GANTIEBS ET GANTS L'UNIVERS. GANTIERS ET GANTS
cienne place d'inspecteur général des classes. Il mourut à Aubagne en 1818.
Ganteaume fut , de tous les officiers de Ja marine française, celui qui, de nos jours, réunit le plus de titres et dMionneurs. Il faut dire aussi qu'il comptait quarante-neuf années de services pour l'Etat ou pour le commerce, plus de vingt campagnes , dix commandements généraux ou particuliers, plusieursoombats et quatre blessures.
Gantelets. — Cette partie de i'ancif une armure avait exactement la forme des gants dits à la crispin; elle recouvrait de même l'avant-bras. Des lames de ter ou d'acier en écailles, ou des mailles de ce métal protégeaient les doigts et le dessus de la main ; une pièce recourbée en tuyau couvrait le poignet.
Les gantelets étaient quelquefois en peau de daim ou de veau doublée de cuir.
Gantibbs et GantSo — Les statuts de cette vieille corporation sont insérés sous le titre lxxxviii, dnns le Livre des métiers d'Étienne Boiieau. « Qui- « conques veut estre gantiers à Paris , y «est-il dit, de fère ganz de mouton, « de ver ou de gris ou de véel (venu), « il convient qu'il achate le mestier du « roy el du comte d'Eu, h qui le roy a « donné une partie de son mestier (*), « tant comme il li plera; et li veut cil « qui establiz i sont à chascune persone « qui le mestier veut acbater xxxix de- «niers, et moins quant il leur ptest; « mès plus ne puent il pas vendre des- « quex xxxix den. Li roy a xxij den. , et « le quens (comte) d'Eu li remeu;uit « (reste). » Viennent ensuite des articles stipulant que le gantier qui vient d*a> cheter le métier payera douze deniers pour du vin aux témoins du contrat; que les cuirs employés seront neufs, « sanz Dule viez estote, » sous peine de cinq sous d^amende au roi ; que les cuirs de cerf ou de veau seront corroyés d'alun; que les marchands étaleront le dimanclie à tour de rôle, « qui est de vj semaines en vj semaines; auquel tour iiij preudoumes du mestier doivent mes- Ire avant (étaler) en leurs ostieus (hôtels, maisons); » d'où on pourrait conclure que sous Louis IX il y avait à
(*) Le délégué du conte était le naître chef do la corporation.
Paris vingt-quatre maîtres gantiers t
etc. , etc.
Le Rôle de la taille de Pavts en 1392 (*) nous apprend que ce nombre était de 21 sous Philippe le Bel. Si Ton
en croyait le Dictionnaire de Jean de Garlande {voyez Ga.blande), on aurait mauvaise opinion de la probité de ces marchands. « Les gantiers, dit cet écrivain, trompent les écoliers de Paris en leur vendant des gants simples , des gants fourrés , en peaux d'agneau , de lapin, de renard, etaes mitaines (mitof) de cuir. On fait aussi, ajoute le commentateur de l'ouvrage , des mitaines en toile de lin. »
Les merciers , entre autres marchanflises, tenaient ces articles. Dans le Dit du mercier, rimé par un vieux poète, on lit :
J'ai beax ganz a dainoîxelètes,
J'ai f«M fmres, dvuililM et mnf l«» de.
» Au quatorzième siècle, dit M. Monteil dans son Histoire des Français des divers états , la paire de gants blancs communs coûtait 4 deniers ; la paire de
Î;ants de chien à sangle , à houppe et à raîse, 4 sous : celle de chevrotin cendré, 6 sous ; de gants de chamois, senestres pour porter Tépervier, 16 et 24 sous; les moulfles de chamois, brodées, fourrees de martre, pour porter le faucon , d livres , autant que 12 setiers de blé(**). «
Le gant a joué un assez grand rôle durant tout le moyen âge. Diaprés une coutume déjà établie dans les lois barbares, il était défendu aux juges royaux de siéger gantés ; un vassal , pour rendre hommage au seigneur, devait déposer ses gants avec son épée , son couteau, ses éperons, etc. Cet usage s'était perpétué jusqu'aux derniers temps de rancienne monarchie; on ne pouvait paraître devant le roi ou les pnneee et les princesses que les mains nues. La déférence allait même beaucoup plus loin. « Aujourd'hui encore, dit le Dictkmne^e de Furetière, il n'est pas permis d'entrer dans la grande ni dans
(*) Ouvrage qui fait partie de la collection de documents publiée par le minittre de rinstrucliua publique.
(•*) Monteii, quatorrième siècle, t. II , p. 75 et 76. Ces prix sont tirés d'un compte de dépenses de Cliarks YI, «uiée 1404.
eAHTIBIft GAHTS FiUIiGE.' GANTIERS BT GAHTS AOS.
la petite écurie du roi sans de déganter ; autrement, on est exposé aux insultes
et aux avanies des pages et des palefreniers. La même chose s'observe aussi dans les écuries des princes. Cependant, cette pratique s'abolit peu à peu. »
▲ la communion, pendant la coofes* sion, ou à la lecture du saint Évangile, les fidèles ôtaient aussi leurs gants. Les évéques ne les déposaient qu'aux offices des morts, et le jour du vendredi saint, (^ant aux autres prêtres , il leur était toujours défendu d'en faire usage pendant les cérémonies du culte. Leurs gants se distinguaient , d'ailleurs , de ceux des évêgues ; pour la matière même ils étaient sunpiement en cuir et les autres en soie. Le prêtre , lisant la messe, ne devait pas même se permet- Ire de ks déposer sur raatel.
Les eondles lurent obligés de prononcer, à diverses époques, des prohibitions contre des habitudes de luxe ou de recherche, ^ui, dans le clergé , semblaient alors violer toutes les idées de décence et de moralité. Les léfçendes offraient mêine des exemples terribles du diâti ment réservé au clerc efféminé qui enfreignait la règle prescrite pour les gants. On lit dans la vie de samte Valburgis , relatée par les Bollnndistes, qu'un clerc, qui arrivait de France, entra un jour dans une église eu se balançant et (gardant ses gants aux mains ; que lorsquM voulut les retirer ils restèrent attachés à sa peau, et qu'à grand'peine il obtint, au bout de 15 jours de prières, la cessation du miracle.
Dans certains monastères , Tabbé était tenu de fournir à ses religieux des gants d'hiver et d'été. IMnis dans beaucoup d'autres, à Fontevrault, par exemple , la règle stricte défendait absolumeot cet objet de luxe, surtout les gants raunis de doigts Cette dernière mode paraissait le comble du raffinement.
Le gentilhomme regardait comme un de ses privilèges exelusits de porter le gant sur lequel son faucon se perchait pendant la chasse, (tétait son gant qu'il jetait pour lancer undéli: le ramasser, c'était accepter le combat. On lit dans une monographie fort curieuse sur les gants (*) : *A relise Saint* Paul de
(*) Âbb. Jo, Bapt. Paciclielid Schediasma
Londres,comme le peuple crioit, le Jour de la fête du roi : Vive Jacques II , roi
d'Angleterre, de France et d'Irlande, l'ambassadeur de S. î^î. T. C. jeta son gant eu présence de témoins ; et tandis
2 u'un notaire dressoit prooès-verbal , il lama hautement que les droits de son souverain seroient saufs. »
Les gants servaient aussi à indiquer la transmission de la propriété, l'investiture. Ils étaient, comme la main elle» même, un gage de bonne foi. Ainsi, à la bataille de Poitiers , le roi Jean se rendant prisonnier à un chevalier anglais, lui remit le gant de sa main droite, pour qu'il le conduisit sain et sauf vers le prince de Galles.
