‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 29 sur 198 · FLAGELLANTS · texte numérisé non relu

FLAGELLANTS

mies furent mises en déroute et chassées de plusieurs villages qu'on livra aux flammes. On s'empara même de -Fiume-Freddo; mais les habitants se

retirèrent dans le fort , et comme les Français n'avaient point d'artillerie, ils ne purent s'en rendre maîtres.

FLâGELLANTS. — Vers le milieu du treizième siècle , l'Italie avait vu naîtra sur son sol dévasté par les Ejnerres civiles et souillé de tous les crimes , une secte de £inati (|ues inconnue jusqu'alors. Ces pénitents, liommes et femmes, de tout rang et dp tout àîzr , poussés par un inexprimable besoin d'expiation et animés d'une ardeur qui devint bientdl contagieuse, se répandaient en processions dans 1rs villes et les campagnes, armés de fouets, les épaules découvertes , et se frappaient jusqu'au sang en obsemint certaines pratiques de dévotion. D'Italie, ils passèrent dans nos provinces, et surtout dans le Midi, où ils firent beaucoup de prosélytes, et laissèrent le germe de ce grand nombre de confréries de pénitents de toutes couleurs, qui s'v sont perpétuées jusqu'à nos jours. Cependant cette singulière hérésie, poursuivie dans tous les pays où elle avait pénétré, par les armés spirituelles et temporelles des évéqups et des princes, disparut presque entièrement vers le commencement du quatorzième siècle.

Mais la grande peste noire qui , en 1348, moissonna un tiers des habitants de l'Europe, rendit aux populations, avec leurs anciennes terreurs, toutes leurs vieilles superstitions. Partout l'exaltation relifrieuse se réveilla, et avec elle la secte des flai:el)ants. Cette fiè?re pénétra en France nar la Flandre et la Picardie; mais à 1 ouest elle ne spml)le pas avoir dépassé Reims. A l'est , elle se répandit surtout en Alsace et en Lorraine. Des populations entières allaient sans savoir où , par bandes de cent à deux cents |.énitents, chacune sous la conduite d'un chef appelé le général de la dévotion. Ces sectaires portaient sur les épaules un manteau blanc avec une croix rouge, ils marchaient deux à deux , la tête et le visage voilés, ou couverts d'un chaperon également décoré de la croix , et se tendaient aux églises dès qu'ils entraient

dans une ville; puis se dépouillant jusqu'aux reins, ils s'arrêtaient sur les places publiques, se frappaient avec des ' fouets armés de pointes ae fer, et ebantaîent des cantiques qu'on ii*avait ja* mais entendus :

Or «VMitt «BtM nottt tùiu (tètv, Sattans iim ^»mgw» bien fort.

En rpineiiibi-ittit la frraiit'iiiisère

I>(f Dieu et »a piteuse mort > '

Qui fut pris en la gciit aia^e, *

Et vendu et trais à lort,

Bt battu sa ctur Tierce et êkn.

An MMD 4» ce, liatioa» |»liit fort» «le. (*).

Sfi|^n<>iir que ce pèleriiia>;e te soit ftttMi agféeble Que l'entrée do Christ i Jériualetn.

Alon qu'il inMit une crais k la nuiiQ. AiyiNira'btti que iioat aeeoiii|4is»om notre pieux

pèleriuage,

'Soii-nniis en nidr , Lim aimé Sauraor* Par le mérite de lun sang divia Que ta as répandu sut la crois Pour nous misérable* qm uoua aounes.

Lea voies nous sont ourerte* enfin Qui conduisent ari rnv.iiniie de Noti^DaiM. •Sois nous en aille hien aimé Sauveur.

Il nous faut riil rcpri-ndre cette pénitence, Afin (le niir-iik coinpUire à Jésus-Christ Qui sié»e dans le royaume d«mn père.

C'eat ce dont nous te prions tous t Noos t'en prioas , 6 J^sus-Cbrist , Qui es puissant dans tout l'univers 1 (**)

Avant d'accomplir leur sarrifice expiatoire, ils formaient un grand cercle, au milieu duquel des malades , des lé> preux, des aveugles, des paralytiques se faisaient transporter dans l'espoir d'y trouver leur guérison. Telle était la foi que le peuple avait en eux , qu'à Strasbourg on alla jusqu'à leur présenter un enfant mort. Ou citait d'ailleurs une foule de guérisons miraculpu es.

