‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 174 sur 198 · CI.OP.. ETC · texte numérisé non relu

CI.OP.. ETC

d'octobre 165S , son mal augmenta , et

de trop nombreuses snifi^nées achevèrent de l'épuiser. Il mourut le 24 du même mois, victime de so trop grande docilité envers les médecins , comme Descartes périt par son peu de condesrendnnce à leur égard. Il fut enterré à Saint-iNicolas des Cham|)S, dans la ciiapelle de Saint- Joseph.

Gassendi , qu'en Provence on désignait sous le noble surnom du sairU «ré^e, joignait toutes les vertus d'une neiieâme, la modestie, la sagesse, la modération, raménité, à cette variété et à cette profondeur prodigieuses de connaissnnees qui font de lui un des plus admirable^ génies du dix-septième siècle. Le premier il observa le passage de Mercure sur le disque du soleil, nt des recherches intéressantes sur les parhélies, les propriétés de l'iiiguilie aimantée, la communication du mouvement de la chute des graves, etc. Cassini, Newton, Locke, profitèrent de ses travaux; et si quelque chose a manqué à sa gloire , c'est aavoir créé ua système. Papnt tribut à son siècle, il se laissa attirer et séduire par la philosophie de l'antiquité. Il consncrâ la plus grande partie de sa vie à réhabiliter, à renouveler la théorie d'£picure ; seulement il prit grand soin de déclarer qu*il eo rejetait tout ce qui est contraire au christianisme. Ce n'est donc pas, comme le dit M. Cou.sin , dans ces prudentes réserves qu'il faut chercher la pensée de Gas.sendi. Elle est dans l'ardeur avec la-

3uelle il combattit ridcalisme naissant e Descartes. Cette lutte fut assez vive de part et d'autre, et ue fut même nas exempte de personnalités. Aujourd'hui que ces discussions entre les idéalistes et les sensualistes u'ont plus pour nous qu'un intérêt historique , nous ne pouvons nous empêcher d^admirer encore k raison calme et prudente , la dialectique pressante que notre philosophe opposait aux hypothèses téméraires , aux créations hardies de son illustre antagoniste.

Gassendi ne laissa point, comme Descartes, un grand nombre de sectateurs.

Cependant, on compte parmi ses disciples notre grand Molière, Bâcha u mont, et le voyageur fiernier, qui a donné en français un résumé lumineux de sa doo>

trine. Montmor et Sorbîère , ses amis ,

ont réuni t us ses ouvrages, et les ont publies à Lyon , en , en 6 vol.

m-ful.

GiftSERDi ( Jean - Jacques - Basilien,

comte de), lieutenant général d*artille* rie, appartient à la famille du fameux philosophe. JNéen 1748, il entra au service comme aspirant, dans le corps royal de Tartillerie, en février 1767. Il était déjà au rang des officiers distingués en 1789 , aussi arriva-t-il rapidement aux grades supérieurs : il obtint celui de colonel , ou chef de brigade , en 1796 , celui de général de brigade en mars 1800 , et de général de division le 19 septembre 1805 ; il fut appelé Tannée suivante au conseil d'État , >t en 1818 au sénat. Après la première restaumtîon , le comte Gassendi fut créé pair , le 14 juin 1814-, mais ayant fait partie de la chambre des pairs des cent jours, il ne rentra dans celle de la seconde restauration qu*en 18Î9, en vertu de l'ordonnance du 21 novembre. Il avait été admis à la retraite de lieutenant général , le 2 juin 1813. Il a publié : V ^iée-mémoire à l'usage des officiers du corps d'arfillerie, Metz, J789, in-8'', 5' édition, revue et augmentée, Paris, 1819, 2 vol, in-8*; V Meshisirs, Oyon, t820,2vol. in-8!'.

