FLAXDBE ST A1IT0I4 FRANCE. FLAN DES ET AETOIS M
Les Flamands , refusant de se prononcer contre leur suzerain (car ils se glorifiaient toujours de faire partie du royaume de France , d'en lornier la première comté-pairie), Arteweld eonspilla à Édouard de prendre le titre de roi de France. D'un autre côté , Philippe et Louis se résignèrent à d'importantes conoessions , qui engagèrent a*abord les Flamands à garder la neatralîté. Cependant Arteweld finit par les entraîner du côté de l'Angleterre ; il rassura la conscience des communes m leuf faisant reconnaître Édouard comme roi de France : c'était le moyen d'éluder le serment de féaiité. Édouard promit de rendre aux Flamands Douai, Lille, Béthane, etc.; rallianoe fut conclue (voy. Écluse [bataille de]), et elle continua de subsister même après la mort du brasseur-roi (I34â). Quant à Louis , il fut tué à la bataille de Crécy ; il laissait un fils à peine âgé de 15 ans.
XXV. 1346. Louis II de Mâle ou de Marie , élevé à ta cour de France , baissait mortellement les Anglais. Ces dispositions , jointes à son mauvais caractère , soulevèrent maintes fois ses sujets contre lui.
£n 1356, il fiança Marguerite, sa fille nniqoe, âgée de 7 ans, à Philippe de Rouvre, duc de Bourgogne, mariage dont la mort du duc empêcha la consommation; mais, plus tard , en 13B9, il prit pour gendre Philippe le pardi , doe de Bourgogne. Ce fut en considération de ce mariage (jup le roi Charles V , frère du duc , rendit au comte Lille , Douai , et les autres villes cédées à la France par Robert III.
Depuis trois ans (1379 à 1382), une lutte terrible s'était engagée entre Louis et ses puissantes counnunes. Tour a tour victorieuses dans cette lutte, la noblesse et la bourgeoisie flamandes exercèrent Tune contre l'autre de sanglantes représailles , jusqu'au moment où les Gantois , par un coup de désespoir, allèrent cnefdier leur seigneur dans Bruges, le vainquirent , et le forcèrent à se jeter entre les. bras de la France.
C'était la deuxième année du règne de Charles VI. Ses oncles , qui gouvernaient en son nom, avaient mécontenté, soulevé dans tout le royaume , les bour-
geois, pour lesquels l'exemple des communes flamau'les pouvait devenir contagieux; on parlait tout haut de les imiter, et il semblait que l'on fût à la Teille d*one vaste insurrection , qui, selon Texpression de Froissart , aurait détruit et honni toute chevalerie et gentillesse., et par conséquent sainte ehréUenté,
Ce ne fut donc qu'un cri de joie parmi toute la noblesse de France lorsqu'il s'agit de tirer l'épée contre cette insolente populace de marchands et d'artisans qui avalent osé chasser leur seigneur. Le conseil du roi se laissa aisément entraîner par l'ascendant du duc de Bourgogne, intéressé à ne pas laisser se perdre en une démocratie sans frein, son magnifique héritage de Flandre; quant au jeune monarque , à peine âgé de 14 ans , il tressaillit d'aise de paraître pour la première fois à la d'une armée.
Les Français, par un téméraire et glorieux fait d'armes , forcèrent à Comines ( voyez ce mot ) le passage de la Lys, marchèrent sur Ypres, qui se rendit sans coup férir, et, le 20 novembre 1382, trouvèrent devant eux l'armée ilamande, rangée en bataille entre Rousselaer et Rosebecque. Philippe d'Arteweld, digne fils du brasseur de Gand , guidait au combat ses compatriotes ; mais ces milices indisciplinées furent mises en déroute en moms d'une demi -heure. Les chevaliers sentaient que c'étaient toutes les communes du royaume qu'ils frappaient avec celles de Flandre ; leur rage fut impitoyable. Les hérauts d'armes rapportèrent qu'ils avaient compté dans la plaine 26,000 cadavres, sans compter les fuyards tués dans la poursuite. On trouva Philippe d'Arteweld gisant parmi ses Gantois.
Cette journée fut le salut de la noblesse française , la contre-partie de la bataille de Courtray. Aussi, en quittant cette dernière ville , qui s*étatt empressée de se soumettre, le roi ordonna -t-il froidement sa destruction. T.a ville fut réduite en cendres , et les habitants massacrés ou vendus.
Tandis gue le roi retournait à Paris, les Gantois se ranimèrent , et une armée anglaise, venue à leur secours, reprit sur les Français Dunkerque,
122 FLANDRE ET ARTOIS L'UiNlVERS. FLANDRE ET ARTOIS
Gr ivpI ncs , Cassel , Rergiies , et nssîé-
fea Ypres. Mais après avoir abattu la oursf oisie en France , la noblesse reprit la guerre de Flandre. Charles VI Cfitra dans cette province avec 26.000 lances et 60,000 fantassins; il d«Mivra Ypres ; « Bergues lut reprise et traitée de telle-sorte qu^il n*y resta pas ira vivant. » Cependant la saison devenait mauvaise , et le roi commençait à se lasser de cette guerre interminable ; oo entama des négpciations, à la suite desquelles fut signée une trêve avec les Anirl.iis et l<'S Gantois.
XXVI. « 1384. En ce temps mourut le comte de Flandre (*) , et Philippe le Hardi , dur de Bourgogne, hérita , an noni de sa femme , des comtés de Flandre, d'Artois, de Hotirgo^rie , de devers, et de Retbel. La Flandre se vit« avec un profond dégodt, tombée sous la domination d*un Valois } eUe avait maintenant a craindre, non-seulement pour ses libertés intérieures , comme au temps de se» (^mtes, mais pour son indépendance nationale : la guerre et l'insurrection recommencèrent. Le jeune roi conduisit une armée au siège de Dum et réduisit cette uile en cendres. Le pays dit des Quatre- Métiers fut liorrihienieitt ravagé} OD tuait tout , niènie les femmes et les enfants; les prisonniers refusaient la vie, disant qu'uprès leur mort leurs os se lèveraient pour combattre les Français.
« Le duc de Bourgogne voyant que la force était inutile contre les Gantois, qui, depuis cinq ans, tenaient en échec toutes les armées de la France, nésiocia Sfcrèten)ent avec leurs chefs, et , à force de proujessses et de concessions, parvint à conclure la paix (1885). Une amnistie pleine et entière fut accordée aux Flamands , qui obtinrent la confirmation de toutes leurs libertés, et jurèrent fitlélîté à Philippe. Mais, pour les maintenir dans l'obéissance, il fallut que le nouveau coiute embrassât toutes les idées de ses indomptables sujets, se montrât plutôt Flamand que prince de la fleur de lis s
(*) T es Flamands accusèrent, injnstpinent à ce qu il parait, le duo do ikrri de l'avoir poi|iiiurdé»
enOn , fît servir à leurs intérêts son influence sur le gouvernemeut delà France.
Dès lors la politique de ses successeurs fut de tout sacrifier au repos et au con» tentement de leurs sujets de Flandre (*). V
Revenons à TArtois que, depuis quelque temps , nous avions perdu de vue.
Depuis que cette province avait été réunie à la couronne par Philippe-Au-
fuste, elle avait été donnée en apana;^ Robert I**^, frère de saint Louis, puis érigée en comté-pairie par Philippe le Bel (1297), en faveur de Robert II, fils de Robert 1'^ Philippe, fils de Robert II , était mort du vivant même de son père, laissant un fils, Robert II f, IMais un jugement solennel des pairs de France avait (irive ce prince de la succession, sous prétexte que le droit de représentation n'était point admis par la coutume d'Artois. Cette province avait donc été adjugée à Mafiaut^ comtesse de Bourgogne , fille de Robert II Cl 802). Mous verrons, à rartide RoBBiT D* Artois , auquel nous renvoyons aussi pour ses prédécesseurs du m^me nom, qu'au bout de trente ans Robert ayant demandé la révision de son procès, fut convaincu de faux et banni du royaume; qu'alors, aveuglé par la fureur , il passa en Aniileten e , et qu'il mourut au service dKdouard.
Jeanne fille de Mahaut, et veuve de Phin|)pe le Lon;; , siicc» da a sa mère le 2'2 novembre 1329, et mourut deux mois après , laissant le comté d'Artois * à sa tille atnée, Jeanne il, mariée à Eudes IV, duc-de Bourgogne.
Leur petit fils , Ptiilippe de Rouvre, succéda , en 1317 , à son aïeule dafîs les comtés d'Artois et de Bourgogne; et, en 1369 , à son aïeul dans le duché de Bourgogne. Comme il mourut sans postérité , les deux comtés échurent a la seconde fille de Jeanne I" et de Phi-v lippe V, à Marguerite /'•, veuve de Louis de flevers , comte de Flandre :
celle-ci. en 1382, les laissa à Louis de Mâle son fils. Enfin, Marguerit£ 11^ fille de ce dernier, porta, en 1384 « comme nous venons de le voir, le comté d'Artois, avec oeux de Fandre» de Bour-
(*) Lavailée, Histoire du français , UU., p. ya , dewiiâwt Mil*
«liASORE £T ABTOIS FRANCE* VLAXPRB ET ABVOIS 118
gogne, de Nevers, et de Rethel, dans i maison des ducs de Bourgogne.
T Flandre et Artois , deptUt leur réunion au duc h F rte Bourgogne fusqu'à Cavémmenl de la maison d'Autriche.
« Charles V avait fait un îmmensie sacrifice « en fendant aui Flamands Lille et Douai , la Flandre française (*)« .
la barrière du royaume au nord , pour que leur future souveraine épousât son Irere, le duc de Bourgogne. li espéniit <|ue i par cette alliance , la France ab* sorberait la Fianflrr ; il n'en fut pas ainsi : la distinction resta profonde, la barrière des langues immuable. La ri* ebe Flandre ne devint pas un aooessoira de la pauvre Bour;j;o^ne; ce fut tout le contraire. L'intérêt flamand emporta la balance. Quel intérêt? Un intérêt bostile à la France, Fallianee oommerciale de l'Angleterre , commerciale d*alïord , puis politique {"*). »
Philippe le Hardi mourut en 1404; la mort de la duchesse sa femme suivit de près , et Jean êam Peur devint Théritier de cette grande et formidable puissance. Sou premier soin fut de visiter ses belles provinces flamandes , et de renouveler la trêve marchande que son père avait conclue avec TAngleterre dans les derniers tem[)s de sa vie.
Après Tassassinat du duc d'Orléans, ce fut en Flandre que Jean sans Peur ae réftigia. A peine arrivé à Lille i il convoqua ses barons , ses prêtres , qui lui prouvèrent qu'il avait par son crime sauvé l État et le royaume. Il rassendila ensuite les états de Flandre , U'ArtoiAk, ceux <lfi Lille et de Douai, et leur Ht répeter la même chose, Lfs FI luiands lui étaient d'autant plus lavoraults en
(*) Il est curieux de voir comment i'hilipp« le Hardi eut l'adresse de se conserver «lté impontDte pOMCMiun (pie Cliarlet Y avait eru, ce sernhie , ne céder que temporairemeut jMur gagner Ut» Flamands, et faciliter le mariage de son frère. Gelui-d obtint, sous la minorité de Charles YI, qu'on lui laisserait Lille, etc. pour sa vie et celle de son Bremier hoir mâle. Il savait bien qu'une si MD^e puMiMiBB fairait par définir ffprieté.
(**) MkMet» iiifttoire de Snaot < t. XV,
ee moment qu*il venait de leur obtenir
une nouvelle trêve de l'Angleterre (*).
Cependant, pour payer les troupes dont la guerre civile exigeait Tentretien , le duc Jean eut recours » en 141 It A l'argent dea Flamands ; Il rassembla même leurs milices et les réunit à ses
{^ens d'armes. Mais lorsque Tarmée oréaniste parut, les Flamands qui avaient fini leur temps de service se mutinèrent et firent retraite. Jean eut heau les supplier rt mains jointes de demeurer, leur |)rumettant remise de la taille à tout jamais, il lui fallut les reoonduire, les remercier. En passant par Lille , ils si firent livrer la grande peau de veau; ainsi oommaient*ils une énorme feuille de vélin où était inscrit le consçnto* ment à la gabelle du blé, avec les sceaux de cinquante villes 6t bourgs; et ils la mirent en pièces.
Eu 1414 , les Armaj^nacs convoquèrent le ban et Tarrière^ian contre lo duc de B()ur;;ot;np. Les états de Flandre et d'Artois refusèrent défaire pour lui la guerre au roi Mais leurs ef« forts pour amener un accommodement furent inut les; d nilieurs les Arniagnars s'avançant et ujettant le siefze devant Arras, les effroyables Ixirbaries commises par cette*^ armée , à Soissons, avertirent trop bien les Arté^dens de ce qu'ils avaient à craindre. Les Armagnacs échouèrent devant Arras. Ou traita , et le doc de Bourgogne en fut
?|uitte pour offrir au roi, par une vaine ormalite , les clefs de cette ville (voyen Arras [ traité d' ]).
Philippe le Bon, quoique devenu eneore plus puissant (|ue son père par d'importantes acquisitions dans le Nord , vit plus d'une fois se soulever contre lui les populations si riches , si nombreuses et si agité**s de la Flaii^ dre (***}. En 14ta, une oidossumce s«r
(*) Monstrelet.
{*♦) Les di-putés de Gand dirent au roi qu*ilt M chargeaient de ranger le due à aen devoir. Fr/igicu.i- r/e Snint-Dc/iis.
(•**) Liège et Gand étaieul en correspondance habituelle avec k Franee : le roi j atvait un pwli; il y leneil dea pot pour y exciier des monvemenis , pour en profiter quelquefois. Ces formidables machiner popur kiresy dit ll.Uifili«kt,lu»sarvsifintyquaQd
124 rLAHDEE ET lETO» L'U^
les monnaies oausft une rérolte redoutable à Gand ; qu.itre ans après, le siège de Calais fut l'occasion d'un nouveau soulèvement. Les opérations devant cette fille marchande traînant en longueur , les Flamands crièrent à la trahison et se mutinèrent. Gand éclata d'abord , puis s'apaisa bientôt ; mais Bruges ne foulut pas de la paix à tout prix; cependant, n'étant pas soutenue par Gand , son éternelle rivale , elle se soumit enfin.
