X. Tin. 40* UbréUon, (Dicv. bhg
corps autrichiens, vaincus l'avant^vellle
à la bataille du Mincio, de passer sur la rive droite de cette rivière, une autre division ennemie , commandée par le généra! Stanislawlewitch, tournait Iç Tac Garda , investissait le fort de Roocad'Anfo, s'emparait de Salo sans coup férir, chassait nos avant-postes, et allait prendre position à Gardone, petite ville située à quelques lieues de Brescia. Toutefois, ces succès furent de courte durée : le général Bonfanti, qui, avec un petit corps séparé de Tarmée italicofrançaise, s'était d'abord laissé surprendre , lit enfoncer , le 13 , à coups de canon , les portes de Salo , poursuivit rudement trois bataillons ennemis qui occupaient la ville, et les força de se jeter sans armes dans les montagnes. Le. lendemain, il parvint a expulser de Gardone trois autres bataillons autrichiens.
Gabëngeot (René-Jacques Croissant de), né à Vitré en 1688, mort en t759, démonstrateur royal aux écoles de chirurgie, conseiller et chirurgien ordinaire du roi au ChAtelet, membre de l'Académie royale de chirurgie, etenûn, en 1743, chirurgien major du régiment du roi, avec lequel il lit plusieurs campagnes, occupa un rang très distingué parmi les praticiens les plus illustres de son temps , tels qu*Amaut, la Mar* tinière. Petit, Ledran, Morand-, la Peyronie, Mareschal, Lafaye, etc. Il niodiiia avec succès beaucoup de procédés Opératoires et un grand nombre d'instruments. Indépendamment de plusieurs mémoires et observations que Garengeot publia dans les recueils de P Académie de chirurgie et de TAcademie des sciences, nous possédons de lui des traités eom* plets, entre autres une Myotomie humaine, une Splanchnologiej un Traité des opérations de chirurgie, etc.
Gabgouillb (processions de la).
Pendant le moyen âge on portait près»
que à toutes les processions , surtout à celles des Rogations, des dragons ailés, images de Tidolàtrie, du démon, tantôt vainqueur , tantôt vaincu. Le peuple ne tarda pas à regarder Clis images comme les dépouilles de dragons de chair et d'os domptés naguère par les saints évéques plus particulièrement révérés dans les diocèses. Chaque dragon eut son histoire spéciale , et les landes se
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très, la Gargouille de Rouen. Un ser-
{)ent hideux désolait la contrée, quand 'évéque saint Romain , avec le secours d'un prisonnier condamné à mort , et qui , au refus de tous les autres citoyens, s'était joint à lui, marclin vers le monstre; il le conjura, lui jeta son étole au cou , le donna à mener au prisonnier jusqu'à ce qu'ils fiissent arrivés au pont de la Seine ^ et là , le jeta dans la rivière. Fn mémoire de ce grand miracle, Dagobert, qui régnait alors, accorda, toujours suivant la tradition , à la cathédrale de Rouen , le privilège de la Fierté , le droit de délivrer tons les ans, le jour de l'Ascension , un prisonnier (voyez FiEBTE), et le dragon fabuleux, appelé par le peuple Gargouille, figura aux processions de la Fierté et des Rogations. Les lundi et mardi des Rogations . représentant les temps de Taneienne loi , en le portait ces jours-ià devant la croix , la queue dressée : il triomphîiit. Le mercredi, représentant l'époque évangélique , il marchait ce jour-là, comme à la fête de l'Ascension, derrière la croix, la queue basse et Tair humilié.
Quant au nom de Oarîiouille, son étymologie est tout à fait incertaine. On satt que, dans les quatorzième et quinzième siècles , on appelait ainsi par toute la France les gouttières de pierre se penchant, sous la forme de dragons ailés, de figures hideuses, aux bords des toits des églises, palais et châteaux.
Peut-être n était-ce qu'une onomatopée destinée à désigner le bruit, le hotiillonuemeiit de l'eau qui s'engorgeait dans ces lon^s tuyaux. La ressemblance entre ces tmagjBS monstrueuses leur a M% donner un nom commun.
Rien n'était plus comniun, du reste, en France, que ces dragons Ggurant aux processions des Rogations. Par exemple , 5 Provins , pendant cette féte, les sonneurs de deux paroisses différentes portaient jadis devant la croix , le premier un dragon ailé, le second une lézarde. On simulan entre ces monstres une lutte furieuse ; lorsque les sonneurs se rencontraient, les animaux, dont ils agitaient avec des ficelles, les mâchoires ■nnbileset garniesdedotts, s'arrachaient tour panure de flewt, «t eehii qui con-
serrait le plua beau bouquet était applaudi comme vainqueur. QuelqiMfoia
on leur faisait jeter des flammes, représentant sans doute celles de l'enfer.
Mais un beau jour, en 1760, l'un des deux porteurs , voulant assurer la viotoire à son dragon, lui remplit la gueule de pétards aux(|uels il mit le feu au moment de la rencontre. Chacun s'enfuit d'épouvante, et, depuis cette époque, on cessa de porter ces gargouilles aux Rogations. Déjà, en 1497, ces combats entre les sonneurs avaient été défendus sous peine de prison et d'amende.
Non moins célèbres que la Gargouille de Rouen, étaient : la Tarasque de Tarascon (voyez Fêtes locales), la Grand'gueule de Poitiers , le GraoulU de Mets , la Chair Milée de Troyes , la KrauUa de Reims, le Dragon de Lan* gres ou celui de Saint-Marcel à Paris.
Les mêmes processions se célébraient à Coutanoes, où un laïque portait une tête de dragon; l'abbaye de Fleury avait une Gargouille dans la gueule de laquelle on mettait du feu; ce feu s'éteignait quelquefois , il est vrai , mais tout avait été prévu , et un enfant de chœur, qui marchait près du porteur, tenait une lanterne pour réparer promp-. teuient cet accideut.
De même que chaque cathédrale' avait, pour ainsi dire., sa ^rgouiUe, chacune eut aussi son samt, vainqueur comme samt George d'un ser-
{>ent monstrueux dont il avait purgé e pays. Ainsi , Ttle de Batz en Bretagne eut saint Pol, et Léon saint Joitin; le Mans, saint julien, saint Léon et sauit Puvace; Vendôme, saint fiiéou Bienhenré; Metz, saint Clément; Poitiers, sainte Radegonde ; Tarascon, sainte Marthe ; Bordeaux , saint Martial ; Saumur, saint Fioreot; Tonnerre, le saint abbé Jean. On connatt encore, comme vainqueursdedragons en France seulement, saint Victor de Marseille, saint Bertrand de Comminges , saint Samson de Dole, saint Arnel de Vannes, saint Derien de Landernau , saint Jean de Reaume, saint Véran d'Arles, saint Méen , abbé de Saint-Florent ; saint Marcel , évéque de Paris ; saint Nieaise de Meulan, saint Vigor da Rayeux , etc. Ainsi un emblème universel , une allégorie reçoa dans ki
temps du christianisme comme elle Ta- Tait été dans ceux du polythéisme, figu- Mtt le triomphe de la vérité sur l'erreur , du principe dti bipn sur le principe du mal, et , en langage populaire, de Dieu sur le diable.
GAKieLiAiro (bataille du). Au mois d'octobre de l'année 1503, lesFirançais faisaient un dernier effort pour reconquérir le royaume de Naples , enlevé à Louis XII par la perfidie de Flsrdinand le Catholique et 1 habileté guerrière de Gonzalve de Cordoup. T/année de la Trémoille , forte d'abord de 1,200 lances et de 10,000 fantassins, mais diminuée de moitié par les désertions et l'indiscipline, était entrée sur le territoire napolitain , et s'était arrêtée sur les bords du Garij^liauo. Gonzalve, grossi des renforts lonmis par les Té- Bitiens et les barons romains, défendait ce fleuve. Pendant deux mois, il força les Français à se morfondre dans lès marais par des pluies effroyables. Les années restaient en ûiee l'une de l'autre dans l'attente d'une action dôcisivp. Il se livrait chaque jour de nouvelles escarmouches entre les chevaliers des deui nations. Ce fat dans l'one de ces rencontres qne Bayant se signala par un fait d'armes si merveilleux, ^ue l'on se refuserait d'y croire s'il n'était attesté par le naïf témoignage de son . écuyer , historien fidèle de sa vie.
Un parti espagnol , composé de 200 chevaux , s'avançait à la dérobée pour surprendre le camp français. Bayard s*en aperçut. « 81 oommen^ à dire à Fescuyer Éaseo, son oompaignon : Monseigneur l'escuyer, mon amy, allez vistement quérir de uoz gens pour garder ee pont, ou nous sommes tous perdus ; ce pendant je mettray peine de les amuser ; mais hastez-vous. Ce qu'il fist. Et le bon chevalier, la lance au [)oing;, s'en va au bout dudit pont , ou de Kaustre oostes estoient desjà les Espaignolz prestz à passer ; mais comme lyon fiirieux va mettre sa lance en arrest , et donna en la troppe , qui desja étoit sur Mit pont. De sorte que trois ou quatre se vont esbranlor, desquels en cheut deux dans l'eau , qui oncques puis n'en relevèrent , car la rivière estoit large et profonde. Cela fait, on luy tailla &au- •Mp dTattins $ car riduMBEMiit iîit as-
FRANGE. OAlnr 687
sailly, que sans trop grande dievalerîe n'eust sceu résister; mais comme ung tigre eschauffé s*aeola & la barrière du
pont , à ce qu'ilz ne £;aignasçent le derrière, et à couix d'espée se deffendit si très-bien que les Kspaij^nolz ne sçavoient gue dire , et ne euydoient point que eeleust ung homme , mais ung ennemy (un diable). Brief, tant bien et si longuement se maintint, que l'escuyer son compaignon luy amena assez noble so* cours, comme de cent hommes d'armes, lesquelz arrivez firent auxdits Espaignolz habandonner du tout le pont, et les chassèrent un grand mille de là
Mais ces exploits restaient stériles. Le désordre et l'indiscipline dis<<ipèreMt en peu de temps les magasins de rarniée française et les ressources du pays. Les maladies achevèrent de répuiser, et elle se décida à battre en retraite. Alors Gonzalve , dont la position pourtant n'était guère meilleure , traversa le Garigliano, attaqua ces bandes malheureuses et les mit en pleine déroute.
