‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 169 sur 198 · ARDA · texte numérisé non relu

ARDA

FRANCE

arec soin , les étals généraux de la province résolurent de faire bâtir un pont

Krticulier adossé à la (ace orientale de queduc. Anrétée dans la séance du S3 janvier 1748, rentraprise fut commencée Ja mém année , et achevée en

Gahda (action du 'lac de). — Les bords du lac de Garda forent, pendant

nos campagnes d'Italie , le théâtre de nombreux faits d'armes. Nous ne mentionnerons que le suivant. Après la bataille de Rivoli, le général Monnier envoya le capitaine d'infanterie Régnier au village de Garda , avec un détachement de cinquante hommes , pour en surveiller le lac et favoriser un débarqnement. Au moment où il visitait un petit poste avancé, sept Antricfaiens pa* rurent et furent faits prisonniers. Craignant d'être attaqué , il se disposait à prendre dans les environs une position avantageuse , lorsqu*!! rencontra , à sa grande surprise, une colonne autrichienne qu'il n'aperçut qu'à vingt pas, au détour d'un déiilé. Le commaudantautrichien ordonne au capitaine françaisde mettre bas les armes. « Non, monsieur, « lui répondit celui-ci, c'est vous qui êtes «mon prisonnier; bas les armes, ou « point oe quartier. » Ses soldats répètent ce cri. L'oflicier ennemi veut parler ; on ne lui répond qu'en criant : «Bas les armes.» Il propose deaipituler. « Non , lui répond le capitaine, bas les armes et prisonnier.» Alors il s*avance et présente son épée ; sa troupe met bas les armes. Le capitaine français craignait que les Autrichiens ne s'aperçussent enfin du petit nombre des siens; il les lit rétrograder. Il y avait deux barques au bord du lac : une certaine quantité d'Autrichiens s'y jettent sans ^ue leurs ofliciers puissent les en empêcher. A peine sontpelles à soixante toises du ri* vage, que leurs barques , trop surchargées, coulent bas. La majeure partie se noie.Quelques instants après, beaucoup d'Impériaux refiisent de marcher. Le capitaine sent le danger qui le menace; il en apprécie toute l'imminence en entendant leur chef leur dire : « Attendons encore.» — « Que dites-vous, mon- « 8jeur?lui dit-il d'un ton ferme: où est * donc Thonneur? n^étes-vous pas pri- » sonnier? Ai-je votre parole? Vous êtes

« officier ; je compte sur votre loyauté. . « Pour preuve, je vous rends votre épée, « et faites marcher votre troupe , sans « quoi je me vois forcé défaire avancer « contre vous une colonne de 6,000 hom- « mes qui me suit. » Le mot honneur, les victoires de Tarmee d'Italie et la colonne imaginaire décidèrent sans doute le commandant autrichien. Le calme se rétablit; ils arrivèrent sans aucun événement nouveau au camp français , où l'on vit 50 hommes déterminés amener 1 ,800 prisonniers du régiment îm* périal de Klebeck et d'un corps franc.

On admira la présence d'esprit du capitaine Régnier; maison estima plus encore les talents du général de cette armée, qui frappait son ennemi à coups si redoublés , et séparait tellement les divisions ennemies par ses habiles manœuvres, qu'elles ignoraient également la nature des forces qui leur étaient opposées, et la position des divers corps de leur armée (14 janvier 1797).

Gard \N NE (famille de). Les Gardanne sont une branche de la maison de FoBBUf (voy. ce mot) ; ils sont issus d'un frère puîné de Palamède de Forbin, gouverneur de Provence, à la fin du quinzième siècle. Leur maison compte parmi ses membres plusieurs consuls de Marseille.

Le comte Gaspard- And ré de Gab- DANNE , né à Marseille en 176G, général de brigade en 1799 , puis aide de camp et gouverneur des pages de Na-,

f>oléon en 1804, avait été envoyé par' ui à Téhéran pour engager Feth-Ali- Chah, empereur de Perse , à faire cause commune avec lui contre la Russie.

