GAUL
FAAKGE.
GAULE
commencèrent à dépouiller les oratoives
et1e sanctuaire.
Mais alors un tremblement de terre el un orage épouvantable sauvèrent la ville, dont les défenseurs, ranimés par
ces circonstances merveilleuses, revinrent au combat, tandis que les Gaulois, saisis d'une terreur panique, s'enfuirent en désordre jusque dans leur camp. Une dc<nsfreuse retraite termina cette expédition. Le Rrenn ne voulut point survivre à sa honte; il but du vin jus-
Ïa*à rivresse, et s*enfonça un poignard ans la poitrine. I.e nouveau chef Gt massacrer dix mille blessés, et parvint à regagner le nord de la Macédoine. Là se Gt le partage du butin , puis les bandes se séparèrent.
Ceux des barbares qui préférèrent le repos s'établirent au pied du mont Scordus et devinrent les Galio-Seordisques. Quelques Tectosages retournèrent à Tolosa, d'autres se fixèrent dans la foret Hercynienne; enfin, les Tolistoboïes, les Galls, prirent le chemin de la Tbrace . sous la conduite de Gomontor (voyez ce mot), qui testa mattre du pavs, par le passage de ses deux rivaux, L^nor et Luther, en Asie Mineure.
(Voyez Galates.) Les Gaulois y dominèrent pendant plus d'un siècle.
Quand on considère le tableau des émigrations gauloises , on est frappé de l'immense force d'expansion que possède cette race ; dans le troisième siècle avant l'ère chrétienne, il n'y a point de guerre qui se fasse sat»s Gaulois ; les rois de l'Orient , la grande république de Cartilage en remplissent leurs armées. (Voy. Annales, 1. 1", p. 6 et 7.)
Mais tandis (pie la Gaule s'épuisait ainsi, Rome poursuivait systématiquement son plan d'altaque contre cette nation. Elle anéantit successivement les Ligures et tous les Gantois d'Italie.
(Annales , t. p. 8.) Ln i>l>2, la domination romaine s'étendit jusqu'aux Alpes.
Cette population vaincue releva la tété quand Annibal parut au milieu d'elle. Les Gaulois entrèrent en ^ foule dans ses armées. « La Gaule italienne, dit M. Michelet. étiiit si vivace, qu'après les revers d'Anniba! , elle remue encore sous Asdrubal , sous Ma^^oii, sous Amilcar. Il fallut treute ans de
guerre et la trahison des Cénomans pour
consommer la ruine des Boïens et des Insubriens(200-170). Kneore les Boïens émigrèrent-ils plutôt que Je se soumettre; les débris de leurs 113 tribus se levèrent en masse , et allèrent s'établir sur les bords du Danube, au cotifluent de ce fleuve et de la Save. Quelque temps après , une troupe de Gaulois passa les Alpes pour s'établir en Vénétie : ils étaient venus paisiblement, en simples colons ; le sénat leur Qt une réponsit qui montrait combien les temps étaient changés; il fit signifier aux peuples gaulois fi de prévenir désormais « toute émigration , de s'abstenir de « toute tentative d'irruption. La nature « elle-même , dirent les commissaires «romains, a placé les Alfies entre la « Gaule et l'Italie, comme une barrière <c insurmontable : malheur a qui tente- « raitde la franehir. » L'Italie était fermée aux Gaulois; bientôt ce fut leur patrie que Rome menaça. Rentrons donc dans la Gaule transalpine pour contempler la ruine de sa liberté. Ce vaste pays était divisé , et la politique romnine devait y pénétrer facilement. Les Grecs de Marseille .ippelerenl les Romains (Annales, t. 1", p. 9), et les tribus gauloises fournirent des armes les unes contre les autres : rivalité de races, rivalité de familles, rivalité d'institutions; partout une desunion fatale.
Comment pouvaient-ils résister à la plus forte unité du monde ancien ? Toutefois, il fallut bien des batailles pour accomplir l œuvre de la conquête.