Un autre préliminaire de la flagellation générale, c'était une expiation sommaire que ces malbeureux requéraient leur chef de leur faire subir. Ils s'étendaient tous à terre dans diverses positions, qni^ indiquaient la nature des |)échés qu'ils avaient à expier. Ainsi, un parjure élevait les trois doigts de la main ; un adultère se mettait à plat ventre; l'ivrojgne feifjnait de boire; le joueur agitait la main comme si elle eut tenu

(*) Ptdjjié par M. Maztire, bibliothécaire de Poitiers, dans une disserlatiuii curieuse.

(**) Ce cantique était chaulé par les ila- ^hnts qui panirenl en Alsace. Il était en vers et en vieil idiome allemand. Kœnigsho ven le cite daus sa Chronit^ue d'AUacu, écrite eu i386.

110 mmMim lunivers. nAeti^i^imm

un cornet de dés (*). Le général de la dévotion passait ensuite de Tun à Tautre, en adininistraol au pécheiur des

coups de discipline au prorata consciencieux de la f'ravité de ses fautes. Alors seulement ils se levaient pour la pénitence commune. Cette flagellation sanglante avait lieu deux fois le jour. Les sectaires suivaient ce régime pendant trente-trois jours et douze heures , en fhonneur du nombre d*années que Jésus-Christ avait demeuré ici^bas. Une telle série de pt*nitenres était ce qu'ils appelaient une dévotion , un pèleri' nage; elle suffisait au salut individuel du flas^ellant ; mais la pénitence générale d e V 'lit ri u rer trente4rois ans pour TFurope entière.

Pour être reçu à accomplir cette mission d'ex{>iation universelle, il fallait, après avoir reçu les sacrements, se dé-

{>ouiller des passions qui résinent de par e monde; déposer tout sentiment de haine, de vengeance; cesser toute relation avec une £eaime , briser méine les liens du ninriasie. r.a vie des cotifrères de la Croix était, en principe du moins, très-sobre; ils ne devaient accepter ni seeours, ni aumônes, ni nourriture sans l'autorisation de leur chef ; et les règlement'-; de rassoeiation ob[i^('aient les récipiendaires a justilier des moyens de subvenir à leur entretien pendant la durée du pèlerinage. Orrlinairement Ils ne restaient dans chaque ville qu'im jour et une nuit. Touché , comme il arrive toujours par une si hérofmie abnégation de soi-même , le peuple forçait - souvent le magistrat de leur ouvrir les portes , allait au-devant d'eux , les accompagnait à leur départ, et de nombreux adhérents restaient souvent associés à la confrérie ambulante (**).

Inquiets des suites que pouvait avoir une semblable exaltation, les membres du clergé i^émurent, non moins nue les princes temporels , des progrès aes flagellants. Une dévotion si peu conforme à Tancienne discipline pouvait produire

(*) Hmog, anoaiiste d'A-lsace.

(**) AStnuixwif fptm de mille peneuiies,

suivant Kœnîgshovea, liv. v, § 84, se joignirent, vtis i3>9, aux flagellants, dont on vit, peuduul plus de six mois, des baudes

plus ou moios fortes aaiver dans Im mm de cette ville.

des déré^lemeats fune^es. CoiQBie tous les enseignements adressés à k fîMils, €t adoptés par les masses, ees pfé4ioa»