Mais quoiqu'il eût lieu d'être satisfait du succès de ses négociations, l'ambassadeur français croyant avoir à se plaindre de ses relations avec Napoléon, et surtout avec le ministre des affaires étrangères, quitta la Perse sans ordre, et revint à Paris, où il encourut une juste disgrâce. Quelque temps après, cependant, Tempereur le combla de nouvelles faveurs : il Ait nommé comte de l'empire, et reçut une dotation de 25,000 francs. Il ne s'en ressouvint plus d'abord en 1815, et commanda, sous les ordres du général Emouf , une bri-

{;ade de la troupe que le duc d'Angouéme avait rassemblée dans le Midi; mais

906 lilRDE DB hOVm XVI L*UNIV£RS. GARDE BU URECTOIR^

oManteftAiiàd^àiitres sentiments, 9 ie {oignit aux troupes impériales commandées par le général Chabert, et fut admis à la retraite le 4 septembre 1815. Il est mort en 181S.

Son frère , et son premier secrétaire d*ambassade , Ange Gardanne, a publié un Journal d'un voyage dans la Turd*yi9le ^ ta Pene ^faÊt m tWI €$ im (Marseille, i80S« iii-8^). Il est mort' en 1822.

Un général du même nom fit , en 1796 , la campagne d'Italie , et celle du Rhin en 1797 , 8er?it dans la Veodée , repassa en Italie et de là en AJlemagne* et mourut à Breslaii en 1807.

Gabde constitutionnelle de Louis xyi. Depuis le licenciement définitif des qaatre compagnies des gardes du corps , et la fixation du séjour de Louis XVI à Paris , le roi n'avait plus été gardé que par la milice parisienne, par la ganie nationale. Cependant on article de la nouvelle constitution portait qu'il serait formé , pour veiller à la sûreté du monarque, une garde de 1 ,800 hommes (*). Par suite des répugnances de la cour , cette garde constitutionnelle n'était pas encore instituée dans la première partie de /année 1791 . D'ailleurs, ce projet d'une pnrde particulière avait, dès le premier jour où il en fut question , jeté justement Talarme dans le parti de l'Assemblée nationale qui tendait au républicanisme. Dans la séance du 20 novembre 1790 , plusieurs députés s'y ^ient opposés formellement.

Enfin , ne pouvant prolonger ses liésitations sans autoriser les patriotes à croire qu'il conservait l'espoir de rappeler ses gardes du corps , le roi se décida à presser Forganisatlon do sa nouvelle garde. L'Assemblée y pourvut par un décret du 30 septembre 1791. Le 16 mars suivant, ce corps prêta le serment d*étro fidèle à la nation, à la loi , au roi , et commença son service. Mais à peine était-il en exercice, qu'il excita la méfiance du parti populaire; une foule de nobles et de royalistes ardents s*étaient empressés de s'y faire ineoipimr. Parmi eux , il suffira de citer son comroandant, M. de Brissac, et ce I«arocbe-

n oeoti boiniait diafioilttie eCiis

iacquelin qui devait jouer plus tard dau la Vendée ie rôle de champion de l'aristocratie. Le 28 mai , une députation du peuple parut à l'Assemblée nationale et demanda le Keenelement de la nouvelle garde. « II y a dans ce corps, s'écria « Bazire, des prêtres réfractai res , des <i hommes de Coblentz , une quantité « d' Artésiens... On a corrompu les pa* « triotes envoyés par les départements; « on s'en est défait; des écrits aristo- « cratiques leur ont été distribués avec « profusion , et notamment un bouquet • auR, T, C. Louis xyiy faU pour le H Jour de sa pte du 25 août 1791, « lorsqu'il était prisonnier aux Tuile- « ries, etc. Les gardes disent ^ue c'est « lui qui paye et non pas la nation ; que « les protestait ions de dévouement à la « patrie, dans la bouche d'un garde du « roi , annoncent en lui les plus niau- « vaises dispositions; M. de Brissac a « ero devoir les prévenir que le coq « couronné oue représentent les têtes « de leurs sabres , était un emblème qui « leur indiquait un roi qu'ils devaient « aider à reconquérir ses États. Dans « ce corps on pane ouvertement , sans « aucun ménagement, de la nation , de «l'Assemblée nationale, et de toutes « les autres autorités , dans des termes « si ontragsonts, que je cfolrala mao»

« quer à toutes les bienséanees si Je Isi « rapportais ici. »

En conséquence , dans la nuit du 28 au 29 mai 1792, l'Assemblée cassa par acclamation la garde constitutionnelle de Louis XVT. L:i garde nationale reprit son service auprès de sa personne.

