‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 19 sur 198 · QUI · texte numérisé non relu

QUI

Filles D^HOiiiiEini. Oa |f|red«iMA«i,

sous l'ancienne monarchie , am doutaiselles nobles attachas à la personi^e des reines , succéda , sous Catherine de M édicis , à celui de ^dks de la reine. Cette veiae , pour qui la galanterie était un moyen de gouverner , avait choisi , entre les plus belles demoiselles de France, jusqu'à lôO filles d'hojuieur;

nixn S'iRMiiîBUR FaÂJNGE. fils m feaucb

etfe les emmemit avec die dans ses ca- douae filles d*lionneur de la reme mèra valrades et les conduisait quekpipfois fit, en !673, un éclat qui amena la supdans les camps ju^u'à la portée du feu pression de cette institution. Ce maides ennemis. IVÎais c'était moins pour neur est connu par le smnei de l'As*en MH une ooupaçofe qoe pour s'en vorUm, attrîiHié an présMeot GMoaulî: servir comme ^autant (rinstruments propres à amuser, à énerver, à maîtriser les grands et à découvrir leurs se-' crets (*).

Le titre de ^Ue d'honneur était, à ce qu'il paraît, fort difficih^ à soutenir à la cour. En effet, l'histoire des petits appartements des Tuileries et de Versaitles abonde en petits scandales oà ces demoiselles jouent toujours le rôle principal. C'était dans cette troupe vive et folâtre que l'on choisissait les maitresses royales , quand toutefois le prinee ne savait pas les y chercher luimême. On peut lire dans les Mémoires de madiune de INlotteville les tribulations de cette pauvre madame de JNavailtes chargée , comme dame d'honneur, de la garde de ces demoiselles, et qui , eu 1G63 , fut privée de ses fonctions, pour avoir osé faire apposer des grilles de fer à toutes les issues qui pouvaient laisser à Louis XIV, des entrées clandestines dans Tappartement des filles d'honneur.

L'aventure malheureuse d'une des

(*) Pour donner une idée de la réputation dê ee« filkt dlumneiir de Cràierine, qui justifiaient si peu leur litre, nous dohnerons uti étirait d'un pamphlet satirique pidilié en ï587, cous le titre de Manifeste des dames de la céur et consorvé par l'Estoile (Journal dè Henri ni, 1587) :

m Les damoiselles Viciri, Bourdeille, Sour- «dis, Birague, Surgère et tout le reste des «filles de la roine-mère^ disoienit toutes

• d'une voix :

« Ua , ha , lia , mon 0iaa I que ferons-nous «si tu o*esleii8 ta grande miséricorde sur m nota f Nous crions donc à haute voix aue

• tu nous veuilles pardonner tant de pôrnés « de ia chair, commis avec rois , priuces,

• eatdiiiattx, gvnlilsbommei, évesques, ab- « bés , prieurs , poëtcs, et toule attire letle

• de gens de Ions esfats , métiers, qualités

• et conditiuuâ i el diaous avec monsieur de

• TiBamiier : Mon Dieu ! ntiférioMdfl, donne- •nous la grande miséricorde, ft si nous ne

• pouvons trouver maris , nous nous rendront

• auji filles repenties. »

«Donné àQiarcheau, au voiage doNérac»

• Signé: Péricart. » ,

Toi que l'amour fit par un crime, £t que l'honneur défait {tar un crime i soa tMir»

Funeste ouvrage de l'amour, De l'honneur Ain«te Ttciime, elc. (*)

La suppression des filles d'honneur fut , à ce gu'il paraît , l'œuvre de madame de Montespan, qui y fut peut-être eicitée nar un goût très-vif aue le rot montrait alors pour la belle du Lude, Tune d'elles. * C'étoit, dit madame de « Sévigné, une caverne redoutable que

< cette chambre de filles d*oà SoHofi « une hydre à têtes renaissantes , qu'il « falloit snns cesse combattre. Madame « de Muutespan préféra la sdreté qu'elle i se procuroit en l'étouffant tout d'ud « coup , à rhonnenr incertain d*etl « triompher souvent. Car les armr^ « sont journalières. >> Les pauvres filles d'honneur lurent dispersées, attachées à d'autres princesses, la blu()ârt mariées , et remplAoées par ooloe danies du palais.

Fillettes (coutume des). Yoy. Cotl-

TtlMES.

