Fmbion (Joseph-François , baron) , frère du précédent , naquit à Pont-à- Mousson en 1771 , et entra aussi au service comme volontaire. Après avoir servi longtemps sur les bords du Rhin et à Tarmée ne Moreau , il fut promu .au çrade de colonel en 1807 , dans un régiment de la 1"^" divi.sion du 6" corps de la grande armée. Blesse a la bataille de Friediand, il trouva dans chaque campagne une occasion de rendre de nouveaux services. Il passa, à la fin de 1808, en Espagne, et y déploya une rare bravoure. Deux ans après il rejoignit Parmée de Portugal. Rentré en Espnî^ne , il mérita par sa conduite au combat de Fuentès de Onoro (5 mai 1811 ) que Hasséna, qui déjà avait demandé pour lui le brevet de général de brigade, renouvelût sa demande dans cette occasion. Fririon fut promu à ce grade le 22 juin 1813. L'état d'épuise-

ment dans lequel Pavait mis une longue maladie qui le tourmentait depuis 1807,

le détermina à prendre sa retraite, après avoir assisté à soixante-quatre combats, quinze batailles et six sièges.

Fbtsb (département de la). Réuni en ■ 1810 avec les autres départements formés dans le royaume de Hollande, il avait pour bornés au nord et à Touest la mer , au sud le département des Bouches-de-rYssel, au sud-est et à l'est celui de l'Ems-Occidental. Il avait conservé le nom primitif de la province dont il faisait partie. Son cbeplieo était Leeawarden ; il a été rendu à la Hollande, en 1814.

Fbix, grenadier au premier bataillon du Gers ; atteint d'une balle à l'épaule gauche, au camp de Sarre , il soutint

encore pendant plus de trois quarts d'iieure le choc dt3 la cavalerie ennemie , et, à la fin du combat, il arracha la balle avec son tire-bourre; ayant reçu trois mois après un coup de feu à la t^te , il tua encore six Espagnols à l'arme blanche.

Ce grenadier , après avoir perdu un œil dans un combat, fut jugé nors d'état de continuer ses services. « La a gloire seule m'a enrôlé , dit-il , la « mort seule peut me congédier » ; et il déchira son congé. Le lendemain , il monta le premier sur la brèche, à i'.attaque d'une place.

Fbocourt, village du département de roise, à 6 kil. de Beauvait, était autrefois une localité assez im-portante, et possède encore un château bâti par François 1 pour quelque favorite.

C'est' un fort entoure de fossés avec pont-levis, et où les sculptures et les ornements divers caractérisent l'architecture du seizième siècle, comme les salamandres et les fleurs de lis du grand pavilloii proclament le nom du fondateur. Selon la tradition , c'est à Frocourt que prit naissance la jacquerie du quatorzième sièele.

Fboissart (Jean), le plus gracieux, le plus naïf de nos chroniqueurs, celui qui a le mieux peint l'époque où il a vécu , naquit à Valenciennes en 1337, et fut dès son enfance destiné à l'église. Ses penchants semblaient cependant, il nous l'apprend lui-même, l'attirer vers une autre carrière.

fhoissart

Wà mm j«Bvmt* lA'M/, t«M itlf ( Qo* ifop TotontîMi m'ctboteitt

Et tel (]uo fui, encor le »tn . .....

£t (| 11.1 Ht cm me mist à l'etcole Où U ^ i;^iiorans on etcolf^ Il V avoit de paoelettes Qià de mon temps èrtnt joMttM*. . »• Et me sambloit , à voir «aqaerre Onnd proêc* à lear frice acquerrei.

Et lors derisoie à p.ir ini :

Quand revendra le temps por mi

FRANCK

niOISSABT

Quoi qu'il en soit , il entra dans let ordres , ce gui ne l'empêcha pas de concevoir un jour une vive passion pour uiie demoiieUe dont il fit la dame de ses pensées, et pour laquelle il composa un grand nombre de poésies amoureuses.

CeUe demoiselle, qui, ainsi qu'on peut le conjecturer d'après diverses circonstances mentionnées dans ses poésies, était d'une condition élevée, ne fut pas toujours cruelle pour lui ; c'est ce que prouvent les vers suivants quil lui adresse quelque part:

amie, ta rnem* M'csfcrtM.

Oncqnes Geoivre, Yseut, Helainne Ne Lurrrsse, qui fu RomaiMM^ . Made Vreçy la cbastelaiiM iTaiMi caseane tant la dan

Que je fai loi.

Cependant l'amour des dames n'était pas ia seule passion de Froissart j celle d*éooi]ter et de ftire des récits a?aît été chez lui presque aussi précoce. Il n'avait pas viniît ans, lorsqu'à la prière de son cher maître et seigneur, messire Robert de Namor, il commença à écrire Thistoire des guerres de son temps.

