‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 32 sur 198 · XXIII. 1305. Hot)ert lUde Béthune · texte numérisé non relu

XXIII. 1305. Hot)ert lUde Béthune

Le traité avec la France semblait encore dur aux Flamands; Robert n'en exécui* tait pas les conditions. Eil ISiS, PHi^ lippè le Bel le fit citer à coltlpahiltrift devant la cour des pairs, et, sur son refus, il déclara ses Etats confisques et réunis à la couronne. A rApprocbed*iifîe armée royale 4 les Flamands parurent se soumettre; mais, bientôt après, nouveau soulèvement suivi d'une nqu- TSlIe soumission âussi ped slnodH^. bii 1S14, inmiédiatement après l'avénC^ ment de Louis X , le comte de Flandre reprend les armes. Domptés par la famme qui désole leur pays, les Flamands demandent bientôt la paix, l'obtifenneitt^ puis la violent dès que le fléau a cèssé ; enfin , ces alternatives d'hostilités et de trêves se renouvelèrent jusqu'à trois fois en moins de dtf-UëhmoiÉ, Éoai Philippe le Long.

Un tel état de choses déplairait pourtant aux riches et industrieux bourgeois. Soit lassitude de la guerre^ MK dfsiè d'humilier leur despotique souveraîù, ils finirent par lui refuser ledr concours contre le roi. En 1320 , un traité fui conclu à Paris entre Philippe le Long et Robert i lotit la ^araritie ded députés des coifimunes flamandes. Oh convint qu'Orchies, Lille et Douay demeureraient à la France) que les Fiat-

;120 FLANDRE ET ARTOIS L'UTilVERS. FLANDRÉ ET ARTOIS

mands payeraient au roi 90,000 livres; qu'ils jureraient de prendre les armes contre le cumtc s'il enfreignait le traité; que Louis , son petit-fils , héritier des oonités de Nevers et de Rethcl , époufierait Marj^uerite de France, fille de Philippe. Ces conventions, fidèlement exécutées , terminèrent une guerre cruelle qui durait depuis vin^t-cinq ans.

XXIV. 1322. Louis I" de Rethel, de Nevers et de Crécy , neveu de Charles le Bel par sa femme, héritier de Louis de Nevers, fils aîné du comte de Flandre , mort à Paris le 13 juillet 1322, fut appelé à lui succéder le 17 septembre de la même année. Quaud, après la cérémonie de rhommage, il revint à Paris, Chnrlt s le fit mettre en prison pour le punir de s'être trop pressé, et d'avoir pris possession de ses t^tats avant d'en avoir reçti lUnvestiture. Au bout de

Quelques jours cependant, la liberté lui ut rendue, et le parlement prononça, le 29 janvier 1323, un arrêt qui le reconnaissait légitime possesseur d'un héritage que lui disputaient son oncle, Robert de Cassel, et sa tante, MathiJde de Lorraine.

Plein d'ur^ueil et méprisant ses sujets, qui osaient prétendre à la liberté, Louis les poussa , par ses exactions et ses violences , à de fréquents soulèvements; ils parvinrent enfin à s'emparer de sa personne, et offrirent sa oouronne à Robert, de Cassel. Mais Charles IV interposa sa médiation et réussit , en 1326, à faire remettre Louis en liberté. U effraya les Flamands par ses menaces, et les communes, craignant pour leur riche commerce avec la France, s'humilièrent et souscrivirent à d'humiliantes conditions.

Louis n'en fut pas plus tranquille ; il

f>rofita de la solennité du snere de Phiippe VI, où il porta devnnt le roi l'éjjee du couronnement, pour demander a ce prince de le défendre contre la révolte des Flamands.

Philippe de V;t!ois ne demanda pas mieux que iïétretmer sa royauté par une guerre eontre ces bourgeois si iers des 4,000 éperons d'or ramassés à Courtray. Ses barons répondirent avec empressement à l'appel. On marcha en Flandre avec une armée où flottaient laa bannières, saB« oompter oeUes du

roi de Bohême et de plusieurs princes étraniî;ers, accourus pour combattre les ennemis communs de toute la noblesse.

On arriva devant Cassel (voyez ce mot); les Flamands y périrent presque tous.

Cassel , Tpres, liergues, furent prises; Bruges se rendit, et Philippe , après avoir remis à Louis de Nevers ses États pacifiés, s'en retourna en France, abandonnant les Flamands aux cruelles vengeances du comte.

«Cependant, l'Angleterre et laFranoe, arrivées au mime degré de civilisation, formaient un monde à part dnns VVairope, et avaient pour intermédiaire la Flandre , pays attaché par le lien féodal à la France, et, par ses intérêts, à l'Ani^Ieterre. La Flandre devait être le champ de bataille des deux nations.

« L'Angleterre tirait un grand profit de ses laines ; c'était surtout la Flandre qui les lui prenait pour les fabriquer et les répandre en draperies par tous les pays. 11 était résulté de là une alliance intime d'intérêts entre l'Angleterre et la Flandre, et des efforts constants de la p.irt des rois anglais pour séparer les Flamands de la France ; d'un autre côté, les rois de France avaient toujours cherché à rattacher à eux ce peuple, si important par sa position et ses richesses. La réunion complète avait été manquée sous PhilippelV ; mais le tien féodal existait toujours, et la politique des rois français était de protéger les comtes de Flandre contre leurs suiets pour resserrer constamment ce lien (^). »

A la suggestion de Philippe, Louis , qui ne semblait que son lieutenant , fit appréhender tout a coup, en 1336, tous les Anglais qui commer(^.aient en Flandre ; l^:douara usa de représailles. Mais biciilùt après il négocia avec les Flamands dont Arteweld organisa l'insurrection ; il s'agissait , pour le royaume d'Édouard , d'une question de vie ou de mort, à savoir, si la Flandre serait aux Anglais ou aux Français : question qui a engendré non-seulement la guerre de oeùt ans, mais cinq siècles de querelles sanglantes , et qui, aujourd'hui > ne parait iNàs encore terminée.

(*) Lavallce, Histoire des Frâoçaii, t. II, p. la , première partie.

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