Après que l*ambition de Massalieeut ouvert aux Romains les portes de la Gaule, et permis à Sextnis (/ilvinns de bAtir Aix {Jquai Sej Uu') sur le territoire transalpin^ la cite phocéenne ménagea emwre pour Rome Palliance des l'jluens, qui élnient en i;uerre avec les Allobro?:es et les Arvernes. Éjiarés par la Jalousie et le désir de la vengeance, les Éiluf ns acceptèrent le titre d'amis et cTaltiés du peuf^ romain , et donnèrent en échange aux Romains celui de frères. Or, on sait que le système politique de la Gaule reposait sur l'association. (Voyez Clients.; Ainsi, les Édu ns admettaient imprudemment l'étrani^er dans la coiiiederalion (122). Les Allobrogts et les Arvernes resaeiièrent
964 ûàXnM LUiaVEBS. «AVUB
leur union. Bituit, roi des Arvernes, lllsde ce Lnem si célèbre par sa tnagnifl-
cence et sa générosité , fit un nppel à toutes les trif)us (ie sa nation. IMnis les A llobroges, pressés d'<igir,ne l'attendent pas, et le consul Domitius les taille en pièces au confluent du Rhône et de la Sargue, près de la ville de Vindniium , un peu au dessus (l'A vpnio. Les Allobco-
Ses laissent 20,000 morts sur le champ e bataille. L'année suivante * Domitius, proconsul, et le consul Fabius entrent chez les Allobro^ps , et rencontrent Bituit, leur allié, qui marchait à ta tête de 200.000 hommes. Le barbare sourit en voyant le petit nombre des Romains : < Quoi ! s'écrin-t-il, avec mé- « pris; ce n'est pas la un repas de mes « chiens. » La bataille s'engagea sur les bords du Rhône et fut terrible. Les Gaulois , après une longue résistnnre, furent enfoncés par les éléphants, repoussés vers le fleuve, où un grand nombre fut enelouti ; il périt, dit-on, 120,0(^0 hotnmes dan^cedésastre.Bituit éch mpa; mais peu de temps après, Domitius s em-
Îara de lui par trahison , pour ôter à "abius la gloire de terminer la guerre par un traité. Les Ar?ernes furent traités avec lapins grande modér ation ; mais les Allobroges furent déolarés sujets du peuple romain ; et de leur territoire , amsi que des pays enlevés aux peuplades liguriennes , on forma une province. La con{ju'"tf' des Gaules commençait. La province fut déclarée conralafre, c'est-à-dire , que tous les ans rua des deux consuls devait s*y rendre avec son armée.
Les successeurs de Fabius agrandirent la province au delà du Rhône jusqu'à la frontière arveme et les Pyrénées. Les Voisqucs-Tectosages reçurent le titre de fédérés sans payer tribut, sans que leur territoire lût enclave dans la province. Une diose manquait aax Romains, c'était le libre passage de l'Italie dans la province. La petite tribu des Ligures Mœne;» occupait ie col des Alpes maritimes. Q. Marcius lés sur«pntparune invasion soudaine (i 18). Us périrent firesaue tous. Les passades dt's Alpes G raïes furent aussi emportes. En même temps . les Romains perdaient aussi la chaîne des Alpes à roricnt, pour combattre les ScordisqucSi ces
Gaulois échappés au désastre de Delphes , qui recommençaient leurs rava»
ges dans rillyrie et la Grèce. Rome 8*établit encore plus fortement dans la province transalpine par la fondation de Plarbonne , colonie puissante destinée à contenir les baroares et à surveiller Mas.salie. IS'arbonneeut une vaste rade, un capitole, une curie, des temples magnifiques, des thermes; plus lard une monnaie, un amphithéâtre et un cirque. La flotte militaire dut y stationner, et cllo devint peu à peu le centre du commerce de l'Italie, de l'Lspa-
§ne, de rAfri(|ue, de la Sicile. La fonation de Narbonne préparait pacifiquement la ruine de Marseille. Rome étendit à la Gaule le système d'administration par lequel elié régissait l'Italie et ses autres conquêtes : la même inégalité, les mé'mps principes de distribution des grâces et des rigueurs sont employés dans la nouvelle province. Les colonies ou municipes romains, les colonies latines, les colonies italiques, les peuples libres ou cités fédérées , les )réiectures, les sujets provinciaux, les >lns malheureux de tous , telle e^t la liérarchie politique transportée dans la partie de la Oaule soumise aux Ro* mains.
