GAZETTE
« ws y ctMTclifiitt les noms d6il ptédiair
ttetirs, des confesseurs de remnrque.
« Ceux qui n'entendent rien aux niys- « tèrcs de la cour les y voudroiént t trouver en grosses lettres. Tel 8*il a • porté un paquet en cour sans perte «d'iiomnips, ou payé le quart denier « de quelque uiediocre offîce, se fasche « si le- roy ne voit son nom dedans la «gazett<>. D autres y vovdroient avoir «ces mots de nions»'i^'neiir ou de mon- « sieur répétez à chaque personne dont
«je parle Il s'en trouve qui ne pri-
« sent qu'un langage fleury ; d autres qui « veulent que mes rclnfions semblent à
« nn squelette dt'scliarné ce qm m'a
« fait essayer de contenter les uns et les « autres.
« Ce peut- il donc faire (mon lecteur) « que vous ne me [)laigniez pas en «toutes ces rencontres? et que vous « n'excusiez point ma plume si elle ne « peut plaire a tout le inonde en quelque « posture qu'elle se mette? non plus que « ce paysan et son lils, quoycpi'iis se « missent premièrement seuls et puis «ensemble, tantost à pred et tantost « sur leur asne. Kt si la crainte de des- « plaire à leur siècle a Ciupesché plu- « sieurs bons autheurs de toucher à « rbistoire de leur âge , quelle doit estre « ta difliculté dVscrire celle de la se- «maine, voire du jour mesme où elle «est publiée! JoigUfZ-y la brièveté du «temps que rimpatience de nostre hu- « meiir ne doime, et je suis bien trompé «si les plus rudes censeurs ne trouvent « digne de qiiel(|ue excuse un ouvrage « qui se doit faire en uuatre lïeures du «jour, que ta venue des courriers me « laisse tontes les semaines pour assem*
« hier, ajusteret imprimer ces ligne.»
«En une seule chose ne ccderayje à « personne, en la recherche de la vé- « rité, de laquelle néantmoins je ne me « fay p!^^^ garand, etc. »
Rien ne manqua d'ailleurs à la vogue du premier journal. Des son apparition, une estampe, aujourd'hui conservée à la bibliothèque roy.de, représenta allégorifiLH inciit la Gaz,ftte assise entre le MetiHonge 1 1 la / éritéy Renaudot écrivant, tandis qu'un quatrain gravé en marge lui prête ces paroles :
Millt) peuple» divers |Mrl('tit d»- mon mériK; J« cours dau» tout 1m lieux, d« «• vute uuWcn}
Mon «ceptre fait rrp-nrr rl T.i prose et I«-s vertt Et pour 111011 tioiiii sKui 1^ terre est trop petite;
le crieur de la Gazette ^ avec son panier de numéros, demandant à Thistolien
des emplâtre
Poar nourrir Ir» cmcers des cerveaux curieux. Ces bedux contes rarcli-!' de uns faux deini-dieax*
Don! pour notre profil tes fous sont idolâtres;
les cadets de la faveur disant à l'oreille du fondateur de la i^iresse, qui les écoute à peine :
Vous anrei de notre or en nous faisant faveur { DiMs que nos grands coup» font dos Mars disjMratUCi
enfin, les diverses nations , Castillans,
Intliens, Italiens, cavaliers, piétons, etc. . apportant des nouvelles, et remettant des lettres à la uouvelle déesse.
Comme Renaudot jouit de la faveur de Mazarin au moins autant qu'il avait joui de cplle de Ricbelieu, les p;triii)hlets de la fronde n'épargnèrent pas le fjazeiiery décoré en cette qualité du titre d'historiogr.ipbe de France. Et pourquoi pas histo! it)i:r,iphe? Beaucoup d'autres avant lui avaient été nommes à cette grave fonction, sans s'être crus obligés de laisser à la postérité la moindre œuvre historique. IN'etait ce pas un travail bien méritoire d'enregistrer chaque seniaine
Les niorls. les mariages, L'bisinire du iiionieiil. Ie% 8|>eclacles du soIr» Les leçons de pbyitique, et le prix des £earr«f«»^'
Bt des livres et des fromages, lit lenipS qu'il fit \a ve:lle. un | m iiin nWII»— i, • Le.* querelles sur la iiuisUpie,
Kl \u y [H li^e fl 1^ reiilitju^
Kt l.è se^iiice acadiMHique,
El puis le coinbai du lanNin»
La satire et rrpilbalaioc »
On trait de bienfalNauee aupr^ d'à ne épi ^'ra mine, El le cours dfs t-fFris, fl 1j ihuir «l'un draine. Le cliunge^ le marclie, la couli>se, les arts» Scellés, mutations, dumicile^, reniparls»
Les scieuces, le» prix, les veuts et les orages, Labeun «t let csufi frais, I» tout «a quatre j âges ? (La Harpa» Holièrai ta aonvclta lalla.)
Peu touchés de la difficulté et de l'importance de la mission que leur confrère s'était imposée, les médecins Jaloux l'accusèrent de trafic et d'usure, et surent le réduire à l'exploitation du
firivilégede son journal. A|)rès sa mort, a Gazette, toujours lidele à son mode de publication , appartint à son lits Isaac, premier médecin du dauphin, mort en 1G79; ensuite, au non moins célèbre £usébe Renaudot, mort en 172}); eolin,
CACÉfTÉ
«BBKl-AL-fBLL
la doyenne de nos feuilles périodiques se soutint jusqu^à nos jours.
Du rrste, la concurrence n'avait pasf tardé à laïuer dans le public un assez grand nombre de feuilles périodiques :
tel fut le Mercure galant, entrepris par Visé en 1673, et qui donna lui-même naissance au Mercure de France, publié depuis 1721 , et au Mercure français de 1792. Un autre Mercure, peu garant, mais historique et politique, na^ quit en 1686, avec la co laboration de Sandraz, de Coiirtilz, de Bayle, etc., et ne mourut qu'eu 1782, léguant son titre à une foule d'antres journaux.
