‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 160 sur 198 · FUNERAILLES · texte numérisé non relu

FUNERAILLES

ensuite, rangés autour d'une espèce d'arche d'or renfennant ses œuvres. Sur le sarcophage, traîné par douze chevaux blancs, était un lit funèbre où Ton ▼oyait le grand homme Ptendu , et la Renommée qui \v, couronnait. Derrière, marchaient la deputatiou de rAssem- Ûée nationale, les juges, la mumcipalité, etc.

On s'arrêta successivement vis-à-vis de rOpéra, de la maison où Voltaire était mort, et du âiédtre de la lïatfon (Odéon). A toutes ces stations, on couronnait la statue et l'on cbantait dea hymnes.

On ne lira pas sans intérêt, après la description de cette pompe grandiose, celle des obsèfjurs du dernier des Bourbons de la branche aînée qui ait été enterré a Saint-Denis. On y vit, suivant ie Moniteur y une représentation des cérémonies qui s'observaient au quinzième siècle en pareille circonstance.

« Dans la salle du trône , dit le rédacteur de ce journal, on a établi le lit d^bonneur couvert du poêle de la couronne, en étoffe d'or, et surmonté d'un dais armorié, etc. Ainsi qu'à la mort du roi , un héraut crie par intervalle : • Ijb roiest mort, messieurs, vive le « roi! »

« Ordre du convoi : les états-majors, six drapeaux funèbres, quatre cents pauvres tenant des torches , plusieurs carrosses , pages , hérauts d'armes à cheval, char funèbre , députations, etc., etc.

« Lors de Tinhumation à Saint-Denis, après les messes et prières , le roi d*ar* mes s'est placé au bas de la dernière marche de I autel et a fait le cri d'usage. Douze gardes du corps ont porté le cercueil dans la tombe royale. »

L'appel des honneurs et les acdamations consacrées terminèrent la cérémonie.

Le récit des funérailles d'un maréchal de France (du maréebal Honcey, mort il y a quelques mois) peut servir aussi de terme de comparaison entre le cérémonial du temps passe et celui du siècle présent.

A |)res le service religieux célébré aux Invalides, une décharge d'artillerie annunca la sortie du corbillard, qui devait faire le tour de l'édilice. Le convoi s'avança dans Tordre suivant :

L'état-major ;

Les tambours; ^ •

Un peloton d'invalides, là lance couverte d'un crêpe, la pointe en bas; Un autre peloton d'invalides décorés;

Le clergé ;

L'archevêque, la crosse couverte de crêpe;*

Le char pavoisé, bordé d'hermine, traîné par huit chevaux blancs couverts de crêpe violet avec étoiles d'or, cou* duits par des valets de pied.

Derrière le char venaient quatre va- 'lets en deuil, portant sur des coussins de velours la couronne, le bâton, l'épée et les épaulettes du marécbal.

Le cheval du défunt , conduit par deux valets de pied , était couvert de cc^ violet à étoiles d'or.

V enait ensuite la députation des pairs en grand deuil ;

Quatre cents officiers supérieurs mardi a ut à côté de leurs cbevaux couverts de crêpe ;

Des ofBders de tous grades et de toutes armes ;

Les invalides, au nombre de trois ou quatre mille, le sabre à l'épaule:

■ La voiture du maréchal couverte de velours noir bordé d'hermme ;

Des voitures de la cour et des voitures de deuil.

Qu'on nous permette de terminer cet article en rappelant un événement contemporain aussi, mais qui ne s'effacera

f)as do la mémoire des peuples, la transaiion des dépouilles mortelles de JN'apoléon.

« Il n'y aura plus désormais , comnae on l'a fort bien dit , une histoire de France, si abréi^ee i^u'on la suppose, qui n'en fasse mention. Le lô décembre 1840 sera un des jours qui «uront le plus ému et le plus nonoré notre génération.

n Assurément, on n'accusera ni d'égotsme, ni d'irréligion une nation qui, d'une voix et d*un enthousiasme unanimes, réclame, après vingt ans, le droit d'ensevelir un de ses grands hommes. Le culte des mânes n'est pas ie £iit d*un peuple athée. Dans le s^timcnt qui a voulu délivrer les restes Ii Napoléon de leur exil pour les ramener en triomphe sur les bords de la Seine, dans rémotion qui a pai-coom toat le

FITlllillAItJ.ltfl FRANGE. PimifauitXIfl 54S

territoire lorsqu'un navire est allé redemander a Sainte-Hélène le caûtif et le martyr de l'Angleterre, dans les acclamations et les applaudissements qui ont salué son retour, tout a été élevé,

Sénéreux, poétique, tout a été digne 'un pays oui , constamment fidèle à la double tradition de la civilisation moderne, se montre depuis tant de siècles inspiré à la fuis des nobles exemples de l'antiquité et des enseignements du christianisme. »

Ce fut le 12 mai 1840, à la chambre des députés, que commença cette dernière scène de l'histoire de Napoléon, qui a captivé six mois Tattention de rEurope.

Le 8 octobre, la frégate la Belle- Poule, commandée par le prince Joinville, qui défait présider à raocomulissement do vœu des chambres et ae la France, mouilla dans la rade de Sainte- Hélène.

Dix jours après, la frégate, chargée de son prédeux fardeau, leva l'ancre.

Le 30 novembre , elle mouillait dans la rade de Clierbourg.

Le 15 décembre, au matin, le cercueil , qui avait été transbordé d*uo bateau à vapeur sur un magnifique navire construit exprès pour la cérémonie , fut, près du pont de Neuilly, placé sur le char funèbre.

Sur ce char, douze statues représentantautantde victoires rapportent triomphalement le cercueil du héros, qui repose sur un immense bouclier. Ces statues sont placées sur un piédestal entouré de quatre faisceaux d'armes, et décoré de longues draperies violettes en étoffe de verre, rehaussées d'abeilles, d'aigles , de foudres et de lauriers en or. Ce piédestal repose lui-même sur un soubassement décoré d'aigles , de couronnes de laurier, de l'N impérial, et porté sur quatre roues rappelant la forme de celles des chars antiques. Les statues, les trophées, les roues, ainsi que tous les ornements , sont entièrement dorés.

A l'arrière, sur un trophée de drapeaux, de palmes et de lauriers , étaient reproduits les noms glorieux des victoires de JSapoléon.

Le cercueil était recouvert du uoéle iîméraire semé d*abeilles d*or. On y

T. Tni. 85" Uoridtm. (Digt. me

voyait déposés la couronne impériale, le sceptre et la main de justice en or rehaussé de pierreries.

T-e char était attelé de seize chevaux noirs disposés eu quatre quadriges, ornés de panaches blancs , de crinières en plumes blanches flottantes, et entièrement recouverts de caparaçons de drap d'or. Chaque housse était relevée par les armoiries impériales brodées en

f)ierreries, et par des aigles, des N et des auriers émaillés sur les fonds. Seize piqueurs aux livrées impériales conduisaient les quadriges; deux piqueurs à cheval les précédaient.

Au moment où le cercueil fut placé sur le char, il fut salué par une salve de vingt et un coups de canon, et le cortège se mit en marche au son des cloches de toutes les églises de Paris, et du bourdon de l'église métropolitaine.