Toute l'artillerie, tous les équipages furent pris avec la moitié de l'armée; une partie périt de misère ou sous les coups des paysans ; les autres se réfugièrent dans uaête , où ils capitulèrent sous condition qu'ils auraient la retraite libre, et que les prisonniers seraient tous délivrés ; mais ceux-ci avaient déjà péri.- La non^le de ce désastre consterna la Frnn e. T>es Espagnols venaient de conquérir un royaume qu'ils devaient garder 200 ans.
Gabin ( JeanX, eordelier savoyard, fut un des prédicateurs les plus infatigables, les plus ex dtés, les plus inflexibles de la Ligue Il joua, après la conversion de Henri IV, un rôle tout particulier , fut le dernier apdtre de la démocratie des seize, arma deux mille moines, après le départ de i^layenne, et proposa au peuple une Saint-Barthélémy des politiques ou modérés, poussant l'audace au point qu'à l'instigation de Rrissac le parlement) invita le légat à lui interdire la parole. Sa dernière |)arole en ebaire fut un souhait d« mort contre Henri IT. Quelques Jours après
(*) Histoire du bon chevalîemns peor et sans reproche , cli. xxv.
Toyet l'Estoile et de Ilioa.
I»8 OARLAHDI LUNIVERâ. «AltAMBB
rentrée du mi à Paris, Garin fut trouvé caché dans un fteoier, et ne montra plus alors son ancienne insolence. Henri IV ordonna qu'on ne lui fit pas de niai , et le moine en fut quitte pour 8*exiler de Paria et diaparattre de la scèue historique.
Gabitbs. — Peuplade gauloise de la région appelée par César JquUaine, Quelques auteurs Font placée dans le comte de Gaure ; mais cette position a l'inconvénient de leur assigner le territoire des Lactorates et des Av^ci.
M. Walckenaer, dans sa Géographie ancienne des Gaulez ( t. P% p. 284 ), préfère leur attribuer toute la partie du diocèse de Montauban qui est à Touest de la Garonne, et dans laquelle on trouve un lieu waméGaHes, un autre Garaque, un troisième GarganviUe, qui tous reproduisent le nom des anciens Garites.
Gablandb ( famille de ). — Cette maison, illustrée au douzième siècle par la faveur dont Louis le Gros combla ses membres, en accumulant successivement sur leurs têtes trois grandes cliarges de la couronne, tirait son nom du château de Garlande, en Brie. Du chef de cette famille, Guillaume ^ naquirent quatre frères : Ànsely Guillaume H, Étienne, sénéchaux de France, et GU^ bert, auteur de la brandie des seigneurs de Tonrnehan et de Passesse, éteints au quatorzième siècle.
Les trois premiers obtinrent de Louis VI toutes les -grâces que le prince pouvait leur accorder. Ansel l'aîné, gendre de Gui-le-Rouge , comte de Rochefort et beau-père d'Amaury de Montfort, puis de Robert de France, comte de Dreux, fut nommé en 1108 sénéchal de France. Cette charge avait été auparavant remplie par le comte de Rochefort. La famille de Montmorency était intimement unie avec les Rochefort.
Elle se sentit gravement offensée de la destitution de Gui, et, réunie à tous ses alliés, déclara la guerre au roi. Ansel fut pris au siège de la Ferté-Baudoin ( voy. ce mot ) en 1116. Remis bientôt en liberté, il fut deux ans après tué par Hugues du Puiset. Louis voulut venger sou ami et assurer en même temps les droits de sa couronne. Il assiégea pour la troisième fois ce baron dans son
château, et le réduisit à robélssance.
Guillaume de Garlande fut revêtu
des hautes fonctions qu'avait exercées son frère; mais il en jouit peu, et fut tué au service du roi en 1120.
Le troisième seigneur de Garlande, Étienne, qui était prêtre, archidiacre de Paris et chancelier du royaume, devint a son tour sénéchal. Forcé au bout de sept ans de se démettre de ses fonctions , comme étant incompatibles avec l'état ecclésiastique, il les transmit, sans le consentement du roi, à Aninury de Montfort, comte d'Évreux. Louis VI ne voulut pas consentir à ce qu*on disposât de cet office comme d'un patrimoine. Il attaqua vigoureusement Étienne dans son cliàteau de Livri, qu'il prit et rasa. Après quoi il consentit vers 1129 à recevoir en grâce Etietme et Amaury, à condition qu'ils renonceraient à leurs prétentions sur la charge de sénéchal. Étienne mourut en use à Orléans, où il avait fait sacrer évêque son neveu Manassès. Mézerai fait à son sujet la réflexion suivante : « Ce fut un monstre que jamais aucune raison , ni aucun^ exemple ne saurait justifier, qu'un prêtre gendanne et ministre de Jésus-Christ faisant profession de répandre le sang humain. »
La descendance de Guillaume II s éteignit au treizième siècle, et ce fut celle de Gilbert qui continua la maison de Garlande, et s'éteignit elle-même au quatorzième siècle.
La terre de Garlande deWnt une portion de celle de la Houssaye.
Gablande (Jean de), poète et grammairien, né en France après les premières * années du onzième siècle. Il porta le surnom de Garlande, soit parce qu'il était issu de l'illustre famille des Garlande, soit parce qu'il était né à Garlande en Bric. Açrès la conqiiéte de r Angleterre |>ar Guillaume le Bâtard, Jean passa dans ce royaume comme tant d'autres savants français. Il y enseigna avec honneur, revint vers la ûn du onzième siècle habiter dans sa patrie, où il avait des biens, et y mourut vraisemblablement, sort après Tan 1<M(1, soit après l'an 1098.
Un de ses ouvrages les plus curieui est un vocabulaire ou dictionnaire en latin, donnant des notions quelquefois
OARNERET F&AKCE. «AENÈRIM
incomplètes, mais toujours intéressantes, sur divers sujets : la rhétorique, la màlecine, la navigation, rarehitecture, l'industrie, la manière de se vêtir, de se nourrir, etc. M* Depping Ta publié à la suite de son Paris sous Philippe le Bel (dans les Doc. inéd. sur Ihist. de France} Crapelet, 1837). On a aussi de lu! un poème sur le Mépris du monde, imprimé à Caen (in-4*' sans date); un livre des Miracles de la rierge, etc.
Fabricius , Moreri et du Canj^^e , ont admis sans fondement la prétention d*un biographe anglais, qui a revend!* . que pour son pays l'honneur d'avoir produit cet écrivain. Les considérations présentées par les auteurs de l'Histoire mtéraire^ et les inductions tirées par M. Depping du Dictionnaire de cet écrivain, ne permettent pas de douter que Jean de Garlande ne fût Français.
Gabubbbt (Francis- Jean) , peintre ,
né à Paris en 1755, se livra de bonne heure à Tétude du dessin et de la peinture. Ëlève distingué de David , il ne consacra pas exclusivement son pinceau à reproduire de grandes figures nislori-
?|ues; il sut le plier avec une heureuse acilité au genre des tableaux de chevalet. On lui reprochera peut-être de manquer parfois de poésie et de multiplier les accessoires; mais on louera en lui la correction du dessin , l'entente vies poses et de la lumière, ia vérité des etolTes. Il traite surtout les objets inaninoës avec une «tréme fidélité. Ses principaux tableaux d'histoire sont :
Diane de Poitiers aux pieds de Franfois r'\ Marie-Stuart en prison; Louis Xyi au Temple; Molière et Louis XI f"^; Montausier conduisant le grand dauphin dans une chaumière.
Outre un bon nombre de portraits estimés et d'études de fleurs, on a de M. Garnerey des intérieurs gothiques remarquables. On lui doit la conservation des dessins de plusieurs monuments d'antiquité.
Son fils atné, LouiS'ÂmbroUe Gab- NEBEY, avait de bonne heure quitté sa famille pour courir sur mer les chances de la fortune. Après quelques voyages de long cours, fl fût iàtt prisonm'er par les Anglais , et demeura huit ans sur les pontons. Les scènes animées qui frap-
paient journellement ses yeux éveillèrent son génie, et il s'attacha à les reproduire. Chez un peuple maritime, ses premiers essais ne pouvaient manquer d*étre encouragés. Le produit qu'en tirait l'artiste prisonnier adoucit sa captivité. Sans autre maître que la nature , Garnerey vit chaque jour s'accrottre son talent , qu'il travailla avec ardeur à perfectionner, après son retour en France, en 1814. Dans ses ouvrages, qui l'ont placé parmi nos peintres de marine, on remarque une touche vigoureuse qui n'exclut ni la finesse, ni relégance.
jéuguste Garnerey, né en 1794, frère du précédent , fut initié par Isabev dans les secrets dé son art. A l'exposition de 1810, il obtint la médaille d'or, et devint bientôt après peintre du cabinet de la reine llortense. Il était dans toute la vigueur de l'âge et du talent, lorsqu'une maladie de poitrine l'enleva en 1824. Ses compositions ont en gén^ rai plus de gr^oe que de correction.