Gassion (Jean de), maréchal de France, né à Pau en 1609, éiait fils d'un président au parlement de cette ville; il servit d'abord en Piémont, passa ensuite au service de Gustave- Adolphe, roi de Suède, et s'v distingua par diverses actions de bravoure, que ce prince edt recompensées s'il n'eût été tué à la bataille de Lutzen en 1683. Gassion« ayant perdu son bienfaittur^ retourna en France , suivi de son Périment , avec lequel il joignit 1 armée du maréchal de la Force en Lorraine. Il défit 1,400 hommes en trois petits combats , prit Charmes , Weulcbntel , et d'autres places. Les années suivantes le virent paraître au combat de Ravon, au siège de Ddie , à la prise d'Hesdin , au combat de Saint-Nicolas , à la prise d'Aire. Mais un des champs de bataille où il se signala le plus, ce fut celui de Rocroi , où il lit gagner Ih victoire au jeune duc d*£nghieu. Blessé dangereusement à la prise é$ XbioavUtey il eut

màauoH VRANCE. «asshik

pour récompense le bâton de maréchal en 1648. Il rat nommé l'année d'après lieutenant général de' Tannée de Flandre, sons Ips ordres de Gaston d'Orléans, et continua de donner des preuves de sa valeur au sié^e de diverses places, lurtoutà Furiiea et dev.mt Gravelines (voy. ce mot), qu'il prit conjointproent avec la Meilleraye. Mais la nic^siniclllgence des deux maréch.iux éclata (ie\ant cettedemière ville d'une façon étranjt>e, et donna lieu à des scènes déploraliles qui fn il I i re M t mettre aux prises les deux moitiés de l'armée.

Comme le maréchal connaissait beau»

eonp moins la science de faire sa cour que celle de f.iire In [riif rre, il so brouilla aussi avec le duc d'Kiiiihien. Toujours prêt a critiquer, à blâmer, à connnander suivant les inspirations de sa vieille ex[>érience, il voulait reprendre envers le prince les ujanieres qu'il avait pu se permettre lorsqu'il dirigeait ses premiers pas , et que, vieux routier, il avait atfaire à un écolier. Mais, depuis, En^hien avait acquis de la gloire et surtout de ror^ueii, et, un jour, il gourmanda rudeuient Gassiou à la téte de ses troupes. « Et sur ce que le ma* rérii.il vouloit lui dire ses raisons, le prince lui repartit que ce n'estoit pas à lui a chercher des raisons , mais a obéir aveuglément à ses commandements, estant son général qui en savoit plus que lui , et qu'il lui apprend roit l'obéissance comme au dernier goujat de son armée (*). »

Enghien ne prétenoait cependant exercer cette autorité suprême que dans la belle saison; dès le milieu d'octobre 1646 il retourna a la cour , confiant son armée à Gassioo ainsi qu'à Rantsau ; mais cette association ne fut pas heureuse. « Gassion, alors fii^é de 38 ans, était un des meilleurs généraux que possédât la France; huguenot et soldat de fortune, intrépide, sobre, adif, dormant peu , il avait appris fart de la guerre sous le duc de Roban et dans les armées sut'doises. Rantzau était né protestant comme lui , mais danb le HoI>tein; il avait été formé aussi Jans les armées de Gustave-Adolphe. Toutefois il y avait entre les deux maréchaux,

<*) MontiUil.

dont le dernier avait récemment fait abjuratiou , une constante antipathie :

jamais Tun n'ouvrait un avis que l'autre ne le combattît. Raiilzau était du reste flatteur et courtisan autant que Gassiou était frondeur {*), »

Ces mésintelligences permirent à l'ar»

chiduc î.popold d'entrer en campagne avant que les Français fusspfit prêts.

L'ivrognerie de Rantzau aciieva de gâter leurs affaires. Landrecies ne put être secourue ù temps; les deux géné> raux qui s'étaient réunis pour marcher sur cette ville, se séparèrent, et Gassion prit la Bassée tandis que Rantzau s'emparait de Dixmude (1647). Ils se réunirent de nouveau pour attaquer Lens. Le 28 septembre, Gassion, (lé;à maître d'une demi -lune, commande l'attaque d'une palissade où l'ennemi s'est retranché : sa troupe hésite; il se précipite le premier; il wut arracher un pieu , une balle l'atteint a la tète et le renverse ; il meurt à Arras, cinq jours après, le 2 octobre 1647. Le lendemain de sa mort Lens se rendit; mais la campagne Huit d'ailleurs s;ins autre résultat que d'avoir codté à la France un grand c^ipitaine.

