‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 190 sur 198 · BBMAHIQITB (BttpiM) L*UNIVERS. GiEBMAHIQirB (tepira · texte numérisé non relu

BBMAHIQITB (BttpiM) L*UNIVERS. GiEBMAHIQirB (tepira

le territoire compris entre le KhiD , le Mein et le Neckar. La marche des Romains nvnit été fanle à travers les solitudes faites par la retraite des indigènes. Mais ces contrées étaient trop attravantes pour Tester désertes : des aventuriers gaulois vinrent en foule s'y fixer. Favorisées par les Romains, ces colonies, avec le peu d'habitants qui ii*a?aient pas suivi rémigration, exploitèrent les bords fertiles do Rhin et de ses affluents. Ces cours d'eaux, et les montagnes d'où ils descendaient, reçurent des noms t^aulois (*).

La civilisation se développa ainsi dans le voisinage de la barbare Ger manie. Les cofons venus de l'antre rive du fleuve plantaient des vignes, eiploitaient les mines, travaillaient aux grandes voies de communication. Leurs cabanes étaient disséminées sur l'espace laissé libre par les forteresses et les routes, dans les lieux les plus exposés au soleil. Ils élevaient des oestiaux et rultivaient la terre, et lorsque reniienii paraissjiit, on les appelait aux armes Les Romaius n'avaient troublé ni leurs habitudes , ni leurs mœurs. Ils sacrifiaient à leurs dieux suivant la coutume des ancêtres, et enterraient leurs morts sur les collines tournées à Torient.

Mais cette possession, longtemi» paisible, fut troublée quand Caracalla, par une cruelle perfidie, eut fait cerner et massacrer la jeunesse des Alemans(**) (SfO après Jesus-Christ). Dès lors ces peuples, pendant un siècle entier, luttèrent contre les Romains , pour s'emparer des terres décumatea ou du pays dêt (Urnes (***)^ etils rétablirent leur<k>mination. Ils voulurent même, au cinquième siècle, faire comme leurs ancêtres, se jeter encore sur la Gaule; mais Clovis entendait la garder pour, loi seul. A |)rès la bataille de Zulpicb {ToUfiae)^ en 496, ils se soumirent aux Francs, à l'exception des tribus qui habitaient les

(*) La forêt Noire fut apprléepar les Gaulois Âhnoba; les Kouiains la womnvàxmi Sylva Martiana , trMluetioD de Mtu^W^aU {îarèt des Marromans.)

(**) Voyez mon Ali:.ebiagwk, 1. 1, p. 34.

(**•) Comme les Romains prélevaient la dime sur ces domaines , ils leur donnaient le nom de agri tUcuatmÊS (xekentlaad.)

bords du lac de Constance et la ré»

gion du Danube. Celles-ci préférèrent la domination de Théodoric, roi des Ostrouoths. Les Alemans avaient déjà des chefs héré-ditdires ; il leur fut permis de conserver ce régime. Au reste, la séparation des deux branches ne dura guère au delà d'un demi -siècle. Se voyant serrés de près par Bélisaire, les Ostrogoths aclieterent le secours des Flrancs en leur abandonnant les Alemans des Alpes de Souabe.

Auisi ce peuple tout entier passa sous la domination de Théodebert, et fut incorporé à TAustrasie. Ce fut alors que Beucelln et Luthar y deux frères nommés ducs d'Alémannie , conduisirent leurs bandes dans l'Italie, où elles allèrent ju.squ'en face de la Sicile, pillant et ravageant tout sur leur chemin, exerçant surtout contre les églises leurs vieilles haines païennes; car les lueurs du christianisme n*éelairaient encore q[ue faiblement la Souabe, depuis la conversion de ('lovis. Les missionnaires irlandais qui se hasardèrent, vers Tan 600, dans le pays, n'y plantèrent la croix qu'après avoir lutté contre de ru' des obstacles , et ne réussirent d'abord qu'a faire adopter par les convertis un mélange grossier des nouvelles croyances et de raneien eulte.

Les rois mérovingiens eurent à réprimer plus d'une fois les rebellions des ducs d'Alémannie, qui résistèrent a tous les efforts de Pépin d'Héristal et de Charles Martel, t^nfin Carloroan et Pépin le Bref réussirent à les soumettre, et supprimèrent en Aiémaanie la dignité ducale (vers 746).

De la bataille de Zulpieh, de la conversion des Francs , datait l'entrée des nations riveraines du Rhin dans la civilisation chrétienne ; on prétend même qu'à cette époque , des Francs en grand nombre étaient venus s'établir dans le pays de Bade, et en avaient renouvelé presque entièrement la population 0«

(•) Ainsi le margraviat de Bade , dam ses limites primitives, n'était pas situé en Souabe. On remarque encore, sons le rapport do onractère et (lu langarje, nue différence bien marquée entre les véritables Souabes et les habitants de ce pa>s, descendants des Francs, qui peuplèrent une partie de l'AMosannie «près la bataille de Tolbiac.

OKRMAIflQUB (Empire) FRANCE. GERMANIQUE (Empire) 7»

Une origine commune rattache aussi la maison qui le gouverue aux Francs d'Austrasie.

Athic ou Ettjchon , duo d^Alsace an septième siècle, souche des ducs de Lorraine et des comtes de Habsbourg, est aussi l'auteur de la race des ducs de Zasbringen, desquels sont issus les nsr^ graves de Bade. Pendant le onzième siècle , ces princes guerroyèrent souvent en Alsace contre les partisans de l'Empereur et lesévê^ues de Strasbourg, et dans le douzième ils obtiDrent le rectorat (\e Bourfiogne.

La ligne cadette drs margraves étant près de s'éteindre, a la lin du quinzième sièele, dans la personne de Philippe de Rœteln , Louis XI tourna ses yeux vers les possessions de ce prince' qui mourut sans postérité mâle en 1503.

Philippe laissait une fille nommée Jeanne, que Louis XI Favait engagé à fiancer à Louis V , duc de Longueville , petil-lils du fameux Dunois. Le mariage fut célèbre après la mort du seigneur de Rœteln, et Jeanne apporta à son époux le comté de NeucMtcl , ainsi que les seigneuries de Saint-George et de Sainte-Croix, en Bourgogne, patrimoine de son aïeule» Marguerite de Vienne. Le duc de Longueviile forma ensuite des prétentions sur tonte la succession de Kœteln , et se plut à

})rendre le titre de marquis de Rothein.

En 1-I5S, on avait vu arriver à V<\r\$, comme ambassadeur de l'Empereur, un margrave de la branche aînée (*). Charles Vll, oui lui avait destiné, à ce qu*on assure , la main de sa fille Madeleine (mariée ensuite à Gaston de Foix), l'avait accueilli très-favorabieuient.