Lorsque la première partie de -sa chronique (1326-1340) , « qu'il avoit fon- ' «dée et ordonnée sur oelles an'avoit «jadis faites et rassemblées vénérable «nomme etdiscret seigneur monseî- « eneur Jehan le Bel, » fut entièrement achevée , il partit pour TAngleterre, et alla l'offrir à la reine Philippe de Hainaut, femme d'Édouard III, laquelle « liement et doucement la reçut de lui, « et lui en fit grand proGt. » Toutefois^ le souvenir de sa dame le rappela bientdP dans le Hainaut. Il y retourna; mais, en lui accordant son congé, la reine lui lit promettre de revenir. Il revint en effet Tannée suivante (1363), et fut nommé clerc de la chapelle de la reine, qui ie prit pour son écrivain, et se plut

à lui faire composer des poésies d'i mour. Il nous a lui-mdme fait connaître la nature de ses fonctions auprès de cette princesse, et les oblif^tioas qn^il loi eut : n Je la servois, dit-il, de beaux « ditties et traités amoureux ; et pour « l'amour de la noble et vaillante dame « i qui j'étois, tous autres grands sei- « gneurs, rois, ducs, comtes, barons et «chevaliers, de quelque nation qu'ils « fussent, lue aimoienl et voyoieni vo- « lontiers, et me faisoient grand profit. <t Ainsi , au titre de la bonne dame et « à ses coustages, et aux coustages des «hauts seigneurs, en mon temps, Je é eherchoi ia plus grande partie de la a chrétienté, voir qui a chercher fiiit. »

Possédé, en effet, par sa passion de voir et d'entendre des aventures , notre chroniqueur parcourut TÊcosse, pénétra jusque dans les Highiands, et passa

?[uinze jours chez les Douglas, aux inortunes desquels il a consacré dans sa chronique plus d'un touchant souvenlr(*). Il suivit le prince Noir à Bordeaux (1366) , et y fut témoin de la naissance de Richard, fils de ce prince.

« A savoir est, dit-il, que j'étois en la «cité de Bordeaux et séant à table, « quand le roi Richard fut né (6 janvier « 1367), le(]uel vint au monde par un « mercredi , sur le point de dix heures. « Et à cette heure que je dis , vint mes* « sire Richard de Pont-Chardon, ina- N réchal pour le temps d'Aquitaine , et « me dit : « Froissart, écripsez et met- « tes en mémoire que madame la prin* « cesse est accouchée d'un beau fils , qui « est venu au monde au jour des Rois. »

11 voulait accompagner le prince dans son expédition d*Espa^ne contre Henri deTTanstamare; mais il n'alla pas plus loin que Dax, oh il reçut du prince l'ordre de retourner en Angleterre. 11 passa Tannée suivante (1368) en Italie, a la suite de Lionel, doc de Ciarence, et assista, avec Chaucer et Pétrarque, aux fêtes qui furent données à Milan, à l'occasion du mariage de ce prince avec la fille de Galéas Yisconti. Il visita ensuite la Savoie, Bologne, Ferrare, Rome, et traversa TAilemagoe pour revenir en Flandre.

O «tte ce comte de Douglas n'y a plus; « Dieu lui pHdaûntl» tll, p. fSS, ^ éd.

^ EAQIi^bAH.'r L UiMVËES. flMMAftlr

Penilnnt tous ces voyages , bonne « qui sont le plus à recommander, car

protectrice , madame Philippe de Hai- « ils vivoient largement et hp.ap,^^ment

oaut, était morte. Il ne voulut pas Eè- «du lear, sans guerroyer ni trafailler

loumar eo Angleterre, et fut pourvu , « leur peuple >>

dans son pays, de la vure de Lestines. Le comte de Blois prit Froissart pour

Mais la vie simple et reiziée qui couve- chapelain; il le nomma trésorier et

que de celle des j;ens d'église. Les ta- la dépense pour en procurer les matc-

verniers de Lestines eurent bientôt cinq riaux. « Il mit grande ententç à ce que

. fltats livres de son argent , et cependant < je , Jean froisçart , Toulsissç'dicter et

il ne tarda pas à s*eonuyer de la vie de a ordonner celle histoire ; et moult lui

curé, et à chercher une condition qui lui « coûta de ses deniers , car on ne peut

permît de recommencer à parcourir le « faire si grand fait q»e ce SUAt à

monde , « tant pour sa plaisanoe accom- « peine et a grand coûtage. »

« plir et Toir les merTeifles deoe inonde, Notre chroniqueur ^ r^iut ,4Anp ^

« comme pour enquerre les aventures l'œuvre; « il eptra de nouvel dedans sa

«et les armes, lesquelles il escripsoie « forge pour ouvrir et forger eu ia haute