Un troisième lils ëe Jean-François, Hippolyte Gabiibbey, né en t7S7,*culttve aussi avec succès un art qu*on peut appeler l'héritage paternel.
Gabnerin jeune (And ré- Jacques), aéronaute, naquit en 1770. Il remplit en 1793 une mission du comité de salut public près l'armée du Nord , fut pris à Marchiennes , et passa trois années dans les cachots , à Bude en Hongrie. C'est pendant sa captivité, et en méditant sur les moyens dfe franchir les murs de sa prison, qu'il conçut l'idée des parachutes. Aussitôt après son retour en France, il fit ses expériences, multiplia ses voyages aériens, et, par son audace et son bonheur constant, arquit une réputation européenne. En 1813, Garnerin eut de violents débats avec son frère atné (voyez l'article suivant) , qu'il accusait d'usurper son titre et sa réputation. Il est mort en 1823, des suites d'une blessure qu'il avait reçue sur le théâtre de Beauion.
Gabnbbin aîné (Jean-Baptiste*Olivier) fut employé successivement dans les bureaux des fermes et de la Convention. Appelé comme témoin dans le procès de la reine, il déposa que , chargé du dépouillement des papiers trouves cbes M. de Septeuil, il avait vu un Iwn
680 OARNIEE L'UIHIV
d'environ 800.000 livres, signé Jnfninetie^ au profit de la ci-devant Polignac, avec une autre pièce qui attestait que Taocusée avait vendu ses diamaDts pour faire passer des fonds aux émigrés. Il déclara, en outre, qu'il savait qu'il y avait dans toute la France des préposés chargés de titres pour opérer des aooaparements, à l'effet de produire un siiHiaussement dans les prix des denrées et de dégoûter le peuple de la liberté.
. Sa fille exécuta plusieurs asœnsions;
mais lui-même ne tenta jamais l'entreprise; ee qui a fait dire de lui : « Illu- •< minateur obiicur. il se contente de la « gloire de son frère et du courage de
. « sa fille. »
G ARMER (Claude), gentilhomme poëte, né a Paris vers le milieu du seizième siècle, aina le commerce des Jfttsea au métier des armes, et, paries vers iiinombrnbles dont il assiégea les .ruelles, eut l'honneur d'exciter l'envie et la critique. Toutefois, ses œuvres n*ont pu le placer, comme il l'espérait , dans le temple de gloire auprès de Ronsard. Garnier vivait eneore en 1009.
t GAHNiEii(Ktienne-Bartlielenii), membre de l'Académie des beaux-arts, né à Paris en 1759, remporta, en 1788, le premier prix de peinture, et fut nommé pensionnaire à Rome (Girodet eut le second prix cette même année). En 1 789, il envoya , pour figure académique , Dkh aéne demandant P aumône à une statue.
L'année suivante, il fit un saint Jérôme; en 1791 , Jjax, déposé au Luxembourg. Cette même année, il lit son charmant tableau de Socrate et Ab^ biade. On apercevait déjà, dans cet ouvrage, le beau coloris et la grâce de dessin qu'il a si bien développés, en 1 793 ,'dans le gr o u pe de Dédale et icare. C'est aussi à cette époque qu'il fit l'esquisse terminée de la faniille de Priam. Le temps de sa pension étant expiré, il revint a Paris en 1793, et s'occupa d*un tableau représentant Natuicaa et Ilysse. Un petit tableau û'Anacréon suivit bientôt celui-là. On lui demanda ensuite l'exécution du grand tableau de \di famille de Priam. Cet ouvrage fiit honorablement cité au concours dee prix décennaux. Depuis, il peignit une ChariU romaine, pour pendant,
^RS. 6ARNIËR
Éponine et Sabinus, Il fut chargé de peindre, au musée des sculptures, ^fanc accordant à Hercule la biche aux corne» d*or. On a encore de lui : la mort Eurydice; un portrait en pied de yapoléon dans son cabinet ; pour la sacristie de Saint-Denis, ^enterrement de Dagabertf une Vierge pour la Madeleine ; les galeriee du Umore bdiiêt par Henri If; une Assomption , etc.
M. Garnier a été appelé, le 28 décembre 181 G, par l'Institut, à remplir la place de M. Ménageot.
Gabnier (le comte Germain), né à Auxerre en 1754, d'une ancienne famille bourgeoise, fut député suppléant de la ville de Paris aux états généraux, membre Au clid) monarchique^ puis appelé avec Roland et Clavières au ministère, où Duranton le remplaça, parce que ses principes ne sympathisaient pas avec ceux de ses deux collègues. Émigré après le 10 août, il reparut sur la scène politique lorsque le 18 brumaire ouvrit aux hommes de bonne volonté une carrière d^honnears et de richesses. U devint préfet de Seine-et-Oise, et fut créé sénateur en 1804, avec le titre de comte, et j)()rté sur la tVnille des bénélices de ia sénatorerie de ireves. Le senal le dloisit pour son président annuel , depuis le l*""" juillet 1809 jtis(ju'au 1" juillet 1811, et pour membre de son grand conseil d'administration. A ces titres, il réunissait celui de président des donataires dans les principautés de Bayreuth et d'Krfurt, et celui de conseiller du sceau des titres; enfin, le 3 août 1813, l'empereur le nomma grandcroix de Tordre de la Réunion. Il refusa la missinn de commissaire extraordinaire dans la IT division militaire, dont ou voulait le charger en 1813, après la campagne de Moscou. C'était Tnenre des revers. M. Garnier aima mieux voter peu de temps après la déchéance de liuonaparfe f et contribuer à toutes les décisions du sénat en faveur des Bourbons. Membre de la commission à laquelle fut communiquée In clinrte, il se vit, le 4 juin, appelé, avec le titre de marquis, à la chambre des pairs, odi il se 6t encore remarquer par cette élocution facile avee laquelle, jadis, il encensait l'empereur, apportant à §e$ pieds ie tritnU de squ admiratim
«AlVItR fKàSCR, «AMRft «It
et de son amour (*). Au retour de Buovaparte, il rédigea l'adresse de la
chambre des pairs au roi, et se retira dans une cajupa^ïne, <l'où il ne revint à Paris que le 8 juillet 1815. De uou- Teaux honneurs ry attendaient; Louis XVIII le nomma président du collège électorn! de Seinc-et-Oise, membre du conseil privé, ministre d'Etat, et enfin grand officier de la Lésion d'honneur.
Il fut, dans cette session, l*orateur le plus actif de la chambre, et on le vit voter toujours en faveur du ministère.
Depuis la création de la pairie, M. Carnier fut presque constamment chargé des rapports relatifs au budget. Il mourut à Paris en 1821.
Parmi ses ouvrages, dont les principaux sont des traités d'économie politique, 00 remarque une traduction de fouvrage d'Adam Sniith : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, avec des notes et additions du traducteur, complétées dans une deuxième édition de 1823, et dans lesquelles il se montre const iminent attaché au système de Quesnay.
On a eneore de lui : De la propriété considérée dans ses rapports avec ie droit politique (1792); Abrégé élémentaire d'économie politique ( 1 79(>, in- 1 2) ; Description du département de Seineet-Oise (1803, in^«); Théorie des ban- .ques (f escompte it806n in-8»); Rapport, an nom de la commission spéciale de sept membres, relativement au projet de loi tur le$ finances en 1815 (Paris, 1816, in-8*), travail auquel M. de Boorienne répondit pour faire sentir combien il ét.'iit favorable aux mifiistres ; Deux mémoires sur la valeur des monnaies de compte chez les peuples de FcmUipiité (1817) Jus a TAcadémie des inscri[)tions , et réfutés par M. Lctronne ; Observations en réponse aux considérations générales (de Letronne) (1817. in-4"); Histoire de la monnaie y depuis le temps de la phrs haute antiquité, jusqu'au règne de ( hartemagne n819, in-8°). Gai nier a , en outre, traduit de ranglais deux romans de God-
(*) Expression d^un discours adressé à l*«iiipereur par M. Oarnier, président du sénat,
en lui présentant nne adresse an nom de se» collègues. Voyez Dictionnaire des girouetUs, p. 179.
win et de Anne Radcliff , et des poésies de ladf Montagu. il a été réditeur des
OEurres complètes de Racine, et a joint ses notes au Commentaire de la Harpe sur ce tragique (1807, 7 vol. io- 8^; 1816, avec gravuite). Ce fîit lui qui communiqua à Millevoie le manuscrit antoîiraphe des Lettres inédites de madame de Sérigtié, dont ce poète donna une édition en 1814 (1 TOl. ïu-S"),
Gabnibb (J.) , bénédictin de la congrégation de Saint - Maur , naquit au diocèse du Mans , vers 1670. Son ardeur pour rétude et son érudition le firent choisir pour collaborateur par le savant dom Mabillon. Chargé par ses supérieurs, en 1703, de préparer les matériaux d'une nouvelle édition de saint Basile, il passa vingt années, 8*occopant exclusivement de ce travail et collationnnnt tous les manuscrits qu'il put se procurer, avant de publier son premier volume, qui parut sous ce titre : SancH patris nostri SasUU om»
nia opéra quœ exstaut, Paris, Coignard, 1721 , in-fol. Cette édition , où se trouvent des notes érudites , des variantes , une vie du saint, et enfin dtti tables amples et commodes, ne laissait rien à désirer; le deuxièîue volume parut en 1722', mais Garruer, succombant sous le poids du travail, mourut en 1725 avant (Tavoir pu faire paraître le troisième, qui ne fut publie qu'en 1730.
