GÉOLOGIE
l'article Pbison. Par cela seul que les geôliers anciennement avaient Tadminîstration exclusive delapHsoD, et que rien ne s'y ftisait que pair eux ou par leurs ordres, sous leur responsabilité, tout ce que nous dirons sur le régime des prisons devra être attribué à ces fonctionnaires.
Aujourd'hui , nous n'avons plus de geôliers. Les gardiens des prisons s'indigneraient si on leur donnait ce titre; et, il &ut le reconnaître, IntHreeteurs, concierges^ et autres préposés, quelque nom qu'ils prennent,diffèrent tellement, par leur zele désintéressé et leur bienveillance, de leurs prédéoessenr; de Tancien régime , surtout quand ils n'exercent pas leur autorité sur des prisonniers politiques, que nous croyons devoir, malgré 1 identité de leurs fonctions, clore rhistoire des gedliers en 1789. (Voyez Geôlage et Prisons.)
GÉOLOGIE. — C'est le nom que l'on donne à la science qui a pour objet l'histoire de la terre; c'est-à-dire, la connaissance des causes qui ont déterminé sa forme , des matériaux qui entrent dans sa composition , et de l'ordre suivant lequel ces matériaux sont disposés.
Les deux causes principales qui ré-
Sissent tous les faits géologiques sont epuis longtemps connues. Aristote, que Ton regarde à juste titre comme le père des sciences naturelles, avait remarqué l'accroissement raf)ide des dépôts sédimentaires qui se forment aux embouchures des fleuves, et les coquillages que Ton trouve épars sur les
S oints les plus éloignés de la mer et des euves, et il en avait conclu que la formation tout entière du sol devait être attribuée à la seule action de l'eau.
Cette opinion fut suivie par la plupart des naturalistes anciens. La seconde cause , désignée sous le nom de principe igné, parce que ses produits paraissent avoir été travaillés par le feu , fut également considérée comme générale; mais le nombre des physiciens qui lui donnèrent cette «tension fiit moins considérable.
D'autres théories sur la formation de la terre, et même sur celle de l'univers, furent imaginées oar d'autres hommes pour la plupart étrangers à rhistoire
naturelle de notre çlobe; par des astronomes, des physiciens, des chimistes, des philosophes-, mais, jusgu*aux temps modernes, la géologie, qui ne méritait ni ne portait le nom de science, resta bornée à quelques observations isolées, et à des opinions divergentes et discréditées près des esprits droits. C'est à un Français, Bernard Palissy, que cette science doit véritablement son origine.
Palissy, dont le nom mérite d'être inscrit à cdté des grands noms de la France, n'était qu'un pauvre artisan, sans études , appliqué à mouler ces vases de terre aujourd'hui si recherchés comme objets d*art et de curiosité. En courant les provinces pour vivre de son art, il notait avec soin tout ce qui avait rapporta la constitution du sol. Il recueillit ainsi un très-grand nombre de pétrifications; et, vers l'an 1576, il fit a Paris un cours de minéralogie , où il soutint que les formes d'animaux et de végétaux, représentées par des pierres, étaient les restes de corps organisés, qui, le plus souvent, avaient vécu sur les lieux mêmes où on les trouvait. On les prenait alors ()our des ieux bizarres de la nature, et cette opinion était soutenue avec tout le zèle que les croyances religieuses menacées peuvent inspirer; car la découverte de restes organiques dans les couches ïta plus profondes de la terre pouvait donner on démenti formel aux textes sacrés, qui font de la création un événement presque récent.
Ce même seizième siècle vit se produire plusieurs théories sur l'origine de la terre. L'hypothèse de Descartes , suivant laquelle notre planète serait un soleil éteint, servit de base à celle de Leibnitz, la plus célèbre de toutes, et celle qui ifut le plus généralement adoptée. Depuis lors jusqu'au milieu du dix-huitième siècle, on continua beaucoup plus à s'occuper de systeujes cosmogoniques qu'à étudier la composition et la structure de la terre. Parmi tous ces systèmes, il en est un, celui de de Maillet, que nous devons mentionner à cause de sa bizarrerie. L'auteur admet • Popinion que toutes les couches du sol se sont formées au sein des eaux, dont la diminution progressive aurait d'abord, mis à découvert les végétaux marins. GeuzH» seraient derenoa terrestres par
rtS GSOLOfilS LUNIVKRS. fifiOLOAIS
leur exposition à l'air libre, et les poissons, restés à sec sur ces plantes, se seraient métamorphosés en oiseaux, leurs iiniïPdires devenant des ailes et leurs éciiilles des plumes; tandis que ceux qui étaient restés sur les Imuts fonds auraient pris la forme d'animaux terrestres. Ce système singulier, dont il ne faut pas trop se moquer ce{)endaut, parce que, dans certaines parties, il a été soutenu avec beaucoup de science et de génie par Lamarck et , Geoffroy Saint-Hilaire, nous montre 'combien, sous un rapport, la distance est faible entre un réve sans consistance et les vues des grands esprits. Un homme émet une idée que rien ne justifie; d'autres, s'ils ne découvrent pas une des vérités fondamentales de la nature , jettent du moins sur son étude un
fur brillant et nouveau* Mais revenons la géologie véritable.
La divergence des hypothèses et des raisonnements avait enfin amené les esprits à l'étude minutieuse et détaillée de la terre, sen! moyen d'éclairer Thistoire de la formation du globe; mais presque tous bornèrent leurs recherches i Tune ou à Tautre des deux grandes eiasses de faits dont la géologie se compose. Ainsi, beaucoup d'observateurs suivirent presque exclusivement les travaux des mines, étudièrent en détail les phénomènes volcaniques, parcoururent les montagnes nues et stériles, dont la formation est justement rapporiee à une action ignée, et négligèrent les pays de plaine comme peu instruetife , disaientds.On les désigna sous le nom de Iluttonîens, en l'honneur de Hutton, le chef de cette école. Les autres, au contraire, sous Tinfluence du célèbre géologue altonattd Werner, s'attachaient à l'étude ' des terrains formés par voie de sédimentation; ils pareoiiraient les plaines, et exammaient avec soin les dépôts formés par les eaux , à l'action desqueUes ils rapportaient tout. Pendant les longues et vives discussions qui eurent lieu entre ces deux partis, le rôle de nos savants fut celui de la réserve et de la modération : les Guettard, les Desmaret , les Dnubuisson, les Brochant, adoptèrent les vérités que rentcrmait chaque système , sans se ranger dans aucun parti ; et, le débat portant prin- .
ci paiement sur la nature des basaltes , que les uns prenaient pour une roche
neptunienne f et les autres pour une roche plutonienne ^ ce fut en France, connne sur un terrain neutre, que la question lut décidée en faveur des derniers.
Sans s'arrêter à ces discussions, Bulfon , dont le génie devait éclairer toutes les questions d'histoire naturelle , donna, lui aussi, sa théorie de la terre. Il reprit tes hypothèses de Leibnitz et de Descartes, eti y ajoutant cette idée que notre planète n'était primitivement
âu'un fragment de soleil détaché par le ^oe d'une comète. Il établit ensuite cette vérité, que notre globe descendant graduellement de sa haute teni|)erature primitive, une première solidification de sa surface eut lieu ; que la vapeur d'eau contenue en abondance dai^s l'atmosphère se précipita alors sur cette première croûte solide, et forma les mers et les lacs. Reconnaissant d'ailleurs que dans ces temps primitifs les éruptions volcanifjues étaient bien plus fréquentes qu'aujourd'hui , il n'admet pas la formation des montagnes par soulèvement , et pensa , avec de Maillet, qu'elles étaient le produit de matériaux lentement aeciimulésau fond des mers; enfin , il admit que le déplacement des eaux avait suffi pour que la nature organique se développât. Buffon voyagea peu, et ne fit aucune description géolo* gique. Il observait d'une manière générale la structure de la terre pour avoii une idée de sa formation, et telles furent la force et la sagesse de son esprit, que la plupart de ses inductions ont été confirmées par les investigateurs minutieux qui lui ont succédé. On est, en effet, surpris de la justesse et de la portée des idées développées dans ses Époques de la nature ^ ouvrage que l'on est trop habitué à regarder comme an simple modèle de style, intéressant seulement pour les gens du monde.
Mais en même temps que paraissait ce travail hypothétique, des observateurs trouvaient, par l'examen attentif du sol, des documents pour en écrire l'histoire. (Guettard , que la réputation de noire éloquent naturaliste a trop éclipsé, publiait des mémoires fort eu-
xleQX sur la nature, la puiManoa et l'é-
«AOLOflU FRAKCfi. GEOLOGIE 739
ttndtte de pluMears couches de la terre;
II démontrait que celles qui environnent Paris se continuent, sans interruption, au delà même du bras de mer qui nous sépare de la Grande-Bretagne. C'est à lui que Ton doit les premières cartes oh l'on ait représenté par des couleurs différentes la nature du terrain des dimnes régions de la France.
Après les trayaux de cet estimable savant, nous devons encore citer ceux de Rouelle, exécutés avec le même esprit d'observation positive et d'inductions rigoureuses. Celui-ci établit une
Sremière division de l'épaisseur du sol, ivision modiflée aujourd'hui , mais non changée. Il appelait ancienne terre la portion de renveloppe terrestre située au-dessous des houillères , nouvelle terre celle qui les surmoVite, et dont on fait maintenant les terrains secondaires et tertiaires. Il fît une description des Couches qui composent ces deux étages principnnx ; enfin , il si^^nala l'aiinlogie qui existe entre les animaux et les végétaux dont la houille offre les traces, et ceux qui vivent maintenant sous la zone tropicale ; et , admettant que ces corps organisés s'étaient développés sur les lieux mêmes où Ton trouve leurs débris, il en conclut que ces lieux étaient autrefois, relativement au soleil, dans une autre situation qu'aujourd'hui , et que l'axe de notre planète s'était déplacé.