FiLLETTfcs too BOI. Cet instrument

de supplice, auquel sticcéda la cage de fer, usitée surtout sous le replie de Louis XI, consistait, dit Comines, eil

< des fers très-pesants et teH'ibles pour mettÉ-e aux pieds; et y estoit un anneau pour mettre au pied, fort malaisé à ouvtir, couitne à un carquan ; la chnisne

§ rosse et pesante , et une grosse boule e fer au bout, beaucoup plus pesante que n'estoit de raison. »

On réservait ordinairement les fillettes ^ peine importée d'Allemagne, aux prisooniers de guerre. On les infligeait aussi parfois concurremment avec le supplice de la cage ; te fils du seigneur de la Gruthuise, les seii^neurs de Piennes, de Vergy et de Richebourg, et bien d'autres, pris dans les combats, en tintèrent, par ordre de T.ouis Xt, avant que ce prince eût gotUé l'invention attribuée au cardinal de ia Balue.

F1L6 Fbarcb. Yoye;: t:NtAllt^

OB TkAUCKs .

C) Yoyea madame de 9hiçaé, 1. 11 , paf. ftat,9»9, el8flidt*8iinott,t.TI^p. iSS.

mkncts L*umY£RS. finahces

FlHÀBCON OQ FlBFHARCOlf, Feudi'

marcOy ancien canton de Gascogne qui s'étendait dans les diocèses d'Auch , de Condom et de Lectoure , et se composait de seize paroisses , entre autres de celle de Casteinau. Sa circonférence était de 48 kilomètres; ses bornes : la Ticomté de Lomagne à Test , le Condomois à Touest , le comté de Gavre au sud, la vicomte de Bruillois nu nord.

"Les anciens seigneurs de Fimarcon , de Terridrs. et de iMontagnac , otit porté le nom et les armes des viconites de liOmagne , et paraissent eu être descen* dus. Leur terre fut érigée en marquisat en ITiOS; elle était du ressort du parlement de Bordeaux et de la sénéchaussée de Gascogne. Dans les premières années dti seizième siècle , elle passa , par un mariage, à Aimery de Narbonne-Lqra, seigneur de Talleyrand, puis, en 1G23, à la maison de Cassa-

fnet, dont divers membres furent, au ix-huîtième siède, colonels et lieutenants généraux.

Finance (Pierre), brigadier au il" régiment de diasseurs, ué à Hatigny (Meurtiie), pénétra le premier dans les retranchements ennemis le 29 terminai an V, au passage du Rhin , à ÎNeuwied, et fut renversé d'un coup de feu en s'emparant d*une pièce de canon , dont il avait sabré les canonniers.

FiivANCEs; c'ast le nom que Von a donne a l'ensemble des rapj)orls et des combinaisons économiques et administratives que présentent les revenus et les dépenses d'une nation. Rien n'étant plus com|)liqué que les diverses parties de cette branche de l'économie et de Tadministration publiques , on en a fait une science qui est devenue l'objet d'une étude sérieuse de la part des hommes d'État. Mnh c'est sons le r:ippoi l historique , et non pas au punit de vue de la théorie , que nous voulons traiter la question des linances.

Dans les premiers siècles de la monarchie française j il ne pouvait y avoir de système financier : matériellement et moralement, les chefs de la nation (c'est à peine s'il y avait alors des rois) ^ vivaient d'expédients et au jour le jour. Il y avait des tributs plutôt que des impôts, des rançonnés plotdt que des contribuables. Les rois subsistaient do pro«

duit des contributions Je guerre, dor

revenus du domaine , e: des dons , originairement volontaires et plus tard obligatoires, que^leur laisaient les leudes ou fidèles, dans lei assemblées annuelles qui se tenaient au mois de mars ou au mois de mai. Ces dons consistaient en troupeaux, en argent, en chevaux, en armes et autres objets précieux. Les confiscstions , malheureusement trop fréquentes, et le fredum, portion des amendes que les lois ripuaires et la loi salique attribuaient aux rois mérovingiens, étaient aussi une source considérable de richesses. Il n'existait point de contribution générale et publique; les impositions , les droits et taxes de toute nature , que le^ Romains avaient établies dans les Gau* les, ayant disparu avec leur puissance.

« Ce qu'on appelait cens, dit M. Bailly, était un droit particulier ou une redevance que les serft devaient à leurs maîtres ; et si quelques péages intérieurs subsistaient encore, ce n'était qu'un droit légal établi par le possesseur d'une terre , pour l'entretien des chemins et la réparation des ponts (*). »

Cependant , nos historiens parlent d'un cens royal qui existait dans la première partie du neuvième siècle, auquel la plupart des Franes étaient assujettis. Chaque homme devait payer un écu au roi , tant pour sa tête que pour sa case, comme on le voit dans un édit donné au palais de Pistes, près Mantes, eu 864 , par Charles le Chauve. Sous le résilie de Childebert, selon Grés:oire de Tours, de vives réclamations s'élevèrent, parce que l'ancienne répartition de cet impôt était devenue tellement inégale par l'effet de la division des propriétés et des changements arrivés dans l'état des contrihnahles , que les pauvres , les veuves , les orphelins, et les gens sans appui , supportaient presque à eux seuls le fardeau des triouts. A la sollicitation de l'évéque de Poitiers, Childebert ût réformer l'espèce de cadastre qui avait été fait sous le règne de Sigebert, et dont l'insuffisance était généralement reconnue. On fit , d'après ses ordres , une enquête sur la situa-

O Histoire financière de la France, 1. 1,

p. XI.

nVANCIS

nVAHO»

tion des contribuables; on déchargea da cens pablic ceux qui étaient injastement taxés , et on imposa ceoK qui devaient le supporter.

