FRAT^GK. GAUTHIER ]>E COINS I
tira du théâtre en 1761^, le même Jour que mademoiselle Dangeville.
Mademoiselle Gnussm mourut à Paris, en 1767, dafis Toubli, l'isolement et la médiocrité.
Gautherot (N.), peintre, élève et ami du célèbre David, né vers 17()â, mor^ell 1835, à Paris, dans un état voisin de Tindigence, a exécuté plusieurs tableaux qui lui assignent un rang distingué parmi les pemtres modernes; nous citerons èntre autres : Pyrame et Thtibé, ^^lala, le Serment du drapeau, et l'Empereur blessé devant /latishonne.
Gauthi£b (mademoiselle), qui fut coroédieiine, peintre, poëfe, et religieuse, naquit à Paris en 1692. Entrée au théâtre en 1716, elle s'y fit moins remarquer par son talent aue par une beauté peu commune, aussi oien que par ion esprit, par un caractère hardi et impétueux, et une liberté de mœurs poussée jusqu'à la plus extrême licence. Elle avait eu déjà de noi^brenx amaots lorsqu'elle 8*éprit d'une passion pro* fonde pour Quiiiault Duiresne : mais elle ne put jainnis résoudre au mariage le grand conjedien , et les refus qu'elle essuya de sa part furent probablement la cause secrète d'une vocation qui , pendant longtemps, mit en émoi la cour et la ville. Un jour, comme elle venait d'atteindre sa trentième année, made> moiselle Gauthier eut fantaisie d'entendre une messe pour cet anniversaire, et ce fut pendant la cérémonie que lui vint tout a coup la |iensée de renonœer entièrement au monde. Dès qu'elle le put , elle entra dans on couTcnt de carmélites , à Lyon.
Sœur Augustine de la Miséricorde vécut 88 ans au fond du clottre , dont elle supporta avec courage et gaieté la triste vie; et, de ses nombreux talents , elle n'exerça plus que celui de la peinture , et elle l'employa désormais à traiter, presque toujours dans le genre de la miniature, des sujets de piété.
Quelques vers s'échappèrent aussi de sa plume pendant sa retraite, et les derniers , adressés à la reine Marie Leczinska , avec laquelle elle entretenait une correspondance suivie, furent écrits peu d'heures. avant sa mort.
^Mademoiselle Gauthier mourut en
1757. Elle a laissé le récit détaillé de sa conversion , imprimé dans le premier volume des Pièces intéressantes et peu connues , pour servir à l'histoire et à la littérature , par la Place.
ÎNous ne terminerons pas cet article sans parler de la vigueur musculaire peu commune de mademoiselle Gauthier, qui , dit-on, roulait comme une oublie, et sans effort, une assiette d'argent. Le comte de Saxe , dont la force était proverbiale « étant un jour parvenu à lui faire ployer le poignet mair gré elle , déclara que peu d'hommes avaient résisté aussi longtemps à la puissance de son bras.
Gauthisr o'Abbàs ; il a. composé un roman d^Éracle Fempereur^ où il décrit les guerres d'Héraclius avec Chosroès II, roi de Perse ; la perte du bois de la vraie croix ; sa restitution; et enOn, l'origine de la fête de l'Exaltation. L'ouvrage, qui contient quatorze mille vers , Unit à la mort d'Héraclius. L'auteur le dédia à Etbon, comte 7Tbout de Blois , dont il vante la bonté et la magnificence. Ce seigneur était Thibaut VI , dit le Jeune , qui mourut sans postérité en 1218.
Gauthibr de CoiNSi, poète, naquit à Amans, en 1177. A Page de 18 ans, il se lit moine dans l'abbaye de Saint- Médard de Soissons. En 1214 , il était prieur de Vio-sur-Aude , où il composa ses principaux poèmes ; il fut nommé , en 1233 , prieur de Saint-Médard , et mourut trois ans après. Ses œuvres complètes sont eontemtes dans un très-beau manuscrit de la bibliothèque royale. Le plus long et le plus important de ses poèmes a pour titre : Cij comence U prologues seur les my racles Notre' Dame que Gautier s, prieur de f'i, moine de Saint-Médard , translata.