Précisément a cause de cette vertu 6ymboli(}ue , il arriva que , parmi les ussjges féodaux , un des plus communs était une redevance de gants. Ce tribut léger consacrait chaque année la dépendance du vassal , conservait le droit du suzerain. Aux ventes faites dans une sei-
gneurie, on stipulait pour les officiers Il seigneur une espèce de gratification qui se payait quelquefois en nature. On trouve dans une vieille charte d'un évé-
3ue d'Amiens : « Chascune vente soit e maison ou de terre, il y a uns wans (une paire de gants). » Quand la gratification se payait en argent, elle ne s'en uonunait pas moins ganni , wanti , gantt ou cfdrothecœ* Les gants correspondaient à ce que nous appelons épingles,
Kn signe de satisfaction ou de remercîment , surtout pour une heureuse nouvelle , on offrait aussi une paire de
gants. Dans le roman de ia Rose, la vieille, parlant à l'amant :
Vien»-je, dil-el|p, à temps aux gants, Si je vous dis bonnes nouvelles Toutes froche.s, toutes nouvelles?
De là notre proverbe : Fous n^en aurez pas (es aanU. L*usage de ce don s'était conserve en Espagne , sous le nom de paraguante ; le mot avait passé dans notre langue , et Molière l'a employé dans le sens de gratification, prqfit, Ferlant des officiers de justice, il dit :
Dessus l'nviJt «spoir de quelque piiia^nuni^. Il n'est rien qa« leur art évideiDtnent ne tente; Et du plus tnnoeent toujoan k l«ar profit La bourse est criminelle et paye son délit.
de larvis, capeliamcntis et cftîrothecis, Neapoli , anno 1693, un vol. iu-xa, p. 277.
T. Yiu. 3S* Livraison. (Dict. engycl., btg.)
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Les gants d'EsDagne et d'Italif fouirent longtemps d'une réputation bien
supérieure a celle des gants français.
Catherine de Médicis mit surtout a la mode les gants parfumés , habilement fabriqués par les gantiers de son pays. Souvent même ces Italiens, mettant an service des grands seigneurs leurs talents de toute sorte, savaient faire d'une paire de gants un instrument de mort.
Ils l'imprégnaient d'un poison subtil.
Ce genre e^assassinat était assez commun au seizième siècle.
On distinguait un grand nombre d'espèces différentes de gants parfumés : les gtmU de Franaipane, deNeroU, ete.
Les i;;intiers et Tes parfumeurs ne formaient qu'une seule et même corporation, aux termes des lettres patentes de 1656. L'apprentissage étaitae4ans; le brevet coûtait 60 livres, et la mat* trise 400.
Ga.p, chef-lieu du département des Hautes-Alpes (ci-devant pays du haut Dauphiné), eapitaledu Gapençois, bail* liage, maréchaussée, dieMîeu d'éleo* tion, etc.
Gap remonte à une haute antiquité.
Ville œltlque , elle portait le nom de
rap, et était la capitale des TricorU; les Romains la nommèrent P^apincum.
Sous Honorius, elle se trouva comprise dans la seconde Narbonnaise. Dans le sixième siècle, lorsque les Lombards franchirent les alpes Juliennes , elle fut pillée et oresque détruite. Plus tard, elle souffrit encore des ravages de ces bordes barbares, et commençait à peine à s'en rétablir, quand elle fut victime des désastres amenés par les invasions des Sarrasins, surtout au huitième siècle. Après avoir suivi le sort du Dauphiné (voyez ce mot), elle devint, lors du démembrement du royaume de Bourgogne, au onzième siècle, la propriété oes comtes de Forcalquier. (Voyez ce mot.) Un de ces comtes , Guillaume, prince déi^ofîeux, céda la seigneurie de Gap et le Gapençois à Guillaume , son évêque (1 184). Déjà, en 1058, Grégoire, un des prédécesseurs du prelut , avait obtenu de l'empereur Frédéric le titre îransmissible de prince, et divers autres privilèges. Les habitants ayant fait prisonnier l'évèque Otton, celui-ci, pour les réduire, U<Ar toi» m atcond matt
tre plus puissant que lui ; ce fut Charles d*Anjou , roi oe Sicile et comte de Provence. Celui-ci fut donc associé à la seigneurie du Gapençois, avec la clause que ses successeurs jouiraient du même privilège. Cette division de droits lit naître dans le Gapençois de nombreuses querelles et des luttes sérieuses, soit que le prélat voulût être seul maître, soit que les habitants penchassent pour l'un des deux pouvoirs, ou s'efforçassent de se soustraire à cette double tyrannie. Vers le milieu du quinzième siècle , il arriva que Guillaume de Céreste , évêque et seigneur de Gap , refusa le passaee au dauphin. Cette hardiesse lui coûta cher. Le dauphin le chassa de son domaine, qu'il confisqua à son profit.
Charles VU ayant égard aux droits du roi René, comte de Provence, lui re»< dit bientôt le Gapençois. Louis XI, institué ensuite héritier universel par Charles d'Aniou, successeur de René, acquit ainsi la souveraineté de Gap et de son territoire. En 1538, enfin, Fnui* eois r*" obligea les évêques de cette vili6 a se contenter du titre de comtes.
Les guerres de religion commencèrent pour la ville 4e Gap une nouvelle série de calamités. Elle avait embrassé le parti de la ligue et chassé les huguenots de ses murs ; pour la punir, Lesdiguières, quand il en fut redevenu maître, tit massacrer une partie de la population.
Plus tard, il y fixa sa résidence, et, nfia de maintenir la population, il rétablit la forteresse que les Sarrasins avaient bâr tie sur la nauteur de Puymaure. Eh 1630, la peste y causa des ravages affreux; en 1644, un violent tremblement de terre y renversa un grand nombre d'éditices (au treizième siècle elle avait déjà eu beaucoup à souffrir d'un pareil malheur); et ces fléaux , joints à la révocation de Tédit de Nantes , avaient réduit ses habitants de plus des deux tiers , lorsqu'on 1093 , Yictor-Amédée, doc de Savoie , s'empara de la ville , U saccHf^ea, et Ja réduisit en cendres. Une maladie contagieuse la désola encore en
Gap , qui dans ses temps de prospé»
rité compta 16,0M babitants, ne possède plus guère aujourd'hui que la moitié de cette population. Son édiflce le plus remarquable e^t la cathédrale, beau
monument gothique, dont une des chapelles renferme un superbe mausolée en marbre, du duc de Lesdiguières. Ce
chef-d'œuvre de Jacob Richer a été transporté là en 1798 , du château de Lesdiguières , où il se trouvait depuis
Gap (monnaies de). —Les évéçpies de
Gap avaient le droit de battre monnaie. Les plus anciennes monnaies de cette ville sont imitées des deniers de Vienne. D'un o(Hé, elles présentent pour type une téte de profil tournée à gauche, de l'autre , une croix cantonnée de quatre besants.
La légende est : sm ou sn episcopys — TAFBivcBifsis. Les lettres sm n'ont point encore été expliquées d'une manière satisfaisante , à moins qu'on n'y voie une copie servi le des lettres semblables qui, dans la légende de la monnaie de Vienne, signifient : SaneHii HoÊNTicius. Ces in.tiales disparurent ensuite, et l'on ne trouva plus que : espiqopvs— VAPiTENSis , avcc le même type. Enfin on connaît une troisième espèce de deniers de Gap marqués d'une fleur à six pétales, et sur laquelle on lit : vAPiENSis BEATE M ARIE. Le même type se rencontre aussi sur les pièces in Put et dTOrange. M. de Longpérier, qui , le premier , les a Idt connaître , conjecture avec beaucoup de raison que cette marque, qui paraît commune à cette partie de la France, a pour origine le monogramme du Christ.