tions prenaient nécessairement une expression hostile; elles ne pouvaient manquer de s'attaquer à la puissance des grands et des prêtres. Dans Tin* tention évidente de soustraire la direction de leurs exercices à l'inlluence du clergé, les llagellants, quoiqu ils en admissent les membres parmi eui, ne leur permettaient pas d'assister «uxooBciliahules secrets , ni de parvenir aux dignités électives de la coiurérie. Leurs Opinions religieuses étaient loin d*ail« leurs d*étre orthodoxes ; ils enseignaient que le snng versé dans les flagellations était niiMe a celui de .lésns-Christ ; que Teau bénite n'avait pas plus de vertu que Teau ordinaire, parce que rhomme ne peut, par ses bénédictions, rendre les choses meilleures que Dieu ne les a faites; que les Uagellations, étant volon-> taîres, devaient être préférées au martyre ; qu'il n'y avait pas de pur^^atoire en l'autre vie, et que les suffrages des vivants ne servaient de rien aux morts; que le sacrement de l'autel ne contenait pas réellement le corps et le sang de Jésus-Christ ; qu'il était inutile de confesser ses péchés aux prêtres; que toutes les âmes des homines avaient été créées en même temps dès le oommencement du monde; qu'il ne fallait pas observer les jeihies ordormés par les prêtres, excepte ceux de la veille de Noël et d« l*As8omption ; qu*il ne fal* lait pas hcii 1 ( r le.s statues des saints, ni la croix de Jésus-Christ, etc., etc.

De pareilles doctrines devaient inquiéter plus sérieusement l'Église que les bizarres prati<iues observées par les flagellants; aussi Clément VI dénon^a-t-il , dès l'année i;J48, la nouvelle hérésie à tous les évéques de la chrétienté. Il tança contre elle , le 18 octobre de l'an* née suivante, une bulle que lui dicta Philippe de Valois (*). Dès lors les puissances séculières et ecclésiastiques s'accordèrent pour' arrêter la contagion.

Les docteurs de.Sorbonne , et particulièrement Gerson , les frappèrent de leurs censures.; le roi ordonua de kur

( ) Voyot lift AMdct de XnMsw, t U , p. oop.

FLAGELLANTS FRANCE. FLAHACT

courir sus, comme à des bêtes sauvages. Mais ces mesures furent longtemps sans effet. Les flagellants excitèrent des séditions, des pillages, des meurtres; enfin , on s'.ivisn fort judicieusemrnt de déconsidérer leur mission , en attaquant leur titre principal , une lettre mystérieuse qu*ils disaient avoir été apportée du ciel par un ange, datis réi^lisp fle Saint-Pierre, à Jérusalem (*). Devenus dès lors Tobjet de la défiance des ons , et des persécutions acharnées des autres, ilsiînirentparne plus rencontrer autant d'admirnlenrs et d'iideptes (**).

Cependant, à Moël 1349, on en coinptaii encore en France près de huit cent mille; et ee n'étaient pas seulement des

Sens du peuple, on voyait parmi eux es gentilshommes, d e nobles dames (***). Quoi qu'il en soit, cette secte diminua, et finit par disparaître complète^ ment, jusqu'à ce que Henri III leur ouvrit dfe nouveau le royaume. Ce prince,

aue les débauches et les cérémonies re-* gieuses pouvaient seules réveiller de sa langueur, avait vu pour la première fois des compagnies de flagellants, dans les rues d'Avignon, à son retour de Pologne. Aussitôt il s*y enrôla , de même que toute sa cour ; la ville entière se

fjartasea entre trois ordres de pénitents : es blancs étaient ceux du roi ; les noirs ceux de la reine mère; les bleus ceux du cardinal d'Armagnac.

Dès lors, « le roi et ses courtisans, et les I rincipaux des grosses villes, qu'il

On y £sait que Biea, touché par lei

supplications de la sainte Vierge et des anf;t'>;, avait renoncé à sa résolution de détruire la teire souillée de crinKs ; mais qu'il avait dérltré que 1rs IicRnnies qui Toudraient sauver >ttr Ame devaient sonir quelque tem|)S de eur pays ei iau\: pénitence en se diacipliobM m pubKe.

Ils s'étaient pourtant défendus avecvivaeiléet qnelquèfois avec adresse; uu prêtre leur a^ant demandé ciuflle était la i>ei:soane

3 ni avait écrit -«t loetlé cette letlre chimie, lui Uni répondu (\w c'était la même qui avait scellé l'Évaupile (Munster, Cosmograpfûa universalts, lib. m). Mais leurs arguments n'étaient pas toujours de cette mture. Lu dominicain qui s'opposait à toun prédication , fut lapidé par eux.