La censure sévère à laquelle était soumise la feuille des Rrnnddot avait même fait ima-^iner, des le remie de Louis XIV, les gazettes a la main, qui S*expédi(iient de Paris dans les provin* ces, et se trouvaient, dit Ménage, remplies faussetés. On sait (jue, dans le dtx-tuntieine siècle, la société de madame Doublet continua et perfectionna Fusnse de Cfs nouvelles ou feuilles manuscrites, ^rand sujet d'inquiétude pour le gouvernement.
K'oofoKons pas de mentionner une espèce de gazette manuscrite assez ori« ginale, qui commefjça à se répandre le 4 mai 1650 : ce sont les Lettres en vers à mademoiselle de Longueville. Le rédacteur était le poète courtisan Loret.
Celui ci recueillait et narrait en vers
chaque semaine
Les bruiU qui courent quelqoefoif ^nol l« eodr «c kg boiirgvoi» ;
€Dh outre, il profitait
De* billota 4iTm'
8oe pour discoarir dans m ▼ e ng«B g«ns prtMttm l« |i«iiie De ttù fooniir chaque wi
Tous ces on dit et nouvelles, affublés de rimes et mis en forme de lettres, il les décorait d'un titre plus ou moins bizarre, tel que la Séduisante, la Sévère, la Longuette, P Intempérante ^ etc., et il en amusait sa bienfaitrice et le cercle fort rétréci de l'hôtel de Longueville. Mais quelques indiscrets ayant lait faire d'antres copies de ces vers, rnuteur volé résolut de les imprimer et d'en tirer profit en les envoyant à un certain nombre de seigneurs. Ainsi, après deux ans d*existenre, la Casette owrleeque de Loret parut imprimée pour
la première fois le 29 décembre 1652.
Le tirage en était loin de Timmense développement qu'a pris celui de notre presse quotidienne, car riuiprimeur, i!
nous le dit, devait
()l)s«Tver celte loi De n'rn tirer cba(|tie semaine Qu'une unique et seule douzaim.
Tant pour mm amis que pour «Un»
Après cela point de copie , Bu dÂt-oii avoir la pépie.
Depuis cette époque, les feuilles de Loret parurent régulièrement tous les samedi^. Kn 1663, la première année de son renuMl fut réunie sous le titre plus preteulieux de Muse historiyue.
Les quinze années de sa publication for* ment trois gros volumes devenus asse^ rares.
Quoique fort bizarre sous le rapport du style, la gazette de Loret est précieuse à consulter pour une foule de faits particuliers, d'usages , de nouvelles de ville, de cour, d'événements étran-
Î;ers, d'anecdotes comiques ou scandaeuses. La politique même se glissait dans ces feuilles légères; car le parlement, qui s'offensait peut être diî la façon triviale dont le poète iulerprétait ses actes, lui défendît
lyéerîM polHtqiwaiMt,
ce dont il fit ses doléances à mademoiselle de Longueville, en lui disant :
Ke seruut j)lus tjue des sdrnelles.
L*exemple de Loret ne resta pas sans imitateurs, et son journaf fut continué
par du l.aurens et Hauteville.
Le titre de gazette s'est mainten?!
dans la presse depuis l'année 1631 jus-
3u'à notre temps; il a même continué à ésigner des journaux pour la plupart enfermés dans le cercle des Vieilles doctrines.
Gebel al-Tell (affaire de). Dans les derniers jours de septembre 1798, les i;énéraux Mnrnt rt rattusse marchèrent ensemble, avec 000 hommes, contre des bandes arabes postées sur la banteur de Gebel-al-Tell , dont la base était baignée par le Nil alors débordé. Nos braves escaladèrent en un iiistant la montagtie, mirent Tennemi en fuite, et, pour le poursuivre, ne balancèrent pas à s*avancer l'espace d'une demi* lieue avec de Teau Jusqu'aux aisselles ou
6ÉBORA L'UMYEHS. GBISBERG
de la vase jusqu'à la ceinture. On ne
put atteindre qu'une partie des Arabes, qu'on tailla en [)irces; les autres s'échappèrent, mais abandonnant leur camp , leurs bagages , et de nombreux bestiaux.
GÉBORA (bataille de la). Au commencement de Tannée 1811 , Soult, maître de toute rAndalousie , Cadix excepté , laissa devant cette place une partie de ses troupes, et, voulant donner la main à Masséna en Portuiial , marcha avpc le reste surTEstraniadure. Mandizabatl et la Correta qui occupaient cette province avec 7,000 nommes d'infanterie et 2,000 chevaux, ayant été battus en plusieurs rencontres , allèrent, vers le 10 février, établir leur camp derrière la Gébora, sur les hauteurs qui dominent le cours de cette rivière. Cette position, où !e fort San-Christoval protégeait leur droite , était excellente par elle-mênie,et leur permettait en outce de communiquer avec les places portugaises d'Elvas et de Cam-
f)o-!Mayor. Soult se prépara bientôt à es y attaquer; mais comme ils avaient détruit les ponts et que la Gébora s*était répandue dans les terres , ce tut le 18 seulement qu'il parvint à passer de rinfanterieet du canon sur la rivedroite. Les Espagnols, ^ur échapper aux obus que les Français lancèrent dans leur camp par -dessus la ville et le fort de San-Christoval, furent contraints de porter leurs tentes à plus de douze cents toises vers la gauche, hors de la protection des feux du fort. Le lendemain, 19, de grand matin , le reste <les troupes françaises effectua son passage malgré la Vitesse du courant, et bien qu*on tût de Feau jusou'à la ceinture. Dès
2ue les colonnes turent formées, Soult onna ordre au général Latour-Maubourg de se porter avec la cavalerie sur J'aile gauche des Espagnols « tandis que le général Girard, avec le gros de l'infanterie et deux baturies d'artillerie légère , se dirigerait sur ia droite , gagnerait la hauteur pour se placer entre eux et le fort , puis se rabattrait sur leur centre. Cette double manœuvre s'exécuta avec autant de rapidité ^ue de précision; la déroute devint générale, et les chefs donnèrent l'exemple de la fuite. Toutefois , outre 900 morts que les Espagnols laissèrent sur Je champ de ba-
taille, les Français firent 5,200 prisonniers, dnnt 350 officiers; de plus, ils recueillirent 6 drapeaux, 17 pièces de canon, et 20 caissons. Leur perte ne s'éleva guère à plus de 400 hommes tués ou blessés.