T.e maréchal de Gassion, dont la vie oOre nu type original de ces vieux guerriers de la tamilie des du Guesclin,des Bavard , et des la Tremoille , a eu le nuillx ur d'avoir pour historien de ses hauts faits un écrivain honni par Boi- Icau , l'abbé de Pure. Cette bio^çraphic est en 4 vol. in- 12 (Paris, 1673)^ Théophraste Renaudot en a écrit une autre moins volutnineuse ( Orléans , lfi47 ) , mais qui coniient un assez bon nombre de faits et de détails intéressants jusqu'à ce jour, négligés par l'histoire (**).

La maison de Gassion était originaire de Béarn. Outre le maréchal , elle avait produit, depuis le quinzième siècle, plusieurs personnages distingués tant dans la robe que dans l'épée ; elle s'éteignit dans les mâles en 1741

(*) Siâmondi , tiist. des fran^., U XXIV, p. 187.

(*) Elle a été insérée dansîes Arcliive» cur. âf l'hisloiri' dp Franre, par MM. Cimber et Danjou, t. VI , deiixicme série, p. 37 et suiv.

(***) Le maréchal était nioHcélibataire. Am proposilioiu de mariage, il avait coutume d«

644 I218T01I Bfi L'UNIVERS. OATINAIS

Gastinbs (Philippe), riche mar' diand de Paris qui fut pendu en 1569, arec son frère « par arrêt du parlement,

pour avoir assemblé secrètement ses coreligionnaires daiis sa maison, où ils célebrait'iit leur culte. Ses biens avaient été confisqués, sa maison rasée, et sur le terrain qu'elle occupait , dans la rue Saint- Déni s , on avait élevé une croix nommé la croix fie Gastines.

D'après Tédit de pacification , ce monument de venj^eance devait être abattu ; il le fut dans la nuit du 9 décembre 1571, d'après les ordres du roi. Mais la populace parisienne s'indigna de cequ'on montrait tant d'égards aux protestants; elle s'insurgea et pilla trois maisons de religionnaires. Charles IX envoya Mnrcel , prévôt des marchands, dissiper ces fassemblements ftirieux. Celui-ci s'avança à la tête du guet, tua quelques bourgeois, et mit le reste en fuite; mais cette protection accordée n'était

{>as sincère : Tannée suivante eut lieu e massacre de la Saînt-Barthélemy.

K La croix de Gastines , dit une relation contemporaine insérée flans les Archives curieuses de l'Histoire de France (tome VI , p. 475) , estoit une haute pyramide de pierre , ayant un crucefix au sommet, dorée et diaprée, avec un récit en lettres ti'or, sur le milieu, de ce que dessus, et des vers latins, le tout si confusément et obliquement déduit que plusieurs estimoyent que le cotn poseur (le ces vers et inscriptions (on dit que c\>l()it Estienne Jodelle , poète françois , homme sans religion, et qui n'eut onc autre Dieu que le ventre; s'esioit mocqué des catholiques et des htimtenots Toutes les

pièces de la jj^raniide lurent transportées au cimetière Sainct-Innocent où le tout est demeuré debout, au grand proufit des prestres de ce lieu ausquels les biens vindrent en dormant , ccote nuicMà. Il y eut tel bruit le lendemain que le palais demeura fermé ce jour-là, et ceux (le la justice cachez. »

Gaston de Foix. V^ov. Foix.

rupODilre : «Je ne fais [las assez de cas de la vie pour eu faire pail a (quelqu'un.» — «J'ai « beaucoup de rejtfiect pour le sexe, diuit- « il U1I jour au mi dp Suedt- lni-nu'ine , mais «je n'ui pas d'amour; ma de»tiiié«: u»l de V mourir soldat et

Gaston D'OuLÉANS.Voy. Oblbans.

Gatinais, Gastinemit ou H^asH'

niensis pagut^ arieienne province par*

tni^pp entre les gouvernements militaires de rile-de-France et de l Orléanais, divisée en Odiinais français , dont iNemours était la capitale, èt en GâiinaU Orléanais^ qui avait pour chel-lieu MoDtargis. Le Gatinais français était borné au nord par la Seine, qui le séparait de la Brie française ; au sud et à Touest, par le Gâtinais Orléanais; à Test, par la Champagne; et au nord-ouest, par le Hurepoix. Il avait 15 lieues de longueur sur 8 de largeur. Ses principales localités étaient : Nemours, Milli, le Lys, abbaye de femmes fondée par la la reine Blanche, Fontainebleau, Château-Landon, Moret, et Courtenay.

