KS. FRONDE
baie s'appela le parti dnt petits' maU très. Ce parti n'était ni la fronde, ni la cour , et il eut bientôt l'une et l'autre contre lui. l^joliade renforcée, ou tentative d'assassinat faite sur les car» rosses de Condé, fut attribuée aux frondeurs, et le brouilla détinitivement avec eux. Le coadjuteur, le duo deBeaofort, le vieux Broùssel, en furent accusés en plein parlement. Mais , pendant l'instruction du procès , la cour résolut l'emprisonnement de Conde. Elle s'entendit avec de Retz , qui voulait être cardinal , avec le duc de Beaufort , qui désirait concilier la faveur du peuple avec celle du Palais-lloyai , et , le 18 janvier t650, Condé, sur un ordre que IMazarin avait eu l'adresse de lui faire signer, fut arrêté , ainsi que son frère le prince de Conti, et son beau-frère le duc de Longueville. Les prisonniers furent enfermés à VIncennes , et , plus tard, transférés au Havre, où Mazarin vint les mettre lui-même en liberté.
Il étaitétrange devoir le grand Condé en prison ; cependant l'opinion publique, loin de se révolter, approuva cette hardiesse, et Mazarin devint ainsi presque populaire. Tous les applaudissements nirent pour lui, toutes les injures contre les prisonniers ; car le peuple pensait « qu'il ne fallait plus haïr le cardinal puisqu'il avait cesse d'être IVIazarin. 9 En effet, pendant quelque temps tout lui réussit; son autorité semblait affermie pour toujours. Mais « une conspiration de mères, de femmes et d'enfants, préparait à son gouvernement plus d'embarras que ne lui en avaient donné les gens d'armes et les remparts fortifiés. Il est difficile d'imaginer rien de plus gracieux que la scène et les personnages du eomplotn.»
La princesse douairière de Condé , la jeune princesse avec son fils, les enfants de la duchesse de Longueville , la belle veuve du duc de Cbâtillon, toutes les dames de leur maison , réunies à Chantilly, formèrent une conspiration pour délivrer les princes prisonniers.
L'homme de ce complot féminin était Pierre Lenet, dont il reste de curieux mémoires sur cette époque. On entama
(*) M. Bazin, La France ious MasanHl« t.II,p. 9.