‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 161 sur 198 · C A BELLE · texte numérisé non relu

C A BELLE

FRANCE

GABFXLE

Cette première catégorie, celle des provinces de grande çiabelle, ou du (jratul

{umtH y comprenait l'Ile - de - France , 'Orléanais, le Maine, TAnjou , la Tou* raine, le Berry, le Bourbonnais, la Bourgogne, la Picardie, la Champagne, le Perche , et la plus grande partie de la Normandie. Au milieu de ces pays, il y avait quelques districts jouissant d'anciennes franchises, et pour lesquels Je prix du sel était fixé à des conditions modérées.

Les pays de petite gabelle étaient ceux qui ne payaient que le minlmwn :

le Méconnais, le Lyonnais , le Forez et Beaujolais, le Bugey, la Bresse, le pavs de Dombes , le Dauphiné , le Langue-* doc , la Provence , le Roussillon , le llouergue, le Gévaudan , et une partie de l'Auvergne. La distribution moyenne du sel y était d'environ 11 livres 3 quarts pesant par téte , et le prix d'environ 33 livres 10 sous par quintal. La consommation obligée ne pouvait être audessous de 640,000 quintaux.

Dans les patj$ rédimés y la valeur courante du sel variait depuis 6 jusqu'à 10 ou 12 livres le quintal. Par pays de salines on entendait la portion du royaume approvisionnée du sel oue fournissaient les salines de Francne- Comté, de Lorraine, et des Trois-Ëv^rhés, et cette étendue deierritoire était composée des 3 provinces précitées, du Rethelois, du duché de Bar, et d'une partie de l'Alsace et rlu Clermontois. La consommation y était arbitrée à environ 14 livres par téte, et le prix moyen du quintal était de 21 livres 10 .sous. Les ventes s'élevaient annuellement à 275,000 quintaux.

' La catégorie des pi'ovinces franches devait sa prérogative au voisinage des marais salants » et à la difficulté d'empécher une contrebande qu'un prix trop élevé eût rendue plus active et plus étendue. Le prix du quintal y variait depuis 40 sous jusqu'à 8 ou 9 livres. Ces provinces étaient la Bretagne, l'Artois, la Flandre, le Hainaut , le Calaisis , le Boulonnais, les principautés d'Arles, de Sedan, de Raucourt , le Nébousau, le Béarn , la basse Xfavarre , le pays de Soûle et de Labourd , les ties d'Oléron et de Ré , une partie de TAunis, de la Saintooge et du Poitou.

La catégorie appelée pays de qnartbouiUon ne comprenait qu'une partie considérable de ia basse Normandie, qui était approvisionnée par des sauneries particulières, où l'on faisait bouillir un sable imprégné d'eaux salines.

Le quart de cette fabrication devait être versé jgratuitement dans les gre^ niersdu roi. Ce versement s'opéra d'abord en nature , mais le bénéfice réservé au roi avait fini par être converti en un droit équivalent. Le prix du quintal était de IG livres , et la distribution se faisait à raison de 25 livres par tete au-dessus de 8 ans. Le débit était d'environ 115,000 quintaux.

On donnait le nom oe/roncrs 9aU»

aux distributions de sel faites de la part du roi à quelques privilégiés. Elles étaient ou gratuites ou à un prix inférieur au tarif général. Elles se montaient à environ 15,000 quintaux, et se trouvaient comprises dans les consommations des pays de grandes et de petites gabelles. Pendant longtemps certains seigneurs n'attendirent pas cette distribution, à laquelle semblait cependant attacbé un caractère honorifique. Ils faisaient des prélèvements en nature pendant te transport des sels sur la Charente, la Sèvre niortaise, la Routoune, et d'autres rivières; Colbert avait essayé plusieurs fois de réprimer ce genre de" dépréaation , ou du moins d'eu réduire Je taux.

