‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 177 sur 198 · CL. , etc · texte numérisé non relu

CL. , etc

658 GAULE L'UNIVERS. «AVUI

avait fait son temps. Cette révolte fiit çante sous Dioclétien (285). Maxiniieii ,

encore plus facilement étouffée que les collègue de Tempereur, fit aux Bagaudes

précédentes. On sait le t;aiicbantdeT6iie* une guerre régulière. Ces malheureux

ment d*l^ponine, femme de Sabinus, et furent vaincus à Cussy, et entre la Seine

la cruauté de Vespasien. et la IM;u ne, à Saint-Maur-les-Fossés.

Dans les deux siècles qui suivirent, La Gaule vécut calme et heureuse

. la Gaule n'a d'autre histoire que celle sous Tadministration de Constanoe

de l'empire. Septime Sévère et Claudius Chlore et de Constantin le Grand (v(^.

Albinus se livrèrent , sous 1rs murs rie ce mot) , son fils , qui éleva le cbristia-

Lyoji (197), une bataille (jui décida, en- nisme sur le trône,

tre les deux rivaux, de la souveraineté Les premières nredications de l'Évan-

du monde romain. Lyon . qui avait sile n*avaient eu lieu en Gaule que vers

montré ses sympathies' pour Albinus, la fin du deuxième siècle de Père chré-

fut livrée au pillatie. Peu de temps après, tienne; car on n'admet généralement

tous les honnnes libres de la Gaule de- ni ia mission de Denys PAréopagite, ni

vinrent citoyens romains, ainsi que ceui celle de saint Paul, ^ui aurait laissé

des autres provinces , par un édit de des évéques à Vienne , a Arles et à Nar-

Caracalln : bonne. Sulpice Sévère affirme qu'avant

ui bcin fecisii i\moô prius orbis erat . Maro-Aurèîe la Gaule u'avait donné

dit à ce sujet , en s'adressant à l'enipe- aucun martyr à la religion nouvelle, qui

reur, un poète contemporain. L'assi mi- n'y était pas encore prechée. Maisquand

lation était complète; aussi à peine le elle y parut, elle y fit proniptement de

nomde la Gaule est-il mentioime dans la nombreux [)rosélytes. Des évêcliés fu-

période si auitée qui embrasse fhistoire rent fonder à Lyon et à Vienne , où la

de Rome, depuis la bataille de Lyon population idolâtra, effrayée, obtint de

jusqu'au moment où le Rhin est pour Marc-Aurèle (177) un édit de proscrip-

la première fois franchi parles Ger- tion. Avec saint Pothin, éveque de

mams. "Lyon y moururent l'esclave Biandine,

Les barbares et le christianisme, dont Maturus, Attale de Pergame et un

les efforts simultanés devaient opérer grand nombre d'autres,, dont Eusèbe,

la ruine de la société païenne, firait aans son Histoire de l'EgHsef à €éitixé

irruption dans la Gaule à la même épo- les glorieux martyres,

que , vers le milieu du troisième siècle. Le christianisme grandit au milieu

Les'Francs (voyez ce mot) passèrent le de ces nersécutions. Saturnin , vers le

Rhin pour la première fois sous le rè- milieu du troisième siècle , fonda l'évé-

gne de Valérien ( 256 ). Les provinces ché de Toulouse: Gratien , celui de

gauloises étaient défendues par Posthu- Tours; irophime, celui d Arles ; Denis,

mus et Oallien; cependant tout le pays celui de Paris ; Austrémoine, celui de

fut dévasté jusqu'aux Pyrénées. Sous le Clermont; IMartial , celui de Limoges,

rèçne de Gallien, l'empire fut sur le L'Église commença à tenir ses conciles

pomt de se dissoudre; la Gaule eut des en 314; on vit réunis à Arles seize

empereurs à elle ; Posthumus, Marins, évéques gaulois : ceux de Trêves, de

Victorinus, Tétricus, successivement Cologne, de Rouen , de Bordeaux, de

re\ élus de la |)Ourpre, en furent les seuls ^Marseille et de plusieurs autres cités;

