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FiEBTE. — Ce TÎeoiï mot , dérifé du latin feretrum ( cercueil , châsse ) , est exclusivement usité pour désigner la châsse de saint J^oinain , qui fut, au septième siècle , archevêque de Rouen.
Le chapitre de la eathédrale, qui était en possession des reliques de ce saint , avait obtenu , vers le milieu du douzième siècle , des ducs de Normaur die , la grâce de délivrer chaque année, au jour de l'Ascensîoa^ un prisonnier condamné à mort. Four jouir de cette immunité, le criminel , rlioisi par les chanoines, devait, après s'être humblement confessé, prendre la châsse du saint, et la lever trois fois; il ( tait alors renvoyé libre et absous, ainsi que ses complices.
Cette grâce, qui était toiqoupt aoc(H^ dée aana difliculté , finit par être exigée comme uti droit les rois i\e France concédèrent a perpétuité au chapitre. Celui-ci d'ailleurs se montra peu endurant sur les atteintes dont sa prérogative pou- ¥ait être l'objet. Tant que le ]>rivil«'gede saint Romaiu exista, il fut, entre Té-
Siise de houeu et les magistrats sécuera de la- ville, un sujw de disputas continuelles. Le chapitre le défendit, en 1473, avec énergie et succès, même contre un roi de France j et ce roi était Louis XI ! Mais , à dater' d» Uétablissemen t d ' u n ech i q u i e r pe r 1 1 lanent à Roueff, en 1490, les chanoines éprouvèrent plus de difficultés dans l'exercice du privilège de saint Rouiain ; messieurs de l'échiquier se prévaloventd'Un éditdu 13 décembre 1.512, pour établir que les crimes « d'hérésie, leze-majesté, fausse « moanoie et homicide connuis et per* « pétré par industrie eideguet^apensé, » seraient exceptés de> cas jierimbês.
Sous François P"", les chicanes continuèrent sur la dignité ou l'indignité des. prisonnifr^ élus par le chapitre-, qui , en. vérité, ne se montrait pas scrupuleux, et donnait la fierté à des hommes charges des crimes les plus odieux, JSéanmoius, il fallut que le parlement (François If'anut, en 1615, donné- œ titre à récInqaieR de Rouen) , il fallut, dis-je, que le parlement en passât par où les chanoines voulurent, dans la crainte des. mouvements, populaires qu'aurait floroiter une atteinte portée a ce pri<vilége, auquel le peuple de Aouen.rai#
Même était ti da atladi^* Du veste-, le chapitre était consolé de ces tracasseries par des lettres affectueuses que lui adressaient, chaque année, les plus grands personnages du royaume, les prince», les fil» des rois, pour le supplier d'accorder, d'user de'leur droit envers leurs amis et protéf;és. Henri , dau-
Shin , (ils de François r*^, Charles, duc ^Orléans, le sollicitèrent maintes fois en faveur de gentilshommes coupables dé meurtres, viols et brigandages.
Charles ÏX lui-même lui demanda la grâce de plusieurs nobles meurtriers que protégeait d'ailleurs Antoine de Navarre. Toutefois, le parlement, sans égard pour la lettre du roi et pour Téiection du chapitre, condamna et fit exécuter le plus coupable d'entre eux.
Mais il lui fôllut mettre les autres en liberté. Enhardie par la faiblesse de Henri III , Téglise de Rouen continua , sous son règne, à n'appliquer ce privilège qu'aux prétendants les plus indignes. Ce fut en vain que les gens de robe (le Rouen , et même le parlement de Pari6, adresi>erent au roi des représentations à oe sujet ; les publlci6t>es , les historiens, les savants ne furent pas plus heureux. Bodin , dans sa Hf^piihU' çpie, et de Thou, dans son Histoire mitmsêlhOwre 78), se plaignirent Wement de ce qu'on eût fait servir ce privilège « a une impunité détestable et « sans bornes pour tous les malfaiteurs « du royaume , pour tous les crimes les « plus abomiiiaiw. » Étienne Fasquier disait aussi « quMI ne se pouvoit bonne* « ment résoudre comme il se pouvoit « faire qu'un si homme de bien aue «sainct Romain pi^istt un efuct « contraire à sa saincteté , et que eette « sainctetë fust comme une franchise « des meurdres les plus détestables (*). »
Ces mon^itrueux abus n en subsi>tè* rent pas rooins^ longtemps- encore. Cependant Henri IV, étant à Rouen pendant la tenue (le l'assemblée des notables, signa, le 25 janvier lâU7^ une déclaration qui restreignit beaucoup ce privilège* Ainsi, le viol fut ajouté aux cas non fierfc tables, et le criminel dut venir demander sa grâce lui'ïnênip, et non se faire représenter par des serviteurs ou comi#wsss.