Quoique ce convoi eOt été ordonné de manière à n'offrir qu'une pompe militaire, quoique la cérémonie dût avoir lieu par un des jours les plus froids de riiiver, les sentiments de la population ne lirent pas défaut à celte fête solennelle; et surtout quand le soleil perçant un instant les nuages , vint éclairer u'un rayon le cercueil qui passait sous Parc (le triomphe de l'Étoile, il y eut dans rinunense foule des spectateurs un transport unanime du pins ardent enthousiasme.

Le cortège funèbre s'avançait dans l'ordre suivant : de nombreux corps militaires; les écoles polytechnique, de Saint-Cyr, d'état-major ; des légions et escadrons delà garde nationale; le corps de musique funèbre; le cheval de bataille de l'empereur, couvert d'un cré|>e violet avec abeilles d*or, et portant la selle et le harnachement qui servaient à Napoléon lorsqu'il était premier consul.

Éusuite, s'avançaient les officiers généraux de Tarmée de terre se trouvant à Paris; les ofHciers de la marme royale ; un peloton de vingt-quatre sous-officiers décorés ; un carrosse attelé de quatre chevaux, destiné à la commission de Sainte-Hélène ; un peloton de trente-quatre sous-officiers décorés, pris dans la garde nationale comme dans l'armée; les maréchaux de France; quatre-vin{^ix aous-ofBders portant les drapeaux des départements; lepcinee de

bloPm stc.) S6

646 rUNÉRAILLES L*UI^

jfqiaTilIe et son ét9t»nv4or; les cinq cents marins arrivés dTee le eorps de

Tempereur ;

I«e cbar funèbre; deux niarédiaux, un amiral, et le général Bertrand à cheval ,^rtant chacun un cordon d'honneur fixé au poêle impérial;

Les anciens olliciers civils et militaires de la maison de l'empereur ; les préfets de la Seine et de police; les membres du conseil général; les maires et adjoints de Paris et des communes rurales ; d'anciens militaires de la garde impériale; la députation d'Ajaccio; les ofnclers en. retraite en uniforme; la garde nntionale et les troupes de ligne, infanterie, cavalerie et artillerie, (jui formaient la baie, suivant immcdiatement le cortège en rompant alternativement de cbaque côté. La niarchedu corié^ç était fermée par plusieurs corps militaires.

- JiprèB avoir traversé une longue route, décorée de mâts, de bannières « de trophées, de statues, de colonnes triomphales, le char s'arrèt.i à la urille deTbolel des invalides, Uonl toute l'enoeinte était richement décorée. Le cercueil, porté sous le dôme, fut placé au milieu d'un catafalque, surmonté par une aigle d or aux ailes éployees. La cérémouie religieuse qui eut lieu ensuite termina cette solennité nationale.

FdbC4 (combats de la). Au mois d*aoUt 1799, tandis (|ue Massérja, général en chef de rarmee d'Helvétie , contenait, avec son centre et sa gauche, le centre et la droite de Tarmée autrichienne, sous les ordres de rarchiduc Charles, le général Lecourbe, qui commandait Taile droitedes Français, avait, attaqué sur tous les points Taile gauche des Impériaux. Réservant pour luimême la tâche d'enijmrter les pa^snçres de la vallée de la Keuss, Lecourbe chargea le générai Gudin de se diriger plus a droite, de remonter la vallée de TAar, de franchir les sonimités du Grimsel et de la Furca, et de rede.sceadre dans la vallée d'Ursercn. Gudin se mit en nMuvement le 14, et rencontra bientdt Tennemi qui occupait tous les sentiers de la Furen. T'n eorps de 2.000 hommes y était disséminé dans sept ou huit pontions d'Mn pccès presque impraticable.

IiQ folsnne firançaise attaqua successr*

iERS. FURETIÈRE

vement chacun de ces postes, eut à soutenir devant chacun a'eux un combat opiniâtre, et finit par obliger les Autricniensà se retirer dans leur camp euire Oberwald et Geschenen. Délogés d« cette nouvelle position, ils abandonnén lit liiiMitot les sommités du Grimsel aux Français. Outre les morts et les blessés, l'ennemi eut encore 600 hommes faits prisonniers. Gudin bivouaqua le soir sur le Grinise! , et se remit en marche le lendemain dans la direction d'Ursereu et du Saint-Gothard, que les Autridiiêns évacuèrent sans l'attendre.

Le IG, il descendit dans la vallée de la R enss, et rejoignit Lecourbe au pont du Diable.

FuiiETii^iiK (Antoine) naquit à Paris en 1630, étudia avec un égal succès le droit civil et le droit canon , fut reçu avocat au parlement, et obtint, bientfk après, la charge de procureur fiscal de Saint-Germain des Prés. Ayant ensuite pris les ordres , il fut pourvu de Tabuaye de Cbalivoy et du prieuré de Cbui* nés.

Il se lia de bonne heure avec Boileau, la Fontaine et Racine. Les premiers es* sais de sa plume qui virent le jour fia-

rent quelfjiies satires sur les mœurs du temps ; mais la plupart ont perdu leur sel (larce que nous ne pouvons nius comprendre aujourd*Iiui les allusions qu'elles contiennent. On a de lui une Nouvelle allégorique , ou histoire des dentiers trouhles arrivés au pays d'éloquence (1GÔ8); le f oyage de Mer»

cure (1659); k Bomanbourgeoisit 666).

11 donna en outre quelques p u sies assez médiocres et un recueil de fables.

Des travaux plus sérieux , ses études sur la lanfLue française , loi valurent rentrée à TAcadémie en 1602. Il fit paraître en 1684, sous le tilro û'/:ssai, quelques fragments de son Uic/iun /taire universel, auquel il travaillait dcja depuis longtemps.

L'Académie, qui s'occupait , à cette épo<jue , de la coin[)osition de son proiH-c dictionnaire, lui opposa son privilège , dont elle était en possesiloa depuis 12 ans, et raitaqiia devant kcoiH seil priv.'dii roi. File gagna sa cause, et Furetiere perdit son privilège. Il s'en Tcugca eji publiant contre ses confrères 4es facturas gui mirent les rieur» d«

PVRNBS 1I|U9C;ë. FVRIfM

son côté , mais qui furent supprimés comme ditfainatoires par seoteiice du lieutenant séneral de police, %t le fireni exclure de rAeadéinieen 1686. B mou* rut en 16S8. Son Dictkmumre unwer' sel fut imprimé pour la première fois fin 1690, à Rotterdam. Il reparut eu 172o , revu par Basua^e, ët furina, depuis, le feu de celui de Trévmnf.

FuRGAULT (Nicolas) , né en 1705 , à Saint-Urbain, diocèse de Chfilons-siir- Maroe , mort en I79â , professa longtemps, avec distinction , la grammaire et les humanités au collège Hesavin , à Paris. On a de lui plusieurs ouvrages à IVsaja^e des collèges , entre autres un Abrégé de la grammaire grecque, Parigy I746« adopté pdMr raoetenne iMHveraité, et un Dictionnaire d*anUquîfps grecques et romaiMê, Paris, 8' édition, 1809, in-8".