Tout cet ingénieux édilice faillit être emporté, avant d'avoir eu le temps de
s'affermir, par l'invasion inattendue de hordes nombreuses descendues du Nord.
Les Kimris et Teutons , ces frères septentrionaux des tribus gauloises, mis en mouvement par des causes peu connues, vinrent se heurter contre les frontières de l'empire romain. Après quelques combats en Illyrie, ils pénétrèrent en Gaule, entraînant avec eux les Ambrons, les Tignrins, les Tughènes , po* pulatiitns helvétiques qu'ils avaient ranias.sees sur leur passage. La Gaule barbare ne put se défendre. Mais les hordes furent arrétét s stir les limites de la province. ])c\h elles avaient rencontré les frontières romaines en lilyrie, en Thrace, en Macédoine. Saisis de respect et d'étonneuTent par Timmensité do grand empire, ils dirent nii gouverneur de la province, Silanus, que si Hojne leur donnait des terres, ils se battraitnt volontiers pour elle, Silanus leur lit une réponse dédaigueusoi leur livra ba*
taille, et fut vaincu. Ses successeurs, Gassius , Cépion , éprouvèrent de plus grands désastres : une année entière de 80,000 soldats fut exterminée à Orange :. il n'échappa , dit-on , que dix hommes*
Sirmi lesquels Cépion et Sertorius.
eureusenient pour Home, u*s barbares aiournèrent 1 uivasion de la province et oéritaKe, et allèrent ravager l'Espagne. Les Romains eurent le temps de reprendre un peu courni,'e , de rappeler Marius. Toutefois, pendaut quatre ans que l'on attendit les barbares, le peuple ni le sénat ne purent résoudre à nommer un ntitre consul que Mnrius.
Il endurcit le soldat par de prodigit^ux travaux. Il leur fit creuser la/ossaMariana. (Voyez Fos.) En même temps il accablait les Tectosn^es et s^assuraitde la fidélité de la pioviuce.
Quand le Hot retomba sur la Gaule, les digues étaient prêtes. Marins put anéantir les Ambrons et les Teutons près d'Aix , où il s'ét.iii retranché. Longtemps il refusa la bataille ù ses soldats, uu^il voulait habituer à Taspf et terrible des barbares. Il laissa cette multittide défiler pend uit six jours devant son camp, et provoquer par leurs outrages l'indignation des Romains. De plus, il irrita les siens en les fajsant souffrir de la soif. Enfin, il leur accorda la bataille. D'abord, les Ambrons étonnèrent les légions romaines par leurs cris de guerre qu'ils faisaient retentir conime un munisse ment dans leurs boucliers : Jmbrvns l Imbrons!
