‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 171 sur 198 · NOBLE · texte numérisé non relu

NOBLE

Gabdes-côtes. Avant la révolution, il existait des milices spécialement dnrgéM de la garde des cotes et du service

«A«»«S DE LA VOBTÈ FRANCK. OAVM» DE LA PlllÊVirré 617

des batteries du littoral. Les régiments gardes-côtes turent compris dans le lieendement des milices provinciales opéré à la suite du décret du 4 mars 1791. Alors on confia la défense des côtes à la garde nationale, concurrem* ment avec la troupe de ligne.

Mais la loi du 9 septembre 1799 ( 33 fructidor nn vit) formn de nouveau trois bataillons de grenadiers gardes-côtes , et 130 compagnies de canon/t/€7*£ volontaires gardeS'CÔtes, Cette organisation fut fixée définitivement pnr un arrêté consulaire du 28 mai 1803 (8 prairial an XI).

Ce puissant auxiliaire de notre armée fut supprimé par une ordonnance royale du 4juinl814, que Napoléon s'empressa de rapporter :i son retour. î\!ais le décret impérial du 1.) avril fut abrogé par une nouvelle ordonnance royale du 14 août 181.5.

Le gouvernement actuel, par une ordonnance du l"" août 1831 , créa quatre compagnies de canonniers gardes-côtes, mais seulement pour les possessions françaises de l'Afrique septentrionale.

Ce nombre fut porté à six le 17 octobre 1833. Ces compagnies, disséminées dans les batteries du littoral, contribuent, avec les croiseurs de la station navale, appelés du même nom qu'elles, à écarter toute chance de débarquement.

Ga&dbs db la pobtb (compagnie des). — C*est sous Charles VIII qu'on voit pour la première fois paraître ce corps de la maison militaire du roi.

Fauchet cite Colinet du Gai comme capitaine des gardes de la porte en 1490; mais il ne donne nnrun détnil sur leur nombre ni sur leurs attributions.

Fieurange, qtii parle aussi d'eux , ne nous fournit pns plus de renseignements. Les États de la /'Vanee depuis 1660 donnent seulement les noms de leurs capitaines; enfin, ceux de 1663 sont plus explicites. Il y avait alors 1 ca-

f»itaine, 4 lieutenants et 50 gardes faisant eur service par quartier , et touchant chacun 200 livres de gages par quartier, et 40 de récompense. En 1689, le capitaine avait7,000livresd'appointement8, outre un brevet d'assurance de 200,000 livres sur cette charge pour lui ou ses héritiers. Le capitaine des portes prêtait ferment do fidélité entre les mains

du roi , et recevait de lui son bciton de commandement. Les 4 lieutenants prêtaient serment entre les mains do grand maître de la maison du roi. Ils portaient, comme le capitaine, un bâton d'ébène, garni d'ivoire aux deux bouts, et se mettaient à la tête de leur troupe chaque fois que Leurs Majestés sortaient ou entraient. Les gardes étaient postés à la principale porte du logis du roi; ils avaient leur corps de garde au dedans, et Toocupaient de six heures du matin à six heures du soir , où les gardes du corps les relevaient jusqu'au lendemain matin. Ils remettaient les clefe au brigadier de la garde écossaise (*).

T-eur uniforme était le justaucorps bleu comme celui des gardes du corps, av ec deux larges galons d'or et d'argent, et des boutons d'orfèvrerie. Ils étaient armés de Tépée et de la carabine , avec la bandoulière chargée de deux clefs.

Outre leurs appointements , ils recevaient en étremies de nouvelle année , 50 livres du roi, 32 de la reine et autant du parlement ; à la Saint-T.ouis , 40 livres, et chaque fois que le roi touchait les écrouelles, 10 écus du trésorier des offrandes. -

Cette compagnie fut supprimée par ordonnance du 30 septembre 17<S7 ; Louis XVIII la rétablit le lâ juillet 18t4. Les gardes, d'après cette réorganisation, n^avaient pas d'appointements ; mais les ^urniiméraires , qui pouvaient être au nombre de 100, avaient le grade de sous-lieutenant; les simples gardes celui de lieutenant. Leur Uniterme était : habit bleu, collet rouge, épaulette et contre-épaulelte d'or, pantalon blanc, chapeau avec plumet; leurs armes : l'épée et te fusil, ils furent définitivement supprimés par l'ordonnance du 1"' septembre 18tâ qui modifia la maison militaire.