Pendant nos guerres de religion, le margrave Philibert, de la ligne de Bade» Bade , se laissa gagner par les huguenots en 1.S67 ; il amena un petit corps

(*) C.v priiico, nomniô IJcrnarJ II, ayant lésolu d'abdiquer en laveur de son second frère et de se relîrer dans un cloftre, Tefnpereur Frédéric III exigea qu'avant de quitter le monde il se rcnflît dans les princifMilos cours de l'Europe , pour les engager à prendre part à une croisade contre les Turcs, qui venaient de conquérir Conslantinopic. Ce fut à Paris que le margrave alla d'abord remplir sa mUsioQ. *

de cavalerie au prince de Condé. Mais, intininle des menaces de l'Empereur, il retourna au parti catholique, leva ensuite un eorps de 9,000 bommes pour le duc d'Anjou, et perdit la vie en 1509, à la bataille de Moncontour , à TAge de 33 ans- Un des descendants' de Philibert a laissé à la France des souvenirs d*une gloire qui nous a été bien funeste : nous voulons parler du prince qui est devenu si célèbre sous le non) de Loui^ de Bade. Le mariage de Ferdinand«Maximilien, son père, avec Loiiise-Christine de Savoie-Cai ignan (*), fut célébré à Paris. Louis naquit dans cette capitale , le 8 avril 10fi6, et eut pour parrain Louis XIV. Reinarauons, en passant, que, par une singulière coïncidence chez les trois ennemis les plus redoutables du roi de Franee, le prince Eugène, cousin du margrave, naquit aussi à Paris, ^t Mariborough servit d'abord sous les ordres des généraux français, dans les auxiliaires anglais. Rappelé dans son pays , Ferdinand-Maximilien ne put ja« mais décider sa jeune épouse à cnanger Versailles pour Hade. Il fut forcé de faire enlever l'enfant, âgé de trois mois, et ne revit plus la noière. Cet enfant grandit, comme on sait, pour combattre et vaincre souvent nos plus habiles généraux , qui se vengèrent eu dévastant son pays , en incendiant sa résidence , pendant quMl gagnait en 1689, pour un empereur ingrat, la bataille de Nissa.

Cependant , lorsque les événements le ramenèrent sur le Rhin, il protégea efficaeement le territoire contre une nou* velle invasion des Français. La paix de Ryswiek lui rendit ses possessions sur la rive gauclie du fleuve, ses seigneuries du Luxembourg , perdues par les réunions de Louis XIV. Mais la forteresse de Keld, bâtie par Vauban, ne fut d'abord qu'un laible dédommagement (1699) pour les millions engloutis par tant de désastres.

Quelques années après, il s'ouvrit sur son territoire des négociations^ entre l'Empire et la France , négociations qui aboutirent à la paix de Bade (voyez Badb [traité de]).

{*) Fille de Thomas - Fran<^ois , premier prince de Carigaan, et de Marie de Bourbon»

760 fiBBMANIQUE (Empire) L'UNIVERS. GERMANIQUE (i^œpire)

Quant aux princes de Bade-Durlachj qui devaient hériter des biens de sa maison en 1771, ils avaient aussi vu, depuis Tannée 1689, les troupes françaises occuper à plusieurs reprises leurs États, et leur faire éprouver des souffrances inouïes. Rétabli , sans aneune indemnité , par la paix de Ryswick , le margrave FrédéricMagruts n*eut pas même le temps de guérir les maux de ses sujets. La guerre pour la succession d'Espagne interrompit ses travaux. En 1708 , il se réfugia à Béle. En 1707 , quand le maréchal Villars for^ les lignes de Stoilhofen, le rnéme nsilele reçut. Les Bàlois durent encore offrir fhospitalité à son fils , qui vit les dernières années de son règne troublées par la guerre des Français et des Impénaux.

Sous son successeur, Charles-Frédéric, les calamités publiques furent réparées assez promptement.

Lorsque éclata la révolution française, le petit pays de Bade était peut-être rÉiat Je plus heureux de TAHemagne ; mais sa position entre l'Autriche et la France devait nécessairement le faire souffrir. Les armements furent un fardeau qu'allégèrent d'abord les dépenses faites par les émigrés français et les troupes de Tondé. Cependant, en 1796, Moreau passa le Rhin. Défaits sur les bords de la Mourg, à Benchen et Ettlingen , le margrave de Bade et le duc de Wurtemberg achetèrent un armistice auquel adhéra l'électeur de Bavière.

Comme ces princes ne recevaient aucune protection de rEmpire , ils n'avaient d*autre parll à prendre que de conclure une paix particulière nvec la France; en effet, elle fut signée à Paris. Bade cédait toutes ses possessions en Alsaee , en Hollande , amsi que les îles du Rhin. De plus, l'armée française devait séjourner dans le pays, et recevoir 20,000 fr. par mois jusqu'à la conclusion de la paix avec rAutrfche. Ce fut par Biberach , à travers la forêt Noire et le val d'Enfer, que Moreau exécuta ensuite sa fameuse retraite. Les préliminaires de la paix, dictés à Campo- Formio , furent portés au congrès de Bastadt. On sait conimrnt ce congrès fut rompu par la guerre qui éclata en 1799, et couronné par un affreux assas-

sinat, dont les instruments portaient l'uniforme autrichien. Bade fut de nouveau écrasé; mais, en revanche, le traité de Lunéville (1801) toi accorda, contre Tattente générale , un considérable accroissement de forces. Bonaparte voulait à la fois reconnaître le mérite d'un prince éclairé, et le rendre plus puissant par égard pour son voisinage.

Charles-Frédéric fut élevé à In dignité d'électeur, et reçut, dans le Palatinat, les bailliages de* Bretteoberg , Heidelberg et Lodenbourg , avec la ville de Manheim ; puis les territoires des évéchés supprimés de Constance, de Bàle et de Spire, et les droits de l'évéché de Strasbourg sur certaines parties de son territoire; enfin v plusieurs abbayes et un assez grand nombre de villes impériales, en tout un territoire de 64 milles carrés, avec plus de 2â0,000 habitants et 3 millions ae florins de revenus.

En 1805, lorsque la troisième coalition se forma et que les armées françaises se portèrent sur le Rhin , il ne restait aux faibles princes qui habitajent ses bords qu*à serallfer aux aîglesfrançaises.

A la paix de Preshourg , le pays de Bade fut constitué coinnie nous le voyons aujourd'hui. L'électeur eut toutes les anciennes possessions des ducs de Zccliringen , et en prit le titre. Six mois après, il adhéra à la confédération duRhm, fut gratifié de la dignité de grand-duc, et devint altesse royale; quelques autres accessions de territoire suivirent.

Les victoires des Français en 1809 valurent au grand-duché les bailliages de Homberg, de Rothweil, de Tûttfingen, d'Ebingen, etc. (Voyez Confbde- £ AT ION DU RhiiN, touie V, page 541 [par erreur 537].)

Char /es • Louis - Frédéric, devenu grand-duc en 1811 , fut assez prompt à oublier tant de bienfaits. Apres la bataille de Leipzig , il se sépara de Napoléon, dont les Badois suivaient les aigles depuis 1804. Il avait épousé, en 1809, la fille adoptive de l'empereur des Français, Stéphanie Beauharnais, cette digne amie de la reine Hortense (*). Parmi

(*) Tous les Français ont visité les eaux de Bade, pèlerinage àujourd'bui &i célèbre.

GBRMANIQUK (Empire) FRANCIi:. «BBMANIQUE (Empire) 761

les plus courasf ux champions de la liberté gennauique, le peuple d'outre« Rhin proclame les membres indépendants de la seconde chambre de Bade.

Il n'oiiblift passons doute que si, à partir de 1830 surtout, cette ciiambre donna à TAllemagne Fexemple et l'impulsion de toutes les réformes , si ce fut un des plus petits , mais aussi des plus florissants t^tats de la confédération, qui, le premier, revendiqua les droits de la patrie commune, tombés en oubli defAiis les promesses de 1813 , c'est que les patriotes en y élevant la voix se sentaient forts du voisinage de la France; c'est

aue le pays s'appuyait sur le prestige *une liberté nouvelle, dont le reflet tombait sur lui des bords opposés du fleuve.

