‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 170 sur 198 · DE IMPERIALE · texte numérisé non relu

DE IMPERIALE

ments de la ligne, elle communiqua aux Jfunps «^oliînfs cpt esprit d'ordre et de "discipline qui , non moins que son héroïsme, lui acquit taiil de titres à l'admîratlon de TEurope.

I.a vieille garde se recrutait parmi les militaires de tontes armes , ayant fait quatre campagnes. Les candidats devaient , en outre , avQir obtenu des récompenses pour actions d'éclnt, ou avoir été bless 'S sur clnmn de bataille; ils devaient aussi justifier d'une conduite irréprochaljle, Lne partie de fa jeune garde avait été formée de jeunes conscrits des classes appelées ; le régiment de Jîanqneurs fut composé de fils de gardes généraux et de gardes forestiers. Le mode d*avanceineiit était le même que dans les autres corps de Tarmée : les emplois d'officiors éfaii ni à l;i noiiTiiation de renipereur; ils avaient, par assimilation, le {irj<ie immédiatement supérieur à celui (pfils occupaient. De même rie simple soldat avait rang de caporal, le caporal de sergent, et ainsi de suite jusGu'au major, qui avait rang de colonel.

La garde avait ie pas sur tous les re^ giments de In ligne, et jouissait d'une plus forte soliJc.

Ces urérogalives étaient la récompense des plus brillants services, et 1*00 Sait (dominent ces braves cohortes en soutinrent I honneiir, depuis la c.inipn-

Éne de Tan viii jusqu'à Waterloo, bon istotre est aus^i belle que celle du

Srand capitaine dont elle était la troupe e prédilection. A M ireni^o, la jiarde consulaire, qui ne put mettre en limie que 1,000 à 1,200 hommes, infanterie et cavalerie, soutint, comme une colonne de granit, les efforts de l'ennemi. Ce fut alors que V on rit cp que peut nue poignée de gens de cœur (*). Deveuu<i

Sarde in)périalc, elle s'immortalisa penant les campagnes d'Allemagne, notamment à la prise d'I'ini rt a la bataille d'Austerlitz , où la cavalerie et l'artillerie légère firent des prodiges de valeur, et oiï cette réserve , qui valait ûnearmeCy fut aux prisesavec la garde russe, et la défit f-ntièrcmeiit. En 1806 et 1807, lei invincibles se signalèrent a

le ^étf'^^Sk!^ XTapoléoB dans mu bul-

léna et pendant toute la ^réedes deux

campagnes. Mai? c'est surtout h Eylau et à Friediand qu'ils purent déployer leur héroïque courage. Dans la première de ces batailles , leur infanterie était restée plusieurs heures Tarn^au bras, sous le feu de la mitraiii'^.

Les campagnes d'Espagne de 1808 et 1809 ouvrirent à la garde une nouvelle carrière de gloire ; sa cavalerie se distingua à Sommo-Siera et à Renavente , et ses marins au siège de Cadix. Dans la guerre d'Allemagne de 1809, après )a rupture des pont$ du Danube, ce fut elle qui soutint les attaques des colonnes autrichiennes; on connaît (pielle part glorieuse elle prit à la bataille de Wagram.

Un corps de diverses armes de la iîarde, sous les ordres du général Dorsenne, lit encore avec éclat les campagnes de 1810 et 1811 en Espagne.

Il serait trop long de rappeler en dé- ■ tail les brillants succès de ce corps d'élite, de ce bataillon sacré, à "Witepsk, sur le Borysthène , à Smolensii , à Potolsk, à la Moscowa , et ses actes de dévouement pendant l'incendie de Moscou. Lors de la fatale retraite, la p:irde soutint, par son exemple, le moral des autres troupes. Chaque journée fut encore pour elle une victoire de plus. Mais son plus beau titre à la reconnaissance de la France, ce sont ses gigantesipies efforts pendant l'invasion du territoire delà patrie, en 1814.' Présente sur tous les champs de bataille, à B>')r-sur-Aube, à Saint- Dizier, à Brienne, à la Rothière, à Champ-Aubert, à Montinirail, à Vauchainp, a Montercau , a Cruonne, elle n*était pas même vaincue à Fontainebleau, et voulait encore marcher sur Paris pour en expulser l'ennemi. L'histoire enregislrera aussi sa Udeiite à l'île d'Elbe; elle transmettra à la postérité cette sublime traduction des cris sortis de ses i?ngs à Waterloo : La garde meurt et ne se rend pas.