S'il n'est pas possible de préciser l'époque où a commencé le monnayage épiscopal de Gap, il est facile au moins m le conjecturer. Les prélats du midi de la France nWinrent tous ce droit que par la concession de Frédéric Barberousse et des autres empereurs. Ce fut en 1184 que l'évéque Guillaume prit le titre de seigneur et comte de Gap; or, les pièces dont nous parlons paraissent contemporaines de ce prélat et postérieures à son épiscopat.
Gapiuçois. Ce pays , portant titre de comté, et dont Gap était le chef-lieu, avait pour bornes au nord le Grésivaudan, au sud et au sud-est la Provence, à l'est l'Embrunois, et à Test le Diois et le pays des Baronnfes. Il afait 44 kil. de longueur sur 28 de largeur^ ou environ 20 mvriamètres carrés.
Gaaassb (François) , jésuite, né eu
1.585, que son zèle furibond a rendu honteusement célèbre. Il poursuivit priDcipaiement de ses écrits satiriques, l'avocat général Louis ServienetÉtu^ne Pasquier, coupables de ne pas aimer les disciples de Loyola , puis le poète Théophile, qu'il accusait d'athéisme. Quand il prêchait la morale, c'était en s^le de la foire , avec force pointes et turlupinades. Clarnsse mourut à Poitiers, victime de son dévouement pour les malades pendant une épidémie, ee (|ui prouve qu'il montrait dIus de chanté dans sa conduite que aans ses ouvrih ges et dans ses prédications.
Gabat (Dominique), l'aîné, naquit à Ustaritz en 1735. Il exerçait la profession d'avocat à Bordeaux, lorsque le bailliage de Labour le nomma en 1789 député aux états généraux. Il fut l'un des oommissaires du tiers état chargés de négocier la réunion des ordres, et se montra constamment partisan de l'opinion constitutionnelle. La manière franche et hardie avec laquelle il s'exprima sur la question de la suppres* sion des ordres monastiques, provoqua contre lui une violente explosion de murmures au côté droit, et donna lieu à la proposition de Tévéiiue de Nancy, M. de Lafore, tendante à faire déclarer fa religion catholique religion de l'État. On sait que l'Assemblée passa à Tordre du jour sur cette proposition. Garât ne se sépara , du reste , que fort rarement de la majorité constitutionnelle ; les affections et les préjugés de son enfance le portèrent seulement à demander que le roi conservât le titre de roi dé ivavoirê avec celui de roi des Français, et il s'opposa ensuite à la division de la France en départements , parce que Tamour de son pays natal s'était trouvé blessé de ce qu'on n'avait fait qu'un département, au lieu de trois, du Béarn, île la Navarre et du pays des Basques. Il fut un des secrétaires de l'Assemblée constituante. II se retira , après la session de cette assemblée, dans son pays natal , où il mourut en 1799, qudquea jours après le 18 brumaire.
G AU Aï (Dominique-Joseph), plus justement célèbre pour ses écrits que pour le rôle qu'il joua dans le cours de la révolution, naquit à Bayonne le 8 septembre 1749. Peu d'individus ont été
as.
M {fiABlT L'UKIVERS. «ABAT.
plus diTersement appréciés : les mis en qaî avaient besoin de jnstyication. Da»-
font presque un héros, les autres le ra- ton en fit son successeur au ministère baissent au niveau de la médiocrité, de la justice, pour faire oublier que lui- C'est qu'il y avait pour ainsi dire deux même n'avait été qu'un ministre de répersonnages en lui : Garât le philosophe volution. Napoléon en fit un sénateur, et ûarat rhomme politique. Or , autant pour aider sa philosophie à voir le boa on trouve d'imngination et d'originalité coté de la constitution de l'an ym et à dans le philosophe et dans l'écrivain, en prononcer l'éloge. Moins généreux, quelquefois profond quoiqu'un peu pa- les Bourbons, avec la promesse illusoire radoxal, souvent brillant quoiqu'un pea de la pairie • en firent Tapologiste de diffus et sans méthode, mais toujours Moreau, de Tempereur Alexandre et de à la recherche de la vérité, toujours Wellington.
ami des hommes, toujours porté au Sans cette dernière tache, on pourbien , autant on voit de passivité , de rait encore avoir de l'indulgence pour faiblesse, et, s*il faut tout dire, de nul- Garât » surtout en songeant i ce quMI y lité dans l'homme politique. Ne man- avait de généreux dans ses doctrines quant jamais d'accepter , mieux que philosophiques ; sans cette dernière tacela , de justifier les faits accomplis , che , on pourrait mettre sur le compte t6ur à tour royaliste constitutionnel en de la hoMonde que lui ont connue tous 1789, républicain à la Convention, d'à- ses amis les nombreuses fautes de sa bord girondin , puis montagnard , puis carrière politique. Mais quand la philogirondin de nouveau, quand la majo- sophie va jusqu'à faire l'éloge d'un traîrité a quitté les montagnards, il est tre; quand la bonhomie va Jusqu'à cé-
ëirtisan du consulat, lorsque le général lébrer les ennemis , les oppresseurs du
onaparte s'est fait consul , partisan pays dont on est le représentant, alors
de l'empire, lorsque le premier consul le philosophe et le bonhomme s'effacent
s'est fait empereur ; mais il revient aux pour ne plus laisser voir que le citoyen
Bourbons vers 1814, et célèbre alors la coupable , que l'homme sans grandeur
mémoire de Moreau , les vertus d'A- d'flme et sans dignité morale. Vînt-il
lexandre, les vertus de Wellington, dire, comme Garât dans sa défense,
après avoir chanté les victoires des qu'il est citoyen du inonde y la France
phalanges républicaines et la défaite des et tous les autres peuples lui répondront
TOis pendant la révolution. d'un commun accord que, pour être
Dans le dessein de ne déplaire à per- citoyen du monde de cette manière-là ,
sonne, il mécontente tout le monde, il faut se résigner à perdre l'estime de
lïapoléon ne voulait voir en lui qu'un ses concitoyens sans gagner celle des
idéologue: madame Roland étoit allés autres hommes. En effet , presque ton*
flus loin dans ses Mémoires : oubliant, jours derrière l'intérêt général qui porte regret sans doute , la retenue de son certains cosmopolites à caresser les gousexe , et sacrifiant la chasteté du style à vernemcnts étrangers , se glisse une l'esprit de vengeance, elle l'appelle un bonne part d'intérêt personnel : on euntique politique. On n'en finirait pas, n'est pas Ûché de devenir pair de France si on voulait relever toutes les épithè- ou ministre, tout en restant simple ei* tes moqueuses que lui valut sa versa- toyen du monde, tilité. Il en est une cependant qui ne C'est à regret qu'on se voit contraint doit pas être passée sous silence : on de ûiire l'application de ces dures vériaimait à le surnommer le Jacobin mal- té» htm homme aussi fadie à influencé lui. En substituant tour à tour les cer, et aussi respectable sous tant d'aumots royaliste , républicain, bonapar- très rapports. Malheureusement, le tiste , au mot jacobin , cette formule silence en pareil cas serait presque une caractérise parfaitement Garât, gui, du mauvaise action ; car personne , pas moins en politique, ne fut jamais quel* même un philosophe cosmopolite, n^a que cliose que maUré lui. le droit de pousser la faiblesse au point Son talent de philosophe et d'écrivain, de manquer aux devoirs les plus sacrés réuni à une grande faïUesse de carac- envers sa patrie et envers sa oonstère, appelait let regards de tous ceux cîeoce. Youle2*Toni multiplier ces sof-
tas.i'èMBipleti dé^ beanooap trop nonn breux, montrez-vous indulgents envers celui-ci pour sa faiblesse, envers celui-là pour sa boobomie, envers un troisième pour. 868 tendarnses httmanUatns, envers un dernier poor'son talent. Il y » peu d'ambitieux assez maladroits pour ne pas trouver moyen de mettre leur égoïsme à couvert sous une de ces exeises. Est-il besoin de citer des preuves à Tappui de cette remarque ? Tout le monde a pu s'en convaincre, ce que faisait Garât surtout par faiblesse» beau- «CNip d'aotres Pont nlt surtout par ambition.