2** Elain hessoU. Pharamond, si toutefois il a existé, était, dit-on, fils de Marcomir, chef des Cattes, ancêtres des Hcssois. Peu de temps après que Clodion, son lils , eut passé le Khin, eu 455, le nom des Oittes disparut. La Hesse était alors dépeuplée ; ses habitants avaient cherché des cliitints plus doux ; un grand nombre s'était fixé dans les Gaules romaines. Au cinquième siècle, la Hesse appartenait au territoire des Francs ripuaires que Clovis réunit à celui des Francs saliensï

Le lils de Clovis, Dietrich ou Théoderick, fonda Frankenberg, sur l'Edder, en face de Saxenbourg ( le château des Saxons). Cette ville , dotée ensuite de grands privilèges par Charlemagne, devint comme la cl^de ce pays ridie et florissant. La chute du royaume de Thuringe porta un coup fâcheux à la Uesse, QUI fut pendant des siècles le théâtre de fa lutte entre les Saxons et les Francs.

Après maints combats acharnés, les deux peuples occupèrent chacun une pari du uavs. La Hesse des Francs comprenait la plus grande partie de ce qu'on a appelé ensuite la Hesse inférieure (*). Au nord de ce canton , entre

gardent un touchant souvenir de l'affabililé de cette princesse envers ses compatriotes , de la vénération et de Kainonr dont elle est

entourée.

(*) Gassel, Frilziar, Wikluugen, WaldtM k. Melsungeo, Homberg, i^egenha^n, KothenbouiiK, Hcvtfeld, Mikiiden, Yitieohaa-

la Fulde, le Weser et le Diemel, s'étendait la Uesse saxonne. Au commence' ment du huitième siècle , les païens de la Hesse furent convertis au chrittiaf nisme, grâce aux efforts des missionnaires envoyés, appuyés par Charles Martel et ses successeurs.

Charlemagne conduisit les Hessois en avniit-^arde à la tête de ses Francs contre les Saxons , éleva des fortifications sur leurs frontières O et établit chez eux des comtes immédiatement soumis à son autorité. Mais bientôt ces gouverneurs devinrent indépendants.

Dès lors lepays n'eut plus de relations suivies avec la France; ses princes , au quatorzième et au quinzième siècle, aimaient ô envoyer leurs fils étudiera l'université de Paris. Mais dans l'histoire de la ^^uerre de Trente ans et dans celle des dernières révolutions politiques, nous rencontrons l'une des deux maisons reLMiantes, celle des landgraves de Hesse-CasseL s'opposant constamment à la préponaérance française en Alleni iiirie ; et si les princes ae Hesse-Cassel ont souvent né'jliiié l'occasion d'agrandir leurs États , il faut l'attribuer a la poursuite de ce système. ' Ainsi Maurice y un des princes les plus illustres de la maison de Hesse-Cassel, perdit, en 1023. une riche succession à cause de son entêtement pour l'émancipation rellfi^euse, pour le calvinisme, doctrine qu'il avait embrassée par suite de ses relations avec les huguenots française**). Guillaume son successeur, s*était mis, par son nostilité contre l'Empereur, dans la plus déplorable situation, quand Richelieu poussa Gustave-Adolphe sur la scène. Alors tout prit une autre face pour le landgrave.

Il leva une armée de 10,000 hommes, combattit en Westplialie , et entra au service de la France connue maréchal de camp. Ni la mort de son protecteur, CDseveh dans sa victoire, ni la perte de la bataille de Nordlingen, ne changèrent

sen, Lichtenau, Reicbcnbacb, Spangen-

berg, y appartenaient.

(*) Il en reste encore des traces à Uers* tell , sur le Diemel , et l'on voit les lignes qu'il creusa sur l'Odenberg, près de lu-' ii'Mi>l)fTg, où était alors la ville principale.

('*) On a publié réceinoieul la correspondance de Maurice avec Henri TV.

763 GEBMANIQUE (Empire) L'UjNIV£RS« GERMANIQUE (Empîre)

ses dispositions. Soutenu par un subside annuel delà France (*), il continua de faire la guerre à TEmpereur, dont iei troupes, pendant ce temps, dévas^ taient horribletnent son pays. On prétend qu'il périt empoisonné.

Sa veuve , AméUe-Èlisabetk de Hanau , se chargea de la régence. Douée d'un courage à toute épreuve et d*ane habileté surprenante, cette femmo vrniment héroïque ne fut pas ébranlée des mouvements que Ton se donnait autour d'elle pour abaisser son pays. N^étant

f>as préparée à h résistance, elle amusa es princes et l'Empereur par de feintes négociatioDS, pendant qu'elle faisait secrètement avec la France et la Suède des traités d'alliance et de suicides.

Enfin, lorsque tout fut prêt, elle reprit les hostilités. Ses troupes , réunies à celles de la France, se couvrirent de gloire , et quand on négocia la paix de Wcstphalie , ses- prétentions furent tres-elevées. Cependant elle obtint des indemnités considérables, et cela par la protection du duc de Longueville.

« Madame la Inndsrrave , disait-il , ui't « fait tantdt^ Ciiresses qu'Unie fautcon- « fesser que je ne parle c^u'avec quelque « passion pour elle. « L>véque d*Osnabrùck ayant représenté à l'ambassadeur français combien il serait scandaleux que Jésus-Christ et su divine mère fussent dépouillés {**) pour enrichir une £erome nérétique , « Il faut faire beau- « coup, lui fut-i! répoiulf!. eiifavpiird'nne a dame aussi vertuinise que madame la « landgrave. C'est pourquoi, Messieurs, « surmontes-vous vous-mêmes et don- « nez-tui toute satisfaction. >>

Charles, le petit-fils d'Amélie-Élisabeth, ne se souvint pas des bienfaits de la France. Il [)rit, depuis Tan 1688, une part très-active à la lutte des puissances européennes rentre TiOuis XIV.

Il en fut de même de ses fils. Aussi ' la guerre de Sept ans fut pour la Hesse une époque de malheur. Tandis que ses enfants versaient nu loin un sang »lont le prinre avait trafiqué , les Francis

(*) Deux cent mille riKlbalen.

(**) La régente ne demandait rien moinR

que les cvéchés de Fuld. de Paderboi n et de Minden, et une partie des électoraU de Mayenoe e( de Cologne, et de l'évéché de Mnmler.

et les Impériaux la désolèrent tour à

tour.

Les Français revinrent encore dans le landgraviat, en 1760, et y restèrent jusqu'à la pnix d'Hubertsbourg (*).

Guillaume IX , contemporain de la révolution de 1789, non content de fournir le contingent ^ù'il devait en vertu des lots de l'Empire , prit part, cotnme allié de la Grande-Bretagne, à la guerre contre la république ; cependant, il souscrivit à la paa de Bâie (1796), et comme indemnité pour la perte de ses possessions transrhenanes, il obtint, en 1803, plusieurs villes et bailliages qui avaient fait partie de l'électorat de Mayence. Élevé , le 25 novembre delà niême année, 5 In diL'nité d'électeur , il prit le nom de GuiliaU' me Lorsque la confédération du Rhin se forma, Guillaume fut vivement sollicité d*y accéder, et menacé de perdre une partie de ses possessions, S*il persistait à s'y refuser (**).