(*) leltresi Va» Txir, lettre deiuiènMh
PfFItê FRANGE. Ff«EA€
Maïs les adversaires du priviFé[;e n'ert continuèrent pajf moins leurs attaques, surtout au sein du paiement de Paris.
et M en un an' après Paboli»
tîon des autres prniîéges par l'Asseltt- Mée nationnle, qne celui de la fierté fut exercé pour la dernière fois. Le ministre Ifttpmn notifia au tlitaWif de Rouen h suppression de cet usage ittégaf «t inconstitutionnel , par une lettre dfu ^ avril 1791.
De temps immémorial , la cérémonie (fe ia' fierté s'accomplissait avec une grande pompe. Le prisonnier, après avoir trois rois fevé la châsse dans la chapelle de Saint-Romain , la portait , an milieu d'une procession solennelle, jusqu'à Péglise nbtre-Dame , ayant sur sn tête une couronne de fleurs, et tenant les bouts antérieurs du brancard. Puis, la journée se terminait pour lui par un gfantt dtner, quand , toutefois, ses ennemis ne Tatailsnt pas épié auparavant pour lui faire un mauvais parti. Le jour de TAscension était, du reste, pour toute la ville un « jour de festins , dan- «ses, mommeiies ou* mascarades, avec « e\'nessiv6s desponcea. » Dans les derniers temps, on voy^iit encore les Rouennais se rendre, aurès la cérémonie, au cours, qui dëvenaitalûrs une espèce de
LongChOMp,
Le lendemain , cVtaient de nouvelles génuflexions et semonces, de nouvelles allées et venues, auxquelles le prisoa-
nlef devait sr souiUéttre. Mkir enfin,
après cette rude corvée, it nscdiivrait sa liberté et sa fortune.
On peut consulter, sur le privilège de M Iterte', rintérâlsante rbonographie ndbliée , en 1S33 , par Af. Floquet , grefnér en chef de la cour royale ae Rouen , correspondant de TAcadéraie des inscriptions et belles-lettres.
FiFBB. — Ce petit iristrofnènt militaire, emprunté des Suisses, a été en usage dans l'infanterie française à partir du règne de Louis XI , et dans les rë^ments de diragons'^et de mousquetaires depuis leur ciréation jusqu'à Tepoqup où ils renoncèrent aux tambours.
Quant à Tinfanterie , elle a tour à tour rej>ris et abandonné ie iifre, anciennement appelé aussi arigof, fi'emploi de cet instrument lut siirlout fréquent souS Henri IV, Louis XiV et Louis XV.
On entremêlait encore ses sons à ceux du tambour dans les armées de la révolution ; mais , depuis les guerres cfe oétie épotjue, if né ftat pluS employé que dans quelques corps, et seu^ lement par le h\t du caprice des colonels; ainsi , il y eut des fifres dans la garde du Directoire et des consuls; dans la garde impériale et dans celle de Paris; dans les régiments suisses, etc. Il est maintenant remplacé par te clairon.
FiGUAC, Ville dn bant Quercy, autrefois chef-lîeu d'élection , si^ d^une sénéchaiTssée et d'une justice royale , aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département du Lot, avec un tribunal de première imftance , une société d'agriculture et un collège communal.
Cette ville paraît devoir son origine à un monastère de bénédictins , fondé en 756. Guillaume l", Pun des abbés, Tcntoura de remparts entre les années 1080 et 1100. Les habitants de Fiî^eac avaient d'ailleurs obtenu de ces moines divers j)rivilé|^es; ainsi, dès l'année lOOI, il's avaient été autorisés par eux à élire sept consuls qui les gouvernaient. Phi- Hppe-Auguste, Louis IX, Philippe le Long , Louis XI confirmèrent ces fran- <!ihises. Les lettres patentes d'octobre 1318, par lesquelles Philippe V confirma les privilèges des Figeaçois et leur en concéda plusieurs nouveaux trèsfavoraJ)les, sont une véritable charte communale, et la concession royale la plus étendue , la plus explicite que la ville ait obtenue (*). Aussi ses magistrats et ses citoyens se montrèrent-ils toujours , jusqu'en" ITSfli, fort jaiout de la conservation des droits que ce titre leur accordait. Philippe le Bel était devenu seul seii^neur de Figeac en verui d'un échange conclu en 1301 avec l'abbé d6 SalnVSauveur , qui s*ét'ait départi de ses prérogatives seigneuriales en faveur du roi, moyennant une somme d'argent et quelques fiefs.