Garnier (Jean -Jacques) , historiographe, naquit à Goron , bourg dti pays du Maine, en 1729. Arrivé à Paris avec une pièce de vingt-quatre sous, reste des économies de son voyage , il se con* ciiia, p;ir son ;i()|)lication au travail, la protection du ministre Saint-Florentio, qui lui fit donner une chaire d'hébreu au collège de France , et ensuite la pince d'inspecteur. I/Académie des inscriptions et bel les- lettres l'admit au nombre de ses membres, et de fréquents mémoires sortis de sa pliune enrichirent le recueil (urelle pid)liait. La plupart roui. lient sur les lois de la stratégie chez les Grecs , et sur la philosophie platonicienne. En 1790, ne voulant pas prdter serment à la constitution, il quitta le collège royal. On avait fait choix de Garnier pour continuer cette pauvre Histoire de France de Velly.
La moitié du réi^ d« Louif XI dtait
•AMIBK L'tJNIVERS.
•Aftirm
écrite» ainsi que le commencement de oelui de Charles IX; lorsque la dernière partie en lut terminée, Garnier ne
voulut pns mettre sons les yeux du peuple ce règne d'horrible mémoire, de eiir de contribuer ainsi pour sa part renverser le trône déjà si fortenient ébrnnir. 1! déchira son manuscrit.
Le style de cet historien manque de chaleur, de concision et de mouvement : cependant il a plus de science et de gravité que Velly. Garnier mourut en 1805.
Ses principaux ouvrages , outre sa continuation historique, sont: T Origine du gouvernement français ( 1765, in- 18) ; TraUé deCédueaHmdmle{\l^b) ; Éciaircîssemmfs sirr le collège de France (1789, in-12). On lui attribue: le Commerce remis a sa place (1756, in43) ; le BàUtrd léotUme ou le triomphe du eomiqtie ktrmoyanl (1757, in-12).
Garnier, fameux partisan, trésorier des parties casuelles « qui avoit acquis . disent les jénmles de la cour et de Paris pour 1697 et 1608, de si grandes richesses, quoiqu'il ne fut né
3 ne très-peu de chose, qu'il pouvoit se onner bien d*autres qualités que ne faî» soit autrefois Sébastien Zamet; car au lieu que celui-ci ne s'intituloit seigneur que de cinq cens mille écus, celui-là se pouvoit Intituler seigneur de seize mil' MOfu. Il en jouissoit de huit effectivement dans le plus beau bien du monde ou du moins le plus liquide , et le roi d'ailleurs lui en devoit bien encore autant. Mais la chambre de justice étant survenue un peu après la prise de M. Fouquet, et y avant été taxé à proportion du gain qu'il avoit fait dans les affaires, toute sa fortune se trouva renversée dans un moment. Par bonheur pour lui , il avoit marié assez avantageusement une troupe de filles qu'il avoit, et comme il leur avoit donné de l'argent comptant, il n'y avoit point là à mordre pour M. Colbcrl, qui fouilloit jusque dans les replis des familles, pour y sucer le sang dont elles tdchoient d'entretenir leur embonpoint. La mère de la princesse d'Harcourt (elle éïoit lille (le ce Garnier), qui avoit été mariée au comte de Braneas, chevalier d'honneur de la reine mère, s'étoit ainsi trouvée à couvert des recherches de ce
ministre , parce que tout son mariage avoit été en beaux deniers comptans. »
Ûatnée des filles de Garnier « qui songeoit , dit Tallemant des Réaux, à s'appuyer de bonnes alliances,» fut mariée par lui à un M. Mangot, maître des requêtes. M. Jean-Édouard Champlâtreux , fils du procureur général Moié, depuis premier président et garde des sceaux (c'est Tallemant qui parle), l'épousa lorsqu'elle fut devenue veuve « après avoir eu d'elle plusieurs enfants en cachette (*). » Champlâtreux « un des plus vilains petits hommes qu'on puisse voir , » ne tarda pas è ruiner mademoiselle Garnier par ses excès* sives dcpcnses. Celle-ci, lasse de se laisser dépouiller «par Champlâtreux, qui, non content de lui avoir mangé plus de 400,000 livres, lui avoit volé toutes les pièces justificatives de leur mariage, et ne vonloit point faire déclarer cette union , se mit en religion. On dit aussi que Champlâtreux fit acheter la pratique du notaire qui avoit passé le contrat de mnri:!2;e, nfin d'être maître de la minute, car il lui avoit déjà fait voler la grosse. Klle sortit de religion au bout dé quelques mois ; et, enfln, un an devant la mort du garde des sceaux, elle fut reconnue du père et du fils. ■
De pareilles biographies ne peignentelles pas au vif quelques-uns des Scan* dates de la haute société du dix-sep* tième siècle?
Gabnier (R.)i poète trnj];ique, naquit à la Ferté-Bernard , dans le Maine, en 1545. A vingt ans, il remporta le prix aux jeux floraux n Toulouse, oîj il étudiait la jurisprudence; mais, malgré son goût pour la poésie, il remplit successivement les fonctions d'avocat au parlement de Paris , de lieutenant cri-
(*) Les auteurs du Diclionnairc de Moréri demandaient des articles ffénéalu^i(}ues aux fainHles; anin n'y eit-il fait aucune mention du premier mariage de Madeleine Garnier. A l'article Mangot, le premier mari est indiqué comme mort sans alliance, effet évident de la complaisante vénalité des éditeurs du Moréri. Madeleine fi;irnier avait d'abord accusé ce Manj^ot d'imnuis&ance, mais comme il ne coiisenlit pas à la dissolution du mariage, elle lui donna 20,000 écus pour &e séparer de lui de corps et ùc biens. ViiyeaTdleinantd«Réaiiz,tiy, p. 359.
minel au Mans, et de conseiller au grand conseil £n 1568, il publia Pçrcie^ tragMie qui obtint on immense sucfès, et c*était justice , car sa pièce était bien au-dessus des productions de ses devanciers. II donna successivement sept autres trcigédies : Hippolyte, en 1573; ComéHey en 1574; Marc-Jntoine ^ en 1578; la Troadf,^ dans la même année; >^n%one, en 157Î); Bradamante, puis Sédécias , en 1580. De toutes ces
ClèeeStBradamanie passe pour l*œuvra I plus remarquable. Garnier mourut au Mans, l'an inoi. Il nous reste encore de lui : 1° Plaintes amoureuses ^ Toulouse, 1565, in-8o; 2" Hymne de la monarehiet Paris, 1568, in-S». Ses huit tragédies furent toutes réunies dans un seul volume, sous ce titre :
Les tragédies de Jiqbert Garnier y conseiller au roi , lieutenant criminel au siège présidial du Maine, Paris, 1580, fn-12. Cet ouvraeeeut 14 éditions, dont la dernière est de 1608. Garnier connaissait les anciens et les a imités dans presque toutes ses pièces ; on voit qu'il affectionnait principalement Sénèque; cependant TArioste l'avait mieux ins-
{)iré que ce poète latin. Garnier a de 'énergie , des scènes touchantes , un style plus ferme, plus cadencé que les autres adeptes de cette vieille école classique érudite (voy. Aax deamatiqu£, tome 1 , page 370).
Gabniib (Séb.), maître des eaux et forêts , procureur du roi au bailliage de Blois , étnit né dnns cette ville nu seizième siècle. Si nous lui consacrons ici quelques lignes , c'est parce que deux poèmes dont il est l'auteur , une Henriade et une f.of/ssér ou épopée sur saint Louis , complètement tombées dans Toubli , furent* réimprimées en 1770, à Paris, dans le but d'humilier Voltaire et de le convaincre de plagiat. Le lecteur, qui ne se laissera pns rebuter ni par rinégalité et la rudesse du style , ni par les défiiuts d'une composition languissante, trouvera dans Garnier des passages écrits avec chaleur, des imitations assez bien entendues de l'antiquité. TUtas n'avons ças besoin d'ajouter qu'une basse envie pouvait seule opposer cette œuvre à celle de Voltaire.
L<es deux épopées de Garnier ont ete
imprimées à Blois, eu 1593 et 1594, in-4*.