GÉnOYN (Nicolas), né à Orléans, d*uue famille noble, en 1667, fut jésuite pendant dix ans , rentra dans le monde avec les agréments d'un homme d'esprit, connut Ninon et Voltaire, obtint néanmoins un canonicat de la Sainte- Chapelle en 1701, fut reçu à l'Académie des inscriptions en 1711 , à T Académie française en 1719, nommé à l'abbaye de ÎS'otrc-Danie de Beaugency en 1732, et mourut en 1744. Il a écrit des Traductions de Çutntilten, de Pansanias^ des OEuores diverses , etc.
Geisbkrg (bataille dii\ Après leurs premiers succès dans les \osges, en décembre 1793 , les années de la Moselle et du Rhin , qui combattaient pour débloquer Landriii, s'avancèrent de concert contre Wurmser. Hoche, à la téte de ses troupes réunies, marcha a la rencontre de rennemi sur trois colonnes; la droite de l'armée du Rhin , aux ordres de'Desaix, assaillit Lauterbourg et l'emporta ; la division Michaud se dirigea sur Schleîthal ; celles de Ferino, Hatry et Taponier, réunies au centre, n^archèrent sur le Geisberg et Wcissembourg, tandis que les divisions de l'armée de la Moselle durent tourner ia droite des Prussiens par les gorges des Vosges. Les alliés n'étaient nullement en mesure d'accepter une bataille défensive sur la droite de la Lauter. L'avant-garde de se|>t bataillons et seize escadrons autrichiens se trouva néanmoins engagée entre Schleithal et le Geisberg (25 décembre 1793); tournée par sa gauche , elle se rejeta sur cette hauteur Les Autrichiens ne tenaient déjà plus dans cette forte position. Les divisions Taponier et Ferino Ljiavissaient les redoutes au pas de charge, et Tarmée prussienne é^it perdue sans ressource si elle ne parvenait à rétablir ses conimunicatioris avec la droite de Wurmser. Brunswick voyant l'imminence du danger, prit avec lui une
Tli>toire dos guerres de la révolution ^ par Jouùui, U lY, p. 175.
«BISBlfFBLl»' FRANCE,
fiBLÉÉ
brigade prussienne, et, rejoignant d'une course rapide les luiit bataillons autrichiens de Wartensleben , il leur oom-' muniqua sa résolution, et revint avec eux contre les hauteurs de Roth. I.a division Uatry ne peut résister à la vigueur du premier choc et cède un moment à 1 impétuosité de Brunswick, Hofhe y conduit à son tour les brlgadfii de Letebvre et de Taponier.
Cependant Brunswick oppose un obstacle invincible aux divisions oui Tas* saillent. Ses bataillons et ses bagages se replient sur Weissenihourg, sous la protection de l'arrière-fiarde dont sa présence soutient le courage. Brunswick et Wartensleben y laissent la moitié de leurs soldats; niais ils sauvent le reste de Tarmée, et ne se replient eniin que lorsqu'ils n*ont plus à sauver que les débris de leur colonne. « Toute la ligne ennemie fut enfoncée. Hoche, Ferin et Taponier entrèrent dans Weissenibou rg, et la forteresse fut débloquée le 28 décembre •
Geisenfbld (combat de). L'armée de Rhin et Moselle, ayant passé le Lech , s'avani^a, en 1796, dans la Bavière sans éprouver beaucoup de résistance. Les générau.x autrichiens cédaient le terrain sans le disputer; leurs manœuvres indiquaient de Tincertitude sur les vues ultérieures de Moreau , et peut-être la pensée de rengager dans l'intérieur de I Allemagne. Craignant de se compromettre même f)ar de nouveau.x succès, Moreau demeura statiounaire ; les Allemands manoeuvrèrent alors pour lui fermer le chemin du Tyrol et couvrir Ratisbonne. Le général français , mal instruit de ces dispositions y> tachait de découvrir le point oi^ l'ennemi pourrait être attaqué avec avantage , et faisait ses efforts pour couvrir sa droite, quand les Impériaux tombèrent inopinément, le l**" septembre , sur son avant-garde à Geisenfeld. Elle fut d'abord repoussée; mais les troupes détachées de l'aile gauche revinrent , chassèrent la cavalerie autrichieime. L'infanterie légère , postée dans le bois de Geisenfeld , avait soutenu le premier choc avec une intrépidité qui donna le temps à la cavalerie
(*) Campagnes du Nord , par Yiennet ,
de réserve de monter à cheval, au corps de bataille de s'avancer. Le combat s'eugagea très-vivement surtout entre Langenbruck et Geisenfeld. Le général Latour fit avancer, à travers des prairies marécageuses,' sa nombreuse cavalerie ; elle se déploya {)our fournir une charge générale sur notre gauche. Les généraux Desaix et Beaupui , s'apercevant de ce mouvement , firent avancer aussitôt une compagnie d'artillerie légère , un bataillon d'infanterie et trois régiments de cavalerie. Cette manœuvre se fit à l'abri d'un rideau qui en déroba la vue aux. Autrichiens. La cavalerie allemande , voyant seulement quelques pelotons épars avec une faible artillerie, marcha au combat avec audace, sans être même arrêtée par quatre pièces de canon tirant à mitraille. Elle chargeait cette batterie avec la plus |;rande valeur; mais quand elle en fut a viuizt-cinq pas près de la crête de la hauteur, le l'*^ régiment de carabiniers, se montrant tout à coup, la chargea de front avec tant de vigueur, que cette cavalerie , deux fois plus nombreuse que celle des Français , fut Jetée en désordre dans les marécages des prairies.