Dès que Philippe le Bon était devenu possesseur du Hainaut et de la Hollande, il avait rétnl)li h Gand le conseil suprême de jiistii e institué par son père contre les libertés flamandes; cette Cùax d*appp| , qui devait juger les Flamands en flamand, mais parier /ran* cais à hitijs clos, déplaisait autant aux Flamands que le tribunal français créé à Lille par Philippe le Hardi. De plus , on ne cessait de leur demander de l'argent pour les guerres , les intrigues et les fêtes. EnGn , en 1448, le duc avant essayé de mettre un droit sur le sel , et d'exercer plusieurs autres vexations fiscales ou administratives, il y eut ime nouvelle explosion. Bruges se calma bientôt; mais Gand persista, quoiqu'elle fdt restée seule. Enfin, après de longues et rudes querelles, que ne put terminer l'arbitraîïp du roi , les Gantois furent complètement défaits à la bataille de Gavre (1458).
Devenu alors, sans contestation, comte et souverain de Flandre , le dtic alla à Lille célébrer sa victoire par des tournois et des fêtes, et faire ce fameux Toea où il y eut sans doute plus d'ostentation que de sincérité (voy. Vœl).
Le roi n'avait osé se mêler de cette guerre; mais il inquiéta le duc dans sa souveraineté par les appels du parlement et par des querelles de juridiction.
En ce temps-là pourtant, il se commettait en Artois et en Flandre d'horribles iniquités, qui eussent été plus vite réprimées piBut-étre sans un conflit. Les malheureux Vaudois (voyez ce mot) périssaient en Ibulc sur les bUchers des inquisiteurs ; et ce ne fut que plus de trente aptès , le 30 mai 1491 , que le
»ou adversaire avançait trop sur lui , à le tirer en ai rièr« et l'obliger de tourner la téte.
^RS. FLAHUEE et AETOtt
parlement de Paris déclara tons cet
procès « abusifs, nuls, faits fausse- « ment, et autrement qu'à point, « et adjugea des réparations aux héritiers des victimes.
1467. Charles le Téméraire, suivant l'usage des comtes de Flandre, se rendit à Gand aussitôt après son avènement, pour recevoir Itiommage decette grande et riche cité. Mais elle n'avait pas oublié les anciens privilèges dont le duo Philippe l'avait dépouillée : elle se révolta. Le reste de la Flandre, le Brabant et Liège en firent autant. Charles parvint à dompter encore ses sujets flamands; mais leur désaffection fut en partie cause de sa ruine. Après ses derniers revers , il ne put rien obtenir d'eux pour continuer la guerre.
1477. Après la mort du duc Charles, Louis XI, non content d'avoir pris possession de la Bourgogne, convoitait encore la plus grande partie de l'héritage échu à la princesse Marie. L'Artois résista à ses armes. Quant à la Flandre, ç|ui tendait à rester désormais neutre et mdépendante entre la France et l'Allemagne, le roi y fomenta des troubles de plus en pitis menaçants.
Sur ces entretaites, les places de l'Artois, par force ou par argent, se rendirent l'une après l'autre ; Arras elle-même se soumit; puis, dans un ressouvenir de sa haine pour la France, elle chassa sa garnison, et demanda du secours aux villes de Flandre. Ces secours furent battus, et Arras, réduite à capituler, fut traitée avec une rigueur extrême.
L'armée française exerça en Flandre les mêtnes cruautés, et par cette conduite doubla le nombre des ennemis de la France. Cetix-ci se défendirent avec désespoir, et la conquête du pays fut encore une fois manquée.
S* Flandre et À r fois depuis l'avènement de la maùon d'Autriche jusqu'à la réunion définitive de l'Artois et de la Flandre Jran^ise à ta coU'
rnnne.
Menaces dans leur indépendance, les Flamands accueliUrent comme un libérateur Maximilien , dont le mariage avec
Marie coînmença la grandeur de la maison d" Autriche. La guerre continua en Flandre et en Artois avec de^ succès
VLAHMB «T AVÊW9 FRANCK. nAlTMlS IST AmuS 196
divers, niais sans autres événements marquants que la terrible punitidnd*Aiw ras, aésorroais appelée FranchUeiroyez
ce mot), et la journée de Guinegate. La mort de la princesse Marie (1482) fut pour le roi un coup de fortune. Les Flamands, déjà mécontents de lear comte, entrèrent alors ouvertement en négociation avec Louis , pour traiter du mariage du dauphin avec la ieune MarffueritCf fille de Marie, à laquelle on devait donner en dot les provinces de langue française. Enfin les états de Flandre, du^rabant, de Hainaut, etc., déelarèrent leur volonté à Maximilieh , et celui-ci fut forcé de consentir an deuxième traité d'Arras (voyez Arras [traités d'] , par lequel la Flandre reconnaissait la haute souveraineté du roi, et lui abandonnait l'Artois comme dot de Marguerite.
D'un autre coté, le roi des Romains eut aussi à souffrir des révoltes de Gand et de Bruges, et les Flamands, protégés, secourus par la France, soutinrent avec avantage la guerre contre lui. Mais après le naariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne, l'Artois, toujours' bofitile à la France, et re^^ardant Mar-
{[uerite comme sa souverame, se jugea ibre, suivant les stipulations expresses du traité d'Arras, chassa ses garnisons, et, en 1498, le traité de Senlis le rendît à Tarchiduc.
Charles d'Autriche , depuis Charles- Quint, né en Flandre, et mis sous la tutelle dfi Louis Xn, fit, en 1516, hommage à François I'** pour la Flandre et l'Artois. Plus tard, In rivahté des deux princes attira de nouveau la guerre dans ces provinces. En 1521 , le roi de France menaça la Flandre ; mais il se retira après avoir pris Hesdin. Les deux années suivantes, des armées angloflamandes s'avancèrent en Picardie et sur les bords de l'Oise. Enfin, en 1596, par le funeste traité de Madrid , François renonça à la souveraineté de la Flandre et de l'Artois. Une nouvelle guerre suivit ce traité. Elle se termina trois ans après, en 15i9, par la paix des Dames y où les mêmes conditions furent stipulées. (Voyez CAMBnAi [paix de].)
Mais, en 1537, le roi accusant son tnai tfatoir violé ce dernier traité, le
cita à comparaître au parlement de Paris, eomme vassal félon et déchu de ses deux fiefs; puis il se porta sur I* Artois, le ravagea, prit Hesdin, Saint- Pol, Saint- Venant; revint en France, et licencia son armée. Les Impériaux se mirent alors en campagne, rentrèrent sans obstacle dnns la province, et reprirent toutes les places qu'on leur avait enlevées. Enfin, peu de temps après.
Montmorency négocia avec Tennemi , et signa une trêve pour cette frontière.
Une belle occasion de réunir la Flandre à la couronne de France se présenta en 15S9. Gand , qui se souvenait de ses vieilles lil>ertés , vint offri r à François I*' de se donner à lui avec tous les Pays- Bas, s'il voulait lui prêter assistance. Mais le roi était infatué du Milanais; le connétable persistait aveuglànent dans sa politique d'alliance avec l'Empereur; les Gantois furent repoussés; on instruisit même Charles de leurs offres et de leurs moyens de défense; enfin, on lui facilita les moyens d'à lier 1rs diâtier, en lui accordant le passage par la France. En 1642, la guerre s'étant rallumée entre les deux rivaux , les deux armées envoyées dans le Rrabantet dans la Flandre ne firent d';il)ord que des ravages inutiles; mais l'année suivante, l'Artois fut conquis ; le roi s'y rendit çn personne, fortifia Landrecies, et se retira au moment où Charles arrivait.
Nouvelle guerre en Artois sous Henri II. Cliarles-Quint ruina Thérouenoe après une résistance héroïque, et s'empara de. Hesdin (1.553). Quant à la Flandre, il assura son indépendance et son isolement définitif de la France, en la liant avec l'Angleterre, par le mariage de son fils aîné avec Marie, fille de Henri VIII. En même temps, il ajouta de nouvelles provinces aux Pays-Ras, pour en faire comme Tavant-garde de lu maison d'Autriche contre la France.
Henri II voulut, en 1554, prendre une revanche en Artois; il y livra la bataille de Renti; mais cet événement n'eut aucun résultat définitif.
Malgré une trêve de cinq ans, conclue, en 1556, à Vaucelles près de Cambrai, entre Charles et Henri, les hostilités recommencèrent la même année, jusqu'à ce que la journée de Graveiiiiei (voy« ce mot) terminât la guerr^
Afirèa le traité de Gitsau-CamMsîi,
Philippe II laissa le gouvernement deç
Pays-Bas à sa sœur, Marguerite de Parme. Le protestantisme y faisait de rapides progrès. L'iiiqui<>ition et la tyrannie espagnole déterminèrent enfin une explosion formidable. l>es révoltés s'emparèrent de Vnlenciejines et de Cambrai, places très-iniportaiites par leur vo'Sinage de la France, où les re* lÎAtonuaires étaient en armes. Ces événements eurent d ailhMirs un grand retentissement dans le royaume. Côligni et les autres chef» du parti calviBiste avaient excité la noblesse flamande à se soulever ; ils cor>seill:iient à Catherine de Médicis de soutenir les révoltes; c'était» suivant eux, Toecasion de réunir ces pro- . Tinces à la France. l!;o effet, un corps de protestants français pénétra dans l'Artois; mais, train pnrCliarles IX, il fut dispersé et détruit. Les Espagnols reprirent Cambrai et Valencienoffl. La majorité des habitants du Hainaut, de l'Artois et de la Flandre, leur était d'ailleurs restée Udèle. Ces trois provinces furent les premières que le ^uveroeiur Alexandre Farnèse, duc de Parme, réussit à détacber de la confédération.
Les Provinces -Unies elles-mêmes ii*ayaat, depuis leur déclaration d^indé-
pendance, éprouvé que des revers, effrayées, en outre, de lascendant que prenait Alexandre Farnèse, offrirent au ducd*Anjon (voy. Feançois db Fkan- CE) le gouvernement et la souveraineté de leur pays. An moyen de la paix de Fkh , ce prince disposa des cltefs calvinistes pour la guerre de Flandre, et leva dix mille fantassins et quatre mille chevaux. Il délivra Cambrai, assiéiié ; ar le duc de Parme, et se rendit ui.ittie de Cateau-Cambrésis. Mais au lieu de pousser sur le Brabant, il traîna la guerre en longueur pour se rendre nécessaire;
{)uis afla en Angleterre, pour ternnner es vaines négociations relatives a son . mariage avee te vieille Élisabeth. Le 19 février 15891, il fiit couronné à Anvm duc de Brabant et comte de Flandre.
Les Flamands croyaient que toutes les forces de la Fraoce aHaient Isft appuyer, et même leur réuaion à ce royaume avait de nombreux partisans; mais le Jeune (^c KÂta sa cause itac sm ainour
des plaisîn, son inaction et ses viesi.
Dans rintention de se mettre à Tabri des caprices de ce peuple déliant , il essaya de s emparer par surprise des principales places. Cette tentative odieuse, déloyale, réussit à Dunkerque, Alost, etc.; mais elle échoua à Iiruges,Ostende, Anvers. Le duc perdit dans cette dernière ville la moitié de son armée, et s*attira la haine des Flamands, qui l'obligèrent d'évacuer le pays, en laissant cinq à six mille bonunes à la sokie des états.
De retour dans ses domaines, il continua à négocier avec les insurgés : il s'enjiaiiPait , s'ils le reconnaissaient de nouveau pour souverain, à taire déclarer la guerre à l'Espagne par la France, sous la condition que les Pays- Bas seraient réunis à la couronne, s'il mourait sans postérité. Les états, se voyant toujours battus , acceptèrent ces propositions, et il ne restait plus qu'à décider Henri 111 h exécuter les promesses de son frère, lorsque celui-ci mourut, en 1584.
L'assassinat du prinoe d*Oran|^e vînt ensuite donner un tel ascendant a i'Espaj];ne, que les Provinces-Lnies résolurent encore une fois de se livrer entièrement à la F'rance. La ligue empêcha Beriri III d'accepter leurs offres.
S'absoibant de plus en pins dans la doiiiinalion espagnole, la Flandre ne fui, jusqu'en 163ô, le tlieàtre d'aucun grand événement.
Richelieu traita de nouveau avec les insurjîés; mais son armée, d'abord victorieuse à Avein (voyez ce mot), fut bientôt obligée de se retirer en Hollaii* de. En 1637, le cardinal la Valette prit Lafulrecies, Cateau-Cambrésis, Maubeuge, la Capelle. L'année suivante, les opérations eu Artois furent peu im))ortantes; elles se bornèrent au sîégedo Saint-Omer, entrepris par Chàtillon , et que le cardinal-infant lui fit lever. En 1B40, les mcconteatements qui commençaient à se manifester en Catalogne étant de nature à appeler tonte l'attention de la cour d'Ks|)af;np, Richelieu saisit cette occa^iou pour porter ses principaux efibrts sur rAilois. Le roi se rendit à Soissons afin û*f diriger le» opérations de la guerre : deux armées, l'une sous les ordrts du macécbal ds
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FLASnmS ET ARTOIS FKANCË, FLANOKB ET ARTOIS 127
laMeillaraye, et Pantre commandée par les maréchaux de Ciiâtillon et de Ciiauloes, avaient été ra^^semblées sur les frontières du nord de ia FVance. La première, après avoir pris Hesdin, se joignit à In seconde. Ces forces réunies investirent Arras, ce boulevard des Pays-Bas contre la France, défendu par nnÎD population nombreuse , et. peuplé d'habitants très-attachés à la domination espagnole. La ville fut prise le 9 aoiU.
Kn 1644 et 1643, tandis que les batailles de la Marfée et de Rooroi se Mfraient du coté du Rethetois, il ne se fit en Flandre et en Artois qu'une j^tirrre de places fortes, qui se continua sans résultats imnortanis pendant plusieurs années. Le duc d'Orléans , aidé de Gassion et de Rantzau, prit Gravelines, Casse!, Béthune, Saint-Veuant , etc.
(1645). Uni à d'Enghien, il assiégea et prit Courtrai (voyez t. VI du DictionifAiBB, p. 191);' puis Condé s'empara de Bergnes, Mardik, Fumes, et enfin de Dunkerque (voyez tous ces mots).
L*année suivante Ô<>47), les Espagnols leprirent l'offensive. D'Enghien, devenu prince île Condé, fut enlevé ()onr quelque temps à rarniée de Flandre. On le rappela bientôt d'Espagne pour Topposer à Tarchiduc Léupidd. Il s*em|iara d'Ypres, d'Aire, de Saint-Omer, etc.; mais son adversaire prit Courtrai et Lens. La victoire remportée devant cette fiUe mit enin un terme aox néRoeittîons du congrès de Munster (1648).