Gardes de l4 phévôté de l'hôtel.

On ignore quelle fut, jusqu'au dixseptième siècle , la force armée à la dis-

(•) On leur relira le service de nuit et on les obligea de remetire les clefs à un hrii^adier écossais, parce qu'un garde de ceUe deinière compagnie surprît nue fois un garde de la porte dormant en faction. Histoire de la maison mditaire des rois de France , ffar Bouille r, p. 9IUf

6iS ttARDES D*ÉL1TE L (JiNIVERS. GARDEE D'ÉLITfi

position du prévôt de Fkàtef du roi, ou grand prévôt. 'Voyez ce mot.) Sous Louis XIV, < elle compamiie de Va maison militaire se composait de 100 hommes. Le capitainé, le prévôt de l'hôtel, avait sous lui 8 lieutenants, dont 4 ,i roi);- longue, qu'il n'einijlovait que dans les afiaires conteiiiieuses. Les gardes , avec leurs officiers, marchaient à pied devant le roi , ouvrant le cortège avec les Cent-Suisses, quand Sa Majesté sortait à pied ou en voiture à deux rlievaiix. Dans les autres cas , ils s>e rangeaient seulement en haie sur son passage, au <leho:s à roté de la porte. Ils devaient aller et venir dans le palais, s'opposer aux querelles, arrêter, mettre dehors les gens troublant Tordre, ou (es personnes d'apparence suspecte , etc.

Par im édit du mois de mars 1778, qui muditia leur organisation, il fut statué que toute l*année deux d'entre eux seraient employés auprès du garde des sceaux, (juatre à Paris dans les maisons royales, et deux dans les provinces auprès de chaque intendant.

Le prévôt de rhôtel avait 10,000 li- . vres d'appointements et de récompense par an ; les liculonanls 1.200. Leur uniforme était le hoqueton d'orJévrerie, dont le fond avait les couleurs du roi , incarnat, blanr et bleu, et se trouvait couvert de broderies avec la devise de Henri IV, une massue et ces mots :

Erit haec quogue cognita monstri&.

Cette compc'tgnie , com[)osée , depuis 1780, de 67 gardes, fut supprimée avec celle des cardes de la porte.

En 1815, les gardes de la prévôté furent , avec les Ont-Suisses et les gardes du corps, rétablis par Louis . XVIII, aux termes d'une ordonnance dtj 23 janvier. T'nc autre ordonnanee du T' janvier 1816 iixa leur efleclif à trois briiçadfs; mais ils furent supprimée le 27 avril 1817.

Leur uniforme ne différait guère de celui de la garde de la porte, que par l'épaulette qu'ils portaie'it en laine, recouverte de quelques fils d'or , parce (\u'\H n'avaient que le grade de souSoflit'ier d'infanterie.

G A HUES jj LLiTE. — Il Serait oiseux et puéril de chercher Torigine des gardes particulières des rois, en.rempntillt, comme l'ont fait quelques écrivains «

jusqu'à Clovîs, à Contran. Nous ne

nous occuperons pas non plus d'examiner ce qu'étaient les o&7/arii ou custodes de Charlemagne, les sergenis d*arm6s de Philippe- Auguste, desaint Louis, etc. 11 nous suffira de prendre pour point de départ le quinzième siècle, l'époque où la force araiée du royaume reçut une organisation nouvelle. Louis aI avait autour de lui des archers ou gardes du corps, des écuyers du corps, les cent gentilshommes au bec de cor- 6m ou gentilshommes des vingt écus , les C€n^^Sui88es, les gens d'armes écossais (voyez ces mots) , corps privilégiés qui continuèrent à servir plus ou moins longtemps sous ses successeurs ; Louis • XII y ajouta une garde flamandé trèsnombreuse; et nous remarquons à ce propos, que depuis Charles VI jusqu'à Charles X, les rois de France se sont toujours crus bien mieux défendus par des troupes étrangères que par des soldats français. A la m<?ir)e époque et sous François V% la garde renf( rmait encore des crmiequiniers fournis par les princes d*Âllemagne. Vinrent ensuite les gardes françaises créées en 1563 , les chevau-légers du roi en 1592 , les gendarmes de la garde en 1611 , V s grardes suisses en 1616 , les mousquetaires en 1622 {*), Mais ce fut surtout Louis XIV qui s'entoura d*une garde brillante et dispen iieuse. L'augmentation des cadres en porta alors l'effectif a 10,000 hommes. On distingua tes gardes du dedans et les gardes du dehors. Les premiers étaient les gardes du corps y les Cent-Suisses et les gardes de la porte, et les gardes de la prévôté. Dans les gardes dû dehors on <X)mpreiiftit les gendarmes , les chevau - légers , les moasquetdires , les gardes Jrariçaises et suisses , les gentilshommes au l)€C decorMn,