En 1789, le vœu pour la suppression de la gabelle fut répété unanmiement dans tous les cahiers des trois ordres; elle fut supprimée par ta loi du 10 mai 1790. Il y avait alors 224 greniers à sel, outre plusieurs dépôts et contrôles.

Ces greniers formaient 17 directions générales, administrées en chef par les fermiers généraux. A chaque direction était attachée une juridiction qui connaissait en première instance des contraventions sur le fait du sel. Audessus d'un quart de minot, on pouvait en appeler à la cour des aides. La proposition d'un impôt sur le sel , adoptée en l'an vu , par le Conseil des Cinq- Cents, fut rejetée par celui des Anciens. C'était au gouvernement impérial, qui avait déjà fait revivre tant de choses de l'ancien régime, qu'il appartenait de rétablir cet impôt, qui pesé presque uni-

M GABAGNC UUiMVERS. ÙMAATEÊ

3aement sur le peuple. Il fit partie des roits réunis , dont la perçejitioa fut or^janisée en 1806.

' GabbtaC) ancienne baronnîe du Gé-

Tiiudan (aujourd'hui comprise dans le département de la Lozère, arrondisse* ment de Florac).

G ABBiEL (Jacques) , architecte da roi , ruort en 1086 , bâtit le efaâteau de Choisy, et commença la construction du Pont-Rpyal, achevé par Romain Giordano.

Son fils , nommé oômme Loi Jacques Gabriel , architecte aussi , et membre de rAcndéinie d'architecture, né à Paris en 1667 , mort eu 1742, fut élève de Mansard , son parent , dirigea la construction de ptusieursédifices pubHcs dans les villes de Rennes et de Dijon, donn a des plans pour iNanles et Bordeaux, et conçut le projet du grand ^outde Paris. Il obtint, en récompense m ces travaux, les places d'inspecteur général des bâtimonts du roi , des arts et des manufactures royales , de premier ingénieur des ponts et chaussées du royaume, et le cordon de SainMtfichel.

Jacques- /inge Gaiîriel, son (ils, né à Paris vers 1710, fut élève de sou père, et lui succéda dans ses différentes toncftons. Charo;é de rachèvcment du Louvrf^ . r'est lui qui Ht élever, sur les dessins de Perrault, une partie de Tinterieur de ce palais du coté de la rue du Çoq et de la rue Saint-Germain l'Auxerrois. 1! construisit !ps deux colonnades qui bordent Tiin des cotés de la place ae la Concorde, et les vastes bâtiutents destinés à Técole militaire. II mourut en 1782.

GABRIEI.LB d'£stB£BS. Voyez £s-

TUEES.

Gadagne (Thomas de) , seigneur de Beauregard en ï.yonn us. Ce personfta^^e, issu d'une l'iiinillo florentine, vint s'établir à Lyon vers la fin du (juinzieme siècle , et y acquit , par ses heureuses Spéculations de Ditnfjue et de commerce, line hriMK'nse fortune. On dit encore proverbialement à T-yon : Riche comme Gadagne j et Rabelais (*) ne dédaign<\ pas de faire mention des escus de Sa»

daigne. Enfin on lit dans une lettre;

If ftUT. prol. du liv. n.

écrite par Marguerite d'Angouléme au' connétable de Montmorency, le 27 juin 1537 : <« Gadaigne veult avoir la ferme < du sei , et fnraster une grosse somme

« d'argent an roy. «

Notre financier acheta la baronnie de Lunel , les terres de Saint-Gaimier et de Saint-Hoyan en Forez ; celles de Gaillardes , de Saint-Yietor, ete. Mais on prétend rpi'il fît au moins un noble usa2;e de ses richesses, et se signala par de nombreux actes de bienfaisance et de piété, et par des fondations chanta* bles.