La guerre entre la Prusse et la France étant devenue imminente, Guillaume, lié avec la cnnr de Rerlin par des rapports de famille et par le titre de feldmareclial qu'il en avait accepté , crut pouvoir se sauver par une conduite pmdente; mais ISapoléon , traversant sa

f)olitique équivoque , avait résolu de 'anéantir. Dans un écrit officiel du 31 octobre 1806 , le chargé d*afrairfl8 de Tempereur lui communiqua la volonté de son miiître. Ce ne fut qu'avec peine que l'électeur réussit à mettre en sûreté sa personne et de plus ses richesses, objets de sa vive sollicitude (* •*). Dès le lendemain, le maréchal Mortier occupa C^assel et desarma les populations. I/é leclorat fut incorporé dans le nouveau

(*) Le htnilgrave Frédéric qui régnait alors u'eu aimait pas niuttiii les Francs, leurs moeurs, leur littérature, leur théâtre. Un jour, pendant un dîner an milieu d'une société toute française, uti des conviés s'écria : « Il n'y a ici d'étranger que monseigneur! m (••) Voyez Math. Dumas, voL XV, p. a54, (***) L'électeur confia une partie df ses millions au pere des barons de Roischild, qui vivait à FrancforL C'est par cette confiance de l'èlocleur que Phubile Israélite créa celte froinne rolossale qui aujourd'hui dicte dui iois aux peuplus el aux. prio-

OtaMAnOUB (Empira) FRANGE. QBBMANIQUE (Empira) 763

rovaiiine de TVestphalie et dans le graml-duché de I raiicfort ( voyez ces mots). Cassel devint la résidence de Jérôme (*)., L'électeur ne put rentrer dans ses États que le 31 novembre 1813, et régna, avec le titre d électeur, 80U8 le nom de GMaume jusqu'en

On sait que, îe 9 septembre 1830, le

Eeuple Jiessois entendit le signal de 11erté parti des rives de la Seine. Uo violent soulèvement éclata, et la bour^ geoisie s'arma pour assurer le triomphe légal de la révolution. Guillaume II dut abdiquer, et remettre la régence au prince éleetoral.

La maison de Hesse - Darmstqdi branche cadette de la famille souveraine de Hesse, a suivi , comme nous Favoos dit , une ligne politique toute différente de celle qu'adopta la branche atoée. Dévouée à 1 Empereur, elle vit, en 1C48, Turenne porter le ravage dans ses possessions , et la paix de Westphalie lui enleva tout ce qae pendant la guerre elle avait reçu aux dépens de ses voisins. Constamment elle prit part aux hostilités de r£mpire contre la France. Aussi le pays devint-il souvent le théâtre de la guerre. Le landgrave Louis X perdit, par la révolution française, qu'il combattit en toute occasion, ses possessions transrhcnanes , entre autres le comté de Hanau-Lichtemberg, sitiK" rn Alsace, dans les Vosges. En 1803, il céda plusieurs portions de ses États au grand-duc de Bade et au prince de Nassau-Usingen ; mais il fut ampl^ ment indemnisé par le duché de Westphalie, les villes de Wornis et de Friedberg, et plusieurs petits territoires. La création de la confédération du Rhin concourut encore à son agrandisso ment, ainsi que les traités qu'il fit subséquemment avec la Fraïu e et Bade. Tl prit alors le titre de grand-duc (1806), et le nom de IXAàs I*', Les événements de 1815 et 1816 amenèrent de nouvelles modifications de territoires, Louis perdit le duché de Westpiialie ; mais , comme il avait passé aux alliés en novembre 1818 , on le dédommagea , en

(*) La partie la plus belle de cette capitale est la nouvelle ville j dèsigaée aussi sous le wm de mUèfranfout,

lui donnant Mayence avec un districi entre la Moselle et le Rhin.

Les événements de 1880 ont eu è

Darmstadt le même retentissement que dans le reste de l'Allemasîne (*).

Il n'est pas jusqu'aux princes d'une branche collatérale de la maison de Hesse (les landgraves de Heue-Hombourg ) qui n'aient combattu contre nous dans la guerre de la délwrance des peuples germaniques.

A l'époque de la formation de la con« fédération du Rhin, ils furent dépouillés de leurs ^tats en faveur du grand-duc de Uesse - Darmstadt. Le congrès de Vienne les leur restitua.

9* Bruntwick. Ce^tuChé* qui* dans les premiers siècles du moyen âge , était une partie de Tancienne Saxe, avait été gouverné, sous Charlemagne et soua son fils, par des missi ou commissaires francs. IMais , depuis cette époque, SS8 relations avec nos ancêtres furent complètement interrompues jusqu'au seizième siècle, où le due Henri combattit contre les princes protestants de l'Allemagne avec 9,500 hommes, enrôlés des deniers de François T*^ <lô4ô).

En 1689, le due Bodolphe-j^uguite prit le parti de la Hollande contre la France; mais quelques années après, Telévation de la ligne de Brunswick- Lunebuurg ou Hanovre à la dignité électorale aigrit vivement son coréaent et conseiller Antoine-l'h ich, et il changea de dispositions ( outre ses cousins et contre l'Empereur.

Depuis la paixdeRyswIck, et surtout depuis Fouverture de la succession d'Espagne , il s'établit des relations intimes entre la cour de Versailles et les ducs de Brunswick- Wolfenbûttel. Ainsi Antoine-Ulrich envoya son fils aîné à Paris, et les ministres de Louis XIV, qui traversaient l'Allemagne , s'arrêtaient toujours à Brunswick, où ils étaient accueillis d*une manière qui inquiétait fort les gouvernements suédois, prussien et lianovrien. Enfin, par un premier traite, Louis XIV s'engagea à ne pas reconnaître le neuvième électorat (celui de Hanovre) avant que ces

(*) Les chambres ont été dissoutes le 4 novembre i833 et le octobre il$4, pour eaoïe d'of^osiMoQ.

7(>4 GBEMAJXIQUE (Empire) VVK

princes, comme ceux du reste de l'Allemagne , eussent obtenu satisfaction , et les ducs s'obligeaient, en revanche, à n*entrer en arrangement à ce sujet qu*avec l'intervention du roi. D'autres articles secrets menaçaient plus directement, disait-on, les intérêts de la ligne de Lunebourg. Une seconde et troisième alliance , signée le 1"" mars et le 23 octobre 1701, contenaient, de la part de Louis, la promesse d'un secours si les dues étaient nnolestés ou attaqués, et en outre d'un subside mensuel qui les mît en état de résister aux premiers coups en renforc.iiit leurs troupes. Guillaume lU d'Aiigleterre, ainsi ue le roi de Prusse, écrivirent aux ucs pour les engager à rompre leur alliance avec l'ambitieux ennemi du repos de TEurope. Cette proposition ayant été accueilne par un nfus formel, les troupes hanovrien nés envahirent le duché l'année suivante. Le duc Rodolphe en conserva un profond ressentiment contre la ligne de Hanovre. Mais Antoine-UlrieH , après le décès de son frère, se rapprodia d'elle et déserta le parti de la France. Sa petite -fille, F'Jisabeth-Christine, épousa, en 1708, l'arcliidoc Charles, le prétendant au trône d'Espagne, celui qui bientôt devint empereur sous le nom de Charles VL

Lorsque éclata la guerre de Sept ans, le due Charles y prit part en fournissant un corps à rarmée hanovrienneanglaise , mais surtout en y envoyant deux généraux dont l'histoire a retenu les noms , Ferdinand, son frère , et Charles - GuiUaume^Ferdinand , son fils. La malheureuse journée d'Hastenbeek termina , pour le due, la guerre avec la France. On lui accorda une prétendue neutralité, et on lui assigna Klankenbourg comme demeure pour lui et sa famille, tandis que le tnnrechal de Richelieu traitait son duché en pavs conquis. Cette occupation durajusqu a la rupture de la capitulation de Glostersevern.

Son successeur, ( ha lics-GuiUaume- Ferdinand, qui régnait depuis 1786, joua, comme on le sait, un rôle important au milieu des ennemis de notre révolution, et appela ainsi sur lui les regards de l'Europe entière.