GaBDB de la CONTENTlOiV ET DU

CSoiiPS lieiSLATiF. Après la déohéanoa

de Louis XVI, la Convention réunit les débris des gardes de la prévôté et en composa sa garde, sous le titre de grenadiers-genaarmes prés la représeniaikm naHomUe, Ce corps , qoi no fot d'abord composé que de 18! hommes, forma un peu plus tard deux bataillons recrutés parmi les r^iments d'infanterie de Tarmée. En ms , il prit la dénomination de çaj'de du Corps législatif, et il devait être porté à six régiments formant un effectif de 9,189 hommes, quand ia constitution de l'an m vint arrêter eette organisation.

Gau»b du DiwBGioiaB* La mm*

«MUNI Ml MMVi: FRAlKK. «CBAUS «07

tutioQ de l'an m institua ce corps, dont la force n'exçéila uà^i 240 boiiunes à pied et 1^0 gardes à dieval.

Gabde consulaire. Bonaparte, que la garde du Directoire avait aidé à exécuter le coup d'Étatdu 18 brumaire, en fit sa garde particoKère, et la porta bientôtà 2,089 hommes. Elies'augmenta, de 1800àl803, de corps empruntés à presque toutes les armes spéciales de l armée. A ravéuement de INapoléon au troue impérial, elle se composait de 6,944 hommes (3,334 hommes d'infanterie, grenadiers et chasseurs ; 2,154 de cavalerie, aussi grenadiers et chasseurs; 6S2 ^d*arti]lerie, et 764 marins). On sait 1 qa^elle devint le nojraa de la garde impériale (voy. ce mot).

Gabde des sceaux, Nous avons raconté ailleurs (voy. Chàncelieb) Torigine et l'histoire des ehanoeliers de France, nous n'avons donc pas à y revenir. Ce fut seulement en 1551 qu*un office de garde des sceaux tut créé à côté de Toflice de chancelier. Celui-ci testa le ehef de la magistrature , tandis que le garde des sceaux , qui était ordinairement son successeur désigné, fut chargé de tout ce qui avait rapport a Texpedition des lettres {latentes , chartes , et autres pièces qai devaient être scellées du grand sceau.

Le garde des sceaux prêtait serment entre les mains duîroi. Voici quelle était la â>rmule de ce serment :

« Vous jurez Dieu votre Créateur et « sur la part que vous prétendez en pa- « radis, que bieu et loyalement vous « servtres le roi à la garde des seeaui « qu'il TOUS a commis et commet pré- «sentement; que vous garderez et ob- « serverez, el ferez garder, observer et « entretenir inviolablement les autorités « et droits de justiee de sa couronne et «de son domaine, sans faire ni souf- « frir faire aucun abus, corruption et « malversation, ni autre chose que ce « soit ou puisse être directement ni io- « directement contraire, préjudiciable « ni dommageable à ieeux; que n'accor- « derez , expédierez ni ferez sceller aucu- « nés lettres inciviles et déraisonnables, « ni qai sotent centre les oommande- « meoti et volontés dudit seigneur, ou « qui puissent préjudicier à ses droits et « autontes, privilèges » franchises et li^

« bertés de son royaume; que vous tien- « drez la main à Tobservation de ses « ordonnances, mandement, édits, et h