Gabiiteb bb Saiivtbs (le dievalier
Jean) exerçait , avant 1789, la profes* sion d'avocat. A la révolution le département (le In Chnreiite-Inférieure l'envova à la Convention nationale, où il siégea sur la Montagne fîit l'un des plus énergiques soutiens de cette partie de In Convention. Il proposa la loi qui bannissait les émigrés à perpétuité et les punissait de mort en cas de rentrée en France; fit ensuite traduire au tribunal révolulionunire le général Blanchelnnde , accusé de s'être opposé à l'exécution du décret qui affranchissait les noirs; se prononça vivement contre les girondins, et eut in plus grande part à l'organisation du comité de salut public. Après le 31 mai, Garnier fut.
envoyé en mission auprès des armées de la république, ensuite dans les départements. Après la rénotion Hu 9 thermidor, il resta encore lidele à la Montagne ; il défendit plusieurs de ses collègues persécutés, continua à suivre les sénnres du club des jacobins, et mérita, pnr son ardeur républicaine , In linine de la nouvelle majorité. Rappelé au Conseil des Cinq-Cents , par suite des dé* ' crets des 7 et 9 fructidor , il y siégea sur les bancs des membres les plus patriotes. Après la session , il rentra dans la retraite jusqu'en 1806 , époque à laquelle l'empereur le nomma président du tribunal criminel de Snintps. L'existence politique de Gnrnier parai.'^sait terminée lorsqu'aux cent jours , dans la chambre des représentants, il se montra de nouveau avec toute son énergie de 92. Il demanda des mesures rigoureuses contre les révoltés de l'Ouest , s'opposa à toute transaction avec le parti de l'étranger , et appuya vigou« reusement la proposition d'envoyer des commissaires près des armées. « Rap- « pelez-vous , s'écria-t-il , ces temps où < un seul représentant, au milieu d'une «armée, éiectrisait tous les esprits.
« Nous irons encore combattre dans les « rangs. » Il était beau de voir un vétéran de la république offrir de conduire, au milieu du danger, ces jeunes soldats de la patrie qui déjà étaient la postérité pour lui.
Après la seconde restauration , Gar-
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nier fut condamné à l'exil , en vertu de Tordonnanee du 38 jofllet 1815. Il fut, peu de jours après , arrêté à Paris , où
il ét'iit resté malgré l'arrêt de proscription porté contre lui. Chasse ensuite des Pays-Bas, il se retira dans l'Amérique septentrionale, et y périt avec son jeune ffis qui avait voulu l'accompagner. Tous deux s'étaient embarqués sur rOhio dans une pirogue qui chavira et les fit tomber au milieu des eaux du fleuve.
Garnts\ibk. On appelait jadis garnisonnaires ou garnisaires les archers et sergents envoyés dans une maison « pour obliger les maîtres à payer quelque taxe ou deniers royaux, ou pour être gardiens d'un scelle , ou des meubles saisis. Dans les anciens titres , ils sont nommés comestores , maiweurs.
£n effet , ces gens envoyé par le juge dans la maison d'un débiteur, y vivent à ses dépens jusqu'à ce qu'il ait payé sa dette (*). » Telle est la deûnitioa donnée par Furetière dans son diction* naire.
Nous avons vu, à l'article Dracion- NADES , combien c'était une terrible mesure ^ue cet envoi des soldats dans le domicile des citoyens pour y vivre à discrétion. Dans notre temps , on ne la trouve plus employée que comme une exception assez rare, et avec des iormes bien mitigées.
Le mot gamisaire est usité seulement en matière de contributions directes et de conscription. Le contribuable retardataire ou le percepteur qui n'a pas fait son versement aux épo- (|ues fixées , doit recevoir chez lui un individu assermenté, qui, pendant deux jours, exige le logement et la nourriture et un salaire déterminé.
Sous la république et sous l'empire, des soldats étaient établis, aux mêmes conditions, au domicile des parents des conscrits refiractaires ou déserteurs.
Des garnisaires ont été , d*ailleurs, imposés aussi dans d'autres circonstam es, et pour d'autres causes, surtout à Tepoque du séquestre des biens d'émigrés et de la loi des suspects.
UABNisoir. Le mot ^gamitto^ en
Ce surveillant lég^^tqtialifiéde^ar-
basse latinité, signifiait proprement les vivres, les armes et les munitioM nécessaires pour la défense d'une ville.
Mais cette locution reçut aussi un sens plus étendu ; elle désigna les corps de troupes places dans une forteresse, dans un camp. Ainsi on lui trouve quelque chose de son acception actuelle dans* ce passage de Guillaume de Nangis (Vie de saint Louis , année 1266) : yEsti- ' numtes gamisUmem egremim mro foribus exercitum invasisse , et «uns les siècles suivants , les chroniques et les actes offrent une foule d'exemples des mots garnizo, garnmOy ou gar»
nesia, employés delà même manière.
Avant l'organisation de l'armée , au quinzième siècle , il n'y avait de garnison que durant la guerre ; les villes se gardaient elles - mêmes, en temps de paix , ou bien elles étaient gardées par leur seigneur, suivant leur plus ou moins grande indépendance. Lorsque Charles V II accoutuma les villes a admettre de petites garnisons constantes entretenues des deniers communaux, au moven de la tai/fe des getidarmes , les communes stipulèrent que ces troupes ne dépasseraient pas en nombre une trentame de soldats des compagnies d'ordonnance. Quelqiies-unes ne souffrirerit même p.is que leur monstre, c est-a-dire, le droit de passer en revue ces détachements de l'armée royale, fût confiée à d'autres qu'au maire. En même temps elles conservèrent leurs milices bourgeoises, qui continuèrent à garder les portes, à faire le guet, Tarrière-guet, etc. Les municipalités cherchaient par tous les moyens , et le plus souvent en vain , à se soustraire aux exigences, aux extorsions des hommes de guerre. La 'taille des gendarmes causa maintes révoltes, en Guienne, par exemple (voyez Guienne) ; cependant les principes de la centralisation se consolidèrent peu à peu. Descon)missatres furent délégués pour faire les montres ou revues. De grosses girnisons furent imposées, pendant le seizième siècle, à plusieurs villes puissantes, quoique,tuujours jalouses d'une ombre d'indépendance, elles fissent généralement fondre des canons à leur compte, <' pour imposer aux militaires qui se seraient montrés endins | ibnaar Iran ar*
«AEHnaV FRA^irCE. GARNISOlf 6Sâ
mes. « C'est à Machiavel (*) que nous empruntons le témoignage de ce dernier fait* « Quand on ne craint la guerre eo France, dit le même écriTain,
les garnisons (c'est-à-dire, le personnel armé et royal) sont d'ordinaire au nombre de quatre, savoir : en Guienne, en PioaHie, en Bourgogne , en Provence ; elles sont augmentées ou échangées d'un lieu à un autre, suivant les circonstances. » Ce passage prouve, d'ailleurs, que le nom de gandstm donnait plutôt ridée d'une grande circonscription militaire Que celle d'une troupe chargée de la parde d'une ville.
Depuis les guerres de religion et sous Hénri IV, au contraire, les garnisons proprement dites étaient des troupes temporaires non constituées en régiments, occupant une ville, une contrée flous forme ae compagnies, d'enseignes, portant le nom de leur capitaine. Les régiments étaient des garnisons désignées sous le nom du pays qu'elles gardaient. Ainsi , le régiment de Picardie était primitivement l'armée permanente de Picardie. Il y avait encore un autre genre de garnison, c'étaient Ifsinortespaues p derniers restes de rauarchie militaire. Ces bandes se composaient d'un ramas de vieux soldats, que les gouverneurs des villes et des provinces achetaient et soldaient aux frais de leur gouvernement , et qui devenaient , comme les gardes du corps, les e&tafiers de leur chef.
L'histoire provinciale, jusqu'à la fin du dix-septième siècle, est pleine de récits de querelles survenues entre les municipalités et les représentants du pouvoir royal au sujet des garnisons.
En effet, ces troupes étaient entietenues aux dépens des localités , logées diez les bourgeois , et se montraient partout indisciplinées et oppressives. Ce ne fut qu'en 1691 que l'on commença à organiser un casernement à peu près ré^lier. (Voyez Casbbnbs.)
Aussi longtemps que Tarmée se recruta sur la pince ptihlique, dans les tavernes, les villes lirent pourtant valoir leurs privilèges pour s'exempter du séjour des gens de guerre , tant on craignait les désordres d*une soldatesque
(*) Tableau de la France.
tirée de la lie du peuple. Mais les temps sont bien changés ! Depuis l'organisation d*une armée nationale , il est peu de villes en France qui ne voudraient
posséder une garnison; quelques-unes ré; lament opiniâtrément cet avantage, et l'on sait combien de suffrages peut enlever, au tempe des élections, la promesse d'une garnison, d'un régimentde cavalerie !
£n temps de paix, et à l'intérieur, le mot gamtêtm sigillé, comme on sait, et idieu de la résidence d'un corps de troupes, et ces troupes elles-mêmes.
Sur le territoire étranger, il désigne les troupes, nationales ou étrangères, qui occupent les places, les citadelles et les forts. Jusque sous Louis XIV et Louis XV, un des principes de l'art militaire, chez nous comme chez les autres peuples, était, lors d'une guerre dinvasion, de faire, à mesure qu'on avançait chez l'ennemi , le siège de toutes fes villes fortifiées, et de ne pousser outre qu'après les avoir jjriseî» et j-' avoir mis garnison; ce système, qui n'avait d'autre résultat que de diminuer en pure perte l'effectif des troupes , nous a été souvent funeste, notamment lors de la eonqu^ de ta Hollande, en 1672.
« Gondé et Turenne , dit M. I\lielielet dans son Précis de l'histoire de France, voulaisnt qu'on démantelât les places, Louvois qu'on y mil garnison, c'est-àdire , qu'on dispersât l'armée. Le roi crut Louvois. On se fia aux murailles; on s'imagina prendre la Hollande en mettant la main sur des pierres; la Hollande échappa. » Les guerres de la république et de l'empire ont démontré l'avantage d'un système différent. TiOrsqu'on assiège et qu'on prend les places, on en rase les fortifications plutôt que de les garnir de défenseurs.