Le Gâtinaîs Orléanais avait pour bornes au nord , le Hurepoix; au sud , le Nivernais et la Loire, qui le séparait du Berry; à l'est, la Champagne et l'Auxerrois; à l'est- nord- est, le Gâtinaîs français; et à Pouest, le pa)^s Chartrain et TOrléanais propre. Il avait 24 lieues de longueur et 8 dans sa plus grande largeur. On y remarquait, outre sa capitale : Châtillôn-Sur-Lrf>ing , Château-Renard, BoiscommuD, l'abbaye de Fer ri ères, (>hoisy-aux- Loges. Ces localités dépendaient du diocèse de Sens.

La partie qui dépendait de celui d'Orléans s^éteodait des deok côtés de la Loire; elle avait pour ville principale Lorris, puis Sulli. Gien était la principale ville de la région appartenant au diocèse d*Auxerre. Après Gien venait Briare , compris dans le Puisaye , pays dti sud du Gâtinais, auquel il était joint. Saint-Fargenu était le chef-lieu du Puisaye (voy. Plusaye).

Du temps de César, tout le Gâtinais était habité par les Senoîies , à Texcei^ tion d'une partie du Gatinais Orléanais qui dépendait des Àureliani. Sous Uonorius , ce pays se trouvait compris dans la quatrième Lyonnaise.

Dès le lieux ieme siècle il avait des comtes partieuliers. Son chef-heu était alors Chàleau-Landon; ses bornes, le comté de Sens , les territoires de Melon et d^Étampes, le comté d*Orléans, et le ^îvernais ; il enveloppait dans son étendue: Courtenai, Samt-Fargeau, IVloret, Puiseaux, Milli, Gien, Lorris,

GATTARI FBAI

et les territoires de TVîontargis, ^^emours, Pt Fontninebleau. Louis le Bègue (il épouser, en 878, à Itigeiger, comte cTAnjou , In fille et l'héritière de Geoffroi I** , comte de Gâtinais , que son père, en mourant, nvait hissée sous 1.1 garde du roi. Piiilippe I" réunit ensuite le Gâtinais à la couronne, après en avoir dépossédé Foulques le Bechîn (voy. ce mot) qui , lui-même, l'avait usurpé sur son frère Geoffroi le Barbu. Depuis cette époque, le Gâtinais appartint presque toujours aux rois de France.

Il a rontril)né à former les départements de Seiue-et-lMârae , du Loiret et de TYonne.

Gatinb ou Gastihs , pptit pays s*6> tendant à Touest de Poitiers et aux environs (leParthenay, en Poitou, «>t rompiynant environ soixante paroisses.

Parthenîiy en était le rhef-lieu. On distinguait encore la Gatine en pays Chartrain ( Eure et-Loir), et la Gatine en Or éanais (Loiret).

Gattabi ou Guetabia (combat naval de).— Richelieu chargea, en 1688, Henri d'Escoubleau de Sonrdîs, archevêque (le Bordeaux , chef des conseils du roi en i'arnjée navale, d'amener la floite française devant Fontarabie. A peine arrivé, le prélat apprit que quatorze galions et trois tVf :.'ates d'Éspnjine s'approchaient pour ravitailler la place. Il alla au devuut de cette flotte, qui était entrée dans la rade de Gattari ou Gué* taria , et devait se réunir à un grand nombre de vaisseaux de Dunkerque , Lisbonne et Saint-Sébastien. Là il réussit à mettre le feu à tous les dix-sept bâtiments ennemis, malgré les coups d<' canon envoyés ('ontinurilement par les batteries de terre et les galions; « et quand les capitaines des brûlots , dit le rapport de Tarchevêque , n*auroient point mis le feu sans diffleultc, les vaisseaux de Sa Mnjesté auroient coulé bas les divers galions à coups de canon, et les eussent abordés plutôt, s'ils n'eussent eu une défense de peine de la vie de le faire... De toute cette flotte qui étoit de dix sept voiles, il ne reste qu'un vaisseau troué et rasé. . Le com- Dat a duré depuis midi jusqu'à six heures du soir , et le feu des vaisseaux , de la ville et des bois de la montagne qui ae

CE. «ATTEAUX 645

sont enflammés , le sont encore si ardemment, qu'on ne sait quand il finira... Ce combnt est d'autant 4)lus favorable au roi , qu'il n'y a eu que sept ou huit de ses vaisseaux un pai maltraités , et trente ou quarante, tant matelots que soldats, tués ou blesses.