Le 6* de dragons et le 8*" de chasseurs , la prenant en même temps en flanc, Tempêchèrent de se retirer par les chemins qu'elle avait suivis, et la forcèrent de dénier en partie devant un bataillon de la soixante-deuxième ; elle y éprouva une grande perte, et laissa plus de 200 chevaux sur le champ de bataille. Le succès de cette charge décida celui -de la journée.
Gëlde. Voy. Communes.
Gelée (Claude), dit Lorrain, naquit en 1600, de parents povres, au château de Ghamagne, près de Tout.
Comme il n'aj)prenait rien à l'école, on le mit chez un pâtissier, où il ne montra guère plus d'intelligence. Orphelin à 13 ans, il se rendit à Fribourg, oùson frère exerçait la gravure sur bois. Celui-ci lui âonna sans succès quelques leçons de dessin. Kmmené ensuite à Rome par un de ses parents , d'autres disent par quelques aventuriers de son âge, Claude s'y trouva en quelque sorte perdu, ne sachant presque rien taire, et n'ayant pas la moindre connaissance de la langue du pavs. Il était sans asile,
lorsqu'on lui offrit dVntrer an service d*iin peintre nommé Augustin Tnssi.
L'artiste cherchant à tirer tout le pnrti possible de Claude, qu'il ein^)lovuit aux soins domestiques les plus vils,' !ui enseigna les premiers éléments du d<*ssin.
Le pauvre Claude , avec son întellig-nre bornée, eut une peine inlinie a profiter de ces leçons. Cependant, il y prit fioùt peu à peu. Vers cette époque, (jnelques paysages envoyés de Naples à Rome par Gof'fredi Wals, élève de Tassi, ai hevcrent de lui dessiller les yeux. Il sollicita la faveur d^étre admis au nombre des élèves de Wn's, restn d ins son atelier, et revint ensuite chez TaSii. Une étude constante, opiniâtre, lui avait révélé tous les secrets et de la nature et de Fart. A IMi^e de 35 ans, il commença à tirer pnrti c]p ses ouvrages , et 5 les voir recherches ; et , dès lors , sa fortune et sa réputation grandirent rapidement.
Les princes romains, les cardmaux, les artistes les plus distingués, le Poussin lui-même, rendirent hommage à son génie, et recherchèrent sa personne non moins gue ses ouvrages. Les papes Urbain VIIÏ et Clément IX lui accordèrent une bienveilhniee parliculiere. Il mourut le 21 novembre 1G82, laissant une grande fortune, et un nom aui sera toujours célébré oomme celui du pre* Ipier paysniiiste (lu monde.
Les tableaux de Claude Lorrain sont dissémines dans les galeries souveraines et chez les riches seip;neursdeRome et de l'Angleterre. On cite partieulièrenient ceux des palais Altieri . Colonfia, Doria, et les sei/.e que possède la galerie du Louvre; Ce qui caractérise surtout le talent de Claude Lorrain , cVst un coloris adminble. Il semble avoir pris la nature sur le fait, et il est arrivé à rendre les effets les plus brillants du soleil, le vague de Thorizon, le cristal des eaux, sans avoir recours à ces oppositions heurtées, à ces moyens prestigieux, ressource ordinaire des peintres modernes. Aujourd'hui ses toiles se vendent au poids de Tor. On en a vu de payées jusqu'à 7 > et 80,000 francs. On nVstunait pas à moins d'un demi-million les deux Claude Lorrain qui se voyaient à la Malmaison, et qui ont passe à l'ermitage de S lint-Pétersbourg. Se^ dessiqsen gr^od nombre, et
ses TÎn^i^-huit eaux-fortes , sont «figale*
ment fort recherchés. Les graveurs frnn( :ns et anglais ont beaucoup travaille d'après Claude Lorrain : D. par- Hère, J. P. Lebas, Vivarès et Woollett sont les plus célèbres.
Gelinage ouGfltivf. r>K coutume, redevance annuelle d'une poule , jadis exigible , tantôt des serfs tenant feu et lieu , tantôt suivant une clause de la charte (rnffranchissement. Souvent aussi la getine était un cens ou un surcens dû par les fonds mêmes, soit au seigneur direct, soit à Tancien propriétaire qui les nvait baillés à rente.
Gence (Jean Baptiste-Mode>te ) naquit à Amiens le 13 juin 1733. La révolution le priva de «on emploi d*archi* viste au dépôt des chartes. Vers la fin de 1793 , il enira au département du ministère de la Justice, et, plus tard, il fut nommé correcteur en chef à l'imprimerie du gouvernement. Après la restauration, il devint l'nn des collaborateurs de la Biographie nnivcrselle.
Les principales notices qu il a insérées dans cet ouvrage sont cellfs sur Gerson , ]\Tassillon , Montaigne, Poussin, Cl. Saint-IMartin , etc. Outre un assez grand nombre d'articles publiés dans différents journaux, on lui doit encore : Odes phiiosopkîques et sacréea ; NO' tice sur le caractère des éditions ou traductions françaises tes plus reviarquahles de t Imitation de J. C. ; Considérations sur ta question relative à Vauteur de l' Imitation de J. C, imprimées a la suite de la dissertation de Jiarbier sur les traductions françaises deee livre, Paris, 1813. M. Gence soutient dans cet écrit que Fauteur de I*/mifnfion de J. C. est Jean Gerson (voyez ce mot). Son opinion est la plus probable, et il l'a soutenue avec un grand talent de critique et d'érudition. - M. Gence , qui est mort il y a quelques années, a en outre trav aille à la traduction française de Tuuvrage de Micaii sur ritaae amnt ta domination romalne.