FuBGOLB (Jean- Baptiste) , aToeal au parlement de Toulouse, néenieilO, à Castel-Ferrus , dans le bas Armagnac.

Le chancelier d'AiXuesseau, qui estuuait cet homme , proloiidétneni versé dans Ift eonnaissaaee des lois et couliioics et de l'histoire de la tégîslatioA , Pcneeitragea à entreprendre un commentaire sur l'ordonnance concernant les donations, du mois de février 1731. Cet ouvrage, imprimé d'abord à Toulouse en un seul vol. in-fol., réimprimé en 2 voK in-4°, en 1 761 , fut suivi d'un Traité des curés primitifs, etc.^ 1 vol. in-4", 173G. L*auteur se rendit ensuite lui-mime à Paris, pour présenter au chancelier son Traité des testa/npnfs pt autres dîspo' si/ions de dvDiifre volonté , '\ so\ . 'm-4° , \14h. Il se préparait a faire imprimer son C^ommenJtairemt Tordonnancedee substitutions, rendue en 17 17, lorsque le roi le nomma capitoul. Les ornipations de cette charge l'empêchèrent de mètive la damière mai» à féHlioit de cet otivrage. Il oontinin cependant de travailfei- à son excellent Traité de la seigneurip féodale universelle , et du ftanc-aileu naturel , qui a paru en rainïe temps que son CmummiMn éê»

subsfiÛuMons , in-12 , 1767. Ce savant jurisconsulte mourut en 1761. Ses œu- VM8 complètes ont paru en 1776 et 1777, en • ym^, in-8^ ' Fdrk ES (bataille de). PeivdaM; Ift carti* fta^ff dePfaHipptt Vf m Flandre, en

1397 , Robert d* Artois, ooatîadn f^î,

se dirigea sur Furnes , à la téte d'une armée non moins forte que Tarmée royale. 16i,O0Q hommes, tires desauUces des villes voisines, et secoodéa piav 000 cavaliers du comte de Flandre, se présentèrent le lâ août, en avant de cette place , déterminés à fermer le passage aux Francaie. Mal équipés, peu nita au maniementdes armes, et ku^ commandés, les Flamands n'opposèrent au choc de la gendarmerie du comte d'Artois que leur calme résolution de ne pas suceosalier sans combal. Ile furent vaincus , après une résistance acharnée qui coilta cher aux Kranriis. 3,000 miliciens de la Flandre marîtime restèrent sur le obenip de bataille. Le île unique de Rol)ert hit blessé morteilenoent* . Furnes, Cassel, Berg-Saiut-Vinox, et un graïul nombre d'autres villes de Flandre, ouvrirent leurs portes après cette dtfûte.

FiFBNES prises de). Le 4 septembre 1646, le duc d'Eughien , préludant au siège de Dunkerque, conduisit sou armée devant Fumes, en Flandre. La ville ee rendit à disi^rétioa le 7, et la garnison, montant à bomilies, fui faite prisonnière.

—En 1675, cette place tomba de nonveen au pouvoir des troupes françaises commandées par le prince de (^ondé.

— I.e 2i) juin 1744, après la prise d'Ypres, Louis XY la ht investir. La tranchée fut ouverte la 7 juillet , et la capitulation signée le 10.

— Le général la Bourdonnaie s'en empara, le 18 novembre 17ù2 , lors dit l'occupation de la Belgii^ue parDumouriee. Perdue l'année suivante, Furnes fut reprise aux Iui{>ériaux , le 31 mai, par deux colonnes parties du camp de Casseh laible compensation aux revers cfse la trahison nou» attirtit alors sur. les frontières du Nord.

Elle était retombée au pouvoir des coalisés lorsque la victoire d'Hondscoote facilita les moyens de les en chasser. Le général Vandamme fit attaque»

la place de trois côtés à la fois. Tous les postes ennemis furent enlevés à la oaiojinette. Les Autrichiens les abandionnèfent en taj^M en déanidre, et laissant lenr artilMe au ^voir> dm Finnçaio ^| octobre imx

548 FUSIL Vm

FostL. La première arme « analogue au fusil actuel , fut l'arquebuse ( voyez ce mot) , dont l'usage parmi les troupes françaises no date que da rèene de Louis XII. A Tarquebuse succéda, sur la fin du seizième siècle , le mousquet. An mousquet on commença , dès 1671, à substituer le fusil ; cependant, il ne le remplaça tout à fait dans nos armées, non plus que dans celles des autres États de TEurope, qne de 1701 à 1704.

Le canon , la monture, la baguette et la baïonnette ne prÀentent dans le fusil , comparé au mousquet , que des améliorations plus ou moins insigni* liantes; en revanche , Pappareil qui sert à mettre le feu , offre un perfectionnement tout à tàit capital. Jusqu'en 1630, le mécanisme le plus parfait qu'on ertt imaginé à cet éç^ard , ne consistait, qu'en une platine à silex et à rouet. Vers la culasse du mousquet se Pouvait un disque d'acier traversé d*an axe auquel, pour décharger l'arme, on imprimait un mouvement rapide de rotation par la détente d'un ressort bandé d'avance.

Ce disque , tout cannelé sur sa circonférence, c'était le rouet. Pendant qu'il tournait, un morceau de pierre à feu venait , porté par le diien que faisait mouvoir un deuxième ressort, 8*appuyer sur le rouet , dont la partie supérieure communiquait avec le bassinet. Le hasard, vers 1630, lit inventer une autre platine plus simple, plus solide , qui substituait le simple choc au frottement de la pierre contre l'acier; on transporta au chien le mécanisme du rouet, qui Ait remplacé par une plaque d'acier.

Ainsi est née la platine à silex , qui a donné son nom au fusil. Ce mot , en effet, vient de VïtaVien fucUe j pierre à feu. Les Italiens avaient en eifet employé les premiers , dans la platine à rouet , le silex , au lieu d'un alliage métallique; mais la platine à silex fut inventée en France. Malgré son origine nationale ellene fat adoptée, chez nous, pour lesaroies de guerre , qu'en 1670, après avoir reçu une amélioration trèsimportante : la noix, avec ses crans d'arrùt, substituée à la goupille, qui, par sa saillie extérieure, empêchait le chien de s'abattre avant le moment où on la faisait rentrer par la pression du

VERS. fVML

doigt sur la détente. La pintine ainsi

f)erfectionnée n'est autre chose, à de égères modifications près , que le mécanisme encore employé aujourd'hui.

Lorsqu*on créa, en 1671 , un corps spécial pour le service et la garde de l'artillerie , on donna pour la première fois des fusils en place de mousquets aux hommes de ce corps, que Ton appelait régiment de fusiliers. On ne manqua point d'adapter à la nouvelle arme la baïonnette, inventée vers 1640 (voy.

ce mot) , Quoiqu'elle edt , une fois placée , le defeut d*emp6cher le tir , et qu'elle ne permît pas nu fusil d'être employé presque instaiitnnéfnent comme arme à feu et comme arme d'escrime.

Quand on eut fabriqué des baïonnettes à lame et à manche creux , l'usage s'en multiplia; on en distribua , vers 1678, aux compagnies de grenadiers. Enfin, rinvention de la douille actuelle de la baïonnette, adoptée vers 1699, valut au fusil , qui dès lors put remplir ces doubles fonctions , l'honneur de rem-

E lacer, au bout de quelques années, » mousquets et les piques dans tous les corps d'infanterie; dès 1704 il en fut de même dans toutes les armées de l'Europe.