En 166! , les gardes écossaises furent licenciées , et, en 1676, on forma la compagnie des grenadiers à cheval.

Toutes ces compagnies se signalèrent dans les campagnes de Louis XIII et de Louis XIV, par une intrépidité, une ardeur qui trop souvent se mit au-dessus de la discipline. Sous le règue aai-

(*) Nous consaci-dnl à dkactm deees Sàtfs un article spécial.

véot, Itf ihafson militaire Se fit encore

remarquer à Philij»sl)()iir;î , .î Fontenoi , rte. î,a supprei^sioii rl inx' pu tie de ces j^ardes d'élite» en 177ô, n duisit la garde de 550 hommes. Elle éfiitt, en Î7S9 , de 8 l')5 hommes, y compris la gnnle des princes. En 1791, une garde constitutionnelle de 1 ,200 liommes d' infanterie et de 600 chevattx pris dans leé troupes de ligne renjpl.iça une partie de la maison militaire. Les 29 et 31 mai 1792, elle disparut et pr:ti a dans la com-

Jïosition de la garde de la ( onvenliun ^ \ laquelle sueréda la garde du Direcioire. Sur le champ de bataille de INIarengo, on vit nisdit'- dchiitcr glorieusement la garde consulaire , organikèb en novembre S7d9, et qui devint rimiilortelie ^àrde impériale. ( Voyez Ces mots. )

T.es ordormnnces de^ 23 mai , IT) juin et 15 juillet 18U, rentiues presque nus- %\\ët après que les Bourbonà eurent remis le pied aux Tuileries, rétablirent autour de Louis XVIII toute ranciernie maison militaire plus som|>tueuse que Jamais , « le trdne aevaiit être environné de tout ré<'lat qui lui appartient, et le roi tnuivant ainsi le moyen de reeompeuser d'utiles services (*).>. Les réi^iments de la vieille f;arde impériale devinrent momentanément les corps royaux de France. Arrivé à Lyon en 181.5 , l'empereur s'oi cnpa des compagnies de la maison militaire qui prenaient les routes de Gand ou de (a Vendée. Par un décret du 13 mars, il décida qae dorénavant aucun corps étranurr ne serait admis à la ^arde des souverains , que les Cent-Suisses, gardes de la porte, gardes suisses seraient renvoyés à vin<:t lieues de la capitaic et des palais im,»eriaux, jusqu'à ce qu'ils fussent ie!;alement lict ncies, et que le sort da soldat fât 'assuré. En même temps la maison du roi , gardes du corps, mousquetaires, etc., était supprimée.

Le r' septembre ISlô parut une ordonnance royale supprimant les compagnies (le gendarmes , chevau- légers, mon.squetaires , {grenadiers a clieval et gardes de la porte. Une autie ordonnance du 27 avril 1817 supprima les gardes de la prévdté.

(*) Préambule de Tordoiinaiioe du t5 jvio itir léiréhévAu-lég^b.