Pendant le dâ>at des partisans de
H Litton et de Werner, de Saussure, que son origine génevoise doit nous faire considérer comme Français , produisit ton immortelle description des Alpes.
Sa man^ de faire la science restera tin modèle. Avant d'écrire, il parcourut pendant vingt années les cantons les plus iuaccessibles des Alpes; attaquant en quelque sorte cette chaîne épaisse de montagnes par toutes ses faces, par tous ses déniés , il dévoila le désordre des terrains primitifs, et traça plus nettement la limite qui les sépare des terrains secondaires.
Nous voilà maintenant arrivés, dans l'histoire de la géologie, au point où presque toutes les notions fondamentales de la science sont produites. Ij^ géologues de notre temps , plus observateurs que nos pères et moins entraînés
par leur imagination, se sont attachés
presque exclusivement à approfondir et a rectifier ces premières données. Ainsi, le fait de la chaleur proure de la terre, et les lois de sén accroissement à meslire qu'on pénètre plus avant dans le sol , ont été établis sur des observations positives par M. Cordier. Les expériences faites par MM. Arago et Walferdin , au moyen d'un instrument construit avec beaucoup de génie par ce dernier savant, ont démontré que cet accroissement était, dans le bassin de Paris , de 1 degré par S3 mètres de profondeur. Les mouvements que le sol a subis ont été particulièrement étudiés par M. Élie de Beaumont, lequel a reconnu les traces de douze événements
3ul ont plié les terrains préexistants, et étermîné la formation des chaînes de montagnes. M. de Beaumont a fixé l'âge relatif de chacune des principales Chaînes. M. Constant Prévost a donné uneexplication naturelle de ces reliefs du sol que M. de Keaumont avait si bien fait connaître; enfin les transformations des roches sédSmeniairu en rochet stratiformes cristalUnes d'apparence plutonienne ont été principalement démontrées par les travaux de MM. Élie de Beaumont, Dufrénoy, Boblaye.
On a dit, avec quelque raison, que la géologie était une science toute nouvelle; c'est qu'en effet la plupart des notions positives dont elle se compose datent de la publication du travail ^ue MM. Cuvier et Brongniart firent imprimer, en 1810, sur le bassin de Paris. Jusqu'alors, on n'avait m dans les couches inférieures du sol qu*ttn amas de débris de toute espèce de roches, inutile à consulter. Cuvier trouva dans les pIAtrières de Montmartre les restes de plus de vingt esuèces éteintes de mammifères, de reptiles et de poissons , et 11 montra tout le parti que l'histoire de la terre pouvait tirer cle l'étude de ces fossiles. Ce fut lui qui le premier fit connaître la véritable répartition des fossiles dans les terrains, ce qui fournit un moyen facile de déterminer non-seulement les dilterences qui existent entre les assises du sol , mais encore leur âge relatif. Les recherches de notre grand naturaliste sur les ossements fossiles donnèrent une grande impulsion à U
«BOLOCIB L'UNIVERS. OEORGEL
science. Les géologues de tous les pays 66 mirent à étudier avec ardeur les dé-
EouiUes des anciens êtres qui peuplaient I Usne à ses divers âges ; et, dans ce mouvement général , la France fut dignement représentée par les Laraarck, les Brongniart, les Blainville, les Deshayes, etc.
On se mit à mieux étudier Pécorce terrestre; on la divisa en un certain nombre de groupes plus naturels; la partie inférieure, où se trouve la bouille, fut spécialement décrite par MM. Dumont, Boué, d'Omaiius d'HalIoy, Dufrénoy, Boblaye, de Verneuil. Une fois
Î[u'on eut des idées plus justes sur la ongueur de temps nécessaire à la formation des couches du sol, on comprit mieux la nécessile d'étudier l'action des causes régulières, telles que l'atmosphère, les eaux courantes, les gla* ciers , qui contribuent à cette formation. M. C. Prévost expliqua plus rationnellement qu'on ne l'avait t'ait jusqu'alors les superpositions nombreuses des couches marines et fluviatiles du bassin de Paris, et il en tira une théorie satisfaisante des autres bassins géologiques.
Toutes les questions relatives aux terrains sédimentaires ont été éclairées par la connaissance de ces mêmes causes. On a ensuite constate les différences de niveau que présentent les mers. La présence de quartiers de rocbes arracbés a des montagnes et transportés sur des terrains sédimentaires éloignés , a été expliquée par d'excellents mémoires de MM. Broneniart et Brochant. Des cavités formera dans le sol et remplies d'ossements ont été explorées par M^I.
Marcel de Serres, de Christol, C. Prévost, J. Desnoyers, qui en ont tiré des renseignements utiles pour l'histoire des anciennes surfaces de la terre. Enfin, ia distinction des roches , cette précieuse source d'informations pour la géologie , a été facilitée par les travaux de MM. Brochant, Boue, et surtout par les clas> sifications de MM. Cordier, A. Brougniart et d'Omaiius d'Halloy.
Nous avons vu la géologie n'offrir guère dans ses commencements que des nypotlièses discordantes et sans crédit; plus tard, éclairés par des faits de nature diverse, les savants se divisent en deux partis et se oonobattent. Nous les
voyons maintenant d*accord sur les points généraux, possédant une masse immense de faits , découverts , pour la plupart, à la faveur de préoccupations
systématiques , renoncer cependant à toute conception générale, et comprendre qu'on ne pourra traiter avec vérité Thistoire circonstanciée du globe qu'après en avoir étudié toutes les parties abordables. Ils rassemblent maintenant de toutes les contrées de la terre les documents de oette histoire , qu'un autre siècle verra écrire. Dans ce travail commun, nos compatriotes s'acquittent, comme toujours, dignement de leur tâche. La France, dont les explorations de MM. A.Brongniartid'Omdliusd'Halloy, C. Prévost, Desnoyers, de Ronnard, Boblaye et Rozet, ont fait connaître les différentes parties , vient d'être décrite en entier dans un travail spécial de MM. Dufrénoy et É. de Beaumont.
Presque tous les pays de l'Europe ont été étudiés, sous le point de vue géologique, par nos savants. D'autres contrées lointaines presque désertes ou d'un accès difficile, telles que le Groenland et l'Islande , les deux Amériques, l'Afrique, rinde,ont été explorées par des voyageurs de notre nation. Enfin, on a tracé de nombreuses cartes géologiques, parmi lesquelles il en est une que nous ne pouvons nous dispenser de citer; c'est celle de la France, dont l'exécu* tion fut confiée par le gouvernement à MM. Dufrénoy et de Beaumont.
Georgel (Jean-Franc.), abbé, naquit à Bruyères en 173L Lorsque le duc de Choiseul fut tombé du ministère, le duc d'Aiiiuillon, son antagoniste, chargé du portefeuille des affaires etrangères,"voulant écarter de l'ambassade de Vienne le baron de Breteuil, y fit nommer le prince Louis de Rohan , auquel Tabbé Georgel, ex-professeur dans I ordre des jésuites , était attaché depuis quelque temps , et dans le même travail , Georgel fut nommé secrétaire d'ambassade.
Tandis que le prélat émerveillait Vienne par ses fêtes splcndides , ce fut le secrétaire qui , remplissant les fonctions de l'ambassade , instruisit la cour de Versailles de Todieux accord du cabinet de Vienne avec ceux de Berlin et de Pétersbourg pour le partage de la Pologne* Maigre ses avis léitâés lors de fé*
fiEOEGfiS WETNKR ' FRANCE. SEORGES WETHER 741
▼énement , le duc d*AiguiIlon , sur qui en retombait la honte, voulut en accuser Tambassadeur. L'abbé Georgel proova que le mfnistM da aflkires étrangères i^était laissé tromper par la diplomatie autrichienne.
A la mort de Louis XV, le prince de Rolian ayant dû revenir, Tai^bé resta encore un an à Vienne eomme chargé d'affaires. Son dévouement à son protecteur fut bientôt mis à une nouvelle épreuve, dans la scandaleuse affaire du oollier. Le prince, alors cardinal de Rohan, le chargea de diriger sa défense, et il remplit cette tâche avec un zèle qui le fit exiler. Son protecteur ne lui tint aucun compte de ce qu'il avait souffert pour lui, et ne daigna pas même répondre à ses lettres. T/abbé Georf^el, forcé de quitter In France à l'époque de la révolution , s'établit successivement en Allemagne et en Russie. En 1809 , il obtint la liberté de rentrer dans sa patrie. Après la publication dn corirordat, on lui offrit un évéché qu'il refusa. Il mourut en 1813. Les dernières an* nées de sa vie avaient été employées à rédiger de volumineux mémoires sur l'histoire de son temps , monument
2ui pouvait devenir intéressant , si son dacation et ses habitudes lui eussent permis d'être juste. Ils ont paru sous ce titre : Mémoires pour sej^vir à C histoire des événements de la fin du dixhuitième siècle , depuis 1790 jusqu'en 1806-1810, par mi contemporain impartial y Paris, 1817, 6 vol. in-S"; le sixième volume contient la relation du voyage de Tauteur à Saint-Pétersbourg; y édition, 1820, 6 vol. in-8°.