Le fusil de munition , le seul dont nous ayons à nous occuper , a , depuis

son oriizine , subi des morlifications nombreuses, mais au fond peii importantes, sauf une dont nous parlerons plus tard.

Les premiers fusils français ont pesé environ 5 kilogrammes jusqu'en 1766; le poids , dès iors réduit à un dixième à peu près , n'a plus varié que faiblement.

Les balles furent d'abord du calibre de IG. Vers 1683 ou 1690, lorsqu'on eut ridée de les réunir, à l'aide d'un cylindre de papier, à la charge de poudre (voy. Cabtoucue) , on dot réduire leur diamètre; elles ne furent plus que du calibre de 18. Pendant les guerres glorieuses delà république, les cartouches, fabriquées à la hâte avec le premier pa** pier qui tombait sous la main , ne purent pas toujours entrer dans le canon; pour remédier à cet inconvénient , on réduisit les balles au calibre de 30. En» fin, on adopta celui de 19, qui est encore maintenu actueUemeot. Cette

FRANCE

viniL

baile , qui peut être recouverte d'une double révolution de papier a cartouebe« permet de tirer soixante coups flans qu*on ait besoin de laver le canon.

L'expérience a démontré que le fusil de munition, pour fournir une bonne arme de inain , devait , avec ta baTonnette, atteindre une longueur d'environ six pieds; aussi la dimension de la baïonnette a-t-el!e augmenté en sens inverse du canon. Elle a été , jusqu'en 1768 , de 14 pouces avec le canon de 4 4 ; de 19 avec celui de 42 ; enfin , elle est de 17 dans le modèle de 1822 , actuellement seul en usage dans l'infanterie de ligne , et dont la longueur totaie atteint l~,93.

On réduirait encore, pour rendre le chargement plus facile , la lon^iicnr du fusil d'infanterie, s'il ne devait toujours satisfaire à cette condition essentielle que la bouche du canon de Parme des hommes du troisième rang dépasse siiffisauiinent les hommes du premier.

Aussi , lors de la formation des compagnies de voltigeurs en Tan IX (1801), comme ces soldats devaient le plus souvent combattre isolés, on construisit à leur usage une arme plus courte-, on en a crée , en 1813 , un nouveau modèle qui , dès lors , a servi spécialement à l'infanterie légère.

Les canonniers , qui doivent manœuvrer leurs pièces sans se dessaisir de leur arme, ont aussi brsoin d'un fusil moins lourd et moins lon^. On leur donna, en 1777, un ftisil à baïontielte qui n'avait uue 44 pouces, qui, après avoir été légèrement modifié en 1816 et en 1822 , leur fut retiré pour être rem*

f>lacé par un petit mousqueton sans >aïo n nette , lors de la reorganisation de rartillerie , en 1830. Il fait maintenant partie , mais sans btionnette , de l'armement des dragons, troupe destinée à combattre quelquefois à pitid.

On fabrique , mais pour la chasse seulement, des fusils à deux coups; on a enfin construit dans ces derniers temps des fusils qui se chargent par la culasse. L'invention n'est pas nouvelle : c*est au contraire ainsi que se chargeaient les premières armes à feu portatives, qui avaient une boîto mobile se séparant du canon. I>es fusils à culasse ont excité un grand enthousiasme

comme armes d<; luxe, mais ils ne sont ni assez simples ni assez solides pour qu*on puisse songer à en armer les troupes. Quant au fusil à vent, nous ne le mentionnons que pour mémoire.

Arrivons maintenant à la modiiicatlon que nous avons annoncée plus haut, comme la seule vraiment capitale . qui ait été introduite depuis 1670 dans te construction des armes à feu : il s'agit de rinflammation de la charge par une simple percussion sur une amorce fulminante contenue dans une petite capsule de cuivre et placée sur une petite saillie du canon , traversée par la lumière, et appelée piston. La tete du chien a été appropriée à ce nouvel usage, et le bassinet et la batterie avec son reft* sort ont disparu.

Plusieurs changements sont aujourd'hui en vole de s'accomplir dans l'armement de nos troupes; on travaille dans les manufactures à reforer tous les canons de fusils de manière à ce qu'ils puissent recevoir , comme dans le principe , des balles de 1 6 à la livrf . On a réadopté ce calibre plus fort, parce qu'on a reconnu que les balles de fort calibre ont plus de justesse dans le tir. On s'occupe également de transformer toutes tes platines à silex en platines à perçussion , et c'est dans ce dernier système que sont fabriqués tous les fusils neufs. 11 présente en effet de nombreux avantages , dont les principaux sont : la diminutiofi des ratées , l'inflammation plus rapide, l'pronoujie d'environ un sixième de poudre. Son application aux armes de guerre n'a été difi^rée jusqu'à ce jour qu'à cause des difBcultés que semblaient offrir la conservation de la capsule dans la main du soldat, et son placement sur le piston malgré le froid , la maladresse et l'obscurité. De nombrejix essais tentés en dernier lieu seulement, et qui auraient dd l'être plus tut , ont prouvé : 1** qu'on pouvait rétmir les capsules aux paquets de cartouches ; 2* que ces paquets défaits, le soldat parvenait aisément à mettre les capsules dans sa poche ; 3** qu'elles étaient assez grosses pour être placées à la n)ain par les froids qui permettaient d'amorcer avec l'ancienne cartouche.

La carabine, dite carabine Delvigne^

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ilu nom de l'inventeur, et donnée, dans ces derniers temps , à (Quelques corj^ «péoiMn de Taniiée d'Afrique, n'est pas autre chose qu'un fusil à percussion, dont le canon contient à Tintérieur des rayures en spirales qui augaienteèt la Jiwteese du tir en imprimaiit à la balle im mouveeneot de rotation sur elle-même , qui la soustrait nu\ dé-, viatioDS produites par la résistance de rair.

On a introduit en 1881 , pour In défense des places , un gros fusil dit ///.<;27 de rempart. Il est à percussion , et reçoit des balles du calibre de 8 à la livre ; on le charge par la culasse ; il est monté sur un pivot à charnière, qui , sVniboîtant au bout d'un pieu plniite dnns le soi , rend la manœuvre facile nonobstant le poids de Tarme , et annule une partie dé l'effet du recul. Le maximum de In portép d'un ftisil dp rempart s*^ tend a 1,200 mètres ; sa bonne portée , c'est-à-dire la dislance à laquelle la direction de la balle conserve de la justesse , atteint <à 600 ; il donne la mort jiisqu'à 7 ou «00. La botine fîortée d'un tusil de munition est de lôu ;i 180 mètres; sa portée la plus grande est de êOO ; il toe jusqu'à moitié de cette distance.

Les fusils de munition coûtent environ Sa fr. à établir; leur durée a été calculée à vingt ans.