La maison du roi ne fut plus composée (pie de quatre compagnies tic gardes du corps et de la compaguie des Çent-Suis.NCs. Les gardes du corps dp Monsieur, d^abord supprimés aussi en 1815, furent rétablis par une ordonnance du 25 déceuihre. Celle du f' septembre créa. une aarde royale i ce corps était formé : 1* de 2 divisions d*infaiit> terie qui contenaient chacune 2 briga* des, et dont la 4* brigade était composée de 2 rcgimeuts si/isses ; T de 2 divisions de cavalerie comprenant : 2 réuiments de grenadiers à cheval, 2 de cuirassiers , l de dragons , 1 de chassein's à cheval, 1 de lanciers ^ X de hussards i 3» d'un régiment iï'arlilleriç à cheval, d'un régiment de train et d^un régiment artillerie à pied. P. us tard on y ajouta deux compagnies sédentaires de rélérans.

D'après Tordonnartce constitutive du S7 février 1826, la force totale de iâ parde, y compris la maison militaire, devait être, s ir le pied «le paix, de 1,200 otticiers et de 2'J.OOO sous-orficiers et solfiais; sur le pied de guerre, ce nombre devait ^tre porte à 33,925. La garde se recrulaît dnn? Taimee; les oflii'iers étaient au ( lioix (lu t i)i. A' sa création elle joui.ssait des mêmes prérogatives que l'ex-garde impériale; lé sotiUit était a>siu)ilé au caporal des troupes de ligne ; les ofliciers avaiejit le rang et le titre inunédiutemeui supérieurs a leurs gra* des dans la ligne. La loi sur Tavancement, du 10 mars 1818, força de modilier ce privilège. Le grade fie Cul j)lu8 acquis qu'après un sirvice de quatre ans dans celui dont on remplissait les fonctions. De nonibreuses réclamations et des al)u> inévitables lirent encore retirer a la garde ces avantages. Aux termes d'une ordonnance du 9 aoUt 1826, Ijes titulaires n'eurent plus que le grade de leur emploi. Il resta à ces régiments la prérogative de porter un uniforme plus brillant, de toucher une solde plus forte que ceux de la ligne. La solde de» officiers généraux et supérieurs était du quart eu sus; celle des (apilaiucs, olficiers inlei ieurs , sous - oliii iers et' soldats, de moitié en sus. Apres la révolution de juillet , OÙ la garde privilégiéeavait < (Hnbattvpourleroiexpulsé,on n'aurait pu la oonserrer, la rétablir sans

620 GARDES DU CORPS UUISIVËRS. GARDl!:S DU CORPS

se mettre en opposition ouverte avec les idées libérales qui avaient élevé les barricades , avec le vœu bien prononcé de Topinion publique. La maison militaire et la garde royale furent donc supprimées, sans doute pour toujours, par une ordonnance du 11 août 1830. »

GABDVS BE8 HÂTIBB8 OU MaItEBS

TPË GARDES — On nommait ainsi des bourgeois élus dans les corps de métiers pour veiller à ce que rien n'y fiit fait contre les statuts, et à ce qu'aucune atteinte ne fût portée h leurs privilèges.

Gardes d'hoivpjf.ur. — Un sénatusconsulte, du 3 avril 1813, mettant une force de 180,000 hommes à la disposition du ministre de la guerre, pour augmenter les forces actives de TEm* pire, ordonna, entre autres levées, celle de 10,000 hommes de gardes d honneur à cheval. La création de ces quatre régiments nouveaux a été vivement re-

fïrocliée à Napoléon, en ce qu'elle nppeait au service beaucoup déjeunes gens riches qui avaient déjà satisfait à la loi de la conscription, soit en obtenant des exemptions par des moyens quelconques, soit en fournissant des remplaçants: mais la politique de l'empereur était de s'assurer ainsi des espèces d'otages tirés dés nobles familles dont l'attachement était suspect. Cette cavalerie devait s'hnbiller, s'équiper et se monter à ses irais. Klle avait le rang et la solde de ia garde impériale, dont elle faisait partie. Et Napoléon, pour gagner Tafléciion de ce corps, avait fait insérer dans le sénatus-consulte un article ainsi conçu : « Lorsque, après la campagne, il sera |»océdé à la formation de quatre compagnies de gardes du corps, une partie de ces compagnies sera choisie parmi les hommes des régiments des gardes d'honneur qui se seront le plus distin<!;ués. » La jeunesse française répondit noblement à l'appel de' l'empereur; et, dans les campagnes de 1813, 1814, les gardes d'honneur, notamment à Dresde , à Hanau et à Reims, se Grent remarquer par leur courage et leur dévouement.