défenseurs au milieu de l'anarchie uni- aussi le christianisme deven ut doini-

versclle. Le césar Posthumus fut celui nant dans le Midi. Plus tard, saint

dont Tadministration eut le plus d*é- Martin de Tours le répandit dans les

clat et de durée. Knlin, la main vigou- contrées de l'Ouest, ou le paganisme

reusc d'Aurelien rattacha au centre s'était le mieux conservé,

toutes les provinces désunies; létricus Après Constantin le Grand, l'empire

fut vaincu. ' fat partagé. La Gaule fit partie éa lot

Ces désordres continuels avaient de- de Constantin II ; mais Constance réu-

puis longtemps provoqué en Gaule des nit bientôt toutes les provinces. Julien,

soulèvements de paysans, de i^a(/a2^(/f«. son neveu, chargé de la défense du

(Voyez ce nM>t.) L^tnsurrectîon, étouf- . Rhin, s'illustra par ses victoires ( voy.

leeaous Claudo, se releva phis mena- A1111AI.B6 , 1. 1, p. 19 ) , et ae fit ainar

FRANCE

des Gaulois, par la douceur de son adniaifltratioii. Quand W ftit derenv seul maître (862), il Toulut relever le paga> nisme; mais la Gaule, malgré le zèle fanatique de Salluste, qui en était préfet, ne vit pas ses évéques chassés de leurs églises comme Athaiiaserayaitété (le celle fiWléxriMfirie. I.a rrconciliation du christianisme et des empereurs fut sincère et définitive après Julien. Cependant l'autre ennemi, les barbares, ineRacait toujours. Yalentinien , Gratien, Théodose s'épuisèrent à combattre €68 bordes. L'unité, rétablie un instant par le dernier de ces princes , fut défini tivement brisée à sa mort (896).

Les Alains, les Vandales et les Gépides se réunissent pour attaquer la préfecture des Gaules; les Quades , les Suèves, les Burgondes s*ébranlent aussi, et bientôt toutes res bandes arrivent sur les bords du Rhin. Le fleuve ne fut pas défendu par les légions romaines , - il n*7 en aTatt plus en Gaule. Les Francs et les Alemans, alliés de FEmpire, disputèrent seuls le passac^e ; les Francs surtout opposèrent une vigoureuse résistance; ils ne furent vaincus que par la redoutable cavalerie des Alains. Alors la Gaule se vit inondée et dévastée , depuis le Rhin jusqu'aux Pyrénées. Les Bui]Kondes profitèrent de l'usurpation de Constantin III (voyez oe mot)^ des révoltes de Jovin et de SâMistlen, pour s'établir dans la Germanie supéneure (Alsace). Hooorius leur accorda la permission d'asseoir leurs colonies depuis le lac de Genève jusqu'au confluent du Rhin et de la Moselle (413). Les Wisi< goths reçurent, en récompense des services reiidus à l'empereur, la souveraineté des provinces ae la Gaule méridionale. Ces nouvelles royautés barbares mettaient toute leur politique a montrer le plus grand respect pour la faiblesse fastueuse du pouvoir impérial , et à en proiter en même temps. Un instant, runion entre les Germains et les Romains fut assez étroite et assez sincère, lorsque les Scythes d'Attila fondirentsur la Gaule; nuns l'invasiott r^ussée, les choses reprirent leur cours , et les barbares achevèrent ce qu'ils avaient commencé. Les Francs, s'apereevant qu'il était plus «nmtageux valtaqoBt YÈm^ piN que ëi II émdra , anéttMifeDt en

Gaule les différentes dominations qui se le disputaient, et en firent leur con-* quête. Ainsi la Gaule, peuplée et occupée pendant tant de sieeles par la race celtique , civilisée par l'administration romaine, tomba au pouvoir de conquérants qui semblaient avoir pour mission deia ramener à son état primitif. Mais l'action lente et continue des siècles ne s'était pas opérée en vain ; les principes de civilisation reçus par la société gauloise, la main des Francs ne put les anéantir. Roue avait légué au pays son adnimistration municipale, son droit civil, qui, longtemps oublié, devait reparaître et dominer un jour. Le christianisme y avait introduit une foi plus

1)ure, une mor.de plus éclairée; le.s bar- )âres subirent l'ascendant religieux des vaincus, tout en conservant leur vi* gueur et leur indépendance. Longtemps l'opposition des mœurs, des idées, des langues, des caractères, forma un chaos étrange ; mais cette confusion eacbait un savant et profond travail; tout se dégagea, et le chaos du moyen flgeen* fanta la France moderne.