« la punition des transgresseurs et con« « trevenants à iceux ; que vous ne pren- « drez ni n'accepterez d'aucuns rois, « princes, potentats, seigneuries, com* «munautés, ni autre personnage parti- « culier de quelque qualité et condition «qu'il soit, aucuns états, pjensions, » dons, présents et bienfaits, si ce n'est « du gréetconseotement dudit seigneur, « et si aucuns vous en avoient d^À été « promis, vous les quitterez et renon- Acerez, et généralement vous ferez, «exécuterez et accomplirez en cette «charge et commission de garde dee « sceaux du roi, en ce qui l;i concerne n et eu dépend , tout ce qu'un bon , vrai « et loyal chancelier de France, duauel « 0oits tene^ le Hek, peut et doit ùâre « pour son devoir en la qualité de sa » charge , et aussi vous le promettez et «jurez. »

la différencedu chancelier, le garde des sceaux était amovible; du reste, au conseil du roi , au parlement , et dans toutes les cérémonies publiques, il prenait place immédiatement après ce dignitaire. Il avait le même costume, la simarre rouge et le mortier à double galon ; deux huissiers le précédaient portant une masse; il était de plus accompagné, lorsqu'il allait par la ville ou en voyage, d'un Ueutenant du sceau et de deux hoquetons OU gardes de la prévôté de l'hôtel.

Le garde des sceaux de France , qu'il fût chancelier ou non , portait suspendues à son cou les clefs du coffre où étaient renfermés les sceaux. Sous les deux premières races, où il n'y avait qu'un scel unique , c'était ce scel luimême qu'il portait ainsi.

Le coffre des sceaux , au quinzième siècle , éttiit couvert de velours azuré semé de fleurs de lis d'or. Dans les cérémonies publiques , il était porté par une haquenée qu'un valet de pied con* duisait, et des chevaliers vêtus de livrée l'entouraient en chevauchant.

Plus tard , ce coffre fut en vermeil , • partagé en trois cases contenant chacune une petite cassette. La première , couverte en vermeil, renfermait le grand sce^u de Fr^inoe | \sl sei^oude i couverte

flbè 6ARM 01» SCEAint L'UNIVERS. «AfiBB ttES flCBAViC

en velours rouçe , parsemé de fleurs de lis et de dauphins , renfermait le sceau

fiarticoller de la province du Dauphiné; a troisième , enfin , contenait le sceau

de l'ordre de Saint-Louis , qui fut confié, en 1719, à un chancelier particulier.

Jusqu'à la troisième race, comme nous l'avons dit, le roi n'avait qu'un seul scel , et très-petit. A cette époque, ils gardèrent eux-mêmes ce scel ou anneau pour les lettres particulières qui devaient être closes, et remirent aa garde des sceaux un scel beaucoup plus grand. L'usage d'employer plusieurs sceaux s'introduisit bientôt, et leur nombre ne fit que s'accroître au fîir et à mesure que les différentes provinces dont se compose la France furent réunies à la couronne. Chacune d'elles avait un sceau particulier qui fut longtcii)p<; distinct de celui du royaume; plusieurs en avaient stipulé In conservation comme une des conditions de leur accession.

Nous ne nous étendrons pas sur les attributions qui furent déférées aux gardes des sceaux en titre : elles variaient suivant le bon plaisir du roi et selon les circonstances qui firent séparer les sceaux de la cnancellerie. Le parlement protesta souvent contre certaines nominations qui lui déplaisaient:

tantôt il refusait de se lever devant un garde des sceaux, prétendant que cet hommage n'étnit dû qu'au chancelier ; tantôt il attendait des lettres de jussion pour enregistrer l'édit qui le nommait.

Toutes ces Telléités d'indépendance s*évanotn'rent devant la volonté de Louis XIV ; sous ce règne , les sceaux furent souvent séparés de la chancellerie, et changèrent de mains un grand nombre de fois. Le parlement se résigna alors à subir la présidence du garde des sceaux avec la même soumission que s'il se fût agi d'un chancelier.

A la révolution française, le titre de garde des sceaux fut supprimé : les fonctions que remplissait anciennement ce dignitaire furent attribuées au ministre de la Justice.