Gardes bu gobps. — Ce fut Charles VII qui institua la f* compagnie écossaise des gardes du coiyys du roi.

(Voyez Écossais [gendarmes et gardes].) Louis XI en créa la r*" et la 2"

compagnie française , et François T*' la 3*. Mais la compagnie écossaise, comme la plus ancienne, avait toujours la droite sur les autres , et le rang de celles-ci était déterminé par l'ancienneté de réception de leur capitaine. Les compagnies de gardes du corps faisaient le service par quartier. Le capitaine qui était de quartier .ne quittait pas le roi , depuis son lever jusqu'à son coucher, et marchait toujours immédiatement derrière lut et près de sa personne, quelque part qu'il fût, à table, en carrosse, à cheval ou partout ailleurs. l a nuit il couchait sous la chambre de Sa Majesté , et gardait les clefs du palais sous son chevet. Brillantes f)rerogativesî aussi les plus grandes illustrations militaires de tous les temps ontelles ambitionné ce poste, qui leur donnait l'oreille du souverain.

Sous François I*' chaque compagnie comptait 100 gardes ; sous Charles IX, la compagnie écossaise n'était pins guère composée que de gentiiblionimes français; sous Louis XIV, la reine mère et le duc d'Orléans eurent chacun une compairnie de gardes du corps.

Leur effectif à cette époque s'éleva à 1,600 hommes, chiffre qui , en 1715, était réduit à 1,440; ce nombre paraît s'être mainten'.i jusqu'à la révolution de 1789. L'uniforme général des gardes du corps avant la révolution était : habit bleu , parements , doublures , veste et collet rouges, manches en bottes, agréments brodés et galon d'argent en plein sur le tout, bandoulière à fond d'argent plein , pour la compagnie écossaise, à fond d'argent mêlé de vert, ou de jaune, ou (îe bleu, pour les trois autres; culotte et bas rouges. La couleur des étendards, pièces de taffetas carrées , suivait celle des bandoulières. Les armes des gardes du corps qui combattaient à cheval , à l'armée, étaient, depuis Louis XIV, l'épée, le mousqueton et le pistolet. Cette dernière arme ne se portait pas quand la compagnie était de service au Louvre, à Versailles, eto.

L'iiistoire des gardes du corps se rattache essentiellement à l'histoire intime de la cour de France. On ne peut nier que ce corps n'nit rendu de grands services à la couronne; il se, distingua en toute occasion par une iidelité a toute

«AftMS Dt; QÙRPS FRANCE. «AMDB8 DV 00*M Ittl

épreuve envers la famille royale; en beaucoup de circonstances il a scellé cette fidélité de son sang. Mais aussi il ne se faisait aucun scrupule de verser celui des citoyens , des ennemis de la cour.

Au mois de septembre 1789, les gardes du corps étaient les seuls militaires oui eussent ronservé la cocarde blanche; ils n'avaient pas uiéuie prêté le serinent civique. Celles de leurs compagnies dont le service venait d'expirer restèrent, contre Tusage, à Versuilles, avec celles dont le service cominen^'ait; contre l'usage aussi , les nouveaux venus résolurent de donner, pour le jeudi 1*' octobre , un repas à leurs camarades. La cour , occupée de quelque projet de départ et empressée de gaguerdes défenseurs , mit à la disposition des çonvives le palais même du roi, la grande salle de l'opéra , qui jamais ne servait qu'aux fêtes royales. Les ofliciers de plusieurs autres réginienls furent invités à cetté féte. Les dames et les seigneurs de la cour vinrent remplir les loges. Au second service on porta bruyamment la santé de la famille royale ; mais celle de la nation fut omise à dessein , selon quelques-uns ; proposée et expressément rejetée par les gardes du corps , selon un grand nombre de témoins. Bientôt paraissent Louis XVI et la reine; tenant le dauphin dans ses bras, Marie - Antoinette lait niéme le tour de la table au milieu des transports les plus bruyants. Les gardes du corps , tous les soldats qu'on avait fait entrer dans la salle à Tentreniets, portent , répce nue à la main, là santé du roi, de la reine et du dauphin.