Néanmoins, Philippe IV, profitant des troubles de la Fronde, |)arvint a rentrer eo possession d'une i^rande partie des plaees qu'il avait percfues dai|S les campagnes précédentes. Les succès de la France reprirent leur cours après la guerre civile, quoique longtemps bornés a des sièges heureux et à des prises de places, parmi lesquelles on remarque la délivrance d'Arras (aoilt l«i>l. Voyez
r' vol. du DiCTIOMMAIBË, p. 545).
Enfin, en IfiSS, la victoire des Dunes (voyez ce mot) amena la redditon des plus fortes places de Flandre. Le traité des Pyrénées enleva aux Kspagnols le comté d'Artois, à la réserve d Aire et de Saint-Omer ; en Flandre, Gravelines, Bourbourg et Saint-Venant, sans parler de plusieurs autres places du Haioaut et du LuiuBtoourg,
Cette paix, en mettant un leme aux longues hostilités de la France et de l'Espagne, n'éteignit oas leurs inimitiés; elles n^tendaient qu^une occasion pour éclater de nouveau.
Par !a mort de Philippe TV, la reine Marie Theièse, filie du premier lit de ce prince, avait des droits acquis sur les États dépendant de sa suoees>îon, à l'exclusion de son frère Charles II, fils du second lit. Ces droits étaient fondés sur celui de dévolution qui avait lieu dans (pielques provinces des Pays»Bas, et par le(|uel les enfants du second lit étaient exclus de la succession par les enfants du premier, sans que les mâles du second excluent les filles du premier. Louis XIV réclamait la Flandre, le Brahant et l i FrntK he-Comté, provinces du royaume d Kspaiïne, comme appartenant à la reine, d'après cette ju' risprudence.
Il envahit la Flandre avec une puissante armée, et prit en moins de deux mois Charleroi, Bergues-Saint-Vinoi^ , iktli, Courtrai, Douai, Oudenarde, Tournai, BIneh, Furnes, Ulle, Armentieres (voyez ces mots). I^a possession de toutes ces placcN lui fut coidirinee, en 1668, par le traité d'Aix-la-Chapelle.
Apres une nouvelle guerre commencée en 1672, et terminée au bout de sept ans par le traité de ^ilnè;^ue. l'Espagne recouvra Ch rleroi, Ath, Binch, Oudenarde et Courtr i ; mais elle atoidouiia à Louis XIV, outre Lille. Douai, Furnes, etc., qu'il possédait déji, les villes d'Aire et de Saint-Omer, de Valeaeieraies, Bouehatn , Condé , Cambrai , Ypres, Maubeuge, elo. (Voyei HiMà* •us [traité de].)
Kn 1713, la France perdit Tournai, Ypres, Menin et Furues, par la paix d*Utreelit; ntals elle conserva le reste des acquisitions qu'elle avait faites par le traite de Niiiiègue Dès lors, le comté d'Artois et la Flandre française dans ses limites actuelles forent irrévoeabiement rattaciiés au royaume. On connaît les destinées du reste de la Flandre, passé a la maison autrichienne en 1716, par le traité de la Barrière; repris par la Franee en t797, après une double conquête; perdu pour nous en 18 14; séparé violemment de la Holl mde en 1880.
li se serait de nouveau incorpore à ia
128 FLANDRE L*U1!4IV£R?. FLAimU
France , si les hommes et les traités de 1815 ne dominaient encore la politique européenne.
Aujoorirhui, la FUmdre fntn^cAse^ avec le Cambrésis et une partie du comté de flainaut, forme le département du JSord. (Voyez ce mot.)
L'yériofs, avec le Boulonnais et une
f)artie de la basse Picardie ^ a constitué e départenient du P<u-de-CalaU. (Voy.
ce mot.)
Flandbe (monnaies de). Les espèces flamandes les plus anciennes sont conçues dans un système tout différent de celui dans lequel ont été tailles les deniers français -, ce sont de petites pièces larges tout au plus comme nos quarts de ira ne , et beaucoup moins épaisses; mais elles paraissent d'un meilleur aloi
2UC les deniers français. Ce système tait, du reste, usité non-seuleinent en Flandre , mais encore dans les contrées l'îrconvoisines, telles que le Hainaut, la Hollande; et comme la plupart de ces petites monnaies sont anonymes , on a eu beaucoup de peine à les classer d*une manière à peu près convenable. On s'nccorde pourtant à reizarder comme purement flamandes, celles qui présentent . d'un oôté, soit un chevalier armé d*une épée et d'un bouclier , ou bien portant un pennon, soit une téte casquée, soit un aigle à deux têtes , et de Tautre une croîs plus ou moins ornée. En effet , tous ces types se retrouvent, soit dans les armes, soit sur les espèces bien connues de quelques villes flamandes. Ainsi, sur les monnaies représentant une téte casquée, on vit paraître dans le treizième siècle le nom de ganta, ou tout simplement de (iAiST, accompagné parfois des mots : B. COMES (Baudouin viii ou ix), ou d*une autre légende encore inexpliquée : GEROLF. Plus tard, l'aigle à deux têtes parut sur les gros d'Alost, l'une desvillesoùlescoralêsdeFiandreavaient leurs ateliers monétaires les plus actift.
Ce fiit pendant la seconde moitié du treizième siècle que les Flamands abandonnèrent les petites espèces, pour adopter une monnaie plus conforme à celle qui était usitée dans le reste de r£u< rope. Marguerite de Constantinople fit alors frapper à Alost des gros et des demi-gros f marqués de iion nom et de celui de la TiUe. Cette réforme donna un
grand crédit à b monnaie flamande qui, connue sous les noms de claeskeins et baudkeins, qu'elle avait empruntés aux monnayers Clais de Keins et Baude, se répandit bientôt tellement en France, que le roi fut obligé d'en prohiber iecours.
Le règne de Guy de Dampierre, fils et successeur deHar|[uerite (1S80-1805),
roduisit des monnaies assez remarquales. Son fils puîné, Philippe de Chietti, auquel , pendant sa captivité , il avait confié l'administration de son comté, fit fra[)per à Gand et à Alost ces fameux gros (jtii portent , d'un côté , dans le champ , un château , et pour légende :
MONBTA ALOST OU MONETA GANT , le
tout enfermé dans une bordure de fleurs de lis ; et de l'autre, autour d'une croix, la double légende : phf cou (ou coït) flaud— gracia dom ini dbi rm fac- Tvs SYM , et qui ont tint occupé les antiquaires , lesquels ont voulu les attribuer, soit à Philippe d'Alsace, tuteur de Phi lippe- Auguste, soit à Philippe le Hardi. l<a seule pièce qui porte le nom de Guy est un esterling frnppé à INamur. Robert, fils aîne de te prince, avait été fait prisonnier avec lui. Lorsqu'il fut rendu à la liberté (1805-1332), fl se livra à l'imitation des espèces étrangèïes, et copia principalement les esterlings anglais, qui jouissaient alors d*une grande laveur dans Je nord de TEurope. On a de lui de ces pièces frappées à Alost et à Gand ; une de celles d'Alost est remarquable en ce que le comte est représenté de profil et non de face, ur ceux de Gand, on trouve la légende : ELD BOBEBTVS COMES, que Dtihy explique fort bien par le noble comte Jiooert. Ce mot flamand eldf intercalé dans une légende latine , est d'ailleurs une particularité fort remarquable, et qu'on ne peut expliquer qu'en supposant que le monétaire a voulu ainsi imiter, autant que possible , les esterlings , dont la légende commence aussi par an b :
IDVVADDVS, etc.
C'est sous les règnes de Louis de Crécy (1322-1346) et de Louis de Mâle ( 1846*1884 ) (]ue l'on voit apparaître pour la première fois en Flandre des monnaies d'or. Ce sont des ridders et des réais d'or, lesquels ne sont rien autre chose que le Franc à ekeotU et la
tkaiie d*ar de France, servilement copiée Les inèces d'argent de ces prînœt
sont , du reste , fort remarquables : ce sont des gros au type du lion entouré de feuilles d'ache et des mots : monëta fLâiiB, avec les deux légeodet : ltdo-
VIGVS COMES — BBNEDICTV , Ctc. CcS
pièces eurent un grand cours en Eu< rope , et furent souveot imitées , non* •ealement dans le Hainaut, dans le Bm-
bant, et dans les pays circonvolsins , mais même en Bretagne, où Jean de Montfort en fît frapper de semblables.
On doit plutdt les attribuer à Lonis de Crécy qii à Louis de Maie ; cependant il ne serait pas impossible que ces princes en eussent fait frapper tous deux. Le type du Stm de fhmdre est plus remarquable encore ; c'est un îion Ibeaumé et accroupi , avec la légende : lvdovi-
CTS DSI GBA CQMBSZ DNS FLAlfDBU;
dans le principe, on y voyait au revers une croix fleuronnée,avec les légendes:
MONETA DE FLANDBIÀ et BBNEDICTVM QVI VBNIX IN NOMillB DOMINI ; ^UÏS
«etie dernière l^ende finit par disparaftre , et il ne resta plus que la première. On connaîtdesdieoii^Mirappés
dans le même style.
Philippe de Bourgogne (t380-1404) frappa aussi des réalt , des ridders et
des lions j qu'il marqua à ses armes.
Nous n'entreprendrons point ici de dé* crire les nombreuses et belles monnaies émises en Flandre par les ducs de Bourgogne ; cette tâche serait trop longue pour l'espace qui nous est donné. Ceux qui voudraient plus de détails sur ce sujet pourront recourir à l'ouvrage de Duby {Traité des monnaies des prélats etbaroîis de France) ; ils y verront figurées , aux articles Bourgogne et Fiait' drBy un grand nombrede ces monnaies.
Les plus remarquables sont les grands blancs , que Philippe imita de ceux de Charles VL
Jean sans Peur, son fils et son suo> cesseur '1404-1419), fit frapper des gros au premier type du lion, et il les marqua, sur la croix et sur la pile, des armes de Bourgogne, ainsi que d*autre8 pièces portant Pécu de Flandre et celui de Bourgogne , tantôt accolés et surmontés d un heaume, tantôt couchés dans le eliamp. Il fit aussi des aignels, coasme * oe Maie et Louis de Crécy.
Mais , de tous les comtes . de Flan* dre, Philippe le Bon (1419-1467) est ee-
lui dont les espèces sont les plus nombreuses et les plus variées. Nous avons de lui des plaques d'or, qui ne sont autres que des copies du nobie à la rase d'Angleterre , des ridders , des lions d'or y des detni liom d'or y des réaux, denûrrtaux^ etc. Mais la plus curieuse de toutes ees pièces est un cmge aux deuxécus, ainsi nom née, parce qu'elle a pour type un ange debout, portant à la main les écus de Flandre et de Bourgogne. Sur les pièces d'argent de oe prince, on remarque un lion armé d'un drapeau aux armes de Bourgogne , ou bien au cou duquel pend une plaquette aux mêmes armes ; un autre portant un écu sur la poitrine ; enfin, quelques piè* ces portent les deux écus , surmontés tantôt d'un épervier, tantôt du mot flândbia, diin heaome, d*one couronne d'épines, d'un monument d'arcbî* tecture gothique, etc.
Les pièces frappées par Charles le Téméraire (1467 a 1477) étant à peu prêt les mènoes que celles de son père, nous nous abstiendrons de les décrire ; mais nous ne pouvons nous dispenser de mentionner une particularité remarquable, c'est que oe prince fiit le premier qui commença à dater ses espèces.
La première pièce marquée d'un millésime est un lion d'argent de 1471. La fille de Charles le Téméraire, en épousant Maximilien d'Autriche, réunit la Flandre à l'empire d'Allemagne ; et dès lors la Flandre cessa d'être unie à la France, même par les liens de la vassalité. (Voyez l'article précédent.)
Flandbin (Hippolyte), né à Ilouen en 1806, s'est placé, |eune encore, à un rang distingue parmi les peintres contemporains. A une époque où Ton court après le succès par les moyens les plus faciles, et où \tjaire remplace trop souvent le talent, M. Flandrin s*est livré à des études sérieuses et profondes, et chacun de ses ouvrages révèle en lui un artiste consciencieux, et jaloux d'atteindre, aussi prte que possible, à la beauté des formes et de l'expression. Cet amour du travail, cette patiente religion de 1 art, sont déjà un grand mérite ; mais, en outre, le travail de ee jeune peintre, secondé par les dispositlont d'une heu*
T. nii, 9* Umraitûi^ (Dicv. buctcl. , btc.)
iittiwe»t#oiMreftt toiiCbé au iiut, o«i du mohis m A plus é'mte fois approché. Il y a dans la plupart de ses tableaux une élévation et uae puceté tMifwblii % la €tiemt ^ »
rharmonie des lignes , s'y joignent à la beauté touchante de T expression morale. Malbeureusement ., H ut^uque a 11. FhuMhiÉiiaeMiméflrisMtMlev «M loqveHemi fMuftltfe wi fort bon pefaio Ire, tnaÏB non pas un petntre de génie : l'originalité. Élève de M. Ingres, il s'est laissé Urop asservir par radmiratiaÉ bien nateifeNe qu'il ressentait pour le talent de cet illustre artiste ; il a oublié que ce qui avait contribué en grande partie au succès de M. logres, c'était le earaiÂèr« iiiëiiTidael «te «es wawtm , «à rien ne resFpmblait an système et aux h>)t)itudes en vigueur dans les écoles de î'enpire ; il s'est aitacà^é à roproduére ce qui fféCMsiMit «tans ibli maHre, tam Mger ^oe limitation ne peut jamais réussir comme le nrjodèle qu'elle se pro- Ébse ; enfiu, «u lieu 4e demiir, ce que Mkcfnt-itttlaa^raiidë ^Itattte, indépendant «t«i<éiftMr t fl est resté le net , la copie d'un aiJtre. On retrouve dans les compositions de l'élève les qua- Htéa et les défe«ts du mettre ; mais , eewme îl art^ toujours à ceux qui in1i«> tem , les qualités sont affaiblies et les défauts exaspérés. M. Flandrin est, comme M. Ingres^ noble, sévère et our dMie )etlei9ïn*et Texpression; manfl est tout cela à un degré inférieur : il sacrifie, conjme M. Ingres, la couleur au dessin, ou, pour ittteex dire,et)core plus ifit M. IttgM»; t»r fl pottMre sofrttfift aux dernièl^ IttiAes la manie du gri^, tflnt reprocl>ée à l'auteur du Martyre de saint Symphorieti, Et cependant, wm le Hjîeloiis , «*est âvee mi pbîsil*
réel^^ Ife public sérieux accueille chaque nouveHe pro<tuetîon de M. Fbndrin, parce que la pensée en est toujours élevée, et que l'exécution en est toujours aerotMileaw t savante, et , du moins, sous le rapport du modelé et du contour, forte et vraie. Les ouvrages les plus remarqués de cet artiste ont été d*abotd le tableau qui hri valut le prfic de Rome, èt où Ton fut surpris de trouver line austérité de composition et de lignes bien rare chez les peintres à cet ûge ; eiaiuita, dans iet différentes expo-
aitioRs de ces -dix ideiMièi^s aHhiées , k
iDante vkUant av€€ Firgile une des réfions de V enfer y mi fit Pierre gttériswi aveugle , kxw 6màie parvuios imêM'mtmB. €êmmmêt, M. ïlaèdrin s'est exercé deos «h eu jet tiré de notre histoire. Son saint Louis dictant M£ éiablLsseituints à Gzniiaume de Jf&mgii est une exeeHenle jpeinlwre, «tais , selon le ^stéme des in^ristes , froide et terne de' coloris, et où !a simplicité et la sévérité sont portées jusjfa'à i'afifeetatioB. On se demande pourvoi la pose de saint Louis est èi contrainte et si roide , et pourquoi le bon et naît sire de Joinville a reçu du peintre le visage triste et austère d'un fÉiiloasfïlie stoinieii.