Gaule (religion de la). « Lorsqu'on examine attentivement, dit M. Amédée Thierry dans son Histoire des Gaulois, le caractère des faits relatifs aux croyances religieuses de la Gaule, on est amené à y reconnaître deux systèmes dMdées , deux corps de symboles et de superstitions tout à fait distincts, en un mot , deux religions : l'une toute sensible , dérivant de l'adoration des pbénomèÎMS aaturelB , et , par ses formes ainsi que par la marche libre de son développement, rappelant le po-.

lythéisme de la Grèce ; 1 autre , fondée su? un panthéisme matériel , nîétaphysique mystérieuse, sacerdotale, présentant avec les religions de l'Orient la plus étonnan^ conformité. Gette dernière a reçu le nom de én$iditme (voy . ee motV L'empire du druidisme n*étouffa point cette reliïîon de la nature extérieure qui régnait avant lui en Bretagne et ea Gaule. Toutes les religions savantes et mystérieuses tolèrent au-dessous d*elles un fétichisme grossier , propre à occuper et à nourrir la superstition de la multitude, et qu'elles ont soin de tenir totiyours atationnaire (*). « 'O Hi<t* des Gsnlûig, t U, p. 93 et mût.

660 OAPLS Vm

Les pierres, les arbres, les vents, les lacs, les rivières, le tonnerre, le soleil, en un mot la matière brute , les phénomènes et les oi^ents de la nature, tels furent, en effet , les premiers objets de l'adoration des Gaulois. Ce culte grossier fit place à des idées plus' abstraites , représentées par des divinités qui présidaient au monde physique et an monde moral; les rapports remarquables qui existèrent amsi entre la mythologie gauloise et celle des Grecs et des Romams frappèrent vivement ces derniers. « Les Gaulois, dit César, reconnaissent Mercure , Apollon , Jupiter, Mars, et Minerve; mais ils ont pour Mercure une vénération particulière. Leur croyance, à l'égard des divinités, est presque la même que la croyance des autres peuples. Ils regardent Mercure comme l'inverTteiir dp tous les arts; ils pensent {|u'il préside aux chemins, et qu'il u une grande influence sur le commerce et les richesses ; qu'Apollon éloigne les maladies ; qu'on doit à Minerve les éléments de l'industrie et des arts mécaniques; gue Jupiter régit souverainement le ciel, et que Mars est le dieu de la guerre. »

César avait raison ; seulement les noms des divinités et quelques détails de leur légende étaient différents.

' Nous donnons ici une liste aussi complète que possible des divinités gauloises ou des dieux germains adorés en Gaule :

AhelUo; suivant quelques auteurs, c'est le même personnage que Belen;

il a beaucoup de ressemblance avec Apollon; César, oui le nomm« parmi les dieux gaulois , lui attribue la faculté de guérir. On a retrouvé à Gomroinges trois inscriptions latines eo son honneur.

Arardus , dieu inconnu , mentionné dans une inscription gravée sur un autel

de marbre.

IsfoilunuF., honoré dans l'Aquitaine méridionale. M. de Lasteyrie, auquel on doit la découverte du dieu précédent, a trouvé en même temps à Saint-Béar (Basses-Pyrénées), un autel votif oiî il croit avoir retrouvé le nom de ce dieu. Millin pense qu'Astoïlunus est un surnom d'Hercule.

Bataiwov; c'était le nom d'un roi

/ERS. OAVLB

des Sicambres qui régna 36 ans avec gloire, et disparut subitement , conàme Romuius , dans une assemblée générale de ses sujets. On répandit le bruit qu'il était monté au ciel. Beaucoup de peuplades germaines l'invoquaient comme dieu de la guerre.