ContiiuMl.^ Gnill. deKan^, t. II »

^fxi.

engageoit à sa dévotion, emplissoienf les rues de Paris et autres grandes villes où il se prometioit , et puis les grands chemins, d'une étrange multitude de blancs-vétus, avec le fouet à la ceinture, chantant perpétuellement (*). »

Au reste , il n'y a pas un siècle qu'on rencontrait encore à Avignon et en Provence des ordres de religieux qui croyaient aussi honorer Dieuease£ustigêant publiquement.

L*abbé Boileau, frère du satlrii^e de ce nom , a écrit en latin une histoire des Ha^iellants, qui fut itnpriinée» à Paris en 1700, et traduite en frau^is rannée suivante.

Flahaut m la Billabdièbe ou BiLLABDERiE ( le comtc Augustc Charles-Joseph de), lieutenant général, naquit à Taris le 20 avril 1785. Fils d'un oflicier général , issu d'une famille de Pi(;ir(iic qui s'était illustrée dans la Ciirrière des ai fui s, il entra , a l'îige de quinze ans, dans un corps de volontaires a cheval organisé pour accompagner le premier consul en Italie. Il devint capitaine aide de camp de Murât, puis successivement chef d escadron dans un régiment de chasseurs h cheval , colonel aide de camp du prince de Neufcbàtol , et combattit avec distinction en Portugal , en Allemagne , en Espagne et en Russie. Promu au grade de général de brigadeen 1813, il devint aide de camp de Napoléon , se signala à la bataille de Dresde, et fut alors élevé au grade de général de division. Il se rendit, le 22 février 1^14, auprès des plénipotentiaires russes, autrichiens et prussiens, pour traiter, comme il l'avait fait déjà quelques mois auparavant , d'un armistice; mais ses propositions ne furent pas acceptées. Le titre de comte et le grade de commandeur de la Légion d'iionneur lui furent accordés dans la même année.

Le général Flahaut, a|>r^ le retour de nie d'Elbe, avait repris son service auprès de l'empereur; il fut nommé' pair de France, et défendit à la cham- Dre, après le désastre de 'Waterloo, le rapport du ministre de la guerre, atta« qué par ISey; donna des détails sur les opérations de Groucby; certilia que ce

O D*AaM|iié,fiv.iv»di.x.

it3 PLAMKL L*UN

maréchal arait alors 40M0 hommes

sous ses ordres, et appuya avec chaleur la proposition de Lucien en faveur de ISapoléon II. Après la seconde restauration, Talieyraiid fit rayer son nom de la liste des personnes qui devaient être exilées de France. Toutefois, on eng.igea M. de Flahaut è s'étoignerpour quelque temps. Rn 1830, il reprit sa * place à la chambre des pairs et dans les rangs de l'armée. Il a dejmis exercé diverses missions diplomatiques. Madame de Flahaut, dont les romans ont obtenu tant de succès, et qui épousa en secondes noces M« de Souza , était la mère du général.

Flahaut (madame de). Voyez Souza.

(madame de).

Flamabens, ancienne bnronnie de la Lomaf;ne , au bas comté d'Arnjngnnc (aujourdimi du département du Gers, arrondissement de Lectoure). Elle fut le partage des cnrlets des vicomtes de» Lomagiie Jusqu'au milieu du quinzième siècle , époque où elle passa aux cadets de. la maison de Grossolles« établie d*a« bord en Périgord , puis en Guienne.

Flambehge. — Ce mot, qui ne se dit plus aujourd'hui, et depuis longtemps , que dans le st^le familier, était le nom de la grosse epée du chevalier Ren aud de MonUniban,Vdîné des quatre au Jymon.

Flamël (^icolas), écrivain-libraire de la ville de Paris, sur le compte duquel coururent lons;temps les rc cits l'^s

{)lus mystérieux. Cethornmeavnit étonne e vulgaire par la rapidité de sa fortune. Les uns Tattribuaient à la découverte de la pierre philof ophale; les autres, à des rapports d'affaires avec les juifs récemment cliassés de France ( 1394).

Dans tous les cas , il en fit un noble usage; suivant la tradition , il soulagea les pauvres, fonda des hospices on il recevait des locataires pour une somme modique, enfin , il repara plusieurs églises, entre autres, celle de Saint-Jacqties-la- Boucherie, où il fut enterré.