Ce qu'il y a de remarquable dans ce travail de cadastrement et de répartition , c'est la part au'y prirent Florentius, grand maître ae la maison du roi, et Romulfus, comte du palais. Ces deux grands dignitaires furent chargés de réparer les injustices et de remédier aux abus dont se plaignaient les contribuables. Ils remplissaient donc alors, à ce qu'il paraît, les fonctions de ministres ou d'administrateurs des finances. On pourrait oonelare aussi, de la révision du cadastre, qu'il y avait des assesseurs pour répartir avec égalité les impôts; mais ce lajt est connu d'ailleurs , car Tauteur de la vie de saint Sulpice , qui écrivait sous le règne de Charles le Chauve , dit positivement qu'il existait, dès le neuvième siècle, des oflif.iers de ce genre. Nous ajouterons qu*on donnait le nom de préposés royaux {adores regii) aux agents de la couronne qui étaient envoyés dans les provinces pour y percevoir les impôts.

Déjà , à cette époque , nous voyons les contributions publiques frapper la consommation , entraver le commerce, peser sur les masses et épargner la classe privilégiée. Les possesseurs de fiefe étaient exemptés du cens royal, comme, plus tard, les nobles portant les armes furent exemptés de la taille. Outre cette taxe personnelle et foncière, nos anciens nistorîens parlent de nombreux droits de péages et d'impôts en nature qui étaient prélevés indistinctement sur les SPffs et les ingénus. Chilpéric I*"*" , a l'instigation de Frédé- EonJe, exif^eo de tout producteur le tribut arbitraire d'une cruche de vin par demi-arpent de vigne. Mais , ainsi que le fait oDserver IVL Bailly, cette taxe ne fut que passagère , « parce que les évé^ ques, instruits de la misère des peuples par la révolte et 1rs émigrations qui se manifestaient dans le royaume de Neustrie , persuadèrent au roi et à Fréd^onde que la perte qu'ils avaient faite de leurs enfants était l'effet de la malédiction de Dieu , qui vengeait ainsi les opprimés. Chilpéric et la reine , elfirayéi, firent alors détruire les rôles.

et rappeler les collecteurs des nouveaux tributs. » ' •.

La participation des assemblées générales de la nation à l'établissement des impôts , sous la «;eronde race , suppose un système uniforme de taxation pour toutes les parties du royaume.

Les Capitulaires de Charlemapie, sanctionnés par ces synodes, ordonnent la levée de ce qui était légitimement dû au prince pour le cens ro^al , tant sur les personnes que sur les biens , et pour , les amendes de toute nature. En ce qui touciiait les domaines de la couronne, l'empereur en surveillait lui-même l'exploitation ; et , renonçant aux taxes arbitraires établies par les. maires du palais , il ne voulait jouir gue des droits qu'un long usage avait légitimés. C'est au règne de Charlemagne que remontent l'établissement delà dîme payée à l'Église par les laïques, et la f.iculté accordée au clergé de recourir cà l'emploi des contraintes pour obtenir 1 acquittement de cette taxé , soit en argent, soit en nature. LMnstitution des envoyés royaux se rapporte aussi à cette épo-

Îiue, et témoigne de la haute surveiJance qui , dès lors , était exercée au nom de l'autorité royale pour le maintien de ses droits et pour la protection des peuples. Outre les soins que ces ofliciers donnaient à la bonne administration de la justice, pendant les chectmchées qu'ils faisaient dans les provinces, à quatre époques de l'année , ils s'occunaient spécialement des questions de nuance. Là , ils faisaient dresser ou compléter les terriers contenant la description des biens-fonds , et Ténuméra- tion des hommes que possédaient les vassaux de tous les degrés, ainsi que celle des biens appartenant à la couronne ; ici , ils faisaient entretenir et mettre en valeur les domaines royaux, et recherchaient les bénelices que des Tassaux dénaturaient, en les vendant commodes alkux ou biens propres. Les envoyé!^ royaux avaient encore la mission de surveiller la rentrée du cens royal , le recouvrement des amendes attribuées au fisc, le payement des dîmes , et d'abolir les péages illicites , de réformer les coutumes abusives , et d'appeler la rigueur des lois sur les fauxmonoayeurB et sur les psuriers^ ete.

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