Après ces réflexions préliminaires, il sera plus facile d'apprécier Garât sans entrer dans trop de détails sur ses écrits oa sur ses actes.
C'est à tort que, dans presque toutes les biographies , on le fait naître à Ustaritz, petite ville du pays des Basques, OÙ son père exerçait la médecine, et ou naquirent son frère atné et son neveu , le célèbre chanteur. Comme nous l'avons déjà dit, il naquit à Bayonne, où sa mère se trouvait momentanément.
Four le distinguer de son frère, on rappelait souvent Garât le jeune.
Après avoir fait ses premières études sous la direction de Tabbé Duronéa, ooré de Saint-Pé et parent de son père, il alla au séminaire de Larressore , où il vécut plutôt en amateur qu'en élève, ne pouvant se résoudre à suivre des cours réguliers , et dirigeant luimême ses éâides d'après le plan de Rollin, l'un de ses auteurs favoris avec Virgile, Locke, Montesquieu et Montaigne. Ensuite il alla faire son droit à Bordeaux , où il retrouva son frère , et se fit recevoir avocat. Cependant, bientôt entraîné par une vocation irrésistible, il abandonna la carrière du barreau, où la faiblesse de sa voix ne lui permettait d'ailleurs que peu de sueees , pour embrasser la carrière des lettres. Il vint à Paris, où il essaya vainement de faire représenter une tragédie, son début littéraire, où, dîsait-il naïvement luî-Biéroe, il y avait plus de philosophie que de poésie. Mais il ne tarda pas à fixer l'attention. Panckouke père lui demanda quelques articles pour le Mercure de France et VEncuekpédie méthodique.
Gp fut alors, qu'il fit la connaissance do
Sàaird , quMè mir en rapport avec iM
hommes les plus célèbres de l'époque.
Il vit J. .T. Rousseao, d'Aletnbert, Condillac, Helvétius, Diderot, Buffon; il causa avec eux , comme il dit dans sa Biographie de Suard; mais, à Isod grand regret , il arriva trop tard pour causer avec Voltaire. Le contact de pareils hommes eut une grande infiuence sur son esprit, et dès lors, sui?ant une heureuse expression de M. Tissot, il se ploni^'ea tout entier dans la philosophie du dix-huitième siècle.
Bientôt parurent de lui les éloges de VHospital, de Suger, de Montausier et de Fontenelle, durement jugés par la Harpe, mais plus favorablement appréciés par le public, qui lui pardonnait le définit de méthode et «ne tendance trop prononcée pour la métaphysique , en faveur de fortes pensées et de grandi mouvements oratoires.
U ne tarda pas à se faire un nom parmi les publicistes, par ses articles de politique dans le Journal de Paris. Aussi en 1789 il fut nommé député aux états généraux par le tiers état de Bordeaux. Il 8*7 montra partisan de la révolution, sans s'attacher d'une manière précise à aucune des nuances du parti constitutionnel. Durant la session de l'Assemblée constituante , il monta rarement à la tribune , et se contenta de faire l'analyse des séances dans le Jourmil de Paris, dont il remit ensuite la direction à Condorcet.
A la Convention, il Joua an r61e plus important. Ce fut lui qui, le 12 octobre, remplaça Danton au ministère de la justice. Le 32 , il prononça, sur le massacre des prisons, un discours qui commença à le brouiller avec les girondins, dont il avait été, sinon le collègue, du moins le partisan et l'ami pendant l'Assemblée législative , et qui lui donnèrent le surnom de Garat-septembre, Il .
répondit à ces accusations en publiant son discours , précédé d'un avertissement dans lequel il expliquait sa peu-
Voici la phrase qui Tavait fait accuser d'avoir cherché à justifier les meurtriers: « Citoyens léj^islateurs, il n'arrivera ja- : « mais à celui que vous n*avez pas jugé ( « indigne du ministère de la justice, de • « dire que eeui-là ne sont pas innocents
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mâÊua
f l|ai B^ont pas enoore été oondamaés
n au nom des lois ; mais pour la gloire a de la nation française et de la répuf blique qu'elle vient d'instituer, mais f poar rhonQiiir do l'humanité, je dois « observer, recudlliret marquer toutw « les circonstances qui rejettent ces « événements sur l'insurrection , et par « conséquent i>ur les ennemis de la li' « berté qui Font mdoe néeessaire. Leê « glaives ne se promenaient pas entié- « rement au hasard, et les victimes A les plus connues aUestetU qu'on cher- « ehaU ceux qui oBOàmtwmu frapper « eux-mêmes d*\m coup mortel la lU « berté et les lois d'une grande nation. « Ce trait , et c'est celui qui domine , « est celui qui imprime leur vrai ca- « raïUère à eeijouméeê de sang , qtd c ont été des prolongations des corn- « bats de la Uberté avec le ife^Hi* « tisme. »
Lon du procès de Louis XVI, Garât fat désigné pour aller notifier le jugement de la Convention au roi. On lui confia aussi la pénible mission d'annoncer à ce prince qu'il fallait se préparer à rnoorir. Ad mois de mars suivant, Garât passa du ministère de la justice à celui de l'intérieur. Quatre jours avant le 31 mai , il fit à la Convention , sur la situation de Paris, un rapport qui sou- «leva toutes les colères des girondins, narce qu'il n'était pas favorable à leur fameuse commission des douze. « Ce « sont quelques décrets , dit-il , qui sont « la cause des dissensions qui existent « entre la Commune et une partie de la « Convention, et cela sans mauvaise in- « tention de la part de la Commune.