Grndarmebte. An seizième siècle, ce nom avnit prévalu pour designer la cavalerie d'élite, connue depuis Charles 'VTIsous la dénomination de Compa»
gnics f/'ordonnance (voyez ce mot}; en même temps, l'institution eUe-méme
GEJfDARiaERIE
avait fini par se modiGer considérablement.Les quinze compagnies créées dans Forfgine furent beaucoup réduites après îe règne de François Enfin , a la
paix dps Pvrt'npps, on ne conserva plus que ips quatre premières, dont le roi fut lui-même capitaine, et quelques autres qui appartenaient aux princes du sang, et en prirent le nom. Tl en restait huit seulement h l'époque de In journée de Fieurus (1690); mais Louis XIV ayant su du maréchal de Luxembourg que le surcès de celte journée était en partit dû à leur cournire, résolut de leur rendre leur ancienne splendeur. Il institua huit compagnies nouvelles, et ce corps subsista ainsi jusqu'en 1788 que Louia XVI le supprima, en ne eonscrvant que la compagnie des geodarmes écoisai9, (Voyez ce mot.)
GsiTDiiRMBBiB DV I.à OABDB. Henri IV vovant la décadenee de la brave milice des anciens gendarmes, résolut de témoigner son estime pour leurs loyaux services en prenant parmi eux deux cents hommes d'élite, destinés à lui former une espèce d'escadron royrd.
Il en donna le cominandeuiefit iumoraire au dauphin, depuis Louis XIII, et la lieutenance au sieur de Souvré (4 février 1609). Mais cette compagnie ne fit partie de la maison militaire du roi qu'à l*avénement de Louis XIIL Ce prince voulut même conserver alors la litre de capitaine des deux cents gen^ darmes. C'est ce qui résulte d'une ordonnance du 9 juillet 1011, commençant ainsi : « Louis, etc., salut : Encore « que les rois nos prédécesseurs aient a accoustumé , à leur avènement à la • couronne, de quitter le titre de capi- «taine des compagnies d ordonnance, « dont ils étoient pourvus , etc., noua « avons néanmoins , de particulière in»
aclinnt'on, comme de plu^^ieurs bonnes '( considérations importantes au bien de a notre service , désiré de conserver «entière, sous nostre nom et titre de « capitaine, celle de deux cfnls hommes "(rarmcs, etc., etc. » Cette compagnie conserva, sou^ ce règne, la prérogative du pas sur les chevau lé^icrs , les mous* quetaires, et même les gardes du corps; mais Louis XIV décida qu'elle ne prinierait plus cette dernière indice. Ce fut lui aussi qui augmenta l'effi^ctif et
l'étatHuajor de ses gendarme!, 4C m
changea le mode de service.
Le capitaine seul restait en fonction toute raonéa. Le reste de la eompagnie servait par quartier, accompagnant le roi dans les cérémonies , dans les voyages. Sous Louis XIII , les ofliciers des gendarmes disposaient , moyennant finance, des places vacantes dans la compagnie. Ils perdirent ce privilège en 1C64.
A la pafx de Ryswick, les simples gendarmes furent de nouveau réduits
a deux cents, et depuis ce nombre resta le même. Toutefois, ils eurent toujours à leur suite un ^raud nombre de surnumérairea, aoUJet en temps de guerre comme le reste de la compagnie. Ln solde devait ne pas être indispensable à l'entretien de l'individu qui demandait à entrer dans eette milice.
L*uniforme était d'écarlate , chargé d'agréments et galons d'or sur toutes les coutures ; les parements étaient de ydoursnoir; les armes, Tépée et le pistolet. En teu^ps de guerre seulement» on y joimiait des carabines rayées.
Les étendards cous stâîeiit en une
Sièce de satin blanc, relevé en broderie *or , et où- figurait comme devise une foudre avec ces mots : Quo jubet iraf ns Jupiter. Au retour d'une campagne, les gendarmes avaient, comme les chevau-légers , la prérogative de déposer leurs étendards dans la ruelle du lit du roi, leur capitaine.
Une même ordonnance, datée du 30 septembre 1787 , supprima ces deux compagnies. Elles furent rétablies ensemble, par ordonnance royale du 15 juin 1814. Les gendarmes de ta garde formèrent alors une compagnie de deux escadrons, ou quatre brigades. Leur uniforme était : Habit rouge, collet, parements et revers noirs , galons d'or sur les parements, les reverset les poches de riiabit, épatdettes et aiguillettes en or, casque orné de Tancieune de v ise de la compagnie, bottes à l'éciiyère, manteau blanc. Pour armes, ils portaient le sabre et les pistolets.
Ils furent supj)rimés par Tordonnance du l*"' septembre ISi.'i.
Gendarmerie de police. Ce corps, connu avant la révolution de l7Sii sous le nom de maréchauuée, prit le nom
«80 «ÉXÉALOGISTB LlTTaVERS» «ÉHÉRAL
gendarmerie nationale y le 22 décembre 1790. Elle formait alors un total de ô.3!>0 hommes, ofticiers compris.
Cet effectif s'augmenta snocessiTement par la création de nouvelle brigatdes* Aujourd'hui il comprend ;
La gendarmerie d^parlementate à piinl. . %8o9 h*
Ln f^Piidiiniiprie départementale à cberal. s>9'* priitlarineri« <rAfri<|iie. .»,,,.,,,,, , -joS La geiiiiariiiiTiR coloniale. , •»«.•... 4^6
La i;urJc municipale de Pan» 3»a44
La iMtaiUoii des voltifMuei eefm 4»s
ChaciniP des vingt-cinq léiiions de la geudarmerie départementale est divisée en compagnies , lieutenances et brii^ades. Le colonel ou lieutenant-colonel chef" de lu légion siéiie au chef-lieu de la légion; le chef d'escadron commandant de compagnie , au chef-lieu d'un département : chaque brigade, composée dr six hommes à pied ou de cinq hommes à cheval , fait le service d'un canton.