Le service de «garnison, soit à l'intérieur,, soit en pays conquis , est différent du service de campagne. £n campagne, les troupes obéissent à leurs généraux; en garnison, elles sont sous Tes ordres immédiats des officiers de l'étatmajor des places. (Voy. État-m.4.jok.) Le lieutenant de roi ou commandant d'armes, qui, autrefois, s'est appelé crijiitaiue de place , puis gouverneur, a autorité sur tous les militaires qui se trouvent dans la place , quel que soit
GAROSEN L'UNIVERS. OARRAN^MTLOU
leur grade. Les soldats de service sont Spécialement sous ses ordres , et tant çue le smiœ dore n'appartiennent pas
a la policé de leur régiment.
Garonne (Hatite-). Ce département, qui tire son nom de la rivière qui le traverse, comprend une petite portion de l'Armagnac, une partie du pays des Basques, appelé pays de Cominges , et les anciens diocèses" de Toulouse et de Kieux en Languedoc. 11 est borné au sud par les Pyrénées , à Test par les départements de l*Ariége, de TAude et du Tarn, au nord par celui de Tarn-et- Garonne, à l'ouest par ceux du Gers et des Hautes- Pyrénées. Sa superlicie est de 618,658 hectares. Son revenu territorial est évalué à 22,448,000 fr.
Les rivières navigables sont le Tarn, la Garonne, l'Ariége et la Salât. C'est à Toulouse que commence le eanal du Midi ; les grandes routes sont au nombre de 37, dont 7 royales. Le département occupe, dans une longueur de 4 myriam., la vallée de la Garonne.
'il est divisé en 4 arrondissements, dont les chefs-lieux sont : Toulouse, chef lieu du département, Muret, Saint- Gaudens et Villefranche. Il renferme 89 cantons et 599 communes. La population est de 454,727 hab , parmi les^ quels on compte 3,308 électeurs , représentés à la chambre par G députes.
Toulouse est le chef-lieu de la 10" division militaire (Haute-Garonne , Lot, Tarn, Tarn et-Garonne); du 20* arrondissement forestier; le siège d'une académie, comprenant encore dans son ressort les départements de TAriége, du Tarn et de Tarn-et-Garonne, et d'un archevêché qui a pour suffragnnts les évéchés de ftloutauban, Pamiers et Carcassonne. *
Parmi les hommes distingués que ce dépnrtement a vus nnître, nous devons nous borner à citer : Fermât , Cujas, Furgole, Aanteuil , Campistron , Palaprat, Picard, Villèle.
Carosen (combat de). — Le 81 septembre 1812, la division Grawert, au corps prussien d'York, lequel faisait partie du corps de la grande armée, rencontra vers Garosen, village de Livoiiie, la division russe de Wilinininow. On en vint aux mains, mais les Prussiens, nos alliés, qui déjà déguisaient
mal leur peu de sympathie pour notre cause , combattirent mollement. L.eur8 vaines démonstrations n'amenèrent aucun résultat positif. Les pertes, à pea près éfîales des deux parts, ne s'élevèrent qu'à environ 3 ou 400 hommes tués ou blessés.
Gabp ( combat de). —Le 15 janvier 1810, Augereau , commnndnnt en chef des troupes françaises de Catalogne, envoya la division Souham occuper la ville de Vique ou Vich et les villages voisins de Malla et de Garp, pour sur* veiller un corps de 15,000 insurgés, quî, sous la direction d'O'Donnel, s'organisait dans les montagnes. Dans les pre* miers jours de février , l'ennemi, deux fois repoussé à Malla, attaqua en vainle village de Garp, où le colonel Delort n'avait qu'un bataillon du léger. Lors de la bataille de Vich , livrée le 19 du même mois, les Catalans commencèrent l'attaque sur Garp avec une telle viva- \ cité, qu'il semblait que là dût porter la masse de leurs efforts ; mais Delort ne prit pas le change, et se replia en bon ordre vers Souham sans avoir perdu un seul homme.
Gabban - CouLON ( Jean - Philippe ) naquit en 1749, à Saint-Maixent (Deux- Sèvres). Lorsque la révolution éclata, il publia divers écrits en faveur de la cause nationale, et fut nommé, en 1789, membre du comité des recherches de la commune de Paris. Chargé de faire un rapport sur les mnrhinations de Taristocratie, il remplit sa mission nvec courage, et ue craignit pas d'accuser MM. de Barentin , de Broglie , de Puy* ségur, de Bezenval et autres dont la culpabilité lui était démontrée. Les gages qu'il avait donnés au parti patriote le firent choisir, en 1791 , par les électeurs de Paris , comme député à l'Assemblée législative. Dès les premières séances , il fut appelé aux fonctions tie secrétaire avec François de r^eulchàteau, Génitti , Condorcet, Lacépède et Gu\ tonMorveau. Il vota la suppression des titres âe sire et de majesté^ et se fit remarquer parmi les plus héroïques
{*) Dans le courant de l'art. Catalogne, t. IV, p. 1273, on a imprimé Figne^ au lieu deFique. Nous saisissons avec empressement 1 oocasion de rectifier celte faute typographique.
GAlBAir-COUMIir FRANCE.
cliampions de la philanthropie dans la questiOD de réinancipation des noirs.
Grand procurateur à la cour nationale d'Orléans , i! se montra digne de cette suprême magistrature; et lors de la translation des prisonniers à Versailles, il s'efforça d'arrêter l*exécation de cette mesure. ' Le département du Loiret l'ayant envoyé à Ja Convention, il déclina la compétence de cette assemblée pour juger Louis XVI, et se prononça pour rappel au peuple. Après la condamnation , il appuya la demande d'un sursis , fut élu secrétaire au mois de mars suivant , et resta depuis étranger à la lutte de la Gironde avec la Montagne. Tl appartenait du reste à cette partie de rassemblée connue sous le nom de Plaine, et dont la politique , couverte du manteau de la modération , parut simplement expectative au milieu des orapies de In terreur. T>e 9 thermidor ayant donné de l'importance à ce parti, Garran-Coulon parut aussi plus souvent à la tribune. Il eut du moins le courage • de résister à l'impulsion des réncteurs, de se prononcer en faveur du tribunal révolutionnaire de Nantes , de repousser comme immorale la proposition de Clausel , tendant à faire juger par une commission militaire les personnes qui donneraient asile aux députés proscrits, et de prendre la défense de Drouet.
Réélu au Conseil des Cinq-Cents, il s'^ prononça fortement en faveur du Directoire. Au 18 brumaire, il fut promu à la dignité de sénateur, puis 1 empereur lui donna rinvestiture de la sénatorerie de Riom, et les titres de grand-cordon de la Légion d'honneur et de comte. En 1814, il prit part ou adhéra a toutes les délibérations relatives à la déchéance de Napoléon et au rappel des Bourbons ; néanmoins on ne le comprit pas dans la liste des sénateurs qui entrèrent dans la chambre des pairs. Garran - Couion vécut depuis dans la retraite, et mourut en 1816. Garran-Coulon, que Naudet a remplacé à l'Institut, est auteur de beaucoup de Rapports aux différentes assemblées dont il a été membre. Nous citerons seulement son Rapport fait au comité des recherches des représentants de la commune sur la coiismration des mois de mai, Juin etJuUM demkrt ( 1789, Uk^) ; Rap-
port sur l'insurrection de Saint-Do»^ mingue, 1791, in-8°; Recherches polir tiques turCétat ancien et moderne de la Pologne, 1795, in-S»; Rapport sur les troubles de*Saint'Dominguej an vi et an vu , 4 vol. in-S".
Gâbbsau (F. A.)t avocat, député à l'Assemblée législative et à la Convention nationale, membre du Conseil des Cinq-Cents, inspecteur aux revues, membre de la chambre des représentants, naquit à Libourne vers 1760. Son patriotisme ardent le fit bientôt choisir, en 1790, pour présider l'aduiinistration centrale du district de sa ville natale, et appela sur lui, en 1791 , les suffrages du collège électoral de la Gironde, qui le nomma député suppléant à l'Assemblée législative. Réélu à la Convention, il vota , dans le procès de Louis XVI , contre l'appel au peuple et pour la mort sans sursis. Garreau lutta constamment contre ses collègues de la Gironde, et appuya toutes les mesures révolutionnaires dans lesquelles il voyait le salut de la pntrie. A la fin de la session , il se trouva compris dans les deux tiers conservés , et devait jiasser au Conseil des Cinq-Cents; mais il donna sa démission, disant qu'il ne pouvait accepter un .