Son fils , Guillaume de Gadagne j .était seigneur de Bothéon, baroq d^ Verdun , ete. Séi^éehal de Lyon éèpùis le milieu du seizième siècle, il joignait à cette qnnlité celle de licutcnnnt général du I.yoruKiis, Forez et Beaujolais, quand, eu I6t>9, les Lyonnais embrassèrent le parti de la ligue. Il se battit pour la cause royale, et contribua beau* coup, pnr les intelligences qii'il avait meua.^ees dans la ville , à la faire rentrer sous le pouvoir de Henri iV.

Son fils unique fut tué en 1594, dans les armées du Béarnais , et lui-même mourut en IGOO , victime du zèle qu'il avait déployé à préparer une gracieuse r^eption à. son souverain, lors de la célébration des noces de Marte de Médi* cis.

On trouve au chanitre 7 du livre II de la Confession de Sancy, im abbé de GaMgne qui ne montrait que le blan<»

des yrux pendnnt que M. de Pibrac haranguait les (Icpntes huguenots. — Puis dans les Mémoires de Montglat, année f6(U, un Gadagne, lieutenant général, chargé parle duc de Beaufbrt de défen-^ dre Gigeri. — Une daine de Gadagne,"* comtesse de Verdun et de Bothcon , épousant en 1704 un M. d'Uostun , f^ère atné du comte de Tallard , et se remarinnt en 1710 à un marquis de Pons. Kniin lin M. de Galien, prenant le titre de comte de Gadagne du nom de sa mère, et fatsant ériger en par le pape Clément IX. , sa terre de Oia^enuneuf en duché, sou$ le noQ) Gadagne.

GyÊSATES. Polybe nous appreu^ que cé nom éf^n donné à des peuplades fi:«uloises , parce qu'elles s'engageaienlÇ pour de l'argent k faire la guerte, et quci

GAEtÈ

FRAiNCE.

«AfeTE

telle est la signification de Gœsates.

D'autres auteurs prétendent, avec plus de raison, que ce nom vient d'une sorte de traft nommé Gaisa ^ en latin G»

ntm , dont tous ces peuples se servajpîit {*}. Quoi qu'il en soit, il est constant, d'iiprès Polybe, que sous cette dénomination générale on comprenait tous les peuples gaulois qui habitaient entre le Illiône et les Alpes.

Gaete (insurrection de), Charles Mil était devenu en 149.) maître de Gaete, comme du reste du royaume de Naples. Après le désastre de Fornoue , et la retraite fia roi nvee la moitié de son armée , une lei mentation sourde s'étendit partout le royaume. Une insurrection dè la ville de Gaête, qui n'était oc« cupée que par une poii^M^oe de soldats français, fut une des pretiiières inanifestalions populaires. En un instant, les séditieux rureot mis en fuite par ceux qu*ils avaient cru écraser; ils fbrent niors poursuivis de rue en rue avec un acharnement féroce, et presque toute la population de cette ville, jusqu'alors florissante, fut égorgée le 24 juin. L'année suivante, Frédéric, successeur de Ferdinaqd J{, reçut la capitulation de Gaëte. .

Lor^'dç la deuxième conquête du royauhfië de Naples , sous Louis XTI , Gaëte retotiiba au pouvoir des Franrnis. Un grand nomhre de ceux qui avaient échappe au désastre de Garii^liano (voy. ce mot), se renfermèrent dans cette place forte, où ils auraient pu soutenir un long siège; mais dès le lendemain ils laissèrent surprendre par Gonzalve de Cordoue la monta<;ne d Orlando, qui commandait une partie de la ville. Aussitôt ils entrèrent en traité avec le général ennemi , lui demandant de pouvoir se retirer en France avec tous h»ir$ cpmpatriotes pris par tes Espagnols dans le cours de la campagne. A cette condition, ils capitulèrent le 1*''. janvier 1501.