En 181S, la restauration ressoseîta le nom, mais non Toffice. Chaque ministre de la justice prend depuis lors le titre de garde des sceaux ; ce titre ne

lui donne aucune prééminence sur ses collègues ; il ne lui confère d'autre prérogative que le droit de présider le conseil des ministres en Taosence du président. Le gnrde des seeaux est le ohef suprême de la magistrature ; il est même président né du conseil d'État : mais il n*a plus , comme autrefois , de juridiction particulière.

Nous avons donné , à l'article Chaiv- CBLiSB , la liste des chanceliers et des gardes des sceaux. Pour rendre cette liste aussi complète que possible , nous ajouterons les nomft suivants :

80ll$ LOWIS XV.

Le Voyer de Paulmy d'Argeiisou, de^ijij à xjit,

MM» lOOtt XTI>

A. T. Il<i<> de Hirvmëml,iMiiBaiéc4i 1774, «Vttdéob

cil 1787.

Chrétien F. de LanurifBoa de Basfillsé de S7<7à

Ch. L. Fnnçoîa de Paole de Barenlio, çarde des ■eeatix ^leiidaiit quelques mois de l'année ''j^<j-

J. M. Champioo de Cicé, archevêque de Bordeaux , •ucceatenr de Bercatiii , doniM M déniMioii es

LottU Dnport da Tertre, garde des loetox «en le

Bu de 1790.

Garde des sceaux des apanages.

C'étaient des ofliciers publics qui remplissaient , près des-apanages des fils de mnce, les mêmes fonctions que le garde des soeaux de France pour le royaume. Ils gardaient le sceau particulier du prince, et faisaient sceller toutes les provisions, lettres et chartes qui émanaient de lui pour son apanage.

Tout ce que nous avons dit de la séparation des fonctions de garde des sceaux , de Toflice de chancelier, s'applique aux gardes des sceaux de Tapanage.

Gardes des sceaux des chanceUeries des cours souiyeraines. C'étaient les officiers chargés de la garde du petit sceau dont on se servàit pour sceller les actes des pnriements , cours des aides» etc., établis dans les provinces.

Gardes des sceatuc des présidiaux.

Cétaient des officiers qui gardaient le sceau dont on scellait les jugements des présidiaux , et les expéditions qui émanaient des chancelleries établies près ces tribunaux.

Gardes des sceaux aux contrats»

C'étaient ceux qui avaient la garde du petit sceau dont on scellait les actes des notaires et tabellions. Cette garde était

GAaDfi-FttfiirM£T FiUTiCEj fiAaDE-CABmEMIfE 609

d*abord donnéa à ferme; Charles IX,

en 1568 , l'érigea en oftire; enfin , après avoir subi plusieurs vicissitudes , le droit de sceller ces sortes d'actes Hnit par appartenir, selon les localités, soit a quelques notaires qui ajoutèrent à leur titre celui de garde-scel , soit à chacun d'eux indistinctement, comme cela se pratique aujourd'hui (voy. Chancelier et Sceaux.)

Gabde-Freynet (la), village de l'arrondissement de Draguignan, dans l'ancienne Provence, aujourd'hui dans le département du Var (population : 3,100 habitants).

Ce village est situé auprès d'une montagoe de difficile accès où s'élevait jadis ia forteresse arabe de Freynet , appelée en latin Fraxinetum. A la fin du neuvième siècle (890), une bnrque, poussée par la tempête , jeta sur ces parages vingt Sarrasins d'Éspagne qui, trouvant au pied du Monte-Moro un bon abordage et tout autour des forêts presque impénétrables, s'y établirent et y ap-

{ celèrent leurs compatriotes; ainsi fut ondée la colonie de Freynet. D*abord les nouveaux venus louèrent leurs ser* vices à quelques seigneurs provençaux qui se haïssaient sans avoir les moyens ou le courage de se faire la guerre/Devenus ensuite plus puissants, assurés d'ailleurs de la faiblesse et de la Acheté de leurs voisins, ils prolltèrent de leur situation avantageuse pour piller, dévaster, pendant un siècle , les pays sur les confins desquels ils se trouvaient postés. Leur fort était assis sur un roc isolé, dominant toute la chaîne de monts qui court du nord au sud; la partie méridionale de ce roc est tout à fait escarpée , et l'on n'y peut monter qu'à l'aide de degrés mal taillés dans une pierre schisteuse , et conduisant encore aux restes de la porte de Tancien cbflteau. Au delà est une plate-forme ])eu étendue, entourée de deux côtés par un fosse de douze pieds de largeur sur huit ou neuf de profondeur, et, des autres cotés, par de grands précipices.