A ramée, la gendarmerie remplit
des fonctions analogues à celles qu'elle
exerce dans l'intérieur. Le détachement qui accompagne les troupes en marche est commandé par un colonel grand prévôt, et subdi?isé en divisions de trois hrigades, sous les ordres d'un lieutenant prévôt (*). Les gendarmes, en campagne , repriment l'indiscipline des troupes , reçoivent les plaintes des habitants, etc.
Par son personnel et son organisation, la gendarmerie est sous la direction du ministre de la guerre ; sa participation à ta défense de l'ordre la met en rapport avec le ministre de l'intérieur; elle ressortit ati ministre de la justice pour l'exécution des règleoients de police , et de celui de la marine pour la surveillance des gens de mer et le service des ports et arsenaux.
GBNB4L06I8TB de Ftonce ou det ordres du roi. Cétait un officier chargé
de dresser les preuves de noblesse de tous les chevaliers des ordres et de toutes les personnes nobles qui voulaient être présentées à S. M. Le généalogiste de to maison du roi avait pour fonction
^ (*) Ordonnance du 3 mai t83a sur le set' viee dei uméM en «iapagiM.
d'examiner les preuves de noblesse de ceux (]ui aspiraient àétrepagesetécuyers de la grande et de la petite écurie. Cette charge fut créée en 1648. Le titre d*Aistoriographe de France était ordinairement joint à celui de généalogiste. Les d'Hosier, les Chérin , etc., ont illustré ces charges créées par la vanité humaine.
GÉPîKBRARD (Gilbert) , archevêque d'Aix, né vers 1537 à Riom en Auvergne, prit l'habit de bénédictin de Cluny, et vint étudier à Paris. Il fut reçu docteur de la maison de Navarre en 15G3, et devint professeur en langue hébraï-
âue au collège royal, en 1566. Générard se déclara pour la ligue, et la soutint de tous ses efforts. En 1592, Grégoire XIV, à la sollicitation du duc de Mayenne , le nomma à l'archevêché d*Aix, dont il ne prit possession qu'en l.')93. Avant cette époque, il avait publié un Traité des élections , qui , dans la suite , lui causa de graves désagréments. Il y soutenait les élections des évêaues par le clergé et le peuple, contre la nomination du roi (Paris, 1592, in-S"?. Le parlement d'Aix lit brûler le livre par la main du bourreau, et bannit Fauteur du royaume , avec défense d*y revenir, sous peine de la vie. Oa lui permit pourtant d'aller finir ses jours à son prieuré de Semur, en Bourgogne.
Il y mourut en 1597, à 60 ans. On mit ce vers sur son tombeau :
Urna capit cincres, nom^ri non orbe tenelur.
Saint François de Sales se glorifiait d'avoir été son disciple. Les plus connus de ses ouvrages sont : une Chro»
nologie sacrée, in-8", ouvrage qui peut être lu encore utilement aujourd'hui ; un savant Commentaire sur les psaumes (Paris, 1588, tn-fol.); des Traduc- UoM de Josèphe et de divers rabbins ; une édition é'Origéne; quelques écrits polémiques.
Il ne nous reste aucun de ses discours; mais les contemporains parlent souvent de lui comme prédicateur de la ligue. L'Fstoile sans doute n'exagère pas, en le comparant à une harengére en colère , car Génébrard ne se montre pas moins emporté dans ses ouvrages, où il prodigue aux savants qu'il combat les injures et les calomnies.
G£K£AÂL. Le simple titre de général
GJÊNÉBAL
6ÉJfÉEAUTÉ
6Si
ne désignait avant la révohltion et
ne désigne aujourd'hui aucun grade de Tannée française. Ce mot n'est entré dans notre langue militaire que pour y servir de dénomination coni* munp ri tous les officiers qui, par privilège de leur grade, réunissaientsous leur commandement plusieurs corps de troupes , sans eux-mêmes appartenir à un de ces corps. Aujourd'hui, comme sous la monarchie absolue, chacun des officiers qui occupent les trois degrés liiérarchiqiies supérieurs à celui de colonel , savoir : les maréchaux de camp , les lieutenants généraux et les maréchaux, reçoit le titre d'officier général, et, par altréviation, de général. A partir de quelle époque ces officiers supérieurs Furent-ils ainsi qualifiés ? On ne saurait préciser cette date avec exactitude , quoiqu'elle ne remonte pas fort haut, ce ne fut d'ailleurs qu'à dater de 1793 , lorsque les armées firançaises eurent été enfin organisées d'après un système normal, que les officiers généraux remplirent des fonctions bien déterminées , et reçurent des dénominations en harmonie avec la nature de leur service. Le nombre des grades d'officier général fut alors réduit a deux : général de Drigade et général de division. Le titre dégénérai en chef n'indiqua plus qu'une commission temporaire donnée par le gouvernement, et celui de lieutenant général , une autre commission donnée
Sar le général en chef pour le commaiiement d'une paitie de l'armée. L'empire, avec ses tendances monarchiques, réinstitua un connétable, des colonels généraux , des maréchaux , etc. La restauration supprima le connétable; de lus, voulant ron)pre autant que possile avec la république et l'empire , elle débaptisa les généraux de brigade et les génernux de division , pour leur restituer les antiques dénominations, beaucoup moins rationnelles, de marécliaux de camp et de lieutenants généraux. Du reste, elle ne changea rien aux attributions que la république leur avait données : le maréchal de camp continua de commander une brigade, et le lieutenant génial une division. La brigade, aussi, continua d'être formée de deux régiments (les corps d'infanterie avaient déjà perdu sous Tempire leur nom révo-
lationnaire de demi-bri^des) ; la division continua d'en avoir quatre , toujours distribuées en deux origades. La révolution de 1830 n'a fait qu'abolir les colonels généraux.