FLA.SSAN ou Flassaks , nom de deux anciennes seigneuries situées dans ia Proveace (aujourd'hui département iAq ¥ar, -afroadissemenl de Srignoles), i'autre dans le comiat Venaissin (aujourd'hui département de Vaucluse, rtr- 'l<endisseuieijt de CHrpentras).
fious avons raeenté AUk Ai^aueis , tlMie I*% page MT, )per qUei fanatîshie féroce un Flassa^ , maire d'Aix en lô62, se signala pendant les ^leires de religion. Dans le ressort du ^rlement d'Aix seiriement, Soinmerive et lui , faisant achever par le bourreau l'œuvre que l'épée de leurs soldats avait commencée contre les protestants , envoyèrent au supplice , avant la publication de la paix, 770 hodlfulitt, 460feniines, et 24 enfants (*).
Caêtan Haxû , co??ite de Flassais , Hé dans le comtatVenaisSfn, m 177it>, 1s*est fait connaître sous des auspices plus honorables. Son titre au souvenir de la postérité est une excellente llistpllte générale et raisotinée âe ia diphmatie française, 6 vol . , 1 808 ; 7 vol., l'SlI. Cet ouvrage avait été composé par lui pendant les loisirs ^ue lui laissa une dénnssion exigée au iplnistcre des ^rffeires étrangères , pat suite des relations qu'il entretenait avec les émigrés, ses anciens conipagnons d'armes à l'armée de Condé. Il avait occupe pendant l'empire la place de jprofesseur d'histttil'e à réoole de Saint-Germaîn. Ea
(*) Théod. de Bèze, liv. xcu, p. 33? { ds Thou , liv. XXXI , p. a4â.
1814 , il fut nommé historiographe du ministère des affaires étrangères, et alla préparer à Vtefjne, attaché qu'il était à la lé-gatioii de France , son IJis- Mre du congrès , Paris , 1829 , 3 vol., romarqu.'ible à bien des égards , mais empreinte d'une animosité partiale contre Napoléon. Indépendamment de ces dMX Mvrages principaux , on doit encore à IVl. de Flassaa quelques autres écrits politiques.
Flassieux ou Flaccieu , ancienne seigneurie do fiugey ( auj. dép. de l'Isère ), érigée en baronnie en' 149d.
Flattées (N.) , nnquit , en 1784 , à Crevelt , ex -département de la Roèr.
Son père , fabricant de meubles et architecte, le destinait à la profession qu'il exerçait. T.e jeune homme , envoyé à Paris, ne se montra pas doué de dispositions iieureuses pour un travail tout mécanique. Enfin on le conduisit chez le célèbre sculpteur Houdoji , qui lui donna à copier une ligure en bas-relief , et le prit connue élève. Flatters n*afant aucun moyen d^existence , dut, malgré ses brillantes dispositions et de bonnes études , faire preuve d'une rare Oersévéranec , pour se tirer de l'obscufjû^. Des médailles décernées |»ar l'Aodémie des beaux-arts furent les {)remiers encouraiiements qu*il reçnt. Fn 1813, il remporta le deuxième grand prix de sculpture. Peu de temps après , li endossa 1 uniforme et entra dans les rangs de nos soldats qui flrent la campagne de France, l/année 1815 le rendit a la retraite et aux arts. Ses princi-
[)aux ouvragée sont : un bas-relief de a Fausse gloire (maintenant en Allemagne) ; les bustes de Louis XVIII , Gretry, Taluia, iiayden, Foy, (joèlhe, Bîron , etc. Enfin on a remarqué de lui aux expositions du salon : un Chasseur au TPpos ; IJébé; Ganijmède j le Sommeil, en bronze; xxnc Baigneuse; un AmoWi ®o bronze ; Érigone ; le Sa»
^% de Milton ; Héro aUendmt léastr dre y etc.
Flaugebgues (Pierre-François), né à Rodez en 1769 , fut un des membres les plus remarquables du Corps législatif, en 1813, de la chambre des dé} utés, en 1814, et de celle des représentants, en i81â. 11 exerçait à Rodez lu profiBSsion d'avocat» torsquil fut
nommé , en 1 793 , président du «OBisîl
général du département de l'Aveyron; mais il fut bientôt forcé de renoncera ces fonctions , pour se soustraire aux poursuites auxquelles Texposait son ajttachenu'tit nu parti vaincu le 31 mai.
Force alors de se cacher , il ne reprit
âu'apres le 9 thermidor sa profession 'avocat. En 1796 , il fut nommé haut-' juré national , r\ . pour la seconde fois, administrateur du dépnrteni.' rit de l'A - . veyron, fonctions qu'il exer<^u jusqu au 18 fructidor.
Le premier consul le -nomma sous- , préfet à Viliefranche , et il remplit cette . place jusqu a la lin de 1810. Plusieurs • collèges électoraux le présentèrent, eu 1811 , comme candidat au Corps l^islatif ; enfin le sénat le nomma membre , de cette assemblée à la fin de 1812. Le • 22 décembre 181.1, ses collègues l'élurent membre de la commission extraordinaire chargée de l'examen des piè-ces originales concernant les négociations entamées entre Napoléon et les puissances coalisées contre la France. M.
Flaugergues se prononça pour la conclusion de l;i paix. Toute la commission
gensa comme lui ; mais le rapport qu'elle t fut supprimé, dans la nuit par ordre su|)érieur , et, le 31 décembre suivant, le Corps législatif fut diî?sous. Le soir du même jour , M. Fiaugergues proposa aux députés présents à Paris de provoquer la déchéance de Tempereur et de proclamer les Bourbons, à charge par eux de régner suivant le gouvernement représentatif , et il fut député au sénat pour lui faire part de cette résolution. Dans la séance du 3 avril suivant , il vota un des premiers pour cette déchéance , et signa également un des premiers la lettre 'd'adhésion à la constitution projetée par le sénat.
Le Corps législatif , que la charte avait converti en chambre des députés, ayant été convoqué par le roi pour le mois de juin suivant, M. Flaugergues fut présenté comme candidat à la présidence. Le â août, il parla avec force en faveur de la liberté de la presse , solennellement promise, mais qu'on s'efforçait déjà de détruire. Le 2 septembre, il s'opposa à diverses mesures financières cuutenues dans le budget , démontra qu'il n'y avait pa» de déficit , fit lei^
Itt FLAUfiEBGUflS LmiVËRS. PL^AU D'ARHfiS
sortir le viee de la cumulation des.
exerrirps , et comlKittit le projet de la création des bons royaux, et, le |)reniier, ii proposa d'établir le système de (-redit public , auquel on rfoourut depuis , et d'appliquer à ramoriissenient le produit du aoniaine extrnordinnire Le 22 septembre, il parla en laveur des iiabitants des dé|rârteinent8 détachés de la France, qui désireraient se Gxer p9rmi nous, et auxquels on vouinît ravir le droit de cité. Rapporteur d'une conunission de la chambre, il s*opposa avec force, au mois de décembre suivant, à l'extension des pouvoirs du chancelier de France, et ;i l'asservissement de la cour de cassation , que proposait le ministère. On ▼isait à rétablir en elle Tancien conseil des parties. 1/opposition obtint la majorité, et ce succès sauva l'indépendance de la cour suprême et de tout l'ordre judiciaire.
Pendant les cent jours , Flauger^ues fut membre de la chambre des représentants, et, au premier tour de scrutin , il obtint , après M. Lanjuinais , le plus iprand nombre de voix pour la présidence. Quelques jours après, il fut nommé vice-pre.>ident. Sa co!iduite dans cette assemblée fîit assez circonspecte ; on cite cependant ces paroles, qu'il y prono ça un jour pour calmer une violente agitation causée par de fâcheuses nouvelles que le gouvernement venait de communiquer : « Lorsque Ânnibal , « disait-il , eut vaincu à Cannes , le tu- « multe était dans Rome, mais la tran- « (juillite dans le sénat. » Il proposa ensuite de déclarer la guerre nationale, et que tous les Français étaient appelés à la défense commtme; mais comme cette , mesure ne pouvait plus devenir effective (c*était après la bataille dé 'Waterloo), et qu'elle fit échoiier un projet présenté p;ir le nnnistère de la guerre, contenant des mesures très-rigoureuses contre les conscrits retardataires , on douta si Torateur avait eu une autre intention que celle d'écarter ces mesures.
Le 24 juin, il fut chargé, avec Andréossy, Boissy-d'Anglas, Labéuardiere et de valence/de négocier un armistice avec les çénérnux- ennemis.
Après la seconde restauration, il fut nommé président du colii^ge électoral de TAveyron, qui Telut député; mais il
n'accepta point le mandat de ses commettants , et dès lors il se retira de la scène politique. Il entra cependant au conseil d'État, à la fin de 1820, en qualité de mattre des requêtes, mais ce fut pour en sortir en 1823. Depuis, il vécut dans la retraite, et mourut à Brie, en 1836.
Flavacoobt, ancienne seigneurie
du Vexin-Français, auj. du départ, de l'Oise, erii;ée en marquisat, en 1637, en faveur de Philippe de FouiUeuse,
FLA.TIGNY, petite ville de Tancienne Bourgog[ne^, qui doit probablement son origine, a une abbaye fondée au commencement du Yi H siècle, et dont les bâtiments existent encore en partie. Son étendue était autrefois assez considérable; elle se divisait en trois parties : la cité, le bourç, le faubourg. INlais les guerres intérieures en a^ant fait un poste important, on ruma les deux premières parties pour rendre l'enceinte plus régulière. 11 ne reste aujourd'hui que la dernière, encore environnée de murailles et munie de trots portes fortifiées.
En I3(iO, les Anglais se rendirent maîtres de Flavigny , la brûlèrent en partie, et s'y établirent pendant six semaines, envoyant de là des partis qui répandaient l'effroi par toute la province. Enfin , les états de Bourgogne conclurent avec eux un traité par lequel ils s'obligeaient à se retirer moyennant 200,000 moutons d'or. C'est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton du dép. de la Côte-d'Or, et l'on y compte environ 1300 hab.
Flayosc, ancienne seigneurie de Provence, nuj. du dép. du Var, arr. de Draguignan, pour laquelle Arnaud de Villeneuve IV, baron de Trans, rendit hommaae en 1363. En 1671, cette terre fut vendue à un conseiller au parlement d'Aix qui la fit ériger en marquisat en 1678. Une substitution la fit néanmoins rentrer bientdt après dans la famille de Villeneuve,
Fléau d'armes; on appelait ainsi une arme offensive tr es-meurtrière , usitée au moyen âge. Elle se composait d'un manche très-court , à l'extrémité duquel pendaient plusieurs chaînettes en fer terminées par des boules de inénra métal. Ces Doules étaient sou-
wtàan FRAHCE. rL^Bin m
▼ent armées de pointes. — On YOit plusieurs fléaux ou fouets d'armes aa Mu*
sée d'artillerie de Paris.
Flèche. Ce projectile faisait partie des armes olïensives des Gaulois; mais Tusage s^éh perdit presque dans le pays après l'invasion des Francs, qui préféraient frapper leurs ennemis corps a corps. On ne conserva la flèche que comme arme decbasse, jusqu'à l'époque où des Baléares, des Italiens, désignés sous le nom de Génois , prirent service en France, et où des Gascons, imitateurs des archers arabes, y oombatUrent à la manière de leur pays.
L'arc et l'arbalète (voyez Abchfrs et Abbalétbiebs) survécurent mêiiie assez longtemps à l'invention de Partil* Inrie. L'arbalète décochait des carreaux ou garrots ( flèches à fer carré ), qu'on lançait aussi avec des machines de
Suerre; ou bien des viretons^ grands ards empennés dramt ou tournant en l'air.
Les arbalètes de première grosseur, que l'on bandait avec des ressorts, lançaient auasi des matraê, traits sans pointe, beaucoup plus longs et plus cros
qu'une flèche ordinaire , et armés n'im gros fer arrondi propre à briser l'armure ou les os d*un combattant.
Les autres espèces de flèches aenraient
toutes aux arcners. On les nommait :
sa€ttes {sagitta), eslingues, passadouz, dardes j gouryons, song noies, panons ou penon», raUêonSy barbiUtmi (flèches a fer barbelé), pao/i7i^^5, f rètes, Jlesches oa Jloiches (de l'italien /rfc/:m, ou plutôt du vieux mot allemand y^i^s).
Le fénneux chirurgien Ambroise Paré a joint à son traité sur la cure des blessures des gens de guerre (livre XI) une estampe représentant les différentes sortes de flèches usHées au temps de Francis V.
Flèche (l.i), Fixa, Fle.via, ville comprise autrefois dans le haut Anjou , niaintenant chef-lieu d'arrondissement du département de la Sarthe. Dès le dixième siècle, la Flèche était une des principales villes de la province, et possédait une forteresse redoutable dont on voit encore les restes au milieu du Loir. Mais, au quatorzième siècle, elle déchut considérablement, et ne se releva que par la munificence de Uenri IV. Ce prince y
établit un présidîal et une maréchaussée,
et y fonda, en 1603, un magnifique collège de jésuites dont les bâtiments sont aujourd'hui affectés n un collège royal militiire. — [Voyez Écoles.]
