FILAGE FRANCE. FILAGE
méranicpies s'acquittent du travnil réservé auparavant aux fileuses ou filandières. Nos pères n'avaient pas eu l'idée de centraliser ce travail dans de tastes ateliers, et de réunir sous le même toit plusieurs opérntion.«; mécaniques. Le Livre des métiers d'Etienne Boileau contient deux titres sur les statuts des fileresses de soie « à grans et n petiz fuiseaus. » Cette classe d'ouvrières était, à ce qu'il parait, assez démoralisée. Les merefers de Paris, obligés de leur confier la précieuse marchandise qu'ils faisaient venir de l'étranger, avaient souvent de la peine à se la faire rendre. Les fileuses ne se faisaient pas scrupule de vendre la soie, de l'échanger contre de In bourre ou de la mettre en gage chez les lombards et chez les juifs. On voit, par le*renouveIlement des ordonnances contre de pareilles fraudes , combien il fut difficile de discipliner les fileuses. Il fallut que, en 1283, le prévôt de Paris les fit toutes comparaître devant lui , et menaçât du bannissement et même de l'exposition au pilori, celles qui oseraient encore tromper les merciers.
La première machine dont on se soit sorri pour filer est sans contredit le fuseau ; c'est la seule que l'on ait employée dans rnntiquîté et au moyen 3ge ; quant au rouet du cordier, que la main du tileur met en mouvement, il n'est pas très-ancien; car la date de son invention, par un bourgeois de Brunswick , nommé Jurgen, ne remonte pas au delà de l'année 1530.
Quoi quMIen soit, Tusage s'en répandit promptement , et ii fut bientôt à peu
grès uniquement employé pour la farication du fil commun ; mais le fil du fuseau fut longtemps préféré pour les étoffes de loxe.
C'est au commencement du dix-huitième siècle que le rouet à pédale, importé de la Chine par uu Franç^ûs nommé Moniaran, remplaça ces deux machines. Ce rouet était sans doute, à la coquetterie près , peu diftérent de ceux dont se servent encore aujourd'hui nos fileuses. Montaran remploya à filer le lin , le coton , la laine et la soie; et il en obtint un fil beaucoup moins grossier qi je celui qu'on avait fabriqué jusque-ia.
Cependant les produits de ses fabri* ques laissaient encore beaucoup à désirer; aussi un autre Français, nommé Ftaekaty^i'W^ en 1745, le voyage du Levant pour y étudier la filature et la teinture. Il en rev int au bout de quelques années, et ramena des Grecs habiles dans Tart qu'il cherchait à perfectionner. Le gouvernement paraît avoir secondé ses efforts; car il fut nommé , le 21 décembre 1756, directeur des établissements levantins et de la manufacture de Saint-Chaumont, avec l'autonsation d'y faire des essais et d'y employer les procédés qu'il avait étudiés dans le Levant. Les Grecs qui l'avaient suivi ob* tinrent aussi des privil^es.
Jusque-là, il n'avait pas été question de filature à la mécanique, c'est-à dire, qu'on n'avait point encore pensé à remplacer les doigts do fileur par des machines. Les premiers ess^us en ce genre sont dus à dés Anglais. Ce fut eu 1760 qu'un simple ouvrier tisserand , nommé James Hargreaves y fit faire à la filature à la mécanique son premier pas, par l'invention d'une carde au moyen de laquelle on faisait deux fois autant d'ouvrage qu'avec les cardes ordinaires.
Le père du célèbre Robert Peel fut le premier manufacturier qui employa cette carde dans sa manufacture de Blackburn. Mais Hai^reaves fit, en 1 767, une seconde découverte plus importante encore que la première : il inventa la Jeannette ou Jenny, première machine qui , dans la fabrication du fil, ait réellement remplacé les doigts du fileur.
•L*homroe qui la surveillait travaillant d'ailleurs sur un grand nombre de bobines, il en résultait pour le fabricant une grande économie de main-d'œuvre.
Jrmnigtht, simple ouvrier comme Hargreaves, perfectionna, peu de temps après, la Jenny, en y appliquant les cylindres à étirer. Enfin, en 1786, Samuel Crompton^ réunissant et modifiant un peu les deux inventions de ses devanciers, construisit le midi- Jenny ^ dont on se sert encore aujourd'hui.