Gahdkl ( Pierre-Gahriel ) , célèbre danseur et chorégraphe, né à Nancy en 1758. d'un maître des ballets de Stanislas I*^ Admis comme premier danseur eu 1780, nonuné, ep 1784, aide de son frère , qui était alors maître des bal^ leu , et dès l'année 1786 doté par le roi d'une pension de a,OQO francs, il

613 GAEDE EAnoNALB LlII^

devint en 1787 chef et compositeur des ballets, place qu'il cooserva jusqu'à ces dernières années sous tous les gouver*

nements.

Les deux Gardel ont fait dans la danse la même révolution que Gluck et Sacchini ont opérée dans la musique française. Ils eurent à réformer les costumes bizarres et ridicules de notre opéra , à supprimer les masques , les paniers, les tonnelets.

Quant à madame Garde! , épouse de Pierre-Galirirl. on l'appelait la Vénus de !N!e licis de la danse. Cette dame, appelée à remplacer la Guimard , avait créé avec succès un grand nombre de rôles.

A cette époque où l'on ne devinait pas les merveilles des Taglioni et îles Essler , ou a dit que ses pieds avaient une âme. Elle obtint sa retraite en 1816 , après trente ans de service.

Garde municipale. — Une ordonnance, en date du 16 aodt supprima le corps de la gendarmerie de Paris, si maltraité pendant les trois journées, et le remplaça par la garde mtfnicipa/e , à laquelle on contera les inùnu'S fonctions. Déjà, par uu arrêté du 4 octobre 1803 , les consuls avaient institué à Paris une garde du même nom, qui comptait deux régiments d'inlanterie et deux compagnies de cavalerie. Mais ce corps , modifié en 181 S dans son organisation, avait pris le nom de genttarmerie impériale,

La p;arde municipale de 1830 a été successivement augmentée. Son complet est aujourd'hui de 8,244 hommes , infanterie et cavalerie. Elle est placée sous Tautorité du ministre de l'intérieur et sous les ordres immédiats du préfet de police.

Son bel uniforme, devant lequel est, pour ainsi dire , tombée la haine qui poursuivait l'ancien gendarme y se compose d^un habit bleu à revers blancs, avec passe-poils et retroussis rouges, et aiguillettes orange , d'un casque tigré, etc. Il se rapproche heaucoup des plus beaux uniformes de l armee impériale.

G A uni: NATION ALB. — Ce fut le souvenir de la mission des vieilles milices communales qui se présenta à Tesprit des bourgeois parisiens lorsque, au début de la révolution, ils réclamèrent le

ITEAS. OAEDE H ATlOKAtB

rétablissement de cette force armée populaire. Ce vceu fut exprimé dans l*ii8semblée des électeurs, le 26 juin 1789,

puis exprimé devant TAssenihlée par Mirabeau dans la séance du 8 juillet, où il proposa sa célèbre adresse. Le il, le comité des électeurs fit la même demande aiîx législateurs , qui la prit en considération; le lendemain, forcé d'agir par les réclamations des citoyens , n ordonnait déjà de leur délivrer des armes. Le même jour, une députation de la Constituante va demander au roi la création de la garde bourgeoise ; le roi refuse. Cependant l'agitation et rin« quiétude allaient croissant , et les citoyens, reprenant leurs droits, se donnaient cette garde que la cours'obstinait à leur refuser. Le 1 a, l'Assemblée déclare « qu'effrayée des suites funestes que peut entraîner la réponse du roi , elle ne cessera pas d'insister sur Téloignement des troupes extraordinaireiiient assemblées près de Paris et de Versailles, et sur rétabtissemetit des gardes bourgeoises. » Le même jour, les électeurs publient i'arrété de la formatioa de ce corps. •