Gauthier ne se donne que pour un traducteur , et, en effet, il a pris du latin de Hugues Farsit , et aussi du prêtre Herman, plusieurs des contes dévots qu'il versiue; mais, des soixante-quinze pièces que contient son poème , la plupart lui appartiennent en propre: ce sont ou des traditions fabuleuses ou des fruits de son imagination exaltée. « Cair, disent les auteurs de la France littéraire (tome XIX; , il avait conçu pour la vierge Marie un amour véritable qui
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Tenflamma, le dévora toute sa vie. Elle était pour lui ce <|u*est une amante pour
le plus passionne des hommes ; il léunissait sur elle toutes les beautés qu'il apercevait dans les religieuses d'un couvent qu'il dirigeait . lui adressait chaque jour des vers pleins d'amour, d*érotiques chansons. ï! la vovnit dnns ses rêves, et quelquefois même lorsau'il veillait , sous les tonnes les plus voluptueuses. » Le second de ses poênaes renferme plus de deux mille trois cents vers; il a pour héroïne sainte Léocade de Tolède. L'auteur emploie , toutefois^ plus de temps à déclamer contre les p€h pétards f la papelarcliey le beginagey qu*à célébrer les vertus de sa sainte.
ÎAo&tde au corps bel et gerU, la savoreuse Léocade ne rentre en scène que vers la fm du poëme. Les diatribes contre les chardomix ( les cardinaux ), Rome , et le {tape , abondent à chaque page, et sont toujours conçues dans un Style plein de jeux de mots. Gauthier reprocneaux moines de son temps leurs infâmes débauches; « on les voit, ditil, préférer PerroUa à Péroneile. »
C'est Gauthier <jui a écrit certains vers fort étranges cités dans V Histoire de Paris de Dulaure, et dans V Histoire littéraire de la France: Nature rit, y dit le moine poète, quand hic est joint à hsec, mais elle est tout erperdim quand hic s'aeeouple avec hic. Les autres ouvr.ii-es de Gauthier sont : 1" un fuiuan en vers assez intéressant, intitulé : de VEmperei ( impératrice ) qui garda sa ehasiéépar moult tenta rions; 2« VEpistre de saint Jéroine de la garde de virginité ^ laquelle U envoia à Evshchiumy la Mp sainte Paulej 3° les Cinq joies de Notre-Dame , les Saints de .\otre-Dame , etc.
« On pourrait appliquer à Gauthier, dit M. Daunou, ce que Voltaire disait d'un uoete du dix-huitième siècle : C*était dans le monde un bel esprit de couvent , et , dans les Gouvents, un bel esprit mondain.
Gauthibb bb Mbtz, poëte du treizième siècle, auteur d'un poème en langue vulgaire, intitule : l'Image du monde. C'est un traité de cosmogonie OÙ il est parlé du ciel, de la terre, de Dieu, de rhomme, de la géographie, de l'astronomie, de rhistoire natu-
relle , etc. ; un amas de descriptions -plus ou moins merveilleuses , où il est question de l'île de Meroés , qui a six itiois de jour et six mois de riuil; de l'île Perdue, que retrouve saint Brendam; et de l'Irlande, que l'auteur ne manque pas de désigner comme renfermant le purgatoire de saint Patrice; quelques cartes fort grossières sont jointes à ce poème. On ne sait aucune particularité sur Gauthier de Aletz , sinon que son ouvrage parut en 1245.
Gauthier Map ou Mapp, poëte anglo-normand. 11 fut, dit son contemporain Rustiden, «cheralier le roy Henri; » c'est-à-dire de Henri, roi d'Angleterre. Il reçut ordre de ce prince de mettre en français d'abord le roman latin du Saint-Graal, et ensuite celui de Lancelot du Lac. On lit, en effet, dans ce dernier roman , que les aventures du Saint-Graal, telles qu'elles furent vues et racontées par Boor, turent mises et gardées en rabba3[e de Salisbury, « dont maistre Gautier Map le.s traist à faire son livre del Saint-Graal por l'anior del roi Uenfi, son sijinor, qui fist t'estoire translater du latm en tranchois. Après che que maistre Gautier iMapot trait ié des aventuresdel Saint- Graal assez souffisament, si comme il fut avis al roi Henri, son signor, que ce qu'il a?oit fait ne devoit pas soufBre, s'il ne racontoit la lin chaus (ceux) dont il ;i\oit (levant fait mention, comment chil moururent, de qui il avoit les proeces ramentéus en son livre, et por ce commencha il ceste daaraine partie, et quant il l'ot mise ensemble, il l'apala la Mort al roi Jrtus. »
Gautïiier Map a laissé, en outre, des vers latins où il déplore les malheurs de rKglise et les désordres du clergé.