Quand la cour s est retirée , la féte devient une orgie complète. Les "vins , prodigués avec une munificence vraiment royale, échauffent toutes les tètes; les musiciens exécutent divers morceaux de circonstance, tels que : O il<lÂard, ô mon roi, l'univers fabanr donne /... et la Marche des houUans...

La cocarde nationale est foulée aux pieds; on vocifère des imprécations contre TAssemblée nationale ; la charge sonne, et les convives, enivrés par le vin, la musique, les chants, les cris, escaladent, chancelants, les loges de la iftlle. On M réj^md dans les galeries du

Ealais , où l'on arbore des cocardes lanches et des rubans distribués par les nobles dames; on se livre à mille extra vagntices dans la cour de marbre.

Le lendeuiain , la reine repondait imprudemment à une députalion : « J'ai « été enchantée de la journée de jeudi. »

Pendant ce temps, le peuple de Paris n'avait pas de pain!... Irrité de ces outrages, de ces orgies répétées le lendemain, de ces complots manifestes , il se précipita, le 5, sur Versailles. Là encore, il se trouva des gardes du corps pour faire feu sur des femmes, sur leurs concitoyens. Si ces provocations et ces hostilités flagrantes exaspérèrent le peuple jusqu'à lui faire commettre de funestes excès , sur qui devait en retomber la responsabilité ? Le 2ô juin 1791 , TAssemblée rendit un décret <pii licenciait les gardes du corps.

lis reparurent en 1S(4 et 1815 autour du roi; leur organisation définitive fut déterminée par une ordonnance du 80 décembre 1818. Par cette ordonnance, les gardes du corps du roi se composaient, outre l'etat-major , de 4 compagnies, fortes ciiacune de 287 hommes, officiers et gardes. La compagnie formait 4 brigades , représentant 2 escadrons. Les gardes étaient divisés en trois classes , et avaient le grade de lieutenant ou de sous-lieutenant. Les gardes de troisième classe étaient choisis parmi les élèves des écoles militaires et les sous-ofiiciers de la ligne remplissant les conditions voulues pour devenir officiers. Presque tous les autres emplois étaient donnés, un tiers au choix, deux tiers à l'ancienneté ; les grades supérieurs étaient tous laisses au choix du roi. Knfin, une ordonnance (lu 22 mai 1822 donnait, jusqu'au grade de colonel, le grade supérieur à tout ofticier employé dans les gardes du corps, du jour ou il avait accompli huit années dans l'emploi du grade inférieur.

L'uniforme des gardes du corps était magnifique : il se composait d'un habit bleu de roi, avec collet , parements et retroossis écarlate ; ia poitrine , le eollet, les parements, les passes, étaient garnis de brandebourgs et de boutonnières en galon d'argent; le pantalon était de drap bleu, ou en Casimir blanc;

lecasque étaitforinéd'uneJMmbedfoite^

Condé et Coligny ayant 1^ 4Jçnl|BW

le roi sur le chemin de Meaùx a Fari$, on se hâta de les rappeler. Ils furent

un pLiqué d'argent, entouré d'une pea\i de veau marin , et surmonté d*un plumet blanc ; la bandoulière tenant la giberne était en galon d'argent. Les gardes portaient des épaulettes et des ai-

Suiliettes eu argent; ils étuient armés 'un mousqueton, d'un >nl)re de cavalerie, et d'une puirede pistolets.

Le comte de Provepce et le co.mte d*Artois avaient reçu diaeuo , par des édits de 1771 et 1773, deux compagnies de tardes du corps seinbhibles a celles du roi, comme ils avaient aussi deux autres compagnies , gardes suisses et gardes de la porte. A la restauration, Monsieur, comte d'Artois , eut encore deux compagnies de g.irdcs du corps, dont Tuniiorme vert était d'ailleurs en tout semblable à celui dés gardes du roi. Par ordonnance du Îi9 avril 1819, ces deux compagnies n'en formèrent .au'uneseuie, qui, a()rès la mort de Louis XVIII , devint la cinquième* des p;ardes dfu corps du roi. Les cinq compagnies furent licenciées par ord'Min.mce du 11 août 1830, sans doute pour ne plus reparaître.