Il devait être composé de 16 légions subdivisées en 00 bataillons, chaque bataillon formant 4 compagnies, chaque compagnie étant de 200 boinines. Chacun des 60 districts devait fournir 200 hommes pour commencer le service :

cette mesure élevait provisoirement à 12,000 hommes l eîïtM tif de la milice, dont le fond devait être de 48,000 citoyens. La cocarde adoptée était aux couleurs de la ville : bleue et rouge. Tout homme trouvé avec cet insigne, sans avoir été enregistré dans Tun des districts, devait être remis à la justice du comité permanent, auquel les ofUciers du grand elat-niajor avaient séance.

Ce lut au milieu de Tinsurrc* lion du mardi 14 que la milice nouvelle commença a se former. Au bout de peu de jours^ elle était prête à défendre la ville contre la cour et l'armée, et à y maintenir la tranquillité. Un commandant général, un commandant général en second , un major gàiâral et son aide constituaient l'état-major nommé, comme les états-majors de chaque légion , par le coniité permanent.

Ou avait oliert d'abord le cominan* '

GARDE NATIONALE FRA?iCE. GAROE NATIONALE 613

dément général au duc d'Aumont, qui demanda vingt-quatre heures pour aélibérer, puis refusa, tandis que le commandant en second , le marquis de la Salle, activait rorganisation de la milice, A Versailles, où la prise de la Bastille avait fait ratifier enfin l'arrêté de la municipalité, on parlait, le soir du 14 , d'envoyer aux Parisiens des officiers généraux pour commander et organiser la garde bourgeoise. Mais la Fayette « recommanda aux électeurs de « se méfier de ces auxiliaires » ( Procèsverbal des électeurs, t. V\ p. 405 >. I,e 15, la Fayette fut nqmmé par acclamation commandant en chef de la garde parisienne, en même temps que Bailly devint maire de la capitale. Le blanc, la rouleur du roi, fut alors ajouté à In cocarde ; l'uniforme fut réglé tel que nous le voyons aujourd'hui, sauf les revers blancs ainsi que la culotte. Cet uniforme devint en 1792 celui de l'infanterie, qui le conserva pendant vingttrois ans.

Les gardes bourgeoises des diverses villes du royaume s'établirent promptement après le 14 juillet, à l'exemple de la milice parisienne , et quand l'institution se fut propagée partout, elle re( ut le nom de garde nationale» De nombreux changements v furent successivement introduits. On y créa bientôt des compagnies soldées, pour y placer les ^^iruei'/rançetbes dévoué à la cause populaire ; des compagnies d'élite, grenadiers et chasseurs, recevaient, d'un autre côté , les citoyens les plus zélés pour le smice gratuit, lequel était, du reste, déclaré obligatoire pour tous ceux à qui leur position de fortune ne le rendait pas trop onéreux. Des compagnies de canonniersetde cavalerie furent établies. Le 7 aoât, toutes ces mesures étaient déjà prises ; le 20 , la garde nationale de Paris prétait serment au roi, à la loi, à la commune, et, lors de la fameuse fédération du 14 juillet 1790 ( voyez Fébébation ) , les députations de toutes les milices citovennes de la France fraternisèrent avec celle de Paris. L'enthousiasme patriotique était alors si grand , qu'il s'était formé des bataillons d'enfants et de vieillards.