Pour ecliantilldu de sou talent, nous domicrons lus ^i\ vers suivants, qui forment le (début d'une pièce adrisasée au pape :
TmIo n'ro loentori Studcatnus vue puri »
Sed el lixjui sobrir :
Carum oani vwterari , Bt. nt tinu «aro cuit
Careatuus carie.
Gauthier Map vivait encore en 1210.
G AUTUi£H SANS Avoi H, gentilhomme bourgu i^tion , chef de la preouére troupe do pèlerins qui partirent de Riaon en
04irrin«Rs FRANCE. gacthiérs
1096, lorsque la crois.ide eut été résolue. Guillaume de Tyr le désigne par cesdxpressions : QuicumGuatteruscognomenh sens aveir, vir noblUs et in armis strenms. 11 commandait l'avant-
farde de Tarmée de Pierre l'Ermite, /indiscipline et les excès de ses soldats leur avaient rendu hostiles toutes les contrées qu'ils avaient traversées. Arrivés en Asie, ils méconnurent l'autorité de Gauthier, et menacèrent imnrudemment le saltan de IVicée, qui leur dressa une embnscnde et les extermina.
Trois nîille hommes seulement purent se réfugier dans un château bâti sur la côte delà mer. Gauthier, digne de eom- mander à de meilleures troupes, était tombé, m commencement de la mêlée, percé de flèches.
Gàuthiëbs, paysans armés , qui, de 1587 à 1589, se soulevèrent dans le Perche et dans presque toute la basse Normandie, comme plus tard lesrflr-?iMpieds, pour défendre leur liberté et leurs bfens contre les gens du roi. « Ces troupés de paysans , dit de Thou dans son Histoire universelle , étoient ainsi nommés de la Chapelle-Gauthier (village du l^erche). Ils avoient commencé à ' prendre les armes pour se défendre contre les entreprises des troupes qui couroient la province. D'abord, ils n'a- 'voient fait aucune violence; ensuite, leur nombre s'étant accru, ils en vinrent aux voies de fait, chargèrent quel-
2 ues partis qui alloient au pillafîe, et rent une cruelle boiu lieric de ces coureurs chaque fois q»*ils pou voient les saisir (*). L'exemple devint bientôt contagieux, et l'insurrection se répandit ^ans une grande partie de la province.
Au son du tocsin, on voyoit tous les gens de la campagne abandonner leur travnil, courir nux armes, et se rendre au lieu qui leur étoit marqué par les capitaines établis dans chaque village.
Quelquefois, ils se trouvoient au nombre de plus de seize mille. A leur tète étoit tout ce qu'il y avoit en ^formandie d'esprits brouillons : le comte de Brissae, récemment chassé d'Angers, de Mouy, de Plerrecourt, de I<onchamp,
(*) Suivant de Tluni, il ne resta un jour aucun vestige du cadavre d'un soldat qu'ils avaient pris. i«s femmes et les enfonts avaient bu jiisqnrà son lang.
le baron d'Échauffou, le baron de Tubœuf, de Roquenval, de Beaulieu, et plusieurs autres gentilshon^mes partisans de la ligue , et qui assembloient des troupes pour le parti , autour de l'Aigle et d'Argentan (*). »
On faisait croire aux gauthiers qu'ils portaient les armes pour la défense de In relision catholique, apostolique et romaine. D'ailleurs, tous les cliels de cette milice rustique n'étaient pas gentilshommes. On voit nommés, par exem> pie, comme capitaines des bandes des paroisses de Saint-Sulpice-sur-Rille et de Chandei, dans le Perche, un ancien soldat appelé la Planche, on maréchal ferrant, Nicolas Eulde, deux cur^, etc.