FaTABM. Ches lét nations gernani-

aues les fuyards étaient noyés ou étoofms dans on boiiriMef. Ijft liai n1ii|Ée imposait une amende à celui qui , saîis

preuve , nccusait un Franc d'avoir jeté son bouclier pour fuir, ou qui l'insultait des épitbètes de iievre ou de fuyard. Les Hapitulaires déclarent inCftmes oeoit qui tournent le dos pendant le combat, ordonnent qu'ils perdent leurs emplois, et que leur témoignage ne soit plus reçu en justice. Durant la période de la fi^ dalité, ceux qui lâchaient pied devant Tennemi durent être réduits à l'état le plus humiliant , mis dans la classe des gens taiilobles, maiumortables , corvéables. Ptas tard , les ordonnances db François I*'^ et de Henri II IfcB condamnèrent à être passés par (es piques.

Mais tous ces cb;Uiments ne s'appliquaient sans doute qu'au commun des soldats ; les lois disciplinaires n'étaîMt pas faites pour leurs nobles chefs.

La loi au 21 brumaire an v , sans nommer positivement les fuyards , est ^lement explicite (titre 8) qu'aoeme ignominie de ce Renre né peut rester impunie. Un soldat qui jette lâchement ses armes dans une affaire est puni de trois ans de fer; celui ^ui abandonne son poste devant rennemi, pour ne songer qu'à sa |)ropre sûreté , est puni de mon , et , s'il s'agit d'une troupe tout entière , les si.K plus anciens solaats subissent le même sort.

«MUX* ESi^JlfCB. «UMHUt «M

(ÎABALi, anciens habitants da Gé- hm. Ce nom, suivant du Cange , Ah\-

vaudan et des Cévennes septentrionales, gnait, dans l'origine, toute espèce d'iin-

Ijèûst fftrrlMfre était borné au nord et â pdt indirect; son é^mologie même en

Test par les relauni et par le mont Ce- est une preuve; ear il correspond sans

benna qui les séparait des l'olcre .ire- doute à Talletnai d yabe, abgabe. On lit

cornici; à l'ouest, par les Ruthcni , et dans plusieurs Coutumes: gabcKp de

au nord-ouest, par les Ârcerni; leur vin ^ de drap, de tordieu. Enfin, on ap-

chef-lteu était Anderitvm , aujourd'hui pelait grande gabelle de Romans, dans

Javols (*); leur pays a fait partie de la le Dau|)hiné , *le droit de péage établi

première Aquitaiue. IMerK'c, }fimrrs^ dans le comté d'Allwn, en faveur de

succéda à Anderitum, après le martyre Guillaume de Montferrat, et confirmé

de révéque saint Privât , en 408 , par l'empereur Frédéric II , au trei-

comme siège de réyéiihé formé par le sième siècle , au profit de Réatrix de

territoire des Gabali. î\!ontferrat. Mais le mot de gabelle s'ap-

Gab ARDAIS , Gabarretemis tract m, pliqua etisuite spécialement à l'impôt

ancien canton du Béarn , avec titre de sur le sel.

vicomtè, était borné an nord et à Test Ce fat, suivant Topinion la plus gé-

par le Condomois , au sud , par l'Eau- nérale , Pliili|)pe VI qui itn r ma ou plu-

Sa)l , dépendance de l'Armaiinac , et à t(k qui réula railministration de cet

Touest , par le pays de Marsan. On éva- odieux impôt (*;. Ce prince rendit à

luait sa surface à 18 lienes carrées; son Paris, le 20 mars 1343 , une ordon-

chef-lieu était Cabaret. nance établissant ^ au profit du fisc, le

Le Gabardan suivit longtemps le sort monopole du sel dans tout le royaume,

de la Gascogne propre. Cependant il par cette ordonnance il nommait six

eut, dès Tannée 1000, des vicomtes connnissaires auxquels il confia le soin

particuliers qui devinrent vicomtes de d'établir des greniers, en leur donnant

Béarn, par le mariage de Pierre, vi- la faculté de nommer des commis ou

comte du Gabardan, avec Guiscarde, gabeliers pour garder ces entrepôts

sriMir et bcriticre de Centulle V, vicomte dans tous les lieux où ils jugeraient

(le Bearn, mort en 1134. Ce mariage convenable; de prononcer sans appel

réunit leOabardanau Béarn. sur toutes les contraventions et dans

Gabare , bâtiment spéf ialement af- tous les proeès auxquels la vente du sel

fecté au transport. On compte dans la pourrait donner lieu , les soustrayant h

marine un certain nombre de gabares toute autre juridiction et en particulier

commandées par des officiers de la mâ- ' à celle de ta dtambré des comptes et du

fine militaire. Les plus fortes ont trois parlement. En même temps que le roi

mâts et portent de 8 à 12 canons ou leur donnait un pouvoir si ilhuiité sur

caronades; leur port est de 300 a 600 tous les eoutribuables , il ne leur pres-

tonneaux", au delà elles sont comprises crivait aucune règle sur la manière de

dans le rang des ^â/es, auxquelles elles distribuer le sel; il n'en fixait même

ressemblent par leur forme connne par pas le prix. Cbaque famille était taxée

leur destination. Les petites jiahares , a une certaine quantité de sel qu'elle

qui ne servent guère que dans les rades devait tirer des greniers de l'État sans

et les ports, ont seulement deux mâts; ^ , r »

'celles de moindre dimension se nom- „ O. Q-^Tm' vT H'ItrTrPhT

. / l orieine a Pliilu)p« IV ( i ubO) ; d autres a Phi-

méat gabarets. y ^ ^ long', ni iVimit éiabU p«r une

Gabelle, gabella, gablum, gaU- o^nnance du aS février i3.8 ; mois on en

^ (*) M. Walckenaer, dans un mémoire pré- trouve des preuves bien plus ancieriues duos

senlé à l'Académie des iuâCi i|)lioDS , t. V de noU e histoire. Uueordouiiaiice de saint Louia,

la coUeciion , p. 886, émet l'opinion qu'^tf»- en ta46, en fut neolîon. C'était d'ailleurt

deritum est plutôt le village d'Antérieux dans un tribut des empereurs romains, et il est

le petit diocèse deSaiat-Floury prèsdeCbau- probable qu'il aura survécu à leur domlna-

des'Aigues. tion , quoiqu'il ait été souvent modîQé depuis.

552 CABELLE L'UNIVERS, gabelle

pouvoir revendre ce qui excédait sa consommation. On conçoit quelle intolérable veiEation cet impôt ajouta à tous ceux qui pesaient déjà sur le peuple.

Ce fut à cette occasion qu'ltdouard appela Philippe Vmiteur de la loi saliquty raillerie qui faisait en même temps allusion à l'avantage tiré par Valois de la véritable loi salique des Francs pour monter sur le trône.

Un mécontentement général accueil- Ut l'établissement de la gabelle. Les états de la Langue d*oil, convoqués, en 1846, témoignèrent au roi , comme nous l'npprend une ordonnance du 15 lévrier, « que la gabelle du sel éloit moult dé- « plaisante au peuple et que , tant par « icelle comme pour le^ prévôts, fer- « miers, et les excessifs nombres des

sergents et les commissaires envoyés t par le royaume sur plusieurs cas , le- « dit peuplé se trouvott moult aggravé.» Philippe exprima son regret de ne pouvoir abolir cet impôt , et déclara que ce A'était qu'une taxe teniporaire qui n'était pas incorporée à son domaine.