— Gaëte possédait , lors de la première occupation du royaume de Naplen

r) Virgile, dans sa deftcrtptioQ du bouclier dxnée , dit en parhiDt.dBS Gwiloil qai as-" •iégent It Capitole :

Duo qoiique Alpiaa coroMojit

M». VIII f V. 66t.

par Championnet , une garnison de 4,000 hommes, une artillerie et un armement formidables , enfin des munitions et des vivres pour plus d*un an. - Une telle place paraissait à Tabri de toute surprise. Cependant Championnet envoya seulement sous ses murailles 400 Français avec le général Rey.

Aux premiers'obus lancés contre elle , la garnison et les habitants forcèrent gouverneur à c apitnlcr , à se reiulre même à discrétion. Quatre mille hommes demeurèrent prisonniers de guerre, abandonnant intaets au vainqueur leur artillerie, leurs magasins, leurs munitions (8 janvier 1799).

— En 1806, lorsque Joseph Napoléon entra dans le royaume de Naples, le prince de Hesse-Pliiliiipsthal , gouverneur de Gaete, somme de se rendre , refusa de livrer la place, et résista au gouvernement napolitain , qui en avait garanti la possession à l*armée fran* çaise. M fallut se décider 5 un siège long et diflicile. Gaëte occujje une presqu'île qui ne tient au continent que par une langue de terre de 8 à 400 toises ; du côte de l'ouest et du sud sont des ro-chers escarpés et inabordables ; son enceinte est fermée par une uuiraiile que sa hauteur et Tépaisseur de ses revétements rendent inaccessible. Plusieurs batteries de mer sont distribuées dans cette étendue , de manière à tenir éloignées les forces maritimes qui les me-naceraient. La seule partie de la place qui rep;arde la face de l'isthme e-t snsceptibie d'attaque pour un assiégeant qui n'est pas maître de la ukt. Elle présente, sur un front très-étendu et près-

?|ue en ligne droite, un amphithéâtre de eux convergents, vers le terrain étroit où les attaques peuvent être dirigées.

Les travaux d'attaque commencèrent le 8 mars , trois semaines après l'arrivée dps troupes. Cependant le feti des batteries ne commença que le 7 juillet. Ce retard nrovenait de la difficulté de former un équipage de siège. Il àllut construire presque tous les affûts, fondre beaucoup ae mortiers , amener de fort loin la poudre. La nature du terrain des deux baulçurs d'où Ton pou* vait conduire les attaques était une difficulté plus effrayante encore. Le rocher se montrait presque à nu sur ie Monte*

SeO 6A0B AU BATAILLE L*l7NtVEBS*

«Acm

Secco , et le sol de la Torre-Atratioa était traversé d'énormes cailloota-

ges et des débris d^anciennes murailles. L'artillerie des assiégés était très-formidable; ils faisaient une consommation de munitions énorme et souvent inucile. Ainsi on compta jusqu'à 3,000 coups tirés en 21 heures. I^es assiégeants n'étaient que 8,000 hommes, fioinniandés par le générai Lacour. Les Calabres réduites , Masséna vint en personne prendre ta direction du siège. Les derniers travaux s'nchevèrent: on arma les bnlteries de 50 pièces, sans compter 23 mortiers. Des ie sixième jour , les lirèclies se formèrent ; deux jours après, l'une d'elles parut d'un facile accès.

Alors la gnrnison demanda h capituler, li^ile avait perdu le prince de Hesse, atteint d'un éclat de bomlie , le 10 juillet, au moment où il encourageait ses canonniers sur un bastion. Los troupes assiégées étaient nu nombre de 7,500 hommes , continuellement ravitaillés par une flotte anglaise.

— En 1815, Gactp opposa encore une assez longue résistance aux Autrichiens.

Gaetb (duc de). Voyez Gaudin.