Belen, était honoré dans quelquescantons £;atiloiset en Armorique, mais surtout dans la Pannonie, l'illyrie et leNoricum. On présume qu'il- représente le soleil. Les savants ont cherché l'étymologie de ce nom dans le mot Bel , Baal, Belus, dans le lucédémonien Bela (Apollon), et enfin, dans le grec BcXo; , flèche (par opposition à abelU)s, abellio , sans flèche). On a pensé aussi qu'il pouvait dériver du mot breton /^e/e/i ou belen^ peloton, boule. Belen signiûerait donc le dieu 'globe, et ce qui pourrait confirmer cette opinion , c'est la médaille britannique de Camden , sur laquelle se voit un dieu ou un roi avec la téte couverte de douze globes , et cette légende : Cunohelino ou BelinO'CunOf à Belen le Bienfaisant.

Belimma ou Belisana, déesse honorée comme l'inventrice des arts, et correspondant à Minerve. Elle était l'objet d'un culte particulier à Cussy, où Ton a retrouvé une statue de femme coiffée d'un casque orné d'une aigrette, et portant une tuniqjue sans mandies et un peplum ; ses pieds croisés , sa téte penchée sur sa main droite, toute son attitude décèle la méditation. Belisama est robabiement un mot oriental signiant' maîtresse des cieux, par opposition à Belsamen , roi des cieux.

Bouljanus, dieu adoré, dit-on, chez les Nannétes (Loire-Inférieure) , et probablement dans toute i'Armorique. Les habitants allaient trois fois chaque année l'adorer à INantes. Ce culte subsista jusqu au lemus de Constantin, où le temple et l'idole ftirent détruits et remplacés par une basilique chrétienne.

On a décomposé Boidjanus en Bel et Janus. Dans une inscription conservée à Nantes , ce nom est écrit f^ogantie,

Cemunnosy dieu des chasseurs (voy.

l'article spécial qui lui est consacré.)

Cososus j divinité des Bituriyes-Cubi (habitants du Berr^} ; elle ifest connue que par une seule inscription.

Deittoniensis , sutoom donné h Her-

GAULE

GAULB

cule, que les Celtes considéraient comme leur père , eî nuqiiel ils attribuaient la fondation de plusieurs villes, comme Alesia , Nîmes , etc.

t Dusien; c*étaient des génies inetibes.

GaurîCy esprits çéants que les bas Bretons et les iiabîtants de plusieurs comtés anglais croient encore voir quel-

Suefois danser autour des monuments ruidiques.

Gourm, chien dont on racontait absolument le^ mêmes fables que du loup Fenris de la mythologie Scandinave.

Gram, dieu honoré dans, la seconde Germanique ( Alsace, Prusse rhénane , Bavière rhénane), et dans TÉcosse, et aue Ton considère comme une espèce a*ApoHon. Suivant Isidore de SéviHe , granni, en langue gothique, signifiait cheveux longs.

Ilqfva^ probablement le ciel des Belges. Ce nom rappelle le heaven des An»

glais.

Helvetik^ Plîelvétie personnifiée. On lui donnait pour père Erveton , selon les uns, et, suivant d'autres, un fils d'Heicule. ii

IlcK , liens , Hesus ou Esus, correspondant nu Mars des Grecs et des Romains; c'était le dieu de la guerre et des conquêtes; on lui sacrifiait des s'v> times humaines. Dans les traditions kymriques, il joue quelquefois le rôle de l'Être sopreine. 6ous les Romains , son culte rut joint, dans la ville de lAttèce, à ceux de Jupiter et de Vulcain, ce qui fait supposer qu'il formait, avec Taran et Tuiston , une ti^inité celtique (voy. aussi EsLsj.

Mairs, espèces de fees ou de Nomes qui présidaient aux accouchements; elles avaient le pouvoir de douer les enCants au moment de leur naissance.

Mann, fils de Tuiston. Suiv^int les Germains, il eut trois fils, desquels descendirent les trois grandes races de la Germanie, les Ingevones, les Istevones, et les Hermiones. D'après le sens du mot 77ian7i (homme) , on voit quMI dé* signait l'Adam germain.

Mai'oun , Marunns , dont les Romains ont fait un Mercure , était le protecteur des voyageurs dans les Alpes , le dieu indigène des Rhètes ou des Lloéc:riens. T-es guides qu'il avait sous son patronage, et dont il était le maître

et le modèle, s'appelaient marotrnet dès

la plus haute antiquité.

iMithodis, dieu kvmrique , faisant partie, d'une trinité de dieux subalternes qui nous sont inconnus.