Les états de la Langue d'oc, réunis le 17 février de la même année, sous la présidence du duc de Normandie, accordèrent un fouage de dix sous par feu, sur la promesse qo*on leur fit de les convoquer de noiivenu dans quelques mois, pour aviser avec eux aux moyens de supprimer le monopole qui portait la désolation dans tous les ménages ; mais ces sortes de promesses s'oubliaient dès que rassemblée était dissoute.

En 1355 , les députée de la Langue d*oîl, peu versés dans les affaires de finances dont on faisait alors un mystère d'État, ne surent trouver rien de niieuv, pour combler le délicit, que le funeste impôt de la gabelle du seU lequel fut. déclaré commun à tous les ordres : aux prélats, aux nobles comme aux bourgeois; le roi, la reine et les [jriiu cs du sang donnèrent même Texeuiple de cette égalité devant le fisc , en s'engageant à le payer aussi; mais alors le mécontentement éclata partout avec une hardiesse inouïe. Le pape réclama pour le clergé de France; la ville d'Arras se souleva le 5 mars 1356, lorsque les gabéliers voulurerit exercer ; le menu peuple accusa les riches bourgeois d'avoir

donné leur consentement à cet impôt.

Quatorze d'entre eux furent tués ; mais le connétable de Bourbon, açeourant à la nouvelle du tumulte, fit saisir les plus mutins et leur fit couper la tête sur la place.

Pendant que ces scènes se passaient à Arras, les états s'étaient de nouveau

assemblés le 1"^ mars à Paris ; mais on n'y vit point de députés d' Arras ni de presque aucune ville de Picardie.

Les Normands se refusèrent également à envoyer des représentants ; ils étaient encouragés par le roi de Navarre , par Jean d'Harcourt et par d'autres seigneurs qui déclarèrent que la gabelle ne courrait point en leurs terres : « qu'il ne se trouveroit point si hardi liomme de par le roi de France qui la ddt faire courir, ni sergent qui enlevât amende qui ne le payât de son corps {*). » Les états durent reculer. Ils supprimèrent la gabelle en même temps que l'aide de 8 deniers sur les ventes, et ils v substituèrent une taxe proportionnelle sur le revenu.

Le roi de Navarre et d'Harcourt payèrent cher cette résistance. Jean fit emprisonner l'un et couper la tête à l'autre. Mais il n'avait eu garde de les faire accuser d'avoir repoussé la gabelle, ce qui eiU augmenté leur popularité ; il les accusa d'avoir formé des complots contre lui. Lorsqu'il revint, en 1360, de sa captivité en Angleterre , il rétablit les greniers royaux pour la vente du sel , et imposa une aide du cinquième sur le prix de cette denrée.

Cependant jusqu'alors cet impôt n'avait été que temporaire ; ce fut Charles V qui l'établit à perpétuité. Ce prince porta aussi à 8 deniers la taxe, qui s'accrut d'ailleurs encore sous les règnes suivants. Du temps de Louis XI elle était généralement de 12 deniers. Ce prince essaya , en 1462, de l'introduire en Bourjiogiie au profit du trésor royal. Mais le duc n'eut pas en celle occasion la condescendance qu'on espérait, et il se plaignit si haut, que Louis XI ne lui reparla plus de cette affaire.

Comme nous le verrons plus bas avec pliB de détails , la gabelle n'était pas moins vexatoire par le mode de sa pep>

(*) l'roissarl.

ISABfiLLB FRANCË. OABKLLK

eeption et par son inégale répartition « q|iie par sa nature même. Au seizième siècle , les provinces de l'intérieur payaient le sel a raison de 45 livres le moid; celles qùt étaient situées le long de rOcéan , au contraire, et où se trouvaient exploités les marais salants , ne payaient qu'un droit du quart de la valeur de cette denrée aii moment où elle sortait des mains du fabricant, après quoi le commerce en était libre.

Le ministres de François I**", Annebault et le cardinal de Tournon, prétendirent dire cesser cette inégalité; de plus , ils annoncèrent qu*en prélevant un droit de 24 livres seulement par muid, aux marais salants et au moment même de fa fabrication , ils augmenteraient considérablement les pro* duits de la gabelle , en même temps qu'ils diminueraient les frais de perception; ils (levaient supprimer tous les préposés qui gênaient la circulation entre les provinces, tous les gardiens des greniers , toutes les lois vexatoires qui contraignaient le contribuable à acheter une quantité déterminée de sel par année , et punissaient rigoureusement les moindres fraudes.

Toutefois on se contenta, dafis Tédit publié à Châtetlerault le 1""^ Juin 1541 , d'établir seulement aux marais salants une augmentation de moitié en sus, ou la perception du droit de quart et demi sur la valeur pour les provinces exemptes de la gabelle , et de 46 fr. pour les provinces gabellées. Ainsi le résultat de cet édit était une augmentation, et non une répartition plus égale de l'impôt.

C'était, du reste, pour se livrer à ses folles idées de ma^ificence, que François I'*^ pressurait ainsi le peuple. Il venait de célébrer, dans cette même Tille de Cbâtellerault , le mariage de Jeanne d'Albret, sa nièce, avec le duc de Clèves ; et il avait étalé dans cette cérémonie un faste si extravagant , il avait répandu l'arf^ent avec tant de profusion, qu'il fallut recourir aux expédiente pour combler le déficit. Au reste, le peuple flétrit justement ces criminelles dilapidations , en donnant aux fâtes de Cbâtellerault le surnom de noces salées.

Un autre édit, rendu à Tonnerre en avril 1643, rendit encore la perception

plus sévère. En vertu de ces dernières

mesures, 24 livres par muid étaient exigées de tout le sel sortant des marais. Ëoiin Ton annonça encore de nouveaux changements dans cette matière.

Cependant les provinces exemptes, la Giiienne , la Bretagne, le Poitou, la Saintonge, et la ville et le gouvernement de la Rochelle, éprouvaient le plus vif mécontentement. Elles représentaient que leurs privilèges jurés par les rois, maintenaient leurs exemptions; que cette prérogative était compensée çour elles par Taugmentation de la taille; qu'il se faisait dans leurs ports, avec une partie de l'Ktirope, un grand commerce de sel, de pêcheries, de salaisons , et que cette inaustrîe serait ruinée si le roi rendait uniforme dans tout le royaume un impôt dont elles avançaient déjà le montant avec une (îêne extr(^me. 11 y eut des mouvements sérieux à la Roehelle ; une vive fermentation régna sur tout le littoral et dans les îles ; les habitants s'armèrent et repoussèrent à force ouverte les coumiissaires royaux qui venaient contrôler leure marais salants. François I*', après avoir désarmé les Rochelois et fait mettre aux fers les principaux nmtins, rendit à Chizai , le 27 décembre 1542, une ordonnance qui eonfisqujftt les marais de toute la côte, depuis I.ibourne jusqu'à Oléron, en punition de la rébelliofï des habitants.

Toutefois, touché du spectacle de la misère et de la terreur de ces pauvres gens, il leur accorda, le 81 décembre, à la Rochelle même, un pardon inespéré, mais qui ne l'empêcha pas de continuer, le i.S mars suivant, son édit sur l'organisation nouvelle de la gabelle.

