CLIGNE
Gavaret, {^entillionime bordelais, dont la vie otïre un exem{}le fra|)pant des mSora» atroces du seizième siècle.
Elevé dans la religion réformée, mais
secrètement converti, il avait annoncé qu'il ne voulait rentrer publiquement dans l'église romaine qu'après avoir donné une telle preuve de son zèle, qu'on ne pût plus douter de lui. En lâ84 , il se mit à la solde de Philippe II, qui cherchait à faire assassiner le rot de Navarre , son ennemi déclaré. Un cheval de grand prix lui avait été envoyé pour accomplir le coup de main auquel il s'était engagé. Sachant que Henri se rendait à Gontaut avec trois écuyers seulement, il vint à sa rencontre. Ce prince, qui soupçonnait ses mauvais desseins, en le voyant approcher, se prit à louer l'allure die son <»ieval , et il lui fit demander de le lui laisser éprouver. Gavaret n'osa refuser cette courtoisie, et dès que le roi de Navarre fut en selle , il déchargea les pistolets qu'il trouva à à l'arçon, puis rendit le cheval, en avertissant le Gascon de ne plus s'approcher de lui. Gavaret, humilié, tenait cependant à donner la preuve de sa sincère conversion. Il invita à dtner dans son château im vieillard, son tuteur, qui lui avait servi de père, un jeune homme, son ami intime, et le plus agréable chantenr de la province ; enfin dix au* très drs plus notables habitants de Bordeaux, tous de la religion réformée. Au dessert, seize meurtriers se précipitèrent dans la salle , et tuèrent sous ses yeux ou lui amenèrent , pour qu'il les expédiât lui-même , le vieillard et tous les convives, à la réserve du chanteur. « Je veux t'entendre chanter encore , dit-il à celui-ci ; mais choisis ton air le plus triste. » I.e jeune homme ne put pendant longtemps se remettre de son etïroi , ni retrouver sa voix : pourtant il était persuadé que , du plaisir qu'il donnerait à son hôte, dépendait sa destinée. Il chanta donc, et de la manière la plus touchante... Quand il eut fini : « uest le moment, ait le monstre, de finir cette tragédie , » et il frappa son . ami de deux coups de poignard; après quoi il ût ieter tous les corps dans les lossés du cliâteau. En même temps il se déclara catholique, jurant qu'il n'y aurait désormais personne qui pût douter qu'il y avait haine à mort entre lui et les religionnairesC*).
• (*) D'Attbigné,Uv.Vych. 4>p>4>7«t4i8.
Gavaudan (Jean-Baptiste-Sauveur), acteur bocietaire de l'Opéra-Comique, Qé à Salon, en Profence, en 1772, mérita le surnom de Talma de VOpéror Comique, et eut la ^iloire de balaïu-er longtemps la réputation d'Elleviou. Kn 1816 , qoelquef-uns de set eamarades, trouvant qu il n'était pas assez royaliste, le forcèrent à demander sn retraite. En lâ24, le directeur de rOjpera-Comique, • pour consoler le miMic de la retraite de Martin, rappela (javaudan, dont la ren»
tréo fut une féte pour les habitués de ce théâtre. Il se retira définitivement dans le courant de Tannée 1828.
Le nom de Gavaudan est très-connu dans les fastes dramatiques. Deux de ses sœurs avaient été à TOpéra; une autre avait épousé le j?ompositeur Ga- • veaux. Sa fenime, modèle de grâce et de gentillesse , partagea longtemps avec lui la faveur du public. Sa fille, son neveu et deux de ses nièces ont paru
Ï plusieurs années au théâtre. Son fila, ieutehant d'infanterie à l'armée d'Airt^ que , fut assassiné en juin 1838, non loin de Blida.
Gavea-ux (Pierre), acteur et compositeur de musique, né en 1 764, à Béziers. Après plusieurs années de séjour à Bordeaux, où il s'était attaché au théâtre, il se rendit à Montpellier en 1788, y occupa pendant un an remploi des pro* miers amoureux , fut admis à débuter roinme premier tcnor au théâtre de Monsieur (aux Tuileries), et ût partie du théâtre Feydeau , lors de sa forma* tion en 1804. Gaveaux est mort à Paris, le 5 février 1825. 11 a laissé, outre plusieurs compositions estimées, un grand nombre d'opéras, parmi lesquels on distingue : V Amour fiUed , 1792;' la FamiKc indigente ^ 1794 ; le Peilt matelot , 179.S ; M. des Cfialunieaux , 1806; L'EnJmU prodigue , 1811 ; Ltie nuit au baU^ 1818 , etc. Ce fut lui qui mit en musique les fameuses strophes de M. Souriguières , le Méoeil du Peuple^
Gayi (siège de). En 1635, le conné»
table de Lesdiguières, marchant sur Gènes, assiégea Gavi et sa citadelle, bâtie sur un roc escarpé. Le conseil de guerre trouvait Tentreprise dangereuse, parce que Barberousse avait édioué devant cette place : Eh bien! répeixiitpil froi-
dement. Barbe grise la prendra. Cette plaisanterie rannna les courages abattus; les attaques réussirent, etOavi fut
pris.
Gavotte, ancienne danse à deux temps, dun mouvement souvent gai,
Quelquefois aussi tendre et lent , et ont les pas étaient plus difficiles que gracieux. Une de ses figures consistait à s'embrasser et à se donner le bou>
Set. Mais quelques charmes qu'elle oft aux spectateurs , elle fut abandon* née avec le menuet et toutes ces danses réservées aux amateurs distingués , et qui , comme elle, concentraient l'attention, Tattrait sur un très-petit nombre de dnnseurs. La gavotte est toutefois restée en honneur parmi les paysans de certaines provinces, par exemple, de la Bretagne.
Cayray , gros bourg du département de la Manche, situé à 15 kii. de Gou« tances^ pop., i.838 liabitants.
Le château de Gavray faisait jadis partie du domaine de la couronne, et par sa position conserva longtemps une certaine importance. En 1322, Philippe le Bel y fit enfermer sa belle-fille Blanche, convaincue d*adultère.. Six ans plus tard , cette place fut cédée à Jeanne de Navarre, mère de Charles le Mauvais, qui en fit augmenter les .fortifications; aussi soutint*elIe un long siège contre du Guesclin, qui l'obligea pourtant à capituler. On y trouva, outre les trésors de Charles le Mauvais , trois couronnes d'une grande Tsleur et de nombreux joyaux qui avaient appartenu aux rois de t'rnnrc. Le château, que Ton démantela après sa reddition, fut depuis si complètement démoli , qu'il en reste à peine quelques traces.
Gay-Lussac (Nicolas-François) naquit en 1778 a Saint-Léonard (Haute- Vienne). Au sortir de Tecole des ponts et chaussées, où il avait gagné ralfeotion de Berthollet , son professeur, il parvint à résoudre un des problèmes les plus difficiles de la physique , a déterminer les lois de la dilantioa det gaz. Cet heureux début le Signala tout de suite à l'attention des savants, et , lorsqu'en 1804 il eut exécuté, d'abord avec Biot, puis seul, deux voyages aérostatiques pour étudier les lois du raagoétiiffle, de Téteetcicité «t de la «buaiir
6AY-VBRNON
FRANCE