Moritasgue , dieu dont on a trouvé le nom sur une inscription déterrée en 1652 à l'entrée du vieux cimetière d'Alisia.

Murcia, Vénus des Celtes et des Ibères; elle avait un temple à Rome, au pied de l'Aventin. '

Nehaleuiiia , déesse des Gaulois , des Belges, et des peuples du nord de TEu* rope. Les statues de Nehalennia , trouvées en 164G dans l'île de Walcheren , et, depuis, en France, en Allemagne, en Italie, la représentent jeune, >rtftue d'une robe longue , portant une corne d'abondance, des fruits, ayant auprès d'elle un panier, un chien. Trois fois on la trouve en compagnie de Neptune; de là les diverses attributions qu on lui a données : on a cru voir en elle, tantôt la nouvelle lune (véa'EXéva), tantôt l'onde irrigatrice, la terre fertilisée, une des déesses -mères, une divinité marine.

Onouara, déesse dont la tête seule était iiguree sur les- monuments. Elle porte deux larges écailles au lieu d'oreilles , et deux grandes ailes déployées au-dessus de la téte , dans lesquelles vont se perdre les queues de deux serpents.

Penninus, dieu suprdme des montagnards.

Jihiii (le) ; ce fleuve avait été divinisé par les Gaulois avant de l'être par les Romains. « C'est le Rhin , dit une pièce de vers de l'Anthologie, c'est le Rhin, cefleuveaucoursiinpétueux (jui éprouve, chez les Gaulois , la sainteté du lit conjugal A peine le nouveau-né, descendu du sein maternel , a-t-il poussé le premier cri , que Tépoux s*en empare ; il le couche sur son bouclier , il court l'exposer aux caprices des flots : car il ne sentira point, dans sa poitrine, battre un cœur de père , avant que le fleuve , juge et vengeur du mariage, ait prononcé le fatal arrêt. Ainsi donc, aux douleurs de l'enfantement succèdent pour la mère d'autres douleurs : elle connaît le véritable père . et pourtant elle tremble j dans de mortellss angois-

669 GAUUk

LITNIVERS. «Avunir

ses , elle attend ce que décidera l'onde inconstante. »

BjM oa J{(ahon, Vénus des Yéliocasses, qui donnèrent à leur capitale le nom de Rothinag , en latin Rotboma** gus, aujourd hui Rouen.

RumanéeSf déesses des Triboei et des Vangiones, prises pour des déessesmères.

SulèveSy Snlm, Sulfi, espèces de sylphes helvétiuucs , ne sont connus que par une inscription trouvée dans les environs de Lausanne, et un marbre sur lequel ils sont représentés au nombre de trois, assis et tenant des fruits avec des épis.

Taran, Tarannf TaranUy Toramis/ le Tonnerre personnifié. Il présidait aux météores , à la lumière, aux pluies et aux tempêtes. Correspondant au Jupiter tonnant de la mythologie grécoromaine, il était oppose à Tuiston, diru des enfers. On lui sacrifiait des victimes bumaines.

Tarvat Tiigaranos, dieu représenté sous la forme d*un taureau d'airain, placé au milieu d'un lac et portant trois grues, Tune sur sa téte, les deux autres sur son dos. Ce dieu figure sur des basreliefs d'autel trouvés à Paris.

Teut, Teutatj en latin Teatdtés, dieu

f)rési(Jant au commerce , aux arts, à 'argent, à l'intelligence, à l éloquence et souvent même aux batailles. Ces différentes attributions le rapprochent à la fois du Thaut phénicien , et de Mercure, de Mars et d'Hercule. On l'adorait tantdt sous la forme d*un javelot (comme dieu des batailles), tantôt sous la forme d'un chêne (comme dieu des oracles). Ses fêtes se célébraient sur des lieux élevés ou dans Tépafsseur des forêts. La cérémonie la plus célèbre du culte de Teutalès étnit la réception du gui, qui s'accomplissait à minuit au renouvellement de chaque année. On sacrifiait ordinairement à Teutatès des chiens, qui étaient remplaces par des victimes humaines dans les circonstances importantes.

