ERS. FÊTES
à n'en pas douter, un reste du paganisme gaulois. T.es détails suivants sont extraits et traduite d un récit fait en patois du pays :
« Dès que le jour a paru , et que Paube vermeille se répand sur le sommet des montagnes, quatre bergers aunoneent la féte au son des fifres et des trompettes. Après avoir parcouru le village, ils se rendent chez le plus âgé des habitants, qui , sous le nom de vénérable, doit présider à la cérémonie.
Us prennent ses ordres et recommencent leurs fanfares , en prévenant tous les habitants de préparer une omelette.
«Chacun s'empresse d'exécuter cet ordre, et à dit heures, tous munis d'omelettes, se rendent sur la plaee.
«Une deputation , précédée des bergers qui font de nouveau entendre leurs instraments champêtres, se rend alors ebez le vénérable afin de lui annoncer que tol't est prêt, et elle revient avec lui au lieu de la réunion. Le vieillard, que les acclamations des assistants ont accueilli, leur rappelle en peu de mots l'objet de la féte; puis tous, se rangeant autour de lui, forment une chaîne et exécutent une farandole , leur plat d'omelette à la mains Le vénérable donne alors le signal du départ, et la foule, précédée (>ar les bergers qui continuent a jouer de leurs instruments, se dirige vers un pont de pierre qui se trouve à rentrée du village. Là, ehseun dépose sou omelette sur les parapets, et tous se rendent dans un pré voisiu , où les laraudoles recommeucent jusqu au moment oà le soleil parait. Chaeon court alors reprendre son omelette pour l'offrir a»i soleil, à l'exeuiple du vénérable, qui, téte nue^ élevé sou plat vers l'horizon. Cependant l'astre du jour ae lève, bientôt ses rayons éclairent tout le vil* lage; le vieillard donne alors de nouveau le signal du départ; etJa foule raccompagne jusqu'à sa demeure ; puis, cbacun rentrant chez soi, va manger son omelette en famille. Le soir on se rassemble encore, et les familles se réur nissent pour fe&tiner. »
D'autres vallées du Dauphiné présentent les joyeuses solennités des P ogues ( fêtes patronales ) , ou les réjouissances patriarcales des agriculteurs.
Une dis ^lasai dn JHMdMmorl iat
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connue sous le nom de plané de Mai on
des Bouviers. C'est Iri que . suivant un iisao;e répandu dans presque toute la France (*) , les laboureurs vont planter le mai le 80 avril de chaque année; c'est une sorte de prélude à la ff'te des la* boi/reurs j qui a lieu à la Pentecôte.
Autrefois la solennité durait trois jotift. Le premier, les euttÎTateors assistaient à la m«8se avec des bouquets d'épis ; leurs syndics portaient des houlettes ornées de rubans. Au sortir de l'église, on allait sur la place des Bouviers danser autour du mai. Des banquets champêtres, des farandoles et des danses remplissaient la journée.
La fête du lendemain était encore plus gaie. Les acteurs , montés sur des mules bien harnachées et ornées de rubans , portant chacun en croupe une femme ou une fille de laboureur , parcouraient , avec la musique , les fermes des environs. Ils distribuaient dans chacune le pain bénit , donnaient des sérénades et faisaient danser les habitants- PartuuL une table bien servie les attendait.
La troisième journée était la plus solennelle; c'était celle où l'on tirait la raie, le sillon. La population presque entière se réunissait dans un champ oi^ les ai;riculteur8 concouraient ensemble à qui tracerait le sillon le plus profond, le plus long et le plus droit, mal|;réles difficultés que Ton avait multipliées à dessein pour éprouver leur habileté, T)ps nruirimmnies adjugeaient ensuite le prix au plus digne.
£n taisant revivre cette antique féte en 1818, Tadministration l'a réduite à un jour.
Elle se célèbre aussi dans les environs de Faïence. Là , le roi de la féte, choisi par les jeunes gens, a pour sceptie une pique couronnée d'épis ; et tous les assistants portent à la boutonnière un bouquet d'épis. L^i première journée se passe en réjouissauces ; le lendemain on se rassemble dans les champs ; chacun y mène sa rhnrrne , et l'on figure les travaux du labourage.