Gborges Weymer (mademoiselle) , célèbre actrice , est née à Amiens en 1786. iSous donnons cette date comme se trouvant dans la plupart des blographies : nous n'avons pu voir l'acte de naissance de mademoiselle Georges, et nous le regrettons, car ce serait là une
Jirécaution bonne à prendre toutes les bis qu'on raconte la vie d'une actrice. La souhretle de la troupe d'Amiens , mariée avec le chef d'orchestre du théâtre, mit au monde une fille qui, de bonne heure, montra des dispositions remarquables pour l'art dramatique.
Dès l'tîge de douze ans , mademoiselle Georges parut sur le théâtre d'Amiens,
dans des rôles de tragédie qu'elle remplissait avec intelligence et passion. La célèbre mademoiselle Raucourt ayant passé par la Tille, dans une de ses tournées de province , fut frappée du talent de cette enfant. Revenue à Paris , elle parla d'elle comme d'un trésor découvert en province. Par ses démarches, elle obtint du ministre de l'intérieur qu'on plaçât la j'etine tragédienne d'Amiens au Conservatoire. Là , mademoiselle Georges se perfectionna par des études bien dirigées. Des protections puissantes, entre autres celle de madame Louis Bonaparte { la reine Hortense), lui aplanirent l'entrée dans la carrière. Elle débuta aux Français en 1802, et la noblesse de son jeu, la chaleur de sa diction , la firent accueillir comme une gloire future du théâtre. Sa merveilleuse beauté, la pureté antique de ses traits, la richesse de sa taille, la dignité de son attitude , secondaient merveillensemont l'effet de son débit.
A la même époque, mademoiselle Duchesnois paraissait en débutante sur la Blême scène. Il s'engagea entre ces deux actrices une des plus vives rivalités dont les annales du théâtre fassent mention.
Mademoiselle Duchesnois n'avait au- , cune beauté, et sa rivale l'écrasait sous ce rapport; mais elle mettait dans son jeu une sensibilité exquise, une émotion profonde et entraînante auxquelles on ne pouvait rien comparer ; mats elle comprenait et rendait un rôle, jusque dans ses moindres nuances, avec un tact et une perfection d'exécution qui ne se démentaient jamais. On reprochait à mademoiselle Georges d'avoir pins de mouvement que de sensibilité, et d'être souvent inégale dans son débit. Il paraît , en effet , d'après l'avis des meilleurs juges , que mademoiselle Duchesnois était une actrice douée de facultés plus heureuses , et mieux instruite de toutes les règles de son art. Cette opi< nion n'a prévalu qu'avec le temps. L'une et l'autre avaient un parti puissant, qui soutenait la cause de chacune avec une ardeur singulière. A la tête des partisans de mademoiselle Georges se pla^ çait le critique Geoffroy, qui mit dans cette Intte la vivacité âpre et caustique avec laquelle il soutenait toutes ses opinions. Ce qui continuait a échauffer les
94$ mnmwBTMB» ii*iiinvEB& ««okowi viYinni
esprits, c'est que mademoiselle Georges iibordait souvent une espèce de rôles
3ue mademoiselle Ducbesnois paraissait 'aljord s'être réservés , par la perfection avec kKnielle elle les avait rendus : ces rdles étaient ceux où l'amour domine, ceux de Phèdre, de Bérénice, ete. On voulait que mademoiselle Georges M contentât des rôles de reines , tels que ceux dont yigrippincj Sémiramis sont le type ; et en effet son genre de talent ooDTeoait beaucoup mieux à eee der* niers. Après de longs débats entre les deux factions qui se partageaient le parterre et les journaux, la société prit eufin une déoision qui ralentit l'aroeuf de la querelle : en recevant les deux aàvh ces dans son sein, elle arrêta que chacune aurait ses voles à elle. Mademoiselle Duchesnois resta en possession de ceux qui exigent le plus de sentiment, et oij la passion amoureuse tient le plus de place ; mademoiselle Georges fut spécialement destinée aux personnages d^ relues. En 1808, après plusieurs années de magnifiques succès , au moment oii elle allait jouer dans Artaxerce , Aprippine disparut tout à coup. ]\ou8 laisserons à d'autres le soin de diseuter les motifs de cette disparition, qui n*ont jamais été bien positivement connus.
Quelque temps après, on apprit que la fugitive était en Russie ; qu'après avoir été donner des représentations à Vienne, elle s'était engagée au théâtre de Saint- Petersbourii. En 1812, elle quitta la Kussie, et ;i|)prenant qu'un théâtre s'orf^anisait à Erfurth , pendant le séjour que faisait Napoléon dans cette ville, elle alla prêter a cette troupe l'appui de £on talent, et joua avec le plus gran4 succès devant un parterre tel que.n*en eut jamais aucune actrice , puisque celui-la était uniquement composé des
i) rinces et des rois aue traînait avec lui e conquérant. La raveur impériale lui rouvrit les portes du Théâtre-Francais, où elle demandait à reparaître. Elle joua souvent alors avec Talma, dont les leçons et les exemples lui furent trèsr utiles. En 1816. nouvelle disparition de mademoiselle Gcorijçes, sur laquelle nous ne nous expliquerons pas plus que sur la précédente. Alors son exclusion de la Comédie-Française fut définitivement prononcée, et la sqd^ n*^ jamais voiil^
revenir sur cet arrêt. Après une absence de plusieurs années, mademoiselle Georges, de retour à Paria, trouva heurei»> sèment une position digne d'elle à l'Odéon. Elle créa sur ce théâtre les rôles de Jeanne d'Arc , dans la tragédie de Soumet, d*Agrippine dans Un$fgte de Néron, parle même, de Christine dans le drame d'Alexandre Dumas, de la maréchale d'Ancre dans celui d'Alfred de Ylgqy. L'école romantique commençait à envahir la scène. Mademoiselle Gebv^ ges , qui aimait les rôles énergiques et l'expression des sentiments violejits, se donna sans hésiter à cette école. D'ailleurs, exclue de la Comédie-Française, il lui fallait bien obéir aux révolutions de la scène , et mettre son talent au service 4c toqtps les créations nouvelles. L'Odéon ayant été fermé en 18^, elhi passa à la Porte-Saint-Martin , où elle devint la grande interprète de toutes les fureurs éclieveiées du drame moderne.
Il ne fiillait pas moins qu'une actrice d*une constitution aussi robuste , pour soutenir pendant près de dix ans la fatii^ue de tant de rôles accablants , de/ tant de cris, de tant de crimes, de colères, despasmes et d'agonies. La Porte- Saint-Martin ayant succombé aux embarras d'une direction malhetireuse , madeuioiselle Georges se trouva sami asile , et dut alors qéplorer le coup de tête par lequel elle s'était jadis séparéa sans retour des sociétaires du Theitre- Franç^is. Ceux-ci ne voulant point consentir à la reprendre I elle se mit alors à errer en province. La réouverture de l'Odéon , qui a eu lieu cette année, est venue la soustraire aux hasards de cette vie nomade. Dans cette salie , ciepuis longtemps déserte , elle a repris , aux applaudissements de la jeunesse des écoles, les rôles dans lesquels elle avait •remporté jadis ses premiers succès. Ses accents tragiques ont ramené la foale à ce théâtre qui semblait copdamné.
Toiitefoi'ï. "=es plus cliauds admirateurs n'ont pu s empêcher de remarquer dans son talent, qui à aucune époque n'a été parfait , un affaiblissement sensible , inévitable résultat de son âge, de la gêne que communique à son jeu un excessif embonpoint, et des iiabitudes de familiarité et de violence qu'elle a contractées dam sou loQg cqnmifuccç wec^lm
€iRAlfDO FAAItCE. GiRANDO 74S
muse dévergondée du drame moderne.
Gf.rando (Joseph-Marie de) , administrateur et piiilosoplie, né à l.voa le 39 février 1779 , est fils d'un arehitecte de cette ville. Après avoir terminé ses études classiques au collège des oratoriens, ii allait se rendre à Paris pour faire sa théologie au collège de Saintl^Iagloire et prendre les ordres, lorsque éclata la révolution. Il prit part au soulèvement des Lyonnais, fut fait prisonnier et condanmé à mort; mais il s'échappa, passa en Suine après avoir inutilement essayé de se cacher en France , parcourut ensuite l'Italie , comme voyageur d'une maison de commeroe, et resta deux ans et demi à Naplos. De retour dans sa patrie en 1797, li accompagna à Paris Camille Jordan, avec lequel il s était lié dès l'enfance, et dont il partageait les opinions et les travaux. Après le ISfnietidor, il protégea la fuite (le son ami ; puis l'ayant laissé en sûreté en Allemagne , il revint luimême en France , et s'enrôla dans un régiment de chasseurs à cheval avec lequel il alla tenir garnison à (>olmar.
C'est là qu'il composa, sur la question de l'inUuence des signes dans la formation des idées, on mémoire qui fut eouronné par l'Institut, Une démarche fut faite auprès du gouvernement par les juges du concours , pour obtenir le rappel à Paris du jeune soldat philosophe.