« dans sa chronique. » Il alla ottrir à « matière de laquelle du tenips p^ssé il

Wenceslas.ducdeBrabant, des poésies « s*étoit ensoigné. » Il visita la Tou-

qu'il avait composées [lour lui, et le raine (1^85 . all.i à PÉcluse, Iprs des

E rince choisit pour « son clerc et près- préparatifs de la descente en Angleytérien « le curé de Lestines (1381). terre , « pour les seigneurs et leurs États ' Weneeslas était poëte lui-même; il fit « voir, et pour apprendre des nouvelles IfeUre par Froissart on recueil de ses «(i386); » parcourut le Berry et le poésies; et notre ajiteur, mêlant ses Blaisois, et îdia à Bourges assister au propres vers à ceux de son maître, en mariage des enfants de Berry et de fit une sorte de roman , sous le titre de Blois; pois, lorsqu'il ^t xecaeiHi tous ' JfaBailu». Mois Weneeslas mourut avant les documents qae pouvaient lui fournir ^ecet ouvrage fdt achevé (1384}. Frois- les V^tats de son maître, il sentit la nésart pafîsa alors nu service de Guy de cessité de pousser plus Ipin ses voyais Chàtiilua, comte de Blois, sire d'Aves- de découvertes. ' Des, de Chimay, de Beaumont, etc. Le « Considérai en moi-m^me, dtt-fl, portrait qu'il imus n hisse de cf s deux . « que nulle espérance n'étoit que aucuns princes mérite d'être cité; car le détail « raits d'armes se fissent en prties de des qualités uue les hommes estiment « Picardie et de Flandre, puisque ^uix le plus dans tes autres, est ordinaire- « y.étoit, et point ne voulois etrç ciment le trait qui .peint le mieux leur « seux; car je savois bien que au tei^ps propre caractère. « Le duc Weneeslas « à venir et quand je serai mort, sera « fut largç , doux , courtois , amiable , « cette haute et noble histoire en erand ' « et volontiers s'armoit; et grand* chose « cours, et y prendront tous nobles et «eustétéde lui, s'il eust longuement « vaillants hommçs plaisance et exemple « vécu; mais il mourut eu la fleur de la « de bien faire; et entrementes que j n- <• jeunesse, dont je, qui ai esrripf et «vois, Dieu merci, sens, niémoire et « chronisc celle liisloire, le plains trop « bo^me SQuvcpauce de toutes les Choses

« grandement Or, pourtant que j'aie « passées, engin clair et aigu pour con-

« vu, au temps que j*ai travelle par le « cevoir tous les faits dont je pourrois « monde, deux cents hauts princes , je# « être informé touchants à ma princi-

« n'en vis oncques un plus humble, « p^le matière, âge, corps et membres

' « plus débonnairo ni plus traitable , et « pour souffrir peine, ipe avisai quç Je

« aussi avecques lui mon seigneur et « ne vovioia que ç^oomer da fioo pour-

« mon maître, messire Guy, comte de « suivre ma matière; et pour savoir la

« ^lois. Ce furent les deux princes de « vérité des lointaines hesoigoes sans

' « mon temps , d'humilité , de largesse et n que renvoyasse aucpne autre personpe

« de bonté, sans nul mauvaise malice, a en lieu de moi , pns voie et aebaisoQ

wwMÊêâvf m9€£. ifmmm m

(i eaiioanable d'aller deyars haut prince • 0 et reaoBté seigneur fiatton , conte d0 « Foix et de Berne (Béars). »

Il partit , en effet , à cheval , avec des lettres de recommandation de son seigneur, de la part duquel il était d ai|- Mui« chargé de remettre au prince auteur du Livre des chasses quatre lévriers, nômrnés Tristan , Hector, Brun et Rollant. li tit rencontre à Pamiers d'un bon ciievaKer, mesure Espaing de Lyon , qui avait fait toutes les guerres du temps, et traité les grandes affaires des princes. Ils se mirent à voyager de OMieert, meftire Espaing racontant à son compagnon oe qu'il savait de Tiiisioire des lieux où ils passaient, et Froissart ayant bien soin « de chevaucher de « lez-lui pour ouïr sa parole. « Ciiaque soir, ils s'arrêtaient dans des hôtels, oà ils vidaient « des flacons pleins de binnc « vin aussi bon qtie le bon chanoine en « avoit point hu (lésa vie; » puis, « après «• boire, » sitôi qui> le cheveUer étail las de conter, notre chroniqueur « escrif^ « soie la substance de ses récits , pour « en avoir mieux la mentoire au temps « avenir, car il n'est si juste retentite « que cTest d'escripture... » et tant « tni* « vellèrent , tni t rlievniirbèrent ainsi , « que, par {^ràce de Dieu, sans péril et « sans domniage, ils vinrent au cliàtel « du eomte de Foix, à Ortais, en Tàn • de grince 1388. »

« I/accueil que Froissart reçut du eomte de Foix, la peinture de la cour de ce prince , les lectures qu'il faisait de son Meliadus et de ses histoires . les récits Qu'il obtenait du prince et des Yieux chevaliers, sont, dit iVl. de Barente (*), une des parties les plus vi» vantes de ses chroniques. » Il passa trois mois à la cour de Gaston , et partit en mars 1389, avec Jeanne de Boulogne, nièce de ce prince, qui allait épouser en Auvergne le duc de Berry.