Lu général , les villes de ces contrées ùBêf mmtme partout aillsurs, laissé
(*) A Paris les basocfaieas plantaient jadis lemai dans la eo^ du palai» de jmtiee.
perdre les vieux usages. Aiiiîrt , on he tonnait plus que par tradition le rotràunie des js/otrci.s , qu'on fêtait autrefois le l""^ mai à f ienne en Dauphiné, et qui ne le cédait point en turpitudes à I épiseopat de l'Ane on drs fnns.
Quatre goujats, dont les m.i^istrafs approuvaient le choix , se rendaient le matin, dans une giiinde nudité et le corps noirci , au palais de l'archevêque, qui leur nommait un roi et bénissait leur troupe , a laquelle se joignaient les meimîers et houlangers de la ville , tous à cheval et armés ; de là , les Noircis allaient au monastère de Saint-André, dont l'abhesse leur donnait pour reine la plus belle de ses pensionnaires, après leur avoir fait jurer de ne pas la déflorer.
Les Noircis^ ayant à leur téte leur»
roi et leur reine , allaient ensuite entendre la mesAC qu'on célébrait en l'honneur de saint Paul; puis, un ermite figurant ce saint, les accompagnait à cheval, portant eu bandoulière un baril de vin, uu pain, un ja bon, et devant loi un sac de cendres. Les joyeux roinpa<znons couraient alors les rues, jetant des poignées de cendres dans les yeux de ceux qu'ils rencontraient , injuriant toutes les personnes dont la conduite n'était pas régulière.
On regardait ces ^(lîrris comme les correcteurs des mœurs j mais souvent ifs n'étaient que des diframateurs. Une chose remarquable, c'est que ces quatre Othrilos daufihinois eiaipnt nommés par r archevêque, le chapitre et deux abbés.
A Lyon a disparu de même la féte
où l'on portait en guise d'étendard, devant l'etligie d'un lion , emblème de la cite, les larges chausses des Suisses, trophée d'une victoire remportée autrefois par les Lyonnais; on v a de niénip supprimé pins tard la fête annuelle du Cheval /oL Celle-ci semblait une allégorie de Témeute populaire : un homme fhisant mouvoir un cheval en carton , avec son f avalirr également en carton, et qui portait la couronne en téte, y courait, sautait et ruait au milieu des rires et des buées de la population (*).
(•) Histoire de Lyon, par Bid>y«, liv. lUy ch. 5i ; et liv. iv, ch. le.
12 FÊTES
Ces montures burlesc(ues figuraient, comme nous avons déjà eu l'occasion de le remarquer, daos les fêtÊê du tempB passé.
A Montluçon existait, avant la révolution , la confrérie des Chevaux-Fugs ou du Saint-Esprit. Elle avait été instituée en commémoration d'une défaite éprouvée par les Anglais dans un des faubouriis de la ville, C(*lui de Presle {Prxliuni), dont le uoni rappelle le souvenir du combat. Chaque année , à la Pentecôte, on célébrait l'anniversaire de cet événenient. Les confrères, vêtus comme des soldats du quatorzième siècle, dansaient sur la pince publique une espèce de pyrrbique; ils entre-choqiiaient leurs armes en cadence; les uns tombaient à terre subitenieut comme s'ils eussent été blessés à mort, ' les autres simulaient une fuite; quelques-uns portant des chevaux de cnrton qu'ils semblaient enrotircher, figuraient une charge de cavalerie ; puis , au son d*uiie musique milttairè, ils parcouraient la ville, et s*an*étaicnt successivemejitchez le preiiner mni^istrat, chez les ronieliers, à Teiilree du faubourg de Pitisie, cl sur la place du chdteau; ils allaient même quelquefois jusqu*à l'extrême frontirio du I5nurbonn;iis et du pays de (À)nibraille. Les cordeliers les régalaient de leur mieux, et le sei-
Eeur d'Argenty (à 10 kil. de la ville) ir donnait une certaine quantité de mesures d'avoine qu'ils vendaient surle-champ pour eu employer la valeur à un joyeux festin.