« La Convention a investi , pour ainsi « dire, les eorps administratifs de la « puissance souveraine, en consacrant « les dispositions contenues dans l'ar- « rété du département de THérault* c CTest lorsqu'on a appris que la Com- < nrane levait des contiibiraons, qu'elle « faisait des réquisitions , qu*on a dît : « Elle veut marcher l'égale de la Con- « vention... Mais vous voyez, citoyens, « qifelte n*a fiitt qB*exéeiitor vos dé- « crets. ' Examinant ensuite les motifs de l'arrestation d'Hébert , ordonnée par la commission des douze, il ajouta: « Gomme fonctionnaire publie , j'ai • pris des rtnaeignemsiiis sur Hébert;
« deux ytfionaes fMNir leaqaelles j'ai \ê • plus grande estime , le maire de Pa« « ris, Pache, et Destourmelle, mon ami « de quinze ans , m'ont attesté tous « deax que , dans les aatemblées de la « Goonaune , il n*a jamais fait que les <c propositions que peut faire un bon « citoyen. Quant aux feuilles du Père « Duchesne, qui font son crime , je ne « les connais |»as ; mais j'ai horrear 4$ « tous les écrits qui ne prêchent pas la « raison et la morale dans le langage « qui leur convient. Je crois pouvoir « dire qu'après cinq ans de révolutloB « où Ton a vu tant d'écrits , en tant da
sens divers , et sur lesquels on a « passé si légèrement, je m'étonne qu'on « se soit avisé aujourd'bui d'avoir tant « de délicatesse. » A ces mots , les dé* putés de la Gironde interrompirent IV rateur par des murmures et par les interpellations les moins flatteuses ; mais U soutint l*orage avec assea de caInMi, et enleva même de nombreux applaudissements par cette réponse : « Il faut « que mes paroles aient été mal com- « prises, puisqu'elles ont causé un si « grand mouvement. A*t-OB cni qtté « j étais Tapologiste de ceux qui inspi* « rent au peuple la soif du sang? J'ai « aussi écrit dans des temps d'orale, et « je n*ai pas dit un seul mot que je ne «foulusse répéter sur le bord de la « tombe ; je n'ai pas écrit une seule li- « gne qui contienne une provocation « criminelle. Cette morale est sortie de « ma plume , parce qu'elle était dans « mon cœur. »
Les événements du 8( mai et du a juin vinrent bientôt prouver combien Garât avait peu le coup d'œil politique , et combien il s'était trompé dans son ap> prédation de la situation des choses et des sentiments réciproques des partis ; car, tout enlblâmant la conduite des gifondins, il était loin de conspirer contM eux et d'avoir voulu leur inspirer raie sécurité trompeuse. Mais il avait la vue courte, et i) se laissait mener par Danton qui , forcé d'abandonner le ministère, avait voula ao moins y laisser mie doublure. D'ailleurs, il faut rendre cette justice à Garât, qu'après la proscription des vingtpdeux , il ût tous ses ef* forts pour les sauver, efforts malbeu' MOI eemme il hii aif ivait toujours , ec
éàià lA nàtfvàte raocès ne Pempéeha
pas de garder son portefeuille jusqu*au milieu du mois d'août. Il n'eut pas de
Seine à se justifier d'une accusation de tlapidatioD qui le mifit dans sa mtraite ; mais , cette fois encore , il ne prouva son innocence qu'aux dépens de sa capacité. Peu de temps après il courut quelques dangers sérieux ; toutelois il n'est pas vrai qu'il ait été emprisonné jusqu'au 9 thermidor, ainsi que l'ont avancé quelques biographies. Provisoirement mcarcéré , il fut relâché peu de jours après son arrestation.
A l'époque de la réaction thermidorienne , il rentra en crédit et fut nommé membre du comité d'instruction publique. Vers ce temps (1795), il prononça un discours fort étudié poor réhabiliter la mémoire de Danton : on sait que les reacteurs en chef étaient presque tous d'anciens dantonistes, assez niTorablenient disposés pour la fiimille d'Orléans.
Remplacé bientôt par Ginguené , il fut nommé professeur d'idéologie à l'école normale , et y flt l'analyse de l'entendement humain d'après le système de Condilinc et de Bonnet. En 1798, il accepta l'ambassade de Naples , d'où il se hâta de revenir après s'être montré asses mauvais diplomate.
Sous le Directoire , il fut nommé an Conseil des Anciens, où il remplit successivement les fonctions de secrétaire et de président (19 août 1798 et 21 janvier 1799). L'assassinat des plénipotentiaires français à Rastadt le raniena à la tribune; il dévoua les auteurs rie cet attentat a la vengeance de tous les peuples , et se chargea de prononcer Poralson funèbre des victimes. Aux approches du 30 prairial , il vota pour la loi des otages , et ne craignit [)as de se constituer l'avocat de Sieyes, que le Journal des hommes libres signalait au mépris des patriotes.
Dès que le général Bonaparte fut devenu premier consul , Garât, qui peu de jours auparavant lui avait conseillé de ne pas violer la représentation natie* nale , donna une nouvelle preiive de son optiinisnie en prononçant à la tribune du Conseil des Anciens un éloge de la constitQtion de Tan thi. H s*en était d*abocd défendu, puis il avait cédé
en diaéiit : « Dans nn gotvértiertWM.
« représentntif , les niembres qui le « composent doivent ^tre les modèles « et les exemples de l'obéissance à la « majorité prononcée , et cette obéis- « sanee doit être sans restriction. »
Heureuse obéissance qui fait des sénateurs comme la philosophie cosmopolite fait des pairs et des ministres !
Le l«' vendémiaire an tx, il prononça, sur la place des Victoires, au pied du monument élevé en l'honneur de Kléber et de Desaix, l'éloge funèbre de ces deux généraux. Dans une invocation à leurs mânes , il n'oublia pas le premier consul : « Celui qui fut si souvent dans « les batailles ou votre modèle ou votre « chef, dit-il , et qui aujourd'hui, à la « téte de la république, acquitte sa VS- « connaissance envers vous , vous l'ai- « derez, vous le servirez encore du fond « de ces tombeaux qu'il vous érige ; « vous lui rendrec pins ftelle l'exécution « de ses grands desseins pour rempHr t ce qtie la France et le genre himato « attendent de lui. »
Lorsque l'empire eut remplacé le con ittlat à vie , l'admiration de Garât pour Napoléon grandit de toute la différence qui sépare un consul d'un empereur.
Le l**" janvier 1806 , à l'occasion de la réception de cinquante drapeaux donnés an sénat par rempereor , il sembla manquer d'expressions pour faire partager son admiration sans bornes , et il se joignit au maréchal Pérignon pour demander Téreetion d*an are de tnoniphe en l'honneur du grand homme. Au mois de février 1809, Garât, en qualité de président de l'Institut , félicita Napoléon sur son retour d'Espagne; ce gui montre qu'il ne songeait guère alors à faire de l'opposition : « Telle est votre « destinée . dit-il , que votre puissance, « née de votre grandeur personnelle, « fondée dans son origine sur des tro- « phées^ s'entoure, s'agrandit sans cesse « de trophées nouveaux... » Il est juste d'ajouter cependant que, sous forme d'éloge, il risqua quelques mots qui rea- . semblaient non pas à une critique des procédés peu honorables de l'empereur envers les E«j}nfi;nols et de son ambition effrénée , mais a une espèce de remontrance respectueuse ea ftivenr de la tf* herté de la preiie. L'abolitloii 4e Fia-
«ARAT
L'UNIVERS
qiNsition en Espagne lui fournit les ^If^ments de ce biâme indirect mêlé de ilatteries très-peu déguisées, et, en conséquence , fort peu compromettant : « Depuis plus de deux mille « ans, njoutait-il , l'histoire répèle avec « ainour Je nom de ce Gélon, qni, vain- « queur des Carthaginois , leur imposa, «pour condition de paix, rabolition •< des sacrifices humains. Abolir l'inqui- « sition a été un plus grand bienfait « encore ; car les statues embrasées de « Carthage ne dévoraient que quelques « victimes innocentes , et les bûchers « de l'inquisition étouffaient encore la « pensée et la raison. »
Toutefois, après les désastres des campagnes de 1813; 1813 et 1814, .le comte de Vcmpire Carat fut des premiers sénateurs qui votèrent la déchéance du béros vaincu , que luimime, pendant le temps de sa prospérité et de ses excès , avait appelé le
• législatéur du monde social. C'était se montrer cruellement positif pour un philosophe et surtout pour un idéologue. Il ne se borna point à cela; il pré< tendit qu'il avait été, dans le sénat, l'un des opposants à l'avènement du monarque qu'il avait si coniplaisamment encense; et, comme le scrotin avait été .secret, il devint impossible de le démentir. Enfin, il n'eut pas honte d'écrire une apologie de .Morcou , qui lui fournit l'occasion d'encenser Alexandre et Wellington lui-même, en d'autres tsrmes, la Russie et l'Angleterre victorieuses : n Interrop:ez le Réarn et les « Basanes, dit-il, ils maudiront la guerre « qni les a pour longtemps dévastés el € ravagés ; mais Ibotdïm^fwtne À
« peler ennemi, même étranger , ce a f^FelUn(j(on , qui, fandis qu'Jfexan- « dre s^avancail du Aordj suppUijuaU^ « avec la même générosité, a consoler « les campagnes et les populaUons dé- « solées , et versait le sang anglais « pour mettre en sûreté le sang Jraiir « eais hors des batailles, » Il ajoutait pour sa propre justification, car, nialgré toute sa bonhomie, il sentait le besoin de s'excuser : « iMe demaiulerez-vous ,
* lorsque je parie avec tant d'estime des « ennemis de la France, d'où je suis?