Au milieu çst creusée une citerne carrée, au fond de laquelle on descend par des degrés taillés dans le roc; le tout était ceint d'épais remparts dont le temps a épargné quelques vestiges.

Derrière eux, ces redoutables bri-

T. ynit 89* JÀoraiifm. (Digt. bh4

oands avaient te golfe de Grimaud qui leur offrait un abri assuré pour leurs navires, et une eoiiimunieation facile par mer avec leurs compatriotes d'Espagne et d*Afrtque. Ifs se répandirent dans toute la Provence, dans le Languedoc , dans le Dauphiné , et même en ItaUe , pillant les villes , massacrant les hommes en état de porter les armes , emmenant les femmes et les enfants pour les vendre eoinme esclaves , et détruisant tous les edi liées par le fer et la flamme. Les chrétiens firent de grands efforts pour purger le sol de la Provence d'un tel fléau. Hugues , roi d'Arles , vainquit cette poignée d'infidèles , mais ne put la détruire : Ottou V les fit combattre sans succès ; Conrad le Pacifique battit un de leurs corps d*aiw niée , et les affaiblit au point que de quelque temps ils ne purent continuer leurs courses'. Cependant, malgré leurs combats iournaliers et leurs pertes fréquentes, Irs Sarrasins n'avaient pu être entames dans les montagnes où ils s'étaient retranchés. En 973, enfin, Gibelin de Grimaldi , Bonifiioe de Castellane, et plusieurs autres seigneurs, joignirent leurs troupes à celles du comte de Provence, et, sous ses auspices, attaquèrent le Fraxinet, qui fut pris d'assaut et rasé, après qu'on eut massacré ou fait prisonniers ses défenseurs.

Le village de la Garde-Freynet était autrefois resserré dans une espèce de creux entouré de rochers escarpés et couvert par un ravin profond. Ses habitants étaient pauvres et misérables.

Depuis une soixantaine d'années le commerce des bouchons a répandu l'aisance dans ce pays peu favorisé de la nature.

Garde - gardienne. On appelait ainsi , dans l'ancien droit, le privilège de commUtimus accordé par le roi à des églises , abbayes , oollej^es , universités, et autres communautés religieuses ou laïques. Les membres de la corporation à laquelle était octrovée la lettregardienne , avalent droit de faire renvoyer toutes leurs causes , tant en demandant qu'en défendant , devant le juge particulier qui leur était assigné par le roi.

L'usage de la garde -gardienne remonta très-haut en France. Ce fut un des mille moyens employée» par la royauté

rCI.., BTG.) d8

^\{^ GARDE IMPÉRIAI'E I/U^VËKS. ÇAUDE IMpéHIALE

pour battre en brèclie la justice patriluouiaie des buigueurs féodaux. Quand ]e pouvoir royal fut affermi , et qu*U fut admis en principe que toute Juslice émane de lui, on c^sMva de rt'strciiKlre dans l'application le privilège, qu il edt été difficile de retirer entièrement. Ceux qui prétendaient' s*en servir durent représenter le titre en vertu duquel ils agissaient: ce titre lui-inenie fui rigoureusement interprété dans le sens le plus étroit. Le privilège de garde-g;ardienne, comme tous les autres privilèges de juridiction, disparut en 89; jes églises et les universités ayant été soumises au m^e droit commun qui régissait les simples particuliers.