ISéanwoins, les Romains vainquirent; mais ils fuirent repoussés du camo par les femmes ennemies qui s'armèrent pour défendre leur liberté et leurs enfants, et , du haut de leurs chars , frappaieitt indistinctement les lâches qui niyaient et les Romains qui les pour* suivaient. Le surlendemain, une nouvelle action s'enuagea; les barbares passèrent le Cœous et furent écrases dans son lit. Les Romains n'avaient pour se désaltérer que de Teau teinte de santï. Selon Plutarqiie , do»it l'évaluation est la plus modérée , les barbares perdirent 100,000 hommes pris ou tués. Le consul abandonna sans sépulture ces monceaux de cadavres qui pourrirent au soleil et à la pluie, l.e diauipde bataille ^ril k nom ù^campi
puMdi, champ de la putréfaction , que
rappelle encore celui de Fourrières (*) ; et, engraissé de tant de débris humains, il devînt célèbre par sa fertilité. Les Hassaliotes, qui en étaient propriétaires , employèrent , dit-on , les milliers d'ossements couchés à sa surface, soit à enclore leurs vignes, soi ta les étayer. On éleva, à Textremité du champ 'pu- /nV/e , une haute pyramide , dont les bas-reliefs représentaient Marius, debout sur un bouclier, soutenu perses soldats, et dans l'attitude d'un général proclamé imperator. Un temple fut construit et dédié à la Victoire ; plus tard, le vieux temple devint l'église de Sainte - Victoire. (Voy. Fêtes loccUesy pag. 7 du tom. VIII.) Les Cimbres et les Tif^iir ins, qui avaient tourné par THelvetieet le ÏNovicum, péiiétrerent en Italie; mais ils furent exterminés a Verceil par Marius, qui paitagea son triomphe avec Tatulus et Svlla (114-101).
Ainsi sVvafiouit cette terrible apparition du iNord.
La domination romaine s'affermit de plus en plus dans la Gaule. La province ne tarda pas à s'absorber tout à fait dans une si grande force d'attraction.
Les commotions qui auftalent Rome se firent sentir dans la Narbonoaise , qui prit parti dans les guerres civiles de Marius et de Svlla. La Gaule fut l'asile des proscrits du parti populaire; plus tard , rA()uitaine se déclara pour Sertorius, qui souuu't aussi la ^arbounaise. Mais Pompée la fit rentrer sous la dépendance du sénat, et Fonteius , proconsul, la gouverna pour la châtier cruellement. Les Volsques et les Allôbroges accusèrent Fonteius a Rome ; mais l'éliiqueuce de Cicéron le lit absoudre. Le départ du proconsul n'adoucit pas les souffrances de la province. Les Allobrogcs espérèrent une condition meilleure avec Catiliua; mais ils s étaient bientôt engages a le trahir, espérant que la reconnaissance du sénat les soulagerait. Il n'en fut rien : alors la nation prit les armes , et elle fut vaincue par Pomptinus (61 ans avant J, C).
(*) VoyM Mir remplacemoit de cette ba*
tailli' hi dis>ei-l;itu)n dt* M. Fauris de Saitit- Viiicetil, lll^éré« dans le Maga&iu encyclopédique, année 18x4, t. lY, y, 3i4.
65d «AULB L'UNIV£KS. 6AVLft
Les causes qni avaient ^vorisé rétablissement des Romains dans la Narbonnaise sont les mêmes que celles qui préparèrent la soumission de tout le reste de la Gaule : les dissensions des tribas, et l'antagonisme des ordres prépondérants des druides et des cavaliers.
Les partis cherchant de tous côtés du secours , les Germains et les Romains parurent à la fois; Rome chassa d'abord ses rivaux, et ensuite asservit ceux qui l'avaient appelée. Ce fut par le génie de César qu'elle opéra ces grandes choses*
A la tête de la faction des druides étaient les Édiiens ; les Arvernes et les Séquanes étaient les chefs du narti 0^ posé ; le principe d*élection dominait . dans la première, Thérédité dans la seconde. Les S('(junnps, opprimés par les Kduens, appelèrent de la Germanie des tribus étrangères au druidisme et appartenant à ia vaste confédération des Suèves. Ces barbares, sous la conduite tl'Arioviste , battirent les Kduens. Mais les Séquanes furent encore plus maltraités ; ils furent dépouillés de leur territoire. Dans le malheur commun , les «leux pejjplades se rapprochèrent et cherchèrent un appui. Deu.x Ireres étaient tout-puissants chez les Éduens.