Thuises (DuiU des Pères de FÉgtise), dieux inférieurs, probablement des espèces ds génies ues forêts, semblables aux satyres.

Tuiston, analogue de Pluton, était fils de TU ou TiUs, la Terre. C'était le

dieu de la terre, des lieux souterrains et de l'empire des morts. Il était opposé à Taran, avee lequel il partageait Tempire du monde. Il était aussi adoré m Germanie, où on le regardait connne le père de Mann, le premier homme. A son nom paraît se rattacher le mot Teutones. On ignore par quels sacrifices il était honoré. On sait seulement que dans toutes les cérémonies religieuses , les bardes chantaient des hymnes en son honneur.

Fittolf, déesse celte, passait pour la prophétesse modèle.

f 'oldanus ou f oliaïiuStà.\^\ï identique avecBelen ou Bduyanus, et dont le nom signifie foumoHne ardente , suivant quelques auteurs, qui en font un dieu du leu. Il était adoré surtout chez les Armoricains.

Outre ces divinités particulières aux

Gaulois et celles qui furent apportées par la conquête romaine , Vénus , Hercule , Yulcain , Mercure , Jupiter, Isis, Mitnra, etc., les rapports fréquents avec les peuples du INord importèrent en Gaule le culte de plusieurs divinités de ces contrées, entre autres celui d'O* din; mais c*est là un USx exceptionnel, et ces dieux introduits ainsi accidentellement ne sauraient être considérés comme faisant partie de la religion gauloise proprement dite. Un fait important et qui ne peut être passé sous silence, c'est la persistance des idées et (les usases païens à travers les siècles, niaigre les efforts multiplies des prêtres chrétiens pour les détraire. Iusqu*à la fin du qumzième siècle, les condlei provinciaux de la France sont remplis de décrets dirigés contre de bizarres superstitions qui se rattachaient pour la plupart aux anciennes cérémonies du culte gaulois, superstitions encore trèsvivaces aujourd hui dans certaines provinces, et surtout en Bretagne.

Gaulmin (Gilbert), savant critique, né à ^Moulins m 1585, mort à Paris en 1665. Apres ctre resté fidèlement attaché au cardinal Mazariu pendant les troubles de la fronde , il fut nommé, vers 1G49, intendant du Nivernais, puis maître des requêtes, et enfin conseiller d'État. C'était un" homme fort instruit et surtout versé dans la connaissance du grec et des langues orientales. On a de

Gaolmin , outre de nombreuses poésies latines : 1* une édition et une version latine des roinnns de Rhodanthe et Dosiclès ^ par Tliéodore Prodrome, Paris, 1625, in-8", etdeJ/ysmitiéet IJysminias, d*Eumathe; 2* De vita et morte MùHs libri très, hebr. et lat. , cum notis, Paris, 1629 , in-8'. Il a aussi publié pour la première fois le texte grec du traité de Psellus , Ds operatUme Dasmmum, Paris , 1615 , in-S**. On conserve de lui en manuscrits, à la bibliothèque du roi, plusieurs pièces de vers et une tragédie dlpliigéoie.

Gault de Saint -Germain, né à Paris, le, 19 février 1753, a publié plusieurs ouvrages importants pour l'iiistoire des arts, parmi iesaueis nous signalerons : i* Traité de la peinture de Léonardde Fincî, commenté, augmenté de la vie et du catalogue des œuvres de ce grand peintre, Paris, 1802, in-8°, fîg.; S* Des passions et de leur expression générale et particulière , P;iris , 1805, Tn-8", fig.; île de N. Poussin, suivie de notes inédites, Paris, 1806, grand in-8* avec planches ; 4° texte des Calques du Cénacle de Léonard de Findy Paris , 1807, grand in-fol. ; 5° Annales de la ca/cographle générale , Paris, 1806-1807, in-8"; 6° Us trais siècles de ia peinture en France , ou Galerie des peintres français, depuis François /*' Jusgu^a Napoléon^ Pnris, 1808, in-Ho; T Observations sur l'état des arts da^is le dix-neuviéme siècle , Paris, 1815 , 8 vol. in-8'; 8° Guide des amateurs de , peinture y Paris , 1H16 , 1818 , in-8'' et in*i2; 9" Choix de productions de Part dans les salons ^/t 1817 à 1819 , Paris,in-8'' et in-12; 10» Ut très de madame de ScDigné, précédées d'une nouvelle notice et augmentées de cent lettres inédites. Paris, 12 vol. in-8'', édition enridiie de portraits.