Gardes fbançaisbs. Ce régiment

fut créé en 1563. « Le Havre pris, dit Brmtome , le roi et la reine sa mère, qui pouvoit tout alors a cause de la minorité du Ois, constituèrent un régi- /nent de gens de pied françois pour la garde de Sa Majesté ; et ce fiit lors la preniière institution composée de diy jînseignes de lu garde du roi. »

Dès Torigine , la création de ce régiment causa de grands mi^contentempnts.

Les chefs lini;u;'nots surtout répétaient qu'il était malséant pour un roi d'avoir itant de gardes ; uue sa garde la plus sûre devait éitre I amour de ses sujets, que c'était une nouvelle dépen^-e stjper- (lue, el('. Ces reproches , toutel'uis , cachaient une arnere-pt nséc. D'un autre cdté, le premier mesire de camp des gardes françaises , le Languedocien Charri prétendit rerevoir ses ordres du roi seul , et nou de ^judc lot, colonel général de Tinfantene. pandelot le Gt assassiner. Enfin, la reine mère, qui venait de pacilit r le rovanme et de réconcilier à Moulins les Cuise iwev les Montmorency et les Coligny, cousenlit afyDvoyer les gardes françaises dans des

^ l^wm». J^ais en 1$67, hommes.

néanmoins cassés en 1073, après la paix de la Rocbeile. Atî bout d un an , les mêmes craintes engagèrent de nouveau Charles IX à les rétablir. Cette fois ifs ne formèrent plus que deux coippagojes au lieu de dix.

Henri III rendit à ce r^iment son ancienne splendeur, et en donna le commandement à son premier mignon Du-

§uast. Un autre favori , d'Ëpernoo , avenu colonel èénéral de rintanterie, obtint le droit de nommer tes mestros de camp des gardes françaises comme ceux du reste de l'armée. Cette charge fut par lui doqnée à Crillon. IJenri IV trouvant un pareil privilège trop étendu, s'en réserva f exercice. Le preipier usage qu'il en fil , ce fut de nommer Créqui successeur de Crillon, malgré les vives remontrances et le RiHéeontentement de Tancien favori de Henri III. Seulement, il fut stipulé que le roi et le duc nommeraient alteniativetnent les capitaines,

au'au dernier resterait la nomination es charges subalternes , ^t le droit de recevoir entre ses ujains le serinent des mestres de camp. O'Épcrnon conserva jusqu'à $a mort , et en deuit de tous, ses liauies prérogatives, ^9\s depuis Tan 1661 , il n'y eut plus de mestre de camp dans le régiment des gardes françaises. M. de Crammont , qui le commandait alors, prit le titre de ^olonel.

Depuis 1635 jusqu'en Ifi^, Icis garde^ françaises formèrent 30 compagnies, tandis que sous Henri IV jusqu'en 1603 du moins) et sous Louis ^III ce nombre avait é(é de 30. Peu effrayé de 1^ dépense qu'entraînait Tentretièn ap ces corps privilégiés, Louis XIV, en 1689, y ajouta 2 coiupannies de grenadiers; Louis XV, eu 17iy , en créa une 3".

Enfin, Louiç XVl, en 1777, organisa ce régiment par bataillons.

Le nombre des hommes varia comme celui des compagnies. Chaque compagnie était, dans rorigine , de 50 liommes; soxis Henri IV, de 80, puis d04O*, en 1615 de 200; en 1629, en 1632, et en 1()3.5, de 300. Cette augmentation, conservée assez longtemps , portait le régiment à ia force énorme ^e 9,Q0Q , et mêa^e .?,(liftO^Bï&i.rfrf?

jonction des ^enadiers. Lpuis XV. en Ce corps n'était ouvert à auenn étraii-

1749, réduisit les gardes franQUiies au ger, pas même aux tiomnies nés (lans

chiffre de 4.110 hommes, que son suc- les derniers pnys réunis à la France ,

cesseur n'augmenta que de 768 hommes, tels que l'Alsace. Il avait son quartier

Outre les soldats, le régiment eut à à Paris, dans un des faubourgs les plus

sti suite des cadets. Ils y furent même populeux (*). l,es soldats et caporaux

très-nomlirrux depuis le rc^tie de Char- avaient le droit de suppléer à la modi-

les IX jusqu'à rordoimance de 1670, cite de leur solde, en exerçant des mé-

qui les réduisit à 2 par compagnie. tiers en ville; ainsi fit longtemps La-

Les gardes franj^ises disant oartie de eare Hoche, engagé dans les gardes

la maison du roi jouissaient de pri?î* françaises.