Il pnssn pnr Avignon, où il fut volé, et composa à ce su jet le Dicé du florin. Apres les féte$ du mariage, qui eurent Ifcu à Blom, if se rendit a Paris avec les sires de fa Rivière et de la Tr^mouille, et alla passer quinze jours au château de Crèvecœur, chez le baron de Couci.

De là, il alla visiter le comte de Blois

(*) Biographie universellei art» Vinnaifta*.

av château 4^ ^lo^nhoven. en Hollande; Duis rennt |k Paris, nuit jours avant rentrée d*fsabeau 4^ Bavière.

Après toutes ces courses, il raDritfin.fia la rédaction de son histoire.

La coniiu>ioii des trêves de Lpliur ghen lui fournit, quatre ans après, une nouvelle occnston de voyager. L'envie ' lui prit de revoir le pays où, « de son «jeune temps, il avoit été si bien dç n toutes parties auprès de sa bonne « roine, madame Phdippe de Hainaut. »

Il s'embarqua pour l'Angleterre dans les premiers jours de juillet 1394, et alla offrir BO roi Richard II le recueil de ses

f poésies. Voici en quels termes il raconte ui-méme l'accueil qu'il reçut de ce

prince : « Et voulut voir le roi le

R livre que j'avujà apporté. Si le vit eu «sa chambre, car tout pourvu je Tact vois, et lui mis sus son lit. II Tonvrit « et ip^'nrda dedans, et lui plut grande- « meut, et plaire lui devait, car il étuit « enluminé, écrit et historié, et couvert « de vermeil velours à dix cJoux d'argent « dorés d'or, et roses d'or au milieu, et « à deux i^aods fermaulx dorés et ri- « chement ouvrés au milieu de rosiera « d'or. Donc me demanda le roi de quoi « il trailoit, et je lui dis : D'amaurs! « De celle réponse fut-il tout rejoui ; et « regarda dedans le livre en plusieurs « lieux et y legy , car mouAt bien parloit

« et lisoil franç-ois et me lit trrs-

« hi)iiiie chère, pour la r.inse de ce ()ue « de ma jeunesse j avois ete cierc et la- «milrer au noble roi Edouard, son « tayan, et à madame Philippe de Ilai- « naut, sa taye; et fus un quart d'an en a son bôtel; e^ quaud je me départisse « lui , ce fut à Windsore» A pnendiie «COD96, il me fît par un clxeyaher don- « ner un gobelet d'ariient doré, pesant n deux marcs iargeuicitt, et dedans cent «nobles, dotUje vaktë mieux depuis « tout uum vivant. Et auis looult tenu « à prier pour lui. »

Trois ans après, en 1397, mourut le comte de Blois, «si endetté, dit le «chroniqueur, et de ri fietiia ordoH- « nance, que le sien, rentes et revenus, « ne purent fournir ses dettes. Dieu eri « ait l'âme de iui! Ce £ut mon sei^iieur « et moi| maître, et un seigneur boiio- « rable et de grand' recommandation ! »

Froisfartaa sttàsà alors à ChiQ^iy. Il

y mourut en 1410, « et son corps, dit «une chronique manascrite de cette « ville, y fut ensépulturé en la collé* « giale , en la chapelle où sont présen- « tement les fonts baptismaux. Après sa « mort, on fit beaucoup de vers a ba . « louante. »

a Froissart, dit M. Miclielet (*) , c'est la France du quatorzième siècle, au fond toute prosaïque, mais chevaleresque et gracieuse d'allure. Le galant chapelain nous conte son histoire aussi notiohainmment qu'il chantait sa messe.

D'amis ou d'ennemis, d'Anglais ou de Français, de bien où de mal , il ne «*en soucie guère. >' Du reste, il ne connaît que les chevaliers et les nobles ; le peuple, les bourgeois sont pour lui comme sMIs n'existaient pas ; et s'il daigne parler de oes longues guerres de Flandre, l'un des principaux épisodes de Thistoire du quatorzième siècle, où les bourgeois, ses compatriotes, jouent un rôle si im- IMirtant, ce n'est, sans doute, que parce que ces manant.s curent pour ennemis et aussi pour alliés de nobles seigneurs , dMliustres chevaliers. Quoi qu'il en soit, sa ehronique est en même temps l'un des tnoniunents les plus précieux de notre histoire , et l'une des productions les plus gracieuses et les plus intéressantes de l'enfonce de notre littérature. Souvent imprimée dans le quinzième et dans le seizième siècle, traduite plusieurs fois en anglais et en flamand, abrégée en français par Belleforest, en latin par Sleîdan, M. Buchon en a pu> blié de nos jours deux éditions, dont la plus commode est celle qui fait partie du Panthéon littéraire, Paris, 1838, 8 vol. in-8*.