« Je vous répondrai comme un des ci- « toyens d'Athènes , qui aima le plus sa
« patrie et qui ne la quitta jamais : Du « monde, v Mais ni cette comparaison, d'ailleurs peu modeste, ni sa vieille amitié pour Horeau, du reste assez peu apparente tant que Napoléon avait été puissant, ne durent donner le change aux honnêtes gens, qui continuèrent à regarder Moreau comme un traître, justement supplicié par un boulet fran»
rais; l'Angleterre et la Russie comme (les ennemies implacables, cachant leur haine et leur jalousie sous le masque de l'amitié ; Garât , comme un pauvre homme , mais ayant commis une action basse dont on l'avait cru incapable.
Contre l'ordinaire , cette faiblesse ne fut pas profitable à son auteur : quoique ayant fait partie de la commission sénatoriale, chargée de présenter l'acte constitutionnel, Carat ne put s'ouvrir Tenti'ée de la chambre des pairs.
Ainsi rendu à la vie privée par les événements de la première restauration, il ne reparut plus qu'un instant sur la scène politique pendant les cent jours.
JNapoleon , qut s'était lassé de tant de versatilité, avait refusé de lui accorder la pairie, malgré sa qualité d'ancien sénateur éliminé par les Bourbons. Mais un collège électoral l'avait appelé à siéger à la chambre des représentants. H n'y prit la parole qu'après les désastres de Waterloo, pour reproduire ses vieilles conceptions métaphysiques, au moment où il s'agissait plus ^ue jamais de faire de la politique positive : tout porte à croire qu'alors il désirait l'avénement de la brandie cadette , et qu'il était orléaniste en 1815 , comme il l'avait été momentanément, déjà plusieurs fois, entre autres à Tépoque du procès de Louis XVI et à l'époque de la réaction therujidorienne. Au second retour du roi, il fut expulse de l lnstitut par le ministre Yaubianc ; il n'y rentra qu'après la révolution de juillet.
Depuis 18ir> il publia, en 1821, des Mémoires sur la vie de Suard et sur le dix-AuUUmê sUek, ouvrage un peu diffus et sans méthode, comme toujours , mais rempli de détails fort curieux, d'anecdotes [)iquantes, et d'idées aussi neuves que hardies. La manière favorable dont il y apprécie Robespierre mérite d'autant plus d'être re»
marquée qu'en 1786 il n'avait trouvé
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fiAaAT FEANCE.
pour loi ifQe des paroi» ontfmttites.
Après le 9 thermidor , lors^iue c^était la mode de mépriser les vaincus. Garât avait dit en parlant de Maximilien :
« L'âoquenee de ce monstre était un rabâchage éternel, un bavardage iosignifiant. « Dans ses Mémoires j il porte un lout autre jugement du caractère et du talent de Maximilien, qui lui paraît un des hommes les pias remarquables de la révolution. Cette coDtradiction n'honore pas plus Garât que ses autres changements d'opinion ; mais elle n*en est pas moins honorable pour Robespierre , car il n'est pas difficile de voir que le dernier sentiment de Gnrat est le seul véritable. En 1795, c'était Thomme politique qui parlait, en 1821 c'était le philosophe. Après le 9 thermidor, la parole de Garât n*était pas libre; pour le laisser rentrer en p;râce, les reacteurs exigeaient de lui une rétractation de la lettre quMl avait écrite le 80 octobre 1793 , et qui renfermait le passade suivant : « Votre discours « sur le jugement de Louis Capet, et « ce rapport (sur les puissances étran-
• gères) sont tes plus beaox morceaux « qui aient paru dans la révolution ; ils « passeront dans les écoles de la répu-
* blique , comme des modèles classi- « ques... » Les injures de Garât lui avaient été arrachées par la peur autant que par l'ambition , car s'il ne les eiU pas prononcées, les thermidoriens ne l'auraient pas admis dans leurs rangs , très-probablement même Ils l'auraient traité avec cette cruauté qui faisait le fond de leur indulgence. On pourra répondre que la lettre du 20 octobre n'offre |Mi8 plus de garantie d'indépendance. Nous le reconnaissons, si Ton veut, tout en faisant observer que Garât aurait pu trouver un genre de flatterie moiu^i compromettant pour son bon goât, sUI n'avait voulu que flatter. Mais, en 1821 , aura-t-on la ressource dédire que Garât avait encore peur de Robespierre ? Alors il n'avait pas plus peur de lui que des thermidoriens ; alors il n'avait plus peur de rien , si ce n'est de passer, aux yeux des contemporains, et, ce qui est plus important encore, aux yeux de la postérité , pour un juge sans goût ou sans conscience, car, néoieen ne tenant pas compte de l'a-
BMwr-propre d*auftsar , il taitft Mes que
son livre resterait , protégé par l'immortalité de ces grands hommes du dixhuitième siècle auxquels il est consacré. Pauvre homme! nous en convenons, puisou'il faut tant de temps et tant de paroles pour distinguer quand il dit vrai ou quand il dit faux; mais le pas* sage en question n'en a que plus d im« portance peut*étre pour ceux que n'aveugle pas la passion on que ne domine pas la mauvaise foi.
Voici maintenant ce passage qui range Garât parmi les thermidoriens qui ont eu le mérite, quoiqu'un peu tardif, de rendre justice à Robespierre et de renoncer à l'idée préconçue d'enfermer dans sa tombe le souvenir de toutes les iitrpitudes de la févobMon, < Dana ce « nombre si grand d'orateurs toujours « prêts et toujours environnés de guer- « res avec l'Europe, de tribunaux révo- « lutionnaires et d'échafauds qui ruis* « sellent de sang , un smU chercha eu- « rieusement et laborieusement les for- « mes et les expressions élégantes du R style : il écrivit le plus souvent ayant « près de lui, à demi ouvert, le roman « où respirent en langage enchanteur les « passions les plus tendres du cœur , et « les tableaux les plus doux de la nature, • ia Nouvelle HéloUe, et c'est l'orateur «que $e» eoUègws fX la France ont « le plus constamment accusé d'avoir 0 dressé le [)lus d'échafauds et fait cou- « 1er le plus de sang : c'est Robespierre.