|p{»es nombreux. Considérés comme le Ces diverses circonstances expliquent

premier régiment du royaume, ils assez comment ce régiment, lié au peu -

avaient le pas smrtoosles autres, même pie par de fréquents raj>ports d'amitié

sur les Cent-Suisses et les gardes suis- ou d'intérêts < se fit peuple dès les pre-

scs. A l'armée, ils choisissaient leur miers jours de 1789, et s'associa fran-

poste, et le prenaient ordinntrenient au chement à ses coiicitoyef)s. Le soldat

centre de l'infanterie ; après la prise plébéien était las d'ailleurs de sa posi-

d*une place assiégée, ils y entraient les tion avilie. Pendant les jours d*effer-

premiers, et même les seuls s'ils étaient vescence du' mois de juin 1789, SOO

assez f(»rts pour la garder , etc. Aussi soldats du réiîiment, malgré la consigne

l'honneur ae conmiander une compa- de leur colonel , s'étaient mêlés aux

gnie de ce corps d'élite coûtait-il envi- Parisiens dans les réjouissonces qui cé-

ron 80,000 livres. lébrèrent la réunion des trois ordres.

L'tmiforme n'était pas encore établi Le 30 nu snir, nn ;i|)prit au Palais-Royal en tnoi dans le régiment. On trouve que onze d'entre eux étaient détenus à en effet, dans l'État de la France à I Abbaye pour avoir refusé, disait-on, eette date : « Après la oolonnetle , il y de tourner leurs armes contre les cia , entre autres compagnies françaises, toyens. Aussitôt des cris sVIèvent de la compagnie de Maulpeon , dont les totites parts : A l'Abbaye! Une foule soldats sont habillés de gris, et un pa- nombreuse marche vers la prison , en nache mêlé sur le chapeau ; la compa- brise les portes, et les onze soldats définie de Rubeniel, dont les soldats sont livres sont conduits en triomphe au habillés de gris et les cImusscs bleues; Palais-RoyaL où ils couchtnt, sous la la compagiue de Castehiau , dont les sauvegarde de leurs libérateurs. La soldats sont revêtus d'un Justaucorps cour prolita de cette é^neute pour faire ou çasaquin rouge; la compagnie de ' approcher d*autres troupes, des régi* Hautefeuijle » dont les soldats ont des ments étrangers, dont l'obéissance pas- Chausses rouges et des bonnets de ra- sive la rassurait davantage. Le 12 juiltine fourrés. » Mais lorsque Louis XIV let, quand le Royal-Allemand eut chargé eut décidé que toutes compagnies le peuple, ce forent les gardes fraûçqid'im même régiment auraient un même ses qui , brisant les grilles de leurs cahnl)illement , les gardes françaises eu- sernes, régularisèrent les mouvements rent un imiforme gris hliinc , avec du du peuple furieux. Ils hrent une dégalon d'argent faux sur toutes les tail- charge sur les dragons chargés de les les des justaucorps. Les ofHciers furent surveiller dans leur e<«erne, et s*avanvêtus d'écarlate brodée d' iruent. Sous cèrent ensuite au pas dr eharge, à onze Louis XV, l'habit des soldats fut bleu heures du soir, au Palais-Royal, et de relevé de rouge, avec des galons de Gl là sur la place Louis XV, pour en chas- "blanc aux boutonnières. Celui des ofK- sér les troupes antînationales. Sansofciers fut de même couleur et galonné ^ers, sans artillerie , mais appuyé d'argent. L( s drapeaux du régiment des par le peuple, qui applaudissait, ils regardes étaient bleus, semés de fleurs de çurent à coups de fusil les troupes du Jis d'or sans nombre , avec une croix baron 4e lîezen val , qui fut forcé de se bjanche ai^ milieu , chargée à chaque

ffb^i de/Bcis travers d^upecouronue dTor; • (*) le foubowg éa Temple.

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