Frolois, ancienne baronnîe de Bourgogne (aujourd'hui du département de ta Côte-d'Or), érigée en comté en 1684, en feveur de P. du Ban de la Feuiliée.

Fronde. Cette ancienne arme de iet a été longtemps en usage dans les troupes françaises. Au temps de Philippe-Auguste et de Philippe de Valois elles s'en servaient également en rase campagne et pour les sièges ; elles les employaient môme dans les combats de mer^ suivant le témoignage de Froissait Cet historien dit aussi que oe qui

O UiMûire d« France, U lU, p. M,

causa la défaite de Louis d'Espagne , combattant en Bretagne pour le |)arti de Charles de Blois , contre celui du comte de Montfort , ce fut que durant la bataille survinrent les gens du pays qui poursuivaient les soldats à boulettes et a fronde$. Les relations du siège d'Orléans, sous Charles VII, témoignent aussi que les défenseurs de la viiie étaient armés de frondes à bâtons. On commençait alors à essayer de pro* jeter des grenades avec des frondes ; mais on renonça bientôt à cet usage dangereux. Cette arme n'en survécut l»8 moins assex longtemps au perfbetiomiement tle l'artillerie. D'Aobigiié rapporte qu'au siège de Sancerre, en 1672 , les vignerons et paysans huguenots, réfugiés dans cette ville, s'en servaient pour épargner la poudre.

Les assiégeants repoussés avec vigueur nommèrent alors les frondes des arquebuses ^ ou pistoLeis de Sancerre dénomination qui est restée depuis dans le Berry et dans d'autres provinces.

Cependant , à partir de cette époque, la fronde ne parut plus dans les combats. Les frondeurs portaient différents noms : frondes , fimdeUes , beM^res^ ce dernier était un souvenir et uneoor* ruption du nom des Baléares.

^ Parmi les nombreux détails de mœurs que Ton trouve dans le poëme d' Abbon, sur le siège de Paris par les Normands, on remarque l'usage de balles de plomb (plombeamala) lancées par des frondes (iiv. I, vers 235).

Fbonde (troubles de In). La royauté , qui fut si forte et si majestueuse quand Louis XIV résna par lui-même, avait été petite et raible sous Louis XIV enfant. La minorité de ce prince fut, en effet, troublée par la guerre civile de la fronde (*} , où le pouvoir royal mal défendu ^ niblement attaqué, humilié un lostaot de ridicules factions , trouva cependant pour l'avenir un salutaire enseignement; car ce fut la fronde qui apprit à Louis XIV qu'il fallait se saisir du pouvoir absolu. Richelieu avait, comme ministre, exerce ce pouvoir, et il avait abaissé devant lui tous les corps de l'Etat , le

(*) Sur rorigine de ce noai, lejea fark^ BAOSAUHoar.

FKONDE FRANCE. FRONDE (11

clergé, Je pariement , In noblesse. Mais grand conseil , la chambre des comptes cette. pnîss;mce étnit d.'ins l'homme et rt In cour des, lidp'î, et rendit, le 13 mai non dans le gouvernement ; sous IMaza- lt>48, un arrdt d'union , pour le maiarin, ministre souple et rusé, persévérant, tien des immunités de tous, mais sans audace dans le caractère, sous Les représentations de la cour, les la régente Anne d'Autriche, qui ctait.s« menaces d(i duc d'Orléans, une ordonhonne , cojiime disaient les contempo- nance laucée par Mazarin contre ce rains , l'administration devint facile et que, dans son mauvais français , il apmolle, les ressorts de TÉtat se détendi- pelait Tarrét à'ognon, rien ne put enH rent. Richelieu s'était fait craindre ; |)êcher les députes de la magistrature ceux aux mains de qui le pouvoir avait de se rassembler dans la salle de Saintpassé en sortant des siennes, voulaient Louis , et d'y aborder hardinn^nt la se faire aimer. Cette bonté était de la question des iféformes administratives, faiblesse, et l'on s'en aperçut; le parle- Ils demandèrent que tous les intendants ment en profita le premier pour /7r^«r/re fussent révoqués , qu'aucun citoyenne «a reî;anc/i€ de l'abaissement ou il avait fdt mis en prison sans que ses juges été tenu sous le règne précédent. naturels en connussent dans les vingt* ]>(râ édita bursaux commencèrent la quatre heures ; enfin , ils ordonnèrent rupture entre celte assemblée et la cour: oes poursuites contre les traitants, rimpôt est toujours , dans un État, la Ainsi le parlement voulait devenir une cause ou Toccasion des désordres. Il assemblée politique ; tous ces officiers fallait de l'argent pour soutenir la guerre du roi, oubliant leur origine , se révolcontre l'Espagne et contre rKnipcrcur; talent contre le pouvoir royal. J/exeniles victoires de Coude n'eussent ele que pie d'ime assemblée anglaise , qui, porglorieuses si l'on n'eût fait de nouveaux tant le même nom ^ue la leur , quoiefforts. Le surintendant rédigea done qu'elle fût bien différente par son plusieurs édils par lesquels il retran- origine et par sa composition , venait chait quelques quartiers aux rentiers, de juger et de condamner son roi à augmentait les droits d entrée, créait monter sur l'échafaud, les avait étourquelques charges de maîtres des requé- dis ; ils croyaient pouvoir jouer le rôle tes, et retenait environ 80,000 écus sur des états généraux et préparer une ré* les gages des magistrats. Ce surinten- volution.