« Tandis que des prêtres portent à la « tribune des professions de foi d'a-
tbéisme , et que d'autres prêtres y «confessent, au péril de leur téte, le m. Dieu et la foi des Évangiles, ce même « Robespierre iait ériger un autel et « consacrer une fête au Dieu que la na- « ture révèle, et non les honunes, à « l'Éternel ; et le discours qu'il prononce, <t comme grand pontife dfe cette féte et «« de cet autel , paraît si beau , si reli- « gieux, si pathétique, à l'un des dispen- « sateurs les plus illustres des courou- «I nés dues aui premiers talents , à la « Harpe, qu'il lui adresse avec emprea- « sèment une lettre éloquente elle même, « et dans laquelle les éloges lui sont « plus [)rodigués au iis ne le furent ja- « mais à l'auteur des élog^ du dauphin «etdeMarc-Aurèle.
L*imiV8Bfi
mâÊuet
«Meiptof* , f|iB l'Enrope aroU
• voir à la téte de la nation ficin^ÏM »
m vit d;ins la boutique d'un mennisier, « dont ii aspire à être le fiis ; et ses « mœurs ne sont pas seulement dé*
• ewf, mil aiiouM affectatioB et
« sans aucune surveillance hvpocrite « sur lui-même, elles sont aussi sévères « que la morale du Dieu nourri chez un « âiarpentktr de la Judée. »
Il est à re^etter que Gant M ae soît pas borné a écrire; presque tous ses ouvrages, qui sont assez nombreux, se recommandent à Testime par un titre ou par un autre. En voici la liate t Éloge de Michel (le P Hôpital, 1778, in-8"; 2° Eloge de Suger , 1778, in-8«; * 3" Eloge de Cimrles de Saint - Maur, due de M<miamH8r, int , {n*8^$ 4* Éloge de FênJkfueUe^ 1784 , in S* : eea trois derniers élocjps remportèrent sucœssivement le prix de l'Académie française ; S" Précis historique de la vie de M, Bonnard, 1787, in-i3; réimprimé clandestinement la même année, avec des notes sur madame de Genlis; 6»
Opinion contre ks plans présentés par MM, Duport et Sieyès pour fergead»
sation judiciaire, 1790, in-8'; 7" D, J, Garât à M. de Condor cet, 1791, in-S"; 8*> Considérations sur la rét^olution française et sur la conjuration des pidssaneee de (^Europe contre la /!• berté et les droits des hommes, on Examen de la proclamation des Pays- Bas, 1792, in-8®; 9» Mémoires sur ia réoohOkm, on Bœposé de ma conduite dans les affavres et fonctions puhli' ques , 1795, in-8°; 10« Éloqe funèbre de Joitbert, 1799, in- H"»; 11*^ Éloge funèbre des généraux Klêber et Desaix, 1802, in^*; tV Mémoire sur ta Hollande, 1805, in-8'; 13* De Moreau, 1814, in-8**; 14" Mémoirea historiques sur la vie de Suard, sur ses écrits et surlêdtai'hidtiémeslêeley Paris, 1820, 3 vol. in-8«»- On a encore de lui le Discours préliminaire de la cinquième édition du Dictionnaire de l'/icadénùe , Paris, 1798, 2 vol. in-fol. ou in-4"; une MotHeesur Gtsnguené^ insérée en téte du Catalogue des livres de la bibUothèquede Ginguené^ Paris, 1817, in-8''; une Notice sur Thomas y en tête des OJBwres complètes de Thomas^ Paris, I8S1-1828, 6 TOI. In-S*; un /M^mnail
swr MknAêBm,m%ÊkitétK Dkeaurêeê
opinions de Mirabeau^ Paris, 1820, 2 vol. 10-8°. Il a rédigé le récit des séances de l'Assemblée constituante dana le Journal de Paris, de im à 1798. Il a ausai ooopéré à la Clef du cabinet des souverains , journal du soir et du matin, historique, politique et moral, qui commença a paraître en 1797 , et auquel travaillaient Fontaoea, Pomnioreul, Gérard de Raynéval, Montlinot et Peuchet. On lui doit encore le Discours préliminaire cTun Journal politique et philosophique, 1794, in-8 , qui n*a ma eu d'exécution. Enfin , il a loii§* temps professé l'histoire ancienne aa lycée, et la métaphysique à l'école normale en 1794, et il a laissé un grand nombre de travaux inédita.
En terminant, disons, à Favantaga di Carat, que s'il a toujours encensé lea vainqueurs , que s'il s'est mis successif vement à la suite de Mirabeau , de Ver*
fnîaud, do Danton , de Robespierra, do ieyès, de Rewbell, de Napoléon, en un mot de tous les chefs de parti qui ont réussi ou qui ont été à ia veille de réussir , cependant il n'a (MM spéealé sar aa versatifité pour s'enrichir, car il est mort plus voisin de la médiocrité que de l'opulence, après avoir rempli divers emplois, dont un seul aurait suffi à un apéculateur pour feiro une grande fbr^ tune. Comme Barrère et quelques autres , Garât doit être rangé dans la catégorie des girouettes politiques de la révolution qui ont tourné à tous lai venta par faiblesse de caractère pintét que par l'effet d'un vil égoïsme , hommes sans portée, qu'un beau talent, soit d'improvisateur, soit U'ccnvain, taisait reeberdier par tous lea partis domi* nants. Cependant il est une faute, la plus grave de toutes, que Barrère sut éviter, tandis que Garât s'en rendit coupable. Jamais Barrère ne glorifia lea victoires impies de l'étranger sur la révolution française. Il hii sera beaucoup pardonné pour ce genre de constan(».
Avec uu mérite supérieur, au contraire.
Garât ne peut éùre défendu sana qu« ses apologistes courent le danger de porter atteinte à leur propre caractère : tant ii est vrai que le patriotisme , non pas l'hostilité systématique contre lea nations voiainea , maii la vsai patri»*
tittw, est ane chose sainte à laquelle
on ne manque jamais impunément!
Garât ( Pierre-Jean) , célèbre chanteur , neveu du comte Garât , naquit en 1763 à Bordeaux, suivant son acte inorteaire, mais peut-être plutôt à Ustariti* n montra de bonne heure un sentiment exquis plutôt qu'une connaissance réelle de la musigue , un talent d'imitation extraordinaire, et une excellente routine, inut d*nn instinct natuisl, mais perfectionné par le goût et par un travail opiniâtre. Lorsqu'il vint trouver son onde à Paria , en 1782 , il se produisit aiséoMnl' dans les nias brillantes sooié* tés « où il obtint ae nombreux suooàs» contrefaisant les voix de tous les acteurs , le son de tous les instruments, et exécutant seul un opéra entier, de* nuis roa?6Pture jusqu'aux airs de bal* let. Le chanteur a la mode donna envie à la reine de Tentendre. Les augustes personnages ne le trouvèrent pas inférieor à ridée noUs avaient con^t de son talent. Il obtint une place de aecré* taire de cabinet du comte d'Artois en 1788 , et Tannée suivante une pension de 6,000 ir. sur radnunistration de la loterie. Fixé à la ooor, il devint dès Ion l'ornement des concerts de Marie-Antoinette , à qui il donna des leçons de chant. La voix de Garât était un ténor élevé, moins voInaUneni cependant que odni de Mnhini.
Sa romance : Fous qui portez un cœur senMble, composée après les journées des à et 6 octobre 1789, occasionna son amststion à Rouen, en 1799.
Après plusieurs mois de détention , il recouvra sa liberté. Mais la perte de sa pension , et les dettes qu'il avait contractées l'obligèrent de chercher des vssioiirces dans ses talents. On se porta en foule à ses concerts, et, en 1796, il fut attaché au Conservatoire.