Peut être avait-il contribué à faire répandre sur son compte des bruits merveilleux qui pouvaient donner une plus Jurande vogue à ses livres. Mais ces arts occultes, qu'on l'accusait de pratiquer, prêtaient pas sans dai ger. De là, Je soia eitréme qa*il mit à afficher sa

'£AS. FLAMBL

piété aux portes des églises. Partout «i

effet, dans les églises qu'il avait réparées, on le voyait en bas-relief, agenouillé avec sa femme Pernelle, devant la croix. Il mourut à Paris le 22 mars

Sa maison, où, après sa mort, on fit des fouilles à plusieurs reprises, dans Tespoir d*y découvrir des trésors, était en lace de Saint-Jacque>, au coin de la rue des Écrivains. On lui a attribué plusieurs ouvrages sur f alchiuùe; mais aucun dVux n*est authentiaue.

L'al)bé Villain a écrit V Histoire cri* tique de Flomfl , Paris, 1761, un vol.

in 12. Le hulletiu du Bibliophiie {année 1836, page 132) rend compte en ces termes de cet ouvrage : « Beaucoup de gens nutrefois raisoiuiaient ainsi : Voilà un pauvre terivain qui, au temps de Charles YI, du fond de son échoppe, parvint à acheter ou se bâtir cinq maisons, à édifier le petit portail de Saint- Jacques-de-la-Bouchei ie , plus un portail a Sainte-Genevieve-des-Ardi-nts, où Ton voyait sa 6gure agenouillée; plot la chapelle de l'hôpital Sainte-Geneviève ; il dota , en outre , quatorze hôpitaux et quatorze églises; il fit, en mourant, une énorme quantité de legs, et Ton publie vaguement qu'il était seigneur de sept paroisses en Parisis; donc son opulence effaçait cell(î des princes et des rois de son siècle ; donc cela est merveilleux; donc il avait trouvé de Ini-mème, ou acheté d'un juif, le secret de la transmutation des métaux en or, par le moyen de la poudre de projection. Le merveilleux platt au peuple ; aussi les contemporains ne manquèrentiis (las fie ■-aisir avidement cette conclusion merveilleuse; des écrivains la répandent ; elle plaît alors à des érudits comme Borel, doni Pernety, l'abbé Lebeiif et Lenglet-Dufresnoy ; elle prend du corps entre leurs mains, et pour peu que des critiques paradoxaux , tels qu'étaient MM. Desfontaines et Fréron , de Winnée littéraire, la défendent avec amertume contre les observateurs de sang-froid , il devient fort difficile à ces derniers de rétablir la vérité des choses, en dissipant les illusions mystérieuses de l'ignorance et de l'érudition. Ceci est , eu deux mots , toute l'histoire de Flamel et de sa femme.

FLAHEL

FRAr^CE. FLANDBE ET ARTOIS 113

"Le modeste et savant abbé Villain sut réduire ces richesses prétendues à des proportions naturelles, par des preuves tans réplique. Il rechercha, dfans les archives des fabriques et dans celles du Châtelet de Paris, les actes originaux des donations, transactions, procès, fondations et dispositions testamen* taires de Nicolas et de Perneile, et il en tira les conclusions suivantes :

1* qu'au décès de dame Perneile , arrivé en 1397, les biens des deux époux s'élevaient, en rentes, à 471 livres tournois, et en meubles, à 108 livres 19 sous parisis; ce qui, d'après la table de le Blanc, représentait, en 1761, moins de 40^^000 livres de capital; 2° que la so i me tntnle des le^s inscrits dans le testament de Fiarnel ne s'élevait qu'à 1,800 livres tournois en capital, laquelle somme représentait, en 1761, à peine 12,234 livresde capital; 3" enfin, que la totalité des bit'ns de Flamel , à son décès , pouvait s'élever à 1,197 livres tournois de rente, ou 92,000 livres de capital, valeur de 1761 . De ces faits, solidement établis, Tabbé Villaioputarguer que l'économie notoire des dcHix conjoints, particulièrement celle de Tépoux, expliquait suflisamment leur fortune , surtout si l'on savait que Flamel , à son état d'écrivain public , qui était fort lucratif à nne épouue où l'imprimerie n'existait pas et ou l'écriture était peu répandue , joignait l'état de brocanteur de terrains et de rentes. A 4'égard des cinq maisons qu'il possédait, point de mystère non plus, vu que le prix des terrains, des matériaux et de la main-d'œuvre était alors si modéré , que la Délie maison dotible €|u*babitait Flamel fut rendue , en 1428-36, pour 20 livres parisis.