Dumnorîx , l'un d*eux , appela les Helvètes; l'outre, revêtu du tttre de Divitiac, (|ue César donne connue sou noui propre, appela les Romains.
César et les Helvètes fondirent en inémeteniiis sur la Gaule, mais César rouuiie prolecteur, les Helvètes couiuie conquérants (ô9 ans avant J. C.). Ces montagnards avaient brûlé tous leurs villages pour ne plus y retourner, et ils étaient descendus au nombre de trois cent .soixante et dix -huit mille. César leur barra le chemin de la province ro* marne, puis il les battit trois fois sur la Saône, près d'Autun , et sur le Rhin.
On rendit grâce à César, qui se tourna contre les 1 20,000 guerriers d'Arioviste. H était temps. Quand César les eut vaincus et eut nettoyé la Gaule des barbares qui l'occupaient (voy. Aînnales, t. T' , p. 10), et qu'on le vit rester daus le oays , on comprit ses projets. Les Belges formèrent une coatition ; César prit ce prétexte pour les attaquer. Il trouva f dans les Senones et les Keuii,
des alliés qui Tintroduisirent dans la Gaule septentrionale. Cependant, ce ne fut (ju'au bout de neuf ans d'une lutte continuelle et acharnée qu'il dompta ces belliqueuses tribus , et soumit toute la Transalpine. Il serait trop long de raconter en détail cette guerre si connue d'ailleurs, et si bien reproduite dans les mémoires du grand homme qui la dirigea. Contentons- nous de présenter, année par année, le sommaire des événements. (Voyez aussi Fbai\ce, pag. 31.) du vnr vol., et les Amnales, t. F', pag. 10-14.)
I'* campaijne (58). César repOUSse les Helvètes et les Germains.
2" campagne (67). Il pénètre en Belgique. Les suessiones, les Bellovaques, tes Anibiénois sont battus sur TAxona (Aisne) ; les JN'erviens sont exterminés; tout le JSord est soumis , tandis que Crassus subjugue l'Armorique.
3* campagne (.'iG). César complète la soumission de rArmorique, et Crassus occupe l'Aqjiitaine.
4* campagne (55). Expédition en Germante. Oe^nte en Bretagne. César veut effrayer les peuples voisins de la Gaule , pour la conquérir sans être inquiété.
5* campagne (54). lïouvelle ex^i-
tion en Bretagne. JDéfaite de Cassivelhinnns. ],a riaule, épouvantée de sa Servitude, se soulevé.
^ campagne (53). TiCS légions de César sont surprises par les Belges. César dissout la confcdcralion du Nord et convo(|iie les états gaulois. Les Sénonais , les Caruulcs, les Trévires, les Éburons refusent de s*y rendre. César les châtie.
7' campagne (52). Alors le INIidi s'ébranle , vaste confédération dont Vercîngétorix est chef. Dangers et exploits de César; il sauve la Narbonnaise, transporte la guerre au milieu du pavs enneuù, et accable les confédérés près d'Alésia.
8* campagne (51 ). Soumission partielle d'Uxellodunnni, des Trévires. des Éburons, des Uitunges, des Carnutes, des Bellovaques et des Atrébates. La , Gaule est soumise.
9* campagne (50). César avait fait la guerre avec une rigueur impitoyable; mais, après la victoire , il changea de
GAULE
FRANCK
GAULK
conduite à l'égard des vaincus ; il ne parut plus occupé qu'à réparer les maux de la guerre, en usant de ménagements habiles; et, en prodiguant les concessions et les promesses, il se créa dans ses ennemis de la veille des instruments intéressés pour Toppressionde sa patrie.
Néanmoins , par un singulier con-^ traste, la Narbonnaise était restée Pom-" péienne. Massalie était à la tête du parti opposé à César. Cette ville , faite pour le commerce et les occupations pacili- (jues, ayant été obligée de se déclarer dans la guerre civile, fut brisée au premier choc. César la fit prendre par un de ses lieutenants, et , lui laissant ses lois et sa liberté, il lui enleva ses armes et ses galères (49 ans avant J. C).