Les guerres de la révolution empêchèrent les Français de profiter de ces découvertes ; et Tmiportation de la muU- Jenny n'eut lieu qu'en 1800, sous le ministère de Cliaptal. C'est à un Liégeois, nomme Lieven-Bowans ^ qu'on
en est redevable. On vit bientôt s'établir dajis toutes nos yiljeç manufacturières, et partout où Vou trouvait des einplarements convenables, des filatures de coton et de laine; niais ce ne fut guère qu'après quand nos o^^- Nufactorieni purfpit ^lUr étudier m Angleterre les pro^é^iés é^iut une expérience déjà longue avait montré l'excelience , que leurs produits pureut lutt^çr avec ceux de ce pays.
Toutefois, on n'avait pu trouyer, |^ plus en Angleterre qu'en France, une mécanique au moyen de laquelle on piU convertir en fil le lia et le c)ianvre, aussi bien que le cotqn. Cétait en vain
3ue XVapoléon avait promis un million e prime au Français qui viendrait à bout de cette entreprise. La longueur des filaments de ces substances était uo obstacle qui paraissait insunnontablef Le million de Pempereur avait cependant excité l'émulation de nos niccaniciens; l'un d'eux, M. Girard, eonstniîsit des machines qui , transpofc tées en Angleterre sous la restauration, et léjïërement perfectionnées par les Anglais, ont été , il y a quelques qnnées seulement, réimportées en France, où elles ont reçu de M* Decoster de nouveaux perfectionnements. Elles laissent maintenant peu de chose à désirer; et quand on songe aux nombreux usages pour lesquels le lin et le chanvre m peuvent être remplacés par le coton; quand on songe surtout que ces deux substances sont indigènes chez nous; u*elles sont un des principaux produits e liotrc sol , et qu'il est peu de cultures qui réussissent aussi bien dans rimmcnse plaine de la Mitidja, la partie la plus ricbe et la plus fertile de notre belte colonie dUlger, on né peut douter que nos machines à filer le Un et le chanvre ne puissent prétendre, dans un avenir prochain , à une destinée aussi brillante que celle des muil- •Jenny des Anglais.
Filet ( Joseph ) , sergent-major à la 107'^ de ligne, né à Dieppe, s'elança le premier dans une redoute avancée défendue par trente ennemis; éfet^risés par son exemple, quelques braves se précipitèrent après lui. La redoute fut emportée, mais Fiatrépide FUet perdit la Vie,
. f'n-LiSïEB ( Guillawm.e ) , évêque de yerdui^ , qc Tjwi .et de Tournay , président du conseil d'État du duc de Bourgogne , chancelier de l'ordre de la Toison d or, né vers 1400, fut employé dans plusieurs négociations délicates ^ et député par Philippe le Ëon, i^oQ maître , vers Pie II , pour obtenir de ce pontife la dispense du vœu que ce prince avait ^it d'aller ^ la terre sainte. Il mourut à Gand en 1473, et ses restes furent inhumes à Saint-Omer, dans l'église de Snint-Bertin, qu'il avait fondée. On a de lui une Chronique de l'histoire de France^ ^517, 2 vol. in-fq}. ; Lo^ ToUqn d'or, etc. , Paris, 1 517, 3 vol. in<^. On croit aue révéque de Tournay était neveu d un autre Guillaume Fil- LASTBË, né à la Suze, dans le Maine, en 1344, doyen de Tégiise de Reims, cardinal en 1411, légat du pape en 1418, archevêque d'Aix en 1421, mort à Rome a ràge de quatrc-viriiit-qualre ans. Ce savant prélat iegua i>es livres au chapir |re de Reims, rebâtit les époles de théoW ied^ cetiê ville, et lit acheveir, en 1427, une dqs (oi^rs de r^glisq cathédraî»
d'Aix.
Fi(.i,ATq^ (DoiTi Guillaume), savant béqédicMn, né près Tilleul, diocèse de
Rouen, en in3t,mort en 1706 , à l'ab^ bnye de Fécan)|). Il a laissé plusieurs faciums théolugiques et une disserta^ lion remarquable sur I9 caverne de Mi* tbra.
FiLiTs v>v. FlUNCF. — C'est le nom que Ton donnait, sous l'ancienne monarchie , aux filles des rois de France. On les appelait aussi mesdames, alors même qu'elles n'étaient pas mariées.
Charles V ordonna, en 1374, par son testament, que se\s filles n'auraient pour dot qu'une sbmmed*argent ; ses successeurs suivirent son exemple, |Ulc0 des rois recevaient auparavant des apanages conjùdé{j44e$- ( Vo^e^ Lot