mandat que le peuple n'avait pas confirmé. Envoyé alors à l'armée d'Italie en qualité de commissaire du gouverne-, ment auprès des armées, il y resta jusqu'à la fin de 170G. Au Conseil des Cinq-Cents, où l'envoya a cette époque le département de la Gironde, il se montra fidèle aux doctrines démocratî*
J|ues, et se prononça avec la plus grande orce pour la motion de Jourdan , tendant à faire déclarer la patrie en danger. « Si la loi est impuissante , s*écria- « t-il, n'avons-nous pas du fer, des bras « et du courage ? Déclarons traîtres à la « patrie tous négociateurs , ministres , «généraux, directeurs, représentants « du peuple, et tous citoyens français « qui proposeraient, recevraient, appuie- « raient ou signeraient un traité de paix « portant atteinte à la constitution de « l'an m et à l'intégrité du territoire «de la république. » Avec de tels prin* cipes , Garreau devait figurer parmi les opposants les plus énergiques à la journée du iS brumaire; aussi raéritâ-t-ii d'étiB exclu du Corps législatif*. I^e
M eAMWiid VmtfKB^. «ASCO***
premier consul voulut cependant se l'attacher, et le revêtit des lonctions d'inspectear aux revues, <|u*ji a conservées jusqu'en 1814. En 1815, ses compatriotes le portèrent à la chambre des représentants, et il montra que Tere impériale n'avait Dullement altéré la vigueur de son caractère, atténué ses dispositions hostiles envers les Bourbons. Le 22 juin, il monta à la tribune pour y faire lecture de l'article 67 de Tacte additionnel lirappant d'une exclusion perpétuelle la race des Capet , et pour rappeler ainsi à l'assemblée ses serments. Le 30, il dénonça un écrit de Malleviile lils en feveur des Bourbons. « Il y a quelques «jours, dit-il, que M. Malleviile vous « proposait de déclarer coupable quicon- « que proférerait le cri séditieux de vive « uml$ X^fi/f vlven$ ie§ Bourbonsf « et ce même M. Malleviile a aujourn d'hui l'infamie de vous proposer de « proclamer les Bourbons ! et cependant « M. Malleviile est le fils d'un ancien «sénateur, comblé des décorations et « des bienfaits de l'empereur ! » Garreau indiqua ensuite les motifs auxquels il attribuait cette conduite. L'assemblée , disait^il , aurait dû déclarer le moteur 4'une pareille proposition aliéné, comnM Wi autre d'Esprémenil, et après avoir exprimé le regret que la qualité de re-
Késeotant du peuple le rendit inviolail demanda qu'on fit imprimer à 4eux colonnes , et en regard , la loi pénale que Malleviile avait proposée confre les parlimns des Bourbons , et ia proposHkm qu*U venaU de faire dB Tajppeler ces mêmes Bourbons a u trône* Mais bientôt la capitale tomba au pouvoir des étrangers; Malleviile fut récompensé de sa versatilité, et Garreau puni de son attachement opiniâtre aux principes qu'il avait puisés dans ia révolution. Compris dans l'ordonnance du 24 juillet, il lut obligé de quitter la France, et vécut depuis dans robaeurité.
G ABBESSio (prises de). — La campagne de 1794 venait de s'jouvrir glorieu- •ement pour l'armée d'Italie qui occu* pait le comté de Nice : l'aile droite, commandée par Masséna , s'était , le 7 avril, emparée d'Oneille, seul port restât au roi de Sardaigne pour MwmniqQfli am son tte «t «vee toi
Anglais ses alliés. Or, cette conquête ne fut pour le général que le prélude de nouveaux succès. Maître de Loano et de Ponte-di-Nave, il poursuivit les Autrichiens, qui se repliaient à la débandade sur Garressio et sur Ormea. Le 17 avril, ces deux petites places ouvrirent leurs portes à nos braves , qui y firent de nombreux prisonniers, et y trouvèrent des magasins bien approvisionnés , douze pièces de canon tondoei sous Louis XIV et 80,000 fusils»
— Lorsque Schérer passa au commandement de l'armée d'Italie , Kellermann n'en continua pas moins, en attendant l'arrivée de son successeur , à tenir les ennemis en haleine. Ce fut ainsi que, par son ordre, le général de brigade Miolis se porta, le 2ô septembre 1795, ▼ers Garressio , où ils étaient rentrés, et leur reprit cette ville après leur avoir brillé un camp qu'ils avaient établi tous ses murs.
GAHBiGA ( combat de la). — Les généraux espagnols Larcy et d'Ëroles, ayant réuni une assez formidable ar- * mée aux environs de Yique ou Vich, en Catalogne, le général Decaen marcha contre eux, le 21 janvier ISIS, avec une divisibnet une brigade. Les Espagnols, au nombre de 7 ou 8,000, étaient rangés en bataille et retranchés avec soin sur une chaîne de hauteurs qui porte le nom de Garrlga. Mais le 23* léger et le 5* de ligne ouvrirent l'action avec une telle valeur, que les Espagnols se laissèrent enlever successiveuient cinq positions sous les yeux de leur général , qui ne put les rallier qu'à une certaine distance du rhamp de bataille, après avoir perdu plus de 400 hommes.
Gabumni, peuplade gauloise de l'Aquitaine de César, et qui habitait probablement le long de la rive gauche de la Garonne, dans un district particulier appelé Rivière,
GASGOonn. Cette dénomination est extrémementcomplexe.La région qu'elle désigne constitue la basse Guienne; ses localités principales étaient Mont-de- Harsan ( Landes ), Pau ( Basses - Pyrénées), Tarbes (Hautes-Pyrénées), Auch (Gers), Saint - Girons (Ariége), Saint- Gaudens f Haute - Garonne). Mais on distinguait, en 1789 :
. r La Goteogne propnmmiê 4M»,
FRANCE
6AS€e6HS 689
qui comprenait les Landes propres ( Dax et Tartas ) et VAuribat dans les fandes propres (Dax), la CAalosse (Saint- Sever), le Tursan (Aire, Grenade, Cazères), le Marsan (MoQt-de-Marsan), ï^iberf (Labrit);
2° La Gascogne improprement dite, ^i renfermait, outre la Gateogne prohre^ \es Basques, le Béam, le Bigorre^ le Comminges ^ V Armagnac , le CondomoiSf ie liazadais, le Bordelais;
La Gascogne très-improprement dUt, comprenant, outre la Gascogne improprement ((lté , ie resiê de ia Cuienne t't le Languedoc.
Au sixième siècle , la nartie la plus méridionale de ces contrées, formant le royaume 6* A^uilaine (voyez ce mot), la région située entre la Garonne e\ les Pyrénées, portait le nom de Novemno-
Suianiê. Vers 686 on y vit apparaître s Pf^asques , 9y<ue<m8 ou Gascons (voyez Basques), ppii[)le îjuerrier et sauvage qui sVtait nuilti|)iié dans la Navarre et le Guipuscoa , au delà des Pjrrénées, et qui , descendant inopiné* ment dans les plaines , bravant les Wisigoths et les Francs, envahit dès lors une grande étendue de pays. Ënlin, vers €0a, les rois de Bourgogne et d'Anstrasie nmportèrentisur eux quelque avantage, et se contentèrent d'exiger d'eux un tribut, et de leur imposer un duc nommé Genialis. Mais, en retour, on leur abandonna les provinces où ils s'étaient étal)Iis. Après In mort de Génialis, ils ressaisirent et gardèrent leur indépendance durant U ans. En 636, Bagobert envoya contre eux une année considérable qui les poursuivit jusque sur le sonunet des monta«^nes. Ils se rendirent à discrétion ; mais le roi leur laissa leur pays, en exigeant des chetis le serment de fidélité. Dèseetteé|MN|ue, ce peuple adroit et remuant prit une part active aux querelles de ses nouveaux souverains.
Cinquante ans plus tard , tandis q\i^ Eudes (voyez ce mot) se faisait duc indépendant de totit le pays des bords de la Loire jusqu à la Novempopulanie, les Gascons avaient absolument secoué le joug des Francs dans leur province, et confié à des ducs électifs le gouvernement de leur territoire, dont' ils avaieut éteudu les limites jusqu'à la
Garonne. Knfin , on appelait llçue des Gascons toute la coalition méridionale dirigée par £udes et cela sans doute parce qu'ils en formaient la partie la nlus redoutable. Ils en furent en effet le plus solide appui jusqu'à ce que Charles, celui OUI, plus tard fut Charleniagne, réussit à les détacherdes Aquitains, en plaçant à leur téte un irréconciliable ennemi de ïf-'aifer (voyez ce mot) et de toute sa race. Cet ennemi était Lupus ou iMup, lils de liatton, comte de Poitiers , que Hunald son frère et le père de ^f^aifer avait fait cruellement mutiler (Voyez Hunald). Lupus conserva son duclié. Mais plus tard , quand Cliarles étendit ses conquêtes au delà des Pyrénées, le Gascon en fut jaloux. Au retour de l'armée franque, ses bandes tombèrent sur l'arrière-garde^ dans cette vallée de Aoneevaux (voyes ce mot), si célébrée depuis par les romanciers du cycle carlovingien. Cette perfidie fut punie par le supplice du duc Loup I/, fils de VV ailer «t petit-fils de Loup r*^ du côté de sa mère. INéanmoins , tdalric et Loup- Sanche^ ses bis, furent, quoique très-
i'eunes, désignés par Cbarlemajfîue pour ni succéder.
Dans la suite , tes Gascons se révoltèrent, et provoquèrent maintes fois les armes de l'empire. A deux reprises ils taillèrent en pièces, dans les gorges des Pyrénées ) Tarmée de Louis leDébon* naire revenant de^'av:)rre.
Loup-Ceniule et Aimhi ou ScimiJi, l'un petit-flls , l'autre lils d Adairic , avaient partagé entre eux la succession paternelle, et avaient bérité de la turbulence et de la perfidie de leur père. Xi min et Garcias son tils périrent dans une bataille contre les Francs; Centule fut forcé de se retirer en Espagne , laissant en deçà des Pyrénées deux fils, dont l'un obtint de l'empereur le comté de Bigorre, l'autre ia vioomté de Béam, Mais alors la Gascogne fut réunieàla couronne et confiée a des ducs amovibles, qui eurent eu outre le comté de Bordeaux et de Saintes.