Dès lors , la Gaule fut entièrement soumise à la domination romaine. Le gouvernement impérial resserra encore le lien qui unissait les pays conquis à la cité conquérante. Dans la distribution des provinces faite par l'empereur, la Gaule fut comprise dans le lot d'Augiiste. Il fit disparaître de la Narbonnaise les restes d'opposition républicaine, et gagna l'affection de cette province par de nombreux bienfaits. Il diminua l'importance de Marseille en détachant plusieurs villes de la confédération dont elle était la métropole , et en fondant Forum Juin (Fréjus). La Gaule fut soumise à une organisation qui la dénationalisa, partagée en quatre grandes provinces, la Narbonnaise, l'Aquitaine, la Lyonnaise, la Helgique.
Mais cette division fut successivement modifiée; les quatre provinces furent d'abord subdivisées en sept, et au quatrième siècle on en comptait dix-sept.
LuQclunum (Lyon), ville d'origine toute romaine, devint la capitale, le siège des gouverneurs, la résidence impériale. Les privilèges et les titres fureut distribués inégalement. Les villes importantes furent abaissées , et leurs antiques noms disparurent. L'impôt fut augmenté. La Gaule eut à soufîrir les exactions des intendants impériaux, surtout celles de Licinius, qui apaisa Auguste en lui faisant une bonne part dans ses rapines.
Enfin la religion druidique fut violemment persécutée. (Voyez Annales, t. r% p. 15 et 16, et Druides.)
T. viii. 42*= Livraison. (Dict. enc
Cependant , quelques protestations énergiques devaient encore s'élever en Gaule contre la servitude. Le premier soulèvement eut lieu sous Tibère; Florus (voyez ce mot) chez les Trévires, et Sacrovir chez lesÉdues, en furent les plus ardents promoteurs; mais les efforts des rebelles furent inutiles (21 après J. C).
Après cette tentative malheureuse, le rétablissement de l'indépendance devint impossible. Le druidisme fut proscrit plus rigoureusement encore par Claude, et se réfugia dans la Grande- Bretagne , où les Romains achevèrent sa ruine. Pendant que la Gaule cessait d'être elle-même, elle pénétrait plus avant dans la société romaine. Le même empereur Claude, sous lequel un chevalier romain fut mis à mort parce qu'on avait trouvé sur lui l'œuf druidique, donna aux Gaulois le droit de taire partie du sénat. Les patriciens s'opposèrent à cette innovation ; hiais Claude, profondément pénétré de la mission du pouvoir impérial , qui était d'élever les provinces au niveau de la grande cité, ne se laissa pas ébranler. Le discours par lequel il combattit l'opposition des sénateurs fut gravé sur des tables d'airain, que l'on plaça à Lyon à côté du monument élevé en l'honneur d'Auguste. Il a été retrouvé presque en entier au seizième siècle.
Néron fut bienfaisant pour les Gaules ; cependant de cette contrée partit le coup qui le renversa. Caïus Julius Vindex, gouverneur de la Narbonnaise, proclama empereur Servius Siilpicius Galba (68); il fut vaincu par Virginius; cependant l'empereur qu'il avait fait monta au pouvoir.
La Gaule continua de prendre une part active aux troubles politiques de l'empire, dont elle était devenue une des plus importantes provinces. Elle reprit les armes , non pour s'affranchir, mais pour dominer. Ainsi, en 70, au temps de l'élévation de Vespasieu , le Lingon Sahinus essaya de soulever sa patrie.
Mais, au lieu d'en appeler aux souvenirs nationaux , ils se présentait comme héritier de César par une de ses maîtresses. Il s'associa au Batave Civilis (voyez ce mot) ; mais ce fut en vain que les druides prédirent que le Capitole