‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 172 sur 198 · GARDES-MARINES L'UISIVERS. GARDES SUISSES · texte numérisé non relu

GARDES-MARINES L'UISIVERS. GARDES SUISSES

replier sur Versailles. Cette défection des gardes françaises fit échouer les projets de la cour. Le lendemain, 3,000 d'entre eux vinrent se ranger autour de l'assemblée des électeurs , jurant de mourir pour la patrie (*). Leurs cliefs voulaient les entraîner dans la plaiue Saint-Denis ; c*était lés envoyer à la boucherie. Ils refusèrent, aimant mieux, disaient-ils, verser utilement leur sang oue de se livrer à la fureur des troupes étrangères. Enfin ce corps contrloua puissamment à la prise de la Bastille, et guida à l'attaque de la forteresse les bataillons populaires. Aussi Louis XVI rendit-il, le 31 août, une ordonnance oui cassait le régiment. Les officiers et les soldats restèrent dans la garde nationale parisienne jusqu'en 1792 , sous le titre de garde nationale soldée. D'après la dfisposition d'un décret du 10 octobre 1792, ils furent distribués dans les bataillons chargés de défendre le territoire , que menaçaient de toutes parts l'Autriche et la Crusse, et eureut une part glorieuse aux premiers succès*'

de la révolution.

GAKDES-MAitiM-s. En 1670, Colbert, songeant à former une pépinière ou devaient se recruter les officiers de la marine royale, fit établir à Brest, à Rochefort et" à Toulon, trois compagnies de gardes de la marim , chacune de 200 hommes. « Je n'ai pu savoir, dit le P. Daniel, pourquoi on leur a donné ce titre; quelqu'un m'a dit qu'ils prétendoient, en vertu de ce nom, taire la

tarde de Tauiirai quand il se trouvoit ans le port. »

Quelques années après, cette institution était réformée ; il ne restait presque plus d'anciens gardes • marines

Îuand on en créa de nouveaux en 168S.

'our entrer dans ce corps, il fallait être ^'eiitilhomme,dans le principe du moins, et ne pas avoir plus de 16 ans. Le choix des gardes était fait par le roi. L'uniforme était rbabit de drap bleu, doublé de serge écarlate; parements, veste, culotte et bas rouges , aiguillette d*or, chapeau bordé d'or.

(*)UiiMQlioidatappelé.ni&n se prononça ])our le roi. Ix)uis XVI lui donna une pension sur sa casseUe. Louis X.VIIZ le iU ofÛ-

Le nombre des gardes - marines a souvent varié. Il y en eut souvent 900 et même 1,000. Cette noble Jeunesse ne se distinguait pas, à terre, par uoe conduite bien édifiante, comme on peut le penser. Cependant le programme des études contenait une assez belle nomenclature. Mais qu^est • ce qu*un prograunne, quand le privilège seul fait la carrière de l'élève Le seul temps que les gardes-marines employassent utilement était celui de. la navigation. Une grâce royale les faisait d^ailleurs ôfliciers. Mais ce fut rarement au milieu d'eux que se formèrent les hommes qui ont donuc de Téclat au pavillon de France.

La révolution fit bon marché des gardes-marines , de leur nom , comme de leur noblesse , et les remplaça par les mjArtmU , appelés , depuis la restauration, élèves de la marine, (Voyez Marine.)

^Gakdes suisses. .Depuis le quinzième siècle, les rois de France eurent 'toujours au service de leurs personnes une ou plusieurs rompni;niPS d'Helvétiens en sus de celle des CetU-StUsses proprement dits.

Toutefois, l'institution des gardée éÊfUsses en régiment ne remonte qu'à Tannée 1616. Un passa2;e des Mémoires de Bassompierre, qui fut longtemps colonel générai de toutes les troupes suisses au service de France, nous met à même de donner la date précise de cette institution. « Louis XIII, dit-ii, au retour du voyage qu'il fit en Guienne pour son mariage, se résolut, l'an 1616, de faire à Tours un régiment complet de ses gardes suisses, et ils vinrent foire la garde devant son logis le mardi douzième de mars. » Sous Louis XIV, ce régiment était composé de 13 compagnies, de 120 hommes chacune.

Le service et les privilégies de ce ré-

{ piment étaient, en toutes les occasions, es mêmes que ceux des gardes fran^ çaises , avec la seule différence du pas, qui appartenait à ces derniers. Tous les officiers et soldats devaiejit être Suisses. Chaque compagnie était affectée à un canton particulier, dans lequel les officiers allaient faire leurs recrués ; c'est ce qu'ils nom niaient entre eux compagnies avouées. La générale seule avait

«ASIIOHK FRANCE. GAaOOUJLLB

la distinetion d'être avouée des treize

cantons.

Les compagnies des gardes suisses montaient la garde auprès du roi , suivant le rang des cantons d*où elles étaient tirées. Diaprés les conventions faites, on ne pouvait obliger ces gardes de servir contre TAUemagne au delà du Rhin, contre l'Italie au delà des Alpes, ni contre TEspagne ao delà des Pyrénées; et tous les régiments suisses au service de la France jouissaient de la liberté du culte dans toute sa plénitude.

Par Tordonnance du f juin 1768, le régiment des gardes suisses reçut une nouvelle organisation. Il fut alors composé d'une compagnie générale , qui avait le droit de marcher à la téte do régiment, et de tous ceux de la même nation ; de onze compagnies de fusiliers , et de quatre compagnies de grenadiers formant quatre bataillons , de quatre compagnies chacun.

L'uniforme était rouge, relevé de bleu. Les officiers portaient les haussecols^rgentés. Ils avaient le privilège de rendre enx-mémes la justice dans leur régiment. Leur paye , ainsi que celle de leurs soldats , était Rouble de celle des gardes françaises.

A i époquede la révolution, les Cent- Suisses, les gardes suisses, et les autres régiments de la même nation , détestés du peuple , successivement licenciés , réintégrés , occupaient par tolérance leurs casernes des environs de Paris.

Après la journée du lO aoûtn , où ils onrirent au roi qui les soldait le sacrifice inintelligent de leurs vies, il ne fut

f)lus question d'eux. On ne comprit (^ue es Geû^Suisses dans la réorganisation de la maison militaire du roi, en 1814. Mais plus tard deux régiments suisses comnosèrent une des nrigades de la garde royale.

GABDiN-DuMBaifiL (Jean-Baptiste), né à Saint-Cvr, en basse Normandie, voué en I72()'a l'eiiseii^nenient pendant

{)res^ue toute sa vie , mort en 1802 , u aisse les Synonymes laUns , ouvrage aussi estime que celui Sywmymes français de Girard.

Gabdonb (affaires de). Le 10 février 1814 , tandis qu^Eugène empêchait les

(*) Voyei Août (journée du lo).

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