A l'égard des fondations de rentes faites en faveur de quatorze hôpitaux et de * quatorze églises, pas çfais de mystère ; car ces fondations ne dépassaient guère, l'une dans l'autre, dix sous parisis. Enfin , pour ce qui concerne les constructions de portails et de chapelles, il faut également renoncer au merveilleux ; car Nicolas Flamel, écrivain juré, libraire et brocanteur, était aussi architecte ; et il a bien pu construire ces édilices, d'ailleurs très-simples, avec les déniera des fidèles ajoutés aux siens. »

T. Yiu. S* lÂtraiton, (DïGt, s»

Flandbe et Artois , 1" jusqu'à leur réunion au duché de Bouraogne, Avant rinvasion des Gaules par les Romains , les contrées septentrionales de ce pays, qui depuis s'appelèrent Flandre et Artois , étaient divisées entre plusieurs nations indépendantes. Les Atrébates occupaient l'Artois, les JServiens et les Ménapiens, la Flandre. Ces peuplades, habitant au milieu d'immenses marais ou de forêts impénétrables, étaient lès plus sauvages de la Gaule, et ne déposaient jamais les armes. Elles furent les dernières à subir le joug de César, qui forma de leurs cantons la province de la seconde Belgique, Cette province , voisine des pays habités par les barbares, fut plusieurs fois envanie par eux.

Dès l'an 293, les Francs avaient obtenu un établissement dans le pays des Nerviens, à condition de défendre les frontières contre les autres barbares.

Amiens , Beauvais et plusieurs autres ▼illes de ta seconde Belgique reçurent successivement leurs coUtnics. En 406, ils (icfcndirent vaillamment le Rhin contre la grande invasion desSuèves, Alains, Vandales et Bourguignons. Succombant au choc de tant de nations, ils furent rejetés un instant au delà du fleuve, et laissèrent la Belgique en proie aux Germains. Mais, environ vingt ans après, étant parvenus à réparer leurs pertes, ils rentrèrent dans ce pays , où leur domination resta confinée jusqu'à Clovis.

Après la mort de ce clïef , la Belgique fit partie du royaume deSoissons, de la Neustrie.

Depuis le temps de Clotaire II, la Flandre était, dit-on, gouvernée par des grands veneurs OMjoreiUers héréditaires (voyez ce mot). Sous Charlemagne , un seigneur nommé Lidéric était revêtu de cette dignité; il administrait sous la surveillance d*ua comte et d'un évêque, envoyé royal.

Cette contrée reçut dans le même temps de nouveaux botes, les belliqueux Saxons , qui devaient la défricher. C'était un proverbe commun du temps de Philippe le Bel et de Philippe de Valois, que Charlemagne, en mêlant les Saxons avec les Flamands, d'undiable en avait fait deux. Le fameux Roland était alors gouverneur du paya d'Artois.

lYGL., BTC.) 6

114 rLAHDBE ET ARTOIS L*U1VIV£RS. PLAHDEB ET AETOIS

Baudouin ifÀrdemes , dît Bra$ de

Fer^ ou mieux, de Jer^ III* comte de Flandre C) et orrière-jutit fils de Lidéric, sut habilciuent proii(er des troubles de PEinpire pour consolider soq autorité dans cetje province. Il poussa même rniidare Jusqu'à enlfvt^r Judiih, fille de Charles le Chauve et veuve de deux ro s d'Auj^l^-terre. Il brava longtemps la colère de TEmpereur et celle de l'I^iilise, dont le faihie Charles invoqua les foudres contre lui. Enfin , réconcilié avec son beau-père, il fut, en 802, réintégré dans ses dignités. Il mourut en 879 , à Arras , sa capitale. Son domaine comprennit , outre la Flandre proprement dite, r Artois et la Picardie, its^étendait depuis la Somme jusqu'aux bouches du Svyn et de l'Escaut. A était parvenu , malgré les fréquentes incursions des Normands, à ranin)<»r un instant dans sa province le commerce de draperies et (rétoffes. Il y avait attiré des ouvriers habiles , et fondé Tordra des tisserands, qui devint plus tard Pun des trois ordres ou métiers de Flaor dre-