Gaultier (l'abné I.ouis-Êdouard- Camilie) naquit en 17 in, de parents français, à Asti eu Piémont. 11 étudia chez les Jésuites & Rome, où il ïeçut les ordres, vint à Paris en 1780, fîlt pourvu d*un modeste béneHee, et consacra toutes ses facultés à l'éducation de Telifance. Il avait observé avec soin la marche de l'intelligence dans les premières années , et possédait à un haut degré l'art de descendre jusqu'à la portée de

ses élèves. Il s'efforçait de mettre eons» -

tamment renseignement en action, et c'e.st dans ce but qu'il iînpgina de le réduire à une sorte de jeu. Sa méthode reçut, en 1787, l'approbation de l'Académie des inscriptions et lielles-leitres, qui l'avait fait examiner par une rotnmission. Kn 1792, l'abbé Gaultier, qu'effrayaient les conmiotions politiques^ réfugia en Hollande, et accepta a la Haye la charge de précepteur des^ enfantsdu ministre anglais. A Londres, où il suivit ensuite ses élèves, il ouvrit un Ivcée pour instruire gratuitement les fils des émigrés français. Cest là qu'un jour la défection des maîtres qu'il employait pour le seconder, lui lit improviser , pour ainsi dire , l'enseignement mutuel, dont d'autres devaient plus tard se donner les honneurs. De retour dans sa patrie, après la paix d'Anuens, il fonda à Paris des cours publics pour toutes les elasses , et concourut puis* samment à avancer la réforme de l'éducation de l'enfance. Il fut l'un des créateurs de la société pour renseignement élémentaire , et quand la méthode dite . lancastrienne fut en butte à tant d*at* taques, ses partisans of frirent à ses adversaires l'abbé Gaultier comme une

Sreuve vivante du caractère inoffensif e cette innovation si redoutée. Cet estimable instituteur mourut à Paris, le 19 septembre 1818. Le cardinal de fiausset a dit de lui : a C'est la vie la plus respectable que je connaisse* « Son cours complet d'études élémentaires, lequel, il est vrai , a quelque peu perdu de sa faveur aujourd'hui, forme 21 vol. in-18, et renferme les éléments de la lecture, de l'écriture, de l'arithmétique, du français, du latin , de la géographie et de l'histoire. Ses leçons de géographie surtout ont eu beaucoup de succès \ elles ont été tirées à près de 40 mille exemplaires.

Gaultier de Ltlle, plus coinnmné- * ment appelé Gaultier de Chatillon (Philippe), chanoine, puis prévôt de la cathédrale de Tournay, mort en 1301, auteur d'une épopée latine en vers hexamètres, VAlexandréide, qui parut vers 1180, et obtint une telle voçue , qu'au siècle suivant on la substituait dans les écoles aux poèmes des anciens. La première édition est demi -gothique, *

064 «AUttNir

UUmVBRS. «AOSltll

111-4° ; les autres sont de Strasbourg, UiZ, in-4'*; de Lyon, 1558, in-4'', etc. C*est dans ce poëme que se trouve oé

vers devenu proverbe :

luoidit in Scyllain cupicn& vitnre Cliarj bdiin.