Lucien attacha U. de Géraudo à son ministère, en qualité de membre du conseil consultatif des arts et manufactures. Son savant travail lui ouvrit en outre, à 34 ans, les portes de l'Institut, où il entra dans la classe des sciences morales et [lolitiques, pour être admis, quatre ans plus tard , dans celle des inscriptions et belles-lettres. Secrétaire général du ministère de l'intérieur sous Cliaiiipagny, il accompagna l'empereur dans ie voyage de Milan , et organisa à cette oocasion l'université de Turin. Il fut nommé, en 1808, maftre des re(|uétes au conseil d'Éi.it , et membre de la commission chargée de l'administration de la Toscane , et en 1809 , membre de la consulte investie des mêmes fonctions dans les États romains. de Gérando avait la direction (l<'s benuxarts, etjan>ais, a-t-on dit. Rouie uou- ▼eUe V» t'occupa autant de Rome an-
cienne qu'à celte époque. Il fut , en 1810, fait conseiller d'h'",tat , baron de l'empire et nieuibre de la Légion d'honneur, et nommé, en 1812, intendant civil dR la basse Catalogne. En 1814, il adhéra à l'acte de déchéance , et fut néanmoins maintenu au conseil d'État pendant les csot jours. Napoléon renvoya même, en qualité de commissaire extraordinaire, dans les départements de l'Est, où sa modération se concilia tous les partis. Il refusa son adhésion à l*acte additionnel, fut rappelé au conseil par Louis XVIII , mais ne fut plus employé dans aucune mission politi(pie, et donna toute son attention aux travaux du contentieux. En 1819, il fîlt nommé n la chaire de droit administratif dont il avait démontré la nécessité, et qui, supprimée deux ans ulus tard par M. de Corbière, ne fut rétablie qu*en 1828 par M. de Yatisménil. Il a été appelé à la pairie en 1837.
M. de Gérando appartient à presque toutes les associations savantes ou de bienfaisance de l'Europe. Ii est un des fondateurs de la société pour l'enconragenient de l'industrie nationale, de celle pour l'enseignen)ent élémentaire , de celle de la morale chrétienne, des caisses d'épnrgne, etc. : membre du conseil général des hospices de Paris, administrateur des Quinze-vingts et de l'institution des sourds-muets, il a longtemps été Pâme de ces établissements.
C'est à lui que l'on doit l'utile introduction du chant dans nos écoles populaires.
Esprit fécond et éminemment propre
aux spéculations philosophiques, M. de Gérando a vu phisieurs de ses ouvrages traduits a l etranger, où ils ont été accueillis avec une grande faveur, surtout au delà du Rhin et de la Manche. Nous citerons : 1" Des signes el de Vart de penser considérés dans leurs rapports mnOueU^ 4 vol. in^, 1800. Cest le mémoire dont nous avons eu occasion de parler , mais avec des additions considérables. L'auteur y développe avec un rare talent des prmcrpes leoonds posés par Condillac. 2° Ws foire cornparce drs sysfénirs dr philosophie relativemeul au piincipe des connais^ sances humaines ^ 3 vol. in-S", 1804.
(Test le meillear ouvrage que noos
744 OIÊBARD LUNIVERS. «lÊRARD
possédions sur cette matière ; il a puissamment contribué à faire connaître en Jtence l'école allemande. M. de Gérando a commencé en 1825 à en foire paraître
une seconde édition qui, augmentée dans des proportions telles, que le quatrième volume, le dernier qui ait paru, ne nous conduit qa*à la fin do quatorzième 8iè> de, est devenue un nouvel ouvrage.
3* le risitetir dupmwre, mémoire qui a remporte le prix proposé par l'acaaémie de Lyon sur cette question : Indi* quer les moyens de reconnaître la véritable indigence, et de rendre 1 aumône rotitable à ceux qui la donnent comme ceux qui la reçoivent. 4* Du per/ec- Uonnement moral ou de Véducation de soi-même, 2 vol. J824. C'est l'apprécialion des actions et des caractèr/s, Dite par un homme de bien. 5° De l'é' âueaiion des sourdS'miitets de naissance , 2 vol. in-8', 1827; traité le plus complet et le plus profond a la fois qui existe sur cette intéressante spécialité, dont il a dévoilé toutes les ressources. 6" fnsf/fufes du droit administrtûif français, 1829, ouvrage qui est pour la science des ordonnances et des règlements de l'administration , ce que sont ceux de Domat et de Puthier pour celle des lois civiles. 7" De la bien/aisance pubUquej4 \o\. y 18Zd, où l'auteur traite rart de faire le bien en économiste philanthrope, et le réduit presque en une science positive , à l'aide des immenses documents qu'il a réunis et comparés.
Gebabd (le comte Étienne^ffaorice), maréchal de France, naquit à Damvilliers (Meuse) en 1773. En 1791 , il futun des premiers à se faire inscrire parmi les YOlontaires , et débuta sous Dumouriex dans la carrière des armes. Aucominen* cernent de l'an v (de 1796 à 1797), Bernadotte, voulant s'attacher un oflicierqui donnait de grandes espérances , le prit
{)our son aide de camp. Il l'emmena sur e Rhin et en Italie, puis à la suite de son ambassade a Vienne, où le jeune capitaine prouva une grande fermeté, lors de la sédition ofBcielle qui fit courir des dangers à l'ambassadeur.
Devenu colonel , Gérard conquit la décoration de commandant de la Lé-
§ion d'honneur sur le champ de bataille 'Ausierlitz ; il y avait été blessé en
chargeant avec intrépidité à la téte de ses escadrons.
Btentdt après il devint général de bri-
gade , fît en cette qualité ta guerre de Prusse, fut nommé, après là paix de Tilsitt, chef de l'état-major de l'armée de Bernadette , et en remplit les fonctions pendant la campagne de 1809. A la bataille de Wagram , la magnifique cavalerie saxonne était tout entière placée sous son commandement. En 1810, il servit sons le comte d'Erlon en Portugal, et fut appelé, en 1812 , à la grande armée. Le général Gudin, blessé a la journée de Valentina , disait à Napojéon t en lui faisant ses derniers adieux : « Sire, je vous recommande ma « femme et mes enfants. J'ai encoreuno « grâce à vous demander, c'est pour ma « brave division. Je vous supplie d*en ae- « corder le commandement au général « Gérard ; je mourrai content si je la « vois en dé si bonnes mains. » Gérard avait trop bien mérité ce commandement, pour qu*il fût possible de Ten priver. Dans les bulletins où ils racontèrent leur retraite , les Russes s'enorgueillirent de n'avoir cédé qu'à rinvincible garde impériale, et c'était la division Gudin , passée sous les ordres de Gérnrd , qui les avait vaincus. A la Moskowa, cette division se couvrit encore de gloire.
Pendant la désastreuse retraite de la Bérézina , le général reçut le commandement en second, sous les ordres de INey, du corps formé pour protéger les débris épars de Tarmée. Les deux chefs, dignes de cette mission , soutinrent maintes fois avec des armes éparses le choc d'une armée. Eugène ayant succédé dans le commandement au roi de Kaples, qui venait de quittàr nos rangs, conlia à Gérard l'arrière-garde, composée de 12,000 Napolitains et de trois bataillons déjeunes troupes. Avec ces faibles moyens, le comte eut à surmonter d'immenses obstacles ; mais aussi jamais général ne déploya , de l'aveu même des ennemis, autant de ressources, d'activité et de fermeté. Il parvint, sans de trop grandes pertes , jusqu'à Francfort-sur-l'Oder. Mais alors le sort de ses troupes, à peu près isolées, parut désespéré. Les environs de Francfort étaient inondés par les Riissci; la po-
GÉRARD FRATÏGE. «àRARD 745
pulation était en pleine insurrection contre les Français, lorsque, pour comble de malheur, Alexandre forfint en personne am des forces eonsidérables,
et le Gt sommer par un de ses nides de camp d'évacuer la ville. Gérard répond fièrement qu*U n'évacuera point, et manœuvre avec^ tant d'habileté , que trois jours après il était , pnnr ainsi dire, en paisible retraite sur l Elbe. Il ' prit ensuite le commandenaent des avantrpostes.
Dans la campagne de Saxe, il commanda une division du 11* corps. A la journée de Bautzen, il se trouvait placé en avant de la Sprée , de manière à se lier avec le corps de Textréme droite.
Après le combat le plus meurtrier, ce corps fut forcé de se replier. Macdonald jugeant que ce mouvement rétrograde compromettait son avant-garde, commandée par le général Gérard , lui envoya Tordre de se retirer : « Au con- «< traire, répondit celui-ci à Tadjudant « commandant Bourmont , porteur de « l'ordre, au lieu de se retirer il faut « avancer ; qu'on me donne seulement « une brigade de renfort, et je réponds « du succès de la Journée. » A Tînstant Il donna Tordre d'attaquer ; en deux heures' les positions abnndonnées furent reprises , et la victoire de Bautzen fut arrachée des mains de l'ennemi. Guéri d'uneÀlessure qu'il re<^ut quelques jours après . Gérard reprit le commandement de sa division, lorsque l'armistice de Plezovitz fut rompu. Au combat de Goldber^, Il renouvela sous les ordres de Launston, qui commandait en Tabscnce du duc de Tarente, ce qu'il avait fait aux bords de la Sprée. Sa division ûisait Textréme gauche ; le général en chef, se voyant rorcé à sa droite et au centre, lui envoya à plusieurs reprises Tordre de faire sa retraite ; mais Gérard , au lieu de se retirer , attaqua vivement les Prussiens , et les culbuta.
Après cette affaire , quoiqu'il ne fût lieutenant général que depuis moins d'un an, et qu'il fût le plus jeune ofûcier de ce grade, il reçut le commandement du 11' corps . et fut forcé de le garder pendant toute la campaiine , malgré ses nobles et modestes représentations sur cette préférence. Il la justifia , et sut se la faire pardonner par ses camarades.
A la bataille de Ratzbach , le général Gérard, quoique blessé d'une balle à la cuisse , ne quitta pas le champ de bataille. A la seconde journée de Leipzig, il reçut à la téte une blessure plus grave qui vainquit sa courageuse obstination.