En 1787, ce priuce avait pris le com-

^ERS. GERMANIQUE (Empire)

mandement de l'armée prussienne qui rétablit le stathoudérat en Hollande.

Dans l'espace de quelques semaines, la pusillanimité et la de>union avaient assuré son succès. Kn conduisant les mêmes troupes contre les Français, le duc, dont le pays était libéralement ouvert à tous nos émigrés, espérait le même résultat (1793). Son manifeste a ae(fMis une triste célébrité (voy. Brunswick [manifeste dej). Toutefois, après deux malheureuses campagnes , il offrit sa démission.

« Les champs de bataille d'IInstenbeck, de Hoya, de Crefeld et d'Emsdorf, dit un historien étranger ("), rappellent les plus glorieux jours de sa jeunesse. IMais son expédition contre la révolution française lui attira, à cause de l'indigne déclaration de guerre que sa main avait signée (**), de durs reproches et une longue haine.

Il ne contribua pas moins que les autres au peu de succès de l'mvasion en France; et si, vieillard de soi.\ante et dix ans, il se mit encore à la téte d*ane arméeen 1806; s'il ne montra pitis ces talents guerriers éveillés en lui par les leçons de Frédéric le Grand, il faut Tattribuer à la faiblesse de œt âge, qui ne peut Jamais croire qu'il soit en arrière du temps, »

Au commencement de 1806, le duc fit , par ordre do roi de Prusse, et dans la prévision de la guerre qui devait éclater contre Napoléon , un voyage à Saint-Pétersbourg. Après son retour, il prit le connnandement en chef de l'ar-

(*) Manso, Histoire t/e la monarchie prussienne (depuis i-ti'Sjtis<itt'à i8i5,t. ir, p. i3o.

(**) Le cumie de Schulenboiirg était , à celle époque, ministre des affaires élrangères ae Prusse à Paris. Il chargea , à ce qu'on prétend, un conseiller de lé^'ation , uominc Reuffiier, de rédiger le fameux manifeste. Celui-ci, dont la femme avait perdu un piorcs à Sirîi^hntn s;i ville !i?il,Hlt' , mit eu commun ses i-e&!>eutimeuUi personnels avec la haine que Schtilenbonrg avait vouée à la France, et trouva très- éloquent de menacer Paris du son de Jcrusalen». D'après la version, Brunswick signa, siuijilemeut le manifeste, sur rinvitatton du cabinet prussien, et se fit , tout calme et tout homme de bonne sociélé qu'il était, la réputation d'un furieux et d'un matamore.

G£BMANIQU£ (Empire) FRANÇR. GERMANIQUE (Empire) 765

mée prussienne. Mais i! ne lui était plus donné de soutenir un si lourd fardeau.

Il assista à la bataille d'ÀuersùJcdC (voyez DiCTIONNAIBB, t I, p. 490), et y fut grièvement blessé. Transporté à Brunswick, il se vit, dès le 25 octobre, obligé de quitter son château pour ne pas tomber au pouvoir d'un ennemi justement inipIacableC*). Il expira près d'Altona, le 10 novembre.

Le lendemain du jour où le duc sortît de sa résidence , elle fut occupée , comme le reste du pays , par les Français , et devint une des principales villes du royaume de AVestplialie.

Le prince héréditaire , Frédéric-Guillaume ^ s*était, comme tous les membres de sa famille, VQué au service de la Prusse. Après les désastres qui lui enlevèrent son héritage, il séjourna quelque temps en Suède, en Angleterre, et enfin M Autriche. Quand la guerre s'alluma, en 1809, entre la France et cette dernière puissance , il était à Vienne. Afûlié à ces associations secrètes qui étendaient leurs trames depuis Koenigsberg jusqu'aux bords du Rnin (**), jus-

(*) L*ordre do jour de Napoléon s'exprimait ainsi : "Ln maison de l'nniswîrk a ces.sé « de régner. Que le général Brunswick s'en » aille chercher une autre patrie au delà des « mers.Partout OÙ mes ironpes le trouveront,

M elles le feront prisonnier. »

«En i8n8, plusieurs hommes de lettres de Kœnigsberg, affligés des maux de la patrie, s'en prirent à la corruption géuérnle des moeurs; elle avait , selon ces philosoplies, étouffé le véritable patriotisme dans les citoyens , la discipline dans Tarmée , le courage dans le peuple. Les hommes de hien devaient doue se réunir pour régénérer la nation par l'exemple de tous les sacriBces. En conséquence, ils formèrent une société qui prit le nom d'' Union morale et scienti/iqiie. Le gouvernement l'approuva en lui iaterdisanl toutefois la politique. Cette résolution, toute noble qu'elle était. Se serait peut-être perdue, comme tant d'autres , dans le vague de la métaphysi(|ue allemande, mais le prince Guillaume, retiré dans sa principauté d'Oels , en Silésic , a])('rrnl. du sein de ce refuge , les premiers progrès de l'union morale dans la nation prussienne. Il sV affilia , et , le cœur tout rempli de haine et de vengeance , il conçut l'idée d'une autre ligue; elle devait se composer d'hommes déterminés à renverser kl confédération du Rhin et à chasser les

qu'en Italie, le duc de Brunswick-Oels (car c'est sous ce nom que Frédéric' Guillaume est connti en Allemagne) était encore en relation intime avec tous les mécontents de sa patrie : il se rendit en Bohême, où il leva un corps de volontaires. Son nom, sa bravoure, sa haine contre la France, attirèrent une nombreuse jeunesse sous ses drapeaux , et bientôt il parut à la tête de 3,000 hommes. Des habits noirs trèscourts avec des revers bleus, un shako ayant pour plaque la figure d'une téte de mort au-dessus de deux os en croix , distinjîtiaient la légion de la vengeance des soldats de l'Autriche. Après de petites excursions en Saxe, les noirs, comme les appelait le peuple, se réunirent aux Autrichiens et occupèrent Dresde, que le roi de Saxe avait quitté; mais le duc fut retenu par la prudence et la lenteur autrichiennes jusqu'à la défaite de Wagram. Alors le prince, convoijuant ses soldats, leur déclara u qu'il dépendait d'eux de séparer leiir sort du sien; que pour lui, il allait abandonner le sol de la patrie sur lequel pesait le joug du conquérant, et se rendre dans un pays libre, en Angleterre. » Tous s'écrièrent qu'ils étaient résolus à le suivre, à partager ses dangers. Dans l'audacieuse pensée de lutter seul contre la puissance de ÎNapoieou , au milieu de l'Europe soumise, il marcha immédiatement sur Leipzig avec 1,200 fantassins, 700 cavaliers et 6 pièces de campagne, et entra ensuite à Haiberstadt. Dès le 31 juillet, il était à Brunswick. Là, il déclara dans des proclamations adressées à son peuple, et que ses soldats aflichèrent dans toutes les rues, qu'il reprenait possession de l'héritage de ses ancêtres ; mais c'était là une bravade qui ne pouvait avoir d'effet. Le jour suivant, il vainquit, par ses exhortations patriotiques, rabattement de sa troupe, et par ses armes lesWestphaliensqui, sous Keubel , lui barraient le chemin vers OËlpen. Il

Français du sol de la Germanie. Celte union, dont le but était plus réel , plus positif que celui de la première , l'attira tout entière dans son sein, et de ces deux sociétés se forma kl vaste conspiration des yimis Je la vertu. » Ségur, tiisto 'u't de JSapoUon en i8ia, t. I, p. z8 et 19.