Mais la Guienne , où le sel semblait un présent gratuit de la nature, otj l'industrie s'était mise en rapport avec cette firanchise ancienne solennellement garantie, ne se résigna pas longten)p8 a payer un impôt qu'elle regardait comme illéî^al. L'indignation des masses était encore augmentée par les fraudes dont on accusait les a^^ents du fisc ; on assurait que le sel qu'ils forçaient d'acheter était mêlé à dessein avec du sable, et Ton était révolté des châtiments arlntrairea infligés par eux pour chaque omission, pour chaque réclamation.

Au milieu de Tété , les paysans de

plusieurs villages m nfinèrent absolument à aller aux £;reiiiers assignés. Dans beaucoup d'autres , les officiers qui vejiiaient forcer les habitants furent mas^ sacrés; le peuple en tua huit à Gonséi en Saintonge; il les mit en fuite à Périgueux, à Consac et à Barbezieux.

p,enn , roi de ISavarre, gouverneur de Guienne, envoya contre les mutins uns compagnie de gendarmes qui fut chassée du pays. Les insurj^és se levèrent bientôt en armes au nombre de 50,000 au moins. Le 12 août, ils s^emparèrent de Saintes, puis ils pillèrent Cognac et Ruffec, brillant les maisons des ms^istrats , et livrant à des supplices cruels tous les employés du ûàc qu'ils pou- ▼aient saisir*

Tristan ée iMonneins, lieutenant du gouverneur de Guienne, ayant excité p;ir ses menaces la colère des habitants de Bordeaux, restés jusque-ia étrangers à la révolte* fut 'assommé par la mui* ti tilde, dépecé et salé. Cependant l'autorité royale se rétablit promptement dans^ la ville. Peu touché de celte soumission, le eonnétable Montmorency marcha sur Bordeaux avec des landskncclits, y entra par la brèche, désarma * les Inbitants , les priva de tous leurs privilèges, lit raser Thotei de ville, et condamna les habitants à détërrer otree kurs ongles le corps de Monneins, qu'Us devaient conduire de nouveau en grande pompe à la sépulture. Après cela commencèrent les exécutions. Cent quarante malheureux reçurent soooessivement la mort. Il y en eut de rompus vifs, de brûles , de pendus aux battants des cloches qu'ils avaient sonnées. Les juges et les bourreaux semblaient faire assaut 4*inventions atroces pour prolonger Taonie des patients. Ainsi le connétale assura le triomphe de la tyrannie d'un seul sur les intérêts et la volonté de tous (*).

Quand les troubles eurent été entièrement apaises , les états des provinces qui en avaient été le théâtre proposèrent de se radieter cle la gabelle étaMie par François I*', sous la condition df

(*) On a déjà parlé de ces faits cpouvanlablf's à l'art. KoRDEA.ux,vol. ITI, p. ii8; mal» il ) a ctè dit par eneur qu'Us eurent lieu hrs de VMiusmmuét la nbdie} il eût iiUu ilire : Im d»la db I* gabalie.

remboiirser la finance des iOoiert d«

greniers qui devàient être supprimés , et de donner au roi 400,000 livres une fois payées. Ces offres avant été acceptées , len trois brdres des provinces contractantes firent entre eux la répartition de la somme; elle servit à payer en partie le rachat de la ville de Boulogne, en 1550; et îl n*ext8ta ploé dans ces pays que d'anciens droits de gnart et deini- quart , qtiint ei demi- (juint^ dont les états prirent la ferme pour 80,000 livres par an, et, trois ans après , pôur 100,000.

Au commencement de ce dernier bail, le gouvernement, pressé par les besoins pécuniaires que suscitaient les prépa> ratifs des guerres dltalie et d'Allemagne, proposa aux états des mêmes provinces de racheter l'impôt existnnt encore sur le sel , à raison du denier 12 du produit de la ferme, et le marché fut conclu d*après eette base , moyennant un million 194,000 livres.

Les paystainsi déclarés exempts à perpétuité de la gabelle et de ses suppôts, plus incommodes encore que les droits, furent connus depuis sous le nom de prorinces rédimées. Ces pays étaient :

le Poitou , la Saintonî^e , l'Aunis, l'Ani^oumois, la Gascogne , le Périgord , la hante et basse Marche, le Limousin , et les autres provinces de Guienne, les comtés de Foix, Bigorre et Comminge.

Tandis que les cupides ou malhabiles conseillers de Henri II dévoraient ainsi à Tavance la ressource des temps à venir, ils commettaient encore la faute d'abandonner , dans les pays gabelles, le mode de perception conservé par François P', celui dont les ofOciers du roi étaient les instruments. Ils y substituèrent Tusn^e dispendieux et funeste des traitants. Chaque grenier fut adjugé pour dix ans à des fermiers particuliers. Depuis cette époque, le commerce du sel cessa d'être libre pour les pays de gabelle , et le prix de la denrée s'éleva successivement par des augmentations qtti n'étaient phis étabiiis ao profit du trésor , mais dont la per» ception et le produit étaient abandonnés aux grenetiers, contrôleurs, procureurs, avocats, greffiers receveurs, regrattiert et sergents, ciM et érigéi en titre d'ofitee par itaiif n et M8 troll

IIAB8U,B nABGS. W

(édit da 4jaQvier lâ4?), sous pré- 'léite de veuler i la police oans les gre- DÎers royaux, et d*assurer la rentrée des

droits. Dans une acerbe pliilippique contre Henri III , intitulée : la f ie et faits notablea de Uenru de J aloU ( Paris , 1569) , on lit : « Les impositions « qu*on met sur le sel sont tant grandes « que c'est horreur de les dire; rnr en- « cores que les misérables villageois « fussent ruyoez par les guerres recora- « mencées tant de fois, néantinuiiis on « contrainct jusques à une vefve qui n'a « aucun moyen d'avoir du pain pour ses . « uauvres enlaots, qui m^iurent de faim, «il prendre du sel par diacun quartier « de l'année, ce qui vaut plus une fois « qu'elle ne peut gniiiner en toute une » année. £t pour avoir payement de ce, « 0 est advenu en divers endroits qu'on • a vendu jusques à la poelle en laquelle « on faisoit la bouillie aux pauvres in- « nocents, et , ayant emporté la paille « sur laquelle couchoyent les misera- « bles enfants, on vendoit encores le « pain d'avoyoe qa*ils avoient , en tous « moyens , pour leur nourriture d'un « jour ou deux. Et néantmoins ces pau- « vres gens n'eussent sceu que faire du « sel , car ils n'avoient à quoy l'em- « ployer. Horreur horriblement horri- « pie, laquelle tombera sur Henry de « Valois uui n'en a esté ignorant, d'au- « tant q)i on lui a remonstré assez de « fois (*). »

En 1.382, rinfluence que les traitants exerçaient sur les opérations du gouvernement se manifesta par les clauses d*un bail (21 mai) , en vertu duquel le roi concéda l'exploitation de la ferme générale des gabelles, jusqu'alors atf( ruiées séparément. L'adyudication obtint son bail, à la charge de rembourser les sommes dues au précédent fermier, et de faire de fortes avances au trésor.