Les consuls jouissaient du droit dé battre monnaie ; le roi Jean tes en priva, pour les punir de s'être volontlûrenieilt
(*) Elles ont été imprimées à Paris du temps de Lxiuis XIV, soiis ce tiu e ; Ordinatio régis Pltiiippi V, pro judicalura et vicaria Figeaci per sueiuissores regei «f Ludoriem^ magnum fclieitêr régnantem eonfirmata»
FieuiÈmBS L*UNIVERS. nLA«B
soumis aux Anj^Iais. Mais les Figeaçois ne tardèrent pas a se lasser du joug des étrangers ; ils cherchèrent à rentrer en grâce avec le roi en les chassant euxmêmes de leur territoire. Les femmes, les tilles vendirent leurs parures pour contribuer à cet acte de patriotisme.
Aussi le roi sVmpressa-t-il de leur rendre leurs privilèges.
Sous Charles V, cette ville fut de nouveau surprise par les bandes de cette nation. Mais alors les trois états de sénéchaussée du Rouergue , les habitants de la haute Auvergne et plusieurs villes du Quercy se cotisèrent pour payer une forte somme aux étrangers, qui consentirent enfin, en 1372, à abandonner la place. Les calvinistes , après avoir essaye une première fois inutilement de prendre Figeac, y entrèrent par surprise en 1576, et s'y livrèrent au pillage et au meurtre. Ils y bâtirent une citadelle qui fut démolie avec les fortifications de la ville , quand le duc de Sully, qui en était gouverneur, la remit à Louis XIII en 1622.
La population actuelle de Figeac est de 6,500 habitants.
FiGuiiîiiES (prises de). — Philippe le Hardi 8*em|»ara de Figuières au mois de juin 1285. Cette ville, ainsi qu'une foule d'autres, tomba, en 1675, au pouvoir du comte de Schomberg, charge d'attaquer TEspagne du edté du Roussillon.
Au mois de novembre 1794 , le général Pérignon , vainqueur à la montagne Noire, dans les Pyrénées, poursuivit les Espagnols Jusque sous les mum de Figuières. Il assiégea aussitôt cette place et fit une sommation terrible au gouverneur. La frayeur des Kspaî^tiols ne leur laissa point apercevoir it petit nombre des Français, la iaiblesse de leurs moyens d'att'nque, et la capitulation fut conclue le 27 novembre; 10,000 soldats espagnols et portugais sortirent de Figuières pour poser les armes sur les glacis et être conduits prisonniers en France. La reddition de cette place étonna encore davantage quand ou y trouva 200 pièces de canon et beaucoup de munitions de toute espèce. Cette con-
Îuéte, en approvisionnant l'armée des Pyrénées et en lui fournissant 600,000 livres en numéraire, aurait déjà été inflaiment précieuse , quand elle n'aurait
pas ouvert aux Français l'accès du Lampourdan , qui leur assurait des subsistances abondantes. Elle parut si surprenante, que Ton attribua un tel succès à la corruption et non à la terreur des armes républicaines. Le roi d'Espagne, irrité, fit faire le procès au gouverneur de Figuières et aux offîciers d'état-major ; quatre d'entre eux furent
condamnes a mort.
Au aïois d'avril 1811 , la trahison de quelques employés subalternes , enoourai^ée par le défaut de vigilance du commandant de Figuières, le général Gtiyot, avait livré de nouveau cette place aux Espagnols. Dès que le général Baraguayd*liilTiers , gouverneur de la haute Catalogne, fut instruit de cet événement, qui excita dans toute la Péninsule une joie, un enthousiasme extraordinaires, il investit la ville, où venait de pénétrer une colonne de 2,000 miquelets.
Campoverde, à la tête de 12,000 hommes, se urésenta le 3 mai devant Figuières, cnercbant à y entrer, en même temps qu'il attaquait le camp fraiicais établi sur les hauteurs de Liers. Mafgré son activité, maigre la diversion qu'essaya de produire un détachement anglais déiiarqué près de Roses, il fut prévenu. 4,000 Français lui présentèrent la pointe de leurs baïonnettes, le prirent en flanc, le rompirent , lui mirent 3,000 hommes hors de combat, lui enlevèrent ses convois et lui ôtèrent Tespoir de renouveler sa tentative. Au bout de quatre mois et demi d'un blocus étroit, et après une sortie malheureuse, les Catalans enfermés dans Figuières furent réduits, par la famine et les maladies, à se rendre à discrétion.
F1LA.GE et FiLATUBES. — La quenouille et le fUseau, que les progrès de l'industrie et de la mécanique ont aujourd'hui rel<*frnés dans nos campagnes ou dans quelques villes de province lideles aux anciennes mœurs, étaient jadis , si Ton en croit les traditions du moyen âge, maniés par les princesses et les nol)les dames; mais il existe un vieux dicton populaire qui nous prouve que la mode de la reine Berthe est depuis longtemps perdue pnrmi elles.
Les proc^édés du filage sont restés longtemps imparfaits; car il n'y a guère qu'un demi -siècle que d'ingénieuses