766 eBEHARIQUtt (Empirii) L'UN

arriva à Hanovre le 8 an;1t , passa le Weser à Nienbourg, détruisit le pont derrière lui, et marcha en deux colonnes sur Brème et sur Oldenbourg, menacé de foutes parts , ayant sur ses talons des troupes westphaliennes, hollandaises, danoises. Au moment où Reubel arrivait avec des forces supérieures , il

Sagna la mer è Blsflelh : neuf vaisseaux e guerre anglais qui Pattendaient le reçurent et le transportèrent, lui et les siens, loin du contment.

Ses soldats passèrent en grande partie avec lui dans la Péninsule, pour grossir les bataillons allemands qui roiiibcittirent sous les étendards nnulnis. Quand rheure des revers fut arrivée pour les Français, le prince aborda sur un vaisseau anglais, à Hambourg, lë 18 mai 1813; mais, ne trouvant aucune troupjs à commander, il se rembarqua, et ne reparut que pour prendre possession de son héritage, en 1814.

Quand >apolpon revint d-^ l'île d'HIbe, le duc, dont la haine contre la France ne devait s'éteindre qu'avec la vie, recommença ses armements et accourut; un des premiers, nvpc ses noîra, dans les plaines de la Belgique. A la bataille de Ligny, te 16 juin, il commandait les Brunswickois au plus fort de la mêlée, Iors(^u'il fut frappé d'une balle et emporte mourant loin du combat.

On connaît les malheurs de son Als Charleê'Friâêrie. Lê juste mécontentement de ses sujets le força , dans les premiers mois de 1830, de partir pour Paris avec ses trésors. L'entrée des Tuileries lui fut interdite, et bientôt la révolution de juillet le fit fuir à Bruxelles, d'où, eflVayé pnr une niitre révolution, il revint au bout de quelques semaines dans ses État.s, pour s'en faire chasser presque aussitôt; car nos événements de 1830 y déterminèrent une explosion terrible (*).

4*" Meckknbourg, nous avons peu de diose à dire de cette maiaon souveraine , quoiqu'elle soit la plus ancienne de

(*) Depuis lors, le prince Charles , apris

une tentative infructueuse pour rentrer en

Suâi>ession de ses États (novembre iHSo), éclaré par la diète incapable de régner , erra dans les pays étrangers. Nous t'avons vu diassé de France pour ivoir abusé de l'iioa* intalité qu'on lui avaii accordée.

^£ES' GERMANIQUE (Empire)

TEurope, et remonte aux Koralsy ou

rois obotrites du neuvième siècle (*).

Dans la branche de Mecklenbourg- Schwerin, nous mentionnerons Chris- Uan-Lonii i**, qui, divorcé de sa cousine après un mnrin^e de dix ans, et craignant les suites de sa mauvaise action, se rendit aussitôt à Paris, et^ embrassa, le 29 octobre 166S, la reh* gioo catholique; après quoi, le pape cassa son mariage pour cause de parenté. Quelques mois plus tard, te duc en contracta un autre avec la sœur du maréchal de Luxembourg, Tsabelle-Anpélique de Montmorency- Bouteville, veuve de Gaspard IV de Coligni , duc de Chàtiilun. Pour mieux témoigner son dévouement au roi de France, il joignit à son nom celui de Louis; bien plus, il résolut d'échanger le Mecklenbourg avec l'électeur de Brandebourg, contre le doché de Glèves. Mais rélecteur, quoique sollicité par Louis XIV, rejeta cette proposition. Après une absence de six ou sept ans, Christian, ayant conclu un traité d'alliance perpétuelle avec la France, reprit le oiemln de sa résidenne. Mnis sa femme se déplut souverainement, comme bien on peut croire, au milieu de ces vastes plaines sablouneuses, et Tobligea de la ramener sans délai à Paris, où lui-même passa désormais la plus grande partie de son temps. hn , il fournit des troupes à son puissant allié; ce qui, deux ans après, snimit un prétexte aux années de Danemark et de Brandebourg pour ravager son territoire. Cependant il finit par se brouiller avec Louis XIV, qui, en 1684, le fit pour quelques temps enfermer à Vincennes (**).

l^ne nutre alliance conjugale devait, de nos jours, rappeler Tuttention de la France sur ce petit duché.

La faiblesse et la situation topographique du pays de Mecklenbourg-Schwerin , ainsi que la principauté voisine (^Mecldenbourg-StrélUz\ ne permettaient

(*) Selon quelques» um, la maison de Mecklenbourg descendrait même du Vandale Get^ série qui >arra;;ra Rome en 4.^5.

(*•) Ses longue» absences mécontentèrent aussi les états de Meckleol)Ourg avec lest^uels il eut fréquemment de^ dilBcultés. ReUré à la Haye , depuis 16S9, il J SMunit SSOi pe»> térité ea xGya.

«EBMAHIQVS (Anpira) F&AMCË. fiMUMAHlQUK (Emfké) 767

ipaèn à em lonvmiiis au petit pied de traverser sans encombre les agitations des guerres de Napoléon ronfre la Prusse et la Russie, et pendant plutieun années leur existenee politique fut gravement compromise. Vn traité signe par eux, le 25 octobre 1805, avec le cabinet de Pétersbourg, ayant livré passage sur leur territoire aux troupes éa génér al Tolstoy, Napoléon avait fait occuper les deux ducbés par ses armées. Ils y étaient néanmoin.s rentres après la paix de Tilsitt, et avaient accédé, en 1808, à la eonMération du Rhin. En 1815, nouvelles alarmes. L t Prusse songeait alors à les absorber. Cependant le congrès de Vienne mit pour cette Ibis un terme à ces prétentions.

Le 30 mai 1837, le duc d'Orléans a épousé la sœur consanguine (indue régnant, la prinoe.sse Hélène- Louise- ÈU' ëobeth^ née à Ludwigslust, le 34 janvier 18(4, au feu grand-duc héréditaire et de Caroline-T.ouise de Saxe-Weymar, décédée en 1816.

â"* Nassau. La maison de Nassau est divisée, depuis f en deux branches.

La liiznr ottonienne ou cadette, qui

f>orte aujourd'hui la courontie de Holande, acquit au seizième siècle, par un mariage avec (^aude de Cbfllons, prin* cesse d'Orange, une illustration nouvelle. Le dernier prince d'Orange de la troisième race institua un de ces princes son héritier, et la famille d'Orange- Nassau prit poar devise : Je maiitilendrai (*).

Le rameau de Siegen, appartenant à la ligne ottonienne, s'éteignit en 1743. Cependant on vit encore en France un prétendant à l'héritage de Nassau-Siegen , postérieurniient n celte époque. Le dernier de ces prmces avait eie marié à une demoiselle de Nesie, fille du marquis de Mailly, tante de madame de Châteauroux. Avant abatidonnéson mari en 1715, la princesse accoucha en 1722 d-un enfant qu'elle déclara lils du prince de Nassau , sans doute en vertu de la maxime : Pafer is est, rte. Le innrî refus i de reconnaître cette progéniture comme sienne. En 17-16, une sentence

du conseil aulique vint aussi débouter

le prétendant âf. sa demande; mais le parlement de Paris, jugeant la question d'après le droit civil français, le reconnut, en 1756, comme prince de Nassau , et i! porta ce titre en France. Ce fut son lils qui devint si célèbre par sa vie aventureuse; entra au service de France à l'âge de quinse ans, en qualité de simple volontaire, et fut successivement aide de ramp, lieutenant d'infanterie, puis capitaine de dragons; suivit en 1766 Bougainville dans son voyage autour du monde; se distingua ensuite dans les années de France et d'Espagne, et fut appelé par Catherine II au commandement d'une escadre contre les Tares.