« Nous apprenons par les prisonniers que la perte des ennemis étoit beaucoup plus grande que nous ne croyiona, puisque , outre leurs galions , les uns estiment qu'il y a eu jusqu'à six » sept et huit cents hommes de tués , brdiés ou Doyés, et d*autres, qu'il ne peut y en avoir moins de cinq mille. Il est bien vrai que cette défaite a appporté une telle consternation aux ennemis, et partieultèrement à leurs généraux ,

Su'ils ont dépêché tin courrier à Marid pour savoir ce qu'ils avoîent à faire. » Ce fait d'armes, un des plus importants de l'année 1638, eut lieu le S3 août.

Gatte\ux (Nicolas-Marie), graveur en médailles, naquit à Paris en 1751. Il était fils d un serrurier et le dernier de ses neuf entants. Son père le destinait i la gravure en bijoux; mais tout jeune encore , il avait senti sa vocation d'artiste. Le simple ouvrier consacrait tous ses loisirs à Tetude du dessin , et bientôt il sut donner une certaine importance à ses travaux : on peut en juger, en le voyant, à dix-sept ans, devenir le chef de sa famille, se faire le soutien d'une vieille mère paralytique. En 1773, il fiit présenté à M. Dêcotte, directeur de la monnaie des médailles, et, dans la même an née , i 1 exécuta XeportraUde Jjouis Xf^ pour la collection des rois de France.

Au commencement du règne de Louis XVI , il fut chargé de la grande médaille pour VétabUssement de l'école de nié' decine et de chirurgie, £n 1781, Louis XYI voulant avoir k portrait du eonUe de Maurepasy Gatteaox en fut instruit par Decotte, qui connaissait sa facilité. Le portrait lut modelé en cire pendant la messe et gravé avec une grande habileté. Pour encourager et récompenser ]c jeime artiste, le vieux ministre ne trouva que des compliments; mais Decotte obtint pour lui le brevet de graveur des médailles du roi. En 1783, TAcadémie française lui confia la gravure de la méoaîUe pour le prix de

646 «ATTEAUl L*UNIV£RS. ^ATtAAtS.

terfu qui venait d*étre {nstitué. Il fit présent à l'Académie des deux coins de cette niédailFe. S'nssooinrit rnsiiite à rhommage que rendirent a Joseph Haydn les musiciens français, il exécuta gratuitement les coins de la médaille offerte à ce coinpositrur, rî qui lui fut portée à Vienne p;(r (Jierubini.

Mais si Gatteaux se recommande aux Inrta par un remarquable talent, il ne se retiOmmande pas moins à Pindustrie comme l'un de nos plus Iinliilrs mécaniciens. C'est a lui que le commerce et le gouvernement durent presque toutes les garanties de sécurité contre la fraude et la contrefaçon. Nous ne pouvons citpr ici que quelques-uns de ses travaux en ce genre. Ainsi, de sa mam sortit la 'presse à timbrer, qui, d*un seul coup, appose les deux timbres, et avec un mouvement si rapide et si précis, qu'on peut timbrer cent tViiilles en une niinute. L'administration vit cesser alors les nombreux délits de contrefaçon.

Antérieurement déjà, pour In fabrication des assignais et (i'-uitres billets qui intéressaient la conliancc publique, Gatteaux s*était montré créateur. Pour arriver à une uniformité parfaite, qui permît de reconnaître les faux billets, il avait imaginé de graver tout l'assi-

fiat d\ine seule pièce, puis d'en tirer, raide de son balancier, une matrice en argent et des clicliés. l'ne opération analogue avait été emnioyée par lui pour l'exécution du billet de loterie.