La loi d'exécution qui (i\a sur des bases uniformes l'organisation de la

garde nationale est datée seulement du 14 octobre 1791 ; mais elle avait été précédée par cette déclaration de principes :

Art. L L'AnemliIée nationale déclare

comme principes constitutionnels : la foire publique, considérée d'une manière générale, est la réunion de la force de tous les citoyens; l'armée est ttne force habituelle, extraite de la force publique, et destinée essentiellement à agir contre les ennemis du dehors; les corps armés pour le service iniérienr sont une force habituelle extraite de la force juiblique, et essentiellement destinée à iigir contre les perturbateurs de Tordre et de la paix ; la nation ne forme point un corps militaire, mais les citoyens seront obligés d(; s'armer aussitôt que l'ordre public troublé ou la patrie attaquée demandera remploi de la force publique, ou que la liberté sera eu péril. Ceux-là seuls jouiront des droits de citoyens actifs, qui, réunissant d'ailleurs les conditions prescrites , auront pris l*en{;asjeinent de rétnblir l'ordre ati deilrtris , quand ils en seront légalement requis, et de s'armer pour la défense des libertés de la patrie ; la force armée est / ctssenliellement obéissante ; nul cor|)s irarmée ne peut exercer le droit de déliix'rwi- ; les citoyens ne pourront exercer le droit de Sttm'age dans aucune assemblée politique s'ils sont armés, ou seulement vêtus d'nu uniforme. Les citoyens ne peuvent exercer aucun acte do force publique établie par la constitntion sans en avoir été requis; les citoyens ne pourront refuser le service dont ils auront été requis légalement.

Art. II. En conséquence 1* Assemblée nationale déclare que les citoyens actifs et leurs enfants mâles , âgés de i8 ans, déclareront soleuuellement la résolution de remplir au besoin ce devoir, en s'inscrivant sur les registres à ce destinée.

Art. III. L'organisation de la garde nationale n'est que la détermination du mode suivant lequel les citoyens doivent se rassembler, se former et agir, lorsqu'ils sont requis de remplir ce service.

Art. lY. Les citoyens , requis de d^imdre la chose publique et amies en vertu de cette réquisition, ou s'occupnnl des exercices (|ui seront institués , porteront le nom de gardes nationales.

Art.V. Comme il n'y a qu'une nation, il n'y aura qu'une même garde nationale, soumise aux mêmes règlements , à la même discipline et au même uniforme. »

Après le 10 aoilt, la garde nationale fut réorganisée « dans Te but de maintenir la liberté et l égalité. » La réaction

614 «ARDB NATlOllAUi L'UNIVERS.

«AKDB-HOBLB

thermidorienne la rétablit à peu près sur ses bases premières. Vaincue soas

le nom de sedions, elle fut dissoute le 14 vendémiaire. Le nirectoirt^ In reforma. Lecotisiilat et l'efnj)irela réduisirent presque u rien. Ce ne fut qu'à la dernière exrrémité, en 181 S, que Napoléon consentit à la réorganiser sur des bases plus libérides, lui qui avait prétendu autrefois procéder à cette mesure

{)ar déereis impériaux, et se réserver â nomination des ofliciers. Elle défendit courageusement le sol de la patrie envaille en 1814.

Un sénatus-consulte du 13 mars 1812 avait divisé la garde nationale en premier, second ban et arrière-ban, etcompris clans le premier cent cohortes laissées à la disposition du ministre de la guerre. Le lendemain 14, un décret im> périal en avait appelé quatre-vingt-huit autres à la défense des cotes , des ^r.inds dépots maritimes, des arsenaux et des Y)lac''S fortes. De nouvelles levées étant devenues nécessaires, un sénattis-consuite du 3 avril 1813 et un décret impérial du 5 appelèrent un nMitort de quatre-vingt nulle gardes nationaux, organisés en cohortes de grenadiers et de chasseurs; chaque cohorte était fornipp d«' quatre compagnies de cent cin-

auante hommes, dont deux de grenaiers et deux de chasseurs. Les cohortes du même département formaient une Iffjlnn. Le même décret organisait trente-.sepl cohortes urbaines , (chacune composée de mille hommes, et formant sept compag:nies, une de grenadiers, une de chasseurs, quatre de fusiliers (cent cinquante hommes) et une de eanonniers (cent hommes). Ces rohortes étaient chargées du service ordinaire de police dans les principaux ports de mer.