Plus tard , la coalition formée contre !a France réclamait les services du

e rince de Nassau; mais il lui refusa son ras , vint en France à IVpoque do traité

d'Amiens, afin de voir l'homme extraordinaire qui déjà semblait tenir dans ses mains les destinées de TEurope, et mourut quelques années après dans robscnrité. (Voyez Sé^ur, Mémoires <m souvenirs et anecdotes , V vol.)

La révolution française fit perdre aux princes de la ligue waira mienne ou atnée ie comté de Saarbrock avec plusieurs bailliages situés sur la rive gauche du Rhin, le tout ayant 20 nnlles carrés et 53,000 habitants. Le recez de 1803 céda en échange, à la branche é^Uski^ f/en, un ter ri to i re d e 86 m i I les ca r rés a v ec une population de 93,000 ames. Celle de ISas.snu- ff'^ei/bourg obtint en même temps de nouvelles terres, ayant une superficie de 16 milles carrés et 37,000 habitants, re qui éqin'valiit au double de ses |)ertes. Lors de leur accession à la conjédératian du Rhin (voyez ce mot) , en 1806 , ces princes virent encore augmenter leurs possessions d'un domaine de 3î milles carrés, comptant 84,500 habitants. Ce fut aussi du protecteur de la confédération que Tatné des Nassau de la ligne walramienne obtint le titre de duc et la [)résidence du collège des princes. Toutes les possessions de cette maison furent alors dé-

clarées réunies en un État souverain et (*) Le roi de Hollaude cootinne d'arboier indivisible.

cette Ueviae, bien que les é\ t'in mrnls récents PouSSés au comble depuis 1818 , l'ir-

eo aient uu peu compromis 1 exactitude. ritation et le raécouteatement des habi-

768 «BEMANIQUB (Empirt) UUM

tant s du dudié se réveillèrent et se

manifestèrent avec une vivacité nouvelle après le mois de juillet 1830. Le duc sembla en marquer son ressentiment lorsqu'en 1836, sollicité d*aooéder a la ligne des douanes prussiennes, il profita d'un assez mauvais prétexte pour se d^ager d'un traité de commerce conclu deux ans auparavant àvee la Firance.

0» Oldenbûûrg.'JHm relations avec les princes de ce pays, en grande partie compris dans l ancien cercle de Westphalie, et borné au nord par la mer d'Allemagne, et sur tous les autres points par Ip Hanovre, ne commencent guère qu'en 1H03, où nos traités avec les puissances germaniques lui valurent plusieurs acquisitions importantes. L'Oldenbourg fut néanmoins la dernière principauté d'Allemagne qui accéda à la conféoération du Rhin, puisqu'il n'y entra que le f4 octobre 1808. Deux ans après (14 décembre 1810), l'empereur des Français dépouilla le duc de ses États, qui formèrent les deux départements oes Bouches-du-Weser et des Bouches-de-l'Elbe. Cette décision violente irrita le cabinet de Snint-Pétersbourg(*), qui n'accepta pas plus que le duc les indemnités offertes par la France. La guerre ayant éclate entre Alexandre et Napoléon, Pierre-Frédéric-Louis leva la légion russe- germanique, et le prince héréditaire se distingua à la bataille de Borodino.

Le duc régent ne rentra dans sa capitale que le 27 novembre 18 13. I.e congrès deYienno lui ronférn , en 1815, la dignité de grand - duc , et lui céda la princi^uté de Birkenfeid , auparavant comprise dans le département français de la vSarre. Disons quelques mots d'une enclave de l'Oldenbourg , de la seiymurieete Kniffhausen, comptée parmi les puissances indépendantes qui font partie de la confédération , et le plus petit de tous les États de l'Kurope. Kn 1807, Tïapoléon en adjugea la souveraineté au nouveau royaume de Hollande. Un sénatus-consulte de 1810 réunit ensuite ce pays aux possessions françaises.

(*) La maison Holstein-Gollorp, qui moula Biir le trône de Ru&sie, se part<igeait en branche aînôc ou msw, branche suédoise, branche d'OldeoboargelbmiclM de Lubeck ou d'£utio.

i^ERS. GEaMlGNT

Màîs , en 181S , rarmée russe occupa la

seigneurie.

7" JnhcUt. A l'époque de la réforme, un des princes de cette nuiison , /oodUm^Emest , jouissait d'une telle réputation dans i'Iîmpire et à Tétranger, qu'en 1.585, après la publieatlotj de l'édit de Nemours, le roi de Navarre lui écrivit lui-même une lettre , qu'il lui fit remettre par Jacques de Ségur, sieur de Pardaillan, l'exhortant à venir au secours des protestants de France.

Henri m, de son edté, le pria de lui permettre de lever, dans son pays, des troupes destinées à combattre ses sujets rebelles, et lui offrit pour un de ses fils une cornette de cavalerie. Le prince d'Anbalt, dans sa réponse au roi de France , se plaiiinit de la manière dont on traitait les réformés, et déclara qu'il ne pouvait refuser aux deux partis la feculté de lever des recrues dans son pays , mais que sa conscience lui défendait qu'un de ses fils aidât à verser le sang des chrétiens.

Par égard pour le prince à*j4nhalt' Dessau, Napoléon respecta l'indépendance du pays d'Anhalt, et le ménagea dans ses guerres. Eu entrant dans la confédération du Uliin avec les princes d^Ànhalf-Koethen et Bemtowrg, Léopold- Frédéric- François prit le titre de due M807\ Cependant, après avoir beaucoup souffert des sacrilices exieés par son protecteur (*) , et des marcnes continuelles des troupes qui traverversaient le pays, il entra, en 1813, dans la confédération germanique.

Le duc de Roethen vint à Paris en 1835, et y embrassa, ainsi que son épouse, la foi catholique. Il mourut sans postérité le 23 août 1830.

Ce qui nous resterait à dire de nos relations avec le reste des petits États de la confédération se réduirait à rappeler que tous durent im accroissement de puissance et de considération au fondateur de la confédération du Rbîn, et furent forcés, en 181S, de se déclarer pour les alliés.

Germicnv (bataille de). — Après la levée du siège de Compiègne en 1430, Xaintrailles , enfermé depuis quelques

(*) le contingent anhaltais fut détruit en E<;pa^ne, puis assiégé à Dtntzidi quand il eut été renouvelé.

FRANCE

GRRBflNAL

heures dans Germigny avec une faible garnison , apprit, le 20 novembre, qu« Tavant-^arde du duc de Bourgogne t'aTancait en désordre Ters Ja forteresse, *et que Bourguignons et Anglais chassaient le renard dans les champs , sans rien redouter du capitaine fran-

gis et du petit nombre de ses gens.

}s hommes d*armes n'avaient même pas revêtu leurs armures. Xaintrailles exhorta aussitôt les siens à prendre les ennemis au dépourvu. En peu de moments, les Bourguignons furent défaitSt tués ou pris. Xaintrailles retourna ensuite à Compièiîiie.

GEaMiGNv (M. de), baron de Germolles, nommé ambassadeur de France à Constantinople en 1579. Ce sage ministre, succédant à François de JNoailles, qui avait dû négocier auprès de Sélim II un emprunt de trois millions d'écus d*or, et la cession du royaume d*A]ger, en faveur du duc d'Anjou, devenu depuis roi de Pologne, sut taire oublier ces demandes indiscrètes, et défendit, suivant ses instructions, les intérêts de toute la chrétienté à Constantinople. Plusieurs puissances y avaient des ambassadeurs, mais elles n*y figuraient mt à fabH de la bamaiére de Fiitnce, Ainsi ce fut M. de Germigny qui ménagea le premier traité de commerce et d'amitié entre l'Angleterre et la Perte Ottomane,.. Hume dit à ce sujet que les Turcs avaient cru jusqu'alors que la Graiide«fireta(pie dépendait de la France.