Gaultier (le cbancelier ), chroiiiqueur des croisades. On ignore son orij^ine et le lieu et la date de sa naissance, mais on présume qu'il était Fran-

Sfiis, etqu'il accompagna en Orient Goefroi de Bouillon. Ses écrits nous apprennent quMI passa en Palestine avec les croisés, et que 1.1 il devint chancelier de Koger, prince d'Anlioche. Il fut pris en 1 1 19, dans la bataille que Roger perdit contre les Turcs, et il eut tant à souffrir dans sa captivité, qu'il rnconte lui-même que ses souffrances ont fort affaibli sa téte. De la sans doute Tincorrection de son style qui est souvent inintelligible. C'est à peu près le seul de nos historiens latins qui ait parlé avec étendue des affaires des clirétiens de la Syrie occidentale , et de leurs

f lierres avec les Parlbes. Sa relation, ivisée en deux parties , commence en 1116 et finit en 1119. Elle fut publiée pour la première fois par J. Bongars dans sa collection des auteurs relatifs aux croisades, rt est intitulée : Gualterii cancellarii bella ylnliochcna. Cette chronique doit faire partie de la collection des historiens des croîsadès, dont s'occupe en ce moment rAcadéoiie des inscriptions et belles-lettres.

Galbe (comté de), ancien pays du bas Armagnac , en Gascogne , et dont Fleurantes était le chef-lieu. Les premiers seigneurs de ce comté furent des cadets des comtes d'Armagnac, puis de la maison de Casaubon. Knsuile, il rentra dans la maison d'Armagnac; de là, il passa à la maison d'Albret, avec les biens de laquelle il fut réuni à la couronne. Depuis , il fut engagé au duc de Roquelaure.

Borné au nord par le Condomoîs* au sud par le territoire de Vic-Fezenzac, il avait 24 kil. de long sur 12 iih. de large.

Gausstn (1( aune-Catherine Gaussem ou ) , lille d'une ouvreuse de loges et de Gaussem , ancien laquais de l'acteur Baron. Elle jouait en 1731 au théâtre de Lille , lorsqu'elle reçut Tordre de venir débuter à la d>médie-

Franoalse, où elle remplit les rôles d*ingénttes et d'amoureuses tragiques.

FJle avait alors 18 ans.

Sa jeunesse, sa beauté, et un organe enchanteur, valurent à mademoiselle Gaussin de si merveilleux succès que Voltaire lui-confla le rôle de Zaïre, dans lequel , dit-on , elle ne fut jamais sur-

[)assée. On raconte qu'aux répétitions e vieux poète se jeta un jour aux pieds de mademoiselle Gaussin , et qu'il 8*é- i criait en pleurant : n C'est cela , c'est ! n bien cela ; voilà bien la Zaïre que j'ai « voulu faire. » Mais il nous reste des témoignantes plus authentiques de Tadmiration de Voltaire pour mademoiselle Gnussiu : la fameuse ^ttre qui oom- • menée par ce vers :

« Ji-um.- Gau.s>iin, reçois aiCMi tendre hommage ; »

la lettre où il dit : « J'ai bien peur de «devoir aux grands yeux noirs de ma- « demoiselle Gaussin, au jeu des acteurs, « et au mélange nouveau des plumets et «des turbans, ce qu'un autre croirait «devoir i son mérite; » enfin, ces vers à propos îStÂlaSre :

« Ce nVst ] .s ui' i <|ii*on .ippI.iucUt,

R C'est vous qu'uit aime et qu'on admirât *

« Et TOUS daœnnt, clianiMlite Ahire»

<( Tous ceux que r>iiziii3n rnnvcrtit »•

Madeuloiselle G aussi u joua aussi dans le drame , qui , des lors , comaieuçait à lutter avec la tragédie , €L la GhaûjMée lui écrivait :

si jf n'ai p.is essuyé de revers, Je n'ea dois qu'à toi seule uù éternel lioiniaAge.

Mademoiselle Gaussin eut un égal succès dans les pièces de Bacine , par

exemple dans Bérénice, qu'elle joua en 1752. Quant aux grands rôles tragiques, remplis alors avec U\nt de perfection par mesdemoiselles Clairon et Dumesnil, la nature de sou taleut , doux , naïf et pénétrant plutôt qu'énergique, les lui interdisait.

Elle avait épousé à 47 ans no acteur italien , nommé Tavoiango. C'était un mariaiïe fort mal assorti ; elle réussit à le faire rompre a force de sacrifices d'argent. Mais cherchant dans la religion des consolations contre ses mal* heurs domestiques, et des expiations pour cf/fe Jaciliié de caractère qu'ef/e portait aupo'ml de ?ie refuser personne , mademoiselle Gaussin se fit dévote, et cessa de jouer la comédie. Elle se re-

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