Quant aux devoirs d'un général , aux connaissances et aux qualités qui lui sont nécessaires , nous renvoyons le lecteur à une autorité bien oompétente sur cette matière , à l'empereur luimême. Tout ce que Napoléon pensait à cet égard, on le trouvera dans un excellent travail de M. Damas Hinard , déjà dté par nous , et intitulé : Napoléon, ses opinions et jugemenUsur les hOMmes et les choses (*).
GÉNÉRAL d'obdbe , supérieur ou chef d'un ordre religieux répandu dans plusieurs provinces « dans plusieurs royaumes.
Les pouvoirs de ces supérieurs étaient limités en France par les libertés de l'Église gallicane et les lois du royaume. Quant aux généraux étrangers, les cours souverames s'attachèrent toujours à diminuer leur influence, leur juridiction, sur les religieux français.
GÉNÉRALITÉ , étendue de pays qui formait le ressort d'un bureau de finances. Il y avait dans le royaume, en 1789 , 82 généralités, la Corse comprise : Aix, Alençon, Amiens, Auch et Pau , Besançor», Bordeaux et Rayonne , Bourges, Caen, Châlons, Dijon, Grenoble, la Rochelle, Lille, Limoges, Lyon, Metz, Montauban, Montpellier, liloulins, Nancv, Orléans, Paris, Perpignan, Poitiers, Kenties, Riom, Rouen, Soissons, Strasbourg, Tours, Valeociennes, rile de Corse. Chaque généralité était subordonnée à un magistral qui , sous le nom d'intendant, administrait la justice, la police et les finances. Il y avait aussi dans chacune deux receveurs généraux alternativement en exercice. Les receveurs des tailles leur remettaient les deniers qu'ils avaient levés, et ceuxci les versaient dans le trésor royal. Les Itérantes étaient divisées en pins ou moins d'elei*tions, et les élections «n paroisses, dont le nombre variait. Voyez Fbaiscb (divisions géographiques et administratives de la), Elections, INtbudants, Recsybuas gbiibba.i)x.
(•) Tome I, p. 5i8 et suiv.
689 éinimm L*UNIVEBS. MÈMM»
Gb^bbaux de FAÀriCB* Les roys ée Franœ font par ebacon an estât 9e tout leur revenu, tant du domaine, ay-
des et tailles , que d'autres choses extraordinaires; et lors nynnt veii n qiioy tout se monte, font un projet de leur d é pense, puis commandent aux quatre généra H T de France ce qu'ils veulent esfre référé sur le peuple. Quant au temps de la création de ces quatre généraux, je n*eh ay pu rien savoir; mais bien sçai'Je qa*i» ont telle puissance sur les receveurs des aydes et tailles, que les trésoriers sur ceux du domaine, et mesmes prérogative^? sur les quatre trésoriers (*). »
Henri II fit monter le nombre des généraux des finances à seize, afin qu'il y en eût autant que François I" avait établi de reoeveors généraux.
On réunit ensuite aux charges de trésoriers celles de îzénénHix des finances, et leurs départements lurent appelés généraHiês. (Voyez ce mot.)
GSRÉBAUX DE LA JUSTICE DES AI- DES. — « Après- fjfie les roys de France, dit Vincent de la Loupe dans son Livre des dignités de l 'rance (**) , eurent augmenté les limitps de leur royaume, reluy qui régtjoit en mil trois cent octaiitp, voyant que tant de parle- /nents, baillils et lieutenants ne sutlisoient à ju^er les procès qui estoient entre ses sujets, éleut quatre notables pprsonnajçes (pour deux fîpsqnels sont nommez l'évesque de Senlis et I abbe de Saint-Éloy de JNoyon ) , les establissant à faire droict et justice civile et crimif nelle, suivant les ordonnances pul)liées, sur le fait des aydes et tailles, lesquels furent appelez généraux de la justice des aydps. Cette petite compagnie fut continuée jusques à tant que les procès creurent, au moyen desquels furo it adjoustés trois conseillers ; et en ce mesme temps fut institué un advocat du roy avec un procureur général , et quelque temps après un évesque de Limoges fut fait président , auquel succédèrent plusieurs autres éve.s(pies juscjues à un
(*) luirait du Uvre des d'tgnitez de France, ptr TinwQt de la Loupe, publié en i564. (Vov. Arcli. ciir. do l'Iiisioirede T'iance, par Daiiiou, 4^iuièi9Q iérie, \, IV, p, ^79 %\ auiv^
évesque de Thérouenoe, «^rès iequ^l n'a esté pounreo «Taucnne personne eo-
^ clésiastique audit estât. Depuis leur fut
adjousté un second président , et puis loiiiitomfis après fut ceste compajînie augmentée de cinq conseillers et d'un second advocat par le roy François, ainsi que le roy Ilenry mnmtenant régnant leur a donné encore une autre compagnie composée de deux présidents et de huict généraux. Il y a à Rouen et à Montpellier deux autres cours de généraux qui ont pareille authorilé que celle qui est à Paris, de laquelle nous parlons icy. »
GÊNES (hataille navale de). En 1638, après la défaite de Fontarabie (voyez ce mot), revers honteux et sanglant dont Grotius parle dan2> ses dépêdies cx)mme de la plus grande tacbe imprimée depuis longtemps à la gloire française, Richelieu reçut une firande consolation, une nouvelle heureuse pour lui et pour la France : le marquis de Pontcourlay, neveu du ministre, battit le 1^' septembre, devant Gènes, une flotte espagnole chargée de troupes de débarquement.