Foulques le Réchin prit la Flèche d'assaut vers 1090. Le connétable de Richemont s'en empiira en 1426. Les Vendéens y entrèrent en 1793, et les chouans firent îTinutiles efforts pour 8*en rendre maîtres en 1799.
La population actuelle de cette ville est de 6500 habitants.
FtiGHTSB (Esprit), né le 10 juin 1632, à Pernes, petite Tille du diocèse de Cnrpentras , oommenon par enseigner la rhétorique à JNarboune , avant de venir se faire à Paris une réputation d'orateur. Appartenant à une femille pauvre, il avait été élevé à Avignon par son oncle Hercule Audifret, supérieur de la doctrine chrétienne. Cette congrégation tê oonsaerait spécialement à l'instruction de la jeunesse. La connaissance approfondie que Fléehier acquit rapidement des langues anciennes le mit en état de les enseigner lui-même de bonne heure avec su^ès. Il fit honneur à la coni^régation par le savoir et l'élégance de langage qui brillaient dans ses levons, et par des essais de poésie la* tine remplis de facilité et d'éclat. Un petit poëme latin, où il décrivait en vers ingénieux le fameux carrousel donné , en 1662, par Louis XIV, fut admiré comme un tdur de force ; et c*en était un en effet, à cause de la difficulté de rendre en latin tous les détails de cette féte singulière. Après la mort de sou oncle, Fléehier quitta la congrégation dont il avait à se plaindre , et vint à Paris. Il était sans fortune et sans protecteur. Il commença par faire obscurément la catéchisme aux enfants dans une paroisse. Bientôt après il entra comme précepteur dans une famille noble. Grâce a celte position, qui le fit connaître à plusieurs personnes du grand monde , son mérite sortit de Tobecurité; son esprit, la grâce séduisante de son langage, la dignité polie de ses manières, la gravité douce de son caractère, le firent estimer et rechercher par des gens dont le commerce était aussi ai^rcable que leur amitié pouvait être utile. Admis dans la société de i hôtel de Rambouii-
134 nâaÊSÉM, L'Ul^ERS. r^éonini
let , Fléchie r \ obtint <|e grands succès comme bel esprit, eo|fnme poëte latin , oomme causeur spirituel et éloquent.
Ce fut à cette époque qu'il embrassa la carrière de la prédication. Ses sermons fprent estimés, mais ne produisirent aucune imprœsion plus vive. Ses orai* sous fiinehres parurent des chefs-d'œuvre d'art et de goût, et lui lirent une éclatante réputation, quoiqu'il ne fAt pas le premier venu dans ce ^nre et qu'il f'uteu Bossuet pour devancier. Tout le monde fut frappe du merveilleux talent avec lequel il sut soutenir l'intérêt dans un sujet peu étendu et pea varié, l'éloge de madame de Moutausier; de la delieatesse gracieuse avec laquelle il peignit les vertus de son modèle, ét do pathétique doiix et insinuant avec lequel il déplora la inerte de cette femme accomplie. Mais I oraison funèbre de Turenue donna de Ini une bien plus haute idée , et le plaça , dans Vopinion de la plupart des contemporains, à côté de Rossnet lui-même. On sait que le même sujet avait été traité peu de temps auparavant par Mascaron, et si heureusement, que beaucoup de £îens pensaient qu'il n'était pas possible de mieux faire. C'était le sentiment de madame de Sévigné. - M. de - Tlille, dit-elle en écrivant à sa fille, a surpasse font re qu'on attendait de lui dan^ Foraison de M. de Turenne : c'est une action pour l'immortalité; » et ailleurs : « Il me senyMe n*avoir jamais « rien vu de si beau que cette pièce d'é- « loquence. On dit que l'abbe Flechier « veut la surpasser ; mais je l'en délie. « Il pourra parler d'un héros, mais ee « ne sera pas M. de Turenne ; et voilà « ce que M. de Tulle n fait divinement « à mon p;ré : la peinture de son cœur • est un chef-d'œuvre. Je vous avoue « que j'en suis charmée; et si les cri- « tiques nf^ l'e stiment plus depuis qu'elle « a ete un[)n\))e.e , je rends gj'àces attx •« dieux de n'être pas lioma 'm. » Entin, riaiisuiï autre em^it: «Je n'ai point vu l'oraison fuiièhrede M. Fléchier : est-il « possible qu'il puisse contester a IM. de u Tulle } le dirois là-dessus un vers du « Tasse , si je m'en souvenoia. « Gepea* dant l'ouvrage de Fléchier lui parvint, et aussitôt qu'elle en eut pris connaissance «Ile changea d'avis, et revint sur
sa première adn)iration avec une bonne foi et une impartialité qu'elle aurait* dû mettre aussi dans son jugement sur Raeirie et Corneille. « Kn arrivant ici, A madame de Lavardin me parla de « l'oraison funèbre de FlécHier. Nous «nous la fîme« lire, et je demande n mille et mille pai*dons à M. de Tulle; n mais il me parut que celle-ci étoit « au-dessus de la sienua. Je la trouve « phis également belle partout; je Tén coûte avec étonnement, ne croyant « pas qu'il fût possible de dire les mé- « mes choses d'une manière toute nou- « velle. En un mot, j'en fus char- « mée. » Ce qui donnait, en effet, la supériorité à Fléchier, c'est que son oraison était plus également belle ; mais, du reste , Il y avait dans Mascaron des parties énerL'iqiies et des traits de jEjénic que Flechier n'avait pas égales. L'Académie n'avait pas attendu cette nouvelle preuve du talent de Fléchier pour l'iippeter dans son sein : elle l'avait nommé trois ans auparavant, en 1676, à la place de M. Godeau, et l'avait reçq le même jour que Racine. Le discom de réception de Fléchier avait été fort applaudi, et, chose singulière, tous les honneurs de la séance avaient été pour lui , tandis qu'on avait à peine fait attention à Racine. Soit qu'il fût intimidé par le succès de son collègue, soit qu'il ne fiU pas content du reniercîmeut qu'il avait composé lui-même, Fauteur Û'yéfuiramaçue et de BritantU' eus lut son diseours avec précipitation, d'une voix si basse et si confuse, que « M. Colbert , dit Racine le ûls , qui éloft venu pour Pentemlye, n'en entendit rien,, et que ses voisins même en saisirent à peine quelques mots. » Nous ne pouvons aujourd'hui juger si le discours de Racine abritait, en effet, de passer inaperçu à côté de cehii de Fié* ehier, car il ne' se retrouva pas dans ses manuscrits, et l'Académie ne prit pas la peine de l'insérer dans ses rcr aueils. Après l'oraison funèbre de Turenne, Fléchier fut regardé comme fin des hommes qui honoraient le plus l'Église et les lettres : des lors il ne poufait manouor d'avoir part aux bienfaits de Louis XIV. Ce prince le nomma à l'évécbé de Lavaur, dans le Languedoc.
Il lui (|it , en lui annonçant sa norni-
oaltoB , 099 gfia^iUuses parole» : «
• TOBS m MU un peu 9tteudre une plMp
• ^ue vous méritiez depuis loogtemj^ ; « noais je ne voulois pas me ptiver sitôt « du plaisir de entendre. » Peu 4$ temps après^ aiitit fevMir fil rnimm éclater encore la haute estime que resr sentait pour lui le monarque. Du siège de Ixkvaiir, Flécbier fut transféré à c«»- Ittî de Nlmeiv Ce qui prouve qu'il ii^ét tait peint ambitieux, c'efllfu'il s'opposa nutniit qu'il put à ce ehangement. 1 'évikkM de INiines était infiniiiMeal 8up«* ritwr à «l'autre par rimpoctanœ et jiiar les revenus; aeiB, àlbâfaiir, ntekiaf s'était attiré en peu de temps la coif* fiance et l'amour de tous. Il s*était for» temeAt attaché à son troup^u et s'étail preoft 4e ïai ueiief toee œs aoîm; H ne rédn qu'après une longue résistance, et parce qu'il n'y avait pas moyen de se soustraire aux ordres du monaruir.
À Hlnvt* oonNHe à Imar, t( il hmi»
son mmislèrr ; daee cette no(i\(elle ré> «dcncef le gouvernement ecclésiastiqoe était plus difficile, à cause de ta Mataoce qu'opposaiaiitles protealwits ai ^sCème de conversion forcée adopté contre eux. Pléchier, tout en < herchant avec zèle à détruire l'heresie , selon l'ordre du roi, dans la province qui lui étail confiée, s'attacha à prévenir h»
rigueurs de la persécution. Il s'ndressnft aux esprits et aux cœurs , et repoussait l'emploi de la force. Ses raisonnement^
nombre âe conversiûns : ceux qwlf né pouvait persuader étaient surs de trouver en lui un protecteur contre les violeoees dtm !tète ftnetfqoe. Rnfin, il gaçna tout le inonde par une tolérance qui n'ôtait rien chez lui à l'ardeur et à la sévérité de la foi , et sa mémoire est restée également chère aux catholiques et aux protestants dans foti diocèse.
Ses loisirs étaient employés à composer des ouvra£;es de littérature et d'histoire, ou à ^irî^er les travaux de l'académie qa*i( avait fondée àT^es.II vémt entouré des témoignages de Pestinie et de la reconnaissance publiques jusqu'en Tannée 1710. Quelgue temps avant de moarfr, il eut un songe qui fnt poinr luf un pressentiment de sa fin prochaine, n ordonna sur-le-champ à un sculpteur de faire un dessin très- modeste
pour son tonàJ»eaa, eraignant que sa famille ne nk. daM le noniilBent qui
devait renfermer ses restes un faste dont, toute sa vie, il s'était soigneusen^nt préservé. Quelque temps après iiMir>|Nrie ee ania, il ^KMurul avec une pieuse et édifiante résignatioa, le 16 février 1710. Les protestants s'associèrent au deuil' cause par sa MTt daaa la proviM. itorsque 1^ nelon reçut la lomHe de Mtle perte, il s'w^ria : « Nous avoes perdu notre maitre ! » Ces paroles étaient sincères, et si le jugement qu'elies renferment jm Mua parait point exact, du moins files sont dans la bouciie d'un tel homme un magnifique éloge, et le plus bel hommage peut-être qu'ait reçu la aséoMiire de FiécMer.
Ainsi que nous l'avons dit, Fléchier, comme orateur, fut presque rais au même rang que Bossuet par un grand MimkfedeseeeonteiiHKiraiiiff. Beescoup de gens alors trouvaient Bossuet sublime , mais trop négligé, et préféraient le grand art du jtan^yriste de Turenne. OeHe opinion rat aDêndamiée dans Pd^ poque suivante, et Ton reconnut quel fmmense intervalle séparait ces deux hommes. Aujourd'hui Flécliier est apprécié à sa juste valeur, et la place qui rai a été ^nitlfenient aatignée , bien qtîe pFus modeste, est encore assez belle. Car nous ne sommes pas de ceux qui , réservant à Bossuet la gloire de grand «raleor, ne veulent toir en 'Fléchier qu*un habile rhéteur. Nous ne caractériserons point ce dernier par ce mot injurieux. Esprit droit et smcère, âme honnête et coovaineue , la vérité était pour lui un beqofn, et l'éloquence n'avait pas à ses yeux d'autre mission que de traduire et de répandre la vérité. Ce n^était donc point un rhéteur. Il serait plus juste de dire quil fut, tout en s'attachant à des idées sérieuses et sincères, un artiste consommé de style.
Ce lut a la fois un prêtre vertueux et fervent, un littérateot élé|^ant, on écri- • vain habile. C'était un prédicateur zélé et véner.ible, qui avait commencé par enseigner ta rhétorique , par composer des poèmes latins et par être bel esprit à rhOtelde Rambouillet II était jaloux de reeueiffir les suffrages qu'on accorde à l'esprit , au talent , à la grâce ét à
IM VLéonn VUîlfmSBS* vufcnia
rhannoniedu beau langage; cependant il n/d l'était pas asses pour ae préoccuper uniquement des moyens de flatter les esprils et de se faire admirer. Tout en travaillant son style, il ne perdait pas de vue la gravité et l'élévation de son ministère, et son amour pour la forme ne lui faisait point oublier le but sérieux de la parole. De là le caractère de ses ouvrages , où l'on trouve à la foia une çiété douce et profonde, un sentiment élevé de la perfection morale, une noblesse de pensées qui tient à I amour du vrai, et une élégance étudiée et aédniaantê, one pompe travaillée et majestueuse, une délicatesse de uuanres et d'oppositions spirituellement élaborée , entin , tout Tart d'un homme qui ikit jouer «l'idiome français sous sa main, comme un instrument compliqué et savant que sa patience ingénieuse a rendu docilf.
Parmi les reprocha que la critique
nilresse n Fléchier, quand elle insiste sur Tabus qu'il a fait des artifices de style, le plus grave est d'avoir prodigué rantithèse outre mesure. Ce reproche est juste ; mais , du reste , il faut remarquer que l'antithèse se réduit rarement chez lui à de simples oppositions de mots. L'antithèae est toujours , ou du moins presque toujours , chez lui dans la pensée. Ce qui fait qu'elle devient blâmable dans ses discours , c'est qu'elle se représente trop souvent , c'est que tant de phrases soigneusement divisées en deux compartiments qui font contraste , finissent par rendre la marche de l'orateur monotone et par fiitigpier l'attention.
Fiéchier a su se garder , en général, de ce défaut dans son Oraison funèbre dé Turenne. Ce discours, par rheurense disposition des parties , par Télévatioo .simple et forte des pensées, par la grandeur touchante du pathétique , par la beauté harmonieuse du style, est réellement son chef-d'œuvre, et un des chefs-d'œuvre de l'éloquence française.
IMais , toutefois , pour l'admirer sans restriction , il ne faut pas trop se souvenir de Bossuet, et de l'Oraison futicbre de Condé. Ce qui fait le plus de tort à Fiéchier, quand ce souvenir, se présentant à notre esprit, amène une inévitable comparaison, c'est la néce»*
sité gu'ii s'est malheureusement imposée de rappeler, en retraçant la vie de
son héros , un très-grand nombre des événements qui avaient illustré à la guerre son habileté ou sa valeur, ^e pouvant faire entrer dans son discours tous les noms de lieux ou dTiommps
J|ui se rattachaient a ces événements, orcé d'ailleurs d'être très-bref, il se borne à des allusions rapides, à des indications vagues , faites en termes généraux , et par conséquent banals, qui refroidissent singulièrement Tintérét.