Toutefois sa manie de se mêler de la politique do jonr lai devint encore fn* neste. La musique quMl mit sous les romances de Béhsnire, par Lemercier, en 1804 , époque du procès du génial Moreau, et, plus tard, des allusions remarquées dans deux autres romances , l'une de Henri U àGabrieUe, l'autre sur Bayard, lui iirent retirer pendant assez longtemps son traitement de prolîBsseur. Garât ne le recouvra qa*en 18144
Il mourut en 1838 , à l'âge ^e 60 ans , et non pas de 65, comme le dirent alors
les journaux. Cette erreur provenait de ce que Garât avait la faiblesse de cacher sou âge. Il était aussi plein de ridicules dans son costnme, sa toumarey.
ses manières et Jusque dans son langage, où il affectait de ne pas prononcer les r. Sous ce rapport aussi , Ga-at donna le ton et fut le chef d'école. Avec son habit carré, sa grosse cravate et ses cheveux en oreilles de chien, il était le modèle des mcot^ahles ; l'âge même ne lit point disparaître entièrement en lui ces trsvers d^amour-propre et de vanité. Garât est inhumé au cimetière de l'Est, près de Grétry, de Uébul, de OeUUe et de Ginguené.
GAiiciN i>fi TAi>i>v ( Joseph- Qélio^ dore), orientaliste, né à Marseille en 1794. Ce savant s'est particulièrement livré à l'étude de Thindoustani, langue moderne des Indes occidentales. Il a été on des premiers membres de la société asiatique de Paris, membre étranger de la société a.si;iti(jue de Londres, etnonoraire de celle de Calcutta; il a été admis à l'Institut en 1838, et il y a remplacé le prince de Taiieyrand. Ses principaui ouvrages sont : les Oiseaux et les fleurs allégories morales d'Azz-Eddyn-al-Mocadiiessi , traduites en français ( Paris « 1991, in*9*); EapoiUkm de foi mutufmanej traduite du turc de Mohammed* Ben-Pir-Aly-EI-Berkevi , suivie d'une traduction du Pend Nameh de SaadI (Paris, 1823, ia-6')i Conseils au^ mamalspoetei, trad. de rbindoustanl (1826, broch. \ï\-S^) \ Relafiot2 de la prise de Constant inople , trad. du turc de l'historien Saad-Eddyn (1826, broch.
itt-e*") ; Do^Hm €t éewfitt de la reH* gUm musuhnane, traduit de Tarabe (1827, in-4"), suivi de YKucologe vm* sxUman ( 1827, in-18) , etc., etc.
Gaad. — Ce département, qui tire son nom de la rivière du Gardon ou Gard, est un de ceux qui ont été forniés de l'ancien Languedoc. Au sud, li touche par une petite étendue de côtes à la Méditerranée ; à l'ouest , il est limité par le» d^rtements de rHérault, de i'Aveyron et de la Lozère ; au nord , par celui de l'Anièche ; à l'est , par ceux de Vaucluse et des Boucbes-du* Bhône, dont le Rhône le s^pave. Sa ad»
OAKD
L'UNIVERS
«Ak»
. perfîcie est de 599,723 hectares, dont 150,000 environ en terres labourabh»,
100,000 en boîs, 158,000 en landes, pâtis et bruyères, 58,000 en cultures aiverses, etc.; son revenu territorial est estimé à 20,656,000 fr. , dont il a payé à TÉtat , en impositions directes, en 1839, 3,390,235 fr.
T.es cours d'eau oui sillonnent la pente déterminée par les montagnes du Gévandan, Toisines de la limite occidentale du département, pour se jeter dans le Rh(5ne , sont principalement la Cèze et le Gard. Une autre rivière non moins importante , le Vidourle, se perd dans un étang. En outre , la source et . une partie du cours de l'Hérault appartiennent à ce département. Le plus important de ses canaux est celui de Beaueaire à Aignes-Mortes , lequel communique avec la mer par une prolongation, et avec le canal du Midi par celui de la Radelle. Le canal de Bourgidon est une dérivation de celui de Beaucaire. Les grandes routes do département sont nu nombre de trente - quatre , dont dix royales et les autres départementales. Le sol est entrecoupé de montagnes, de rochers , de collines , de vallées , de plaines, d'étangs et de marais.
Il est divisé en 4 arrondissements :
Kîmes ( chef- lieu du département ), Alais, Uzès et le Vigan. Il renferme 38 cantons et 345 communes ; la population est de 36n.2;)9 linbitants, parmi lesquels on L-ompte environ 2,882 électeurs , qui sont représentés à la chambre par 5 députés nommés dans 6 arron* dissenients électoraux (Nîmes compte pour 2 arrondissements).
Le département forme un évêché (Ntmes), suffragant de rarchevéché d' Avi^^non. Ntmes est le chef-lieu de la neuvième conservation forestirre et le sir^e d'une cour royale, à Inquelle ressortissent les départements du Gard , de TArdèdie, delà Lozère et de Yaucluse.
Pour l'administration universitaire , les 4 mêmes départements sont com-
Sris dans le ressort de l'académie de limes. Le déparlement fait partie de la 9* division militaire ( Montpellier ). Parmi les hommes distingués produits par le département du Gard , on doit dter surtout : Rivarol, Florian , Court de Gébelin, d'Assas, M« Guhtot, un
grand nombre de généraux de la révolution et de Fempire, etc., etc.
Gabd( pont du ). — Bâti sur le Gardon ou Gard, à 16 kil. de Nîmes, ce monument célèbre se compose de trois rangs d'arcades à plein cintre , élevées les unes sor les autres et jetées avee une hardiesse et une légèreté admirables à des portées énormes ; sa hauteur totale est de 146 pieds. Ce gigantesque ouvrage , en pierres de taille posées à sec, ne fut construit que pour suppor»
ter im aqueduc dont le niveau devait joindre celui des deux collines escarpé entre lesquelles passe la rivière. Il conduisait dans Nimes les eaux de deux fontaines qui, elles-mêmes, étaient amenées au pont du Gard par une longue suite d'aqueducs.
Ce fut probablement Agrippa , gendre d'Auguste, qui ordonna la construction de ce monument , l'an 735 de Rome, dix-neuf ans avant la naissance de J. G., lorsqu'il fut chargé d'apaiser les mouvements des Gaules. La principale dépense fut faite d'ailleurs par la puissante colonie de Nîmes. On posa la dernière pierre vers l'an de Home 750.
Au conmneneement du dix -septième siècle , on entreprit de faire du preonier des 3 ponts, long de 83 toises et reposant sur 6 arches (^) , un passage pour les voitures. Le duc de Roban , qui venait porter du secours aux reiigionnaires ae JNîmes, fit couper du côté d'amont tous les pieds droits des arcs du deuxième rang sur un tiers de leur épaisseur, afin de fadiîter le passage de son artillerie. Ces piles échâncrées recourent lies encorbellements munis d'un garde fou; mais alors l'édifice ébranlé surplomba du odté du couchant. L'intendant Baville le fit visiter par des architectes, dont les rapports décidèrent les états généraux du Languedoc, asseinblés en 1700, à le faire réparer. On ne laissa sur le premier pont qu'un petit chemin pour les piétons et les cavaliers. Cependant les crues fréquentes du Gardon, qui , à plusieurs époques de l'année , ne permettent pas de le traverser même dans un bac, rendaient me^ sure insuffisante. Après un examen fàit
(*) Le second pont a onze arches et le Uroisîène tient^elnq.