Garde impéki ale. A l'avéïiPincntde JVnpoli'oii au trône iuifx'rial, laganic consulaire prit la dénomination de garde jm/>érl<U9.L'empereur l'augmenta d'une compagnie de mameluks et de deux bataillons de vélitps, attachés à chacun des régiments de grenadiers et de chasseurs îk pied. Cette organisation achevée, son 4M>mplet était de 9 775 hommes ; savoir : état-major général, 21 ; un régiment de grenadiers à pied , 1,716 ; un rcL^ 'tH nt de chasseurs à pied» 1,71 G; un régiment de grenadiers à cheval, 1,018; un régiment de chasseurs à dieva I , l 0 1 8 ; deux compagnies d'artillerie, 7i2; deux escadrons et un bataillon de gendarmerie d'élite, 632; un bataillon de matelots, 406; deux bataillons de velites . 1,910; une compagnie de mameluks, 121 ; une compagnie de vétérans , 102. De nouveaux corps, créés de iSO.>à 1810, élevèrent œ ebiffre à 82.380. Voici l'ordre de ses créations : en ISOâ, un Gorps d^ vélites à cheval , et deux nouveaux bataillons de velites a pied ; en 1806, un deuxième régiment de grenadiers et un deuxième régiment de duisseurs à pied, un régiment de dragons , deux compagnies d'ouvriers , un régiment de fusiliers-grenadiers et un régiment de fusiliers-chasseurs; en 1807, un régiment de lanciers polonais. Ou forma, la ntéme année , deux régiments de tirailleursgrenadiers , deux régiments de tirailleurs-chasseurs , un bataillon de vél tes de Florence, un bataillon de vélites de Turin , deux réi^Inients de consrritsgrenadiers, et deu\ n ^iments de conscrits-ehasseurs. Ou disungua dès lors h\

vieille gaj'deeXh Jeune garde. EfW 1810, le régiment de conscrits chasseurs prit le nom de voltigeurs ; le régiment de garde nationale soldée, créé à Lille, entra dans la garde sous le nom de grenadiers des gardes nationales de la arde. Après la réunion de la Hollande la France , la garde impériale fut encore angmer'téc par l'incorporation d'un régiment de grenadiers de cette arme (supprimé en 1813), et par la création d'un deuxième régiment de chevau-légers-lanciers. Ces diverses formations portèrent, en 1812, l'effectif de la garde à 56,346. En 1813 et 1814 , les régiments de voltigeurs et de tirailleurs - chasseurs furent portés à 19.

24,000 homnies, pris snr les 80.000 formant le contingent dn premier ban, fournirent au recrutement de ces nouveaux corps, et portèrent l'effectif de fa garde à 81,000 combattants; H aurait été élevé à 102,706 l'année suivante, si l'organisation des 17% 18"* et 19' régiments de tirailleurs et de voltigeurs avait pu être entièrement achevée.

Après Tabdication de ]\a|)oléon et le premier retour des Bourbons , l'infanterie de la vieille garde lorma deux régiments, qui prirent le nom de corps royal des grenadiers et chasseurs de France. On conserva quatre régiments de cavalerie sous les dénominations de corps royal desgirenadiers.desdragons^ des chasseurs à cheval et des cheoaé^ légers lanciers de France. Quant aux rc-^iments de la jeune garde, ils furent incorporés dans les troupes de ligne.

Un décret impérial, daté de Lyon, le 13 mars 1815, reconstitua une nouvelle garde impériale. Le 7 avril suivant, son 'organisation fut arrêtée de la manière suivante : dix-huit régiments d'infanterie, dont trois de grenadiers, trois de chasseurs, six de tirailleurs et six de voltigeurs, jeune garde; quatre régimenis de cavalerie (grenadiers , dragons, chasseurs, chevau- légers- lanciers), plus une compagnie de gendarm< rîe d'élite ; six compagnies d'artillerie à pied, quatre d'artillerie à cheval et une d'ouvriers; une compagnie de sapeursmineurs, et un escadron du train des équipages. Dispersée, après la deuxième abdication, dans les nouveaux corps de 4a ^arde royale et dans quelques régi-

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