Après avoir fbit composer le billet avec des caractères mobiles sortis de chez Didot, il en avait tiré la matrice sous ttn balancier dans une pla(|tie de plomb. De ce procédé, qui donna des clichés parfoitement identiques, il n*y avait qu'un pas au stéréotyp i-Tf .

Gatteaux, qui, en taisant la gravure en médailles, avait été à même de reoonuattre las difiBcultés de la sculpture en grand, trouva aussi , dans ses combinaisons mécaniques, un secours à apporter à cet art. 11 inventa, pour l'opération de la mise au point, une machine qui fonctionne avec une précision matliéiT>atique, et dont plusieurs de nos plus babiles statuaires se servent pour ébaucher leurs ouvrages.

Gatteaux quitta la gravure à soixante»

huit aas, laissant en médailles, sceaux

et jetons, de nombreux monuments de son talent. Mais pour cela, il ne cessa pas d'être utile aux arts; il employa une partie de sa fortmie à former une riche collection , où les artistes étaient toujours sûrs de pouvoir puiser; et plusieurs jeunes artistes lui doivent encore des secours plus réels. Ainsi , il soutint l'enfance de Michallon, qui se forma ensuite dans Patelier de Bertin. Luimême forma deux élèves devenus célèbres dans la gravure en médailles : Andrieux et Brenet.

Après uue vie si noblement remplie, Gatteaux mourut sans avoir même reçu la décoration de la Légion d'honneur.

C'est un fait qui, du reste, n'étonnera pas ceux qui connaissaient sa modestie et son désmtéressement. Il avait quatre- Tingt^un ans lorsqu*il succoti lia . le i>4 juin ÎS32, à une attaque de cbolér!^.

Gatteaux (Jacques-Édouard}, fils du précédent, naquit à Paris en 1788, entra chez le sculpteur Moitte , et fut en même temps initié par son père dans les procéflés de la gravure en médailles, dont il remporta le prix en 1809. Après la mort de Moitte (tsio), Gatteaux, pensionnaire du gouvemein^t à Rome, sculpta , d'après un plâtre moulé sur nature et d'après ses souvenirs, le portrait en marbre de son maître. Il consacra le rétablissement de Véeole des beaux-arts à Rome par une médaille qui entra plus tard dans la collection impériale. Ën même temps, les bustes de Napoléant't de Hfarie'Loidse dans des dimensions colossales attestaient que le double talent de l'artiste s'était é^ialemenl développé. Gatteaux revint en France en 1813, et exécuta pour l'école d'arcbitecture ses médailles de Pugetj iV Êdclinck , de f arin, de Hameau^ et celie de Philibert Delorme, dont il fit honnnage à l'Académie. Les jyor traits de Malherbe et de Duds suggérèrent à M. Bérard l'idée de la galerie métallique des grands bonmies français, et M. Gatteaux fut un des fondateurs et des collaborateurs de cette patriotique entreprise. De 1916 à 1825, il fournit â la collection Pierre Corneille, la Fontaine, Mantaigue , Rabelais, Hxijfon, madame de SUiél, Philibert Delortne, Èdetinck, FaringtaUtt Fineent de PmU, Casstni, rabbé Barthélémy,

GATl'EAVX FRANCE. GAUfilL 647

Monge et Maaséna. En 1817, il fit la médaille du duc d'Enghieny et celle de lâ poîdP 4b rSf 4 potir la suite des mé* dailtes de la restauration. On lui cornmnnda aussi trois médalles : la sainteallinnce , Véiab/isscnient du pont (le Bordeaux et le rétablissement de la sMtuê de ijOttU Xili à la pla«e Royale. Le ministre de Tintérienr le chargea de l'exériition du buste en mnrbre àe Rabelais, qui est aujourd'hui dans les ga^ lerteS de Versailles, et, pour le musée du Louvre , les bustes de Itflehel^Jnge et de Sébastien del Piombo. En 1826, M. Giittenux exécuta seul, en quarantecinqiours, quatrej?or^rai^sen médailles de Charles X pour le aacre. Le 18 juil* let 1830, il terminait la médaille cornmémorative du voyai^e de re prince dans les départements, et au mois de septembre de la mêiùe nmfe il gravait la médaille de la Fayette.