Gagb db BATàiLi.B. La signification

de ce mot était assez complexe au moyen âge. Il désignait en effet le chaperon ou gant jeté à un adversaire en signe de provocation au combat Judt' claire ( voyez ce mot) , et aussi la caution exigée de cehii qui demandait ou accentait cette esuece de duel. Line semblable manière de terminer les procès entraînait en effet autant de frais que les débats devant les gens de justice. Le coursier du champion victorieux pouvait succomber , Taide du chirurgien pouvait être nécessaire à ce vainqueur lui-même pour son corps, celle de l'armurier pour son équipage de combat.

Le gage de bataille pourvoyait à ces dépenses. On le déposait entre les mains du seigneur justicier.

Les demandes de champ clos devaient être accompagnées de l'onre du (jikjp de bataille. Enfin ces mots étaient souvent synonymes de combat judicfaire* M. Crapelèt a publié en 1830 (1 vol.

in-4'' et gr. in-fol.) les Cérémonies des gages de bataille , selon les constitutkmë de Philippe le Bel, etc.

Gagb-pleioB| assemblée annuelle des vassaux relevant d'un mêm»

dans le but d'élire un prévAt receveur

des rentes et redevances seÎ2;neuriales, et de recooaaitre les rentes par eux dues.

On appelait aussi de même, au temps

où les duels judiciaires étaient en vigueur, les gages ou otages que les deux champions donnaient à leur seigneur pour fa sûreté du payement de l'amende. On disait pleiger im tenant, se ûiire son gage pleige de duel.

Dans la coutume de Normandie , le mot gage-pkige désignait aussi l'obligation que 1*00 contractait, en promettant de payer pour im vassal non demeurant sur le tief les redevances auxquelles il était tenu. La caution devait elle-même demeurer sur le firf.

Gagnagb (Paul), né à Tricot en Picardie, s'engagea fort jeune dans les gardes franc.iises. Il était décoré de la croix de Saint-Louis, et Tua des quatre plus anciens sergents de son corps, quand la révolution éclata. Il salua avec enthousiasme l'aurore de la liberté , et fut un des premiers à voler aux firoiitières, lorsque la coalition des rois déclara la guerre à la France. Il commandait un bataillon à la bataille de Charleroy. T.i mort frappait à coups redoublés au uimeu de son corps, exposé à un feu terrible de mitraille et de mousqueterie, quand lui-même eut le bras droit brisé par plusieurs balles. Il ressaisit avec ardeur son épée de la main qui loi restait , et, sourd aux sollicitations de ses soldats, qui voulaient l'arracher à cette scène de carnage, il continua ù les conmiander et à les stimuler par son exemple, jusqu'à ce qu'un biscaîen, le frappant à la figure, le renversa sur le champ de bataille.

Gagne-patn. — On nommait ainsi, au moyen âge , de modestes industriels Élisant profession de nettoyer et raccommoder les vases d'étain, les hanaps.

Ils étaient exempts du service du guet. Cette dénomination venait sans doute de ce qu'on les payait avec un morceau de pain. On les appelait du reste aussi gagne ' mailles ou gagne - deniers. iA maille était une monnaie de peu de va* leur, comme le denier.

Gagni ou GA0N1ÎB (Jean de) , en la-

OAAtJtlf FRANCE. «AIBM»»C» Ut'

tin Gagnsem^ docteur en théologie de la maison de Navarre , né à Paris au eommencement du seizième siècle, fiit lecteur, prédicateur ordinaire, puis premier aumônier de François I*^, gui lui fit délivrer un diplôme par lequel il était ordonné que toutes les bibliothèques et les lieux de dépôt de livres ou de manuscrits lui fussent ouverts. C'est ainsi que, par les soins de Gagni , plus de r^iit ouvrages importants sortirent de la poussière où lisseraient demeurés ensevelis. Gagni était lié avec les hommes les plus doctes et les plus célèbres de son temps. Il devint chancelier de l'église de Péris en 1546 , et mourut à Paris en 1649.