L*orateor« beau donner du mouvement à sa phrase et dire, par exemple : « Id, il forçait des retranclirments et secourait une place assiégée ; là , il surprenait les ennemis ou les battait en pleine campagne : ces villes , où vous voyez les lis arborés , ont été ou défendues par sa vigilance , ou conquises par sa fermeté et par son courage, etc. : » ces allusions, dont une note nous avertit , en nous apprenant qu'il s'agit en cet endroit du secours donné à Arras , de la défense de Coudé, de la prise deLandrecies, etc., n'ont rien de mppant, n'offrent rien à l'esprit, et ne sont qu'une peinture insi- • gnifiante et commune. Sans In note placée au bas de la page , pouvait-on se douter qu'il y a là quelque chose qui appartient en propre à la vie de Turenne, qui est particulier à son histoire? lie sont-ce pas là de ces phrases comme il peut s'en trouver dans l'éloge d'un capitaine auelcongue? Ce genre de reproche s'appliquerait malheureusement à plus a'une partie de l'Oraison Âinèbra de Turenne. Bossuet avait à parler d'une vie aussi remplie de faits militaires de tous genres; mais il a sagement choisi deux ou trois événements priodpnux : tels que la bataille de Roerùft celle de Lens, la célèbre campagne contre Merci , et les a mis sous les yeux de ses auditeurs par des narrations ou des tableaux aussi pittoresques qu'é» loquents, et empreints d'Une couleur particulière et locale, sans se croire • obligé d'entrer dans d'autres détails et de aire et d'indiquer tout ce qu'a fait son héros. Ici Eossuet est supérieur, même pour l'art , à Fiéchier. La partie de l'Oraison funèbre de Turenne qui soutient le mieux la comparaison avec Bossuet, est l'exorde, qui a été loué et
vvEMÉ 'mHKX/ wvêêêêmjlêb tir
cité si souvent. Le cardinal Maury rapporte, au sujet de cet exofde, une anecdote aiMi curieuse. Mascaron, ainsi que nous Tavons dit , fit Téloge de Turenne un peu avant Fléchier. Il fon> dait, avec raison, de si grandes espérances sur l'heureux choix de son texte, relatif à la vie et à la mort de Judas Machabée, dont , six ans auparavant , il avait rappelé deux fois les propres paroles dans Texofde de son éloge funèbre en l'honneur du duc de Beaufort, qu'en assistant à l'Oraison * funèbre de ïurenne prononcée par Fléchier, il fîit hors oe lui et saisi de frayeur , jusqu^a'i moment oîi il entendit l'orateur débuter par le texte insigniûant: Proba me, Deus, et scito cor meum. Soulagé alors du poids de la crainte dont il était suffoque , î( dit en plaisantant à ses voisins, qtn' avaient remarqué son agitation : « Me voilà «tranquille; je ne redoutais que son « texte; j'avais peur ^'11 n'eût pris le « mien : il peut dire a présent tout ce «qu'il voudra, j'applaudirai de bon « cœur. »
Fleix ( le ). — Ce bourg du départe* ment de la Dordogne, situé à 20 kilom. de Bergerac, est connu dans l'histoirs pour avoir été, en 1580, le rendez-vous lies signataires du traité qui termina la guerre des amoureux (voyez ce mot et Edit, t. VTI, p. 104). Le château de Fleix était alors compris dans le Périgord , et appartenait à Gaston de Foix. Les conférences entre le roi de Navarre, chef des huguenots, et le duc d'Anjou,
3ui avait promis au roi d'être le méiateur de la paix , commencèrent dès la fin d'octobre; cependant on ne signa le traité que le 26 novembre , et un dernier article y fut ajouté le 16 décembre, à Contras, où la reine mère et Marguerite avaient aussi établi la résidence de leur cour. Malgré la longueur de ces négociations , entremêlées de fêtes galantes et d'hostilités, le nouveau traité ne contenait guère d'autres dispositions que celui de Bergerac. Henri III le confirma à Blois le 26 décembre ; le parlement de Paris l'enregistra le 26 janvier suivant.
Fleks , en Normandie , ancienne baronnie du diocèse de Bayeux (aujourd'hui cbef-lieu de canton du départe-
ment de rorne), érigée en comté, en 16M , en liveor d*an membre de la li*
mille de Pelievé.
Flers - EN - EscRÉBTEUx , ancienne seigneurie de l'Artois (aujourd'hui du département du Nord), érigée en ba»
ronnie , en 1662 , en faveur d'un membre de la famille à'Ostrel.
Flksselles ou Flécklles, ancienne famille de TAmiénois, dont le premier membre qui se soit distingué est Phi»
lippe de Flesselles, médecin ordinaire des rois François I*"*, Henri II, François II et Charles IX, mort en
Son fîls;, Jean de Flesselles. comte de Corbeil , secrétaire du conseil d'État, reçu, en 1626, président à la chambre des comptes de Paris, fut Taîenl de Léonor de Flesselles, marquis de Brégy , conseiller d'État d'épée , et ambassàdeur extraordinaire en Pologne, puis en Suède. Ce dernier , qui avait épousé Charlotte Saumaise de Chazan , dame d'honneur d'Anne d'Autriche (voyez au tome III, p. 332, l'article Bbègy) , mourut en 1712, sans laisser de postérité. ^
Son petit-neveu , Jacqves de Flesselles, acquit au moment de la révolution une déplorable célébrité. Né vers 1780, il était , en 176^, intendant de la province de Bretagne; et, ainsi que le duc d'Aiguillon et le comte de Saint- Florentin , il se signala par la passion et la violenee avec lesquelles il poursuivit le célèbre et malheureux la Chalotais;et il en fut récompensé, bientôt après, par l'intendance de Lyon.
Il était, en 1789, prévdt des marchands de la ville de Paris. Le 14 juillet , au moment où le peuple, vainqueur à la Bastille, démantelait la forteresse, une scène cruelle se passa à l*bdtel de ville. Flesselles, qui semblait poussé à sa perte par une inexorable fatalité, avait amassé sur sa téte les plus violents soupçons. De complicité avec les ennemis du peuple, d'un esprit léger, lié par une communauîé d'opinions avec le nouveau ministère, il croyait que, dans les graves circonstances uù l'on se trouvait, il suffisait, pour sortir d'embarras, de gagner du temps en trompant le peuple. On lui reprochait d'avoir annoncé avec assurance l'arri-
«ée pioèlMiM 4» 19,000 Mis fni ftV
valent pas étà livrés ; 4'avoir caché an peuple rexistence de cinq milliers de paucNre découverts sur un bateau, au port Saint-Nieolas; d*étre i^auteur ei»fiii de tous lea délais, de toutea Ica ftiuuM espérances qui portaient an comble rirritation des esprits. Enfin, on trouva, à la Bastille, un billet adressé par lui au gouverneur de cetle Ibrteresse, et ainsi conçu : « J'amuse les Parisiens « avec des cocardes et des promesses ; « tenez bon jusqu'au soir, et vous aurez • do feafort. * Ge bttlet acteva d*exa«> pérer le peuple. Il fut lu au comité des électeurs, en présence du prévôt des marchands, qui pâlit et tjreinbla. « Sor- « tez, M. de Fieaaelica, lui dit un det « memin'es du oeniité, vous êtes un « traître, vous avez trahi la patrie; la « patrie vous abandonne. » Le plus grand nombre t'arrêta au parti de le conduire au Palais-Royal, pour qu'il y fiU ']uzt\ Sans chercher à se défendre, il sortit rntonré pnr la foule, qui ne lui laiiîait néanmoins pas de violen<:e. Déjà il avait traveraé la plaee de Grrèvt, lorsqu'au coin du quai, tin jeune homme s'approcha en disant : « Traître , tu « n'iras pas plus loin , » et l'étendit mort d'un eoup de pistolet. lia tête du mal' heureux fut coupée aussitôt , et mise au bout d'une pique. liC sort de Flesselles fut affreux sans doute ; mais cona- Bient expliquer aealaiitei et ce foneaft aveuglement qui le eondaisit à se jouer ainsi d'une insurrection dans laquelle les esprits sages avaient vu ta première journée d'une révolution ?
FLEsaiNOoi. — €ette viHe, daeenne
française au cnnimcncement de ce siècle, fut bouibardee, en 1809, p,nr les Anglais. L'hotel de ville , deux églises et 190 maiflona furent brûhte. La .villa même tomba au pouvoir des ennemia, q!n' se hiJtèrent rependnnt de se rena* barquer après avoir détruit l'arsenal.
FliItbs , ancienne seigneurie de la Flandre maritime ( aujourd'hui du déparlement du Nord) , érigée en comté , en 165fi, en faveur d'un membre de l'ancienne famille de f igtiacourt.
FLÉTRiatUBB. Voyez PEfiraB.
Fleurange ou Fleurance, petite ville de l'aneien bas Armagnac , dans le pays de Lomagne, jadis cAvef-lieu du
otmté de Oance, érig^ m: 9mwm^
ment en 1766, et aujourd'hui comprise dans le département du Gers (arrondiss«iiieat 4^ Lectoure). Elle con^pte 3,ôUA) babitaita. Son nom figure pluaieurs fois dans les guerres religieuaea du seizième siècle. Elle a donr)é son nom à l'un des membres les plus célèbres de la maison de la Maack. (Voyez ce mot.)
Fleubiau , nom d'une famille dont plusieurs membres se sont distingués dans les lettres, le clergé et la haute ad« misistratioD.
Charles Fleubtau, jésuite, né à Paris vers le milieu du dix-septième siècle, fut chargé par ses supérieurs de rédiger ^ de publier les lettrée et noé» moirea moyéi en France par ses confrères envoyés en mission dans le Levant. Il (it ainsi imprimer successivement les ouvrages suivant8:£tatfore«^A^de VAr* ménie, Paris, 1604, Èm de9
missions de la Grèce, Paris, 1695, 'm-\'2 \ Noiweaux mémoires des missions de la Compagnie de Jésus dans le iLetuNff, Paris, 1712 et année sirivante.
Louis - Gaston Flf.i rtau, successivement évêque d'Aire et d'Orléans, fut un modèle des vertus épiscopales, et se distingua sortoot par aa eharrté ; à aott avènement à l'éveché d'Orléans, il fit délivrer 854 (i^r* nus pour dettes.
Joseph - Jean - Jiaptiste Fleubtau , seigneur d'Armenonville, frère ées deux précédents , fut successivenMnt eonsetl- 1er au parlement de Metz en 1686; intendant des finances et conseiller d'État en 1690 ; secrétaire d'État au département de la marine en 1716; enin, garde des sceaux de France en 1722. Tl se démit de ces dernières fonctions en 1727, et mourut l'année suivante.
Chmrhi'/etm'Baptistê F&iiubiaii , son fils, comte de Morville, fut nommé conseiller au parlement de Paris en 1709; procureur général au grand conseil en 1711; amnassadeaf auprès des États de HoHande en 1718 , et plénipotentiaire au congrès de Carnlvrai en 1719. Il succéda à son pére, comme ministre de la niarine, en 1722, et fut élu, la même année, membre de PAcafdéniie française, et quitta le ministère de la marine pour celui des affaires étrangères, quMl conserva jusqu'en 1797.
Flbcrieu ( Charles • Pierre Claret , coibter> de ) , îié à Lyon en 1730, entra dans ta Marine avant d'avoir allcini
quatorze ans , et fit à cet t\iie les campagnes de la guerre de Sept ans. La ix oui suivit cette guerre lui permit se li¥rer à des travaux de cabinet et à des voyasjps d'ol>servation , pr»r lesquels il st' plaça bientôt an premier rang parmi les hydrographes français.
Kommé membre de PAcademie royale de marine, il rédigea des plans pour tontes les grandes opérations maritimes de la guerre des États-Unis, et les divers ministres oui se succédèrent an département de la marine eurent sotH vent et utilement recours à la -sagesse de ses conseils. Lorsque la paix de 1783 eat rouvert les mers aux explorations scientifques, ce fut lui qui rédigea les instructions données à la Pérouse, puis à d'Entrecnsteaux. T.n révolution , qui appela aux première:) dignités les hommes dont les talents étaient la princi' pale rerommandniion , le porta au ministère de la marine (27 octobre 1790).
Mais, après six mois de luttes pénibles avec les partis qui s'agitaient au sein de la Constituante, il rentra drnis la vie privée. Louis XVI, qui le regrettait vivement, le nomma, en 1793, gouverneur dn dauphin. Il n'occupa encore me knen peu de temps ces fonctions a'«m g:pnre tout norne ni pour lui. Sous le Directoire , il entra a l'institut et ensuite au Bureau des longitudes à Tépooue de leur fondation. Les électeurs du département de la Seine le portèrent en l'an V au Conseil des Anciens , où il ne si^ea que deux mois; puis, reprenant place dans le nouvel édilloe monarchique construit sous Pinfluence de Napoléon, il ftit nommé successivement conseiller d'État, président de la section de marine, ministre plénipotentiaire pour la signature d'un traite avec les États- Unis, grand officier de la Légion d'honneur et intendant général de la maison de Femperenr. Enfin son entrée au sénat et la place de gouverneur des Toi* lerics mirent le comble a tous ces honneurs, et attestent qu'il servit le monarque parvenu avec le dévouement qui lui atait valu les bonnes griess du gouvernement du droit divin. Ces nombreuse» fooctions ne l'cmpéobèreiil peS'
de s'occuper de travaux importaiM^$ Juip qu'aux derniers instants de sa vîe. La
n)ort le frappa subitement le 18 août 1810. Ses restes furent portés au Panthéon. Les principaux ouvrages de Fleurieu sont : Foyage entrepris pour éproimtr m mer le» horiogêsmarm^Êi , 1773 , 2 vol. in-4'' : Ordonfinjirc du roi sur la régie et radtnhùstrution des ports et arsenaux de la marine, 1776, Nl^^ réimprimé en t%\4\ Déeowerigë des Français en 1768 et 1769 , dans le sud-esf de la Nouvelle ■ G uinée , 1790, in-4"; f oj/aye autour du monde peuékitU le§ aiméet 91 H 9S, par Ét Mar^ chandy an vi,. an vm, 4 vol. in ^" ou 5 vol. ifî-K". avec atlas; Neptune des mers du Nord, ou yitJas du CeUtégat et de la Baltique.