dant était un paysan sieunois , nommé La cour, épouvantée, renvoya Émeri Partfcelli Emeri, « dont TAme, dit Vol* et montra , sur tous les points en distaire, était plus basse que la naissance, cussion , une faiblesse encourageante.

et dont lo fnste et les déhanches indi- La victoire de Lens lui rendit cepen-

gnaient la nation. » La laveur de Ma- dant un peu d'audace. Ce succès fut an-

zarin le soutenait seule contre la haine noncé à Paris le 22 août ; le 26 , mi Te

et le mépris publics ; mais Mazarin lui- Deum fut chanté et un coup d'État

même n était ni aimé ni respecté , et la exécuté. Les plus opiniâtres d'entre les

faveur de la rt ine mère était l'unique magistrats du pariement, Blancniesnil,

fondement de sa puissance. Charton et Broussel , furent arrêtes en

L*exéeiition d*autres édits préeédem* plein midi ,.dans leurs demeures, aa

ment enregistrés avaitdéjà excité, en jan- milieu même des réjouissances publi-

vier 1648, le mécontentement des Pari- ques. Charton s'esquiva; Blancinesnil

siens; le parlement résolut de renverser lut conduit à Vincennes , et Broussel

les deux étrangers qui gouvernaient la à Saint«Germain. Le peuple, rassemblé

France, et refusa l'enn^'^rement des pour la féte , se trouva tout prêt pour

nouveaux édits. M aznrin crut le desar- l'émeute; Broussel était aimé de la

nier en Texemptant de payer la pau- multitude parce qu'il avait de beaux

lette (voyez ce mot), et en ne le com- cheveux blancs et qu*il repoussait tous

prenant pas dans la mesure qui enlevait les impôts. La persécution fit de lui

aux oMiiistrats des cours supérieures une idole pour laquelle tout Paris eut,

quatre années de leurs gages : mais pendant trois jours , une véritable su^

cette faiblesse ne fit qu'enhardir Tas- perstition. Le personnage ne le méritait

semblée, et die se confiUléra avec le guère : mais en politique oomme en re*

7« Tin. S8* lÂmraSton. (Dict. bngtcl., btg.) U

514 nUlHDB L*UNIV£aS. FRONpE

Ifgîon îe sentiment populaire est quelquefois aveugle. La servante du vieux conseiller ameuta le peuple. Tout s'ébranla, on ferma les boutiques, on tendit les chaînes, on fit des barricades, et quatre cent mille voix se mirent à crier Liberté et Bi oussel.

Ce fut alors nue se présenta un nouvel acteur, dont rintervention augmenta encore la confusion des événements, comme son témoignage devait pius tard augmenter les oontradîcttons des récita contemporains; le ooadjuteur, Paul de Ciondi, depuis cardinal de Retz, grand homme dans les émeutes et les intrigues, et grand écrivain dans les mémoi- ' res où illes a racontées, « fut, dit Voltaire, le premier évêque en France qui fit une guerre civile sans avoir la religion pour prétexte C'était un humme

qui, da sein de la débauche, et languissant encore des suites infâmes qu'elle entraîne , prêchait le peuple et s'en faisait idolâtrer. Il respirait la faction et les complots; il avait été, è 23 ans, l'âme d une conspiration contre la vie de Richelieu ; enlin, son extrême vanité lui iàisait entreprendre des crimes téméraires, afin qti*on en parifti. » Il se ▼ante, dans ses Mémoires , démesuré-' ment personnels , selon l'expressiou d'un exact et judicieux historien ("), d'avoir tout seul armé tout Paris, dans la Journée du 36 août , qui fut nommée des barricades. Mais ÏHistoire du temps, les Mémoires de l'avocat général Orner Talon , ceux de madame de M ottevillt, et le Jowrwd du parlement, sont là pour rectifier ses assertions et faire apprécier à leur juste v:d(^iir les illusions de son amour-propre. Aiusi le Journal du parlement se contente de rapporter « qu'il se rendit au Palais- Roval pour supplier la reine de rendre les prisonniers , et que , eu ayant ete refusé, comme il n'avait pas de bonnes paroles à donner au peuple, il retourna chez lui par un autre chemin qu'il n'était venu. » Cependant, quoique les Mémoires du cardinal de Retz ne soient pas dignes de toute oonOanœ, le mérite gui les a fait préférer à tant d'autres âsrits du temps leur vaut enooie au-

O M. Bazin , Histoire de France soui le ■WiièM de Mâisriiu

jonrd'hui la même admiration : ils seront toujours le plus dramatique et le plus éloquent des romans historiques.