Quand K-s étrangers victorieux nous eurent impose un autre gouvernement, Tarmée fut dissoute; et lors de la réor-

{;anisation des gardes nationales, par 'ordonnance du 31 juillet 181 1, les gardes urbai»ies et les gardes rurales renrfilacèrent les cohortes levées dans les villes et dans les campagnes.

Pendant la première restauratioq, on mit sous leur sauvegarde la charte octroyée. En ISlâ, la nomination des offieiers, qui, d*après le principe de i*iii8-

titution, appartenait aux citoyens, fut réservée au roi , sur la présentation da colonel général, et diaprés des listes «p*

rêtées de concert avec le ministère dé l'intérieur. Line ordonnance du 17 juillet 1816 statua, suivant les bases adoptées par les gouvernements précédents, que tous les Français de vingt à soixante ans, imposés ou fils d'imposée, seraient soumis à ce service. Depuis l'ordonnance du 37 décembre 1815, la gardé nationale était érigée en quelque sorte en armée permanente, lorsqu'une autre ordoruianc.c la ramena à son institution municipale, le 30 septembre 1818.

Kn 1 827, elle reçut une atteinte grave par l'ordonnance du 29 avril, qui , pouV punir les cris ô'a bas les ministres! licencia la milice citoyenne de Paris. Mais nous Pavons vue renaître d'elte-métnella révolution de 1830, comme elle avait fait en 1789. T.es lois du 22 mars 1831 et du 19 avril 1832 ont donné à cette institution son organisation actuelle, organisation beaucoup moins libérale que celle de 1791 , et bien imparfaite sans doute, mais qui, telle qu'elle est aujourd'hui, présenterait encore d'assez fortes garanties à la Uberté et à TordSTS public <\ elle était facilement observée.

Tous les Français étant appelés de vingt à soixante ans au service de la garde nationale, il est dressé par le maire des listes de recensement , et dans chaque commune au moins un conseil de recensement pour la revision de ces listes, les radiations, les inscriptions, le contrôle du service,' ete. Les décisions de ce conseil sont soumises à l'examen (Vun /in-y de révision institué dans chaque canton. Pour la répression des fautes, infractions et délits ayant rapport au service, la loi du 22 mars 1831 a institué des eotueiU de discU

pliiic.

Gabdë NOBLE et Gabde-boubgeoi- 8B. — Les lois ou coutum'es dont l'en-* semble forme le droit d*un peuple, ne

sont que des applications particulières aux diverses relations de la vie, du principe sur lequel sa société est basée. Bon ou mauvais, ce principe étant une fois admis, tout s'ordonne par rapport à lui; ses institutions en sortent fatalement comme les conséquences d'une prémisse : si elles se transforment ou se

«ARDE-KOBLE

FRANCE

GAKOE-MOBLE

modifient, on peut être sûr que le principe lui-même a été modifié ou altéré.

L'histoire de la garde-noble offre une preuve frappante de cette vérité.

Dan» la soeiété féodale, tout reposait sur la propriété : c*était la source de tous droits, de toutes oblisntions; tant valait la terre, tant valait Tiiomme.

Tout daus la législation devait donc se rapporter à la propriété : Tétat des mi* neurs comme le reste. Aussi un principe bien différent de celui qui domine aujourd'liui régnait-il en cette matière.

Aâ lieu que uMihiteoafit la personne el les biens d*on enfant sont confiés aux parents et m\\ nmis qui sont présumés lui porter ie plus d'utTcrtion , à Torigine de la féodalité, on en chargea le seigneur de qui relevait ie fief apparie* nniit an mineur. On va voir dans quel intérêt cela se fit, et commeiit.