IV. Les principaux événements du règne de Baudouin II le Chauve, (ils et successeur de Baudouin d'Ardennes , sont une guerre heureuse qu'il (il au roi Eudes, parce q^ue ce prince lui avait re* fusé l'abbaye de Saint-Wa. st d'Arras; de nouvelles courses des Normands ; l'assassinat de Foulques, archevêque dQ Reims, qui avait exeoininumé^auUoiiiii çomme déprédateur des |)iens eedésias? tiques ; enfin une longue guerif* COQtrci Herbert 1" de Vermandois.

V. 918. Jmoui /*% le Fieux ou ^ Qm^, Guerre portée deux fois en Normandie, par te fils de Baudouin II et par \m\^ d'OMtcçiuer \ guerrç mtre le^

(*) C'est à tort qu'on regarde Baudouin comme ie premier comte héréditaire de Flandre. Un manuscrit da doniiènie siècle cité dans un« dissertation que M. Marchai a lue à rÂcadémiede BruxtiUes en i83A , dk îwmellemeut : iÀdtieus genuit Ingélramimm eomiiem; ingêlrtamuts gtmuit Audttcrum; Audacer ttenuit Ralditinum Ferrf.um.Audacer comef obiU (&64) ; lialdu'uuts succedens Juiitk dê$fH»uat4l. Ainsi avant BaudotUii, il faut classer parmi les comtes hévéditoirea d« f lan^re, I. Jn^eù-amne, IL Auda^rg,

hongrois; guerre contre 1^8 opQitfifl d«

Ponthieii.

VI. 965. Jrnoul II y le Jeune y était fort jeune lorsqu'il succéda à son aïeul, Anioul I*'. te roi Lothaire, profitant df sa minorité, entra en Flandre avec une armée, et s'empara de Douai et d'Arras. Art)oul ayant refusé, eu 987, de reconnaître ilu^^ues Capet , celui-ci le çhassa de ses États, et le contraignit de se réfugier auprès de Richard , duc de Normandie, 4^ le réconcilia avec le vainqueur.

Vfr. 989. Baudouin ir U Barbu succéda également en bas âge à Arnoul.

Il enleva en lOOG, au comte de Hai* naut, le château de Valenciennes. Expulsé par son propre fds, en 1028, il fut rétabli, grâce aux secours de son beaufrère , Robert r"" de Normandie, mais ne put recouvrer qu'une autorité chancel'>ote , dans un pays déchiré par une foule de guerres (Mirtioulières. Il appuya la reine Constance et son Gis Robert dans leur rébellion contre Henri I""; niais ses troupes furent défaites, et il lui fallut prêter nommage.

Vlli. 1034. Baudouin surnommé dp Lille ^ le Débonnaire ou le I riaon , lils (le Haudouin IV, eut de longs et sanglants deméiés avec l'empereur Henri ÎII. En 1060, le roi flenri I'' lui recom* manda en mourant son jeune fils et son royaume. Baudouin , qui avait épousé i^ue Utlc de UoUert, maria une de9 «ien* Qes à Guillaume le Conquérant.

DC et X. 1067. Bmfdimin f^h ^ ^ Mans ou le Bon, succéda à son père.

Kobert. son frère cadet, s'en alla, en chevalier erfant, chercher fortune en tout pays , et Unit par s'em))arer de la Holiando et de la Frise. A la mort de Baudouin (107U). il dépouilla ses neveux de leur héritage. Philippe r% sar la prière da Biobilde de Hainaut, leur mère, essaya de prendre leur défense ; mais il fut' battu près de Cassel , et le jeune conUe Âmoiù IIJ le Malheureux, rallié des deux prioGes pour lesquels le Toi de France avait pris les areaes, péril dans la fnêlée (1071). l;e vainqueur demeura des lors possesseur de la Flandre, et fonda une domination redoutable dans le Nord.

XI. \ 071. Robert le Frison, le comU aquatique g aj^rès avoir repoussé à JBro«

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