FutmtOT-LKscoT (IS .), néÀBnneli* les en 1761 , se réfugia en France après les troubles suscités dans son pavs par les réformes de 1 empereur Josepii H, et s'établit à Fsris, ou il exerça la profession d'architecte . et où la révolution le lit bientôt sortir de .son obscurité. Il se lia avec Hobespierre, qui lui lit obtc^ nir la plaee de commissaure aux travauB publics. Promu ensuite aux fonctions de substitut de Fouquier-Tinville, Fleuriot fut nommé maire de Paris lors de la révolution de germinal an n. Lossque, dans la journée du 9 thermidor t Robespierre eut été renfermé au Luxembourg, FIcuriot-Lescot réunit à la hâte le conseil de la commune, qui se déclara en insurreetion , 8t sonner le tocsin , battre la e;énérale, et délivrer les décrétés d'accusation , et publia une proclamation dans laquelle il excitait le peuple « à se lever en masse pour défen- «dre ses véritables amis.» Alors la Convention frappa d'un décret de hors la loi le maire et tout le conseil de la commune. Fleurîol-Leseot ftit arrêté, et périt avec les autres vietimes de osi événement.
Fleurs de lts.— La fleur de lis est, de toutes les Hgures usitées dans les ble* sons, celle qui a soulevé le ptas de diecussions. FÎIea été pendai t lotifïtemps un ornenient arbitraire. ■> Kn effet, disent les béoédictinfi , Zyllesius , dans sa délense ét Tabbaye impériale de daint- Maximin, près de Trêves, Heinecciu»
et l^ettnei! appertsnt- des sceaux dss
rLBUBS DE LIS
L*UNIVERS
PLSIttS DE US
premiers Ottons avec des fleurs de lis, tant an bout do sceptre qu'à la cou-< ronne. Les sceaux de Conrad III et de Frédéric I*% contemporains de Louis le Jeune , Jacques II , roi de Majorque , quelques rois d^AD^Ieterre des plus anciens, et en partieulier le roi S. Édoaard, dit le Confesseur, ont aussi à leurs couronnes , et quelquefois au bout de leur sceptre, de semblables fleurs. Plusieurs comtes, comtesses et familles nobles d'Allemagne, d'Italie, de Savoie et fie France , en garnirent le champ de leurs stteaux. *
Suivant Topinion la plus généralement admise , Louis le Jeune est le premier roi de France qui ait placé cet ornement sur le sceau de ses armes.
Depuis lors, jusqu'en 1793, il n'a cessé de figurer sur les sceaux des rois de France.
Quant à l'origine de cet emblème, e*est un point sur lequel les értidîts sont aussi fort loin d'être d'accord. « La figure que décrit le haut d'une hallebarde, dont la pointe supérieure est accompagnée de deux ou trois pointes recourbées en bas en forme de croissant , a vraisemblablement donné naissance à l'ornement des sceptres et des couronnes, auxquels Rigord et les auteurs qui Tout suivi ont appliqué le nom àejUeur de lis. M
Foncemagne , dans une dissertation insérée dans les Mémqiresde l'Académie des inscriptions , a soutenu que le mot HUw7i désigne non -seulement le lis des jardins, mais encore un ornement quelconque imitant les fleurs, en un mot, ce que nous appelons un fleuron; el il en eooolut que ce mot, employé dans ce sens par d'anciens auteurs , aura ensuite été faussenient interprété, comme désignant une fleur véritable. Cette erreur, si elle a été commise, remonte au moins au règne de Louis VIT ; car il est fait mention des fleurs de lis d'or semant les habillements royaux-, dans une ordonnance rendue en 1179, pour régler le cérémonial qui devait s'observer au couronnement du fils de ce rince. Kigord , qui écrivait sous Phippe-Auguste, parle aussi des fleurs de lis qui ornaient l'oriflamme : FeaMum floribus Uliorum distinctum. « Ces textes, dit M. iSataiis de Wailly dans la
quatrième partie de ses Éléments de paléographie, suffiraient pour ôter toute espèce de doute sur la véritable origine Je cet emblème, si la forme sous laquelle on le représente était couforme à celle de la fleur dont il porte le nom. Mais la plupart des auteurs qui se sont occupes de cette question , n'ont pu reconnaître l'image d'un lis dans rornement reproduit sur les oon* tre-sceaux des successeurs de Louis le Jeune. Sans repousser d'une manière absolue l'hypothèse proposée par de Foncemagne, on peut se demander s'il ne serait pas plus simple d'assigner aux fleurs de ils l'orisjiiie indiquée par le nom qiït leur a ete donné au moins depuis la fin du douzième siècle. En admettant que l'image gravée sur le contre-sceau de Philippe-Auguste ne ressemble pas à un lis , elle ne représeitte
Êas davantage le fer d'une hallebarde, tons le doute, il serait plus naturel de s*en rapporter au témoignage des contemporams que de supposer qu'ils ont été mduits en erreur par un mot équivoque. Peut-être, d'ailleurs, n*a-t*oa point examiné avec assez d'attention certains détails qui semblent prouver que cet emblème devait r;i|jpt U r une ileur proprement dite : nous voulons parler des deux jets accessoires qui s'é» lèvent à droite et à gauche de la pnrtie siii)érieure de l'ornement, et qui paraissent destinés à représenter deux étamines. On n'aurait pas dâ, il est vrai , les placer hors du calice de la fleur; mais tout en commettant cette erreur, le graveur n'a-t-il pas indiqué positivement qu*il voulait représenter toute autre chose qu'un fer de hallebarde, auquel ces détails ne sauraient nullement convenir .3 La partie intérieure de l'ornement est, sans contredit, celle qui s'éloigne le plus de la forme du'lis, dont la tige est toujours fine et délicate; mais elle est représentée autrement sur le premier coté du sceau de Philippe-Auguste et sur celui de son père... Un fait constaté par Mabillon pourrait être invoqué à l'appui de l'hypothèse qu'il n'y a rien d'incompatible entre le nom et Torigine de cet emblème. On lit en effet dans son discours sur les anciennes sépultures de nos rois, que la couronne de la reine Frédégonde était
rLEURUS
FRANCE
VLEIJRUS
terminée par des fleurs de lis , et son sceptre par un Us champêtre. Le fait constate par vn tombeau en marqueterie découvert à Tabbaye de Saint^Ger-
main des Prés, prouve que dès la première race le lis a été employé comme ornement du sceptre ; il est donc probable que les fleurs de lis qui surmontent les couronnes de plusieurs rois carlovingiens n'étaient pns de simples fleurons ^ mais de véritables lis qui, au douzième siècle , sont devenus les armoiries héréditaires de nos rois (*). »
Philippe lîî, en partant pour l'Aragon, laissa aux régents un sceau reurésentant la coaronne de France, et dont le contre-scel ne portait que trois fleurs de lis. « C'est le premier exemple que nous avons , disent les bénédictins , de tiois tfears de lis seules dans Técu de France, imprimé au revers du sceau royal. » Cette réduction des fleurs de lis ou nombre de trois n'avait sans doute pas d'autre cause que la forme triangulaire de l'écu royal. Du reste, à Tépoquedont il s'agit, les fleurs de lis, partout ailleurs que sur cet écu , étaient encore blasonnées sans nombre.
Roi , dit le poète :
Kn ton cscii dt- p.irt iucrjt
Trible a flour de lis eoarmée;
C'mt «le la foi le MMartouot,
Vm m àéité Miil«mMti
Bt «n pamniM» «t tiibMe, etc. (**).
Flotrus (batailles de). —Louis XIV
avait à combattre, en 1690, Pempereiir d'Allemagne, l'E-^pagnc, l'Angleterre, la Hollande, la Savoie, et presque tous les princes dltaile. La guerre se ftisaft surtout avec vivacité dans les Pays-Bas. Le maréchal d'Humières venait de se faire battre à Yalcour sur la Sambre , par le prince de Waldeck ; et Louvois, dont il était la créature, s'était vu obligé de lui ôter le commandement.
Le roi choisit, pour le remplacer, le maréchal de Luxembourg, maigre son ministre qui haïssait cet Officier, comme il avait haï Turenne. Le prince de Waldeck , homme courageux, mais lent à àe décider, pouvait , par son apathique
n Flémenu de paléographie, toiii.4I,
p. 82 et SUIT.
(**) Vo^. Annuaire historique de la Société de l'hisUHredeFraiiee, tSSf, p. i58, 167 et x68.
indolence, présenter des chances heureuses à un habile général , dans le moment OÙ Tarmée française , aussi forte en infanterie que la sienne , possédait une cavalerie plus nombreuse. Luxembourg, élève de Condé, avait un caractère entièrement opposé : génie ardent , imagination prompte , coup d'oeil juste.
Il entra en Flandre dès le comuiencement de mai , et mit à contribution le territoire de Bruges et de Gand. La Sambre fut heureusement traversée le 29 juin. Waldeck , qui aurait pu mettre nos troupes en déroute au moment du
Sassagej fut averti trop tard, et vint, ans m journée du lendemain , se ranger en bataille derrière les villages de Saint-Amand et de FleuruSi à peu de distance de Charleroi.
.Ce fîit dans cette position que le maréchal Pattaqua le 1*' juillet, par une manœuvre hardie, en faisant pnsser sa droite au delà du rui.sseau de l'Orme, qui couvrait les ennemis. Se voyant pris en flanc et tourné , Waldeck fut oéconcerté, et le mouvement qu'il ordonna à ses troupes pour prendre position plus en arrière les mit en désordre. Cependant elles firent une valeureuse résistance, et n'abandonnèrent le champ de bataille qu'après avoir perdu huit mille prisonniers, sept mille morts et deux cents drapeaux. Les résultats de cette victoire ne furent pas aussi importants qu'on aurait pu i*espérer, soit parce que les contingents des alliés rejoignirent Waldeck après sa défaite; soit parce que Luxembourg manqua d'activité ; soit , enfin , parce que Louvois, son ennemi , ne lui permit pas de poursuivre ses succès. ^
— Le lendemain delà prisede Charleroi (voyez ce mot) , il s'engagea , le 2G juin 1794(8 messidor au 11), sur les rhnnips de Fleurus, une bataille plus mémorable encore dans nos fastes militaires.
Diverses circonstances semblaient s'être réunies pour assurer le succès à l'ennemi. Le prince de Cobourg, l'archiduc Charles et le prince d'Orange , commandaient Tarmée autrichienne, renforcée des garnisons de Landrecies et de Valenciennes, et comptant quatrevingt-dix mille honunes. L'armée ftnn-
Sise, commandée par Jourdan, lui lit inférieure en nombre. ËUe pbàs^ *
141 VLBUftUS. LT7NIVCRS« Vlfl^BOft.
dait une artillerie plus redoutat}k et mieux servie que celle des Autrtebiens; Qoais ceux«ci avaient ane cavalerie plus nombreuse. Jourdan, comme s'il eût voulu couvrir encore la division de siège , avait pris une position demi-circulaire en avant de Cnarleroi; ses deux ailes appuyées à la Sanibre , son centre avance au delà du honr;; de Gosselées*. Ses quatre- vingt mille hommes formaient plusieurs divisions qui avaient à leur tête : Marceau , Lefèvre , Morlot, Cliampiounet , Kléber, Daurier, Dubois, Ilatrv, Bernadotte, Duiiesme et Montaigu.' L'ajcUon commença à la poiute du .four. Le généraiissmie des nlliés nttaqua symétriquement toutes les positions françaises , sans songer à y pénétrer par quelque manœuvre hardie. Partout les succès furent d'abord variés. Le prince d'Orange pénétra sur le flanc de notre gauche , jusqu'au château de Wcsp ; y trouva le général Dau- .Her renforce par une brigade de la division IVIontaigu. Fji vniii rniiicrni manœuvra pour enlever nos batteries; en vain sa cavalerie chargea brusquement les troupes qui gardaient Itss pièces; elle fut continuellement repoussée et écrasée par la.mitraille. Vers le milieu
âu jour, le prince, instruit de ia prise e Ciiarjeroi , fit sa retraite après avoir èssuyé une perte considérable. La division Montaigu n'avait cepend.Mit pas été aussi heureuse. Les Autrichiens, sous les ordres de Latour, ayant passé le Piéton , s'étaient avancés en échelons vers Trazégiu'es. Après trois heures de canonnade et un combat tres-vif , leur urcmiere ligue fit reculer les Français. La seconde ligne , venue au secours de la première, les obligea bientôt de se retirer sur Marehieiuies-au-Pontet Charleroi. Maîtres du bois de Moucaux , les coalisés avaient canonné Marcbiennes; mais, sur les deux heures, Kléber porta sa division sur les hauteurs du Piéton ; le feu de son artillerie lit taire celui des «nnemfs.
TahUis que ce général menaçait leur gauche , Rernadotte attaquait la droite des Autrichiens, et ne tarda pas, secondé par Kléber , de pénétrer dans le bois de Moucaux. Après en avoir ohassé l'ennemi, il l'obliizea de se retirer sur 1^ hauteurs de iforchies, et de là daus
leur camp. Vers le centre, Kwasdanowidh s^était établi sur des hauteurs, d'où il canonnait la division Morlot, non
sans rencontrer une vive résistance; Kaunitz s'était aussi avance contre la division Championnet, qui finît |iar le repousser avec perte. Alors averti que le prince Charles faisait avancer son corps d'armée sur Fleunis, il y dirigea aussi le sien; un feu croisé s'établit , et fit abandonner aux Français les hauteurs d'Hépignies, dont les Autrichiens tournaient en même temps les retranchements sur la gauche. Chassés de ce village , les Français commençaient à se répa nd re en fiiyant dans la plaine^ Jour- dan détacha, pour les rallier, une partie de sa réserve ; elle suffit à rétablir le combat , qui se soutint victorieusement jusqu'à la fin de la journée. L'arohiduc Charles repoussa d'abord sur ses redoutes l'avant -garde du ,e;énér2l Lefebvre. Les Français, rcjetes de positions eri positions* se retirèrent dans le bois de Copiaux , derrière des retranchements, où ils se del"en<lirent avec beaucoup de valeur jusqu'au inomeut Où les Impériaux les eurent tournés.
A l'aile droite, l'action fut plus acharnée et plus longtemps indécise. Pendant que cette division soutenait le choc 4ie la cavalerie et de Tinfanterie autrichiennes, BeaoUeu', rassemblant toutes ses troupes , se glissa dans les bois qui longent la Sambre, pour tomber sur l'extrême droite de Marceau, dont la division , entassée en désordre dans Lambusart, se défendit longtemps, et fut enfin forcée de céder et de s'enfuir en partie sur l'autre rive. Marceau, que les combats de la Vendée avaient doué d'un rare coup d'ceil , sentait les conséquences de cet échec. Lambusart ^ bâti sur une hauteur au bord de la rivière , donne la def du vaste plateau de Fleurus. Sans se soucier de rallier la masse des fuyards, le jeune général saisit trois bataillons de troupes fratches, et se porte sur Lambusart, décidé à s*opposer à tout prix au dé- . ploiement des Impériaux ; son feu les arrête; cependant Lcfcbvre dispose en sa faveur d'une partie de sa division.