Jacques Savary, qui succéda à Germigny en 1585, se plaint du traité que celui-ci avait conclu en faveur de l'Angleterre, sans songer que l'nmbassadeur ne lit qu'obéir à la teneur de ses instractions. Germigny était un profond homme d'État; il avait parfottement jugé la Turquie, et il donna nu roi, sur la politique à suivre avec la Porte, de sages conseils, que Henri IV mit ensuite à profit. La correspnondance de Germigny a été imprimée à la suite de y illustre' Orbandale y ou Histoire de Châlon-mr-Saône. I^es émiuents services que cet ambassadeur a rendus à ]h France et à la chrétienté auprès d*une nation engoiUfée et comme submergée en toute sorte d'avarice et de corruDtion, et menacée, comme il le préait

lui-même, d'wn proche ébranlement, se trouvent aussi rappelés et résumés dans une Relation fort intéressante présentée par lui-même auroyteZOée mars 1585 (*\

Germinal (journée du 1 2). — Comme l'insurrection du l^*" prairial, dont elle n'était que le prélude,- cette journée tourna au désavantage du parti populaire , qui , depuis le 9 thermidor, n'avait cesse d'essuyer de nouvelles défaites, telles que la suppression de la Commune et la liermetttre du club des Jacobins.

La réaction avait fait tant de progrès, que les thermidoriens, dantonistes euxmêmes, commençaient à se voir déborder, et (jue plusieurs, entre autres, Thuriot, I^eonard Kourdon et Lecointre de Versailles, s'étaient séparés du parti contre-révolutionnaire pour se réajok aux thermidoriens hébertistes, d^ maltraités depuis longtemps, et à ceux des membres de la IMontagne qui , depuis la chute de Robespierre , ne s'étaient pas tournés contre le peuple. La principale cause de cette division avait été la rentrée des girondins proscrits.

£n effet , à partir de ce moment , les restes de la faction dantoniste durent céder le pas à la nouvelle Gironde, en faveur de qui le rappel antérieur des soixante et treize députés détenus à Brest avait fait pencher la majorité , et qui, de plus, avait l'avantage d'avoir pour chdf un homme bien supérieur à Tallien,

iNous voulons parler de Sieyès, qui ne jugea à propos de reprendre la parole qu'à IVpoquc où le rappel des girondins proscrits parut possible, et qui fit son entrée au comité de saiut public peu de temps avant le 13 germinal. Son ancienne réputation et sa liaison avec Boissy-d'An^las et Rewbell, alors en faveur auprès de la majorité conventionnelle, firent bientôt de Sieyès le personnage dominant de l'époque. Tallien lui-même , qui , depuis le 9 thermidor, se croyait presqu'un nouveau Danton, était réunit maintenant à se soumettre ou à se lancer dans une lutte inégale. L'influence de Sieyès fut d'autant plus grande que, depuis fort long-

(*)| Arch. cur. de l'hist. de France, t. X de la prmiièrt aérie, p. 173 et raiv.

T. viii. 49' Livraison. (Dict. kihcycl., etc.)

m QwnUAh L'Vl^EBS. evMiniAi:.

temps déjà , il était inspirateur secret du parti contre- révolutionnaire. Quelque chose de faux, de sombre et d'égoïste se faisait remarquer dans son intelligence aussi bien que dans son caractèvf : cependant il ne manquait pas 4*un certain mérite, et, sous 9uelaMes rapports, il réunissait aux qualités d'un publiciste distingué quelques-unes de eeiles qui caractérisent Thonime d*Êtat.

Gomme Robespierre, qu'il avait plus d*une fois adulé en particulier dans le temps de sa puissance, Sieyès était grand partisan de l'unité gouvernementale, s'il a*était séparé des girondins en 1793, c'était au moins autant par dédain que par peus : il n'avait pas voulu se cou)promettre en faveur d'un parti

Î|ui' manquait des premières notions de a science du gouvernement, et qui^

Sour cela, était condamné à tomber ans le fédéralisme. Mais, autant par pécheresse de cœur que par étroitesse d'esprit, Sieyès avait épousé d'une manière exclusive le parti de la bourgeoisie contre celui du peuple. A ses yeux, la classe moyenne était tout, et le reste rien ; pour lui , le tiers état se composait de ce qui n'était ni noble ni ouvrier; et il confondait dans une même ))aine le peuple et les émigrés. Aussi peut-on dire que, tout en appréciant les avantages de la concentration du pouvoir, il n'avait qu'une idée incomplète de l'unité, puisqu'au lieu de chercher à réunir la bourgeoisie et le peuple dans une association qui seule peut assurer leur bien-être et leur repos, il les divisait en deux camps ennemis; écueil que Robespierre avait voulu éviter, Slirtoot dans les derniers temps de sa carrière. Loin d'imiter .Maximflieja qui , après la défaite de la Gironde, avait tout fait pour arrêter la marche des ultra-rc- VOlutionnaires, Sieyes accéléra le cours de ii^ contre-révolution jusqu'à ce que le parti populaire cilt été impitoyablement écrase. A l'époque qui nous occupe, on Douvait s'arrêter sans danger, puisque b ^urçeoisie avait amplement regagiié le terram perdu depuis le 31 niai; la réaction n'en tint pas compte, elle marcha toujours droit devant elle, et fit suQG^er a la première terreu^ une seconcjle terreur que n'expliquaient plus les dani^er» de la. pittrie, et qui nafr

lait plus devant aucun moyen , denuis la guillotine jusqu'à la femine et ras*

sassinat.

T^e désir de réprimer ces excès et de faire cesser la famine, voilà quelles furent les deux principales causes de l'insurrection au 12 germinal.

A ces deux motifs vint s'en joindre un troisième, mais beaucoup moins évident, et qui ne venait qu*en seconde ligne : c'était d'empêcher la majorité de s'abandonner à ses sentiments de rancune contre les chefs du parti populaire, et de flétrir toute la révolution dans la personne de Billaud- Varennes, ColIot-d'Herbois, Barrère et Vadier. Le plus ^rand nombie des citoyens n'approuvaient pas tous les actes de ces hommes ; Billaud , Collot et Vadier surtout étaient plus que répr^ensibles; mais, déjà deux fois, la Convention avait déclaré calomnieuses ou repoussé les dénonciations lancées contre eux ; et on ne comprenait pas pouriioi elle était revenue sur ses propres ecisions, si ce n'était pour provoquer des disputes qui tendaient à déconsidérer Pancien comité de salut public.

Quant ji la famine, tout le monde s'en affligeait, exce|)té les meneurs des deux partis qui espéraient en faire un Instrument, ceux-ci de révolution, ceux-là de contre-révolution. Vabolition subite du maximum avait eu'l)our conséquence un renchérissement immédiat des denrées de première nécessité; puis l'agiotage, dormais à couvert derrière le principe de la liberté du commerce, succédant tout à coup au principe contraire, avait amené une disette factice qui n*en était pas moins cruelle pour le peuple. Le mal augmentant toujours, iîoissy-d'Anglas qui, on iK sait trop pourquoi, avait remplacé Rohert-Lindet dans le département des approvisionnements, se présenta devant la Convention le 25 ventôse f 15 mars), et proposa , pour assurer a chacun une part sutlisante de subsistance, de réduire chaque individu A liné livre de pain. Sur la proposition de RommCi fa ration des ouvriers fut portée à une

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