Tant que les fiefs furent amovibles, on les donna à des hommes capables de les servir; il ne put être question de mineiirs. Mais (juand ils devinrent héréditaires, l'obligation d'un service militaire personnel ayant continué à subsister comme auparavant, le cas se présenta ou le bas âge des vassaux rendait rexeciition de cette obligation impossible de leur part. Il fallait pourvoir cependant au servieé du fief, ear c^était une des conditions synallagmatîques du contrat féorinl qtii en concédait la jouissance. On le fit, en mettant le fief luimême dans la main du seigneur auquel le service était dû. Il en eut la garde pendant la minorité du vassal; il en perçut les revenus à son profit. Il paraissait juste que prenant la charge, il en efit le bénéfice.

L^intérét du fief seul fit donner au seigneur Padministration des biens du vassal; le même intérêt lui fit accorder la ffttrde de l'enfant. « Qui peut mieux, dit un ancien feudiste, instruire Tenfant du service militaire qu'il doit à raison de son lief, que le seigneur luimême auquel ce service est dû.'* Ce iïeigneur, pour être mieux servi par son vassal , donviera tous ses soins à son éducation; il est présumé plus propre à le former que les autres amis de l'ealànt, qui peuvèotétre ignorants et sans aKpéiieBlBq dans le métier des armes, » On voit comme tout s'ordonnait par

rapport à la terre. Dans cette société

matérielle , les hommes étaient subordonnés à la propriété.

Ce double droit du seigneur sur la personne du vassal et sur son fief constitua ce qu'on appela plus tard g(xrdenoble ou seigneuriale.

Quand le ininenr avait plusieurs fiefs qu'il tenait de différents seigneurs, ehacun de ces derniers eut la garde du fief qui relevait immédiatement de lui.

La garde de la persoinie appartenait dans ce cas au premier occupant, «à celui que primes happa le garde de le corps. » La garde du fief, en se séparant de la garde de la personne, ne perdit f)as son nom de garde-noble. Ce nom, même dans la suite, ne s'appliqua qu*à la première. Le mot de tutelle fut employé pour désigner la garde de la personne, quand elle se trouva distiucte de celle des biens.

Telle est Porigine de la garde-noble.

On la retrouve dans tous les pays où la féodalité a pu se constituer. ÎMnis eomm^ le principe féodal lui-même, cette institution n'a pu se maintenir longtemps dans son intégrité; elle eni^endrait des violences énormes de la part des seigneurs; au lieu d'administrer les biens en bons pères de famille, comme il semblait quils dussent le faire, ils les affermaient à des traitants ou les dévastaient, r.a personne même du mineur ne fut pas en sûreté entre leurs mains. Comme le fief du vassal faisait retour au seigneur à défaut d'hoirs, ils faisaient mourir le mineur s'ils y trouvaient leur intérêt. Quand c'était line fille, ils l'empécliaient de se marier, ou lui faisaient épouser quelqu'un de leurs valets ou de leurs protégés. La loi féodale, qui mettait le service du fief au-dessus de toutes les considérations , poussait à ces abus.

. Ils devinrent tels, aue pour y remédier, on dta la gardê'-nobk aux seigneurs , pour la confier aux plus proches parents. 11 est assez difficile d'assigner l'époque précise où ce changement s'opéra. Ce doit être vers là fin du douzième siècle, quand le système féodal commença à être battu en brèche par la royauté. On trouve dans les Etablissements, livre, ch. 115, unedéoision qui sembleindiquerquecettetrai](sformatioii était déjà accomplie du temps de saint ,

616 «ARDB-NOBLB L'UNIVERS. GABDKS-COTIS

Louis. « Se ii advenoit que uns gentilhomme mouriist lui et sa femme, et ils eussent hoir, cil qui drrrotf avoir le retor de la terres (non) de par le père, (ains) de par la mère, si anroit la terre en garde; mès il n'anroit pas la garde des enfans , ains l'auroit un de ses amis de par le père, qui scroit de son lignage et devroit avoir de la terre par reson à nourrir les enfants et porvoir; car s'il qui ont le retor de la terre ne doivent pas avoir la j;arde des enfants , car snupeçom est que ih ne voulmsent plus la inort des en/afyts que la vie, pour la terre qtd leur escharroit, »