INous ne nous arrêtei otis point à décrire les spectacles si vijrics qu'offrent les apports du Bourbon) lais , les hacheleries ou bacheltttes du Poitou , les pardon» de la Bretagne , les dédicace»
des Ardennes , etr. , etc. Nous préférons passer à la Cliampa^ine, à la Bourgogne et à la Normandie , où les fêtes locales , celles du moins qui jouissaient jadis de la plus grande renommée, étaient revêtues d'une pompe bizarre, tantôt religieuse, tantôt profane.
Parmi les antiques solennités de ces provinces , on remarquait les Jêtes des Aîu's , des Innocents, les Diableries y les messrs des Fous , la promenade de la Mère Jolk de Dijon , celles del'.-ibbé de» Canards , la procesi^ion de la Cr ar-
FÉÏES
gouille , etc., dont nous avons parlé ailleurs (voyez Fous , Diablebies de CHÀItXOllTy FiSBZB et GAieouiuA).
Mais une autre féte non moins remarquable, et que nous n'avons pas encore eu occasion de décrire , c'est la féte de VÀssomption à Dieppe.
En 1443, les Anglais bloquaient cette ville sous les ordres du fameux Talbot. Déjà les habitants commençaient à perdre courage, lorsque le dauphin (depuis Louis XI) accourut à leur secours et força rennemi à abandonner le siépe.
Pour rendre grâces de son premier fait d'armes à la sainte Vierge , Louis lui éleva une statue d'argent pur de prandeur naturelle; les Dieppois, de leur eôté, voulant éterniser eette mémorable victoire , instituèrent une cérémonie qui fut appelée Mitourie» de la mi-aoàt. En effet, chaque année , à cette époque, on eboisissait plusieurs jeunes tilles dont la plus belle représentait la Vierge , les autres , les nlles de Sion; un prêtreet onze laïques costumés en apôtres portaient la Vierge couchée dans un lit environné du clergé, des nunimes, des capucins, et suivi des magistrats de la ville. Parmi eux étaient mêlés des hommes chargés de jetî^r aux spectateurs des poires molles qu'ils appelaient milouts. Cette procès* sion se rendait à Téglise , dans laquelle était élevé, sur une tribune , un théâtre représent int le ciel. Un vieillard vénérable, couronné d'une tiare, était assis sur les nuages , parsemés d'étoiles et surmontés d'un soleil d'or; c'était le Père éternel. Des marionnettes de gra!i*i<'iir naturelle n^uraient les chérubins , parcouraient l'air, battaient des ailes , sonnaient de la trompette et faisaient jouer un carillon. Dès le commencement de la messe , deux anges descendaient, prenaieut dans le chœur une effigie de fa Vierge, et l'enlevaient dans le ciel où le Père éternel la couronnait et lui donnait sa bénédiction.
Pendant toutes ces cérémonies dramatiques , un personnage bouffon nommé Gringalet ou Grimpetvltti» égayait la féte {inr des grimaces , des contorsions et des culbutes; il allait d'un côté à l'autre de la tribune , ouvrait les bras d'un air de surprise , applaudissait, se
L'LMVKRS.
FÈT£S
FRANCE
PÉTES
couchait de sa longueur pour faire le mort , se relevait , courait se cacher sous les pieds du Père éternel ; enfin, fiaisait mule singeries.
' Cette cérémonie se terminait par une «présentation de mystères , qui se donnait sur un théâtre plar»' devant l'hôtel de ville, par des mascarades, des feux de joie, des repas , des assauts de poésie connues sous le nom de Puys de Dieppe. Mais, en 1647, Louis XIV, passant à Dieppe , à l'époque des mitonnes, vit représenter les pasquinades de Gringalet et les trouva peu décentes. II les défendit, et dès lors cette fête tomba en désuétude; c'est à peine si aujourd'hui on en retrouve le souvenir dans une foire qui a lieu le 14 août de diaque année.
A Évreux, c'était le l*'*' mai que le clergé se mettait en gaieté en célébrant one fête appelée la Procession noire.