TotiUmy le premier d>ntre eux (819), repoussa loin de sa province les bordes normandes ; mais son successeur, Siguin ou. Mmin, ne put les tiuipécber d'y
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exercer leurs ravages (846) , pas plus que Guillaume, qui vint après lui (848). Ouillaume ayant été fait prisonnier par les pirates , Sanche - Sanckmt fils de Loup -Sanciie, s'empara de la Gascogne, qu'il joignitjContre le gré de Charles le Chauve, an comté de Pampelune. En 85â , il détendit sans succès la ville de Bordeaux, attaquée et prise par les Normands. Après sa mort (8fi4), Ârnavd, son neveu du côté maternel , et fils d'un comte dePérigord, lui succéda. Il fut le dernier des ducs amovibles.
Sanche-Mltarra ou Ravage {smnom que lui avaient donné les Sarrasins), petit-fils de Loup-Centule , fut appelé, en 879, deCastiile, par les Gascons, pour les s^ouverner. Il ne reconnut jamais l'autorité des rois de France , et en cela il fut imité par tous ses successeurs, Sanche H, GarcieSanche, San^ the-Garcie , Sanche-Sanche» , GuU' laume-Sanche , Bernard- CnîHaume, Sanche Guillaume et Bérenger. Ce dernier, petit-fils de Sancbe-Guiliaume par sa mère et filsd'un comte d'Angoulëme, étant mort sans enfants vers 1036, F. udes, comte de Poitiers , llls d'une sœur ou d'une OUe de Sancbe-Guiilaume, lui succéda. Mais il fut tué, en 1040, devant un cliâteau de l'A unis qu'il assiégeait, et alors ^erwff?Y/ If, comte d'Armagnac , issu en ligne masculine des dues de Gascogne, se rendit maître du pays, et s'y maintint jusqu'en 1052, que GÙi-GeoJJroi , fils de Guillaume V, comte (le Poitiers , le contraignit de le lui vendre , moyennant lâ,000 sous.
Ainsi le duché de Gascogne et le comté de Bordeaux furent déljiHtivement réunis au duché d'Aquitaine ou de Gnienne.
(Voyez ce mot). Cette adjonction de la GasGOjsneau Poitou et à r Aquitaine ne fit pas disparaître l'usage d'appeler Gascons tous les habitants du pays compris entre la Garonne et les Pyrénées, quoique le duché ne comprît que les six comtés de Btgorre , Bordeaux , Agen , Fezenzac, Lectoure et Gascogne.
GrASPABiN ( Thomas-Augustin) , général de brigade, député à la Gonveii-
tion nationale, naquit à Orange en 1750. Issu de la noble maison des Gaspari de Corse, et capitaine au régiment
de Picardie en 1780 (*), il n'en adopta pas moins avec ardeur les principes de Ja révolution. Le département des Boudies-dtt-Rhdne renvoya à l'Assemblée l^islative, oà il rendit d'importants services comme membre du comité militaire. A la Convention nationale, il vota avec le parti de la Montagne. Se trouvant en mission à l'armée du Nord à l'époque de la désertion de Dumouriez, il provoqua un décret d'accusation contre les traîtres, et concourut à maintenir la discipline dans ces troupes désorganisées. A son retour, il fut nomrné membre du comité de salut public Toutefois , il n'y resta que peu de temps, et, après sa démission , TAssemblée l'envoya dans la Vendée, à l'armée des Alpes, puis à Marseille. De là, Gasparin dut se rendre devant Toulon pour diriger les opérations de ce siège fameux. « C'est au représentant Gas- « parin , dit l'auteur du Mémorial de « Sainte-Hélène (**), que Napoléon dut « d'avoir vu son plan triompher des ob- « jections des comités de la Convention. «Il en conserva un souvenir recounaisff saut. C'était Gasparin , disait-il, qui « avait ouvert sa carrière, »
L'ancien capitaine de Picardie s'était retrouvé dans le conventionnel. Gas-
Earin avait, à la téte des troupes répulicaines , emporté plusieurs redoutes.
Ses fatigues ayant fini par l'épuiser, on fut obligé de le ramener à Orange , où il mourut le 7 novemlnre 1793. Toutes les sociétés populaires de Provence prirent un arrêté pour honorer la niémoire du député montagnard. Son cœur fut envoyé à la Convention , qui décréta qu'il serait placé au Panthéon ; toutefois, cette mesure resta sans exécution. Le c(£ur tut seulement déposé aux archives, et il s'y trouvait encore il y a trois ans.
Napoléon , parvenu au pouvoir , fil rechercher les deux fils du représentant de Tarmee de Toulon, et pourvut à leur avancement; il leur légua même 100,000 francs par l'article 3 de son 4° codicille, daté du 24 avril 1821, à Longwood.
(') La famille Gasparin est devenue protestante par le mariage d'un deaetmambrea avec
une fille du célèbre agronome Olivier de Serres. (**) Tome I, p. i85; voy. aussi p. x83.
GASSBMDI FAANCE. AAMBltDl 641
L'atné , Adrien - Étienne- Pierre . de Gaspabin , pair de France , naquit à Orange en 1783. Sous l'empire, sa ear^
riére , coinmeiu'f^e d.ins les années en Italie, en Pologne, fut interrompue par une iniirniite contractée pendant ces campagnes. Alors il se tourna vers Tétude , et s'adonna particulièrement aux sciences relatives à réconomie politique et rurale. Apres ie mois dejuil- 1880 , il devint successivement préfét de Montbrison , de Grenoble et de T-yon. Sa conduite dans rette dernière ville, jt-tée, malgré sos efforts, dans les horreurs des discordes civiles, lut récompensée le 19 avril 1834 par la dignité de la pairie. Un an après, le ministère Broglie l'appela au poste desous- .secrétaire d'État au ministère de Tintérieur. Le 6 septembre 1836 , il devint ministre de l'intérieur. T.'avénement du ministère du 15 avril 1839 le rendit à la vie privée jusqu'au 31 mars, où il reprit pour six semaines son portefeuille, en y joignant , par i$Uérim , celui du commerce et des travaux publics. L'année suivante, il fut élu membre de l'Académie des sciences (section d'économie rurale).
De même qae son frère cadet , //»çusteBE G ASP VRipî,député(ip la Drôine, il a f»ublié plusieurs travaux sur Tauronomie, entrée pour ainsi dire dans cette famille comme un héritage d'Olivier de Serres.
Gassendi (Pierre Gassend , plus connu sous le nom de) naquit au village de Chantersier, près de Diîîne, en Provence, l'an 1593. Feu d*homme8 ont embrassé des connaissances plus variées, et se sont livrés à des travaux plus utiles et plus non)breux. Sa principale gloire est d*avoir été un des premiers philosophes du dix - septième siècle , un des chefs du sensualisme moderne. Mais, doué d'une vaste et puissante intelligence, il fut encore astronome , naturaliste, géomètre, anatotniste, physicien, prédicateur, nntiquaire, helléniste, théologien, h^niin, l'on a dit de lui, avec raison, quMI était le plus savant parmi les philosophes et le plus philosophe parmi les savants.
Dès sa première enfance , son génie précoce annonça ce qu'il serait un jour : a tS ans il obtmt, au concours, la chaire
T. viii. 4J Livraison. (DiCT. v.m
de rhétorique à Digne. Puis , se destinant à rétat ecclésiastique , il apprit à Aix la théologie et l'hébreu, et fut nommé prévôt du chapitre d'Avifinon.
A 21 ans, il fut appelé en même temps aux chaires de theolo^^ie et de philosophie à roniversité d*Àix. Mais il ne se réserva que cette dernière. A cette époque, Aristote régnait dans les écoles avec un empire tyrannique , absolu. Sa doctrine était aussi inviolable que celle des livres saints. Gassendi , qui com-
f prenait mieux (|ne ses contemporains es défauts du peripatéticisme seolastique,et qui se voyait forcé de l'enseigner, le fit du moins de manière à n'omettre aucune des difficultés qu'on pouvait opposer à cette doctrine. S*étant démis de sa chaire en 1623, pour se livrer avec plus de liberté à ses tra* vaux, il commença, Tannée suivante, à attaquer Aristote de front , en publiant les premiers livres de ses Exercitationes paradoxicœ adoersus ArU" tatelem^ Ce début était hardi et attira sur lui Tattention. Mais il ne continua pas cette entreprise , sans doute parce qu'il prévoyait la vive opposition qu'il soulèverait. Sa renommée se répandit bientôt, et lui valut l'estime et l'amitié d'un Gçrand nombre de savants et de puissants personnages. Disciple de Bacon, ami de Galilée, de Kepler, de Hobbes, digne adversaire de Descartes , il fut en relation avec tout ce qu'il y eut de plus distinL'ué parmi ses contemporains, tels que Christine, reine de Suède, Frédéric m, roi de Danemark , deux papes, plusieurs princes français, les cardinaux de Retz et d'Fstrées. Des liaisons intimes ou une correspondance active l'unissaient aux savants et aux piiilosophes les plus célèbres de son tempâ.
Attiré à Paris par l'archevêque de Lvon, frère du cardinal de Richelieu, il oÉtint par lui , en 1645 , une chaire de mathématiques au collège royal. Il y mit en honneur l'astronomie, trop longtemps néglijLijée, et y attira toujours un grand concours d auditeurs. Mais tes fatigues de renseignement , ses fréquents voyages, ses veilles , ses études continuelles , ses expérienees laborieuses altérèrent extrêmement sa santé. Il languit quelque temps. Enfin, au mois