Vers la fin d'avril 1589, comme le duc de Montpensier assiégeait Falaise, où le comte ae Brissac avait laisse une bonne garnison , celui-ci, pour la délivrer, appela à son aide la formidable association des gauthiers. Ils accoururent au nombre de cinq mille. Le duc, ralliant autour de lui les nobles de la province, ennemis de ces rebelles, marcha à leur rencontre. Ils s'étaient fortifiés dans les villages de Pierreûtte-en- Cinglais, de Vlllers et de Commeaux, non loin d'Argentan. Montpensier et ses lieutenants, Tliorigny, Beuvron, Longaunay, de Vie, Martel de Bacqueville, Grimonville-Larchant, les attaquèrent successivement dans ces trois positions.
Ces pauvres gens, auxquels Brissac ne donna aucune nssistance, se battirent bravement; mais ils ne connaissaient pas la discipline et n*avaient pas d'artillerie. Le canon de l'armée royale les mit en déroute, et les gentilshommes s'acharnant.sureux, plus de trois mille restèrent sur la place. Jamais une aussi petite poignée de monde n'avait fait un aussi grand carnage. De douze cents qui se rendirent à discrétion, quatre cents furent condamnés aux travaux publiés; les autres eurent permission de se retirer, après s'être engagés par serment a ne plus jamais touclier les armes. Quelques geniilsliommes , et entre autres le baron de Tubceuf , avaient aussi été faits prisonniers avec eux.
Cette défaite, arrivée le vendredi 22 avril, non-seulement affaiblit considé-
nblement la ligue en Normandie, mais
encore éteignit complètement le parti des gautlîiers, qui avaient rendu leur nom redoutable a la noblesse et à toutes les villes dé la province. On n'entèndit plus parler dans la suite de leur association. De Thou rapporte que la nouvelle de leur défaite parut d'abord incroyable, et par là il montre assez & (|uel pointées villageois étaient parvenus à se faire craindre (*). F'ncore longtemps après, on voyait des membres isolés de cette milice, recherchés pour quelque ancien méfait, errer loin de leurs vil* loges, dans l'angoisse et Tindigence; leurs terres restaient en friche; leurs femmes et leurs enfants n'avaient d'autre ressource que de mendier. LMiistoîrede la fierté de saint Romain (voyez Fiebte) nous apprend qu'en 1598, quelques-uns de ces malheureux , natifs de. la commune de Chandeî, au bailliage d*Alen- ^n, furent arrêtés; qu'on allait les condamner pour un assassinat comiris neuf ans auparavant sur la persojine d'un sieur du Plessis Longuy, « quicommettoit journellement des meurtres et des volleries dans le pays ; » qu'alors quelques-uns de leurs compagnons, qui avaient réussi à s'enfuir, se hasardèrent h venir à Rouen, demandant à genoux d'être absous par le privilège dé saint Romain. Pierre INIaillard, l'un d'eux, laboureur, âgé de cinquante-cinq ans, chargé de femme et de cinq enfants, fut interrogé pour tous les autres par les députés du chapitre. 11 sollicita « la firdce du privilège, de monsieur saint Romain, en considération du grand nombre de paouvres gens qui estoient en paynne comme luy, depuis neuf nns, ayant abandonne le lyeii de leur nativité et demeure , et estant réduictz en une cxtresme paouvreté, tellement qu'ilz aymoient myeulx endurer la mort que vivre plus longuement en telle misère, sy messieurs du chapitre n'avoyent pityé aeulx. »
Le chapitre eut pitié de ces malheureux. Pierre Mnilhu-d leva la fierté au nom dé sa commune entière, et cette heureuse nouvelle alla réjouir et vivifier
(*) Voyez aussi Davlla, liv, x, p. Sfig-S?»; d'Aubigué , liv. u , ch. 19, pw 270 ;.P. Cayet, Uv. t , p. 4iG.
une contrée où régnaient depuis si longtemps la misère et le désespoir (*). Gâutiea , sire d'Yvetot. Voy. Yvb-