La journée des barricades semble ua évéïitinent sérieux, si l'on considère l'ardeur du peuple, l'unanimité du soulèvement , l'accord de la multitude et des magistrats \ et la persévérance des uns et des autres , tant que dura la résistance de la cour ; elle devient ridicule, ^uand on songe que toute cette agitation avait pour cause l'emprisonnement d'un vieux conseiller imhéci le. La fronde présente partout de semblahles contradicpons. La cour et le peuple , le parlement et les princes , les acteurs ordinaires des révolutions, sont aux prises pour des frivolitési, pour les intérêts les plus mes(juins.

Dans cette première bataille, le peuple remporta la victoire, et la reine (iit obligée de rendre Rroussel , qui, huit jours après, était oublié. On obtint plus encore : la cour lit la paix avec le parlement; elle accorda aatis&ction à oresque toutes ses demandes, mais elle n^eiécuta aucune de ses promesses; aussi le arlement reprit-il, au mois de novemre 1018, les hostilités qu'avaient suspendues les vacances. A leur retour, les conseillers se trouvèrent aussi échauffés qu'ils avaient été aupiravaut.

« Il sembloit, dit le cardinal de Ketz , que tous les esprits fussent surpris et enivrés de la fumée des vendanges. » Toutefois , la compagnie reprit l'attaque avec quelque bienséance^ mais Topinion publique» déchaînée par elle, se manifesta sans modération; Mazarin fut insulté et bafoué dans une multitude de pamphlets , auxquels on donna le nom de mamrinades, La reine, que l'on n'appelait plus que dcane Annv , était elle-iiiéiiie outragée dans des chansons et des vaudevilles , où sa vertu était mise en doute. Elle quilla Paris, et se retira à Saint-Germain , le 6janvier 1649, pendant la nuit , avec Mazarin, le duc d'Orléans et Condc. De toute la cour \\ n'y eut oue madame de Longueville qui resta dans la capitale.

Alors commença la guerre de la fronde. La reine se jeta entre les bras de Condé et le conjura de défendre la oouronne de son fils. Hais I4 grand

mONPE FRAI<(CE. FRONDE 61^

du vainqueur de Rocroi , de Fribourg, réconciliation. Knfin , la reine essaya

de Lens etdeJ\ordlingen,n'ellraya poipt d'eflrayer le parlement en répandant le

le ^rletnent, qui, s'unissent à tous les l^rujt qu'elle allait convoquer les ét^ts

mécontents, osa entreprendre de lui te- généraux. Ce n'était qu'une feinte, mail

nir tete. Le prince de Conti , frère du une feinte habile qui pouvait déconcer-

grand général, petit et contrefait, pro- ter le parti existant en portant les re-

j^^J^M^W la nature qui lavait destiné gards du peuple vers un autre objet , et

à 1 état ecciesiaitique, et ee fit élire gé- en opposant aux prétentions factices

neralissime du parlement. Le duc de du parlement une autorité mieux fpndée

Longueville, mené par sa femme, qui le et moins contestable. INIais on était si

trompait, le duc de iieaufort, Uroidet peu d'accord sur le besoin d'une véri-

hmkêy le due de Bouillon , durent ser- l^\M réfpfipf5| que çette idée de convo-

vir sous ses ordres; enfîq. la duchesse «ler |ee étatii généraux ne fut remar-

de Longueviile engagea Turenne à faire quée par personne , et que, oubliée de

révolter l'armée qu'il commandait. La tou^ le uionde, die est seulement con-

févolte gagnait dant iei proYinoes; les lignée dans un petit écrit olïiciel du

parlements d'Aix et de Rouen ae joigni- temps. Plus tard, on en reparla encore,

rent a celui de Paris. mais d'une manière aussi peu sérieuse.

Du reste, on dépensa plus d'argent Le 1 mars 1(;4'J , des conférences

^or soutenir cette guerre ridicule qu'il s'ouvnreuL a Kuel, entre les conseillers

n en aurait fallu pour battre les Espa- de le reine et les députésdu parti fron-

pnols. C'étaierit les seuls ennemis que la deur. Les %énétm et |e coadjuieur ne

Franceeût au dehors, depuis que le traité voulaient point d'acconnnodement. Des

deWestphalie,concluen 1648, l'avait ré- négociations avec l'Kspagne , la défec-

ooneUiéeaTeerBnipire.Oo équipa 19,000 M déclarée de Turenne, augmentaient

nommes ; chaque porte cochère fournit leB es^rances des ennemis de la paix,

un homme et un cheval , et l'on forma qui fnisaient tout pour désavouer les

ainsi un corps de cavalerie , que l'on condiUous que les députés signaient à

appela Itemfaleriedesjiortescochérei. Ruel. Le |9 n^ars, on eut connaissance

Gondi, qui portait le titre d'arcbevéaue du traité ; les conditions en étaient ac-