Dans un aduh très-utUe et nécessaire pour le recuuuremeiU de mdables sommes de finances sur les partizoHS du sel: au grand soulagement du peupie ; dédié au roy et à messieurs des estais de Blols (imprimé à Paris en 1588), lés sieurs Mallet et Bobîer prouvèrent clairement qa*avec le ftrniier

(*) Arch. cur. de l'hist. de France, t. XII, prauière série , p. 45S.

oui exer^son bail, de 1583 à 1686, Sa Majesté avait perdu net M0,000 éeas par an; de 1585 à 1588 , 888, 000 écu

par an ; somme de perte pour les sisx années finissant le dernier de septembre 1088, 4 millions 8,000 écus (*).

La courte existenoe laissée à chaque bail , presque aussitôt annulé que conclu, était connne un avertissement aux traitants d« grossir prom|)tement leurs profits. Tous les baux étaient en outre rétrocédés par ceux qui les avaient obtenus, et qui ainsi prélevaient d'immenses bénélicessans courir aucune chance.

Cependant, le produit des sous-lermes était deux fois supérieur au montent des adjudicati(ms faites dans le conseil ou par les trésoriers de France. Sully voulut remédier à ces abus. Il ordonna que Tadjudication de la gabelle, comme celle des cinq grosses fermes , se fit publiquement, et défendit l'intervention des sous-tVrniiers. I^e produit des gabelles se trouva presque doublé à la suite de ces mesures. Le bail qui las Goneemait réunit alors aussi , pour la première foîs , dans les nH'mes main), l'approvisionnement des greniers au recouvrement du droit : il était alors de 397 livres 12 sous par muid.

Une dos dernières opérations de ce même ininistre fut de diminuer d'un quart le droit sur les sels , bien que ie bail de la ferme se renouvelât touiouiB au même nrix. Ce résultat était da aux travaux d'une commission créée par Henri IV pour rechercher les ecclesiastiaues et les nobles « oui prétendaient, à rabri de leurs ponts-lévis, pouvoir se dispenser de la loi commune au reste de la nation (1610). »

Mais les effets de cette sa^e administration ne se firent pas ae»tir longtemps. Le tarif de la gabelle fut succès* sivement augmenté par î.ouis XIlï , sous le rèfïne duquel les rigueurs delà perception excitèrent des émeutes à paris et des soulèvements sur piusieww points du royaume. Les croquants en Guienne,lesra-/iM-/:^<>r/5en Normandie, exercèrent leurs fureurs sur les receveurs et les fermiers des gabelles.

(*) Voyez cette pièce dans les Archives curieuses de l'hist. de Krauc«, t.XU, première série , p. 48 et suiv.

GABELLE | LUNlVERS. GABELLE

Sous Louis XIV, cette administration fiscale , source de calamités pour les peuples, fléau de l'agriculture, fut organisée sur une grande échelle. Le faux saunage (contrebande du sel) fut classé au rang des crimes; des tribunaux d'exception furent érigés , et les offices de juges, de régisseurs, d'employés de tout ^rnde furent créés et vendus ( édits de 16H4 ,1668, 1680). La France fut divisée en pays rédimés, provinces frari' ehes, pays de granae et de petite ga' beUe, pays de quart-bouillon. Les vues

Sersonnelles de Colbert tendaient bien réduire le tarif des sels, à soulager le peuple ; mais cet impôt était un des plus productif; le roi avait sans cesse be* soin d'argent, et le ministre ne put opérer le bien qu'il méditait peut-être.

Des statistiques , dont l'authenticité ne peut être contestée, constatent, que, année commune , il y avait 4,500 saisies dans l'intérieur des maisons, plus de 10,000 sur les routes et lieux de passage, 300 condamnations aux galères pour crime de contrebande de sel. Les femmes, les enfants, n'étaient pas épargnés. Le nombre des prisonniers variait de 1,700 à 1,800. Aussi le mot gabelle mettait en émoi les pauvres paysans.

Il équivalait pour eux à mauvaise récolte, inondation, incendie, maladie; c'était , dans leur opinion , une œuvre infernale. « Un curé de Bretagne , dit « madame deSévigné, avoit reçu devant « ses paroissiens une pendule. Us se mi- « rent tous à crier que c'étoit la gabelle, « et qu'ils le voyoient fort bien. Le curé « habile leur dit , et sur le même ton : • Point du tout, mes enfants , ce n'est « pash gabelle, c'est le jubilé. En même «temps les voilà tous à genoux. Que «dites-vous du bon esprit de ces gens- « là ?» Si le récit de madame de Sévigné n'est qu'un conte, il prouve du moins combien la gabelle était odieuse.

« Sa seule menace devint, en 1675, un cri de ralliement pour 6 à 7 mille paysans bretons , qui dévastèrent deux bureaux de perception à Fougères et à Reunes. Dans cette dernière ville , le gros duc de Cbaulnes {*) voulut dissi-

C) Gouverneur d« Bretagne. Il avait déjà

eu à lullcr (leiix ans auparavant ronfre une émeute occasionnée dans la province par l'im-

per le peuple attroupé. Ses gardes furent repoussés à coups de pierres, et on ne le respecta pas lui-même, tant TexaspératloD était grande. Louis XIV crai gnit la propagation de cette révolte en Bretagne. Six mille hommes de troupes françaises se mirent en marche , afm de punir les rebelles, envers Iesq[ael8 le roi agit avec une excessive sévérité.

« Un témoignage non suspect peut être invoqué a cet égard, c'est celui de madame de Sévigne , toute dévouée à Louis XIV. Voici ce qu'elle mandait à sa fille , dans des lettres datées de la Scilleraye et du Buron , près de Piantes (*) : » .

« On a fait une taxe de 100,000 écos « sur le bourgeois , et si on ne trouve « pas cette somme dans les 24 heures, « elle sera doublée et exigée pat les sol- « dats. On a chassé et banni toute une «grande rue, et défendu de les recueil- « Rr, sur peine de la vie ; de sorte qu'on o voyoit tous ces misérables , femmes , « vieillards, enfants, errer en pleurs au «sortir de cette ville... On a roué un « violon qui avait commencé la danse.

« Il a été écartelé après sa mort, et ses «quatre membres e.xposés aux quatre «coins de la ville.... PIos pauvres Bre- «tons s'attroupent, quarante, cin- « quante, par les champs, et disent mea nculpa : c'est le seul mot de français «( qu'ils sachent ; on ne laisse pas dé les

«pendre La penderie me parott

n maintenant un rafraîchissement

« Les troupes viennent de tous côtés ; « elles vivent , ma foi , comme en un « pays de conquête... Ce sont des larmes « et des désolations ! »

Dans les derniers temps de l'ancienne monarchie, les pays imposés au maximum de cet impôt payaient annuellement 760,000 quintaux de sel , et le prix du quintal s'élevait à 62 francs; la distribution moyenne de la denrée était d'environ U livres pesant par tête d'habitant de tout sexe et de tout âge.

pot du tabac et le droit de timbre. Ses administrés, dit madame (îe Scvi^nt', lui jiiodiguaient des injures, donl la plus lanidière était gros cochon. Le beau monde plus poli le nommait le bœuf.

(*) Histoire de Nantes, par MaUiiiet, 1. IV, p. 3o».

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