Ce combat , un des plus itonurabies de la marine française , fut livré entre forcées égales. Chaque escadre se composait de sept galères. « Ils s'eutrechoisirent si à propos, dit une relation couteiiiporaine (*), et s'appi-ocbèrent en sorte que ni les uns, ni les autres ne ûreiit jouer leur canon qu'après s'être joints et connne attaehés par leurs épero/is, après avoir lait charger quelques canous de balles de mousquet, ce qui fit Tabord très sanglant de part et d'autre.
n Kntre la capitane de France et celle de Sidie, depuis qu'elles eurent leurs éperons enferrés Tun dans Tautre, le combat dura plus d'une heure, et ne finit que par la mort du capitaine don llodriguez de Velasquez.... Les autres en firent de même à coups de canon et de mousquet tirés à brule-pourpoînt , tant la mêlée fut furieuse et les galères proches. Knfiu la victoire se déclara pour nous, et les ennemis, voyant leur
(*) Voyez la Correspondance de Sonrd'is , t. Il, p. 79 et suiv. Cet onTro^e, déjà dté
à rarli' U' l-'oNTAHABiE , f;iit partie des Dociiriieiil.s pour servir à rhisloire de France, publiés Dar le$ «oins du mmi#M^ de l'ia»truc-
ti0i pAiif ue^
GÈNES FRi
eapitane prise et Tétendard de France firooré en place du leur, fuirent en désordre vers Gêjies, nous ayant, en récompnse de trois des nôtres, laissé six ées Um et 800 prisonniers.
« Dnns ce combat, les forçats mêmes y devinrent bons et affectionnés soldats ; aucuns desquels ayant demandé des annes , aidèrent à la victoire. Rn considération de quoi , au mois de no* vembre, on donna la liberté à six de chaque galère. »
ûâiiBs (département de), réuni à Tempire français en 1805 avec les deux autres départements formés dans la Lignrie. Il avait pour bornes au nord les départements italiens de TAgogna ft de roiona, à Test ceux do Taro et des Apennins , au sud la mer, à Touest ceux de Montenotte et de la Sésia. Soa chef-lieu était Gènes.
6Ém (relatioiis de la France aveo).
Les premiers rapports entre notre pa* trie et la ville de G<^nps dotent du commencement du douzième sià le, et en- IBore ne furent-ils pas entunés par la France proprement dite, mais par les croisés d'Orient. Au mois d'nortt de i-année 1100, les Génois envoyèrent 28
Saléres et 6 vaisseaux avec dés troupes e débarquement. En récompense de leurs services, Baudouin, roi de Jérusalem, et Hoëniond, prince d' Antiorbe, leur accordèrent le tiers de quelques plaoes qu'ils avaient aidé à conquérir et I csonserver, et des quartiers dans plasieurs autres villes.
Ce fut a l'occasion d'un service rendu à des prélats frduçais, que les Génois pssuyèrent, en 13-fl, one sanglante défaite navaln. Ils nvnicnt fourni dos vnisseaux pour transporter à Rome les pvêques que le pape avait appelés dans cette yille pour le concile convoqué eontre l'empereur Frédéric. La flotte génoise fut assaillie, à la hauteur de la petite lie de Mélora, par les Siciliens unis aux Pisans, et fut complètement défaite.
(Voyez Empibb D'ALLBMAeifB , page 234.)
C'était, du reste, la politique des Vénitiens qui réglait celle des Génois, leurs ennemis. L*alliance intime de Venise
avec les r etins de Constrintinople avait nécessairement entraîné les Génois à S'allier avec les Grecs de Micée(t261),
et , peu de temps après , la ^^tale de l'empire d'Orient retomba au pouvoir
de ses anciens maîtres.
Lorsque saint Louis eut pris la croix pour la seconde l^is, H envoya des amnassadeurs aux Génois et aux Vénitiens pour les réconcilier , et pour obtenir d'eux des navires. Venise refu.Na de coneoorir à l'expédition ; les Génois , au contraire, fournirent un Sfoours eonsidérable d'hommes et de vaisseaux. Plus tard, par l'intermédiaire du pape et du roi de France, Philippe le Hardi, les Génois, que Ui croisade avait ruinés, conclurent la paix avec leurs implacables ennemis les Vénitiens.
Nous ne parlerons pas de la guerris qui éclata en 1979 entre les Génois el Charles d*Anjou , roi de Napies et de Sicile. Cette querelle se rattache plutôt à la lutte des Guelfes et des Gibelins, dont nous n'avons pas k nous occuper ; nous dirons seulement que, au début des hostilités , les Génois donnèrent l'ordre à tous les Provençaux de sortir sous quarante jours du territoire de Gènes , et qu'une expédition, tentée dans 1,1 Tiiniirip pnr le sénéchal de Provence, échoua romplétemefit. L'animosité des Vénitiens et des Génois leur faisait toujours embrasser des partis contraires.
Ainsi, lorsque Charles de Valois voulut, au nom de sa femme Catherine, revendiquer l'empire de Constautinople , les Vénitiens ayant conclu avec lui , le 19 décembre 1306, un traité par lequel ils mettaient une flotte à sa disposition, on vit les Génois s'allier plus étroitement
2ue jamais avec Andronic Paléolo^iie.
lais les projets de conquête du prince français n'eurent aucune suite. (Voyes relations avec I'Rmpirf. latin.)
Lors de la guerre désastreuse de Philippe de Valois contre les Anglais , ee prince prit à son service 30 galères armées par les Gibelins de Gênes et 20 autres armées par les Guelfes de Monaco.
Ces 40 navires avaient été envoyés dans rOcéan, sous le commandement d'Antoine Doria. Les matelots génois, après une année de service, se plaignirent que cet amiral retenait une partie de leur solde. Il s'ensuivit une sédition. Doria et ses capitaines lurent ehassés , et les matelots se donnèrent de nouveaux officiers. Le roi de France , comme on
Digilized by Googk