Depuis larévoliitiondejuillet, M. Gatteaux a exécuté, en 1831, le portrait de Louis- Philippe pour la monnaie des médailles; en 1888, sur quatre modèles différents, la médaille de l'école des beaux-arts! :\ Paris. Enfi i il a fait , en 1837, la médaille de la prise d . Envers

Jour le duc d'Orléans, et en 1838, cellô u moriage de ce prince. Il s'occupe en ce moment de la méd illle Avu fortifications. M. Gatteaux a gravé la médaille de M. Delanneau, son instituteur; celle de Âf. Charles Dupaty, son ami; celle de Betkoven, \lais jamais les sentiments de son cœur ne l'ont mieux inspiré que pour la mél.nlle de son père, dont il avait déjà fait le buste en marbre. On lui doit encore de remarquables morceniix de sruipttire : nous citerons la statue (lu checalier d' fssas (1827), destinée au Vigan, et celle de i'ense'gne BUsM (1832; , destinée à Lorient. Dans ces deux morceaux, le sculpteur sut lutter avec avantage contre celte grande difficulté d'arriver avec des costumes ingrats à donner du large à des statiiei destinées h des places publiques. Il se dédommagea dnns deux autres figures de son choix : Triptoléme tenant à la main un faisceau d épis. Minerve après le jugement de Péris. Dans ces deux sculptures, on reconnaît des études solides , et la grâce et la noblesse de l'antique.

M. Gatteaux a continué à enrichir la belle colieclion d'art commencée par son j)ere, et ^«it pour lui aussi uo plaisir que de mettre ce trésor à la disposition des artistes. Il fut élu , en 1834, par le dixième arrondissement de Paris, membre du conseil municipal de cette ville et du eonseil général du département de la Seine. Il est aussi membre du comité coosultatil de la monnaie des médailles.

Ga.u (François-Chrétien), afohîtecte, élève de TAcadémie de France, né à Cologne le 15 juin 1790 , nattirnlisé Français en 1825, vint n Paris, en 1809, étudier l'architecture sous Debret et Lebas. Ce fîit ensuite en Italie qu'il conçut le projet de compléter ses études en allant visiter les ruines de i'Ëgypte» de la Nubie et de la Syrie.

Après avoir combattu des diffleoltés de toute nature, et même Topposition du consul nnfîlais , qui employa tout son crédit pour taire refuser an jeune architecte la permission de pénétrer en Nubie, M. Gau n^monta le Nil, «x* plora les rives de ce fleuve et accomplit ce pénible voyage, dont le résultat fut la publication des Antiquités de la Nubie, ou mmnuments Umts des bords du Nil, situés entre la première et la deif.rif^me cataracte, Paris, 1821, 13 livraisons. Kn IS24, il publia un bel ouvrage intitulé les Ruifies de Pompéi,

On doit à cet habile architecte la re»> tauration de Saint-Julien le Pauvre, le presbytère Saint Séverin, et la prison de la rue de la Roquette. Le préfet de la Seine lui a confié, en 1889 , d'autre* travaux importants.

Gaubil (Antoine), savant jésuite missionnaire, né à Gaillac en 1681), joignit aux études ecclésiastiques celles des mathématiques et de rastronomie, (ùt envové à la Chine en 1723, apprit parfaitement les langues du pays, devint interprète de la cour impériale, exerça cette charge pendant trente ans avec une intelligence rare et un zèle qui lui méritèrent l'entière confiance de l'empereur , et mourut à Pé-king en 1759.