Il fut cependant assez tôt rétabli pour prendre part à la campagne des plaines champenoises. Il fut nommé commandant du corps des réserves de Paris, uniquement composé des conscrits qui furent en ligne devant Tennemi aux nremiers jours de 1814. A la bataille de la Rotière, il commandait l'aile droite, et malgré les attaques opiniâtres d'un ennenn supérieur en nombre, il garda ton» tes ses positions , et n'abandonna qu*à minuit , et par ordre formel de l'empereur, la défense du pont de Dienville.
L'action de Montereau avait commencé i neuf heures du matin, et les diverses attaaues avaient été repoussées; vers une neure , un aide de camp porte au
{général Gérard l'ordre de se mettre i a téte des troupes. Celui-ci fait aussitôt de nouvelles dispositions , ordonne un mouvement général , enlève toutes les positions de l'ennemi, le poursuit Vipk dans les reins , et lui prend un grand nombre de canons , de drapeaux et de prisonniers.
Le 22 mars 1815, Gérard se trouvait en Alsace, où il remplissait les fonctions d'inspecteur général d'infanterie. Peu de temps après, Napoléon le nomma pair de France, et lui couGa le commandement de l'armée de la Moselle. Il reçut au oommenoement de juin Tordre de se rendre à marches forcées sur la frontière du ISord, et le 16 il s'immortalisait à la bataille de Ligny, où le succès de ce combat si important fut le résultat de ses habiles dispositions autant que de son intrépidité personnelle et de celle de ses troupes. Le 18, il était dans la direction de Wavres, lorsqu'on entendit le canon du côté de la forêt de Soignes. Les commandants des divers corps s'éîant alors réunis en conseil, le général Gérard voulait que, suivant les principes généraux de la guerre, on fdt droit au canon, en passant la Dyle sur le pont de Munster. Grouchy ne se défendit de cette opinion (]ue par des ordres contraires et positifs de Tempereur. On croit oepeiMlant généralement
746 flifalAm» L'UNIVERS. «niAmii
que ce mouvement aurait changé le résultat de la bataille de Waterloo. Avant la fin de la Journée, Gérard reçot sa einqaième blessure ; une balle lui tra-
versn la poitrine au moment où , à la tête de l'infanterie, il allait attaquer le village de Bielge. Il voulut néanmoins partager le sort du reste de Fermée, et se fit transporter au delà de la Loire. L'empereur, considérant le brave général comme une des espérances de Tempire, lui avait destiné le bflton de maréchal. A son retour à Paris, les ministres de la guerre et de la police le prièrent de voyager quelque temps hors du royaume. Il se soumit avec résignation - et iprandeor d'âme à cet eiil tempo* raire.
En 1817, il rentra en France, et se retira dans sa terre de Villers-Creil, département de rOise. Mais il fut nommé membre de la chambre des députés en 1822, réélu en 1823, et honoré de nouveau des suffrages de ses concitoyens au mois de novembre 1897. Il se rangea parmi les défenseurs des libertés nationales.
Dans la session de 1829, il fut nommé membre de la commission chargée de Texamen do Gode pénal. Mais son rdie politique prit une nouvelle importance à la révolution de 1830. La commission deriiôtcl de ville le nomma commissaire au département de la guerre , et le 80 juillet, le lieutenant général lui confirma ce titre, qu'il échangea le 1 1 aoilt contre celui de ministre. Il avait été, pour la troisième fois , réélu député de l'Oise , et sévit élever, le 17 aoât, à la dignité de mnrérhnl. I! ne E^nrda le portct'etiille que trois mois, prit au mois d'août de Tannée suivante le commandement de la courte expédition de Belgique , dont il assura les résultats en retournant as> siéger Anvers. Cette mission glorieusement remplie, il fut admis eu 1833 à la chambre des pairs, dont il avait été créé membre le 11 octobre 1832.
Le 18 juillet 1834, le maréchal reçut de nouveau le ministère de la guerre avec la présidence du conseil. Sorti du cabinet le 29 octobre , il Ait , après la mort du maréchal Mortier , nommé grand chancelier de la Léfîion d'honneur. Le 11 décembre 1838, il hérita encore des fonctions de commandant
général de la garde nationale du département de la Seine ; et dans cette circonstance, le cfaoU do gouvernement fut d^acoord avec les vœu de la miltee
citoyenne.
GÉRARD (François) est né à Rome, 1770 , dans l'hôtel de Tambassade de Franee, où son père,>qui était Français, et avait épousé une Italienne , occupait une pince de concierge. 11 manifesta de très-bonne heure aes dispositions pour le dessin, et venu en France à l'âgede 12 ans, avec sa mère , il fut envoyé à l'école de Pnjou, sculpteur qui a joui d'une juste célébrité. De là , il passa chez Brenet, peintre médiocre, mais à qui il dut d*etre envoyé chez David. Là, sous les yeux d'un si grand maître, et au milieu d'émules tels que Drouais, ûirodet, Gros, il fit de rapides progrès, et put, en 1789, se présenter au concours, où il remporta le second prix. Mais, pendant les trois années suivantes , Gérard eut à sunporter la.
perte de son père et de sa mere. II luttait contre une nécessité pressante et cruelle, quand les frères Didot lui offrirent de prendre part à l'illustration de leurs chefs-d'œuvre de typographie, et lui permirent ainsi de continuer ses études. Gérard, à l'exemple de David, avait embrassé avec ardeur les principes de la révolution et figura même parmi les jurés do tribunal révolution* naire; mais on fait remarquable et qui prouve à quelles idées politiques il s'était dévoué, c'est qu'il parvint à se faire rayer de la liste, si.\ semaines avant le 9 thermidor, c'est-à-dire alors que David et ses amis se retirèrent décournups et prévoyant déjà le coup ^ui allait les frapper. Eu 179â, il mit a l'exposition sa première œuvre importante, le BiUmre; cette composition si simple, ai vraie, si touchante , fut accueillie avec faveur. Cependant, Gérard n'avait pas de réputation faite, et son tableau resta dans son atelier. Il fallut qu'il trouvât, dans la délic3tp jjfni/'rosite d'un camara'îe , une compensation aux rifiueurs de la fortune. Isabey acheta le tableau, le vendit, quelque temps après, fort au* dessus de ce qu'il l'avait payé, et restitua î raiitpiir jp bénéfice de son marché. Apres iQjJélisnire, Gérard exécuta la Psyché, Tan de beb plus gracieux ta^
mmjmu YtuMaL ^vtMm nt
bleaux , et celui où Ton retrouve le plus 4e fea défauts. G^est une allégorie ingé'^
nieuse, mais à laquelle on a reproché avec raison de la froideur, et une flagrante iniitatioa des bas-reliefs antiques. Ce morceau ne fut pas goûté autant même qu'il le méritait , et resta plus de trois ans dans Tatelier de Tauteur. Ce furent MM. Fontaine et Lebreton qui se cotisèrent pour acquérir cette œuvre qui, depuis, passa dans leè galeries du Louvre. Les nécessités auxquelles Gérard était soumis , et le peu de profit que lui avaient valu les dein. premiers ouvraffes, l*engagèrent à laisser de côté pour un temps les grandes toiles, et à chercher dans la peinture du portrait^ une honnête aisance. La Udr tare et les circonstances le serfireol admirablement dans cette ypie nouvelle.
Gérard avait In jrrace des manières, la Onessede l'esprit, la souplesse du lan-
Sage, toutes les qualités qui font Thomme ecour, et qui attirèrent bientôt daus son atelier toutes les célébrités intellectuelles de répoque. Tonte la noblesse de Tempire se ut peindre à i'envi par Gérard; et plus tard, quand Tinvasion eut jeté sur notre patrie tous les souverains étrangers, ils vinrent payer leur trihut au talent du peintre irançais. Gérar4 exécuta une série immensede portraits, 4ont un grand nombre peuvent être considérés comme des tableaux composés, par la raison qu'ils sont en pied, et presque toujours ajustés avec une ri^ diesse d'accessoires singulièrement pit* toresque. Sa fortune ga!;na beaucoup, et sa réputation ne perdit pas à cette manière d'exploiter son talent. La BataUlettÀutteriUz replaça Gérard parmi les grands peintres criiistoire. Il comprit Napoléon, et le représenta ainsi qu'il convenait à ce grand homme. ?Iapoléon parait dans ce tableau, calme, imposant , sérieux sans affectation , sa* tisfaitsans enthousiasme; il arrive, aux derniers rayons du soleil (TÂusierlitz^ sur un tertre au moment où s'achève, dans la plaine qu'il domine du regard, la déroute de la i^nrde impériale russe. Rapp accourt pour annoncer la victoire; sa téte est nue, le sang coule d'une blessure qu*a £nte à son front le fer ennemi; à travers sa joie belliqueuse» tout aunooco eo |Hi le désordre
et les chances variées d*un combat ;re£> Ult le pins henreux résulte de ce eon*
traste entre l'ardeur de la bravoure qui exécute et le san;: froid du génie qui commande. Depuis cette époque, le plus grand ouvrage qu'ait exécul» Gérard , comme peinture d'apparat, est VEntrée de Henri If^à Paris , composition oii brillent à un degré éminent toutes les qualités qui distinguent ses meilleurs ouvrages. Mais cette magnifique production avait encore un mérite d'à-pro-
{>os politique qui était fait pour prouver 'adresse et l'excellent jugement de Gérard. 11 follait eonsacrer le retour dee Bourbons au trône d'une manière qui ne réveillât pas trop vivement l'irrita* tion des blessures nationales. Il fallait les servir sans rappeler l'aspect odiemi de leurs auxiliaires ; or , cest ce que M. Gérard lit, avec le plus grand bonheur , par la mise en scène du roi populaire. Le succès de ce tableau valut Gérard le titre de premier peintre di^ roi, et peu après celui de baron. Leii( morceaux les plus remarquables qui, depuis , occupèrent sou pmceau , sout d*abord le portrait deFoy, cdaidu ministre Canning, enfin, le tableau de «ainto Thérèse, destiné à l'oratoire de madame de Châteaubriand , et qui fut , un instant, Tun des plus b«iux ornements} de Texposition de 1828. On doit encm è Gérard : Corinne improvisant au cap Misène; Thétîs portant les armes d'Achille ; Daphnis et Chloé , 1825; le Tombeau de Saint» • Hélèm, 1836; Louis XIV déclarant son petit - Jils roi d'Espagne y 1828; le Sacre de Chai les X, 1829; Napoléon dans son cabinet f 1831 ; un PortraUen pied de LouiS'PM^ppe ; le Roi acceptant la lieutenance générale du royaume f le Portrait de Hoche, 1836.