0 .4GUIN (Robert), vingtième ministre général de l'ordre de la Rédemption des captifs, dit des Mathurins , naquit à Golliiie, diocèse d*Arras , dans la première partie du quinzième siècle. Entré de bonne heure dans l'ordre des Trinitaires , il fut envoyé par son supérieur dans la maison des Mathurins de Paris, |NMir y étudier la théologie , et s'y distingua tellement, qu*en 14G3 il fut choisi pour remplacer Guillaume Ficher, professeur de rhétorique; il fut élu génélel de son ordre en 1478. Louis XI et Charles YIII remployèrent dans plusieurs négociations importantes. Kn 1477, le premier l'envoya en Allemagne pour tâcher de mettre obstacle au mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien, fils de l'empereur Frédéric III ; cette mission n'eut aucun succès. Charles YllI le nomma son ambassadeur à Rome, et le chargea, en 1486, de soutenir en son nom, auprès des Florentins, tes intérêts de René de Lorraine contre Ferdinand, roi de Naples. Enfin, en 1491, il fbteneofe, parle même prince, chargé d*une mission en Angleterre.

Suivant quelques auteurs, il fut nommé garde de la bibliothèque du roi; mais ce titre lui est contesté par Gabriel Naude. Gaguinqoi, par son créditaoprèsdes personnages les plus influents de son epo-

2ue, avait été plusieurs fois en position e rendre d'importants services à Tuuiversité de Paris, et qui comptaitÉrasme au nombre de ses amis, moomt à Paria en 1501. Ses principaux ouvrages sont?:

Compendium supra Francorum gesta à Pnarammdo usque ad annum 1491,

T. VIII. 36* JM^aism, (Dict. bivcy

Paris, André Bocard, 1407, in-4*. Cette première édition ne contient que 3 livres ; une deuxième édition, corrigée et s'étendant jusqu'à Tannée 1499, nit publiée en 1500 , et depuis un grand nombre de réimpressions eurent lieu , soit avec des titres différents, soit atrec des suppléments de divers auteurs, qui conduisent le rédt jusqu'à la mort de Henri II.

Les jugements qu'on a portés sur cet essai d^histoire de France, publié cinq ans après les Annales de Nicole Gilles, ont beaucoup varié. Comme on doit s'y attendre , cet ouvrage , qui ne renferme aucune critique et qui offre tons les défauts inhérents à son époque, doit être consulté avec la plus grande méfiance; car on ne connaissait guère de sou temps les travaux fondés sur rérudition historique. Néanmoins cette histoire servit à la composition de plu* sieurs autres ouvrages, tels que la chro* îûquemarUniennçet les Grandeackro* niques de SoM-Denii, 1^ Chraitiquee et histoires faites et composées par R. P. e?i Dieu , Turpin , archevêque de Reims, Cun des pairs de France, con,' tenant les prouesses et faits d amies . advenus en mm temps, au rot Chark* magne et de son neveu RoUand, tra' duUes du latin en français, par R.

Gaquin, par ordre de Charles f 'IU^ Pans, 1537, in-4* gothique, souvent réimprimé; ^'^ Epistolœ et orationes \ Paris, in-16 gotliique. La dernière édition de 1502 contient en outre plusieurs dissertations théologiques et queicjues pièces de vers latins. On lui attribue encore une Chronique de l'ordre des Mathurins , manuscrite , et un poème français intitulé : La Rogne de bon repos ou te Poêse-iemps aoisweU*

Gaie science. — Cétait le nom que les troubadours donnaient à leur art, gaya cienca. « Ce n'étaient point d'ailleurs des études qu'il fallait faire chez eux pour devenir poètes ; la poésie était le produit d'un senlimcnt musical, d'une disposition harmonique, qui rangeaient sans efforts les paroles dans Tordre où elles flattaient l'oreille, et qui donnaient aux pensées , aux images , aux senti* ments, cet accord , cet ensemble mélodieux qui vient de Tâme, et auquel Tétude ne saurait suppléer. On est étonné

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