Clercs , bedeaux et enfants de chœur se rendaient alors , avec croix et bannière, dans le Bois-l'Ëvéque , situé près de la Tille, pour y couper des rameaux destinés à parer les images des saints dans \€S chapelles de la cathédrale. Ils en revenaient couverts d'une épaisse Terdure et faisaient en route mitle extravasaiices , jetant du son dans les yeux des passants, obligeant Ips uns à sauter par-dessus un balai, faisant danser les autres malgré eux. Parvenus a la eathédrale, ilseo sonnaienttoutes les cloches avec tant d*ardeur, qu'il leur arriva souvent de les casser. L'évéque voulut un jour mettre ordre à cet abus; mais les clercs méprisèrent ses défenses , i^empatèreot des clefs de l'église, et poussèrent même l'insolence jusqu'à pendre par les aisselles , aux fenêtres de Tun des clochers , deux chanoines qui y étaient montés, de la part du cha-
f>itre , pour faire exécuter les ordres de 'évêque; et ils sonnèrent ensuite pendant quatre jours. Dans la suite, un diaeie nomnié BoiOeiSe fonda, avant de mourir, un obit qui tombait h Fépoque de cette féte, et qui était accompae de circonstances assez bizarres :
testateur avait ordonné qu'on étendnit sur le pavé, au milieu du chceur, pendant l'obit, un drap mortuaire, aux quatre coins et au milieu duquel on mettrait cinq bouteilles de vin , au pro-
fit des chantres qui auraient assisté à
ce service.
Cette fondation du chanoine Bouteflle fit dans la suite donner au Bois*
rÉ\ éque le nom de BoiS'(ie4a'BouieiUe,
Kn effet, par suite d'une transaction faite entre le chapitre et l'évéque, celuici s'était obligé, pour éviter la destruction de son bois , à faire couper , par un de ses gardes, autant de oranches qu'il y avait de personnes à la procession;'mais la distribution des rameaux durant assez longtemps , on avait inmginé , pour passer le temps, de faire un repas champêtre , où l'on buvait largement, en se jetant à la tête des galettes appelées casse -museaux.
Maintenant encore, le 23 juin de chaque année , la confrérie du Loup" i^ert, à Juviiè^/ps, va chercher son nouveau chef dans le hameau de Conihout; e'est là seulement que Tusage permet de le choisir. Celui auquel on donne le titre de f.oup-vert revêt une large houppelande verte, et se couvre la tête d*un bonnet vert de forme conique , très-élevé et sans bords ; puis il se met en ti^nrche à la téte des frères , et l'assorintion s'avance, bannière en téte, au bruit des pétards et en chantant l'hymne de saint Jean. On sait que la féte de ce sniiit tombe le 24 juin.
Apres l'oflice, on ret<»urne chez le Loup- vert, où est servi un repas tout en maigre; puis on danse devant la porte en attendant l'heure à laquelle doit s'allumer le feu de la Saint-Jean.
La nuit venue, un ieune homme et une jeune fille , parés ae bouquets et de guirlandes de fleurs, mettent, au son des clochettes , le feu au bûcher. Dès que la llnmme s'élève on chante le Te Deum i puis un paysan entonne , en patois normand, une espèce de parodie de VUtqueanf Iaxis, tandis que le Loup et les frères, le chaperon sur l'épaule, et se tenant tous par la main , poursuivent autour du feu celui qu'ils ont dé* signé pour être Loup Tannée suivante.
Le premier et le dernier de ces singuliers chasseurs ont seuls une main libre; il faut cependant qu'ils enveloppent et saisissent trois fois le futur Loup, qui, en cherchant à leur échapper, les frappe à coups redoub'és d'une jurande baguette. Lorsqu'il est enfin pris , ou le
14 rèn» rUNiVERS. wtrm
porte au bOpiier et l'on feint de Ty jeter.
OOvSe rend ensuite chez le Loop, où Ton 8oa|M encore en maigre. Pendant
ce repas , toute parole inconvenante ou ptrao^ère à la solennité est interdite , et l'un des convives, revêtu de la charge de censeur, agite des ciochettes quand
on n'observe pas cette règle, et impose à celui qui la tr;ins<2;resse, l'oblifiation de réciter debout , a haute voix, le Pater nostêVi mais l*apparilion du dessert, on le bruit de rhorlo2;e' sonnant minuit, délivrent les confrères de toute contrainte et donnent le signal Ue la plus entière liberté. Les chansons bachiques ftucbêdent alors aux hymnes religieuses, et les niîires accords du niénétrier peuvent à peine se taire entendre et dominer les voix détonnantes des joyeux compagnons.