Cependant, comme les Établissements n'étaient obligatoires que pour le duché de France, il est très-possible que la forme primitive de la garda-noble ait continué à subsister plus lon^mps dans d'autres provinces. Le fait est même certain pour la Normandie et pour la Bretagne. La garde-seigneuriale, telle que nous Tavons décrite, se retrouve dans les coutumes de ces deux

Eays, et s'est perpétuée jusqu'en 1789.

^âns toutes les autres coutumes, la garde-noble j quand elle y existe, est attribuée, comme dans les Établissements, au plus proche parent. Ses effets varient d'une province à l'autre; mais, dans la plupart, les avantages qu'elle confère sont singulièrement restreints :

le gardien n'est le plus souvent qu'un administrateur qui doit rendre compte des fruits qu'il perçoit. Les père ou mère qui ont la garde*noble de leurs enfintsmîneurseoatinttent seuisi jouir, dans quelques coutumes, des revenus des biens nobles qui appartiennent à ceux-ci. La garde-noble se réiiuit alors à un usufruit légal pareil à celui qui est établi par l'art. 384 du code civil, et elle est soumise aux mèines ronditions.

La garde'bourgeoise était une imitation de la garde-noble. Elle consistait dans le droit que certaines coutumes donnaientau conjoint survivant de percevoir à son profit les fruits et revenus des biens échus à leurs enfants mineurs, à la charge par lui de les élever, de les entretenir, et d'acquitter toutes les charges annuelles de ces biens. Comme le mot l'indique, la garde-bourgeoise n'appartenait qo*aux citoyens de certaines vjlles déterminées, qui jouis-

saient des privilèges de la bourgeoisie.

Gardi-bobs (grand mattre de la).

— « Cette charf^e, dit le Dictionnaire des mœurs et usages des Français (publié en 1767), est toujours possédée par un des grands seigneurs da royaume : elle n'est point ancienne, puisqu'elle n'a été créée que le 20 novembre 1669. Le grand maître de la garde-robe a soin des habits ordinaires du roi, et a la charge de les faire faire. Lorsque le roi s'habille, il met à Sa INTajesté la camisole, le cordon bleu et le justaucorps, et, les jours de grandes lètes, le manteau et le collier de Tordre. Quand le roi se déshabille, il lui présente la camisole de nuit, et lui demande quel habit il lui plaira de prendre le lendemain. Il y a, en outre, deux maitres de la garde-rtme qui servent par année, qui ont leurs fonctions particulières, et remplacent le j^rand tnaitre en son absence. Lors même que celui-ci est auprès du roi, cVst le maître de la garde-robe qui présente la cravate au roi , son mouchoir et ses gants, sa oanne et son chapeau. Lorsque Sa Majesté quitte un habit et vide ses poehes dans celles de riiabit qu'elle prend, il lui pimente ses poches pour les vider. Le soir, lorsque le roi sort de son cabinet , il remet ses gants, sa canne, son chapeau et son épée au mattre de la garde-robe, qui lui tire aussi le justaucorps, la veste et le cordon bleu , et reçoit sa cravate. Il y a pour le service de la garde-robe plusieurs officiers, ete., etc. »

En 1789, la charge de grand mattre de la garde-robe était possédée par le duc de Liancourt; les deux maîtres étaient IMM. de Boisgelin et de Cbauveltn.

On voit , par les almanachs royaux , que la garde-robe de la reine et des princes du sang comprenait, comme celle du roi , un nombreux penonnel.

r.a restauration avait rétabli celte domesticité de cour dans tous ses honneurs.

Gabde royale. Voyez Gaedes d'é-

LITB.

GAni>B-8ET&NBUBIALB.Voy. GaBDB-

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