On a de ce savant missionnaire , l*un des Européens qui ont le mieux oonM la littérature chinoise, plusieurs ouvrages historiques et scientifiques, parmi lesquels nous citerons : Â Yaité historique

«48 «Aro L'UNIVERS. [«AOMM

et critique de l'astronomie chinaise, et quelques autres Mémoires sur la même matière, imprimés daus te recueil d'Etienne Souciet ; Hist. de Centchiscan (Djengyz-klian) et de toute la dynastie des Mongoux, Paris, 1739, in-4o; Histoire de la dynastie des Thang , imprimée dans les XV* et XV I' volumes des Mémoires concernant les Chinois : on trouve , à la suite de cette histoire , un Traité de la chronologie chinoise; une traduction française du Chou King , livre sur l'histoire de la Chine et de ses souverains, même avant rétablissemertt des dynasties héréditaires; Description de la ville de Pé»

Atiiy etc., publiée par Delisleet Pingré; des notices et des lettres, insérées dans le recueil des Lettres édUiantes, tomes XVI, XXVI et XXXI ; le J<mmal d'un voyage de Canton à Pékin, inséré par Prevot dans le tome V de l'Histoire géni'ra/e des voyages, et dans le recueil de Souciet. Le P. Gaubil était membre de IVadémiede Saint-Pétersbourg, et corres)ioi)dant de racadémie des sciences de Paris.

Gauchet (Cl. ), poète, aumônier ordinaire du roi, sous les règnes de Charles IX, Henri III et Henri IV, prieur de Beaujour, mourut fort âgé, dans les premières années du dix-septième siècle. Il est un des premiers qui aient traité les sujets que l^on a appelés plus tard Georgiques françaises^ dans un poënie intittilé : Flaisirdes champSy divisé en quatre livres, selon les quatre saisons de l'année, Paris, 1583, in^".

Une 3* édition, qui parut en 1604, est augmentée du bevis entre le chasseur et le citadin, avec instruction de la vénerie, volerie et pesckerie. La partie relative à la chasse est très-curieuse et très-intéressante , et les nombreux passriiies licencieux que renferme ce derliier ouvrage, témoignent assez de la vie joyeuse et peu ecclésiastique que menait Tauteur. Ils furent du reste, ainsi que quelques tirades politiques, retranchés d'une édition pubbée en

Gaod (Jean), caporal à la 63* demibrigade, né à Verdalle (Tarn). Apercevant, le 26 mars 1799,troisde ses camarades que les Autrichiens emmenaient prisoumers, Gaud se précipite sur Ten-

nemi, tue le plus audacieux, disperse les autres et dégage le^ trois Français. Plusieurs cavaliers fondirent sur lui; il tombe atteint d'un coup de feu, se relevé, tue celui qui l'a blesse ; mais, bientôt enveloppe de toutes parts , il meurt percé de dix-sept coups de sabre.

Gaudichadd (Charles), savant naturaliste, a été élu, en 1837, membre de l'Arademie des sciences où il a eu Phonneur de remplacer M. de Jussieu père, dans la section de botanique.

Gaudin (Martin-Michel-Charles) naquit a Saint-Denis en 1756. Chef de bureau de la direction générale des contributions établies récemment par Necker, il mérita, par son intégrité et ses talents, H être, en 179!, créé commissaire de la trésorerie nationale , place qu'il conserva jusqu'en 1794. Le Directoire, entouré d'agents incapables , songea à Gaudin , et lui offrit le portefeuille des fi na lices ; mais re!ui-ci, trop certain qu'il ne pouvait alors faire aucun bien, refusa cette haute fonction , de même que lu place de commissaire de la trésorerie nationale. Après le 18 brumaire, il fut appelé au ministère des finances, qu'il crut pouvoir accepter, et où il se maintint depuis le 10 novembre 1799 jusqu'au l""^ avril 1814, [)our v rentrer après le 20 mars et en ressortir au mois de juillet 18ir>. Lue pareille continuité de services ministériels est faite pour étonner au dernier point ceux dont l'horizon ne s'étend pas au delà de la restauration et de ia révolution de juillet; tt, à la vérité, Golbert seul en a offert un exemple depuis rétablissement d'une administration centrale des finances, c'est-à-dire, depuis 15IÔ environ. On a contesté au duc de Gaëte la hauteur de vues et l'éclat du talent; mais personne ne lui a refusé une loyauté à toute épreuve et des conuaissances financières très-etendues.

Il mit le plus grand ordre dans tout le service de Tadministration, rétablit, en moins de deux ans, le crédit public totalement eteuit, et parvint à payer en numéraire la dette publique , depuis longtemps acc}uittée en valeurs négociables complètement dépréciées. Il fit approuver par les grands pouvoirs (le l'État un plan de cadastre général dont l'Assemblée constituante avait décrété et

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