Depuis longtemps, Gérard sentait ses facultés s'affaiblir , et ne donnait plus que peu de temps aux arts. Saisi presque subitement d'une fièvre paralytique, il y succomba le 11 janvier 1837, àiage ()e 67 ans. Gérard fut très-vivement regretté de tous ceux qui l'avaient connu et qui savaient apprécier en lui , nonseulement l'artiste, mais aussi l'homme ainudtle, h<m et généreux.
GiuARD (Louis-Philippe), né à Vàris, ea m?» at nés étutfff «9
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748 eASAU L'UNIVERS. «BUIBUIT
Louis-le-Grand , etpassa sa jeunesse dans le désordre. Un dianoîne de la
Sainte-Chapelle le remit dans la voie de la vertu, et Gérard devint alors aussi
Kieux qu'il avait été incrédule. Il emrassa l'état ecclésiastique, et obtint un canonicat à Saint -Louis du Louvre; enfiii, l'assemblée du clergé lui décerna, en 1775, des honneurs et des encouragements pour le récompenser de son zèle pour la défense de la religion. Il est mort le M avril 1818, après avoir publié divers ouvrnisrps , dont le plus connu est intitule le Comte de J almtmtf ou les Égarements de la raison, Gbbabd db LORiuiNB. Voy. Lob*
BAINE.
GÉRARD DE RoussiLLON. L'histoirc fournit peu de renseignements certains sur ce personnage, dont Tépopée populaire du moyen âge s*est emparée pour en faire un type de l'héroïsme féorKil aux prises avec l'autorité royale. Les romanciers dn cycle carlovingien l'ont représenté comme le père d'une grande partie de cette aventureuse famille des paladins. Il fut donc sans doute un des héros de son siècle. Néanmoins, on sait fort peu de chose de lui. Vers 860 , il repousj:n ii;lorieusement de la Camargue les ^oniKuids qui y étaient débarqués.
Il fonda des églises, des monastères; éleva des châteaux forts ; exerça longtem|)s, sous le nom de comte, une souveraineté absolue sur le royaume de Provence ; réunit à ses domaines le duché ou comté de Burgondie , peut-être aussi celui de Bourges (*), et embrassa le parti de Lothaire, puis de son fils, contre Charles le Chauve , dont il occupa plus d'une fois les armes, jusqu'à ce que , forcé de rendre au roi des Froncs la ville et tout le duché de Vienne, portion centrale du rovaume de Provence, dépouillé en outre de toutes ses dignités ^ et en particulier du comté de Bourges , il se retira à Avignon, vers 872.
GÉRARD (Thom, ou Tune, ou Teuque), né vers i'an 1U40 , dans Tile de Martigues, sur la côte de Provence, fîit l'instituteur et le premier grand maître
(*) Il y a de Tincerlitude sur la question de ridentité ds Gérard de Rouasillou et de Géntd de Botvgei (voy. Bombes [eomteide]).
des Frères ItospUaliers de Saint-Jean de Jérusalem, connus plus tard aoua
le nom de Chevaliers de- Malte, Au temps où Jérusalem était encore en la puissance des infidèles, des marchands d'Amalfî obtinrent la permission de bâtir, vis-à-vis de Téglise du Saint-Sépulcre, un monastère de bénédictins , oii les pèlerins latins pussent trouver l'hospitalité. L'abbé de ce monastère fonda, en 1(M0, un hôpital dont il donna la direction à Gérard. Ce saint homme prit, en 1100, un habit religieux , avec une croix de toile blanche à huit pointes sur l'estomac. Il donna cet habit à plusieurs personnes qui s'engagèrent dans sa confrérie, devenue depuis si célèbre. T.e saint fondateur mourut en 1121 , et eut pour successeur Raymond du Puy.
Gbbbbbot, Gerboraemn, Gerbo" redumy petite ville de l'ancien Beauvoisis , aujourd'hui comprise dans le département de TOise, située à 20 kil.
de Beauvais.
Gerberoy était primitivement un vaste et redoutable rJiîlteau fort , placé sur la frontière do la France et de la r^ormandie, et ^ue se disputèrent souvent les souverams de Tun et de Tautre pays. Cette forteresse appartenait anciennement aux évéques de Beauvais, et était commandée par des vidâmes, officiers représentant les prélats. vi« damie avait fini par devenir héréditaire dans In famille qui en était pourvue , quand la postérité mâle vint à s'y éteindre dans les dernières années du douzième siècle. Alors Philippe de Dreux, évêque de Tîeauvais , réunit la seigneurie de Gerberoy a .son évéché.
Son successeur fut coiilirmé, en 1240, dans la possession de cette vidamie.
Jusqu'à la révolution , les évéques de Beauvais y exercèrent hi justice.
Les calamités de Gerberoy lui ont valu une triste célébrité dans nos annales. Guillaume le Conquérant étant en guerre avec son fils aîné Robert , ce jeune prince avait trouvé un asile dans le château de Gerberoy , dont Élie , coseigneor de ce domaine, avait fait un repaire pour le brigandage, un refuge ouvert à tous les aventuriers, et d'où il faisait des incursions fréquentes en Normandie. Son père vint enfin l'y assiéger avec une armée considérable.
GERBEBOT FRAI^GE. GERBEKT 749
Robert fit une vinouretise résistance, pilla, rançonna et maltraita les habi- Courant un jour contre son père , dans tants au nom du roi de Navarre. Éterune sortie , il lui porta , sans le connaî- nellesalternativesde malheurs. Mayenne tre, un coup de laaoe furieux et le ren- ne tarda pas à rétablir à Gérbetoy Tali- Tersa. Un cri du vieillard , dans sa torité de la ligue ; puis vint, au boot chute, fit connaître au vainqueur toute d'un an, un gentilhomme nommé de rhorreur de sa victoire. Il se jeta alors Yilliers qui s'en fit gouverneur, y vécut aux pieds de son père, et le conjura de à discrétion , fortifia les murailles et les lui pardonner son crime. Mais Guil- tours. L*année suivante, Biron assiégea laume outré l'accabla de reproches, et Gerberoy avec des troupes du roi de lui donna , en s'rloignnnt, sa malédic- IVavarre, l'emporta , et en confia le tion. Cependant , a la sollicitation des coininandenient au sieur de ftlouy. Peu seigneurs de Normandie , des évéques de temps après , le Béarnais , blesse dans et des aml)ass:uieurs du roi de France, un combat contre le duc de Parme, se Robert rentra en grâce; il jura de res- fit transporter à Gerberoy. Les habiter tranquille , mais avec l'intention de tants de Beauvais firent ensuite remettre fausser bientôt son serment (1079). cette ville entre leurs mains, et détrul-
La place fut encore assiégée , en 1 159, sirent ses murailles pour lui faire porter
par les Anglais , qni , après plusieurs la peine de son dévouement à Henri IV.