T.(' lendemain, 21 juin, la fête de snint Jean est célébrée avec la même gaieté. L'une des cérémouie.s de cette léte consiste à promener, au son de la mousqueterie , un énorme pain bénit à plusieurs étoiles , surmonté d'une pyramide de verdure ornée de rubans; après quoi les clochettes, déposées sur les Jparcbes de l'autel , sont confiées , eomme insif^nes de sa future dignité, à celui qui doit être Loup-vert Tanuee suivaijt^.
Il existe dans le pays une vieille tradition que nous ra( otiterons en peu de mots : Sainte Austrebertbe venait de fonder le luonastère de Savilly, dont e|!e était la première abbesse ; c'était à ses religieuses qu'était confie le soin de bK'Uirhir le lin;^e de la sacristie de .lumières, dont vSavilly n'est pas éloigné
• de pli|S de 16 kilomètres. Un âne transportait ce linged'un monastère à l'autre, et, dans ces temps de dévotion fervente, on n'avait pas cru nécessaire de le faire escorter au moins d'un simple guide:
^ son sacré ûirdeau le protégeait assez. Un jour pourtant, le malheureux animal rencontra un loup qin* , sans res-
{»ect pour les clioses sauttes , se Jeta sur uî et le dévonu Mais Austrebertbe avait entendu les cri» de sa pauvre mon- \\\vv\ p\W nrcotiriit, ett-ndit la main sur le meurtrier, el lui ordonna de se charger du fardeau de sa victime. Le loup obéit sans rounnarer, et , jusqu'à
sa mort , il remplit les fonctions du baudet. La confrérie du Loup-vei t au* Tait été , suivant la tradition , Institué» pour perpétuer le souvenir de œ mi*
racle ;*>
JNous venons de voir un U>up figurer dans une léte comme personnage principal ; c'était un dne qui jouait ailleurs
C(* rôle (**); voiti une procession oij cet honneur est décerne a un renard. Un grand nombre de villes avaient, au nioyèn âge, Xmt procession du renard^ où un homme, vetu de la peau de cet animal et couvert (run surplis , paraissait successivement la mitre et la tiare en téte. Cet animal , oubliant souvent ses pieuses fonctions, pour sati>faire son appétit glouton , se jetait sur la volaille qu'on avait eu soin de mettre à sa portée , et la dévorait en présence des assistants et à leur grande satisfaction (***). On assure que Philippe le Bel, prince très-gallican, aimait beaucoup cette procession. Les ravages causes par le renard étaient, pour lui , remblême des exactions du pape* dont il se plaignait ainèremi^nt.
A ChâiotiSf le jour de la nativité de saint Jean -Baptiste était signale par une procession champêtre assez semblable a celle d'Évrenx , et qui n'a été abolie que dans le cours du dix-septieme siècle. Le chapitre de la cathédrale se rendait alors, à cheval avec tout le cler^'é , à une demi-lieue de la ville ; là, les chanoines coupaient avec des serpes des branches d'arbre ; et, à leur retour, ils s'en servaient pour orner les autels et les statues de la Vierge et des saints. Ils et;ii) lit escortés par le peuple, qui portait aussi des rameaux et jonchait de leuiliage le chemin de la procession verte.
La mf?me époque ctait cclébréeà Provins avt'i' des cérémonies particulières.
« Aujourd iiui encore, dit un historien de cette ville, quelques paysans allument chaque année sur la montagne quelques fa/iots , en souvenir de la f(^tft celtique du solstiCe d ele. Mais autrefois, ^ cette
C) Nous doonerons plus loin , à cetta eonfrérie, une orif^ine plus vraissinblable.
(*•) Voy. Foo».
(**•) Voyez Sainte-Foix, MssaU kùtorifues sur Pmt t. y, p« 54*
FÊTES