Jourdan lui^éme accourt avec ses réserves. Cobouiii en personne amène des renforts. -lout se mêlej trois fois
tLSCftim FRAlfCE.. PLBimY
nos trou|)es reviennent à la charge pour reprendre le village. A h dèr* iiièl'è attaque, rartiilelrîe tiré ^ vive^
ment de part et d'autre , qu'on ne distingne plus les coups. T.es obus enflamment les blés et les baraques du Camp, ét finnit sauter quelques rafssofis dans nos rnngs. On se bat au milieu des flammes avec toute la fureur d'un Ë^gag^nient décisif; enfin Lambusar( ttmiabe au pouvoir dts républicains.
Les deux ailes desooaftisés, en s'ap-
{)rochant de Chnrieroi, virent flotter e drapeau tricolore sur tous les édifices, on fgnotait que la ville se ftit rendue ; et cette nouvelle, répandue à IMmproviste parmi les assaillants, amortit leur ardeur. Beaulieu, 1res -maltraité, s'éloigna du champ de bataille; Çobburg, renonçant à revenir à la Aarge, donna l'ordre de la retraite.
L ennemi ne perdit pas moins de Ûït mille hommes; on lui fit trois mille tnisonniers. La perte de l'armée fran* çaise ne passa pas six mille hommes.
La seconde conquête de la Belgique fut le résultat de la bataille de Fleurus.
Saint-Jn^t était alors présent à Tarinée du ^ord où il avait été envoyé en qualité de commissaire do la Convention. L'énergie des mesures qu'il avait prises pour rétablir la discipline parmi nos troupes (*), ses efforts pour vaincre Pirrésolution de Jourdan , la viiiiietjr ft la ténacité avec laquelle il demandait i^ne victoire , sa présence au plus fort delà mêlée, Tlntrépidité avec laquelle on le vit se mettre à la téte d'une colonne chargée d'enlever une position (ûrmidâble, contribuèrent efficacement, de Taveu de tous, au succès de «eitte importante journée.
— Les mêmes lieux servirent encore de théâtre à la valeur de nos troupes en iSlô. Ëlles y remportèrent alors leurs derniers succès avant la funeste jour»
pée de Waterloo. (Voyez Ligny.)
Fleuby , bourg deVancien Languedoc, aujourd'hui compris dans le département de TAude , arrondissement de Narbonrie (1,300 lîab.).
Ce bourg, qui portait autrefois le nom de Périguau, et avait ie titre de baron-
t XXXm, p. 309 et «niv.Voy. tnwircH.
nie, fut en 1736 érigé en duché-pairie, sons le nom de Fleury, en faveur du îieveu du cardinal de ce nom.
Fleury (André-Hercule de), cardinal et premier ministre, naquit à Lodcve, en 1653 , d'un receveur des décimes.
Saint-Simon, dans le portrait quMl nous a tracé de ce prélat, laisse peut-être percer un peu de cette aigreur que donne la jalousie excitée par sa haute fortune; mais il montre parfaitement Tsrdeor et l'intelligence avec iaauelle l'abbé de Fleufy en construisit l'édifice. « A[)rès des études telles quelles, dit-il, faites à Paris , logé dans le galetas d'un petit collège à bon marché, il s'introduisît chez le cardinal de Bonzi, tout-puissant en Languedoc. L'éminence le goûta, et se ût une affaire de porter son protégé à' une diarge d'aumdnier de la reine, ce qui surprit un peu ; il se troiivn di^Tet, doux, liant, ce qu'on peut appeler, faute d'autre terme, un vrai palelin.de sorte <|ue la rëine étant morte, il fut lait, par la même pirotectioh , aunfiônier du roi : autre surprise ; mais on s'y accoutuma. Fleury, souple et respectueux, d'un esprit agréable , d'une figure Vébpit encore plus, gagna toujours du terrain.
Il eut le bonheur ou V entregent de parvenir à être souffert, puis admis aans les meilleures compagnies en hommes et en femmes, surtout chez les gens en place. Il étoit reçu chez M. de Sei^jnelay, nebougeoit de cliez ÎMM. de Croissy, de Pomponne, de Torcy, où il étoit à la ▼érité sans conséquence , et suppléoit aux sonnettes avant leur invention. H menoit ainsi une vie très-agréable.
« Mais Louis XIV n'estimoit pa^ sa conduite; il dMt qu'il étoit trop dis- «pé. On tenta d'engager le roi à lui donner un évêché; on n'y réussit pas.
Fleury resta quatre ou cinq ans dans cette espèce d excommunication.
« Q^Uld l'^vIehédeFréjus vint à vaquer, il en noarqua son désir. L'archevêque de jParis, qui l'en vit touche jusqu aux larmes, en prit généreusement pitié ; et , malgré l'expresse défense du roi , il hasarda encore une tentative.
Elle fut reçue de nianière a fermer la bouche à tout autre ; niais le prélat ne sa re|>uta pas. II iasistn si fortement , fie l4>uis XIV, d'impatience , lui mil
«a main mt répéule, «t k semnt, «t k
fLEUftY
L*U£«IV£ES. PLECRY
MOOuant , lui dît : « Eh bien ! monsieur, « vous voulez donc que je fasse l'abbé « de Fleury évêque de Fréjus \ vous in- « liites que <f est on diocèse au bool dn « royaume et en pays perdu. Il faut « donc vous satisfaire ; mais souveneza vous bien , je vous le prédis , vous « vous en repentirez. »
(1698). Fleury était à Fréjus quand le duc de Savoie y passa , et il reçut ce prince avec de grandes déférences. Mais Louis XrV jugea qu'il en avait trop fait en entonnant lui-même, revêtu de ses habits pontificaux , le Te Deum dans sa cathédrale. Il est vrai que le prélat refusa de prêter serment de fidélité au duc, mais il conserva toujours avec lui une liaison étroite et secrète.
Quand il s'agit de nommer un précepteur au dauphin , on dut encore ruser pour avaneer Tévéque de Fréjus à cette place ; mais cette fois ce fut au P. le Tellier qu'on tendit les piépips. Jusqu'alors l'évéque n'avait ^oint passé pour on aiDÎ diaud des jésuites, pour un adversaire déclaré des jansénistes ; de plus, on pouvait tirer un prétexte de refus de sa résidence. Il demanda donc d*aboni è quitter son évéclié, dont l'air était contraire à sa santé (171S) ; puis il accepta l'abbaye de Tournus , et signala les six derniers mois de son épiscopat par des rigueurs inaccoutumées oontre les jansénistes. Les amis ne manquèrent pas de le faire valoir à la cour. Le Tellier craignit, s'il ne le ftusait pas agréer au roi, d'avoir à dos tout le parti du duc et de la duclie^;se du Maine, qu'on avait intéressés en faveur du candidat , et Fleurv fut nommé.
£n 1722 , lors de la disgrâce de l'imbécile Villeroy , gouverneur de Loois XV, M. de Fréjus disparut tout à coup. Il avait promis au maréchal, qui avait été son protecteur, mais dont le joug comroen^it à lui devenir insupportable, quMIs se maintiendraient ou tomberaient ensemble. Cette petite comédie jouée, il eut soin de ne |)as se cacher loin, et revint sans se faire presser.
Placé sur la route quMI cherchait depuis si longtemps , le précepteur s'assura entièrement de la confiance de son élève, enfont triste et indolent. En 1791, il refusa l'archevêché de Rekns , que le Kégent lui avait fait ofitirir par le jeune
prince. Il ne voulait pas laisser un prétexte pour l'éloigner de ce poste , où il régnait véritablement. S'il l'eût voulu , il Sttt succédé sans obstacle an duc d'Orléans, oui mourut en 1723 ; mais il aima mieux laisser passer au pouvoir un autre prince du sang, qui semblait y avoir
Suelque droit* Il conseilla aa jeone roi e donner le mlDistère ao doc de Bourbon, se réservant de renverser quand il le voudrait un homme qui n'apportait au gouvernement que de la grossièreté et des vices. Seul, il avait pu arracher à son élève le monosyllabe qui fondait tout le pouvoir du premier ministre.
Cependant le duc et sa maîtresse, la marquise de Prie, fîirent importunés de le voir consprver son pouvoir, et intriguèrent contre lui. L'évéque alors employa le moyen qui lui avait réussi après la disgrâce de Vîlleroi : il ée ré* fui^ia au village dlssy, dans la maison des sulpiciens. Le duc de Bourbon eut Thumiliation de rappeler lui-même son rival. Dès lors la chute do ministre était immanquable et prochaine. Le désordre croissant toujours, les courtisans assiégèrent l'évéque de Fréjus, en le conjurant de mettre un terme aui nalheors de PÉtat.
Mais ce vieillard, arrivé à 73 ans sans avoir joué un rôle apparent , quoique Tamour du pouvoir fut son unique passion , prétendait sentir de la répugnance fî se charger d'un si lourd fardeau. Il prit cependant son parti. Alors le roi exila le duc et la marquise, et écrivit à la reine leur protectrice : « Je vous prie, « Madame, et, s'il le faut, je vous l'or- « donne , de faire tout ce que l'évéque « de Fréjus vous dira de ma part, comme « si c*étoit moi-même. Siéné Lotns. »
Au mois de juin 1726, Henry prit la direction des affaires. Ainsi il commen<^ à gouverner le royaume à un âge où d*ordinaire on cherche le reoos. Au lieu de se borner à instruire son élève dans l'art de régner, le cardinal ne s'occupa qu'à exercer , à posséder seul le pouvoir. « Il trahit son roi , en met* tant ses soins à nourrir en lui une timidité fatale , et à l'éloigner des affaires. On a dit même que pour mieux atteindre son but, il avait eu recours au plus honteux moyen ; mais la raison se refiase à croire qu'il soit allé jusqu'à de*
FKANCB.
vènir flecrètemeiit le complice d*an Riehelieu et d'autres courtisans, qui 8*éta-
dièrent à faire cermer des vices dans l'âme de leur maître (*). » C'est là une accusation terrible, et l'on n'eu peut être distrait par les éloges que certains éeri* vains ont donnés à son administration.
Cette administration l ut économe, probe, laborieuse; mais aussi elle fut sans génie, sans grandeur, et sans aucune vue d'avenir. Ke s'attachant qu'à empêcher toute secousse, il se contenta de laisser le pays accroître ses richesses et ses lumières , pendant une période de létiiar* gie et de médiocrité. Ce calme intérieur •ne fut troublé que par de misérables discussions sur la bulle (JnigenUus.
Fleury, partisan des jésuites (**) , laissa agir deux prêtres infâmes, anciens agents de Dubois, Tencin etLalitteau, qui renouvelèrent la persécution contre les jansénistes. Le pouvoir rmal, le parlement , tous les partis ennn , ne firent
oomplaîsance aervile. Sous prétexte de
ne pas alarmer l'Angleterre, dont le cabinet, dirigé par les Walpole, le dupait de ses protestations , il laissa dépérir notre marine , négligea l'armée , el sacrifia notre commerce. Cependant Haut parfois tirer un parti avantageux de cette alliance; par exemple, en 1729, lorsque sa médiation rétablit la paix sur le point d*étre rompue par TEmpereur, uni au roi d'Espagne, et en 1731 , lorsque Charles M abandonna à don Carlos les duchés de Parme et de Plaisance.
Stanislas , beau-père de Louis XV , avait été, en 17S8, réélu roi de Pologne, tandis que qtielques traîtres nommaient Auguste 111 ; c'était pour la France une belle occasion d'embrasser une politique nouvelle. On pouvait arrêter Taccroissf ment de la Russie, par la régénération de la Pologne , et Topiiiion publique sembla le deviner en se prononçant pour la guerre. Fleury ne corn*
que du scandale ; l< s petits coups d'É- prit 'pas cette politique, pour laquelle il tat du ministre troublèrent la société, discréditèrent le gouvernement, et préparèrent le champ à l'incrédulité. A i'extérieur, le vieux cardinal suivit les mêmes errements. Absolument privé de ce coup d'œil qui embrasse toutes les faces d'une afiaire , de ce génie qui sait se décider pour le parti le plus avantageux à TÉtat, il borna son ambition politique à conserver au royaume le repos nécessaire pour réparer ses pertes. Ce fut l'alliance anglaise qu'il considéra comme le gage le plus assuré de la paix du monde, et il crut se l'assurer par une
(*) Droz , Histoire du rigoe de Louis XVI,
(•*) Eu quittant «on diocèse, Fleiny, nous «vons vu pourquoi, publia un maudemeal d'adieu luImiQeDt contre les jansénistes. Mais ce inaiidement, fait uiiiqnemeiil pour les cirroTKsi;iiic«'s , rut. suivant Saint-Simon, des efiets qu'on n avait pas prévus. «< Le fameux père Quesnel en ayant eu connoissance, piqué du Ion de pei'sécuteur que prenoit le nouvel antagoniste, enchâssa cette espèce de tocsin dans un de ses ouvrages avec Pirooie la pkis amère, la plus méprisante. Fleury, avec son air doux , riant et modeste, «toit rhuuinie Je plus superbe et le plus vindieaiif que j'aie jamais connu. Il ne le pardonna ni au père Qucad, ni à ses adhé* irais. »
fallait, à dire vrai, une profonde intelligt^ncede l'avenir ; il ne voyait là qu'une expédition chevaleresque qui allait renverser ses plans d'économie , la nécessité d'un armement qtn" pouvait troubler son alliance anf;laisei muis il fut force de céder a l'ardeur de la noblesse... Cependant Stanislas avait été chassé de
Varsovie Les Polonais 'attendaient
line flotte et une îirmée; Fleury, qui craignait d'alarmer l'Angleterre, et dont l'économie dégénérait en léstnerie honteuse ^envoya contre 50,000 Russes un vaisseau, trois initiions, et I,rj00 hommes (*). » I.a Pologne fut vaincue. Cependant le ministre prolita plus habilement de la guerre de 1734 et 1785 pour arracher quelques lambeaux à nos anciens ennemis de Vienne. Berwick , Koailles, d'AsfcId, sur le Rhin ; Villars, Coignyet Brogiie, en Italie, vengèrent nos défaites. Le traité de N'ienne assura le trône de lNa[)les a un Bourbon, et à -Stanislas les duilies de Lorraine et de Bar ; et ce fut là la plus belle époque du ministère de Fleury. Mais la |)rospérité et le calme ne furent pas de longue durée. Les dispositions pacifiques du cardinal ne purent empêcher la France de
'(*) Lavallée , Histoire des Français, t' m,