de Corinthe , eut mi rcLMment, et I on ceptables; mais, dès qu'on vitau bas la

appela ce corps le régiment de ( o- siunaturc de Mazarin , l'accommode-

mtkef il fut battu, et cet échec fut ineut devint inipossible. Le peuple ne

appelé la prmniére amx CoHtUhiem. Toulait pas d'une paix accordée par le

Ainsi, les contemporains ont été les cardinal; le président IMole, a simple

premiers à rire de tous ces événements, barre de fer, qm" ne mollissait contre

Le coadjuteur, heureux de voir la partie aucun hunnne uj aucune idee(*), » con-

ei bien engagée, venait an parlement un tinuait à ' discuter (roiflemept et aveé îe

poignard dans sa poche; il en laissait caime qui cpav^nniM iOn It^u^et èson

voir la poignée, et l'on s'écriait : f^oilà cnractère. Mais on ne pouvait se déci-

le bréviaire de notre archevêque. Les der en présence de l émotion populaire

Parisiens étaient souvent battus par itis et de Topposition des généraux ; enfin, la

8,000 hommes de Condé; quand ils ren- séance ss termine sans qu*on pût rien

traient après ces échecs, on les rece- conclure, et le parlement sortit par la

Vait au milieu des huées et des ecl.its grande salle, à travers les flots de la

de rire. Condé disait lui-même , comme multitude, et au milieu des cris du peu-

on le voit dans les Mémoires de Ne- pie, parnii lesquels le cardinal de ^etz

mours, que toute cette guerre ne méri- dit avoir entendu très r ^|||9f)ftepaept

tait d'être écrite qu'en vers burlesques, celui de « république. »

Au milieu de cette petite guerre , de Xoute la bourgeoisie voulait la lin des

ces combats de banlieue, les deux par- hostilités. Le lendemain de cette séance

lis négociaient toujours; mais le peuple du parlement, Guy l atin écrivait : « On

criùil : Pas de paix ! pas de Maza- « dit que la paix de Ruel ne nous est

rin! Ainsi, la faveur de ce minisire, « pas honorable, mais le roi en aiu*a diMtt Aime 'd*Àutr^ ne voulait pas se

séparer , semblait le seul obstode à la (f) 11 Miahe^et; Précis d'hist^ ^

Uiyiiizcu by VjOOSle

516 FRONDlfr L'UN

« ITionneur et nous le profit. Le bour- « geois impertinent et le peuple malcon- « tent criaillent, mais ils s'apaiseront. » Il avait raison ; trois jours après, le par-, lement acceptait la paix de Ruel, à condition cependant que ses députés retourneraient à Saint - Germain « pour « faire instance d'obtenir la réforma- « tion dequelques articles, comme aussi « pour traiter des intérêts des géné- « raux. " Les conférences de Saint-Germain amenèrent une conclusion déOnitive. Turenne avait été abandonné par ses soldats. Il n'rtnit plus d'aucune ressource : de plus , il paraissait funeste aux frondeurs eux-mêmes de trop compter sur l'Espagnol, allié dangereux qui pouvait devenir maître. La guerre n avait plus de partisans. Le traité satisfaisait toutes les exigences personnelles ; l'amnistie était accordée a tons les coupables ; ils conservaient leurs biens et leurs titres; la paix fut acceptée; le parlement licencia ses troupes, et, pendant les premiers jours du mois d'avril, on ne songea qu'a se réjouir de la fin de la guerre.

Les partis n'avant aucun but en se * divisant , leur réconciliation fut sans résultat, et bientôt on vit recommencer les bostilités. La seconde période de la ffonde est aussi insignifiante que la première ; seulement , les esprits s'animèrent davantage, on montra plus d'ardeur, et il y eut redoublement de ridicule. La tranquillité dura tout le temps qu'il fallut pour remettre aux prises la vanité, l'amour-propre, les jalousies, et toutes ces petites passions qui forment le fond de la fronde , et qui suffisent pour l'expliquer. Les femmes se disputaient le tabouret, les prélals le chapeau de cardinal , M azarin et Condé le pouvoir. Condé, enivré de sa gloire , méprisait tout le monde , et ne se faisait 4iimer de personne. Il avait raffermi le parti royal , mais 11 se croyait le droit de le dominer ; il insultait Mazarin en public, et lui lançait des brocards plutôt impertinents que spirituels; la reine elle-même eut à souffrir de ses hauteurs, «t elle travailla bientôt à venger les outrages faite à 8on ministre et à elle-même.

Coodé s'était ligué avec le prince de Gonti et le duc de Longuevilie : sa ca-

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