assauts, s'en rendirent maîtres, et en Ils y saccagèrent tout, mirent le châ-
rasèrent les murailles. Ils y revinrent teau en ruine, et enlevèrent aux bour-
en 1197. Les Bourguignons y étant en- geois leurs meubles, leurs bestiaux,
très en 1418, la mirent au pillage, violèrent leurs filles et leurs femmes,
et n'épargnèrent pas même reglise. disant qu'ils avaient ordre de faire
Cette malheureuse ville fut occupée la mourir toute cette population hugue-
même année par les Anglais , qui la mal- note. Les murailles furent rebâties au
traitèrent à Texcès, brûlèrent l'église commencement du dix-septième siècle,
collégiale, et renversèrent de fond en Trois incendies considérables désolè-
comble une grande partie des maisons, rent encore cette ville, en 1611 , 1651
Cet état de destruction et de désordre et 1673. Depuis cette dern^ époque ,
se (prolongea jusqu'en 1438. Neuf ans Gerberoy a eu l'avantage de ne plus
après , quand la virtnire se prononça figurer dans l'histoire,
pour Charles VII , le comte de Clerniont Gerbert , célèbre religieux français,
se présenta devant Gerberoy, y assiégea devenu pape sous le nom de Silvestré II ,
les Anglais , les vainquit , puis ruina à était un Auvergnat d'une naissanes
son tour la place , afin de leur ôter à ja- très-obscure , élevé à Aurillac par les
mais ce boulevard important. En 1434, moines de Saint-Géran. Chassé de soiî
les Anglais furent une seconde fois dé- .couvent peut-être parce qu'il eu savait
faits devant Gerberoy, par la Hire et plus que ses confrms, et réfugié à Bar>
Saintrailles; ce qui ne les empêcha pas, celone, il alla étudier les lettres, la
en 1437, d'assiéger encore la ville et de musique, l'arithmétique, la géométrie
s'en rendre maîtres. Le nom du comte et l'algèbre près des docteurs arabes do
d'Arundel , général des ennemis , est Cordoue. De là , il passa à Rome vers,
resté au champ de bataille où il fut l'an 982. Protégé par Adalbéron , arch^
vaincu par les deux guerriers français, vêque de Reims, le savant Gerbert fut
Le lieu s'appelle encore aiyourd'hui choisi par l'empereur Otton II pour
vallée (VÂrundel. ' être le précepteur de son lils. A la mort
Trois ans après cette défaite, les An- du père de son royal élève, il se réfugia
glais prirent leur revanche en s'empa* auprès d'Adalbérôn, sur lequel il exerça
rant de Gerberoy. Mais, en 1449, Par- une grande influence, et dès lors on îe
niée royale y pénétra par escalade, et voit Jouer un rôle fort important dans
tailla en pièces la plupart des assiégés, les événements si graves et si obscurs
Bendant les troubles de la ligue, qui préparèrent la puissance de Ilugues
Fouquerolles, capitaine lie cent hommes Capet et le changement de dynastie. Son-
d'armes, s'introduisit par ruse dans la tenant d'une part son élevé Otton 111,
ville , alors dépourvue de garnison , la surveillant de Tautre i'êUucatiôa du
7S0 «nunmr LDiaVERS. mmUm
jeune Robert de France, que Hugues lui avait confiée, il fut le confident discret des intrigues de tous les chefs de parti; et ses lettres écrites aux princes, aux éveques , en faveur des différentes causes qui partageaient tes esprits, sont pour nous une source de documents trèsprécieux. Toutes ces intrigues ne ralentissaient pas son ardeur pour l'étude.
En même temps , il professait aux femeuaes écoles de Reims , composait lui> même un livre de rhétorique, et achetait de tontes parts des livres qu'il rassemblait eu corps de bibliothèque.
Adalbéron étant mort, il fut d*abord le secrétaire et le conOdent de son successeur Arnonl, frère naturel de Charles, duc de Lorraine. Mais le nouvel archevêque ayant ouvert les portes de Reims à son frère, qui cherchait à faire valoir ses droits au trône de France, Hugues Capet le lit déposer, et mit à sa olace Gerbert, chaleureux dé^seur de ce qu'on appelle les libertés de rÉçlise allicane. Ce fut beaucoup pour ce prmce 'avoir dans son |)nrti un tel homme.
Il n'y avait, du reste, entre eux qu'échange de services. Mais cette élection fut cassée [lar le pape Grégoire V. Malgré son clociuente et vigoureuse défense devant le concile assemble pour juger ee différend, Gerbert fût déposé. Il se retira alors à la cour d'Otton HT , à Magdebourg. Le savant élève des Arabes d*Ëspagne avait fait faire un orgue dont les tuyaux résonnaient par la seule force de la vapeur de Teaa bouillante ; il avait trouvé l'art de construire des horloges à ressort. Ces inventions le firent accuser de sorcellerie par ses ignorants et superstitieux oontemporains. l\ n'en fut pas moins nommé archevêque de Ravenne. Enfin , la faveur d'Ûttoa III le fit monter sur le trône pontiflcsd de Rome après la mort de Grégoire Y () avril 999).
C'était le prenu'er Français qui fût parvenu à la tiare; c'était "aussi l'homme de son temps qui méritait le mieux de gouverner l'Église. On peut le regarder comme un des fondateurs de la puissance temporelle des papes. Politique pruiond , au - dessus de tous par la science, il ralluma le flambeau de la civilisation en Italie; fiit l'arbitre des grands et des
républiques ; nomma des rois en Hongrie, en Pologne, et proclama la croisade, précédant d'un siècle les prédications de Pierre l'Ermite. Silvestre II mourut le 12 mai 1003, et Ton répéta encore que c'était le diable qui était venu le battre et remporter, lui redemandant son âme, pendant qu'il disait sa messe à Sainte-Croix. Il s'était »
disaîtK>n, donné à lui guand il étudiait en Espagne. C'était de lui qu'il avait appris la merveille des chiffres arabes, l'algèbre, l'art de construire une horloge, et l'art de se faire pape (*)• Orderic Vital , né soixante et dix ans seulement après la mort de Gerbert, nous prouve lui-même son aveugle foi dans la tradition populaire , en envegistrant ce vers sibyllin , par leouel le malin esprit aurait ouvert a l'éoolier auvergnat le livre des destins
Scutdh ab R (Reims) Gerbertus fn R (laimM) pott papa regens R (Rome).
Selon l'historieji Guillaume de Malmesbury, Gerbert possédait uu livre qui lui donnait le commandement des démons, lui découvrait des trésors inépuisables; il avait fabriqué une téte qui lui rendait des oracles, etc. C'était, du reste, une chose connue pendant tout le moyen âge, que les os de Silvestre II s*entre-chot|ti;iient, que son corps pleurait et suait toutes les fois qu'un pape devait mourir.
Ce que prouve cette légende, où le savant est identifié avec le magicien, comme Albert le Grand et Faust, c'est que Gerbert était par son savoir uu nomme supérieur à son siècle, et digne de toute radnn'ration de la postérité.
Gbbbieb (Pierre- Jean-Baptiste), un des plus illustres avocats dont l'histoire ait gardé le souvenir, naquit a Rennes en 1735. Dès qu'il fut entré, âgé de vingt-huit ans, dans la lice du barreau de Paris, ce fut une admiration, un enthousiasme incroyable pour son élo-
âuence. Quand il devait plaider, la salle 'audience était pleine dès le point dn jour , et à grana'peine les juges pouvaient se rendre a leurs sièges. « La nature, dit un de ses biographes, avait comblé Gerbier de tous ses dons : il ta
(OBiMOidAt.
avait reçu une voix étendue et pënéfaante, une diction nette , une éloGutioii
facile, un charme inexprimable répandu dans loute sn persoime ; son teint orun , ses joues creuses, son nez aquilin, son œil enfonoé tous un sourcil éminent, disaient dire de lui gue Taigle du barreau avait la physionomie de l'aigle roi des airs. » Mais aux qualités brillantes qui constituent Torateur éloquent, Gerfoier ne sut pas joindre la conviction de principes et la ferni( té de caractère. Apres l'exil du parlement, le
Srand avocat, séduit par les flatteries ont on l'entoura, fut du petit nombre de ceux qui consentirent à servir le chancelier Maiippon, et à plaider devant la commission constituée à la place de Tancienne compagnie. Cette faiblesse n'est malheureusement pas la seule qu'on potirrait citer en sa vie. Elle lui valut, du reste, plus d'un désagrément.
Gerbier mourut a Paris en 1758. Plusieurs de ses plaidoyers, recueillis par Héranit-Séchelles, son ami, ont été publiés en 1835. Mais la fille de Gerbier, qui vit encore, en a conteste l'authenticité. Vrais ou non, ses discours écrits ne peuvent nous rendre raison de l'espèce de fascination qu'il exerça, parce qu'ils uiatiiiut ni du prebti^^e tlu ^este, de ia voix et de l'expression du visage, de ces couleurs brillantes à l'aide des-
âuelles Gerbier dissimulait la pauvreté u fond. Son influence n'a rien produit de grand; elle ne s'est exercée que sur des intérêts privés; sa renommée n'a donc pas plus de valeur à nos yeux que celle de l'acteur ou du joueur de flilte; elle n'a pas le droit de survivre à Tadmiration des contemporains.
Gerdy (Pierre-Nicolas), professeur de chirurgie à la faculté de médecine de Paris, né en 1797, fut nouinié, en 1825, à la suite d'un concours, chirurgien des hôpitaui de Paris , et atteignit depuis le but de son ambition, la récompense de son beau talent et de son noble caractère : il fut promu à une chaire de la faculté. Les matières de ses livres sont celles qu'il a publiquement enseignées avant d'occuper cette position. 11 se montre habile novateur en bien des points, et particulièrement dans ses leçons d'anatomie appliquée aux beauxartf.
Gebgovu (siège de). — Sur une baute montagne, éloignée d'environ buit kilomètres de Clermont en Auvei^
gne, existait , à l'époque des irnerres de César, une ville gauloise nommée Ger-' aovia. Cette montagne n'a conservé que le nom de Gergoye et <|uelques débris antiques. Mais le souvenir de la cité arverne mérite d'être transmis à la postérité, car elle a eu la gloire de résister au conquérant romam. Lorsi|uè Vercinîjétorlx (voyez ce mot) eut proclamé l'indépendance de la Gaule (52 ans avant J. C), et organisé une insurrection g^nàraie, Gés», ledevemi maître de Genabvm et d^Avarieim, s'em* pressa de marcher contre Gergovie.
Cette place, située sur le plateau culminant de la montagne, plateau trèsescarpé de tous les côtés, et inaccessible surtout au nord et à l'ouest, offrait des approches difficiles et dangereuses, S'étant avancé devant Gergovie avec six légions, Gésar^ dans une reconnaissance
3u'il lit en personne, vit l'impossibilité e la prendre d'assaut. Il se contenta de lortiiier son camp, assis probablement sur la colline du Grest, parallèle â la montagne. Quant à la nombreuse armée cauloise réunie par Vercingétorix , elle c ampait a i extérieur et fort près des remparts de la ville, derrière un mur de grosses pierres haut de six pieds, que ce chef avait fait construire vers le milieu de la moitié du plateau. Elle occupait encore tous les mamelons détadiés de la montagne, et les eolllnes avancées qui en font partie ou en sont très-voisines. Après une suite d'escarmouches de cavalerie, sans résultat, livrées dans la vallée de l'Auzon, César, par une surprise nocturne, se rendît maître d'une colline isolée , dont l'Auzon baigne la base, et qui aujourd'hui porte le nom de la R.odie-Blanche(*). Celte position avait une extrême importance, car elle dominait une partie du cours de, la rivière, et de cette espèce de fort détaché on pouvait couper aux ennemis l'eau et le fourrage ; aussi en fit-il un second camp, où deux légions séjournèrent , et dont la communication avec le
(*) Une con&U-ucùon du moyen ftge , déûgpiBt SOUS ht nom remarquable de toiw de César, fiât leeoniuitlre de loin «elle hantiar*
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grand camp fut assurée par un double retranchement. Mais ce succès fut pendant quelque temps le seul qu'il put obtenir, et il était loin de balancer les pertes de César, et d'emnyêcher le découragement de son armée; car d'assié> géante elle était devenue asBîégée, malgré des renforts éduens qa*il lui avait amenés lui-même.
Le général romain crut qu'il fallait frapper un grand coup , sous peine de laisser éclater contre lui un soulèvement général. Il feignit donc de changer son attaque contre la ville , et fit une démonstration vers une colline étroite et boisée, détaehée de la montagne, et qui était devenue Tobjet de rini^uiétude de Vercingétorix depuis l'établissement du petit camp. Aussitôt les Gaulois, craignant d^étre bloqués rigoureusement si leors ennemis réussissaient, se portèrent en masse sur le point menacé et s'y fortifièrent.
Avant ainsi détourné l'attention des Gaulois, César, qui avait fait passer secrètement la plus grande partie de ses troupes du premier camp dans le second, du Crest à la Roche-Blanche, donna tout à coup le signal de l*atta(jue. Les soldats sont avertis que le succès dépend de l'ensemble et de la célérité des mouvements. Us gravissent la montagne par le versant méridional, tandis que les Éduens s'avancent par la droite, c'est-à-dire à l'est. Bien que la pente ait, comme le dit César, douze cents pas en ligne droite (*) , le retranchement •construit à mi-côte est bientdt atteint et franchi , et le camp des confédérés emporté. Il est vrai que la plupart des Gaulois avaient été dirigés de l'autre côté de la montagne, et ^ue le reste, sans défiance , avait quitte ses armes , et se livrait au fiommeil pendant la chaleur du jour.
Ce premier succès obtenu , César fit, * dit*il , sonner la retraite ; car son but se bornait à la surprise du camp. Mais peut-être veut-il excuser la témérité de son projet et excuser le mauvais sucées de cette journée. Quoi qu'il en soit, une partie des légionnairea continuent à
(*) C'est encore aujourd'hui la distance qui, à Taugle sud-est de la montague, sépare la vallée de Mcrdogue du plalean.
gravir, et, bien qu'épuisés de fatigue, poussent jusqu'aux remparts. Un centurion se fait guinder en haut de la muraille pnr trois de ses soldats, et les tire ensuite après lui. D'autres parviennent à briser une porte. Les postes étaient en grande partie vides par suite de la concentration des forces vers le côté opposé; une multitude désarmée, des femmes, des enfants encombraient le rempart et poussaient des cris de dé* tresse. Déjà la ville paraissait prise, déjà les femmes demandaient grâce aux soldats, et les suppliaient de ne pas renouveler les massacres d'Avaricum.
Elles jetaient du haut des murailles de l'argent et des étoffes; quelques-unes même, sautant en bas du rempart, demandaient à être traitées en prisonnières.
Mais bientôt les Gaulois accourent.
Ils ne trouvent qu'un petit nombre d ennemis épuisés, haletants, et les culbutent sans peine. Ces femmes qui naguère imploraient la pitié des Ronoains, eiieourageaient maintenant leurs concitoyens par leurs clameurs et en leur montrant leurs enfants. Les Romains tenaient encore , quoique en désordre, lorsque tout à eoap les Éduens auxiliaires parurent sur leur droite. A la vue de leurs enseignes gauloises et de leur costume gaulois, les légionnaires, les prenant pour des ennemis, tournèrent le dos et se préripitèrent vers la plaine. La déroute aurait eu les suites les plus funestes, sans la valeur de quelques centurions qui se Orent tuer pNOur arrêter les vainqueurs , et sans Tarrivée des réserves conduites par César en personne. Vercingetorix poursuivit les ennemis jusque dans la campagne; mais il ne jugea pas prudent (ressayer de forcer leur camp. César avoue qu'il resta sur le champ de bataille sept cents légionnaires et quarante-six centurions.
Tous ceux avaient pénétré dans la place y avaient été massacrés. Cette défnite décida César à lever le siège de Gergovie. Deux jours après , il partit sans bruit et repassa TAilier, se diri* géant ven le territoire des Éduens.
«Un agger épais, dit M. Mérimée dans ses mtes d'un voyage en Auvergne (p. 329) , couronne encore le sommet oe la montagne de Geisovie. Au
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frax^ch;.
Bud «t à Pouest , le tracé de cette grossière enceinte s'est conservé presque sans interruption... Au sud, on reconnaît une porte à laquelle conduisent deux rampes... Toute la partie supérieure de la montagne est jonchée de fragments de poterie et de tuiles à crochet. En 17ÔÔ, on tlt sur le plateau des fouilles qui' n^eureot aucun résultat important. On découvrit quelques substrnctions qui ne parurent remonter qu'au moyen âge, et un assez gran^ nombre dw médailles antiques, la plupart gauloises; quelques-unes de la colonie de Nîmes... Il ne semble pas qu*après la conquête des Gaules, Gergovie ait eu une grande importance. Probablement, SCS habitants rabandonnèrent assez vite, lorsque la tnmquillité résultant de la domination romaine eut rendu inutiles leurs iormiiiabies remparts. Une loi générale existe , qui transporte les villes des hauteurs dans la plaine, aussitôt que la guerre n'est plus a craindre. Peut-être la fondation de Ûermont est'dle une conséquence de cette émigration. »
Quoi qu'il en soit, Clermont i.lugustonemetum) n'était pas la capitale des Arverni à l'éDoque de César; elle n'a dû ce titre qu*a la destruction de Gergovia.
Les lettres de fondation de Tabbaye de Saint-André de Uermont de l'an 1149, imprimées dans le GaUla Chrisllana, font mention de la montagne de Gerjîovia comme dépendant du château de Mont-Rognon, et il parait même qu'à cette époque les ruines de Tantique cité gauloise subsistaient encore ; car il en est fait mention dans ces lettres. Ce lieu est encore désigne sous le même nom dans des titres de 1190, 1193, 1174, 1188 et 1189. Enfin, des fouilles opérées en ITiiS ont fait découvrir les fondations de la ville au sud-est du plateau.
Il y avait une autre cité gauloise appelée Gergovie, comme la principale cité des Arvernes. Celle-ci était la capitale des Boïe/is. clients des Éduens. La même année ou César éprouva l'échec que nous venons de raconter, mais quelques mois auparavant , et antérieurement même à la prise de Genabum , Vercingétorix y vint mettre le siège. Au
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cri d*alarme poussé par les BoTens, les Éduens appelèrent le proconsul à leur secours. César fit dire aux assiégés de rester fidèles à leur patron , et les avertit qo*il se mettait en marche pour aller vers eux. Cependant il se détourna de sa route pour enlever Genabum et menaça Moviodunum (J\eu vy dans le Berry). Ses succès forcèrent Vercingétorix à abandonner le siège de Gergovie pour lutter contre son habile adversaire à Avaricum et à Gergovia des Arvernes.
On a cru que Gergovie des Boïens occupait l'emplacement de Moulins.
GÉRiCAULT ( Jean-Louis-Théodore- Andre} naquit à Rouen, en 1790. Son père, qui avait exercé avec honneur la profession d'avocat dans cette ville, était venu se fixer à Paris. Il mit son (ils au lycée impérial ( collège Louis-le- Grand;, et c est la que Géricault commença à révéler sa vocation en couvrant ses cahiers de barbouillages pittores> qiips , où r(til exercé d'un maître aurait pu reconnaître tous les présages du talent. Au sortir dU lycée , il obtint de son père d'entrer datjs l'atelier de Carie Vernet : c'est probablement à l'école de ce maître qu'»l prit le goût des chevaux, dans la représentation desquels il a excellé depuis. En 1811 , il passa dans celle de Guérin. Un fait digne d'être remarqué en passant, c'est que les hommes les plus oppose.s à l'école de David ont puisé leur enseignement chez l'auteur de Vyfndromaque , de la Phèdre et de la Didon. En 1812, Géricault se fit connaître par le portrait d'un chasseur à cheval, qui nit universellement remarqué. On y trouva tous les indices de cette énergie de pinceau un peu fougueuse, caractère éminent des œuvres de l'artiste. L'année d'après , il exposa un cuira$tier l^esté, de grandeur naturelle , comme le premier, et d ont le public futun peumoios content.
David venait d'être exilé; une coterie, qui avait au moins autant pour but de flatter les nouveaux maîtres que de contribuer aux progrès de l'art , et qui prenait à tâcbe de saper les fondements de l'école créée par les soins de ce grand peintre, parvint à semer l'anarchie parmi les artistes, en opposant homme à homme, talent à talent, en louant et